St Joseph, Artisan
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Sommaire
Instituée en 1955, et remplaçant la fête du Patronage de St Joseph, cette fête fut un échec pastoral. En dehors du commentaire de St Albert le Grand aux Matines (3ème nocturne), on peut constater ce que devient la liturgie lorsqu’elle est considérée non plus comme le but de la pastorale mais comme un simple outil de celle-ci.
On se reportera avec fruit aux lectures de la fête du Patronage de St Joseph et de son octave (jeudi, vendredi, samedi, lundi, mardi, mercredi).
Textes de la Messe
| Ant. ad Introitum. Sap. 10, 17. | Introït |
| Sapiéntia réddidit iustis mercédem labórum suórum, et dedúxit illos in via mirábili, et fuit illis in velaménto díei et in luce stellárum per noctem. (T.P. Allelúia, allelúia.) | La Sagesse a rendu aux justes la récompense de leurs travaux, les a conduits par une voie admirable, et leur a tenu lieu d’ombre pendant le jour, et de la lumière des étoiles pendant la nuit. (T.P. Alléluia, alléluia.) |
| Ps. 126, 1. | |
| Nisi Dóminus aedificáverit domum, in vanum labórant qui aedíficant eam. | Si le Seigneur ne bâtit la maison, c’est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent. |
| V/. Glória Patri. | |
| Oratio. | Collecte |
| Rerum cónditor Deus, qui legem labóris humáno géneri statuísti : concéde propítius ; ut, sancti Ioseph exémplo et patrocínio, ópera perficiámus quae prǽcipis, et prǽmia consequámur quae promíttis. Per Dóminum | Dieu créateur de toutes choses, qui avez imposé au genre humain la loi du travail : accordez-nous favorablement ; grâce à l’exemple et au patronage de saint Joseph, d’accomplir parfaitement le travail que vous nous fixez, et d’obtenir les récompenses que vous nous promettez. |
| Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Colossénses. | Lecture de l’Epître de saint Paul Apôtre aux Colossiens. |
| Col. 3, 14-15, 17, 23-24. | |
| Fratres : Caritátem habéte, quod est vínculum perfectiónis, et pax Christi exsúltet in córdibus vestris, in qua et vocáti estis in uno córpore, et grati estóte. Omne quodcúmque fácitis in verbo aut in ópere, ómnia in nómine Dómini Iesu Christi, grátias agéntes Deo et Patri per ipsum. Quodcúmque fácitis, ex ánimo operámini sicut Dómino, et non homínibus, sciéntes quod a Dómino accipiétis retributiónem hereditátis. Dómino Christo servíte. | Mes Frères : Ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs ; et soyez reconnaissants. Quelque chose que vous fassiez, en parole, ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant gràces par lui à Dieu le Père. Tout ce que vous ferez, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez le Seigneur Christ. |
| Allelúia, allelúia. V/. De quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos, et ero protéctor eórum semper. | Allelúia, allelúia. V/. Dans quelque tribulation qu’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai à jamais leur protecteur. |
| Allelúia. V/. Fac nos innócuam, Ioseph, decúrrere vitam : sitque tuo semper tuta patrocínio. Allelúia. | Allelúia. V/. Faites-nous mener, ô Joseph, une vie sans tache et qui soit toujours en sécurité sous votre patronage. Alléluia. |
| ¶ In Missis votivis extra tempus paschale dicitur | ¶ Aux messes votives hors du temps pascal, on dit : |
| Graduale. Ps. 127, 1-2. | Graduel |
| Beatus quicúmque times Dóminum, qui ámbulas in viis eius. | Heureux toi qui crains le Seigneur, et qui marches dans ses voies. |
| V/. Labórem mánuum tuárum manducábis et bene tibi erit. | V/. Parce que tu te nourriras des travaux de tes mains, * tu es heureux et tu prospéreras. |
| Allelúia, allelúia. V/. Fac nos innócuam, Ioseph, decúrrere vitam : sitque tuo semper tuta patrocínio. Allelúia. | Allelúia, allelúia. V/. Faites-nous mener, ô Joseph, une vie sans tache et qui soit toujours en sécurité sous votre patronage. Alléluia. |
