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	<title>Introibo ad altare Dei</title>
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		<title>Introibo ad altare Dei</title>
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		<title>Commentaires liturgiques de la Nativit&#233; de St Jean-Baptiste</title>
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&lt;p&gt;On trouvera les textes de la messe et de l'Office ici Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Voix de celui qui crie dans le d&#233;sert : Pr&#233;parez les sentiers du Seigneur ; voici votre Dieu ! &#187; Oh ! Qui, dans notre si&#232;cle refroidi, comprendra les transports de la terre &#224; cette annonce si longtemps attendue ? Le Dieu promis n'est point manifest&#233; encore ; mais d&#233;j&#224; les cieux se sont abaiss&#233;s pour lui livrer passage. Il n'a plus &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-38-b904c.gif?1780046328' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Flicoteaux, la No&#235;l d'&#233;t&#233;&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Dom Flicoteaux, la No&#235;l d'&#233;t&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes de la messe et de l'Office &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article200' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article199' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voix de celui qui crie dans le d&#233;sert : Pr&#233;parez les sentiers du Seigneur ; voici votre Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XL, 3, 9.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Oh ! Qui, dans notre si&#232;cle refroidi, comprendra les transports de la terre &#224; cette annonce si longtemps attendue ? Le Dieu promis n'est point manifest&#233; encore ; mais d&#233;j&#224; les cieux se sont abaiss&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVII, 10.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour lui livrer passage. Il n'a plus &#224; venir, celui que nos p&#232;res, les illustres saints des temps proph&#233;tiques, appelaient sans fin dans leur indomptable esp&#233;rance. Cach&#233; toujours, mais d&#233;j&#224; parmi nous, il repose sous la nu&#233;e virginale pr&#232;s de laquelle p&#226;lit pour lui la c&#233;leste puret&#233; des Ch&#233;rubins et des Tr&#244;nes ; les ardeurs r&#233;unies des br&#251;lants S&#233;raphins se voient d&#233;pass&#233;es par l'amour dont l'entoure &#224; elle seule, en son c&#339;ur humain, l'humble fille d'Adam qu'il s'est choisie pour m&#232;re. La terre maudite, devenue soudain plus fortun&#233;e que l'inexorable ciel ferm&#233; jadis &#224; ses supplications, n'attend plus que la r&#233;v&#233;lation de l'auguste myst&#232;re ; l'heure est venue pour elle de joindre ses cantiques &#224; l'&#233;ternelle et divine louange qui, d&#232;s maintenant, monte de ses profondeurs, et, n'&#233;tant autre que le Verbe lui-m&#234;me, c&#233;l&#232;bre Dieu comme il m&#233;rite de l'&#234;tre. Mais sous le voile d'humilit&#233; o&#249;, apr&#232;s comme avant sa naissance, doit continuer de se d&#233;rober aux hommes sa divinit&#233;, qui d&#233;couvrira l'Emmanuel ? Qui surtout, l'ayant reconnu dans ses mis&#233;ricordieux abaissements, saura le faire accepter d'un monde perdu d'orgueil, et pourra dire, en montrant dans la foule le fils du charpentier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XIII, 55.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : Voil&#224; celui qu'attendaient vos p&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tel est l'ordre &#233;tabli d'en haut pour la manifestation du Messie : en conformit&#233; de ce qui se fait parmi les hommes, le Dieu fait homme ne s'ing&#233;rera pas de lui-m&#234;me dans les actes de la vie publique ; il attendra, pour inaugurer son divin minist&#232;re, qu'un membre de cette race devenue la sienne, un homme venu avant lui, et dou&#233; &#224; cette fin d'un cr&#233;dit suffisant, le pr&#233;sente &#224; son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le sublime, qui fera d'une cr&#233;ature le garant de Dieu, le t&#233;moin du Verbe ! La grandeur de celui qui doit le remplir &#233;tait signal&#233;e, comme celle du Messie, longtemps avant sa naissance. Dans la solennelle liturgie du temps des figures, le ch&#339;ur des l&#233;vites, rappelant au Tr&#232;s-Haut la douceur de David et la promesse qui lui fut faite d'un glorieux h&#233;ritier, saluait de loin la myst&#233;rieuse lumi&#232;re pr&#233;par&#233;e par Dieu m&#234;me &#224; son Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXXI, 17.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non que, pour &#233;clairer ses pas, le Christ d&#251;t avoir besoin d'un secours &#233;tranger : splendeur du P&#232;re, il n'avait qu'&#224; para&#238;tre en nos obscures r&#233;gions, pour les remplir de la clart&#233; des cieux ; mais tant de fausses lueurs avaient tromp&#233; l'humanit&#233;, durant la nuit des si&#232;cles d'attente, que la vraie lumi&#232;re, s'&#233;levant soudain, n'e&#251;t point &#233;t&#233; comprise, ou n'e&#251;t fait qu'aveugler des yeux rendus impuissants par les t&#233;n&#232;bres pr&#233;c&#233;dentes &#224; porter son &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ternelle Sagesse avait donc d&#233;cr&#233;t&#233; que comme l'astre du jour est annonc&#233; par l'&#233;toile du matin, et pr&#233;pare sa venue dans la clart&#233; temp&#233;r&#233;e de l'aurore ; ainsi le Christ lumi&#232;re serait pr&#233;c&#233;d&#233; ici-bas d'un astre pr&#233;curseur, et signal&#233; parle rayonnement dont lui-m&#234;me, non visible encore, rev&#234;tirait ce fid&#232;le messager de son av&#232;nement. Lorsqu'autrefois le Tr&#232;s-Haut daignait pour ses proph&#232;tes illuminer l'avenir, l'&#233;clair qui, par intervalle, sillonnait ainsi le ciel de l'ancienne alliance s'&#233;teignait dans la nuit, sans amener le jour ; l'astre chant&#233; dans le psaume ne conna&#238;tra point la d&#233;faite ; signifiant &#224; la nuit que d&#233;sormais c'en est fini d'elle, il n'&#233;teindra ses feux que dans la triomphante splendeur du Soleil de justice. Aussi intimement que l'aurore s'unit au jour, il confondra avec la lumi&#232;re incr&#233;&#233;e sa propre lumi&#232;re ; n'&#233;tant de lui-m&#234;me, comme toute cr&#233;ature, que n&#233;ant et t&#233;n&#232;bres, il refl&#233;tera de si pr&#232;s la clart&#233; du Messie, que plusieurs le prendront pour le Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. III, 15.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La myst&#233;rieuse conformit&#233; du Christ et de son Pr&#233;curseur, l'incomparable proximit&#233; qui les unit, se retrouvent marqu&#233;es en maints endroits des saints Livres. Si le Christ est le Verbe, la parole &#233;ternelle du P&#232;re, lui sera la Voix portant cette parole o&#249; elle doit parvenir ; Isa&#239;e l'entend par avance qui remplit d'accents jusque-l&#224; inconnus le d&#233;sert, et le prince des proph&#232;tes exprime sa joie dans l'enthousiasme d'une &#226;me qui d&#233;j&#224; se voit en pr&#233;sence de son Seigneur et Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XL.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le Christ est l'ange de l'alliance ; mais dans le texte m&#234;me o&#249; l'Esprit-Saint lui donne un titre si rempli pour nous d'esp&#233;rance, para&#238;t aussi portant ce nom d'ange l'ins&#233;parable messager, l'ambassadeur fid&#232;le &#224; qui la terre devra de conna&#238;tre l'&#201;poux : &#171; Voici que j'envoie mon ange qui pr&#233;parera le chemin devant ma face, et aussit&#244;t viendra dans son temple le dominateur que vous cherchez, l'ange de l'alliance que vous r&#233;clamez ; voici qu'il vient, dit le Seigneur des arm&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malach. III, 1.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et mettant fin au minist&#232;re proph&#233;tique dont il est le dernier repr&#233;sentant, Malachie termine ses propres oracles par les paroles que nous avons entendu Gabriel adresser &#224; Zacharie, pour lui notifier la naissance prochaine du Pr&#233;curseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. IV, 5, 6.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de Gabriel en cette occasion, montrait elle-m&#234;me combien l'enfant promis alors serait l'intime du Fils de Dieu ; car le m&#234;me prince des c&#233;lestes milices allait aussi, bient&#244;t, venir annoncer l'Emmanuel. Nombreux pourtant se pressent les messagers fid&#232;les au pied du tr&#244;ne de la Trinit&#233; sainte, et le choix de ces augustes envoy&#233;s varie, d'ordinaire, selon la grandeur des instructions que le Tr&#232;s-Haut transmet par eux au monde. Mais il convenait que l'archange charg&#233; de conclure les noces sacr&#233;es du Verbe avec l'humanit&#233;, pr&#233;lud&#226;t &#224; cette grande mission en pr&#233;parant la venue de celui que les d&#233;crets &#233;ternels avaient d&#233;sign&#233; comme l'Ami de l'&#201;poux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 29.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Six mois apr&#232;s, d&#233;put&#233; vers Marie, il appuyait son divin message en r&#233;v&#233;lant &#224; la Vierge tr&#232;s pure le prodige qui, d&#232;s maintenant, donnait un fils &#224; la st&#233;rile &#201;lisabeth : premier pas du Tout-Puissant vers une merveille plus grande. Jean n'est pas n&#233; encore ; mais, sans plus tarder, son r&#244;le est ouvert : il atteste la v&#233;rit&#233; des promesses de l'ange. Ineffable garantie que celle de cet enfant, cach&#233; toujours au sein de sa m&#232;re, et d&#233;j&#224; t&#233;moin pour Dieu dans la n&#233;gociation sublime qui tient en suspens la terre et les deux ! &#201;clair&#233;e d'en haut, Marie re&#231;oit le t&#233;moignage et n'h&#233;site plus : &#171; Voici la servante du Seigneur, dit-elle &#224; l'archange ; qu'il me soit fait selon votre parole &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabriel s'est retir&#233;, emportant avec lui le secret divin qu'il n'est point charge de communiquer au reste du monde. La Vierge tr&#232;s prudente ne parlera pas davantage ; Joseph lui-m&#234;me, son virginal &#233;poux, n'aura pas d'elle communication du myst&#232;re. Ne craignons point cependant : l'accablante st&#233;rilit&#233; dont le monde a g&#233;mi, ne sera pas suivie d'une ignorance plus triste encore, maintenant que la terre a donn&#233; son fruit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. LXXXIV, 13.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est quelqu'un pour qui l'Emmanuel n'aura ni secret, ni retard ; et lui saura bien r&#233;v&#233;ler la merveille. A peine l'&#201;poux a-t-il pris possession du sanctuaire sans tache o&#249; doivent s'&#233;couler les neuf premiers mois de son habitation parmi les hommes, &#224; peine le Verbe s'est fait chair : et Notre-Dame, instruite au dedans du d&#233;sir de son Fils, se rend en toute h&#226;te vers les monts de Jud&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 39.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voix de mon bien-aim&#233; ! Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. II, 8.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A l'ami de l'&#201;poux sa premi&#232;re visite, &#224; Jean le d&#233;but de ses gr&#226;ces. Une &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article352'&gt;f&#234;te distincte&lt;/a&gt; nous permettra d'honorer sp&#233;cialement la journ&#233;e pr&#233;cieuse o&#249; l'Enfant-Dieu, sanctifiant son Pr&#233;curseur, se r&#233;v&#232;le &#224; Jean par la voix de Marie ; o&#249; Notre-Dame, manifest&#233;e par Jean qui tressaille en sa m&#232;re, proclame enfin les grandes choses que le Tout-Puissant a op&#233;r&#233;es en elle selon la mis&#233;ricordieuse promesse qu'il fit autrefois &#224; nos p&#232;res, &#224; Abraham et &#224; sa post&#233;rit&#233; pour jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 55.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le temps est venu o&#249;, des enfants et des m&#232;res, la nouvelle doit s'&#233;tendre au pays d'alentour, en attendant qu'elle parvienne au monde entier. Jean va na&#238;tre, et, ne pouvant parler encore, il d&#233;liera la langue de son p&#232;re. Il fera cesser le mutisme dont le vieux pr&#234;tre, image de l'ancienne loi, avait &#233;t&#233; frapp&#233; par l'ange ; et Zacharie, rempli lui-m&#234;me de l'Esprit-Saint, va publier dans un cantique nouveau la visite b&#233;nie du Seigneur Dieu d'Isra&#235;l&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 68.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;ludons par le chant des premi&#232;res V&#234;pres, avec la sainte &#201;glise, aux joies de la grande solennit&#233; qui s'annonce. Et, tout d'abord, remarquons la couleur blanche des ornements que rev&#234;t aujourd'hui l'&#201;pouse ; les pages qui suivent nous en expliqueront le myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PREMI&#200;RES V&#202;PRES DE SAINT JEAN-BAPTISTE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Textes des 1&#232;res V&#234;pres &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article200' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes des V&#234;pres ont rappel&#233; les promesses concernant le saint Pr&#233;curseur. Lui-m&#234;me, au Capitule, nous invite &#224; chanter les sublimes pr&#233;venances du Tr&#232;s-Haut &#224; son &#233;gard. L'Hymne qui suit, fournit &#224; l'&#201;glise une belle formule de pri&#232;re et de louange. Il en est peu d'aussi c&#233;l&#232;bre dans la sainte Liturgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa composition est attribu&#233;e &#224; Paul Diacre, moine du Mont-Cassin au VIIIe si&#232;cle ; et l'histoire qu'on en raconte est particuli&#232;rement touchante. Honor&#233; de l'ordre sacr&#233; dont le titre allait rester ins&#233;parable de son nom dans la suite des &#226;ges, Paul Warnefrid, l'ami de Charlemagne et l'historien des Lombards, fut un jour d&#233;sign&#233; pour b&#233;nir le cierge triomphal dont l'apparition annonce &#224; l'&#201;glise, chaque ann&#233;e, la r&#233;surrection prochaine de l'&#201;poux ; mais pendant qu'il s'appr&#234;te &#224; remplir la plus solennelle des fonctions r&#233;serv&#233;es aux l&#233;vites de la nouvelle alliance, sa voix, auparavant claire et sonore, s'&#233;teint soudain, le laissant impuissant &#224; envoyer au ciel les notes joyeuses du glorieux Exultet. Dans cette extr&#233;mit&#233;, Paul se recueille ; et se tournant vers Jean, patron &#224; la fois du peuple lombard et de l'&#233;glise b&#226;tie par Beno&#238;t au sommet de la sainte montagne, il invoque celui dont la naissance mit fin au mutisme d'un p&#232;re, et qui garde le pouvoir de rendre aux fibres vocales leur souplesse perdue. Le fils de Zacharie exau&#231;a son d&#233;vot client. Telle serait l'origine des strophes harmonieuses qui composent aujourd'hui les trois Hymnes de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on conna&#238;t mieux, est l'importance que la premi&#232;re de ces strophes a conquise dans l'histoire du chant gr&#233;gorien et de la musique. L'air primitif sur lequel on chantait l'Hymne de Paul Diacre, offrait cette particularit&#233; que la syllabe initiale de chaque h&#233;mistiche s'&#233;levait d'un degr&#233; sur la pr&#233;c&#233;dente dans l'&#233;chelle des sons ; on obtenait, en les rapprochant, la s&#233;rie des notes fondamentales qui forment la base de notre gamme actuelle. L'usage s'introduisit de donner aux notes elles-m&#234;mes les noms de ces syllabes : Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La. Gui d'Arezzo, par sa m&#233;thode d'enseignement, avait donn&#233; naissance &#224; cet usage ; en le compl&#233;tant par l'introduction des lignes r&#233;guli&#232;res de la port&#233;e musicale, il fit faire un pas immense &#224; la science du chant sacr&#233;, auparavant laborieuse et longue &#224; acqu&#233;rir. Il convenait que le divin Pr&#233;curseur, la Voix dont les accents r&#233;v&#233;l&#232;rent au monde l'harmonie du Cantique &#233;ternel, e&#251;t cet honneur de voir se rattacher &#224; son nom l'organisation des m&#233;lodies de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Magnificat, reconnaissons la part qu'eut notre Saint &#224; cette ineffable effusion des sentiments de la Vierge M&#232;re, selon ce que nous rappelait la quatri&#232;me strophe de l'Hymne pr&#233;c&#233;dente. Les deux Cantiques du soir et du matin, le Magnificat et le Benedictus, se rattachent &#224; Jean comme &#224; celui qui fut l'occasion de l'un et de l'autre par son myst&#233;rieux tressaillement et par sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chants de l'&#201;glise en l'honneur de la glorieuse Nativit&#233; du Pr&#233;curseur sont commenc&#233;s, et d&#233;j&#224; tout nous montre en cette f&#234;te une des solennit&#233;s les plus ch&#232;res &#224; l'&#201;pouse. Que serait-ce, si, remontant vers des temps plus heureux, il nous &#233;tait donn&#233; d'avoir part aux anciennes manifestations de l'instinct catholique en ce jour ? Dans les grands si&#232;cles o&#249; la pi&#233;t&#233; des peuples suivait docilement les inspirations de la M&#232;re commune, le spectacle des d&#233;monstrations sugg&#233;r&#233;es &#224; la foi de tous par le retour d'anniversaires aim&#233;s, entretenait en chacun l'intelligence de l'&#339;uvre divine et des grandes harmonies que le Cycle ancien savait rendre. Aujourd'hui que l'esprit liturgique a baiss&#233; pour plusieurs, le mouvement si catholique qu'il imprimait aux foules ne se retrouve plus, et l'absence d'un gouvernail assur&#233; se fait sentir &#224; la d&#233;votion d'un grand nombre : d&#233;sempar&#233;e, ne se guidant plus sur les phares lumineux que l'&#201;glise avait dispos&#233;s &#224; chaque d&#233;tour de la route, parfois elle appara&#238;t plus sensible au vent des nouveaut&#233;s qu'au souffle traditionnel de l'Esprit-Saint ; elle est priv&#233;e du sens exquis que les plus petits comme les plus grands de la famille chr&#233;tienne puisaient &#224; la commune &#233;cole du Cycle sacr&#233; ; sans vue d'ensemble, trop souvent elle manque de proportions, et son d&#233;faut d'&#233;quilibre l'expose &#224; mille faux mouvements pleins de p&#233;rils, ou sans autre r&#233;sultat qu'une fatigue sans profit. Toutefois les soubresauts et les &#233;carts amen&#233;s par l'insuffisance de quelques-uns, ne font point sombrer le navire de la vraie pi&#233;t&#233;, parce que, contre vents et mar&#233;e, et au milieu m&#234;me des diminutions qu'il est oblig&#233; de consentir, la ferme main du pilote supr&#234;me maintient toujours authentiquement la direction premi&#232;re. Nous sommes loin du temps o&#249; deux arm&#233;es ennemies, se trouvant en pr&#233;sence la veille de Saint-Jean, remettaient le combat au lendemain de la f&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bataille de Fontenay (samedi 25 juin 841) : Nithardi histor. L. II.