Sts Processus et Martinien, Martyrs

jeudi 2 juillet 2026
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Bhx Card. Schuster, Liber Sacramentorum :

Rome est en fête, parce que l’octave des Apôtres se poursuit. Il faut donc aujourd’hui célébrer deux Saints qui représentent d’une certaine manière les premiers fruits du sang de leur martyre.
La station de ce jour sur la voie Aurélienne nous est connue par le témoignage de saint Grégoire le Grand qui, pour le natale des saints Processus et Martinien, y prononça sa 32e homélie sur les Évangiles, où nous trouvons ces paroles : Ad Sanctorum Martyrum corpora consistimus, fratres mei.
Les Actes des deux Martyrs sont d’époque tardive et peu sûrs. D’après eux, Processus et Martinien seraient les geôliers de Pierre et de Paul, par eux convertis et baptisés dans la prison. Après la décapitation des deux soldats sur la voie Aurélia, une sainte femme nommée Lucine, qu’on a accoutumé de voir paraître en ces circonstances, aurait embaumé et enseveli leurs corps iuxta formam aquaeductus, c’est-à-dire près de l’aqueduc de Trajan, qui côtoie maintenant la célèbre villa Pamphili.
C’est, en effet, sous ces allées ombragées que se déroulent les galeries de leur cimetière, aujourd’hui en grande partie enterré et inexploré. Les reliques des deux Martyrs, durant la période des grandes translations, furent portées par Pascaal Ier à Saint-Pierre, où on les vénère toujours.
Le biographe de ce Pontife nous décrit l’oratoire somptueux élevé par lui en l’honneur des Martyrs, les colonnes et les mosaïques qui l’ornaient. Il se trouvait près de la porte de bronze, par conséquent dans le voisinage de la rotonde de Sainte-Pétronille. Lors de la reconstruction de la basilique vaticane, la tombe des deux saints fut érigée dans l’abside gauche du transept, et au Concile du Vatican on pouvait voir Pie IX assis sur le trône papal établi à ce moment-là sur le tombeau de Processus et de Martinien, les anciens geôliers des deux Princes des Apôtres !

Dans le Missel, l’antienne pour l’introït est celle du Commun ; cependant, dans l’Antiphonaire, nous trouvons la suivante (Sap., 3, 8) : « Les Saints sont devenus les juges du monde ; ils dominent sur les peuples parce que leur Seigneur régnera à jamais. »
Cette antienne nous rappelle ce qu’on lit dans les Actes du martyre des saintes Perpétue et Félicité. La veille de leur passion, tandis que les païens se pressaient autour des victimes qui célébraient leur dernière agape, un des prisonniers dit aux curieux : « Regardez-nous bien, afin de pouvoir nous reconnaître au jour du jugement. »
Le Missel assigne la même lecture évangélique que pour le commun d’un martyr Évêque II. Saint Grégoire le Grand la commenta aussi en effet dans la synaxe de ce jour.
Au contraire, le Lectionnaire de Würzbourg indique celle qui commence par ces mots : Sedente Iesu (Matt. 24, 3-13), comme pour le natale des martyrs Maris, Marthe, etc au 19 janvier. Cette divergence, que nous avons déjà notée en d’autres cas, indique que, durant tout le haut moyen âge, la liste des lectures liturgiques de la messe et de l’office n’avait pas encore assumé un caractère absolu de stabilité. Il y avait des lectures de rechange, afin de rendre la liturgie plus variée et plus riche.
II faut remarquer le mot libamen employé aujourd’hui dans la postcommunion. Libamen, libamentum ou libum c’est, au sens classique, l’effusion d’un liquide quelconque en sacrifice à la divinité. Par la suite, libare ou prælibare signifia aussi goûter, ou participer au sacrifice en buvant du liquide offert. Transporté dans le langage liturgique, ce mot indique que la Communion des fidèles représente à la fois leur participation rituelle au Sacrifice eucharistique et le Banquet du Sacrifice.

Eodem die 2 iulii
Ce même 2 juillet
Ss. Processi et Martiniani
Sts Processus et Martinien
Martyrum
Martyrs
(CR 1960 : Commemoratio)
(1960 : Commémoraison)

