Commun d’une Vierge non Martyre Dilexísti

lundi 20 avril 2026
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 Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

La troisième messe du Commun des Vierges est bien, parmi les messes du commun, celle qui présente la plus parfaite unité ; une vraie messe nuptiale. L’Église est l’Épouse sans tache du Seigneur, et elle se manifeste dans la vierge que nous fêtons aujourd’hui et qui est mystérieusement présente parmi nous en ce moment. Mais celle-ci est aussi notre modèle, et non seulement nous sommes mystérieusement unis à elle aujourd’hui, mais nous partagerons un jour réellement son sort. Pour terminer l’allégorie, nous sommes aujourd’hui, dans la personne de la vierge, l’épouse du Christ, l’Église. Cette allégorie se développe à travers toutes les parties de la messe. L’Evangile la précise et nous offre en même temps le mystère en action : la sainte et nous, nous sommes les épouses-vierges qui, dans la nuit de cette vie, allons, avec la petite lampe lumineuse de l’amour du Christ, au-devant de l’Époux arrivant pour les noces. Cela sera une réalité au second avènement du Seigneur (et à notre mort) ; pour le moment, à la messe, c’est une anticipation de la réalité. Maintenant nous comprenons la signification profonde de la messe d’aujourd’hui.

A l’Introït, nous chantons le cantique nuptial ; l’arrivée à l’église est aujourd’hui un cortège nuptial : la sainte en tête, nous à sa suite ; représentons-nous l’arrivée solennelle à l’autel de l’évêque revêtu des ornements pontificaux ; pendant ce temps, nous chantons le psaume 44 en entier, le cantique nuptial : le Christ, l’Époux royal — l’Église, la vierge, — moi, l’épouse du Roi. Considérons-nous maintenant comme des épouses du Christ. A l’Epître, on nous adresse de nouveau la parole comme aux épouses du Christ ; l’Époux a pour son épouse un amour jaloux ; il ne veut partager avec personne la possession de l’épouse ; c’est en vierge intacte qu’elle doit se présente au Christ, son époux. Le thème nuptial se poursuit dans tous les morceaux de la messe : Quand le diacre, paré des ornements de fête, monte en une procession solennelle à l’ambon avec l’Evangile (c’est-à-dire le Christ), nous avons de nouveau une représentation du cortège nuptial. Maintenant, c’est le chant de l’Evangile avec l’allégorie si expressive des cinq vierges sages (les cinq vierges folles symbolisent le sombre contraste). Nous sommes ces épouses-vierges (les acolytes portant des cierges allumés pour le chant de l’Evangile nous facilitent cette représentation). Au Saint-Sacrifice, l’Evangile devient réalité. A l’Offertoire, nous nous portons au-devant du Christ comme des épouses-vierges : l’autel est le Christ ; les dons offerts sont les lampes garnies d’huile, l’offrande à l’Époux. A l’Offertoire, on chante de nouveau le cantique nuptial. L’antienne fournit une nouvelle image : l’autel avec sa riche parure (d’or et de diverses couleurs) rappelle l’Épouse-Reine, l’Église ; nous, les épouses-vierges, nous l’entourons à l’offertoire. Au moment du sacrifice (consécration), l’Époux paraît ; et, à la Communion, nous allons de nouveau comme épouses-vierges “obviam Christo Domino” — à la rencontre du Christ, notre Seigneur. “Ecce sponsus venit — Voici que vient l’Époux.” Ouvrons-lui notre cœur ! (Remarquons encore que l’antienne n’a tout son sens qu’en liaison avec la communion). Nous chantons pour la quatrième fois le cantique nuptial.