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : en France,, o&#249; la sagesse condescendante de l'&#201;glise s'est r&#233;sign&#233;e &#224; tant de pertes douloureuses, la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste n'est plus solennis&#233;e que lorsqu'elle tombe un Dimanche ; mais n&#233;anmoins, port&#233;e au Calendrier comme double de premi&#232;re classe avec Octave, et ne le c&#233;dant qu'&#224; la f&#234;te du Corps du Seigneur, elle continue de se pr&#233;senter au fid&#232;le attentif rev&#234;tue des caract&#232;res qui d&#233;signent en elle un des plus importants jours de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre f&#234;te doit venir, &#224; la fin d'ao&#251;t, r&#233;clamer nos hommages envers le fils de Zacharie et d'&#201;lisabeth : la f&#234;te de son glorieux martyre et de sa naissance au ciel. Mais, toute v&#233;n&#233;rable qu'elle doive &#234;tre pour nous, selon l'expression m&#234;me de l'&#201;glise au jour de la D&#233;collation de saint Jean-Baptiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collecta diei.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle n'aura pas la splendeur de celle-ci. C'est qu'en effet la solennit&#233; de ce jour se rapporte moins &#224; Jean qu'&#224; J&#233;sus qu'il annonce ; tandis que la D&#233;collation, plus personnelle &#224; notre Saint, ne pr&#233;sente pas dans le plan divin l'importance qu'avait sa naissance, pr&#233;lude de celle du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les fils des femmes, il n'y en a point de plus grand, dira l'Homme-Dieu de son Pr&#233;curseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XI, 11.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et d&#233;j&#224; Gabriel, les annon&#231;ant tous deux, affirmait de chacun qu'il serait grand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 15, 32.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais la grandeur de J&#233;sus sera d'&#234;tre appel&#233; le Fils du Tr&#232;s-Haut, et la grandeur de Jean est de marcher devant lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Descendu du ciel comme celui de son Ma&#238;tre, le nom de Jean proclame la gr&#226;ce que J&#233;sus, sauvant l'homme, doit apporter au monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 13, 31.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J&#233;sus, qui vient d'en haut en personne, est au-dessus de tous, et c'est lui, et lui seul, qu'attend l'humanit&#233; ; Jean, qui vient d'ici-bas au contraire, n'a rien qu'il n'ait re&#231;u ; mais il a re&#231;u d'&#234;tre l'ami de l'&#201;poux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 27-31.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, son introducteur, et l'&#201;poux ne vient que par lui &#224; l'&#201;pouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 1, 7.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;pouse elle-m&#234;me ne se conna&#238;t, ne se pr&#233;pare aux noces sacr&#233;es, que par lui : sa pr&#233;dication la r&#233;veille au d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. VIII, 5.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il l'orne de tous les attraits de la p&#233;nitence et des vertus ; sa main enfin, dans un commun bapt&#234;me, l'unit au Christ sous les eaux. Sublime moment o&#249;, &#233;lev&#233; par del&#224; tous les hommes et les anges, Jean appara&#238;t au milieu m&#234;me de la Trinit&#233; sainte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johannes totius medius Trinitatis. Petr. Dam. Sermo 23 (edit. Cajet.).&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, investissant comme avec autorit&#233; d'un titre nouveau la seconde personne incarn&#233;e, le P&#232;re et l'Esprit agissant avec lui de concert ! Bient&#244;t toutefois, redescendu des sommets plus qu'humains o&#249; sa mission l'avait port&#233;, il ambitionne de dispara&#238;tre : l'&#201;pouse est &#224; l'&#201;poux, sa joie &#224; lui est enti&#232;re, son &#339;uvre achev&#233;e ; il n'a plus qu'&#224; s'effacer et d&#233;cro&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 29-30.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A J&#233;sus manifest&#233; d&#233;sormais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. I, 31.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; J&#233;sus seul de para&#238;tre et grandir. Ainsi l'astre du jour, &#224; partir de la naissance de Jean, qui nous le montre dans sa splendeur, redescend-il des hauteurs du solstice vers l'horizon ; tandis que No&#235;l sera pour lui le signal du mouvement de retour qui lui rendra progressivement tous ses feux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus seul en effet est la lumi&#232;re, la lumi&#232;re sans laquelle le monde resterait dans la mort ; et Jean n'est que l'homme envoy&#233; de Dieu, sans qui la lumi&#232;re demeurerait inconnue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 4-10.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais J&#233;sus &#233;tant ins&#233;parable de Jean comme le jour l'est de son aurore, on ne doit pas s'&#233;tonner que l'all&#233;gresse du monde, &#224; la naissance de Jean, participe de celle qu'excitera dans son temps la venue du Sauveur : tout ainsi que l'aurore excite en nous la joie du jour qu'elle pr&#233;c&#232;de et annonce. Jusqu'au quinzi&#232;me si&#232;cle, l'&#201;glise latine, avec les Grecs qui continuent de le faire, c&#233;l&#233;bra en septembre la Conception du Pr&#233;curseur : non qu'elle f&#251;t sainte de soi, mais parce qu'elle marquait le commencement des myst&#232;res. Dans le m&#234;me esprit, quoique d&#233;j&#224; sainte en elle-m&#234;me, la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste n'est si grandement c&#233;l&#233;br&#233;e, de nos jours encore, que parce qu'elle porte en elle pour ainsi dire la f&#234;te m&#234;me de la Nativit&#233; du Sauveur. C'est la No&#235;l d'&#233;t&#233;. D&#232;s le commencement, Dieu et son &#201;glise prirent soin, comme nous l'allons voir, d'accuser par mille rapprochements la d&#233;pendance et ressemblance des deux solennit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu, dont la providence poursuit en tout la glorification de son Verbe fait chair, estime les hommes et les si&#232;cles &#224; la mesure du t&#233;moignage qu'ils rendent au Christ ; et c'est pourquoi Jean est si grand. Car de celui que les proph&#232;tes annon&#231;aient comme &#224; venir, que les ap&#244;tres pr&#234;chaient comme d&#233;j&#224; venu, lui seul, en m&#234;me temps proph&#232;te et ap&#244;tre, a dit en le montrant : Le voici ! Jean &#233;tant donc le t&#233;moin par excellence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. 1, 7.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il convenait qu'il pr&#233;sid&#226;t &#224; la p&#233;riode glorieuse o&#249;, trois si&#232;cles durant, l'&#201;glise rendit &#224; l'&#201;poux ce t&#233;moignage du sang qui donne aux martyrs la premi&#232;re place dans sa reconnaissance, apr&#232;s les ap&#244;tres et les proph&#232;tes sur le fondement desquels elle est b&#226;tie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. II, 20.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dix fois s'ouvrirent, sur l'immense &#233;tendue de l'empire romain, les veines de l'&#201;pouse ; et l'&#233;ternelle Sagesse voulut que la dixi&#232;me et derni&#232;re lutte se rattach&#226;t, par la journ&#233;e du 25 d&#233;cembre 303 dans Nicom&#233;die&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Temps de No&#235;l, t. I, p. 291. Martyrol. Rom. ad diem 23 Dec. : Octavo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la naissance du Fils de Dieu dont elle assurait le triomphe. Mais si la Nativit&#233; de l'Emmanuel &#233;claire ainsi dans les fastes sacr&#233;s la fin des grands combats, celle de Jean, comme il convenait, en marque les d&#233;buts. Ce fut en l'ann&#233;e 64 que, pour la premi&#232;re fois, Rome pa&#239;enne ouvrit ses ar&#232;nes aux soldats du Christ ; et c'est le 24 juin que l'&#201;glise en consacre l'auguste souvenir, par cette mention qui fait suite, dans son Martyrologe, &#224; l'annonce concernant la Nativit&#233; du Pr&#233;curseur : &#171; A Rome, la m&#233;moire sainte des nombreux martyrs qui, sous l'empereur N&#233;ron, furent accus&#233;s calomnieusement de l'incendie de la Ville, et moururent par l'ordre du prince en divers supplices : les uns expos&#233;s sous des peaux de b&#234;tes aux morsures des chiens, d'autres crucifi&#233;s, d'autres embras&#233;s en mani&#232;re de torches &#224; la chute du jour pour &#233;clairer dans la nuit. Tous ceux-l&#224; &#233;taient disciples des Ap&#244;tres : pr&#233;mices choisies que l'&#201;glise romaine, champ fertile en martyrs, offrit avant la mort des Ap&#244;tres au Seigneur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martyrol. Rom. ad diem 24 Junii : Octavo Calendas Julii.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solennit&#233; du 24 juin &#233;claire donc doublement les origines du christianisme. Il n'y eut pas d'assez mauvais jours dans l'&#201;glise, pour mettre en d&#233;faut, une seule ann&#233;e, la pr&#233;diction de l'ange que beaucoup se r&#233;jouiraient &#224; la naissance de Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 14.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; avec la joie, sa parole, ses exemples, son intercession, apportaient le courage aux martyrs. Apr&#232;s le triomphe remport&#233; par le Fils de Dieu sur la n&#233;gation pa&#239;enne, lorsqu'au t&#233;moignage du sang succ&#233;da celui de la confession par les &#339;uvres et la louange, Jean conserva son r&#244;le de pr&#233;curseur du Christ dans les &#226;mes. Guide des moines, il les conduit loin du monde et les fortifie dans les combats de la solitude ; ami de l'&#201;poux, il continue de former l'&#201;pouse, en pr&#233;parant au Seigneur un peuple parfait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 17.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les divers &#233;tats, &#224; tous les degr&#233;s de la vie chr&#233;tienne, se fait sentir sa bienveillante et n&#233;cessaire influence. Ce n'est pas en vain qu'au commencement du quatri&#232;me &#201;vangile, dans le passage le plus dogmatique du Testament nouveau, si l'on peut ainsi parler, Jean se retrouve, comme au Jourdain, intimement uni aux op&#233;rations de la Trinit&#233; souveraine dans l'universelle &#233;conomie de la divine Incarnation : Il y eut un homme envoy&#233; de Dieu qui s'appelait Jean, dit l'Esprit-Saint ; il vint pour servir de t&#233;moin, pour rendre t&#233;moignage &#224; la lumi&#232;re, AFIN QUE TOUS CRUSSENT PAR LUI&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 6-7.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Pr&#233;curseur dans sa naissance, pr&#233;curseur dans sa mort, saint Jean, dit saint Ambroise, continue de marcher en avant du Seigneur. Et peut-&#234;tre plus que nous ne le pensons, son action myst&#233;rieuse a sa part dans notre pr&#233;sente vie, dans ce pr&#233;sent jour. Lorsque nous commen&#231;ons &#224; croire au Christ, il y a comme une vertu de Jean qui nous attire apr&#232;s elle ; il incline dans le sens de la foi les sentiers de notre &#226;me ; il redresse les chemins tortueux de cette vie, il en fait la voie droite de notre p&#232;lerinage, de peur que nous ne tombions dans les anfractuosit&#233;s de l'erreur ; il fait en sorte que toutes nos vall&#233;es puissent se remplir des fruits des vertus, que toute hauteur mondaine s'abaisse devant le Seigneur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ambr. in Luc. I, 38.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le Pr&#233;curseur garde sa part dans chaque progr&#232;s de la foi rapprochant du Christ les &#226;mes, il intervient plus encore dans tout bapt&#234;me accroissant l'&#201;pouse. Les baptist&#232;res lui sont consacr&#233;s. Le bapt&#234;me qu'il donnait aux foules sur les bords du Jourdain n'eut jamais, il est vrai, la puissance du bapt&#234;me chr&#233;tien ; mais en plongeant l'Homme-Dieu sous les eaux, il mettait ces derni&#232;res en possession de la vertu f&#233;condante qui, sortie de cet Homme-Dieu, allait leur donner de compl&#233;ter jusqu'&#224; la fin des temps, par l'accession de membres nouveaux, le corps de l'&#201;glise unie au Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi de nos p&#232;res n'ignorait pas les grands biens dont &#233;taient redevables &#224; Jean les particuliers et les peuples. Tant de n&#233;ophytes recevaient son nom au bapt&#234;me, si efficace pour conduire jusqu'&#224; la saintet&#233; &#233;tait le secours pr&#234;t&#233; par lui &#224; ses clients fid&#232;les, qu'il n'est pas de jour du calendrier o&#249; l'on ne puisse honorer la naissance au ciel de quelqu'un d'entre eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annus Joannis, auctore Joanne N. (Prag&#230;, 1664).&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Patron autrefois des Lombards, saint Jean-Baptiste l'est aujourd'hui du Canada fran&#231;ais. Mais, soit en Orient, soit en Occident, qui pourrait compter les contr&#233;es, les villes, les familles religieuses, les abbayes, les &#233;glises plac&#233;es sous ce puissant patronage : depuis le temple qui, sous Th&#233;odose, rempla&#231;a dans Alexandrie l'antique S&#233;rap&#233;on aux myst&#232;res fameux, jusqu'au sanctuaire &#233;lev&#233; sur les ruines de l'autel d'Apollon, au sommet du Cassin, par le patriarche des moines ; depuis les quinze &#233;glises que Byzance, devenue la nouvelle Rome, avait consacr&#233;es dans ses murs au Pr&#233;curseur, jusqu'&#224; cette basilique auguste de Latran, vraiment digne du nom qui lui fut donn&#233; de basilique d'or, et qui, dans la capitale de l'univers chr&#233;tien, reste la ma&#238;tresse et la m&#232;re de toutes les &#233;glises de la Ville et du monde ! Primitivement d&#233;di&#233;e au Sauveur, elle adjoignit bient&#244;t &#224; ce vocable sacr&#233;, comme ins&#233;parable, celui de l'Ami de l'&#201;poux. Le nom de Jean l'&#233;vang&#233;liste, cet autre ami de J&#233;sus, dont une tradition place au 24 juin la mort pr&#233;cieuse, fut lui-m&#234;me ajout&#233; aux deux autres ; mais il n'en demeure pas moins assur&#233; que la pratique commune est d'accord avec les anciens documents, pour rapporter plus sp&#233;cialement au Pr&#233;curseur le titre de Saint-Jean-de-Latran sous lequel on d&#233;signe aujourd'hui la basilique patriarcale des Pontifes romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convenait en effet, dit saint Pierre Damien, que l'autorit&#233; de l'&#201;pouse souscriv&#238;t au jugement de l'&#201;poux, et que celui-ci vit son ami le plus grand &#233;lev&#233; en gloire l&#224; o&#249; celle-l&#224; serait reine. &#201;lection remarquable, &#224; coup s&#251;r, que celle qui donne &#224; Jean cette primaut&#233; en la ville m&#234;me consacr&#233;e par la mort glorieuse des deux flambeaux du monde. Pierre de sa croix, Paul sous le glaive, voient la premi&#232;re place rester &#224; un autre ; Rome s'empourpre du sang d'innombrables martyrs, et ses honneurs vont tous au bienheureux Pr&#233;curseur. Jean, partout, est le plus grand &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Illa enim mater et magistra omnium Ecclesiarum Ecclesia Romana, cui dictum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour donc, imitons l'&#201;glise ; &#233;vitons les oublis de l'ingratitude ; saluons avec action de gr&#226;ces et pleine all&#233;gresse, l'arriv&#233;e de celui qui nous promet le Sauveur. D&#233;j&#224; No&#235;l s'annonce. Sur la place du Latran, le fid&#232;le peuple romain veillera cette nuit, attendant l'heure qui lui permettra de rompre le je&#251;ne s&#233;v&#232;re et la stricte abstinence de la vigile, pour se livrer &#224; d'innocentes r&#233;jouissances, pr&#233;lude de celles qui, dans six mois, accueilleront l'Emmanuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Vigile de saint Jean n'est plus de pr&#233;cepte dans un grand nombre d'&#233;glises ; autrefois, pourtant, ce n'&#233;tait pas un seul jour de je&#251;ne qu'on savait s'imposer &#224; l'approche de la Nativit&#233; du Pr&#233;curseur, mais un car&#234;me entier, rappelant par sa dur&#233;e et ses prescriptions l'Avent du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conciles, capitulaires, canons p&#233;nitentiels.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus s&#233;v&#232;res avaient &#233;t&#233; les saintes exigences de la pr&#233;paration, plus ch&#232;re aussi et mieux comprise &#233;tait la f&#234;te. Apr&#232;s avoir &#233;gal&#233; la p&#233;nitence du Car&#234;me de Jean aux aust&#233;rit&#233;s de celui de No&#235;l, on ne s'&#233;tonnait plus de voir l'&#201;glise rapprocher dans sa Liturgie les deux Nativit&#233;s, &#224; un point qui surprendrait aujourd'hui la foi boiteuse de plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois Messes c&#233;l&#233;braient la naissance de Jean, comme celle de Celui qu'il fit conna&#238;tre &#224; l'&#201;pouse : la premi&#232;re, &#224; nuit close, rappelait son titre de pr&#233;curseur ; la seconde, au point du jour, honorait son bapt&#234;me ; la troisi&#232;me, &#224; Tierce, exaltait sa saintet&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sacrament. Gregor., Amal., pseudo-Alcuin., Ord. rom.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pr&#233;paration de l'&#201;pouse, cons&#233;cration de l'&#201;poux, saintet&#233; sans paire : triple triomphe, qui rapprochait le serviteur du Ma&#238;tre, et m&#233;ritait l'hommage d'un triple Sacrifice au Dieu trois fois saint, manifest&#233; &#224; Jean dans la pluralit&#233; de ses personnes et r&#233;v&#233;l&#233; par lui &#224; l'&#201;glise. De m&#234;me encore qu'il y avait autrefois deux Matines en la nuit de No&#235;l, Durand de Mende nous apprend, apr&#232;s Honorius d'Autun, que plusieurs c&#233;l&#233;braient en la f&#234;te de saint Jean un double Office&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dur. Ration, VII, 14 : Hon. Gemma anim. IV, 48.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le premier commen&#231;ait &#224; la chute du jour ; il &#233;tait sans all&#233;luia, pour signifier le temps de la Loi et des Proph&#232;tes qui dura jusqu'&#224; Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XVI, 16.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le second, commenc&#233; au milieu de la nuit, se terminait &#224; l'aurore ; on le chantait avec all&#233;luia, pour marquer l'ouverture des temps de la gr&#226;ce et du royaume de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'all&#233;gresse, qui est le caract&#232;re propre de cette f&#234;te, d&#233;bordait en dehors du saint lieu, et se r&#233;pandait jusque sur les Musulmans infid&#232;les. Si, &#224; No&#235;l, la rigueur de la saison confinait au foyer domestique les expansions touchantes de la pi&#233;t&#233; priv&#233;e, la beaut&#233; des nuits de la Saint-Jean d'&#233;t&#233; offrait une occasion de d&#233;dommagement &#224; la foi vive des peuples. Aussi compl&#233;tait-elle ce qui lui semblait l'insuffisance de ses d&#233;monstrations envers l'Enfant-Dieu, par les honneurs rendus au Pr&#233;curseur dans son berceau. A peine s'&#233;teignaient les derniers rayons de l'astre du jour, que du fond de l'Orient jusqu'&#224; l'extr&#234;me Occident, sur la surface du monde entier, d'immenses jets de flammes s'&#233;lan&#231;aient des montagnes, et s'allumaient soudain par toutes les villes, dans chaque bourgade, dans les moindres hameaux. C'&#233;taient les feux de la Saint-Jean : t&#233;moignage authentique, sans cesse renouvel&#233;, de la v&#233;rit&#233; des paroles de l'ange et de la proph&#233;tie annon&#231;ant cette joie universelle qui devait saluer la naissance du fils d'&#201;lisabeth. Comme une lampe ardente et luisante, selon l'expression du Seigneur, il &#233;tait apparu dans la nuit sans fin, et, pour un temps, la synagogue avait voulu se r&#233;jouir &#224; ses rayons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. V, 35.