| Post Septuagesimam, omissis Allelúia et versu sequenti, dicitur | Après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et le verset suivant et on dit |
| Tractus. Ps. 111, 1-3. | Trait |
| Beátus vir, qui timet Dóminum : in mandátis eius cupit nimis. | Heureux l’homme qui craint le Seigneur et qui met ses délices dans ses commandements. |
| V/. Potens in terra erit semen eius : generátio rectórum benedicétur | V/. Sa race sera puissante sur la terre ; la postérité des justes sera bénie. |
| V/. Glória et divítiæ in domo eius : et iustítia eius manet in sǽculum sǽculi. | V/. La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles. |
| + Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum. | Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu. |
| Matth. 13,54-58. | |
| In illo témpore : Véniens Iesus in pátriam suam, docébat eos in synagógis eórum, ita ut miraréntur et dícerent : Unde huic sapiéntia hæc et virtútes ? Nonne hic est fabri fílius ? Nonne mater eius dícitur María, et fratres eius Iacóbus et Ioseph et Simon et Iudas ? Et soróres eius nonne omnes apud nos sunt ? Unde ergo huic ómnia ista ? Et scandalizabántur in eo. Iesus autem dixit eis : Non est prophéta sine honóre nisi in pátria sua et in domo sua. Et non fecit ibi virtútes multas propter incredulitátem illórum. | En ce temps-là : Jésus étant venu dans son pays, il les instruisait dans leurs synagogues, de sorte qu’ils étaient dans l’admiration et disaient : D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ? N’est-ce pas là le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? Et Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D’où lui viennent donc toutes ces choses ? Et ils prenaient de lui un sujet de scandale. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est sans honneur que dans son pays et dans sa maison. Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité. |
| Credo | Credo |
| Ant. ad Offertorium. Ps. 89, 17. | Offertoire |
| Bónitas Dómini Dei nostri sit super nos, et opus mánuum nostrárum secúnda nobis, et opus mánuum nostrárum secúnda. (T.P. Allelúia.) | Que la bonté du Seigneur notre Dieu soit sur nous ; dirigez d’en haut les ouvrages de nos mains ; oui, dirigez l’oeuvre de nos mains. (T.P. Alléluia.) |
| Secreta | Secrète |
| Quas tibi, Dómine, de opéribus mánuum nostrárum offérimus hóstias, sancti Ioseph interpósito suffrágio, pignus fácias nobis unitátis et pacis. Per Dóminum. | Nous vous offrons, Seigneur, ces hosties fruit du travail de nos mains : qu’à la prière de saint Joseph, elles soient pour nous le gage de l’unité et de la paix. |
| Præfatio de S. Ioseph Et te in Solemnitáte. | Préface de St Joseph [*] Et, en cette Solennité ... |
| Ant. ad Communionem. Matth. 13, 54, 55. | Communion |
| Unde huic sapiéntia haec et virtútes ? Nonne hic est fabri fílius ? Nonne mater eius dícitur María ? (T.P. Allelúia.) | D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ? N’est-ce pas là le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? (T.P. Alléluia.) |
| Postcommunio | Postcommunion |
| Haec sancta quæ súmpsimus, Dómine : per intercessiónem beáti Ioseph ; et operatiónem nostram cómpleant, et prǽmia confírment. Per Dóminum nostrum. | Que ces mystères que nous avons reçus, Seigneur : par l’intercession de saint Joseph ; donnent leur valeur à notre travail et nous garantissent les biens éternels. |
Office
AUX PREMIÈRES VÊPRES.
Ant. 1 Dieu, artisan du monde, * a créé l’homme pour qu’il travaille et garde la terre, alléluia.
Ant. 2 Le Christ, Fils de Dieu, * a daigné travailler de ses mains, alléluia.
Ant. 3 Saint Joseph, * en exerçant fidèlement son métier de charpentier, brille comme un modèle admirable de travail, alléluia.
Ant. 4 Serviteur fidèle et prudent, * que le Seigneur a établi sur sa famille, alléluia.
Ant. 5 Joseph, saint travailleur, * protège nos travaux, alléluia.
