Lundi des Rogations

vendredi 27 mars 2026
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Le lundi des Rogations était une férie majeure, les deux autres jours des Rogations des féries simples.

A la suite de calamités publiques qui s’abattirent au Ve siècle sur le diocèse de Vienne, en Dauphiné, S. Mamert établit une procession solennelle de pénitence les trois jours qui précédaient la fête de l’Ascension. Par une prescription du concile d’Orléans de 511, cet usage se répandit dans le reste de la France. En 816, Léon III l’adopta pour Rome et il fut bientôt étendu à l’Église entière. Les litanies des Saints, les psaumes et oraisons que l’on y chante, sont des prières de supplication ; de là leur nom de Rogations. Sans cesser d’implorer les bénédictions de Dieu pour toute la vie de l’Église, les Rogations sont devenues principalement, à cette époque de l’année, une prière pour obtenir l’abondance des fruits de la terre. En signe de pénitence, on emploie la couleur violette et on n’allume pas le cierge pascal.

Le chant des litanies a donné son nom à ces trois jours de prières publiques ; mais Rome ayant déjà une procession analogue le 25 avril, les Rogations prirent le nom de Litanies mineures.

Les litanies des Saints sont un admirable type d’oraison ; ce sont de très courtes oraisons jaculatoires et dialoguées. A 1’école de 1’Église, apprenons a prier.

Touts la messe montre l’efficacité de la prière du juste quand elle est humble, confiante et persévérante. Élie par sa prière ferma et ouvrit les cieux (Ep.) et Notre-Seigneur nous montre par deux paraboles que Dieu donne son Esprit-Saint a celui qui le lui demande, parce qu’il est bon (Ev., All.). Dans nos afflictions mettons en Dieu notre confiance et Il nous exaucera comme il exauça Notre-Seigneur et l’exalta (Intr., Off.).

 Procession et Messe

Comme aux Litanies Majeures.

 Office

Bréviaire 1960 :

De Litaniis minoribus nihil fit in Officio.On ne fait rien à l’office des Litanies mineures.

On fait la lecture de l’Écriture sainte occurrente (I Petr. 2, 1-17), l’antienne de Laudes tirée de l’évangile de la Messe des Rogations reste la même.