&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais, d&#233;concert&#233;e par sa fid&#233;lit&#233; qui l'emp&#234;chait de se donner pour le Christ et la vraie lumi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. I, 20.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, irrit&#233;e &#224; la vue de l'Agneau qu'il montrait comme le salut du monde et non plus seulement d'Isra&#235;l&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 29.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la synagogue bient&#244;t s'&#233;tait retourn&#233;e vers la nuit, et, d'elle-m&#234;me, avait mis sur ses yeux le bandeau fatal qui lui permet de rester dans ses t&#233;n&#232;bres jusqu'&#224; nos jours. Reconnaissante &#224; celui qui n'avait voulu ni diminuer, ni tromper l'&#201;pouse, la gentilit&#233; l'exalta d'autant plus, au contraire, qu'il s'&#233;tait abaiss&#233; davantage ; elle recueillit les sentiments qu'aurait d&#251; garder la synagogue r&#233;pudi&#233;e, et manifesta par tous les moyens en son pouvoir que, sans confondre la lumi&#232;re emprunt&#233;e du Pr&#233;curseur avec l'&#233;clat du Soleil de justice, elle n'en saluait pas moins avec enthousiasme cette lumi&#232;re qui avait &#233;t&#233; pour l'humanit&#233; l'aurore des joies nuptiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait presque dire des feux de la Saint-Jean qu'ils remontent, comme la f&#234;te elle-m&#234;me, &#224; l'origine du christianisme. Ils apparaissent du moins d&#232;s les premiers temps de la paix, comme un fruit de l'initiative populaire, non sans exciter parfois la sollicitude des P&#232;res et des conciles, attentifs &#224; bannir toute id&#233;e superstitieuse de manifestations qui rempla&#231;aient, si heureusement d'ailleurs, les f&#234;tes pa&#239;ennes des solstices. Mais la n&#233;cessit&#233; de combattre quelques abus, possibles aujourd'hui comme alors, n'emp&#234;cha point l'&#201;glise d'encourager un genre de d&#233;monstrations qui r&#233;pondait si bien au caract&#232;re de la f&#234;te. Les feux de la Saint-Jean compl&#233;taient heureusement la solennit&#233; liturgique ; ils montraient unies dans une m&#234;me pens&#233;e l'&#201;glise et la cit&#233; terrestre. Car l'organisation de ces r&#233;jouissances relevait des communes, et les municipalit&#233;s en portaient tous les frais. Aussi le privil&#232;ge d'allumer les feux &#233;tait-il r&#233;serv&#233;, d'ordinaire, aux premiers personnages de l'ordre civil. Les rois eux-m&#234;mes, prenant part &#224; la joie de mus, tenaient &#224; honneur de donner ce signal d'all&#233;gresse &#224; leurs peuples ; Louis XIV, en 1648, mit encore le feu au b&#251;cher de la place de Gr&#232;ve, comme l'avaient fait ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Ailleurs, comme il se fait toujours en plus d'un endroit de la catholique Bretagne, le clerg&#233;, invit&#233; &#224; b&#233;nir les bois amoncel&#233;s, y jetait lui-m&#234;me le premier brandon ; tandis que la foule, portant des torches embras&#233;es, se r&#233;pandait dans les campagnes autour des moissons m&#251;rissantes, ou suivait au bord de l'Oc&#233;an les sinuosit&#233;s du rivage, avec mille cris joyeux auxquels r&#233;pondaient les feux allum&#233;s dans les &#238;les voisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En certains lieux, la roue ardente, disque enflamm&#233; tournant sur lui-m&#234;me et parcourant les rues des villes ou descendant du sommet des montagnes, repr&#233;sentait le mouvement du soleil qui n'atteint le plus haut point de sa course que pour redescendre aussit&#244;t ; elle rappelait la parole du Pr&#233;curseur au sujet du Messie : Il faut qu'il croisse et que je diminue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 3o.&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le symbolisme se compl&#233;tait par l'usage o&#249; l'on &#233;tait de br&#251;ler les ossements et d&#233;bris de toutes sortes, en ce jour qui annon&#231;a la fin de la loi ancienne et le commencement des temps nouveaux, selon le mot de l'&#201;criture : Vous rejetterez ce qui est vieux, &#224; l'arriv&#233;e des nouveaux biens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Levit., XXVI, 10.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureuses les populations qui conservent encore quelque chose des coutumes o&#249; l'antique simplicit&#233; de nos p&#232;res puisait une joie plus vraie, et plus pure assur&#233;ment, que celles demand&#233;es par leurs descendants &#224; des f&#234;tes o&#249; l'&#226;me n'a plus de part !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des Laudes a aujourd'hui une importance particuli&#232;re, le Cantique Benedictus, qu'on y chante toute l'ann&#233;e, &#233;tant l'expression m&#234;me des sentiments inspir&#233;s par l'Esprit-Saint au p&#232;re de Jean-Baptiste, &#224; l'occasion de la naissance qui r&#233;jouit ainsi Dieu et les hommes. C'est pourquoi, ne pouvant ins&#233;rer l'Office entier, nous donnerons du moins ici le Cantique, en le faisant pr&#233;c&#233;der des deux Hymnes de Matines et de Laudes, qui font suite &#224; celle des V&#234;pres dans la composition de Paul Diacre. Les Antiennes, le Capitule et le Verset des Laudes, sont les m&#234;mes que l'on trouvera plus loin aux secondes V&#234;pres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On trouvera l'Hymne des Matines, au commencement de celles-ci, ainsi que les Laudes &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article200' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe est compos&#233;e de divers passages de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'&#201;glise, disent les auteurs liturgistes, veut ainsi nous rappeler que Jean forme le trait d'union des deux alliances et participe de chacune. Il est l'agrafe pr&#233;cieuse qui fixe le double manteau de la loi et de la gr&#226;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petr. Chrys. Sermo 91.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur la poitrine du Pontife &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t est d'Isa&#239;e ; nous retrouverons plus au long, dans l'&#201;p&#238;tre, le texte d'o&#249; il est tir&#233;. Le Psaume qui se chantait autrefois avec lui est le XCIe, dont le premier verset reste seul maintenant en usage, quoique la raison primitive du choix de ce psaume se trouve dans le suivant et le treizi&#232;me : Il est bon d'annoncer au matin votre mis&#233;ricorde, et de manifester votre v&#233;rit&#233; dans la nuit !... Le juste fleurira comme le palmier ; il se multipliera comme le c&#232;dre du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Collecte rassemble les v&#339;ux du peuple fid&#232;le, en ce jour devenu si grand par la naissance du Pr&#233;curseur. Elle implore l'abondance des joies spirituelles, qui sont la gr&#226;ce propre de cette f&#234;te, ainsi que l'avait annonc&#233; Gabriel ; et, rappelant le r&#244;le du fils de Zacharie qui consiste &#224; redresser les sentiers du salut, elle demande que pas un des chr&#233;tiens ne s'&#233;carte des voies de l'&#233;ternelle vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isa&#239;e, dans ces quelques lignes, a directement en vue d'annoncer le Sauveur ; l'application qu'en fait l'&#201;glise &#224; saint Jean-Baptiste, nous montre une fois de plus l'&#233;troite union du Christ et de son Pr&#233;curseur dans l'&#339;uvre de la R&#233;demption. Capitale de la gentilit&#233;, devenue la m&#232;re de l'univers chr&#233;tien, Rome s'est plue &#224; faire entendre, dans ce grand jour, aux fils que l'&#201;poux lui a donn&#233;s, la proph&#233;tie consolante qui s'adressait &#224; eux, avant m&#234;me qu'elle ne f&#251;t fond&#233;e sur les sept collines. Huit si&#232;cles avant la naissance de Jean et du Messie, une voix s'&#233;levait de Sion, et, franchissant les limites de Jacob, retentissait sur tous les rivages o&#249; la nuit du p&#233;ch&#233; retenait l'homme asservi &#224; l'enfer : &#201;coutez, &#238;les ; et vous, peuples &#233;loign&#233;s, soyez attentifs ! C'&#233;tait la voix de Celui qui devait venir et de l'ange charg&#233; de marcher devant lui, la voix de Jean et du Messie, exaltant la commune pr&#233;destination qui faisait d'eux, comme serviteur et Ma&#238;tre, l'objet des m&#234;mes d&#233;crets &#233;ternels. Et la voix, apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; le privil&#232;ge qui les d&#233;signerait, quoique si diversement, d&#232;s le sein maternel, aux complaisances du Tout-Puissant, formulait l'oracle divin qui devait &#234;tre promulgu&#233; en d'autres termes, sur leurs berceaux, par le minist&#232;re de Zacharie et des anges. Je me glorifierai en vous, qui &#234;tes vraiment pour moi Isra&#235;l ; c'est peu de Jacob, qui ne vous &#233;coutera point et dont vous ne me ram&#232;nerez qu'un petit nombre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XLIX, 4-6.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : voici que je vous ai donn&#233; pour lumi&#232;re aux nations, vous &#234;tes le salut que j'enverrai jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre ; pour le peu d'accueil que vous aura fait mon peuple, les rois se l&#232;veront et, &#224; votre parole, ils adoreront le Seigneur qui vous a choisi comme n&#233;gociateur de son alliance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 8.&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfants de l'&#201;pouse, entrons dans ses pens&#233;es ; comprenons quelle reconnaissance doit &#234;tre la n&#244;tre, &#224; nous gentils, envers celui &#224; qui toute chair devra d'avoir connu le Sauveur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XL, 5.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du d&#233;sert, o&#249; sa voix stigmatisait l'orgueil des descendants des patriarches, il nous voyait succ&#233;der &#224; l'alti&#232;re synagogue ; sans rien diminuer des divines exigences, son aust&#232;re pr&#233;dication avait, pour les futurs privil&#233;gi&#233;s de l'&#201;poux, des m&#233;nagements de langage qu'il ne connaissait point avec les Juifs. &#171; Race de vip&#232;res, disait-il &#224; ceux-ci, qui donc vous montre &#224; fuir le ch&#226;timent qui s'avance ? Faites de dignes fruits de p&#233;nitence, et n'allez pas dire : Nous avons pour p&#232;re Abraham ; car je vous dis, moi, que Dieu peut faire sortir de ces pierres des fils d'Abraham. Pour vous, d&#233;j&#224; la cogn&#233;e est &#224; la racine, et l'arbre st&#233;rile sera jet&#233; au feu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. III, 7-9.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais au publicain m&#233;pris&#233;, au soldat d&#233;test&#233;, &#224; tous les c&#339;urs arides de la gentilit&#233;, trop comparables en effet aux rochers du d&#233;sert, Jean-Baptiste annon&#231;ait la gr&#226;ce qui d&#233;salt&#233;rerait et f&#233;conderait dans la justice leurs &#226;mes dess&#233;ch&#233;es : &#171; Publicains, ne d&#233;passez pas les exigences du fisc ; soldats, contentez-vous de votre solde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid : 12-14.&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mo&#239;se a donn&#233; la loi ; mais meilleure est la gr&#226;ce, &#339;uvre de celui que j'annonce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. 1, 15-17.&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : c'est lui qui &#244;te les p&#233;ch&#233;s du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 29.&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous donne &#224; tous de sa pl&#233;nitude &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 16.&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quels horizons nouveaux pour ces d&#233;laiss&#233;s, que le d&#233;dain d'Isra&#235;l avait si longtemps tenus &#224; l'&#233;cart ! Mais pour la synagogue, pareille atteinte au privil&#232;ge pr&#233;tendu de Juda &#233;tait un crime. Elle avait support&#233; les invectives sanglantes du fils de Zacharie ; elle s'&#233;tait montr&#233;e pr&#234;te &#224; l'acclamer comme le Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 19.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais l'inviter &#224; marcher de pair, elle qui se proclamait pure, avec l'impure gentilit&#233;, c'en &#233;tait trop : Jean, d&#232;s ce moment, fut jug&#233; comme le sera son Ma&#238;tre. J&#233;sus, plus tard, insistera sur cette diff&#233;rence de l'accueil fait &#224; son Pr&#233;curseur par ceux qui l'&#233;coutaient ; il en fera la base de sa sentence de r&#233;probation contre les Juifs : &#171; En v&#233;rit&#233;, je vous le dis, les publicains et les femmes perdues vous pr&#233;c&#233;deront dans le royaume de Dieu ; car Jean est venu &#224; vous dans la voie de la justice et vous ne l'avez point &#233;cout&#233;, tandis que les publicains et les femmes perdues ont re&#231;u sa parole, sans que cette vue vous ait amen&#233;s &#224; p&#233;nitence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXI, 31-2 2.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'Isa&#239;e proph&#233;tisant la venue de Jean et du Sauveur, J&#233;r&#233;mie, figure de l'un et de l'autre, appara&#238;t au Graduel ; lui aussi fut sanctifi&#233; d&#232;s le sein de sa m&#232;re, et pr&#233;par&#233; d&#232;s lors au minist&#232;re qu'il devait remplir. Le Verset demeure en suspens sur l'annonce d'un discours du Seigneur ; selon le rit autrefois usit&#233;, il se compl&#233;tait par la reprise du Graduel. Le Verset all&#233;luiatique est emprunt&#233; &#224; l'&#201;vangile, et tir&#233; du Benedictus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les lieux sanctifi&#233;s par le passage en ce monde du Verbe fait chair, il n'en est point, dans la Palestine, qui doive int&#233;resser plus l'&#226;me chr&#233;tienne que celui o&#249; se sont accomplis les &#233;v&#233;nements racont&#233;s dans notre &#201;vangile. La ville qu'illustra la naissance du Pr&#233;curseur se trouve &#224; deux lieues de J&#233;rusalem vers le couchant, comme Bethl&#233;hem, o&#249; naquit le Sauveur, est &#224; deux lieues au midi de la Ville sainte. Sorti par la porte de Jaffa, le p&#232;lerin qui se dirige vers Saint-Jean-de-la-Montagne rencontre d'abord le monast&#232;re grec de Sainte-Croix, &#233;lev&#233; sur l'emplacement o&#249; furent coup&#233;s les arbres dont fut faite la croix du Seigneur. Puis, continuant sa marche &#224; travers le massif des montagnes de Juda, il atteint un sommet d'o&#249; se d&#233;couvre &#224; ses yeux la M&#233;diterran&#233;e. La maison d'Obed-Edom qui abrita trois mois l'arche sainte, s'&#233;levait en cet endroit, d'o&#249; un sentier rapide conduit au lieu o&#249; Marie, la v&#233;ritable arche d'alliance, passa elle-m&#234;me trois, mois de b&#233;n&#233;dictions chez sa cousine &#201;lisabeth. Deux sanctuaires, &#233;loign&#233;s d'environ mille pas l'un de l'autre, consacrent les grands souvenirs qui viennent de nous &#234;tre rappel&#233;s par saint Luc : dans l'un fut con&#231;u et naquit Jean-Baptiste ; dans l'autre eut lieu la circoncision du Pr&#233;curseur, huit jours apr&#232;s sa naissance. Le premier remplace la maison de ville de Zacharie ; il remonte, dans sa forme actuelle, &#224; une &#233;poque ant&#233;rieure aux croisades. C'est une belle &#233;glise &#224; trois nefs et &#224; coupole, mesurant trente-sept pas en longueur. L'autel majeur est d&#233;di&#233; &#224; saint Zacharie, celui de droite &#224; sainte &#201;lisabeth. Sur la gauche, sept degr&#233;s de marbre conduisent &#224; une chapelle souterraine creus&#233;e dans le roc, et qui n'est autre que l'appartement le plus recul&#233; de la maison primitive : c'est le sanctuaire de la Nativit&#233; de saint Jean. Quatre lampes temp&#232;rent l'obscurit&#233; de cette crypte v&#233;n&#233;rable, tandis que six autres, suspendues sous la table m&#234;me de l'autel, &#233;clairent cette inscription grav&#233;e sur le marbre du pav&#233; : HIC PRAECURSOR DOMINI NATUS EST. Unissons-nous en ce jour aux pieux enfants de saint Fran&#231;ois, gardiens de tant d'ineffables souvenirs ; plus heureux ici qu'&#224; la grotte b&#233;nie de Bethl&#233;hem, ils n'ont point &#224; disputer au schisme les honneurs qu'au nom de l'&#201;pouse l&#233;gitime, ils rendent &#224; l'Ami de l'&#201;poux sur le lieu m&#234;me de sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traditions locales placent &#224; quelque distance de ce premier sanctuaire, ainsi que nous l'avons dit, le souvenir de la circoncision du Pr&#233;curseur. Outre sa maison de ville en effet, Zacharie en poss&#233;dait une autre plus isol&#233;e. &#201;lisabeth s'y &#233;tait retir&#233;e durant les premiers mois de sa grossesse, pour go&#251;ter dans le silence le don de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 24-26.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'&#233;tait l&#224; que Notre-Dame venant de Nazareth l'avait rencontr&#233;e, l&#224; que s'&#233;tait produit le sublime tressaillement des enfants et des m&#232;res, l&#224; que le Magnificat avait prouv&#233; au ciel que la terre d&#233;sormais l'emportait sur lui dans la louange et l'amour. Il convenait que le chant de Zacharie, le Cantique du matin, retent&#238;t lui-m&#234;me, pour la premi&#232;re fois, au lieu d'o&#249; celui du soir &#233;tait mont&#233; comme un encens de si suave odeur. Les r&#233;cits des anciens p&#232;lerins signalent en cet endroit deux sanctuaires superpos&#233;s, avec un escalier conduisant de l'un &#224; l'autre : en bas avait eu lieu la rencontre de Marie et d'&#201;lisabeth ; ce fut au-dessus, &#224; l'&#233;tage sup&#233;rieur de la maison de campagne de Zacharie, que se passa la plus grande partie du r&#233;cit qui vient de nous &#234;tre propos&#233; par la sainte &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urbain V, en 1368, avait ordonn&#233; de chanter le Credo au jour de la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste et durant l'Octave, pour &#233;viter que le Pr&#233;curseur ne par&#251;t inf&#233;rieur aux Ap&#244;tres. La coutume ancienne de supprimer le Symbole en cette f&#234;te a n&#233;anmoins pr&#233;valu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jusqu'au Code des Rubriques de Jean XXIII en 1960 o&#249; le Credo fut r&#233;tabli (&#8230;)&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : non comme une marque d'inf&#233;riorit&#233;, &#224; l'&#233;gard de celui qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus de tous ceux qui annonc&#232;rent jamais le royaume de Dieu ; mais pour rappeler qu'il acheva sa course avant la promulgation de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est tir&#233; du psaume d'Intro&#239;t ; c'est le verset qui formait autrefois l'Intro&#239;t m&#234;me de la deuxi&#232;me Messe du Saint, &#224; l'aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Secr&#232;te rel&#232;ve le double caract&#232;re de Proph&#232;te et d'Ap&#244;tre, qui fait la grandeur de saint Jean ; le Sacrifice qui s'appr&#234;te en son honneur va encore augmenter sa gloire, en mettant de nouveau sous nos yeux l'Agneau de Dieu qu'il annon&#231;a et qu'il montra au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;poux est en possession de l'&#201;pouse, et c'est Jean-Baptiste qui lui a pr&#233;par&#233; les voies, ainsi que le rappelle l'Antienne de la Communion. Le moment des Myst&#232;res est celui o&#249;, chaque jour, il r&#233;p&#232;te : L'&#201;poux est celui &#224; qui est l'&#201;pouse ; l'ami de l'&#201;poux, qui se tient pr&#232;s de lui et l'entend, tressaille de joie &#224; la voix de l'&#201;poux : cette joie donc, qui est la mienne, est compl&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 29.