Capitule. Col. 3, 14-15.Mes Frères : Ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ règne dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants.
| Hymnus | Hymne |
| Te, Ioseph, célebrent ágmina cælitum, Te cuncti résonent christíadum chori, Qui clarus méritis, iunctus est ínclytæ Casto fœdere Vírgini. | Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph ! Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges ! Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni par une chaste alliance à l’auguste Vierge. |
| Almo cum túmidam gérmine cóniugem Admírans, dúbio tángeris ánxius, Afflátu súperi Fláminis Angelus Concéptum Púerum docet. | Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété, tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse, un Ange vient t’apprendre que l’enfant qu’elle a conçu, l’a été par l’opération de l’Esprit-Saint. |
| Tu natum Dóminum stringis, ad éxteras Ægypti prófugum tu séqueris plagas ; Amíssum Sólymis quæris, et ínvenis, Miscens gáudia flétibus. | Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ; tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ; tu le cherches à Jérusalem où tu l’as perdu, et tu le retrouves : ainsi tes joies sont mêlées de larmes. |
| Post mortem réliquos sors pia cónsecrat, Palmámque eméritos glória súscipit : Tu vivens, Súperis par, frúeris Deo, Mira sorte beátior. | D’autres sont glorifiés après une sainte mort, c eux qui ont mérité là palme sont reçus au sein de la gloire ; mais toi, par une admirable destinée, égal aux Saints, plus heureux même, tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu. |
| Nobis, summa Trias, parce precántibus, Da Ioseph méritis sídera scándere : Ut tandem líceat nos tibi pérpetim Gratum prómere cánticum. Amen. | Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ; que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux, pour qu’il nous soit enfin donné de chanter à jamais le cantique de la reconnaissance et de la félicité. Amen. |
V/. C’est aujourd’hui la solennité de saint Joseph, alléluia.
R/. Qui de ses mains a servi le Fils de Dieu, alléluia.
Ant.au Magnificat Le Christ Seigneur * a daigné passer pour le fils du charpentier, alléluia.
A MATINES.
Invitatoire. Le Roi des rois, le Seigneur, qui a daigné passer pour le fils du charpentier, * Venez, adorons-le, alléluia.
| Hymnus | Hymne |
| Te, pater Ioseph, ópifex colénde, Názaræ felix látitans in umbra, vócibus magnis animísque plenis nocte canémus. | C’est toi, patriarche Joseph, travailleur digne de louanges, heureux de te cacher dans l’ombre de Nazareth, qu’à haute voix et à plein cœur, nous chanterons cette nuit. |
| Régiam stirpem tenuémque victum mente fers æqua tacitúsque portas, sacra dum multo mánuum labóre pígnora nutris. | Tu portes en silence et d’une âme paisible ton origine royale et ta condition modeste, tandis qu’en travaillant durement de tes mains tu nourris l’Enfant sacré. |
| O Faber, sanctum spéculum fabrórum, quanta das plebi documénta vitæ, ut labor sudans, ut et officína sanctificétur. | O charpentier, saint miroir des charpentiers, quels exemples tu donnes au peuple par ta vie, pour que le labeur épuisant et l’atelier soient sanctifiés. |
| Qui carent escis, míseros fovéto ; témpera effrénos perimásque lites ; mýsticus Christus pátriæ sub umbrae tégmine crescat. | Protège les malheureux qui manquent de pain ; retiens les révoltés, apaise les conflits ; que le Christ mystique grandisse sous la protection de l’ombre paternelle. |
| Tu Deus trinus paritérque et unus, qui pater cunctis opiféxque rerum, fac patrem Ioseph imitémur actu, morte imitémur. Amen. | O toi Dieu trine en même temps qu’unique, qui es un père pour tous, et l’artisan du monde, fais que nous imitions le patriarche Joseph par notre conduite, et que nous l’imitions par notre mort. Amen. |
Au premier nocturne.
Ant. [1]L’homme sort * pour son travail et pour son labeur jusqu’au soir, alléluia.
V/. Gloire et modèle des travailleurs, saint Joseph, alléluia.
R/. A qui le Fils de Dieu voulut obéir, alléluia.
Du livre de la Genèse.
Première leçon. Cap. 1, 27-28, 31 ; 2, 1-3.
Au commencement, Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. » Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Dieu conclut au septième jour l’ouvrage qu’il avait fait et, au septième jour, il chôma, après tout l’ouvrage qu’il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait alors , chômé après tout son ouvrage de création.
R/. Six jours tu travailleras, et tu feras toutes tes œuvres, et le septième jour est le Sabbat du Seigneur ton Dieu : * Tu n’y feras aucun travail, alléluia. V/. Car en six jours Dieu fit le ciel et la terre, et il se reposa le septième jour. * Tu.
Deuxième leçon. Cap. 2, 7-9, 15.
Alors le Seigneur modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de là connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.
R/. Dieu établit l’homme qu’il avait modelé, dans le jardin de délices. * Pour le cultiver, alléluia. V/. Telle était la condition de l’homme au commencement. * Pour.