Leçons des Matines avant 1960

Lectio i1ère leçon
Léctio sancti Evangélii secundum Lucam.Lecture du saint Évangile selon saint Luc.
Cap. 11, 5-13.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Quis vestrum habébit amícum, et íbit ad illum média nocte, et dicet illi : Amíce, cómmoda mihi tres panes. Et réliqua.En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : Mon ami, prête-moi trois pains. Et le reste.
Homilía sancti Homilía sancti Ambrósii Epíscopi.Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Liber 7 in Lucæ cap. 11
Alius præcépti locus est, ut ómnibus moméntis, non solum diébus, sed étiam nóctibus, orátio deferátur. Vides enim, quod iste qui média nocte perréxit, tres panes ab amíco suo póstulans, et in ipsa peténdi intentióne persístens, non defraudétur orátis. Qui sunt isti tres panes, nisi mystérii cæléstis aliméntum ? Quod si díligas Dóminum Deum tuum, non solum tibi, sed étiam áliis póteris emeréri. Quis autem amícior nobis, quam qui pro nobis corpus suum trádidit ?Il est commandé en un autre endroit de prier sans cesse, non seulement durant le jour, mais même la nuit. Vous voyez, en effet, que cet homme qui alla trouver son ami au milieu de la nuit, lui demandant trois pains, et persistant à les demander, ne fut pas privé de l’objet de sa prière. Que signifient ces trois pains, si ce n’est l’aliment des célestes mystères ? Si vous aimez le Seigneur votre Dieu, vous pourrez mériter ses dons non seulement pour vous, mais encore pour les autres. Qui est plus notre ami que celui qui a livré son corps pour nous ?
R/. Dicant nunc, qui redémpti sunt, allelúia, * A Dómino, allelúia, allelúia.R/. Qu’ils le disent [1], ceux qui ont été rachetés, alléluia, * Par le Seigneur, alléluia, alléluia.
V/. Quos redémit de manu inimíci, et de regiónibus congregávit eos.V/. Ceux qu’il a racheté de la main de l’ennemi, qu’il a rassemblés de toutes les contrées.
* A Dómino, allelúia, allelúia. * Par le Seigneur, alléluia, alléluia.
Lectio ii2e leçon
Ab hoc média nocte panes David pétiit, et accépit. Pétiit enim, quando dicébat : Média nocte surgébam ad confiténdum tibi. Ideo méruit hos panes, quos appósuit nobis edéndos. Pétiit cum dicit : Lavábo per síngulas noctes lectum meum. Neque enim tímuit, ne excitáret dormiéntem, quem scit semper vigilántem. Et ídeo scriptórum mémores, nóctibus ac diébus oratióni instántes, peccátis nostris véniam postulémus.C’est à cet ami que David, au milieu de la nuit, a demandé ces pains, et il les a reçus. Car il les demandait, quand il disait : « Au milieu de la nuit je me levais pour vous louer ; » c’est pourquoi il a mérité ces pains qu’il nous a présentés pour nous en nourrir. Il les demanda encore, lorsqu’il dit : « Je laverai chaque nuit mon lit de mes pleurs. » Il ne craignait pas d’interrompre le sommeil de celui qu’il sait veiller toujours. Aussi, nous souvenant de ces paroles des Écritures, implorons le pardon de nos péchés en persévérant jour et nuit dans la prière.
R/. Cantáte Dómino, allelúia : * Psalmum dícite ei, allelúia.R/. Chantez au Seigneur [2], alléluia. * Dites-lui un psaume [3], alléluia.
V/. Afférte Dómino glóriam et honórem, afférte Dómino glóriam nómini eius.V/. Apportez [4] au Seigneur gloire et honneur, apportez au Seigneur la gloire à son nom.
* Psalmum dícite ei, allelúia.* Dites-lui un psaume, alléluia.
Lectio iii3e leçon
Nam si ille tam sanctus, et qui regni erat necessitátibus occupátus, sépties in die laudem Dómino dicébat, matutínis, et vespertínis sacrifíciis semper inténtus ; quid nos fácere opórtet, qui eo ámplius rogáre debémus, quo frequéntius carnis ac mentis fragilitáte delínquimus, ut de via lassis, et istíus ævi cursu, ac vitæ huius anfráctu gráviter fatigátis, panis refectiónis deésse non possit, qui hóminis corda confírmet ? Nec solum média nocte Dóminus, sed ómnibus prope docet vigilándum esse moméntis. Venit enim et vespertína, et secúnda, et tértia vigília : et pulsáre consuévit. Beáti ítaque servi illi, quos cum vénerit Dóminus, invénerit vigilántes.Car si un homme aussi saint que David, occupé du gouvernement de tout un royaume, louait Dieu sept fois le jour, et était appliqué sans cesse à lui offrir les sacrifices du matin et du soir, que nous faut-il faire, nous qui devons prier d’autant plus que nous défaillons plus souvent, à cause de la fragilité de la chair et de l’esprit ; nous qui, las de la route et fatigués cruellement par notre course en ce monde et par les détours de cette vie, devons prier afin que le pain qui refait ne puisse nous manquer, lui qui fortifie le cœur de l’homme. Ce n’est pas seulement au milieu de la nuit que le Seigneur nous apprend qu’il faut veiller, mais à tous les instants pour ainsi dire. En effet il vient et le soir, et à la seconde et à la troisième veille, et il a coutume de frapper à la porte. « Heureux les serviteurs que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant ! »
Hac nocte, non dicitur Te Deum laudámus.Cette nuit, on ne dit pas le <popup877|width=500|height=250>
R/. Narrábo nomen tuum frátribus meis, allelúia : * In médio Ecclésiæ laudábo te, allelúia, allelúia.R/. Je raconterai [5] votre nom à mes frères, alléluia : * Je vous louerai au milieu de l’assemblée, alléluia, alléluia.
V/. Confitébor tibi in pópulis, Dómine, et psalmum dicam tibi in Géntibus.V/. Je vous louerai [6] parmi les peuples, Seigneur, et je dirai un psaume en votre honneur parmi les Nations.
* In médio Ecclésiæ laudábo te, allelúia, allelúia. Glória Patri. * In médio Ecclésiæ laudábo te, allelúia, allelúia.* Je vous louerai au milieu de l’assemblée, alléluia, alléluia. Gloire au Père. * Je vous louerai au milieu de l’assemblée, alléluia, alléluia.