&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la joie d&#233;borde en l'Ami de l'&#201;poux, comment l'&#201;pouse, en ce moment b&#233;ni des Myst&#232;res, ne serait-elle pas elle-m&#234;me toute all&#233;gresse et reconnaissance ? Qu'elle exalte donc, en la Postcommunion, celui qui lui fit conna&#238;tre son Sauveur et Seigneur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES SECONDES V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secondes V&#234;pres de saint Jean-Baptiste ne diff&#232;rent des premi&#232;res, que par les Antiennes et le Verset. L'&#201;glise continue d'y c&#233;l&#233;brer les grandeurs de celui qui est venu apporter la joie au monde, en lui montrant le Dieu si longtemps attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La belle S&#233;quence que nous donnons ici, a m&#233;rit&#233; d'&#234;tre attribu&#233;e &#224; Adam de Saint-Victor, quoiqu'elle soit peut-&#234;tre un peu plus ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ad honorem tuum, Christe,&lt;br class='manualbr' /&gt;Recolat Ecclesia &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;cursoris et Baptist&#230; &lt;br class='manualbr' /&gt;Tui natalitia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'&#201;glise, &#244; Christ, &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; votre honneur &lt;br class='manualbr' /&gt;doit c&#233;l&#233;brer la naissance &lt;br class='manualbr' /&gt;de votre pr&#233;curseur et baptiseur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Laus est Regis in pr&#230;conis&lt;br class='manualbr' /&gt;Ipsius pr&#230;conio, &lt;br class='manualbr' /&gt;Quem virtutum ditat donis, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sublimat officio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est glorifier le roi, &lt;br class='manualbr' /&gt;que d'exalter le h&#233;raut &lt;br class='manualbr' /&gt;dont la vertu, dont la mission sublime &lt;br class='manualbr' /&gt;est un fruit de sa gr&#226;ce.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Promittente Gabriele&lt;br class='manualbr' /&gt;Seniori filium, &lt;br class='manualbr' /&gt;H&#230;sitavit, et loquel&#230; &lt;br class='manualbr' /&gt;Perdidit officium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Gabriel promit &lt;br class='manualbr' /&gt;un fils au vieillard ; &lt;br class='manualbr' /&gt;lui douta, &lt;br class='manualbr' /&gt;et perdit la parole.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Puer nascitur, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nov&#230; legis novi regis &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;co, tuba, signifer.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vox pr&#230;it Verbum, &lt;br class='manualbr' /&gt;Paranymphus sponsi sponsum,&lt;br class='manualbr' /&gt;Solis ortum lucifer.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'enfant na&#238;t, &lt;br class='manualbr' /&gt;du Roi nouveau de la loi nouvelle &lt;br class='manualbr' /&gt;h&#233;raut, signal, porte-&#233;tendard. &lt;br class='manualbr' /&gt;La Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe, &lt;br class='manualbr' /&gt;le paranymphe l'&#233;poux, &lt;br class='manualbr' /&gt;l'&#233;toile du matin le lever du soleil.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Verbo mater,&lt;br class='manualbr' /&gt;Scripto pater &lt;br class='manualbr' /&gt;Nomen indit parvulo,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et soluta&lt;br class='manualbr' /&gt;Lingua muta &lt;br class='manualbr' /&gt;Patris est a vinculo.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De vive voix la m&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;par &#233;crit le p&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;d&#233;clarent le nom du nouveau-n&#233;, &lt;br class='manualbr' /&gt;et la langue du p&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;aussit&#244;t d&#233;li&#233;e, &lt;br class='manualbr' /&gt;voit cesser son mutisme.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Est c&#339;lesti pr&#230;signatus&lt;br class='manualbr' /&gt;Johannes oraculo,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et ab ipso pr&#230;monstratus &lt;br class='manualbr' /&gt;Uteri latibulo.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Jean, signal&#233; par le ciel &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; l'avance, &lt;br class='manualbr' /&gt;s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; dans le secret m&#234;me &lt;br class='manualbr' /&gt;du sein maternel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quod &#230;tate pr&#230;matura &lt;br class='manualbr' /&gt;Datur h&#230;res, id figura&lt;br class='manualbr' /&gt;Quod infecunda &lt;br class='manualbr' /&gt;Diu parens, res profunda ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Contra carnis quidem jura &lt;br class='manualbr' /&gt;Johannis h&#230;c genitura :&lt;br class='manualbr' /&gt;Talem gratia &lt;br class='manualbr' /&gt;Partum format, non natura.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;H&#233;ritier donn&#233; apr&#232;s l'&#226;ge ; &lt;br class='manualbr' /&gt;longtemps st&#233;rile, &lt;br class='manualbr' /&gt;devenue m&#232;re : &lt;br class='manualbr' /&gt;myst&#232;re profond ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Il est vrai, cette conception de Jean &lt;br class='manualbr' /&gt;n'est point suivant l'ordre de la chair : &lt;br class='manualbr' /&gt;c'est la gr&#226;ce qui produit &lt;br class='manualbr' /&gt;un tel enfantement, non la nature.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Alvo Deum virgo claudit, &lt;br class='manualbr' /&gt;Clauso clausus hic applaudit&lt;br class='manualbr' /&gt;De ventris angustia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Agnum monstrat in aperto &lt;br class='manualbr' /&gt;Vox clamantis in deserto, &lt;br class='manualbr' /&gt;Vox Verbi pr&#230;nuntia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Dieu s'emprisonne au sein de la Vierge : &lt;br class='manualbr' /&gt;au prisonnier, pareillement prisonnier &lt;br class='manualbr' /&gt;Jean applaudit de son &#233;troit s&#233;jour. &lt;br class='manualbr' /&gt;Voix de celui qui crie dans le d&#233;sert, &lt;br class='manualbr' /&gt;Voix qui annonce le Verbe, &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; ciel ouvert il montre l'Agneau.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ardens fide, verbo lucens, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et ad veram lucem ducens,&lt;br class='manualbr' /&gt;Multa docet millia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non lux iste, sed lucerna ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Christus vero lux &#230;terna, &lt;br class='manualbr' /&gt;Lux illustrans omnia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Son ardente foi, sa parole lumineuse &lt;br class='manualbr' /&gt;et qui conduit &#224; la vraie lumi&#232;re &lt;br class='manualbr' /&gt;enseigne d'innombrables foules. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non qu'il soit la lumi&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;mais il est le flambeau : &lt;br class='manualbr' /&gt;c'est le Christ qui est la lumi&#232;re &#233;ternelle, &lt;br class='manualbr' /&gt;la lumi&#232;re illuminant tout.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cilicina tectus veste, &lt;br class='manualbr' /&gt;Pellis cinctus strophium, &lt;br class='manualbr' /&gt;Cum locustis mel silvestre &lt;br class='manualbr' /&gt;Sumpsit in edulium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Un cilice &#233;tait son v&#234;tement, &lt;br class='manualbr' /&gt;sa ceinture une lani&#232;re ; &lt;br class='manualbr' /&gt;des sauterelles et le miel des for&#234;ts &lt;br class='manualbr' /&gt;faisaient sa nourriture.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Attestante sibi Christo, &lt;br class='manualbr' /&gt;Non surrexit major isto&lt;br class='manualbr' /&gt;Natus de muliere : &lt;br class='manualbr' /&gt;Sese Christus sic excepit, &lt;br class='manualbr' /&gt;Qui de carne carnem cepit&lt;br class='manualbr' /&gt;Sine carnis opere.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Au t&#233;moignage que lui rendit le Christ, &lt;br class='manualbr' /&gt;il ne s'&#233;leva jamais de plus grand &lt;br class='manualbr' /&gt;parmi les enfants n&#233;s d'une femme ; &lt;br class='manualbr' /&gt;par cette parole le Christ s'exceptait, &lt;br class='manualbr' /&gt;lui qui de chair avait pris chair &lt;br class='manualbr' /&gt;sans que la chair y e&#251;t part.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Capitali justus p&#339;na &lt;br class='manualbr' /&gt;Jubetur in carcere&lt;br class='manualbr' /&gt;Consummari, &lt;br class='manualbr' /&gt;Cujus caput rex in c&#339;na &lt;br class='manualbr' /&gt;Non horret pro munere &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;sentari.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le juste est condamn&#233; &#224; mort ; &lt;br class='manualbr' /&gt;ordre est donn&#233; de lui enlever &lt;br class='manualbr' /&gt;la vie dans la prison ; &lt;br class='manualbr' /&gt;le roi n'a pas horreur d'offrir sa t&#234;te &lt;br class='manualbr' /&gt;en don dans un festin.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Martyr Dei, licet rei &lt;br class='manualbr' /&gt;Simus, nec idonei&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu&#230; laudi, &lt;br class='manualbr' /&gt;Te laudantes et sperantes&lt;br class='manualbr' /&gt;De tua clementia, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nos exaudi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;T&#233;moin de Dieu, quoique p&#233;cheurs, &lt;br class='manualbr' /&gt;quoique inhabiles &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; vos louanges, &lt;br class='manualbr' /&gt;nous vous louons, &lt;br class='manualbr' /&gt;nous esp&#233;rons votre cl&#233;mence : &lt;br class='manualbr' /&gt;exaucez-nous.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tuo nobis in natale &lt;br class='manualbr' /&gt;Da promissum gaudium,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec nos minus triumphale &lt;br class='manualbr' /&gt;Delectet martyrium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En votre nativit&#233; &lt;br class='manualbr' /&gt;accordez-nous la joie promise, &lt;br class='manualbr' /&gt;et que ne nous d&#233;lecte pas moins &lt;br class='manualbr' /&gt;votre triomphant martyre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Veneramur&lt;br class='manualbr' /&gt;Et miramur &lt;br class='manualbr' /&gt;In te tot mysteria :&lt;br class='manualbr' /&gt;Per te frui&lt;br class='manualbr' /&gt;Christus sui &lt;br class='manualbr' /&gt;Det nobis pra&#230;entia ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous v&#233;n&#233;rons, &lt;br class='manualbr' /&gt;nous admirons &lt;br class='manualbr' /&gt;en vous tant de myst&#232;res ! &lt;br class='manualbr' /&gt;par vous le Christ &lt;br class='manualbr' /&gt;nous daigne accorder &lt;br class='manualbr' /&gt;sa douce pr&#233;sence !
Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les recueils liturgiques des diverses &#201;glises abondent en formules profondes et gracieuses, pour exprimer la grandeur de Jean et du r&#244;le qu'il eut &#224; remplir. Telle cette solennelle Antienne des Laudes, au Br&#233;viaire Ambrosien :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PSALLENDA.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lumen quod animi cernunt, non sensus corporeus, in utero vidit Johannes, exsultans in Domino. Natus est luminis Pr&#230;cursor ; Propheta mirabilis ostendit Agnum, qui venit peccata mundi tollere.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Jean vit dans le sein maternel la lumi&#232;re que contemplent les &#226;mes, non les sens, et il tressaillit dans le Seigneur. Il est n&#233;, le Pr&#233;curseur de la lumi&#232;re, l'admirable Proph&#232;te montrant l'Agneau qui vient &#244;ter les p&#233;ch&#233;s du monde.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Telle encore cette antique pri&#232;re de notre Sacramentaire Gallican :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;COLLECTIO.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus qui hunc diem nativitate Johannis Baptist&#230; incomparabilem hominibus consecrasti : pr&#230;sta nobis de ejus meritis, illius nos calceamenti sequi vestigium qui se ad solvendam Salvatoris corrigiam pr&#230;dicavit indignum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu qui avez rendu ce jour incomparable dans l'histoire du genre humain, en le consacrant par la naissance de Jean-Baptiste ; accordez-nous, par ses m&#233;rites, de suivre les traces que laissa ici-bas la chaussure de celui qui se proclamait indigne de d&#233;nouer les cordons du Sauveur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme il convenait, l'&#201;glise Romaine, vou&#233;e &#224; Jean, d&#233;passa toutes celles dont elle est la ma&#238;tresse et la m&#232;re, par l'abondance et la magnificence des formules qu'elle consacra &#224; c&#233;l&#233;brer l'Ami de l'&#201;poux. Sans parler des trois Messes du Sacramentaire Gr&#233;gorien pour ce jour, le L&#233;onien en renfermait deux autres dites ad Fontem, et dont le texte se r&#233;f&#232;re aux nouveaux baptis&#233;s, selon l'ancienne coutume o&#249; l'on &#233;tait de donner le bapt&#234;me &#224; la f&#234;te de saint Jean, comme on le faisait &#224; P&#226;ques, &#224; la Pentec&#244;te et &#224; l'&#201;piphanie. Des cinq Pr&#233;faces sp&#233;ciales du Sacramentaire L&#233;onien pour chacune de ces Messes, nous donnerons seulement la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vere dignum. In die festivitatis hodiern&#230;, quo beatus ille Baptista Johannes exortus est, nondum terrena conspiciens, c&#339;lestia jam revelans ; lucis &#230;tern&#230; pr&#230;dicator , priusquam lumen temporale sentiret ; testis veritatis, antequam visus ; et ante propheta quam natus ; maternis visceribus latens, et Unigenitum Dei pr&#230;scia exsultatione pr&#230;nuntians ; Christique tui, nondum genitus, jam pr&#230;cursor. Nec mirum, si Filium tuum, Domine, procreatus ostenditquem adhuc utero clausus agnovit ; meritoque inter natos mulierum nullus inventus est similis, quia nulli hominum prorsus indultum est, ut exsecutor Divinitatis existeret, priusquam vitam human&#230; conditionis hauriret ; satisque firmatum, quam esset mirabilis Nuntiatus, cujus tam insignis Nuntius appareret ; convenienterque pro lavacri ministerio, quod gerebat, detulit famulatum perfecti baptismatis mysterium consecranti, et ad remissionem peccatorum mortalibus conferendam, huic jure debitam reddidit servitutem, quem mundi tollere dixerat venisse peccatum. Unde cum angelis, etc.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est vraiment juste de vous louer, &#244; Seigneur, en ce jour o&#249; naquit le bienheureux Jean-Baptiste. Sans voir encore les spectacles de la terre, il r&#233;v&#233;lait d&#233;j&#224; ceux du ciel ; il annon&#231;ait l'&#233;ternelle lumi&#232;re, avant d'avoir aper&#231;u celle du temps : t&#233;moin de la v&#233;rit&#233;, avant m&#234;me d'&#234;tre apparu au monde, proph&#232;te avant d'&#234;tre n&#233; ; cach&#233; dans les entrailles maternelles, et par son tressaillement proph&#233;tique annon&#231;ant d&#232;s lors le Fils unique de Dieu ; pr&#233;curseur de votre Christ, avant que de na&#238;tre. Et il n'est pas &#233;tonnant, Seigneur, que, venu au jour, il ait montr&#233; votre Fils qu'enferm&#233; dans le sein de sa m&#232;re il avait reconnu. Il est bien vrai qu'entre les enfants des femmes il n'eut point de semblable ; car il est inou&#239; qu'aucun homme ait eu mandat pour la Divinit&#233;, avant d'&#234;tre entr&#233; dans les conditions de l'humaine vie. Combien admirable est l'annonc&#233;, c'est ce qui appara&#238;t clairement dans les merveilles de celui qui l'annonce. Il convenait &#233;galement que, serviteur d'office du bain symbolique, il accord&#226;t son minist&#232;re &#224; celui qui venait consacrer le myst&#232;re du parfait bapt&#234;me ; pr&#234;chant aux mortels la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s, c'&#233;tait justice qu'il ob&#233;it &#224; celui qu'il avait d&#233;sign&#233; comme &#233;tant venu pour &#244;ter le p&#233;ch&#233; du monde.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans ce concert des &#201;glises &#224; l'honneur de Jean, pourrions-nous oublier les &#201;glises orientales, auxquelles le saint Pr&#233;curseur inspira tant de chants harmonieux ? Au nom de toutes celles que le d&#233;faut d'espace nous contraint de laisser dans le silence, l'&#201;glise Syriaque exaltera l'auguste baptiseur du Christ en ces strophes que lui consacre son po&#232;te sublime, le grand diacre d'&#201;desse. La longueur de cette Hymne admirable nous oblige &#224; l'abr&#233;ger et &#224; n'en donner aujourd'hui qu'une partie, r&#233;servant l'autre pour le jour de l'Octave.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Ephrem Syri Hymni et Sermones. Th. J. Lamy, t. I.&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (De Domino nostro et Johanne.