Ant. ad Introitum. Eccli. 44,15 et 14.Introït
Sapiéntiam Sanctórum narrent pópuli, et laudes eórum núntiet ecclésia : nomina autem eórum vivent in sǽculum sǽculi.Que les peuples racontent la sagesse des saints, et que l’assemblée publie leurs louanges ; leur nom vivra de génération en génération.
Ps. 32, 1.
Exsultáte, iusti, in Dómino : rectos decet collaudátio.Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, c’est aux hommes droits que sied la louange.
V/.Glória Patri.
Deus, qui nos sanctórum Mártyrum tuórum Procéssi et Martiniáni gloriósis confessiónibus circúmdas et prótegis : da nobis et eórum imitatióne profícere, et intercessióne gaudére. Per Dóminum nostrum.O Dieu, qui nous donnez dans la glorieuse profession de foi de vos saints Martyrs Processus et Martinien un gage de votre secours et de votre protection, accordez-nous de profiter de leur exemple et de nous réjouir de leur intercession.
Léctio Epístolæ beáti PauliApóstoli ad Hebrǽos.Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre aux Hébreux.
Hebr. 10, 32-38.
Fratres : Rememorámini prístinos dies, in quibus illumináti magnum certámen sustinuístis passiónum : et in áltero quidem oppróbriis et tribulatiónibus spectáculum facti : in áltero autem sócii táliter conversántium effécti. Nam et vinctis compássi estis, et rapínam bonórum vestrórum cum gáudio suscepístis, cognoscéntes vos habere meliórem et manéntem substántiam. Nolíte itaque amíttere ! confidéntiam vestram, quæ magnam habet remuneratiónem. Patiéntia enim vobis necéssaria est : ut, voluntátem Dei faciéntes, reportétis promissiónem. Adhuc enim módicum aliquántulum, qui ventúrus est, véniet, et non tardábit. Iustus autem meus ex fide vivit.Mes frères, Rappelez en votre mémoire ces premiers jours où, après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand combat de souffrances, d’une part exposés comme en spectacle aux opprobres et aux tribulations, et de l’autre, prenant part aux maux de ceux qui étaient traités de même. Car vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie la perte de vos biens, sachant que vous aviez une richesse meilleure et permanente. N’abandonnez donc pas votre confiance, qui aura une grande rémunération. En effet, la patience vous est nécessaire, afin que faisant la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore bien peu de temps, et celui qui doit venir viendra ; il ne tardera pas. Or, mon juste vit de la foi.
Graduale. Ps. 123,7-8.Graduel
Anima nostra, sicut passer, erépta est de láqueo venántium.Notre âme s’est échappée comme un passereau du filet des chasseurs.
V/. Láqueus contrítus est, et nos liberáti sumus : adiutórium nostrum in nómine Dómini, qui fecit cælum et terram.V/. Le filet a été brisé et nous avons été délivrés ; notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Allelúia, allelúia. V/. Ps.67, 4. Iusti epuléntur, et exsúltent in conspéctu Dei : et delecténtur in lætítia. Allelúia.Allelúia, allelúia. V/. Que les justes soient comme dans un festin et qu’ils tressaillent en la présence de Dieu et qu’ils soient dans des transports de joie. Alléluia.
+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.Suite du Saint Évangile selon saint Mathieu.
Matth. 16, 24-27.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Si quis vult post me veníre, ábneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Qui enim voluerit ánimam suam salvam fácere, perdet eam : qui autem perdíderit ánimam suam propter me, invéniet eam. Quid enim prodest hómini, si mundum univérsum lucrétur, ánimæ vero suæ detriméntum patiátur ? Aut quam dabit homo commutatiónem pro ánima sua ? Fílius enim hóminis ventúrus est in glória Patris sui cum Angelis suis : et tunc reddet unicuíque secúndum ópera eius.En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera. Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Ou qu’est-ce que l’homme donnera en échange de son âme ? Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.
In Missis votives post Septuagesimam in fine sequentæ antiphonæ Allelúia omittitur.Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Allelúia à la fin de l’antienne qui suit.
Ant. ad Offertorium. Ps. 149, 5-6.Offertoire
Exsultábunt Sancti in glória, lætabúntur in cubílibus suis : exaltatiónes Dei in fáucibus eórum, allelúia. Les Saints tressailliront dans la gloire, ils se réjouiront sur leurs couches. Les louanges de Dieu seront dans leur bouche, alléluia.
Súscipe, Dómine, preces et múnera : quæ ut tuo sint digna conspéctu. Sanctórum tuórum précibus adiuvémur. Per Dóminum.Recevez, Seigneur, nos supplications ainsi que nos offrandes et pour qu’elles se trouvent dignes de vos regards, faites que nous soyons aidés des prières de vos saints.
Ant. ad Communionem. Luc. 12, 4.Communion
Dico autem vobis amícis meis : Ne terreámini ab his, qui vos persequúntur.Je vous dis donc à vous qui êtes mes amis : Ne craignez pas ceux qui vous persécutent.
Postcommunio.Postcommunion
Córporis sacri et pretiósi Sánguinis repléti libámine, quǽsumus, Dómine, Deus noster : ut, quod pia devotióne gérimus, certa redemptióne capiámus. Per eúndem Dóminum.Rassasiés par le Corps sacré et le précieux Sang qui vous ont été offerts en sacrifice, nous vous demandons, ô Seigneur, notre Dieu, que nous possédions, là où notre rédemption sera assurée, ce que nous portons maintenant avec une pieuse dévotion.