Messes de la Ste Vierge le Samedi III du 3 février au Mercredi Saint
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« Le samedi chrétien a remplacé le sabbat en conservant son nom. Cette relation explique les attitudes très divergentes qu’ont prises les églises à son égard : les unes, soucieuses de ne pas judaïser, n’ont voulu le marquer d’aucune pratique religieuse spéciale ; d’autres, comme l’Eglise romaine, et celle d’Alexandrie, en avaient fait, dès le IIIe siècle, un jour de jeûne, qui était un rappel hebdomadaire du grand jeûne pascal. Par contre, en Orient, le samedi subit l’attraction du dimanche et y devint un jour de fête ; les samedis de Carême sont assimilés aux dimanches : on n’y jeûne pas, on y célèbre l’eucharistie (alors que tous les autres jours sont aliturgiques), on y commémore les natalitia des saints.
A partir du Xe siècle, l’usage se répandit en Occident d’honorer spécialement la Sainte Vierge le samedi. La messe de Sancta Maria in Sabbato, insérée par Alcuin dans son sacramentaire votif, avait déjà pris place au XIIe siècle dans le Missel du Latran. Le Missel romain de saint Pie V a consacré cette dévotion. » [1]
Textes du Commun
quæ dici etiam possunt aliis diebus ut votivæ de B. Maria Virgine, iuxta rubricas vel, ex indulto, pro temporum diversitate | qui peuvent être dites aussi les autres jours comme messes votives de la Bse Vierge Marie, selon les rubriques, ou par indult, selon les différents temps liturgiques |
III | |
DU 3 FÉVRIER AU MERCREDI SAINT | |
| Ant. ad Introitum. Sedulius. | Introït |
| Salve, sancta Parens, eníxa puérpera Regem : qui cælum terrámque regit in sǽcula sæculórum. | Salut, ô Mère sainte ; mère qui avez enfanté le Roi qui régit le ciel et la terre dans les siècles des siècles. |
| Ps. 44, 2. | |
| Eructávit cor meum verbum bonum : dico ego ópera mea Regi. | De mon cœur a jailli une parole excellente, c’est que je consacre mes œuvres à mon Roi. |
| Et in Sabbato dicitur Glória, in excélsis. | Le Samedi, on dit le Glória, in excélsis. |
| Oratio. | Collecte |
| Concéde nos fámulos tuos, quǽsumus, Dómine Deus, perpétua mentis et córporis sanitáte gaudére : et, gloriósa beátæ Maríæ semper Vírginis intercessióne, a præsénti liberári tristítia et ætérna pérfrui lætítia. Per Dóminum. | Seigneur, notre Dieu, accordez, s’il vous plaît, à nous vos serviteurs, de jouir d’une perpétuelle santé de l’âme et du corps ; et grâce à la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, d’être délivrés des tristesses du temps présent, puis de goûter les joies éternelles. |
| Léctio libri Sapiéntiæ. | Lecture du livre de la Sagesse. |
| Eccli. 24, 14-16. | |
| Ab inítio et ante sǽcula creáta sum, et usque ad futúrum sǽculum non désinam, et in habitatióne sancta coram ipso ministrávi. Et sic in Sion firmáta sum, et in civitáte sanctificáta simíliter requiévi, et in Ierúsalem potéstas mea. Et radicávi in pópulo honorificáto, et in parte Dei mei heréditas illíus, et in plenitúdine sanctórum deténtio mea. | J’ai été créée dès le commencement et avant les siècles, et je ne cesserai point d’être dans la suite des âges ; et j’ai exercé devant lui mon ministère dans la maison sainte. J’ai été ainsi affermie dans Sion ; j’ai trouvé mon repos dans la cité sainte, et ma puissance est établie dans Jérusalem. J’ai pris racine au milieu du peuple glorifié, dont l’héritage est le partage de mon Dieu, et j’ai établi ma demeure dans l’assemblée des saints. |
| Graduale. | Graduel |
| Benedícta et venerábilis es, Virgo María : quæ sine tactu pudóris invénia es Mater Salvatóris. | Vous êtes bénie et digne de vénération, Vierge Marie, qui avez été mère du Sauveur, sans que votre pureté ait subi d’atteinte. |
| V/. Virgo, Dei Génetrix, quem totus non capit orbis, in tua se clausit víscera factus homo. | V/. Vierge, Mère de Dieu, Celui que tout l’univers ne peut contenir, s’est enfermé dans votre sein en se faisant homme. |
| Allelúia, allelúia. V/. Num. 17, 8. Virga Iesse flóruit : Virgo Deum et hóminem génuit : pacem Deus réddidit, in se reconcílians ima summis. Alléluia. | Allelúia, allelúia. V/. La verge de Jessé a fleuri ; la Vierge a mis au monde l’Homme-Dieu : Dieu a rendu la paix, en réconciliant en sa personne notre bassesse avec sa suprême grandeur. Alléluia. |
| Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur | Après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit : |
| Tractus. | Trait |
| Gaude, María Virgo, cunctas hǽreses sola interemísti. | Réjouissez-vous, Vierge Marie, vous avez anéanti à vous seule toutes les hérésies. |
| V/. Quæ Gabriélis Archángeli dictis credidísti. | V/. Car vous avez cru à la parole de l’Archange Gabriel. |
| V/. Dum Virgo Deum et hóminem genuísti : et post partum, Virgo, invioláta permansísti. | V/. Car, étant Vierge vous avez enfanté l’Homme-Dieu : et après avoir été mère, vous êtes restée Vierge inviolée. |
| V/. Dei Génetrix, intercéde pro nobis. | V/. Mère de Dieu, intercédez pour nous. |
| + Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam. | Suite du Saint Évangile selon saint Luc. |
| 11,27-28. | |
| In illo tempore : Loquénte Iesu ad turbas, extóllens vocem quædam múlier de turba, dixit illi : Beátus venter qui te portávit, et úbera quæ suxísti. At ille dixit : Quinímmo beáti, qui áudiunt verbum Dei et custódiunt illud. | Un jour que Jésus parlait au milieu de la foule, une femme s’écria : « Comme elle est heureuse, la Mère qui t’a mis au monde, et qui t’a nourri de son lait ! » Mais Jésus répondit : « Bien plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu et qui la met en pratique ! » |
| Ant. ad Offertorium. | Offertoire |
| Felix namque es, sacra Virgo María, et omni laude digníssima : quia ex te ortus est sol iustítiæ, Christus, Deus noster. | Vous êtes heureuse, bénie Vierge Marie, et tout à fait digne de louange, car de vous est sorti le soleil de justice, le Christ notre Dieu. |
| Secreta. | Secrète |
| Tua, Dómine, propitiatióne, et beátæ Maríæ semper Vírginis intercessióne, ad perpétuam atque præséntem hæc oblátio nobis profíciat prosperitátem et pacem. Per Dóminum. | En nous étant propice, Seigneur, et grâce à l’intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, faites que cette oblation nous procure pour l’éternité et pour la vie présente le bonheur et la paix. |
| Præfatio de B. Maria Virg. Et te in veneratióne. [*] | Préface de la Bse Vierge Marie Et, en ce jour où nous vénérons. |
| Ant. ad Communionem. | Communion |
| Beáta viscera Maríæ Vírginis, quæ portavérunt ætérni Patris Fílium. | Bienheureux le sein de la Vierge Marie, qui a porté le Fils du Père éternel. |
| Postcommunio. | Postcommunion |
| Sumptis, Dómine, salútis nostræ subsídiis : da, quǽsumus, beátæ Maríæ semper Vírginis patrocíniis nos ubíque prótegi ; in cuius veneratióne hæc tuæ obtúlimus maiestáti. Per Dóminum. | Nous venons, Seigneur, de recevoir de puissants secours pour notre salut ; daignez faire, nous vous en supplions, que nous soyons en tous lieux couverts de la protection de la bienheureuse Marie toujours Vierge, en l’honneur de qui nous avons offert ce sacrifice à votre Majesté. |
[1] P. Jounel, Le Dimanche et la Semaine, in Martimot, L’Église en Prière, 1961, p. 689.
[*]
| Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : | Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : |
| Et te in * * * beátæ Maríæ semper Vírginis collaudáre, benedícere et prædicáre. Quæ et Unigénitum tuum Sancti Spíritus obumbratióne concépit : et, virginitátis glória permanénte, lumen ætérnum mundo effúdit, Iesum Christum, Dóminum nostrum. | Et, en cette *** de la bienheureuse Marie toujours Vierge de vous louer, de vous bénir et de vous proclamer. C’est elle qui a conçu votre Fils unique par l’opération du Saint-Esprit, et qui, sans rien perdre de la gloire de sa virginité, a mis au monde la lumière éternelle, Jésus-Christ, Notre-Seigneur. |
| Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes. | C’est par Lui que les Anges louent votre majesté, que les Dominations vous adorent, que les Puissances se prosternenten tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins s’associent à eux dans cette commune louange. Daignez ordonner, nous vous en conjurons, que nos voix suppliantes puissent se méler aux leurs en disant. |