A LAUDES.

Ad Bened. Ant. Pétite, et accipiétis : * quǽrite, et inveniétis : pulsáte, et aperiétur vobis, allelúia. Ant. au Bénédictus Demandez, et il vous sera donné : * cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira, alléluia. [7]

AUX VÊPRES.

Ad Magnif. Ant. Ipse enim Pater amat * vos, quia vos me amástis, et credidístis, allelúia. Ant. au Magnificat Mon Père lui-même vous aime, * parce que vous m’avez aimé et que vous m’avez cru, alléluia. [8]

 Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Aujourd’hui commence une série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au premier abord une sorte d’anomalie dans le Temps pascal ; et néanmoins, quand on y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n’est pas sans une relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. Il est vrai que le Sauveur disait avant sa Passion que « durant le séjour de l’Époux au milieu de nous, il ne serait pas temps de jeûner [9] » ; mais ces dernières heures qui précèdent son départ pour le ciel n’ont-elles pas quelque chose de mélancolique ? et n’étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour eux l’avant-goût des joies célestes ?

Il nous faut maintenant raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s’est complété, dans cette saison, par l’introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte Église, toute radieuse qu’elle était des splendeurs de la Résurrection, semble vouloir tout à coup rétrograder jusqu’au deuil quadragésimal. L’Esprit-Saint, qui la dirige en toutes choses, a voulu qu’une simple Église des Gaules, un peu après le milieu du Ve siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui s’étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément de la liturgie pascale.

L’Église de Vienne, l’une des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait alors saint Mamert pour évêque. Des calamités de tout genre étaient venues désoler cette province récemment conquise par les Burgondes. Des tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque, désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s’adresser à Dieu dont la justice avait besoin d’être apaisée, prescrivit trois jours d’expiation durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui précèdent l’Ascension furent choisis pour l’accomplissement de cette pieuse résolution. Sans s’en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les fondements d’une institution que l’Église entière allait adopter.

Les Gaules commencèrent, comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations était déjà consolidée dans cette Église [10]. Saint Césaire d’Arles, au commencement du VIe siècle, en parle comme d’une coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des Visigoths [11]. On voit clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d’adopter ce pieux usage, en lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d’Orléans tenu en 511, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l’autorité de Clovis. Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de l’importance que l’on attachait déjà à cette institution. Non seulement l’abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de service, afin qu’ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis [12]. En 567, le concile de Tours sanctionnait pareillement l’obligation du jeûne dans les Rogations [13] ; et quant à l’obligation de férier durant ces trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne et de Charles le Chauve.

Le principal rite des Églises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l’origine, dans ces marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que l’on a appelées Processions, parce que l’on se rend d’un lieu dans un autre. Saint Césaire d’Arles nous apprend que celles qui avaient lieu dans les Rogations duraient six heures entières ; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de laisser aux ministres de l’Église le temps de respirer [14]. Ce détail emprunté aux mœurs des Églises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à apprécier l’indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à l’abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la journée, et cela dans l’idée que cette longueur devait être en elle-même considérée comme un abus.

Le départ de la Procession des Rogations était précédé de l’imposition des cendres sur la tête de ceux qui allaient y prendre part, et c’était le peuple tout entier. L’aspersion de l’eau bénite avait lieu ensuite ; après quoi le pieux cortège se mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de plusieurs églises d’un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d’une église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs et laïques, marchait nu-pieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des Antiennes, et l’on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où l’on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se rencontraient, et l’on y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.