Troisième leçon. Cap. 3, 17-19, 23-24.
Et le Seigneur Dieu dit à Adam : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » Et le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré. Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
R/. Après le péché, Dieu bannit l’homme du jardin de délices. * Pour qu’il cultivât le sol par ses labeurs, alléluia. V/. Et c’est à la sueur de ton visage, dit Dieu, que tu mangeras ton pain. * Pour. Gloire au Père. * Pour.
Au deuxième nocturne.
Ant. Jésus, âgé de trente ans, * passait pour le fils de Joseph, alléluia.
V/. O grande dignité du travail, alléluia.
R/. Que le Christ a sanctifié, alléluia.
Des Actes du Pape Pie XII.
Quatrième leçon. L’Église, mère très attentive de tous les hommes, a multiplié les efforts pour protéger et soulager les travailleurs, instituant et favorisant leurs associations que le Pontife Suprême Pie XII a voulu depuis longtemps confier au très puissant patronage de saint Joseph. En effet, saint Joseph, du fait qu’il était le père putatif du Christ qui daigna être appelé charpentier et fils du charpentier, à cause du lien étroit qui l’unissait à Jésus, puisa abondamment cet esprit par lequel le travail est ennobli et dépassé. De manière semblable, ces associations de travailleurs doivent tendre à ce que le Christ soit toujours présent en elles, dans leurs membres et dans les familles de ceux-ci et enfin en toute réunion de travailleurs ; en effet le but premier de ces associations est de garder et de nourrir la vie chrétienne chez leurs membres, et d’étendre le règne de Dieu, surtout chez les compagnons du même atelier.
R/. Tu ne calomnieras pas ton prochain, et tu ne l’opprimeras pas par la force ; * Le salaire de ton mercenaire ne restera pas auprès de toi jusqu’au lendemain, alléluia. V/. Car l’ouvrier a droit à son salaire. * Le salaire.
Cinquième leçon. Cette sollicitude de l’Église envers la nouvelle union des ouvriers a fourni argument au Pape lorsque, saisissant l’occasion d’une assemblée de travailleurs réunie à Rome le Ier mai 1955, il s’adressa à une foule immense rassemblée sur la place Saint-Pierre et recommanda hautement la formation des travailleurs. Car celle-ci à notre époque réclame une place croissante, afin que les travailleurs, pleinement conscients de la doctrine chrétienne, évitent les erreurs qui pullulent relativement à la constitution de la société et aux problèmes économiques, qu’ils connaissent bien l’ordre moral institué par Dieu, que l’Église révèle et interprète, sur les droits et les devoirs des travailleurs, et, devenus participants à la gestion de l’entreprise, collaborent effectivement à son organisation. Car c’est le Christ qui, le premier au monde, a promulgué et transmis à son Église les principes qui demeurent immuables et très puissants pour la solution de ces problèmes.
R/. Vous m’avez donné la protection de votre salut et votre droite m’a recueilli : * Vous êtes mon protecteur et mon répondant, alléluia. V/. Je suis ton protecteur et ta récompense très grande. * Vous êtes.
Sixième leçon. Et pour que la dignité du travail humain, et les principes qui la fondent se gravent plus profondément dans les esprits, Pie XII institua la fête de saint Joseph travailleur, pour qu’il donne son exemple et sa protection à toutes les unions de travail. A son exemple, en effet, ceux qui exercent les professions laborieuses doivent apprendre selon quel plan et quel esprit ils doivent accomplir leur charge afin qu’en obéissant tout d’abord à l’ordre de Dieu, ils soumettent la terre et contribuent à la prospérité économique, tout en gagnant en même temps les récompenses de la vie éternelle. Et le gardien prévoyant de la Famille de Nazareth n’abandonnera pas ceux qui sont ses compagnons de métier et de travail : il les couvrira de sa protection et il enrichira leurs maisons par les richesses célestes. Très à propos, le Souverain Pontife a ordonné de célébrer cette fête le Ier mai, jour qu’ont adopté les associations de travailleurs. On peut donc en espérer que ce jour, consacré à saint Joseph travailleur, n’exaspérera plus les haines ni n’excitera les conflits désormais, mais que, revenant chaque année, il invitera tous les hommes à accomplir de plus en plus ce qui manque à la paix civile, et même qu’il stimulera les gouvernants à réaliser activement ce que réclame le bon ordre de la communauté humaine.