 Textes du Commun

Commune Virginum

Commun des Vierges

III
III
Pro Virgine tantum

Pour une Vierge

Ant. ad Introitum. Ps. 44, 8.Introït
Dilexísti iustítiam, et odísti iniquitátem : proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo lætítiae præ consórtibus tuis. (T.P. Allelúia, allelúia.)Vous avez aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, votre Dieu vous a oint d’une huile d’allégresse d’une manière plus excellente que toutes vos compagnes. (T.P. Alléluia, alléluia.)
Ps. Ibid., 2.
Eructávit cor meum verbum bonum : dico ego ópera mea Regi.De mon cœur a jailli une excellente parole ; c’est que j’adresse mes œuvres à un roi.
V/.Glória Patri.
Oratio.Collecte
Exáudi nos, Deus, salutáris noster : ut, sicut de beátæ N. Vírginis tuæ festivitáte gaudémus ; ita piæ devotiónis erudiámur afféctu. Per Dóminum nostrum.Exaucez-nous, Ô Dieu notre Sauveur, afin que, comme la fête de la Bienheureuse N., votre Vierge, nous donne la joie, elle nous enseigne aussi la ferveur d’une sainte dévotion.
Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corínthios.Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre aux Corinthiens.
2. Cor. 10, 17-18 ; 11, 1-2.
Fratres : Qui gloriátur, in Dómino gloriétur. Non enim, qui seípsum comméndat, ille probátus est ; sed quem Deus comméndat. Utinam sustinerétis módicum quid insipiéntiæ meæ, sed et supportáte me : .mulor enim vos Dei æmulatióne. Despóndi enim vos uni viro vírginem castam exhibére Christo.Mes frères, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que Dieu recommande. Ah ! Si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie ! Eh bien, supportez-moi. Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu ; en effet, je vous ai fiancés à un unique époux, au Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge pure.
Graduale. Ps. 44, 5.Graduel
Spécie tua et pulchritúdine tua inténde, próspere procéde et regna.Avec votre gloire et votre majesté, avancez, marchez victorieusement et régnez.
V/. Propter veritátem et mansuetúdinem et iustítiam : et dedúcet te mirabíliter déxtera tua.V/. Pour la vérité, la douceur et la justice ; et votre droite vous conduira merveilleusement.
Allelúia, allelúia. V/. Ibid., 15 et 16. Adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius afferéntur tibi in lætítia. Allelúia.Allelúia, allelúia. V/. Des vierges seront amenées au roi après vous ; vos compagnes seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse. Alléluia.
Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, diciturAprès la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit :
Tractus. Ps. 44, 11 et 12.Trait
Audi, fília, et vide, et inclína aurem tuam : quia concupívit Rex spéciem tuam.Écoutez, ma fille, et prêtez l’oreille, car le roi s’est épris de votre beauté.
V/. Ibid. 13 et 10. Vultum tuum deprecabúntur omnes dívites plebis : fíliæ regum in honóre tuo.V/. Tous les riches d’entre le peuple vous offriront leurs humbles prières.
V/. Ibid., 15 et 16. Adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius afferéntur tibi.V/. Des vierges seront amenées au roi après vous ; vos compagnes seront présentées au roi.
V/. Afferéntur in lætítia et exsultatióne : adducántur in templum Regis.V/. Elles seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse ; elles seront conduites au temple du roi.
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur :Au Temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :
Allelúia, allelúia. V/. Ps. 44, 15 et 16. Adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius afferéntur tibi in lætítia.Allelúia, allelúia. V/. Des vierges seront amenées au roi après vous ; vos compagnes seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse.
Allelúia. V/. Ibid., 5. Spécie tua et pulchritúdine tua inténde, próspere procéde et regna. Allelúia.Allelúia. V/. Avec votre gloire et votre majesté, avancez, marchez victorieusement et régnez. Alléluia.
+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.Suite du Saint Évangile selon saint Matthieu Luc Jean Marc.
Matth. 25, 1-13.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis parábolam hanc : Simile erit regnum cælórum decem virgínibus : quæ, accipiéntes lámpades suas, exiérunt óbviam sponso et sponsæ. Quinque autem ex eis erant fátuæ, et quinque prudéntes : sed quinque fátuæ, accéptis lampádibus, non sumpsérunt óleum secum : prudéntes vero accepérunt óleum in vasis suis cum lampádibus. Horam autem faciénte sponso, dormitavérunt omnes et dormiérunt. Média autem nocte clamor factus est : Ecce, sponsus venit, exíte óbviam ei. Tunc surrexérunt omnes vírgines illae, et ornavérunt lámpades suas. Fátuæ autem sapiéntibus dixérunt : Date nobis de óleo vestro : quia lámpades nostræ exstinguúntur. Respondérunt prudéntes, dicéntes : Ne forte non suffíciat nobis et vobis, ite pótius ad vendéntes, et émite vobis. Dum autem irent émere, venit sponsus : et quæ parátæ erant, intravérunt cum eo ad núptias, et clausa est iánua. Novíssime vero véniunt et réliquæ vírgines, dicéntes : Dómine, Dómine, áperi nobis. At ille respóndens, ait : Amen, dico vobis, néscio vos. Vigiláte ítaque, quia nescítis diem neque horam.En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent au-devant de l’époux et de l’épouse. Or, cinq d’entre elles étaient folles, et cinq étaient sages. Les cinq folles, ayant pris leur lampe, ne prirent pas d’huile avec elles ; mais les sages prirent de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes. L’époux tardant à venir, elles s’assoupirent toutes, et s’endormirent. Mais, au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : Voici l’époux qui vient ; allez au-devant de lui. Alors toutes ces vierges se levèrent, et préparèrent leurs lampes. Mais les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les sages leur répondirent : De peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. Mais pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée. Enfin les autres vierges viennent aussi, en disant : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. Mais il leur répondit : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais point. Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Ant. ad Offertorium. Ps. 44, 10.Offertoire
Fíliæ regum in honóre tuo, ástitit regína a dextris tuis in vestítu deauráto, circúmdata varietate. (T.P. Allelúia.)Les filles des rois sont dans votre gloire ; la reine se tient à votre droite en vêtements tissés d’or, couverte de broderies. (T.P. Alléluia.)
Secreta.Secrète
Accépta tibi sit, Dómine, sacrátæ plebis oblátio pro tuórum honóre Sanctórum : quorum se méritis de tribulatióne percepísse cognóscit auxílium. Per Dóminum nostrum.Qu’elle soit agréée de vous, Seigneur, l’offrande faite par votre peuple saint en l’honneur de vos Saintes par les mérites desquelles il reconnaît avoir reçu du secours dans la tribulation.
Ant. ad Communionem. Matth. 25, 4 et 6.Communion
Quinque prudéntes vírgines accepérunt óleum in vasis suis cum lampádibus : média autem nocte clamor factus est : Ecce, sponsus venit : exite óbviam Christo Dómino. (T.P. Allelúia.)Cinq vierges sages prirent de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes ; mais au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : Voici l’époux qui vient ; allez au-devant du Christ votre Seigneur. (T.P. Alléluia.)
Postcommunio.Postcommunion
Satiásti, Dómine, famíliam tuam munéribus sacris : eius, quǽsumus, semper interventióne nos réfove, cuius sollémnia celebrámus. Per Dóminum.Vous avez, Seigneur, nourri votre famille de dons sacrés ; ranimez-nous toujours, s’il vous plaît, grâce à l’intervention de la sainte dont nous celébrons la fête.