Tels étaient à l’origine, et tels ont été longtemps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous apprend que le grand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les plus simples fidèles, et marchait nu-pieds à la suite de la croix, depuis son palais jusqu’à l’église de la Station [15]. Au XIIIe siècle, sainte Élisabeth de Hongrie donnait encore le même exemple ; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d’un grossier vêtement de laine [16]. Saint Charles Borromée, qui renouvela dans son Église de Milan tant d’usages précieux de l’antiquité, n’eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses exemples, il ranima dans son peuple l’ancien zèle pour une pratique si sainte. Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il l’accomplissait lui-même au pain et à l’eau. La Procession, à laquelle tout le clergé de la ville était tenu d’assister, et qui commençait par l’imposition des cendres, partait du Dôme au point du jour, et ne rentrait qu’à trois ou quatre heures après midi, ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi, et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une de ces églises, et adressait la parole à son peuple [17].

Si l’on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l’insouciance qui accompagne aujourd’hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l’affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d’édification !

Les Rogations s’étendirent rapidement des Gaules dans toute l’Église d’Occident. Elles étaient déjà établies en Espagne au VIIe siècle, et elles ne tardèrent pas à s’introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Églises de la Germanie, à mesure qu’elles étaient fondées. Rome elle-même les adopta à la fin du VIIIe siècle, sous le pontificat de saint Léon III. C’était peu de temps après que les Églises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc. Mais il y eut cette différence qu’à Rome on conserva à la Procession du 25 avril le nom de Litanie majeure, et l’on appela Litanies mineures celles des Rogations, tandis qu’en France on désigna ces dernières par l’appellation de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la Litanie de saint Marc. Mais l’Église romaine, sans blâmer la dévotion des Églises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois journées d’observance quadragésimale, n’adopta pas cette rigueur. Il lui répugnait d’attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité accorde encore à ses disciples ; elle s’est donc bornée à prescrire l’abstinence de la viande durant ces trois jours. L’Église de Milan qui garde si sévèrement, ainsi que nous l’avons vu, l’institution des Rogations, l’a placée au lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l’Octave de l’Ascension, c’est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la Résurrection.

Il faut donc, pour être dans cette véritable mesure dont l’Église romaine ne se départ jamais, envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la Procession et à la Messe de la Station n’a pas pour but de nous indiquer encore la fuite de l’Époux [18] ; mais elle nous avertit que son départ est proche ; et l’abstinence qui nous est imposée, bien qu’elle ne soit pas accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.

En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d’une institution que l’Église a sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l’abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Évêques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l’abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C’est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure que l’assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune que jamais, et qu’il est urgent de compenser, en s’unissant à la prière liturgique, l’abolition d’une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse !

Selon la discipline actuelle de l’Église, les Processions des Rogations, dont l’intention est d’implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d’obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l’église de la Station, soit dans l’église même d’où la Procession est partie, si elle ne doit pas s’arrêter dans quelque sanctuaire

On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l’on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l’on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours ; enfin on aura fait acte de catholique.

Nous insérons ici la Messe des Rogations, qui est la même pour les trois jours. Tout y parle de la nécessité et de la puissance de la prière. La sainte Église y revêt la couleur quadragésimale pour exprimer ses intentions expiatrices ; mais tout en elle respire la confiance et l’espoir d’être exaucée ; on sent qu’elle s’appuie sur l’amour de son Époux ressuscité.

LA MESSE DES ROGATIONS.

L’Introït tiré des Psaumes annonce d’avance la miséricorde du Seigneur, qui a exaucé la prière de son peuple, tout aussitôt qu’elle est montée vers lui.

Dans la Collecte, l’Église expose à Dieu les besoins de ses enfants, le priant de reconnaître la confiance avec laquelle ils recourent à lui, et implorant pour eux sa protection dans leurs nécessités.

ÉPÎTRE.

C’est encore à l’Apôtre saint Jacques le Mineur que la sainte Église emprunte l’Épître aujourd’hui ; et l’on ne saurait trop admirer l’à-propos que présentent les paroles de l’écrivain inspiré. L’une des fins de l’institution des Rogations est d’obtenir de la bonté de Dieu la température convenable pour les fruits de la terre, et saint Jacques nous montre, par l’exemple d’Élie, que la prière peut rendre le ciel serein, ou en faire descendre une pluie fécondante.