R/. Je suis malheureux et pauvre ; * Le Seigneur s’est soucié de moi, alléluia. V/. Tu te nourriras du travail de tes mains, et tu en seras heureux, alléluia. * Le Seigneur. Gloire au Père. * Le Seigneur.
Au troisième nocturne.
Ant. Celui-ci * n’est-il pas le fils du charpentier ? N’est-il pas le fils de Joseph ? Alléluia.
V/. Le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, alléluia
R/. A daigné travailler de ses mains, alléluia.
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 13, 54-58.
En ce temps-là : Jésus étant venu dans son pays, il les instruisait dans leurs synagogues, de sorte qu’ils étaient dans l’admiration et disaient : D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ? N’est-ce pas là le fils du charpentier ?. Et le reste.
Homélie de saint Albert le Grand, Évêque.
Septième leçon. Le jour du sabbat, il entra dans la synagogue où tous se réunissent afin d’écouter. Et tous, dans la synagogue, fixaient les yeux sur lui. Mais les uns le faisaient par dévotion, d’autres par curiosité, et d’autres l’observaient pour prendre en défaut ses paroles. Et les scribes et les pharisiens disaient au peuple qui avait déjà conçu pour lui de la foi et de la dévotion : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Ils marquent leur mépris e, le désignant sans daigner le nommer. Le Fils de Joseph : l’évangéliste est moins complet ici que dans le texte qu’il avait connu chez Matthieu aussi bien que chez Marc : « N’est-ce pas là le fils du charpentier ? N’est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie ? » Tout cela est dit avec mépris.
R/. Jésus, lors de ses débuts, avait environ trente ans. * Et il passait pour le fils de Joseph, alléluia. V/. Or Joseph était charpentier, l’époux de la Vierge Marie, de laquelle est né le Christ. * Et.
Huitième leçon. On dit que Joseph fut charpentier, gagnant sa vie par son métier et le travail de ses mains, au lieu de manger son pain dans le loisir et les délices, comme faisaient les scribes et les pharisiens. Marie aussi gagnait sa vie par sa quenouille et par l’habileté de ses mains. Le sens est donc celui-ci : Cet homme de méprisable et très pauvre extraction, ce ne peut être le Christ Seigneur, qui a reçu l’onction divine. Et par conséquent on ne doit pas ajouter foi à un homme aussi grossier et aussi bas.
R/. D’où lui viennent cette sagesse et ces pouvoirs miraculeux ? * N’est-ce pas là le fils du charpentier ? Alléluia. V/. On parlait ainsi dans la ville de Nazareth. * N’est-ce pas là. Gloire au Père. * N’est-ce pas là.
Neuvième leçon. Cependant le Seigneur était charpentier. Car le prophète a dit de lui : « C’est toi gui agenças l’aurore et le soleil. » On trouve le même ton méprisant dans le livre des Rois, où des gens disent de Saül élevé à la royauté : « Qu’est-il arrivé au fils de Cis ? Saul est-il aussi parmi les prophètes ? » Une courte phrase contient donc un grand mépris. Or le Seigneur dit : « En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. » Le Seigneur, ici, se déclare prophète. Car lui qui connaît tout par sa divinité ne reçoit aucune révélation par l’inspiration. Ce qu’il appelle sa patrie c’est, au sens étroit, le lieu où il fut conçu et élevé. Il ne fut pas bien reçu par les gens de son village qui étaient animés de haine envers lui.
A LAUDES.
Ant. 1 Dieu, artisan du monde, * a créé l’homme pour qu’il travaille et garde la terre, alléluia.
Ant. 2 Le Christ, Fils de Dieu, * a daigné travailler de ses mains, alléluia.
Ant. 3 Saint Joseph, * en exerçant fidèlement son métier de charpentier, brille comme un modèle admirable de travail, alléluia.
Ant. 4 Serviteur fidèle et prudent, * que le Seigneur a établi sur sa famille, alléluia.
Ant. 5 Joseph, saint travailleur, * protège nos travaux, alléluia.