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transport&#233; en esprit au Jourdain, j'y ai vu des choses admirables, lorsque le glorieux &#201;poux s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; l'&#201;pouse, pour la d&#233;livrer de la servitude du p&#233;ch&#233; et la sanctifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu Jean dans la stupeur, la foule debout autour de lui, et le glorieux &#201;poux inclin&#233; devant le fils de la st&#233;rile pour recevoir de lui le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon &#226;me admire et le Verbe et la Voix. Jean est la Voix du Seigneur Verbe : celui qui &#233;tait cach&#233; va se manifester au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;pouse, fianc&#233;e &#224; l'&#201;poux, contemple l'&#201;poux sans le conna&#238;tre ; les paranymphes sont l&#224; ; le d&#233;sert est rempli ; au milieu d'eux le Seigneur est cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors l'&#201;poux, se manifestant lui-m&#234;me, s'approcha de Jean pr&#232;s du fleuve. &#201;mu, le h&#233;raut divin dit de lui : &#171; C'est lui l'&#201;poux que j'ai annonc&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est venu au bapt&#234;me, l'auteur de tout bapt&#234;me, il s'est manifest&#233; au Jourdain. Jean l'a vu, et, retirant sa main, l'a suppli&#233;, disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment voulez-vous &#234;tre baptis&#233;, &#244; Seigneur dont le bapt&#234;me sanctifie tous les &#234;tres ? C'est vous qui poss&#233;dez le vrai bapt&#234;me d'o&#249; d&#233;coule la saintet&#233; parfaite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur a r&#233;pondu : &#171; Je le veux : approche et donne-moi le bapt&#234;me ; c'est ma volont&#233;. Tu ne peux r&#233;sister &#224; ma volont&#233; ; je serai baptis&#233; par toi, parce que je le veux ainsi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ne dites pas cela, je vous en prie, Seigneur ; ne me contraignez pas, car ce que vous me dites est difficile. C'est &#224; moi d'&#234;tre baptis&#233; par vous, car votre hysope purifie tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je le demande, et il me pla&#238;t que la chose soit ainsi. Mais toi, Jean, pourquoi h&#233;sites-tu ? laisse-nous accomplir ce qui est juste. Va donc, baptise-moi ; pourquoi cette incertitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qui peut saisir en ses mains la flamme ? O vous, feu consumant dans tout votre &#234;tre, ayez piti&#233; de moi, et permettez que je n'approche pas de vous ; car ce m'est une chose difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je t'ai manifest&#233; ma volont&#233; : que crains-tu ? Approche donc et baptise-moi, tu ne seras pas consum&#233;. Le repas des noces est pr&#234;t ainsi que la chambre nuptiale : ne m'en &#233;loigne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il faut bien, Seigneur, que je consid&#232;re ma nature : je ne suis que terre, et c'est vous qui m'avez fa&#231;onn&#233;, qui donnez l'&#234;tre &#224; toute cr&#233;ature. Pourquoi donc vous baptiserais-je dans les eaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il faut que tu saches pourquoi je suis venu et &#224; quelle fin je t'ai demand&#233; le bapt&#234;me. Le bapt&#234;me est au milieu de la route que j'ai choisie, ne me le refuse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ce fleuve est trop &#233;troit pour que vous y puissiez descendre. Les cieux ne peuvent contenir votre immensit&#233; ; combien moins ces eaux du bapt&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le sein d'une vierge est plus &#233;troit que le Jourdain, et pourtant librement j'en ai fait mon s&#233;jour. Si j'ai pu na&#238;tre du sein d'une vierge, je puis &#234;tre baptis&#233; dans le Jourdain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Voici que les arm&#233;es des cieux sont ici pr&#233;sentes ; les phalanges ang&#233;liques,&lt;br class='autobr' /&gt;
prostern&#233;es, vous adorent ; &#233;pouvantement qui fait trembler mes membres, &#244; Seigneur, s'oppose &#224; ce que je puisse vous baptiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Toutes les phalanges des c&#233;lestes Vertus te proclament bienheureux, de ce que je t'ai choisi d&#232;s le sein de ta m&#232;re pour me donner le bapt&#234;me ; ne crains donc point, puisque c'est ma volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai pr&#233;par&#233; la voie, c'&#233;tait ma mission ; j'ai fianc&#233; l'&#201;pouse, selon l'ordre que j'en avais re&#231;u. Maintenant que vous &#234;tes venu, que votre manifestation &#233;clate par le monde, et que je n'aie pas &#224; vous baptiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les fils d'Adam attendent de moi le don de la nouvelle naissance ; je leur ouvrirai la voie dans les eaux ; mais cela n'est possible que par mon bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les sacrificateurs re&#231;oivent de vous leur cons&#233;cration, votre hysope purifie les pontifes, vous constituez les christs et les rois. Que vous servira le bapt&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'&#201;pouse que tu m'as fianc&#233;e attend que, descendant dans le fleuve, j'y sois baptis&#233; et la sanctifie. Ami de l'&#201;poux, ne me refuse pas le bain qui m'attend.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;curseur du Messie, nous partageons la joie que votre naissance apporta au monde. Elle annon&#231;ait la propre naissance du Fils de Dieu. Or, chaque ann&#233;e, l'Emmanuel prend vie &#224; nouveau dans l'&#201;glise et les &#226;mes ; et, pas plus aujourd'hui qu'il y a dix-huit si&#232;cles, il ne veut na&#238;tre sans que vous-m&#234;me ayez, comme alors, pr&#233;par&#233; les voies &#224; cette nativit&#233; qui donne &#224; chacun de nous son Sauveur. A peine s'ach&#232;ve, au Cycle sacr&#233;, la s&#233;rie des myst&#232;res qui ont consomm&#233; la glorification de l'Homme-Dieu et fond&#233; l'&#201;glise, que d&#233;j&#224; No&#235;l se montre &#224; l'horizon ; d&#233;j&#224;, dans son berceau, Jean tressaille et r&#233;v&#232;le l'approche de l'Enfant-Dieu. Doux proph&#232;te du Tr&#232;s-Haut, qui ne pouvez parler encore et d&#233;j&#224;, pourtant, d&#233;passez tous les princes de la proph&#233;tie, bient&#244;t le d&#233;sert, comme nous le redirons, semblera vous avoir ravi pour jamais au commerce des hommes. Mais dans les jours de l'Avent, l'&#201;glise vous aura retrouv&#233; ; elle nous ram&#232;nera sans cesse &#224; vos enseignements sublimes, aux t&#233;moignages que vous rendrez &#224; Celui qu'elle attend. D&#232;s maintenant, commencez la pr&#233;paration de nos &#226;mes ; redescendu sur notre terre en ce jour d'all&#233;gresse, venu comme messager de la prochaine arriv&#233;e du Seigneur, pourriez-vous un instant rester oisif devant l'&#339;uvre immense qui vous incombe en nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chasser le p&#233;ch&#233;, dompter les vices, redresser les instincts fauss&#233;s de la pauvre nature d&#233;chue : tout cela devrait &#234;tre accompli sans doute, tout cela serait achev&#233; d&#232;s longtemps, si nous avions r&#233;pondu fid&#232;lement &#224; vos labeurs pass&#233;s. Il n'est que trop vrai pourtant ; c'est &#224; peine s'il semble, en plusieurs, que le d&#233;frichement ait jamais commenc&#233; : terres rebelles, o&#249; les pierres et les ronces d&#233;fient vos soins depuis des ann&#233;es. Nous le reconnaissons, dans la confusion de nos &#226;mes coupables : nous confessons nos fautes &#224; vous et au Dieu tout-puissant, comme l'&#201;glise nous apprend &#224; le faire au d&#233;but du grand Sacrifice ; mais, en m&#234;me temps, nous vous prions avec elle d'interc&#233;der pour nous aupr&#232;s du Seigneur notre Dieu. Vous le proclamiez au d&#233;sert : de ces pierres m&#234;mes, Dieu peut toujours faire sortir des fils d'Abraham.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque jour, les solennelles formules de l'oblation qui pr&#233;pare l'immolation sans cesse renouvel&#233;e du Sauveur, nous apprennent la part honorable ex. puissante qui vous revient dans cet auguste Sacrifice ; votre nom, de nouveau prononc&#233; lorsque la victime sainte est sur l'autel, supplie alors pour nous p&#233;cheurs le Dieu de toutes mis&#233;ricordes. Puisse-t-il, en consid&#233;ration de vos m&#233;rites et de notre mis&#232;re, &#234;tre propice &#224; la pri&#232;re pers&#233;v&#233;rante de notre m&#232;re l'&#201;glise, changer nos c&#339;urs, et remplacer leurs attaches mauvaises par les attraits des vertus qui nous vaudront la visite de l'Emmanuel ! A ce moment sacr&#233; des Myst&#232;res, trois fois invoqu&#233; selon la formule m&#234;me que vous nous avez apprise, l'Agneau de Dieu qui &#244;te les p&#233;ch&#233;s du monde aura lui-m&#234;me piti&#233; de nous et nous donnera la paix : cette paix pr&#233;cieuse avec le ciel, avec la terre, avec nous-m&#234;mes, qui nous pr&#233;parera pour l'&#201;poux en nous rendant les fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan I, 12 ; Matth. V, 9.&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; selon le t&#233;moignage que, chaque jour &#233;galement, vous renouvelez par la bouche du pr&#234;tre au sortir de l'autel. Alors votre joie et la n&#244;tre sera compl&#232;te, &#244; Pr&#233;curseur ; l'union sacr&#233;e, dont ce jour de votre nativit&#233; renferme pour nous l'esp&#233;rance d&#233;j&#224; si joyeuse, sera devenue, d&#232;s cette terre et sous les ombres de la foi, une r&#233;alit&#233; sublime, en attendant la claire vision de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article199' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Saint Jean-Baptiste. &lt;br class='manualbr' /&gt;Station au Latran.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui &#224; Rome se c&#233;l&#233;braient plusieurs messes ; le Sacramentaire L&#233;onien en contient quatre en l'honneur de saint Jean-Baptiste, et la troisi&#232;me a pour titre : Ad fontem. Cela prouve que les autres &#233;taient c&#233;l&#233;br&#233;es dans la grande basilique du Sauveur, et en quelque autre sanctuaire romain d&#233;di&#233; &#224; saint Jean, &#8212; le pape Symmaque en avait &#233;lev&#233; un &#233;galement pr&#232;s du baptist&#232;re Vatican, &#8212; seule la troisi&#232;me messe &#233;tait offerte dans l'oratoire du Latran, construit par le pape Hilaire Ad fontem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette richesse primitive de la liturgie romaine, le Sacramentaire Gr&#233;gorien conserve lui aussi une trace. Outre la messe nocturne, on y trouve les collectes in prima missa et pour une deuxi&#232;me qui, vraisemblablement, &#233;tait la messe stationnale, c&#233;l&#233;br&#233;e dans la basilique du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux V&#234;pres se pr&#233;sente la m&#234;me disposition. Apr&#232;s l'office accompli dans la grande basilique du Latran, le clerg&#233; se rendait processionnellement ad fontes, pour y c&#233;l&#233;brer, comme le jour de P&#226;ques, un office plus court, dont le Sacramentaire Gr&#233;gorien nous conserve &#233;galement la collecte finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut s'&#233;tonner de la magnificence de la d&#233;votion de nos p&#232;res envers Jean-Baptiste, si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; la place &#233;minente qu'il occupe dans l'histoire m&#234;me de la divine Incarnation. Sa bulle de canonisation est l'&#233;loge que fit de lui le Verbe de Dieu fait homme, quand il le montra aux foules comme le plus grand de tous les proph&#232;tes et de tous les fils de la femme, le nouvel &#201;lie, la lumi&#232;re ardente et resplendissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liturgie s'appliqua donc d'une mani&#232;re sp&#233;ciale &#224; c&#233;l&#233;brer la gloire particuli&#232;re de Jean, le maior inter natos mulierum. C'est pourquoi, alors qu'on c&#233;l&#233;brait seulement le jour du tr&#233;pas des autres saints, on voulut f&#234;ter le jour m&#234;me de la naissance de Jean, comme ayant &#233;t&#233; entour&#233;e de la splendeur des charismes du Paraclet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons la preuve de l'intense d&#233;votion profess&#233;e par Rome envers saint Jean-Baptiste, anciennement surtout, dans le grand nombre d'&#233;glises qui lui &#233;taient d&#233;di&#233;es. On en compte une vingtaine au moins. Vingt-trois Papes voulurent porter son nom, et la basilique du Latran elle-m&#234;me, dans l'usage commun sanctionn&#233; par le Missel, est appel&#233;e sans plus : Saint-Jean de Latran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le culte de saint Jean-Baptiste trouva ses propagateurs les plus ardents parmi les moines qui, dans la vie aust&#232;re pass&#233;e par le Pr&#233;curseur au d&#233;sert, reconnaissaient une sorte de pr&#233;lude &#224; l'institution monastique. Le patriarche saint Beno&#238;t lui &#233;rigea sur le Mont-Cassin un sanctuaire o&#249; il voulut &#234;tre enseveli. Le saint &#233;v&#234;que syrien Laurent, qui, au Ve si&#232;cle, fonda la c&#233;l&#232;bre abbaye de Farfa, consacra sa basilique en l'honneur de la Vierge et des deux saints Jean, le Baptiste et l'&#201;vang&#233;liste. A Subiaco &#233;galement, l'un des douze monast&#232;res &#233;lev&#233;s par saint Beno&#238;t re&#231;ut aussi le nom du Pr&#233;curseur du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la pr&#233;s&#233;ance accord&#233;e &#224; saint Jean sur saint Joseph dans les litanies des saints fut &#233;tudi&#233;e par Beno&#238;t XIV. L'introduction de l'invocation &#224; saint Joseph dans la pri&#232;re litanique est relativement r&#233;cente, et quand elle se fit, on ne jugea pas opportun de fixer en quel sens doit &#234;tre entendue cette parole de l'&#201;vangile disant que Jean est le maior inter natos mulierum. Depuis de longs si&#232;cles, Jean &#233;tait en pacifique possession de cette premi&#232;re place dans le long cort&#232;ge litanique des saints ; en outre c'est un martyr. Pour ne rien innover, on pla&#231;a saint Joseph entre saint Jean et saint Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que la d&#233;votion au patriarche saint Joseph a projet&#233; tant de lumi&#232;re sur sa figure, la question est moins difficile &#224; r&#233;soudre dans le sens d&#233;j&#224; indiqu&#233; d'ailleurs par la liturgie, quand elle pla&#231;ait saint Joseph avant les ch&#339;urs des Ap&#244;tres. Du contexte de l'&#201;vangile, il ressort que la primaut&#233; accord&#233;e &#224; Jean s'entend de sa mission proph&#233;tique et messianique. Il est au sommet de la pyramide des patriarches, des proph&#232;tes et des saints qui annoncent et pr&#233;parent le Nouveau Testament. Comme Jean les surpasse tous en dignit&#233;, il l'emporte aussi sur eux en saintet&#233; puisqu'il fut sanctifi&#233; d&#232;s le sein maternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Joseph, de son c&#244;t&#233;, fait partie d'un autre syst&#232;me et d'un autre cadre. Il n'appartient pas, peut-on dire, au cort&#232;ge de patriarches qui va au-devant du Messie, il n'a pas une mission proph&#233;tique au service du Christ, mais il entre au contraire dans le plan m&#234;me de sa sainte Incarnation, comme le v&#233;ritable &#233;poux de Marie et le d&#233;positaire, au nom du P&#232;re &#233;ternel, de la patria potestas sur l'Enfant J&#233;sus. C'est Joseph, fils de David qui, par son mariage virginal avec Marie, introduit et pr&#233;sente honorablement au monde J&#233;sus, comme l'h&#233;ritier l&#233;gitime des promesses messianiques faites &#224; David et &#224; Abraham.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transcendance de Marie et de Joseph n'enl&#232;ve donc rien &#224; la gloire de Jean, proclam&#233; par le R&#233;dempteur lui-m&#234;me comme le plus grand entre tous les proph&#232;tes et les fils de la femme. C'est aussi pourquoi la sainte liturgie, pr&#232;s du berceau du Pr&#233;curseur comme dans la prison de Mach&#233;ronte, entonne &#224; sa louange des chants de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hymnes magnifiques ins&#233;r&#233;es aujourd'hui dans le Br&#233;viaire sont de Paul Diacre, moine du Mont-Cassin, qui les composa pour la f&#234;te titulaire de l'&#233;glise de ce monast&#232;re. Quatre si&#232;cles plus tard environ, un autre moine, Gui d'Arezzo, tira des tons ascendants des premiers h&#233;mistiches de l'hymne des v&#234;pres de saint Jean, les noms de l'&#233;chelle musicale :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Ut&lt;/font&gt; queant laxis &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;re&lt;/font&gt;son&#225;re fibris&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Mi&lt;/font&gt;ra gest&#243;rum &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;f&#225;&lt;/font&gt;muli tu&#243;rum,&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Sol&lt;/font&gt;ve poll&#250;ti &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;l&#225;&lt;/font&gt;bii re&#225;tum,&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&lt;/font&gt;ancte &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;I&lt;/font&gt;o&#225;nnes.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour que tes serviteurs puissent &#224; pleine voix,&lt;br class='manualbr' /&gt;c&#233;l&#233;brer les merveilles de tes hauts faits, &lt;br class='manualbr' /&gt;bannis l'indignit&#233; de nos l&#232;vres souill&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;&#244; saint Jean.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t de la messe emprunte son antienne &#224; Isa&#239;e (XLIX, 1-2), suivie du psaume 91 : &#171; Le Seigneur m'appela par mon nom d&#232;s le sein de ma m&#232;re ; il fit de ma parole comme un glaive tranchant ; il m'abrita de sa main, et se servit de moi comme d'une fl&#232;che choisie &#187;. &#8212; Ps. 91 : &#171; II est bon de louer le Seigneur, et de chanter un hymne &#224; votre nom, &#244; Tr&#232;s-Haut ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'observe saint Jean Chrysostome, imposer un nom, c'est faire acte de domination. Or le Seigneur, pour montrer que certains rares personnages lui sont consacr&#233;s &#224; un titre sp&#233;cial, leur impose un nom qui indique la mission future &#224; laquelle il les voue. Le nom de Jean signifie colombe, parce que le t&#233;moignage qu'il rendit &#224; la divinit&#233; de J&#233;sus devait pr&#233;parer les Juifs &#224; recevoir celui d'une autre colombe, celle qui, dans le Jourdain, descendit sur le divin Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte rappelle que la nativit&#233; de saint Jean-Baptiste a consacr&#233; &#224; jamais ce jour m&#233;morable. Prenant donc au mot le Seigneur, qui, par l'interm&#233;diaire de l'ange, promit que beaucoup se r&#233;jouiraient au jour de la naissance de Jean, elle implore cette joie int&#233;rieure qui nous est si n&#233;cessaire pour pouvoir parcourir avec ardeur l'&#226;pre chemin du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re lecture est tir&#233;e d'Isa&#239;e (XLIX, 1-3, 5, 6, 7) et trace la mission proph&#233;tique du futur envoy&#233; de Yahweh. Le Seigneur se l'est fa&#231;onn&#233; dans le sein de sa m&#232;re, pour qu'il soit lumi&#232;re du monde et instrument de salut universel. Dieu accomplira toutes ces merveilles, mais &#224; une condition. L'&#233;lu de Yahweh devra &#234;tre docile &#224; la divine motion. Moins il y mettra du sien, plus et mieux il agira par l'Esprit de Dieu. Il prendra donc un titre qui exprime en m&#234;me temps son rien et sa grandeur : il sera simplement le serviteur de Yahweh !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons est tir&#233; de J&#233;r&#233;mie (I, 5, 9), qui, selon quelques docteurs, fut, comme Jean-Baptiste, sanctifi&#233; dans le sein maternel. Le texte scripturaire ne comporte toutefois pas n&#233;cessairement ce sens, car la sanctification dont il est parl&#233; ici pourrait indiquer simplement la vocation de proph&#232;te. Quoi qu'il en soit il est certain que ce passage de J&#233;r&#233;mie atteint la pl&#233;nitude de son sens en Jean-Baptiste. &#171; Avant que je t'aie form&#233;, je te connaissais d&#233;j&#224;, et avant que tu fusses sorti du sein maternel, d&#233;j&#224; je t'avais choisi. Le Seigneur &#233;tendit sa main et, touchant ma bouche, il me dit : Avant que je t'aie form&#233;, etc. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, le graduel est un psaume avec r&#233;pons. Le premier h&#233;mistiche s'intercalait entre chaque verset. Le graduel de ce jour exige la r&#233;p&#233;tition du verset, &#171; Avant que je t'eusse form&#233;, etc. &#187;. sans quoi les mots : &lt;i&gt;il me dit&lt;/i&gt; restent suspendus en l'air. Le verset all&#233;luiatique est emprunt&#233; au cantique chant&#233; par Zacharie apr&#232;s la naissance de Jean, quand il eut recouvr&#233; la parole. &#171; All&#233;luia, all&#233;luia (Luc., I, 76). Toi, enfant, tu seras appel&#233; le Proph&#232;te du Tr&#232;s-Haut. Tu iras devant Lui, pour lui pr&#233;parer le chemin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique continue le r&#233;cit commenc&#233; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article308'&gt;hier&lt;/a&gt; (Luc., I, 57-68). Le huiti&#232;me jour apr&#232;s la naissance du Pr&#233;curseur, il est circoncis, et on veut lui donner un nom. Quelqu'un propose celui de Zacharie ; mais le p&#232;re et la m&#232;re, sans entente pr&#233;alable, et avertis int&#233;rieurement par le Saint-Esprit, se trouvent d'accord pour l'appeler Jean. Zacharie, son p&#232;re, a suffisamment r&#233;par&#233;, par cet acte de foi, son h&#233;sitation premi&#232;re ; aussi, non seulement il retrouve la parole, mais celle-ci devient d'embl&#233;e le chant d'un proph&#232;te, o&#249; Dieu est b&#233;ni et o&#249; est annonc&#233; le sort du Pr&#233;curseur nouveau-n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset de l'offertoire est le m&#234;me que pour la f&#234;te de saint Fran&#231;ois de Sales le 29 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte sur les oblations fait encore allusion &#224; l'habitude qu'avait autrefois le peuple d'apporter lui-m&#234;me son offrande &#224; l'autel. &#171; Aujourd'hui nous couvrons vos autels, Seigneur, de nos offrandes, pour honorer convenablement la naissance de celui qui annon&#231;a le R&#233;dempteur sur le point d'arriver, et qui, apr&#232;s sa venue, l'indiqua solennellement au monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la belle pr&#233;face&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est, sauf l'introduction, la pr&#233;face propre actuelle de St Jean-Baptiste, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; donn&#233;e en ce jour par les Sacramentaires, qui l'ont emprunt&#233;e au L&#233;onien :... &#230;terne Deus. Et in die festivitatis hodiern&#230; qua beatus lohannes exortus est, tuam magnificentiam collaudare ; qui vocem Matris Domini nondum editus sensit, et adhuc clausus utero, adventum salutis human&#230; prophetica exultatione significavit. Qui et genitricis sterilitatem conceptus abstulit, et patris linguam natus absolvit ; solusque omnium Prophetarum, Redemptorem mundi quem pr&#230;nuntiavit ostendit. Et ut sacr&#230; effectum purificationis aquarum natura conciperet, sanctificandis Iordanis fluentis, ipsum baptismo baptismatis lavit Auctorem. Et ideo etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dieu &#233;ternel&#8230; En en cette f&#234;te d'aujourd'hui, jour de la naissance du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pour la Communion du peuple est semblable au verset all&#233;luiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la collecte d'action de gr&#226;ces o&#249; l'&#201;glise revient sur la promesse faite par l'ange pour le jour natal du Pr&#233;curseur : &#171; Que votre &#201;glise tout enti&#232;re, Seigneur, se r&#233;jouisse de la naissance de votre Pr&#233;curseur puisque, par sa pr&#233;dication, elle fut guid&#233;e &#224; la foi de Celui qui l'a r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e dans son Sang &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise ne pourrait condamner plus explicitement ces syst&#232;mes exag&#233;r&#233;s d'asc&#232;se qui veulent bannir de la pratique de la vertu toute douceur et consolation spirituelle. Non : &#233;tant donn&#233; la faiblesse de notre nature nous pouvons jouir de ces gr&#226;ces que Dieu nous accorde, et qui constituent l'onction int&#233;rieure du Paraclet ; ainsi met-on de l'huile aux roues des chars pour qu'elles tournent plus facilement et sans bruit. Les douceurs spirituelles ne constituent ni la saintet&#233; ni le progr&#232;s dans la vertu. Elles aident n&#233;anmoins admirablement &#224; y atteindre, c'est pourquoi saint Paul disait : Gaudete in Domino semper, iterum dico gaudete&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philip. 4, 4 : Soyez toujours joyeux dans le Seigneur, je le r&#233;p&#232;te, soyez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article199' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean &#233;tait un flambeau ardent et brillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#234;te est un morceau d'Avent dans le temps de la Pentec&#244;te et nous montre comment peuvent se comp&#233;n&#233;trer les myst&#232;res du salut dans l'ann&#233;e liturgique. Nous sommes presque au milieu de l'ann&#233;e liturgique et d&#233;j&#224; se dessine l'ann&#233;e nouvelle, tel le bouton qui, sous la feuille, annonce en plein &#233;t&#233; le printemps prochain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;La f&#234;te.&lt;/strong&gt; &#8212; Alors que, pour tous les autres saints, le jour de f&#234;te est le jour de mort parce que c'est en ce jour qu'ils sont entr&#233;s au ciel (natale = jour de naissance pour le ciel), l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre aussi, pour la Sainte Vierge et pour saint Jean-Baptiste, le jour de la naissance terrestre. Tous les autres humains &#233;taient, au moment de leur naissance, souill&#233;s du p&#233;ch&#233; originel et par cons&#233;quent ennemis de Dieu. La Sainte Vierge avait &#233;t&#233; con&#231;ue sans p&#233;ch&#233;, c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aussi la f&#234;te de l'Immacul&#233;e-Conception. Quant &#224; saint Jean, il avait &#233;t&#233; purifi&#233; dans le sein de sa m&#232;re au moment de la visite de la Sainte Vierge. Telle est la justification dogmatique de notre f&#234;te. Saint Augustin, au br&#233;viaire, l&#233;gitime la f&#234;te en ces termes. &#171; En dehors de la tr&#232;s sainte f&#234;te de la naissance du Seigneur, on ne f&#234;te le jour natal d'aucun homme si ce n'est celui de Jean le Baptiste. Pour les autres saints et &#233;lus de Dieu, on f&#234;te, comme on sait, le jour o&#249;, apr&#232;s avoir termin&#233; leurs fatigues et vaincu glorieusement le monde, ils renaissent &#224; la vie et &#224; la b&#233;atitude &#233;ternelles. Chez les autres, on glorifie l'ach&#232;vement de leurs m&#233;rites au dernier jour de leur vie. Chez Jean, on consid&#232;re aussi comme saint son jour de naissance, qui est le commencement de sa vie mortelle. La raison, c'est assur&#233;ment ce fait que le Seigneur a voulu faire annoncer auparavant sa venue par le Baptiste afin que, au moment de sa venue soudaine, il ne rest&#226;t pas inaper&#231;u. Jean &#233;tait le symbole de l'Ancienne Alliance et repr&#233;sentait la Loi. C'est pourquoi Jean annon&#231;a le R&#233;dempteur, de m&#234;me que la loi pr&#233;c&#233;da la gr&#226;ce &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe (De ventre).&lt;/strong&gt; &#8212; La messe est enti&#232;rement domin&#233;e par la pens&#233;e de la vocation du Pr&#233;curseur. D&#232;s l'Intro&#239;t, il se pr&#233;sente lui-m&#234;me devant nous et parle de sa sanctification dans le sein maternel. La liturgie applique au Pr&#233;curseur les textes dans lesquels il est question de la vocation des Proph&#232;tes Isa&#239;e et J&#233;r&#233;mie. La le&#231;on du br&#233;viaire, au premier nocturne, est emprunt&#233;e &#224; la vision dans laquelle J&#233;r&#233;mie re&#231;oit sa vocation. Par contre, la le&#231;on de la messe (comme d'ailleurs l'Intro&#239;t) est emprunt&#233;e &#224; Isa&#239;e. Dans les deux cas la m&#234;me pens&#233;e est exprim&#233;e : le Baptiste a &#233;t&#233;, d&#232;s avant sa naissance, &#233;tabli par Dieu pr&#233;dicateur de p&#233;nitence et pr&#233;curseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel est l'&#233;cho de la le&#231;on et emprunt&#233; comme elle &#224; l'Ancien Testament. Quant au verset de l'All&#233;luia, qui est le pr&#233;lude de l'&#201;vangile, il est tir&#233; aussi de l'&#201;vangile : Jean est envoy&#233; devant le Seigneur pour lui pr&#233;parer les voies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile raconte la naissance et la circoncision du Baptiste. Ce fut une f&#234;te de famille m&#233;morable. Zacharie, &#224; peine d&#233;livr&#233; de son mutisme, circoncit l'enfant et entonne le chant proph&#233;tique, le Benedictus, dans lequel il voit d&#233;j&#224; l'aurore du &#171; Soleil qui se l&#232;ve &#187;. Il est tr&#232;s probable que la Tr&#232;s Sainte Vierge, l'&#201;pouse b&#233;nie du Saint-Esprit, assistait &#224; cette c&#233;r&#233;monie. Elle est le symbole d'une autre &#201;pouse du Saint-Esprit, de notre M&#232;re l'&#201;glise qui, aujourd'hui, dans les saints myst&#232;res, renouvelle le m&#234;me spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Saint-Sacrifice appara&#238;t le divin &#171; oriens ex alto &#187; avec son Pr&#233;curseur dans son escorte. A la sainte Communion, chacun de nous est un &#171; propheta Altissimi &#187;, un proph&#232;te du Tr&#232;s-Haut, appel&#233;, toute la journ&#233;e, &#224; para&#238;tre devant la &#171; face du Seigneur &#187; pour lui pr&#233;parer ses voies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Pens&#233;es sur la messe.&lt;/strong&gt; &#8212; La messe a un aspect tout &#224; fait personnel. Les textes sont des dialogues et des monologues. Qui parle dans ces monologues et ces dialogues ? C'est d'abord saint Jean. La liturgie est dramatique et concr&#232;te. Jean est pr&#233;sent parmi nous et nous parle. Il nous parle dans l'Intro&#239;t et particuli&#232;rement dans la le&#231;on (la liturgie aime faire parler dans l'&#201;p&#238;tre le saint de station). Cependant aujourd'hui nous sommes unis &#224; saint Jean. C'est pourquoi nous parlons nous aussi dans l'Intro&#239;t et la le&#231;on. Par notre vocation &#224; la foi et &#224; la gr&#226;ce nous avons part &#224; sa sanctification dans le sein de sa m&#232;re (et cette sanctification est le sens de la f&#234;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons le Graduel. Le second verset se termine ainsi : &#171; Et il me dit &#187;. La liturgie n'ach&#232;ve jamais ainsi. Il en r&#233;sulte que le Graduel suppose l'antique mani&#232;re de chanter. C'&#233;tait alors le beau r&#233;pons dramatique : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La Schola (Dieu) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le peuple (r&#233;p&#233;tant en &#233;cho) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La Schola : (Jean) Le Seigneur a envoy&#233; sa main ; il a touch&#233; ma bouche et il m'a dit : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le peuple (Dieu) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons aussi la gradation des sentiments de l'&#201;glise dans cette f&#234;te : l&#230;titiam, honorabilem, gratiam gaudiorum, cumulamus. L'&#201;glise veut &#233;veiller en nous la joie de la f&#234;te, la joie du sacrifice. &#8212; Encore une remarque : la messe commence par &#171; je &#187; (l'Intro&#239;t aime ce &#171; je &#187;, car chacun de nous, au commencement de la messe, offre son &#171; moi &#187; en sacrifice). Ce &#171; je &#187; devient peu &#224; peu &#171; nous &#187; ; vers la fin, &#224; la communion, le &#171; nous &#187; est remplac&#233; par le &#171; tu &#187;. Maintenant la gr&#226;ce coule dans chaque c&#339;ur particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;Martyrologe.&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; A Rome, la comm&#233;moration de nombreux saints martyrs que N&#233;ron, pour d&#233;tourner de sa personne l'odieux d'avoir incendi&#233; la Ville, accusa faussement de son forfait. Il les fit cruellement p&#233;rir par divers genres de mort : les uns, rev&#234;tus de peaux de b&#234;tes, furent expos&#233;s aux morsures des chiens ; d'autres furent crucifi&#233;s ; d'autres furent allum&#233;s en guise de torches afin qu'&#224; la chute du jour ils servissent &#224; &#233;clairer durant la nuit. Tous &#233;taient disciples des Ap&#244;tres ; ce furent les pr&#233;mices des martyrs que l'&#201;glise romaine, champ fertile en ce genre de fruits, offrit au Seigneur avant la mort des Ap&#244;tres &#187;. &#192; Rome, on c&#233;l&#232;bre, le 27 juin, une f&#234;te sp&#233;ciale en l'honneur de ces premiers martyrs de l'&#201;glise romaine. Saint Pie V d&#233;fendit, par respect pour le sol tremp&#233; du sang des martyrs, d'&#233;tablir des jeux sur le Vatican. Un ambassadeur ayant un jour demand&#233; des reliques au pape, celui-ci lui donna une poign&#233;e de terre de la place Saint-Pierre. L'ambassadeur se plaignait de ce qu'il consid&#233;rait comme une raillerie. Le pape lui montra alors la terre rouge de sang frais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Flicoteaux, la No&#235;l d'&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANTIQUIT&#201; DE LA F&#202;TE ROMAINE ; SON CARACT&#200;RE PROPRE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; Rome que nous avons trouv&#233; la plus ancienne mention de la f&#234;te du Pr&#233;curseur. Il faut m&#234;me reconna&#238;tre que nous ne poss&#233;dons sur l'existence de la solennit&#233; romaine aucun renseignement qui soit ant&#233;rieur au VIe si&#232;cle. La No&#235;l d'&#233;t&#233; ne figure ni sur le f&#233;rial Philocalien (336), ni sur le calendrier plus tardif de Polemius Silvius (448)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Nativit&#233; de saint Jean figure pour la premi&#232;re fois sur le calendrier de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chose plus surprenante encore, parmi les nombreux discours qui subsistent du pape saint L&#233;on, nous n'en connaissons pas un seul qui se rapporte &#224; la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste. Faut-il conclure que l'&#201;glise romaine aurait attendu jusqu'au VIe si&#232;cle pour adopter une f&#234;te admise depuis longtemps d&#233;j&#224; dans les autres parties de l'Occident ? Nous ne le pensons pas. Bien au contraire tout nous fait croire, malgr&#233; le silence des documents, que l'&#201;glise romaine qui, la premi&#232;re, c&#233;l&#233;bra la No&#235;l d'hiver fut aussi la premi&#232;re &#224; conna&#238;tre l'existence de la No&#235;l d'&#233;t&#233;. Il &#233;tait si simple et si naturel de compl&#233;ter et d'&#233;tendre le myst&#232;re de la Nativit&#233; du Christ en f&#234;tant la naissance de son Pr&#233;curseur. Sans doute le premier t&#233;moignage concernant l'existence de la No&#235;l d'&#233;t&#233; nous est venu de l'&#201;glise d'Afrique, mais celle-ci, selon toute vraisemblance, n'avait adopt&#233; la f&#234;te du 24 juin que pour suivre sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, l'exemple donn&#233; par l'&#201;glise romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit des origines de la f&#234;te, Rome n'attendit s&#251;rement pas jusqu'au VIe si&#232;cle pour donner &#224; saint Jean-Baptiste la large part qui lui revient comme de droit dans l'estime et la pi&#233;t&#233; du peuple chr&#233;tien. C'est &#224; la paix de l'&#201;glise, d&#232;s le d&#233;but du IVe si&#232;cle, que nous voyons le c&#233;l&#232;bre baptist&#232;re de Latran, b&#226;ti par Constantin et plac&#233; par lui-m&#234;me sous la protection du Pr&#233;curseur, devenir au centre de la ville le foyer de la d&#233;votion catholique envers l'Ami de l'&#201;poux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le Liber Pontificalis, on voyait se dresser au bord de la piscine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Telle &#233;tait d&#233;j&#224;, &#224; cette &#233;poque lointaine, l'importance acquise par le culte de saint Jean que Constantin faisait construire en son honneur, non loin de Rome, deux basiliques, l'une &#224; Ostie et l'autre sur le territoire d'Albano&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un si&#232;cle et demi plus tard le culte de saint Jean-Baptiste re&#231;ut une impulsion nouvelle du pape saint Hilaire (461-68), successeur de saint L&#233;on. Saint Hilaire crut devoir t&#233;moigner de sa d&#233;votion personnelle au Pr&#233;curseur en lui d&#233;diant dans le baptist&#232;re du Latran un oratoire qui s'est conserv&#233; jusqu'&#224; nos jours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Pape Hilaire f&#238;t construire trois oratoires communiquant avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est probable que ce m&#234;me pape, qui se fit remarquer par son z&#232;le pour le culte divin, exer&#231;a sur le d&#233;veloppement liturgique de la No&#235;l d'&#233;t&#233; une influence d&#233;cisive. Sans doute la f&#234;te du 24 juin existait avant saint Hilaire, mais c'est bien gr&#226;ce &#224; lui, semble-t-il, qu'elle conquit d&#233;finitivement sa place parmi les plus grandes solennit&#233;s de l'ann&#233;e chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon toute vraisemblance c'est &#224; cause de la proximit&#233; de la f&#234;te des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'existence et la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te romaine, les premi&#232;res indications que nous puissions utiliser nous sont fournies par un document qui remonte jusqu'au d&#233;but du VIe si&#232;cle et qu'on appelle commun&#233;ment le &#171; sacramentaire L&#233;onien &#187;. C'est l&#224; que se trouvent r&#233;unies les plus anciennes formules de la liturgie latine relatives &#224; saint Jean-Baptiste. Encore que le recueil dont nous parlons ne soit, peut-&#234;tre, qu'une compilation de caract&#232;re priv&#233;, nous sommes s&#251;rs qu'il contient un grand nombre de pi&#232;ces compos&#233;es par le pape saint L&#233;on lui-m&#234;me, car la noblesse toute romaine et la majestueuse beaut&#233; de la plupart de ces formules ne laissent aucun doute sur l'origine de leur inspiration. Or, le sacramentaire l&#233;onien conserve le texte de cinq messes pour la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste. Elles se succ&#232;dent dans l'ordre suivant : d'abord, une premi&#232;re messe qui est celle de la vigile, puis deux messes de rechange pour la f&#234;te elle-m&#234;me, enfin deux autres messes de rechange &#233;galement pour la f&#234;te, mais pr&#233;c&#233;d&#233;es de l'indication &#171; ad fontem &#187; parce qu'elles devaient &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;es dans ce spacieux baptist&#232;re du Latran o&#249; s'accomplissait avec tant de pompe la grande fonction de la nuit pascale. Chacune de ces messes est enrichie