Imitons la foi du prophète, et recommandons au Seigneur les moissons, qui ont tant besoin encore de sa bonté pour arriver à leur maturité, et pour échapper aux fléaux qui pourraient fondre sur elles. Un autre but des Rogations est d’obtenir la rémission des péchés. Si nous prions avec ferveur pour nos frères qui sont égarés, nous obtiendrons en leur faveur des miséricordes particulières. Nous ne connaîtrons peut-être pas en ce monde ceux que notre prière, unie à celle de la sainte Église, aura retirés de la voie du péché ; mais l’Apôtre nous apprend que notre charité recevra la plus précieuse récompense, l’effusion de la miséricorde de Dieu sur nous-mêmes.

Pour exprimer le deuil et la componction dans cette Messe des Rogations, l’Église, qui a revêtu la couleur violette, arrête la jubilation de ses cantiques ; elle ne se permet qu’un seul Verset alléluiatique [19], lequel d’ailleurs continue d’exprimer ses espérances dans la bonté du Seigneur.

ÉVANGILE.

Est-il rien, dans les saints Évangiles, qui soit plus expressif sur la toute-puissance de la prière que ces paroles de notre Sauveur ? La sainte Église, en nous les faisant lire aujourd’hui, nous montre assez sans doute l’importance des Rogations, puisque c’est en ces jours qu’elle nous révèle la vertu de l’intercession, qui triomphe des refus même de Dieu. Le choix des lectures de la sainte Écriture dans la Liturgie est un enseignement permanent et toujours à propos : on a dû le reconnaître jusqu’ici. En ces trois jours où il s’agit de fléchir le ciel offensé, rien n’était plus nécessaire que de faire bien comprendre aux chrétiens le pouvoir qu’exerce sur Dieu lui-même l’insistance dans la prière. Les Litanies qui ont été chantées dans le cours de la Procession nous offrent un modèle de cette sainte obstination dans la prière. Nous n’avons cessé de répéter : « Seigneur ! Ayez pitié ; délivrez-nous, Seigneur ! Nous vous en supplions, exaucez-nous ! » En ce moment la médiation de notre divin Agneau pascal offert sur l’autel se prépare, et dans peu d’instants il joindra à nos faibles vœux son entremise toujours efficace.

Muni d’un tel gage, nous nous retirerons, assurés de n’avoir pas prié en vain. Prenons donc aussi la résolution de ne plus nous tenir éloignés de la sainte Église dans ses pratiques, et de préférer toujours la prière faite avec elle à toute autre que nous offririons à Dieu en notre particulier, dans les jours où cette Épouse du Sauveur, cette mère commune, veut bien nous convier à prendre part aux devoirs de supplication que, dans notre intérêt, elle rend à son céleste Époux.

Dans l’Offertoire emprunté aussi à David, elle loue le Seigneur qui, malgré l’indignité de l’homme pécheur, s’est laissé vaincre par ses instances, et s’est levé pour le défendre et subvenir à ses besoins.

Les liens de nos péchés nous tenaient enchaînés, et nous ne pouvions pas nous-mêmes revenir à Dieu ; la victime pascale nous a rendus à la liberté, et chaque fois que son Sacrifice se renouvelle sur l’autel, c’est notre délivrance qui s’opère de nouveau. La sainte Église, dans la Secrète, représente au Dieu tout-puissant les motifs sur lesquels s’appuie notre confiance dans l’Hostie divine dont il nous a fait don.

L’Antienne de la Communion répète avec jubilation les paroles du Sauveur que nous avons entendues dans notre Évangile. C’est lui-même qui nous autorise à tout oser dans la prière. Nul de nous n’aurait osé dire : « Quiconque demande à Dieu reçoit l’effet de sa demande » ; mais maintenant que le Fils de Dieu est venu du ciel en terre pour nous l’apprendre, notre consolation doit être de le répéter sans cesse.

Le Sacrifice de paix est consommé, et la confiance de l’Église s’épanche dans les paroles d’actions de grâces que renferme la Postcommunion. Le don sacré a apporté la consolation ; la sainte Église espère que ses enfants en profiteront pour faire de nouveaux progrès dans l’amour.