Capitule. Col. 3, 14-15.Mes Frères : Ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ règne dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants.
| Hymnus | Hymne |
| Auróra, solis núntia florúmque mensi prǽvia, fabri sonóram málleo domum salútat Názaræ. | L’aurore, annonciatrice du soleil et qui ouvre le mois des fleurs, salue la maison de Nazareth où résonne le marteau du charpentier. |
| Salve, caput domésticum, sub quo suprémus Artifex, sudóre salso róridus, exércet artem pátriam. | Salut, chef de famille, sous les ordres de qui l’Artisan suprême, baigné d’une sueur amère, s’exerce au métier paternel. |
| Altis locátus sédibus celsǽque Sponsæ próximus, adásto nunc cliéntibus, quos vexat indigéntia. | Résidant au séjour céleste, tout proche de l’Épouse sublime, assiste maintenant tes protégés que meurtrit l’indigence. |
| Absíntque vis et iúrgia, fraus omnis a mercédibus ; victus cibíque cópiam mensúret una párcitas. | Que s’éloignent violence et conflits, et toute fraude, dans les salaires ; que la frugalité seule limite l’abondance des biens et de la nourriture. |
| O Trinitátis Unitas, Ioseph precánte, quǽsumus, in pace nostros ómnium gressus viámque dírige. Amen. | O Unité de la Trinité, à la prière de saint Joseph, dirige dans la paix tous nos pas et notre voyage. Amen. |
V/. Priez pour nous, saint Joseph, alléluia.
R/. Protecteur fidèle de nos labeurs, alléluia.
Ant. au Bénédictus Jésus descendit * avec Marie et Joseph, il vint à Nazareth, et il leur était soumis, alléluia.
AUX DEUXIÈMES VÊPRES.
Antiennes et Capitule comme à Laudes.
| Hymnus | Hymne |
| Te, Ioseph, célebrent ágmina cælitum, Te cuncti résonent christíadum chori, Qui clarus méritis, iunctus est ínclytæ Casto fœdere Vírgini. | Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph ! Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges ! Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni par une chaste alliance à l’auguste Vierge. |
| Almo cum túmidam gérmine cóniugem Admírans, dúbio tángeris ánxius, Afflátu súperi Fláminis Angelus Concéptum Púerum docet. | Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété, tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse, un Ange vient t’apprendre que l’enfant qu’elle a conçu, l’a été par l’opération de l’Esprit-Saint. |
| Tu natum Dóminum stringis, ad éxteras Ægypti prófugum tu séqueris plagas ; Amíssum Sólymis quæris, et ínvenis, Miscens gáudia flétibus. | Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ; tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ; tu le cherches à Jérusalem où tu l’as perdu, et tu le retrouves : ainsi tes joies sont mêlées de larmes. |
| Post mortem réliquos sors pia cónsecrat, Palmámque eméritos glória súscipit : Tu vivens, Súperis par, frúeris Deo, Mira sorte beátior. | D’autres sont glorifiés après une sainte mort, c eux qui ont mérité là palme sont reçus au sein de la gloire ; mais toi, par une admirable destinée, égal aux Saints, plus heureux même, tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu. |
| Nobis, summa Trias, parce precántibus, Da Ioseph méritis sídera scándere : Ut tandem líceat nos tibi pérpetim Gratum prómere cánticum. Amen. | Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ; que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux, pour qu’il nous soit enfin donné de chanter à jamais le cantique de la reconnaissance et de la félicité. Amen. |
| Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : | Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : |
| Et te in Solemnitáte beáti Ioseph débitis magnificáre præcóniis, benedícere et prædicáre. Qui et vir iustus, a te Deíparæ Vírgini Sponsus est datus : et fidélis servus ac prudens, super Famíliam tuam est constitútus : ut Unigénitum tuum, Sancti Spíritus obumbratióne concéptum, paterna vice custodíret, Iesum Christum, Dóminum nostrum. | Et, en cette Solennité du bienheureux Joseph de vous magnifier comme il convient vos grandeurs, de vous bénir et de vous proclamer. C’est lui, l’homme juste, que vous avez donné pour Époux à la Mère de Dieu : lui, le fidèle et prudent serviteur, que vous avez établi sur votre Famille : afin qu’il garde, comme un père, votre Fils conçu par l’opération du Saint-Esprit, Jésus-Christ, Notre-Seigneur. |
| Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes. | C’est par Lui que les Anges louent votre majesté, que les Dominations vous adorent, que les Puissances se prosternenten tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins s’associent à eux dans cette commune louange. Daignez ordonner, nous vous en conjurons, que nos voix suppliantes puissent se méler aux leurs en disant. |
[1] Pendant le Temps pascal, les trois psaumes de chacun des nocturnes des Matines sont dits sous une seule antienne.