d'une pr&#233;face propre publiant avec &#233;loquence la gloire du Pr&#233;curseur et les merveilles de sa nativit&#233;. Le lecteur nous saura gr&#233; de lui mettre sous les yeux le texte latin d'une de ces pr&#233;faces qui serait bien digne de figurer dans le missel romain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit du texte d'origine de la pr&#233;face conc&#233;d&#233;e &#224; certains dioc&#232;ses, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle appartient &#224; l'une des deux messes qui se chantaient aupr&#232;s de la fontaine baptismale, et c'est pourquoi elle rappelle tr&#232;s opportun&#233;ment le bapt&#234;me du Sauveur dans le Jourdain :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vere dignum. In die festivitatis liodierna, qua beatus Joannes exortus est, qui vocem matris Domini nondum editus sensit et adhuc clausus in utero, ad adventum salvitis hmnan&#230;, prophetica exsultatione gestivit ; qui et genitricis sterilitatem coiiceptus abstersit, et pattis linguam natus absolvit : solusque omnium prophetarum, Redemptorem mundi quem pr&#230;nuntiavit ostendit ; et ut sacr&#230; purificationis effectum aquarum natura conciperet, sanctificandis Jordanis fluentis ipsum baptismatis lavit auctorem &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il est vraiment juste, &#244; Dieu tout-puissant, de vous louer en ce jour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; reconnue par le sacramentaire L&#233;onien, l'importance majeure de la No&#235;l d'&#233;t&#233; ne fit que cro&#238;tre et s'accentuer jusqu'&#224; l'&#233;poque carolingienne. Au IXe si&#232;cle, la Nativit&#233; du Pr&#233;curseur semble avoir r&#233;alis&#233; son complet &#233;panouissement. Ses nombreux privil&#232;ges la classent alors parmi les grandes solennit&#233;s du cycle liturgique, et m&#234;me la rapprochent plus &#233;troitement de No&#235;l et de P&#226;ques, f&#234;tes insignes entre toutes. Non seulement la Nativit&#233; de saint Jean se rattachait &#224; la f&#234;te de No&#235;l par son origine et sa signification, mais elle lui ressemblait &#224; plus d'un &#233;gard. D'abord on se disposait &#224; l'une et l'autre f&#234;te par une p&#233;riode de pr&#233;paration qui se terminait par une vigile solennelle ; de plus l'usage s'&#233;tait &#233;tabli de sanctifier la longue et joyeuse veill&#233;e de la saint Jean, comme la nuit de No&#235;l, par une messe qui se disait avant le lever du soleil ; enfin l'office liturgique du 24 juin, par sa contexture et par certains d&#233;tails de sa composition, r&#233;pondait d'une mani&#232;re assez frappante &#224; celui de la No&#235;l d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;troitement apparent&#233;e &#224; la Nativit&#233; du Sauveur, la f&#234;te de saint Jean se rapprochait aussi par un certain c&#244;t&#233; de la liturgie pascale. En dehors du jour de P&#226;ques, nulle circonstance de l'ann&#233;e chr&#233;tienne ne donnait plus de place &#224; la pens&#233;e du bapt&#234;me que la f&#234;te de saint Jean-Baptiste qui se c&#233;l&#233;brait pr&#233;cis&#233;ment dans le lieu m&#234;me o&#249; Rome voyait s'accomplir avec une incomparable magnificence la grande fonction du Samedi-Saint. Et puis, au soir de la Saint-Jean comme au soir de P&#226;ques, l'&#201;glise, afin de rappeler &#224; ses enfants leur naissance &#224; la vie divine, les r&#233;unissait autour de la piscine sacr&#233;e, sous les auspices du Pr&#233;curseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pages qui suivent nous nous souviendrons de ce qu'&#233;tait &#224; Rome la liturgie de la No&#235;l d'&#233;t&#233;, dans le cours du moyen-&#226;ge, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;poque la plus glorieuse de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE JEUNE PR&#201;PARATOIRE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article199' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#201;L&#201;BRATION DE LA NO&#203;L D'&#201;T&#201; : LES TROIS MESSES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les circonstances se r&#233;unissaient pour faire de la Saint-Jean un jour de grande magnificence. La No&#235;l d'&#233;t&#233; a toujours occup&#233;, sur le calendrier, la date la plus favorable &#224; la c&#233;l&#233;bration d'une f&#234;te liturgique. Elle se place, en effet, tout au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, et si, d&#232;s cette &#233;poque, le soleil inonde de sa joyeuse clart&#233; la ville et la campagne, il ne fait pas encore sentir aux hommes l'ardeur br&#251;lante de ses plus chauds rayons. Rien au contraire de plus doux, de plus paisible, rien de plus souriant que ces premiers jours de l'&#233;t&#233; romain o&#249; la nature se pare de ses plus riches couleurs pour f&#234;ter, elle aussi, la naissance du t&#233;moin de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; favoris&#233;e par sa date liturgique, la f&#234;te de saint Jean l'&#233;tait aussi par le lieu de sa c&#233;l&#233;bration qui se d&#233;roulait tout enti&#232;re dans la majestueuse basilique du Latran. Cet &#233;difice, le plus insigne et le plus v&#233;n&#233;rable de la ville de Rome, l'emportait en dignit&#233;, &#224; certains &#233;gards, sur la basilique vaticane de Saint-Pierre. Celle-ci, en tous cas, ne pouvait revendiquer, comme le sanctuaire du Latran, le glorieux titre d'&#171; &#233;glise m&#232;re et chef de toutes les &#233;glises de la ville et du monde &#187; omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la fa&#231;ade de la basilique Cl&#233;ment XII fit graver cette inscription, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En sa qualit&#233; d'&#233;glise cath&#233;drale du pontife romain, la basilique du Latran voyait se d&#233;rouler dans sa vaste nef quelques-unes des fonctions les plus importantes de l'ann&#233;e liturgique : &#171; C'&#233;tait l&#224; que d&#233;butait le car&#234;me et que les p&#233;nitents recevaient les cendres, avant que l'anticipation du je&#251;ne e&#251;t report&#233; ce rite au mercredi pr&#233;c&#233;dent et lui e&#251;t donn&#233; pour cadre l'&#233;glise de Sainte-Anastasie. C'&#233;tait encore au Latran qu'avaient lieu les distributions des palmes, la cons&#233;cration des saintes huiles, et, surtout, dans la longue et incomparable vigile pascale, l'administration du bapt&#234;me, la confirmation, la communion des n&#233;ophytes, tout le myst&#232;re de l'initiation chr&#233;tienne. Enfin si le pape &#233;tait couronn&#233; &#224; Saint-Pierre, il n'en est pas moins vrai qu'il venait ensuite, en une pompeuse cavalcade, prendre possession de son &#233;glise du Latran &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. TISSOT, Autour d'un centenaire : saint Jean de Latran (dans la revue La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La basilique du Latran &#233;tait toute d&#233;sign&#233;e pour la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du 24 juin, non seulement &#224; cause de son baptist&#232;re d&#233;di&#233; depuis toujours &#224; saint Jean-Baptiste, mais aussi parce que de tr&#232;s bonne heure l'&#233;glise elle-m&#234;me avait &#233;t&#233; plac&#233;e sous le vocable de Amicus Sponsi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ami de l'&#201;poux &#187;. D&#232;s le VIIe si&#232;cle la basilique du Tyatran, d&#233;di&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Construite par Constantin dans le vieux palais des Laterani, la basilique de Saint-Jean n'avait encore rien perdu dans les premiers si&#232;cles du moyen-&#226;ge de son antique splendeur. La premi&#232;re chose qui frappait le regard de quiconque p&#233;n&#233;trait dans ce vaste &#233;difice, c'&#233;tait au fond de l'abside une somptueuse mosa&#239;que repr&#233;sentant, en son milieu, une croix richement orn&#233;e au pied de laquelle se dressaient, d'un c&#244;t&#233;, la Vierge Marie, m&#232;re de Dieu, et de l'autre, la figure saisissante du Pr&#233;curseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette mosa&#239;que existe encore, mais elle a &#233;t&#233; restaur&#233;e au temps de L&#233;on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ampleur des proportions, la beaut&#233; des marbres, la richesse de la d&#233;coration, l'&#233;clat des lampes et des vases pr&#233;cieux qui entouraient l'autel, tout contribuait dans cet auguste sanctuaire &#224; rendre plus noble et plus majestueuse la c&#233;l&#233;bration liturgique de la No&#235;l d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le VIe si&#232;cle, la Nativit&#233; de saint Jean avait acquis le privil&#232;ge d'&#234;tre honor&#233;e, comme la f&#234;te de No&#235;l, par la c&#233;l&#233;bration d'un triple sacrifice, car le sacramentaire gr&#233;gorien nous donne en plus des oraisons de la vigile celles de deux autres messes dont la premi&#232;re devait se dire dans la nuit de la f&#234;te, ou au lever du soleil, et la seconde &#224; la lumi&#232;re du jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sacramentaire gr&#233;gorien intitule simplement la premi&#232;re messe : prima (&#8230;)&#034; id=&#034;nh79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une de ces deux messes et tr&#232;s vraisemblablement la premi&#232;re, celle de la nuit, se disait au baptist&#232;re du Latran&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons vu plus haut que le sacramentaire l&#233;onien donne le formulaire de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du reste l'usage de sanctifier la nuit de la Saint-Jean par l'oblation du sacrifice eucharistique ne fut pas sp&#233;cial &#224; l'&#201;glise de Rome, il se r&#233;pandit de bonne heure en Italie, en Gaule et en Espagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous le savons par le t&#233;moignage de nombreux sacramentaires et missels (Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Naturellement les liturgistes du moyen-&#226;ge crurent indispensable de justifier au moyen d'un symbolisme subtil la raison d'&#234;tre de chacune de ces trois messes, comme ils le faisaient pour la f&#234;te de No&#235;l. D'apr&#232;s Amalaire qui excelle dans les explications de ce genre, les trois messes de la Saint-Jean rappellent, la premi&#232;re, son titre de Pr&#233;curseur, la seconde, son bapt&#234;me, et la troisi&#232;me, son aust&#233;rit&#233; merveilleuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loc. cit.&#034; id=&#034;nh82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ces trois messes nous n'avons conserv&#233; que la premi&#232;re et la troisi&#232;me, celle de la vigile et celle du jour qui &#233;tait aussi la plus solennelle. Quant &#224; la seconde, la messe de la nuit, elle a cess&#233; d'&#234;tre en usage, mais les diverses pi&#232;ces de chant dont elle se composait se retrouvent aujourd'hui diss&#233;min&#233;es dans le commun d'un confesseur non pontife&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Intro&#239;t Justus ut palma, Graduel Justus ut palma, Offertoire In virt&#250;te, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La coutume de c&#233;l&#233;brer plusieurs messes en la f&#234;te de Saint-Jean &#233;tait encore en vigueur au XIVe si&#232;cle, comme on le voit d'apr&#232;s le t&#233;moignage de Raoul de Tongres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raoul de Tongres rappelle qu'aux f&#234;tes de saint Jean-Baptiste, saint Jean (&#8230;)&#034; id=&#034;nh84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et il y a tout lieu de croire qu'elle s'est maintenue, en plus d'un endroit, bien au-del&#224; de cette &#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. MART&#200;NE, Op. cit., l. IV, c. XXXII, n. 3.&#034; id=&#034;nh85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; peine besoin de dire qu'au point de vue de sa composition liturgique, la f&#234;te de Saint-Jean n'a rien &#224; envier aux plus somptueux offices de l'ann&#233;e chr&#233;tienne. On y retrouve quelque chose de la fra&#238;cheur et de la gr&#226;ce qui sont le propre du myst&#232;re de No&#235;l, avec en plus, nous semble-t-il, une nuance exquise de touchante simplicit&#233;. Les diverses pi&#232;ces dont se compose l'office du 24 juin sont pour la plupart emprunt&#233;es &#224; l'&#201;vangile et aux proph&#232;tes. Ces textes choisis avec un go&#251;t d&#233;licat sont agenc&#233;s avec un sens liturgique des plus affin&#233;s, r&#233;partis d'une main discr&#232;te et l&#233;g&#232;re sous forme de lectures, d'antiennes et de r&#233;pons, et rev&#234;tus de m&#233;lodies alertes du style gr&#233;gorien le plus pur. Les pri&#232;res sacerdotales, collectes et oraisons, peuvent rivaliser pour la pl&#233;nitude de la pens&#233;e et la noblesse du langage avec les formules les plus expressives, les plus savoureuses du Missel romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus admirable dans l'office de la No&#235;l d'&#233;t&#233; c'est la perfection de l'ensemble, l'&#233;quilibre, l'harmonie d'une composition qui nous permet de suivre la marche progressive du myst&#232;re selon ses diverses phases, depuis ses plus lointaines origines jusqu'&#224; son total &#233;panouissement. La premi&#232;re partie de l'office, qui commence avec la messe de vigile, s'ouvre sur la sc&#232;ne de l'annonciation dans le temple de J&#233;rusalem. Cet &#233;pisode nous introduit de la mani&#232;re la plus naturelle dans la c&#233;l&#233;bration du joyeux av&#232;nement dont il forme la pr&#233;paration divine. Lorsque viennent les heures de l'office de nuit, l'&#201;glise, avant de nous faire assister &#224; la naissance merveilleuse de Jean, nous entretient de sa gloire future, par la voix des plus grands proph&#232;tes. Puis d&#232;s que le soleil se l&#232;ve nous, chantons la grandeur surhumaine de l'enfant qui repose en son berceau. Enfin la messe du jour nous pr&#233;sente dans tout l'&#233;clat de sa gloire celui dont le t&#233;moignage ne cesse de r&#233;sonner &#224; travers les si&#232;cles jusqu'aux confins de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE DE LA VIGILE : ANNONCIATION DU PR&#201;CURSEUR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On se reportera au commentaire du jour de la Vigile, le 23 juin, &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article199' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PREMI&#200;RES V&#202;PRES : LE SACRIFICE DE L'ENCENS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres f&#234;tes du cycle liturgique, la No&#235;l d'&#233;t&#233; s'ouvre la veille au soir par l'office des premi&#232;res v&#234;pres qui, dans l'antiquit&#233;, portait le nom de &#171; lucernaire &#187; parce qu'il s'effectuait &#224; la nuit tombante. Mais l'&#201;glise s'est fait une habitude de n'avancer que doucement dans la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res. Aussi veut-elle attendre l'heure m&#234;me o&#249; Jean-Baptiste apparut en ce monde, c'est-&#224;-dire les derniers moments de la nuit, pour donner libre cours &#224; l'expression de sa tr&#232;s vive all&#233;gresse. Jusque-l&#224; sa joie n'est encore que la joie discr&#232;te de l'esp&#233;rance, la joie qui lui vient des promesses divines. Afin d'occuper son attente elle redit &#224; son tour, en des antiennes qui ne manquent ni de gr&#226;ce ni de simplicit&#233;, les paroles de l'ange qu'elle a jalousement conserv&#233;es dans son c&#339;ur. Elle nous r&#233;p&#232;te que Jean doit na&#238;tre du sein de la vieillesse et de la st&#233;rilit&#233; : Ex utero senectutis et sterili Johannes natus est pr&#230;cursor Domini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;3e antienne. Saint Augustin disait de Jean-Baptiste : &#171; Propter personam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui est une mani&#232;re ing&#233;nieuse de nous faire entendre que, sans une intervention tr&#232;s sp&#233;ciale de la mis&#233;ricorde divine, jamais la Synagogue n'aurait &#233;t&#233; capable de donner au monde un si beau fruit de justice et de saintet&#233;. Mais du c&#233;leste message l'&#201;glise a retenu de pr&#233;f&#233;rence ce qui concerne l'aust&#233;rit&#233; prodigieuse du nouvel &#201;lie, et l'extr&#234;me puret&#233; de ses m&#339;urs : vinum et siceram non bibet, et omne immundum non manducabit ex utero matris su&#230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5e Ant. (cf. 2e Ant.).&#034; id=&#034;nh87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; II ne boira ni vin ni rien qui enivre, et il ne mangera rien d'impur d&#232;s le sein de sa m&#232;re &#187;. Elle note que la saintet&#233; de Jean-Baptiste sera en rapport avec la sublimit&#233; de sa mission, car &#171; lui-m&#234;me marchera dans l'esprit et la vertu d'&#201;lie afin de pr&#233;parer au Seigneur un peuple parfait &#187; : Ipse pr&#230;ibit ante illum in spiritu et virtute Eli&#230; parare Domino plebem perfectam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1e Ant.&#034; id=&#034;nh88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tout le fait pr&#233;voir, celui qui va na&#238;tre sera grand devant le Seigneur, et la main de Dieu reposera sur lui : Iste puer magnus coram Domino, nom et manus ejus cum ipso est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4e Ant.&#034; id=&#034;nh89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et l'&#201;glise, d&#232;s maintenant, invite l'univers &#224; c&#233;l&#233;brer avec joie le bienfait d'une telle naissance : Et multi in nativitate ejus gaudebunt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2e Ant.&#034; id=&#034;nh90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fait le plus grand int&#233;r&#234;t de ce premier office de la Saint-Jean, c'est qu'il se d&#233;roule pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'heure m&#234;me o&#249; le pr&#234;tre Zacharie offrait dans le temple de J&#233;rusalem le sacrifice du soir, au coucher du soleil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est du moins tr&#232;s probable, comme nous l'avons dit plus haut.