Nous ajoutons ici un fragment liturgique tire de la Messe des Rogations selon l’antique rite gallican. Cette prière fait partie des supplications du premier jour, et doit remonter à la plus haute antiquité. On est à même d’y reconnaître l’importance que l’on attachait au jeûne des Rogations dans l’Église des Gaules, au tempo des Mamert de Vienne et des Césaire d’Arles.

POST NOMINA.
Tua sunt, Domine, alimonia, quibus in quotidiano victu ad sustentationem reficimur : tuaque jejunia, quibus carnem a lubrica voluptate, te præcipiente, restringimus. Tu ad consolationem nostram vicissitudines temporum disposuisti : ut tempus edendi corpora nostra refectio sobria aleret ; et jejunandi tempus ea in justitiam tibi placitam faceret macerata. Hanc hostiam ob jejunia triduanæ macerationis a nobis oblatam sanctificans dignanter adsume, et præsta placatus : ut sopita delectatione corporea, mens ab iniquitatibus pariter conquiescat. Per Christum Dominum nostrum. Amen.Ils sont à vous, Seigneur, ces aliments dont chaque jour nous nous servons pour soutenir nos forces ; ils sont à vous aussi, les jeûnes par lesquels nous contenons, pour vous obéir, nos sens entraînés par le désir d’être satisfaits. C’est vous qui, pour notre consolation, avez réglé l’ordre des temps, en sorte que nos corps eussent à attendre une réfection sobre destinée à les nourrir, dans la saison où il est opportun de le faire, et que, en d’autres temps, le devoir du jeûne les châtiât, et fît d’eux un hommage à votre justice. Daignez recevoir aujourd’hui et sanctifier l’hostie que nous vous offrons pour accompagner la sévérité de ce jeûne de trois jours, et accordez-nous la grâce de sentir en notre âme le penchant au mal s’apaiser, en même temps que nous retirons à nos corps les satisfactions ordinaires. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

 Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Station à Sainte-Marie-Majeure.
Litanies des Rogations.

Comme nous l’avons déjà remarqué [20], le triduum de litanies pénitentielles avant la fête de l’Ascension fut institué à Vienne par saint Mamert vers 470 ; il comportait aussi la suspension des travaux serviles et le jeûne. L’usage s’en étendit rapidement et devint très populaire. Toutefois, comme une période de deuil et de pénitence au milieu du temps pascal semblait à Rome un contresens tout à fait inopportun, la liturgie romaine ne l’adopta que fort tard, c’est-à-dire durant la période franque, sous Léon III, et cela seulement à titre exceptionnel, et non comme une institution stable devant se répéter chaque année. Par la suite, la coutume des Églises gallicanes s’accorda définitivement avec Rome, grâce pourtant à un compromis : le jeûne fut aboli, on ne conserva que la procession de saint Mamert suivie de la messe pendant les trois jours, laquelle messe, d’ailleurs, est celle-là même qui se célébrait à Rome lors des Litanies majeures. Il faut remarquer en outre que ces Rogations franques entrèrent seulement très tard dans le rituel officiel de Rome, puisque les Ordines Romani les ignorent complètement.

L’église stationnale de Sainte-Marie-Majeure évoque le souvenir de l’antique litania septiformis ou procession de pénitence instituée par saint Grégoire le Grand pour obtenir la cessation de la peste.

A la procession.

Le souvenir du premier miracle opéré par Jésus aux noces de Cana, grâce à l’intercession de la Vierge, sa Mère, dont la seule prière put décider son divin Fils à devancer le temps fixé par lui pour se manifester au monde au moyen de prodiges, doit nous inspirer une grande confiance dans le puissant patronage de Marie. Combien de fois la divine Mère ne formule-t-elle pas encore, en notre faveur, la prière qu’elle fit pour les époux de Cana : Vinum non habent [21] ! et nous, alors, nous nous sentons enivrés du saint amour de Dieu, et nous répétons, avec l’ordonnateur du festin : Tu autem servasti bonum vinum usque adhuc [22] !

La procession et la messe se déroulent selon le même rite que lors des Ambarvales romaines du 25 avril (Voir le commentaire du Bhx Schuster à cette date).

 Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

STATION A SAINTE MARIE MAJEURE

Demandez et vous recevrez.

1. L’Office des rogations. — L’Église romaine compte encore, aujourd’hui, quatre jours de prières : les grandes litanies, le 25 avril (procession de saint Marc), et les petites litanies, les trois jours qui précèdent l’Ascension (on donne spécialement à ces trois jours le nom de Rogations). Ces jours sont consacrés par l’Église à la prière instante, afin d’implorer la miséricorde de Dieu pour tous nos besoins temporels et spirituels et, particulièrement, afin d’obtenir sa bénédiction pour les fruits de la terre. Dans l’ancienne Église, ces jours de prière étaient fréquents, soit qu’ils fussent réguliers et périodiques, soit qu’ils fussent prescrits dans des besoins extraordinaires et pressants, par exemple pour demander la cessation de la peste.

Les trois jours de Rogations avant l’Ascension eurent leur origine en Gaule. Saint Mamert, évêque de Vienne, avait institué ces trois jours consacrés à la pénitence et à des processions de prières, pour obtenir que la ville et les environs fussent délivrés des grandes tribulations qui les désolaient (vers 450 après J.-C.). On imita, bientôt, ces processions de prière dont l’usage s’introduisit finalement dans toute l’Église d’Occident. La cérémonie, des Rogations consiste dans la procession et la messe de Rogations qui suit. Dans la procession, nous avons un dernier reste de l’antique procession de station que, les premiers chrétiens faisaient si volontiers, presque chaque jour, pendant le Carême et dans la semaine de Pâques. Ils se rassemblaient dans une église, appelée église de réunion (ecclesia collecta ; c’est de là que vient le nom de l’oraison dite collecte). De là, ils se rendaient en procession avec l’évêque et le clergé dans une autre église. En chemin, ils chantaient les litanies des saints et le Kyrie eleison. L’autre église s’appelait l’église de station. C’est là qu’on célébrait la sainte messe. Les quatre jours de prières nous ont conservé cet antique et vénérable usage, qui doit nous être cher. En effet, nous ne devons pas seulement prier instamment, mais encore en communauté. A cette prière instante et commune le Christ a promis la force et le succès. A la procession, on chante les antiques litanies des saints, dans lesquelles nous implorons, pour tous nos besoins, l’intercession de toute l’Église triomphante. Les oraisons terminales de ces litanies sont très belles et très édifiantes.

Quand l’Église a imploré l’assistance de toute la cour céleste et présenté toutes ses demandes au Seigneur, elle manifeste, à la messe, sa « certitude de la victoire sur le cœur de Dieu ». Cette messe nous offre, dans toutes ses parties, la promesse consolante que notre prière persévérante sera exaucée et elle nous donne, en même temps, dans l’Eucharistie, le gage du succès de cette prière. L’Introït nous donne la joyeuse assurance que nos prières seront exaucées par Dieu, qu’elles trouveront « accès » auprès de lui (Introivit — Introitus).

Dans l’Épître, saint Jacques qui a tant prié, qui, à force de prier, avait des durillons aux genoux, dit que « la prière d’un juste peut beaucoup ». L’exemple d’Élie doit affermir notre confiance. Mais l’Épître parle aussi de pénitence.

A l’Évangile, le Seigneur lui-même nous instruit de la puissance que possède une prière persévérante. L’Évangile forme comme un triptyque. Au centre, la parole divine si consolante : « Demandez et vous recevrez... » De chaque côté, deux images : l’ami importun, l’enfant qui demande, ou bien ; l’ami qui donne à contrecœur et le père plein de sollicitude. Nous sommes les amis qui demandent, les enfants qui frappent à la porte du Père céleste, à la porte du divin Ami — qui est loin de se montrer importuné — à la porte de notre frère, Jésus-Christ ; et nous recevons « le pain » divin, gage des dons éternels. Considérons encore que les trois dons signalés dans l’Évangile ont un sens symbolique profond. Le pain et le poisson sont le symbole de l’Eucharistie ; l’œuf est le symbole de la Résurrection du Christ, il signifie le germe de la vie nouvelle. Nous recevons tous ces dons dans le Saint-Sacrifice et, dans l’antienne de communion, nous chantons joyeusement le bonheur de les posséder.
Les antiennes directrices qui contiennent toujours la pensée principale du jour, chantent, comme hier, les bienfaits de la prière : « Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert, Alléluia » (Ant. Bened.). « Le Père lui-même vous aime parce que vous m’aimez et que vous croyez en moi, Alléluia » (Ant. Magn.).

2. Lecture d’Écriture (1 Pierre, chap. 2 et 3). — Le prince des Apôtres nous exhorte à vivre dans une communion intime avec le Christ. « Dépouillez toute malice et toute fausseté, toute envie et toute calomnie Comme des enfants nouveau-nés, désirez ardemment le lait raisonnable et pur, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut si vous avez vraiment goûté que le Seigneur est bon. Approchez-vous de lui, la pierre vivante que les hommes ont rejetée, mais qui est choisie et précieuse devant Dieu. Et vous-mêmes comme des pierres vivantes, entrez dans la structure de l’édifice, pour former un temple spirituel, un sacerdoce saint, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ... Vous, vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, un peuple saint un peuple que Dieu s’est acquis afin que vous annonciez les persécutions de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui, autrefois, n’étiez pas son peuple et qui êtes, maintenant, le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant, avez obtenu miséricorde ». Ensuite, saint Pierre insiste sur les devoirs de chaque état, « Soyez soumis à toute ordonnance humaine, à cause de Dieu, soit au roi comme au souverain, soit aux gouverneurs comme délégués par lui pour faire justice des malfaiteurs et récompenser les gens de biens…Témoignez à chacun du respect ; aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi. Vous, esclaves, soyez soumis à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et indulgents, mais encore à ceux qui sont difficiles. Car on est agréable à Dieu quand, à cause de lui, on endure les peines infligées injustement. Quel mérite y a-t-il, en effet, si, après avoir fait une faute, vous supportez patiemment les coups ? Mais si, après avoir fait le bien, vous avez à souffrir et que vous le supportiez avec patience, voilà ce qui est agréable à Dieu. C’est à cela, en effet, que vous avez été appelés ; car le Christ lui-même a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces ; lui qui n’a point commis de péché et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fausseté. Outragé, il ne rendait pas l’outrage ; maltraité, il ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge avec justice. Il a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que, morts au péché, nous vivions pour la justice. C’est par ses meurtrissures que vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes, mais, maintenant, vous êtes revenus à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes. Vous de même, femmes, soyez soumises à vos maris afin que, s’il en est qui n’obéissent pas à la prédication, ils soient gagnés, sans prédication, par la conduite de leur femme, rien qu’en voyant votre vie chaste et pleine de respect. Que votre parure ne soit pas celle du dehors : les cheveux tressés avec art, les ornements d’or et l’ajustement des habits ! Mais parez la femme intérieure par la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible : telle est la vraie richesse devant Dieu. C’est ainsi qu’autrefois se paraient les saintes femmes qui espéraient en Dieu et étaient soumises à leurs maris... Vous, de votre côté, maris, conduisez-vous avec sagesse à l’égard de vos femmes, comme avec des êtres plus faibles, les traitant avec honneur puisqu’elles sont avec vous héritières de la grâce qui donne la vie, afin que rien n’arrête vos prières ».


[1Ps. 106, 2.

[2Ps. 104, 2.

[3Ps. 26, 6.

[4Ps. 75, 7.

[5Ps. 21, 23.

[6Ps. 56, 10.

[7Luc. 11, 9.

[8Jn. 16, 27.

[9Luc. V, 34.

[10Homil. de Rogationibus.

[11Serm. CLXXII, parmi les Sermons de saint Augustin.

[12Canon XXVII.

[13Canon XVII.

[14Serm. CLXXIV. HERBERTUS TURRITANUS, Miracul. lib. I, c. 21.

[15De rebus bellicis Caroli Magni, cap. XVI.

[16SURIUS, ad diem XIX Novembris.

[17GIUSSANO, Vie de saint Charles Borromée.

[18Cant. VIII.

[19Cette règle fut changée dans la réforme de Jean XXIII : l’Alléluia de l’antique Messe des Rogations a été remplacé par un double Alléluia avec un nouveau texte pour le 1er verset.

[21Ils n’ont plus de vin.

[22Toi, cependant, tu as gardé le bon vin pour la fin.