&#034; id=&#034;nh91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lors donc que le pontife accomplit en grande pompe l'encensement de l'autel, il reproduit d'une mani&#232;re frappante le geste de Zacharie d&#233;posant sur les charbons du sanctuaire le parfum pr&#233;cieux, symbole des adorations et des pri&#232;res du peuple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'oblation de l'encens &#224; l'office du soir est d&#233;j&#224; mentionn&#233;e par AMALAIRE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;glise profite de ce rapprochement pour rappeler dans l'antienne de Magnificat l'apparition myst&#233;rieuse du messager c&#233;leste surgissant &#224; droite de l'autel dans la fum&#233;e de l'encens : Ingresso Zacharia templum Domini, apparuit ei Gabriel angelus, stans a dextris altaris incensi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Magnificat on ne saurait oublier qu'il fut divinement inspir&#233; &#224; la Vierge Marie tandis qu'elle se trouvait aupr&#232;s de sa cousine &#201;lisabeth et de Jean lui-m&#234;me encore renferm&#233; dans le sein maternel mais d&#233;j&#224; sanctifi&#233; par l'action secr&#232;te du Verbe fait chair. Notre-Dame songeait tr&#232;s certainement &#224; la naissance prochaine du Pr&#233;curseur lorsqu'elle pronon&#231;ait son cantique d'action de gr&#226;ces et surtout lorsqu'elle rendait t&#233;moignage &#224; la fid&#233;lit&#233; des promesses divines : Suscepit Isra&#235;l puerum suum recordatus misericordi&#230; su&#230;, sicut locutus est ad patres nostros A braham et semini ejus in s&#230;cula. Elle savait bien que la naissance de Jean devait annoncer la naissance du Sauveur, et marquer pour Isra&#235;l le point de d&#233;part d'une &#232;re de gr&#226;ce et de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise romaine, lorsqu'elle eut introduit le chant des hymnes dans l'office divin, ne manqua pas d'emprunter &#224; la liturgie monastique les strophes c&#233;l&#232;bres de Paul Diacre dont la m&#233;lodie ravissante fait si vivement sentir le charme et la douceur de la No&#235;l d'&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb93&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les hymnes ne furent pas introduites dans l'office romain avant la fin du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh93&#034;&gt;93&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici encore le pr&#234;tre Zacharie para&#238;t en sc&#232;ne, mais pour nous apprendre que c'est &#224; Jean lui-m&#234;me d'inspirer notre louange et de nous rendre capables de c&#233;l&#233;brer dignement la gloire de son nom. A peine osons-nous traduire en fran&#231;ais cette hymne jadis si populaire et dont nul n'ignore l'importance dans l'histoire du chant sacr&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Pour que vos serviteurs puissent &#224; pleine voix&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;chanter vos gestes merveilleuses, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;purifiez de la souillure du p&#233;ch&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;nos l&#232;vres coupables, &#244; saint Jean.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un messager venu du haut du ciel&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;annonce &#224; votre p&#232;re que vous na&#238;trez d&#233;j&#224; grand &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il lui r&#233;v&#232;le votre nom et lui d&#233;voile peu &#224; peu&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;le cours entier de votre vie.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Lui doutant de la promesse divine&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;perd soudain l'usage de sa langue. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais en naissant vous r&#233;parez &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;le dommage survenu &#224; l'organe de la voix.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Reposant encore dans le berceau secret du sein maternel&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Vous aviez senti la pr&#233;sence du Roi en sa couche nuptiale.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est donc par les m&#233;rites de leur fils&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Que vos parents nous d&#233;couvrirent de tels myst&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb94&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est gr&#226;ce &#224; saint Jean que Zacharie recouvra l'usage de la parole et put (&#8230;)&#034; id=&#034;nh94&#034;&gt;94&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Honneur soit au P&#232;re et au Fils par lui engendr&#233; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et &#224; vous Esprit qui de l'un et de l'autre&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#234;tes toujours &#233;gal en puissance, Dieu unique, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans tout cours des si&#232;cles. Amen.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile nous dit qu'apr&#232;s avoir achev&#233; son service dans le Temple, Zacharie, devenu muet &#224; cause de son incr&#233;dulit&#233;, se retira dans sa maison aupr&#232;s de son &#233;pouse. La promesse de l'ange s'accomplit. &#201;lisabeth, con&#231;ut le fils des mis&#233;ricordes divines, puis elle se confina cinq mois durant dans une parfaite solitude comme pour v&#233;n&#233;rer en elle le fruit de sa miraculeuse conception et rendre gr&#226;ces &#224; Dieu de l'insigne faveur qui lui &#233;tait faite. L'&#201;glise, elle aussi, apr&#232;s avoir pris connaissance du message ang&#233;lique, se recueille comme pour m&#233;diter les grandeurs de l'enfant dont elle va, dans la nuit, c&#233;l&#233;brer le joyeux av&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA NUIT DE LA SAINT-JEAN, &#171; LUCERNA ARDENS ET LUCENS &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les fameuses vigiles de P&#226;ques et de No&#235;l il n'y avait pas dans toute l'&#201;glise, &#224; Rome et ailleurs, de nuit qui f&#251;t plus populaire que celle de la Saint-Jean. C'&#233;tait pour le peuple chr&#233;tien une heureuse occasion de revivre aux premiers jours de l'&#233;t&#233; les joies si douces et si intimes de la No&#235;l d'hiver. Les princes eux-m&#234;mes se faisaient un devoir de prendre part &#224; l'office des vigiles. Le biographe de Robert le Pieux ne nous montre-t-il pas le d&#233;vot roi de France s'unissant avec ferveur, pendant la nuit de la Saint-Jean, &#224; la pri&#232;re liturgique des moines de Fleury&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb95&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HELGAUD, vita Roberti (Pat. lat., CXLI, col. 923).&#034; id=&#034;nh95&#034;&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Il y avait &#224; Rome pour la No&#235;l d'&#233;t&#233;, comme pour les plus grandes f&#234;tes de l'ann&#233;e chr&#233;tienne &#171; pr&#230;clarissim&#230; festivitates &#187;, un double office dont le premier commen&#231;ait au soir du 23 juin et le second, plus important, se c&#233;l&#233;brait au milieu de la nuit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb96&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AMALAIRE, De ordine antiphonarii, c. 59 (Pat. lat. C. V., col. 1304). &#8212; Au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh96&#034;&gt;96&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous ne dirons rien ici du premier de ces offices qui disparut d&#232;s avant la fin du moyen-&#226;ge sans laisser de trace et nous nous occuperons uniquement du second qui, dans ses lignes principales, est encore aujourd'hui ce qu'il &#233;tait au IXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb97&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au XIIIe si&#232;cle, l'usage du double office avait disparu et il n'en reste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh97&#034;&gt;97&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la nuit, une de ces belles nuits tr&#232;s douces et tr&#232;s pures de l'&#233;t&#233; romain, avait envelopp&#233; la ville, celle-ci, au lieu de s'endormir comme d'habitude dans un profond silence, semblait s'&#233;veiller &#224; une vie nouvelle. C'&#233;tait alors que des bandes joyeuses se mettaient &#224; parcourir les places de la cit&#233; pour y allumer, au milieu des clameurs et des chants, ces feux dont la flamme p&#233;tillante suscitait de toute part un fr&#233;missement d'all&#233;gresse. Jeux innocents, joies aimables d'un peuple d&#233;vot qui, par ces na&#239;ves manifestations dont la foi n'&#233;tait jamais absente, justifiait &#224; merveille la promesse de l'ange : Et multi in nativitate ejus gaudebunt. Quand, au milieu de ces paisibles r&#233;jouissances, la cloche annon&#231;ait l'office de la nuit, les fid&#232;les, en grand nombre, se rassemblaient dans la spacieuse basilique du Latran pour s'unir &#224; la louange de l'&#201;glise et c&#233;l&#233;brer les merveilles que le Christ lui-m&#234;me, par la vertu de sa gr&#226;ce, avait fait s'accomplir en la personne de son Pr&#233;curseur. Les vigiles se composaient alors comme aujourd'hui de trois nocturnes et l'office &#233;tait si habilement dispos&#233;, nous allons le voir, que le d&#233;veloppement des deux premi&#232;res veilles de la nuit servait de pr&#233;paration &#224; la troisi&#232;me qui avait directement pour objet la naissance du Pr&#233;curseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le Christ avait &#233;t&#233; pr&#233;figur&#233; par les plus grands d'entre les justes de l'Ancien Testament, patriarches, rois et proph&#232;tes, de m&#234;me Jean-Baptiste avait &#233;t&#233; annonc&#233; lui aussi par de tr&#232;s saints personnages dont il reproduisit en sa personne les traits les plus caract&#233;ristiques, non par une co&#239;ncidence purement fortuite mais en vertu d'une disposition providentielle. C'est ainsi, par exemple, pour nous en tenir aux ressemblances les plus frappantes que Samuel, &#201;lie et J&#233;r&#233;mie trouvaient en saint Jean-Baptiste une premi&#232;re r&#233;alisation de leur caract&#232;re figuratif. Samuel pr&#233;figura le Pr&#233;curseur non seulement parce qu'il naquit d'une femme st&#233;rile, comme le fruit de sa pri&#232;re, mais aussi parce qu'il fut divinement charg&#233; d'introduire en Isra&#235;l cette royaut&#233; politique qui n'&#233;tait elle-m&#234;me qu'une image et une pr&#233;paration du r&#232;gne de notre Sauveur. L'ange Gabriel a dit de Jean-Baptiste qu'il devait marcher dans la vertu d'&#201;lie et d&#233;j&#224; nous avons parl&#233; du lien qui, dans la pens&#233;e divine, rattachait le Pr&#233;curseur au proph&#232;te de l'Ancien Testament. Nous avons remarqu&#233; que chez l'un et chez l'autre il y avait m&#234;me aust&#233;rit&#233;, m&#234;me amour de la solitude et de la contemplation, m&#234;me z&#232;le jaloux pour tout ce qui touche &#224; la gloire de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb98&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. notre opuscule Le culte du saint Pr&#233;curseur (Louvain, librairie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh98&#034;&gt;98&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout dans le proph&#232;te J&#233;r&#233;mie que l'&#201;glise retrouve le plus volontiers les traits du saint Pr&#233;curseur, Aussi juge-t-elle convenable de lui faire une large place dans la liturgie du 24 juin. Toute une partie de l'office est remplie de la pens&#233;e du proph&#232;te dont la voix myst&#233;rieuse se fait entendre d'un bout &#224; l'autre du premier nocturne, dans les antiennes et les lectures. J&#233;r&#233;mie, qui &#233;tait lui aussi d'origine sacerdotale, proph&#233;tisa Jean-Baptiste par sa propre naissance, car il sortit du sein maternel d&#233;j&#224; sanctifi&#233; par la gr&#226;ce divine. Il le pr&#233;figura dans tout le reste de sa vie, et plus particuli&#232;rement dans le martyre qu'il eut &#224; endurer pour les droits de la justice et de la v&#233;rit&#233;. Il le repr&#233;senta en sa propre personne par la gravit&#233; de ses traits, la grandeur de son caract&#232;re, la noblesse et la simplicit&#233; de sa conduite. Il l'annon&#231;a jusque dans l'accomplissement de sa mission qui fut d'arracher, d&#233;truire, &#233;difier et planter, comme celle de Jean consistera plus tard &#224; aplanir, redresser, combler et pr&#233;parer les voies du Seigneur. Enfin si Jean-Baptiste devait surpasser tous les proph&#232;tes, nous savons bien qu'avant lui, dans l'estime du peuple juif, il n'y eut pas de proph&#232;te plus grand que J&#233;r&#233;mie. Voil&#224; pourquoi nous croyons entendre le Pr&#233;curseur rendre t&#233;moignage de lui-m&#234;me dans tout ce passage dont l'&#201;glise nous donne lecture &#224; l'office de nuit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La parole du Seigneur me fut ainsi adress&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Avant de te former dans le sein de ta m&#232;re, je t'ai connu ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et avant que tu sortisses de ses flancs, je t'ai sanctifi&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et je t'ai &#233;tabli proph&#232;te des nations. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et je dis : &#171; Ah, ah, ah, Seigneur mon Dieu, je ne sais pas&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;parler, car je suis un enfant. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et le Seigneur r&#233;pondit : &#171; Ne dis pas : je suis un enfant,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;car tu iras vers tous ceux &#224; qui je t'enverrai,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et tu diras tout ce que je t'ordonnerai.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ne crains pas de para&#238;tre devant eux,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;car je suis avec toi pour te d&#233;livrer, dit le Seigneur. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Alors le Seigneur &#233;tendit la main, me toucha les l&#232;vres, et me dit :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Voici que j'ai mis mes paroles en ta bouche,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;voici que je t'&#233;tablis eu ce jour sur les nations et les royaumes,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pour que tu arraches et que tu d&#233;truises,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pour que tu ruines et que tu disperses,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pour que tu b&#226;tisses et que tu plantes.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Alors, ceins-toi les reins et l&#232;ve-toi,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et dis-leur tout ce que je t'ordonnerai de dire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ne tremble pas en leur pr&#233;sence&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;car je te donnerai de ne pas craindre leur visage.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Voici qu'en ce jour je t'&#233;tablis comme une ville forte,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;comme une colonne de fer et une muraille d'airain&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;sur toute la terre,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pour commander aux rois de Juda, &#224; ses princes,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;aux pr&#234;tres et aux habitants de la terre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ils lutteront contre toi, mais ne l'emporteront pas,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;car, dit le Seigneur, moi je suis avec toi pour te d&#233;livrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb99&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#233;mie, I, 1-10, 17-19. &#8212; Ce m&#234;me passage du proph&#232;te sert d'&#233;p&#238;tre, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh99&#034;&gt;99&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me veille de l'office ne commen&#231;ait &#224; Rome qu'&#224; une heure avanc&#233;e de la nuit. Ext&#233;rieurement la basilique du Latran &#233;tait envelopp&#233;e dans d'&#233;paisses t&#233;n&#232;bres, mais &#224; l'int&#233;rieur des lampes nombreuses et brillantes dissipaient l'obscurit&#233; de l'&#233;difice o&#249; se poursuivaient les vigiles. Toujours habile &#224; d&#233;couvrir dans les choses de la nature l'image des r&#233;alit&#233;s invisibles, l'&#201;glise n'a pas manqu&#233; de reconna&#238;tre et dans l'obscurit&#233; mat&#233;rielle la figure des t&#233;n&#232;bres qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent l'av&#232;nement du R&#233;dempteur et dans la vive clart&#233; du luminaire le symbole de celui que le Christ appelait une lampe ardente et brillante : Lucerna ardens et lucens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb100&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. V, 35 : la lampe qui br&#251;le et luit.&#034; id=&#034;nh100&#034;&gt;100&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il semble m&#234;me que l'&#201;glise se soit inspir&#233;e de cet ing&#233;nieux rapprochement dans le choix du sermon qui, jusqu'&#224; ces derni&#232;res ann&#233;es, se lisait encore au second nocturne de l'office. Nous en d&#233;tachons ce court passage :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; De Jean-Baptiste le saint &#233;vang&#233;liste proclame : Il &#233;tait une lampe ardente (Ille erat lucerna ardens), c'est-&#224;-dire : il br&#251;lait du feu de l'Esprit-Saint, afin de montrer au monde enfonc&#233; dans la nuit de l'ignorance (ignoranti&#230; nocte possesso) la lumi&#232;re du salut et afin de le conduire par la clart&#233; de ses propres rayons, au milieu des t&#233;n&#232;bres extr&#234;mement &#233;paisses du p&#233;ch&#233; (quasi inter densissimas delictorum tenebras), jusqu'au soleil de justice dans tout l'&#233;clat de sa splendeur (splendidissimum justiti&#230; solem). C'est pourquoi parlant de lui-m&#234;me, Jean disait : &#171; Je suis la voix de celui qui crie dans le d&#233;sert &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb101&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce passage qui figurait au br&#233;viaire sous le nom de saint Augustin se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh101&#034;&gt;101&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es ce sermon de saint Maxime a fait place dans le br&#233;viaire romain &#224; un autre passage du m&#234;me auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb102&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N.d.W. : nous ne savons pas d'o&#249; Dom Flicoteaux, qui &#233;crit en 1932, tire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh102&#034;&gt;102&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais nous avons conserv&#233; au second nocturne ce tr&#232;s antique et tr&#232;s beau r&#233;pons, le plus beau peut-&#234;tre de tout l'office du 24 juin, o&#249; saint Jean-Baptiste appara&#238;t dans la pl&#233;nitude de son r&#244;le d'illuminateur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Hic est Pr&#230;cursor dilectus, et LUCERNA LUCENS ante Dominum : &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ipse enim est Johannes qui viam Domino pr&#230;paravit in eremo : &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sed et agnum Dei demonstravit et ILLUMINAVIT MENTES HOMINUM. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Celui-ci est le Pr&#233;curseur bien-aim&#233; et la lampe qui luit devant le Seigneur :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; car c'est bien Jean lui-m&#234;me qui a pr&#233;par&#233; la voie au Seigneur dans le d&#233;sert, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;montr&#233; du doigt l'Agneau de Dieu, illumin&#233; l'esprit des hommes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb103&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Br&#233;v. romain, 5e r&#233;p. de matines.&#034; id=&#034;nh103&#034;&gt;103&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AVANT QUE LE SOLEIL NE PARAISSE : LA NAISSANCE DU PR&#201;CURSEUR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente de l'&#201;glise s'est prolong&#233;e pendant la plus grande partie de l'office nocturne ; elle touche &#224; sa fin lorsque commence la troisi&#232;me veille de la nuit qui doit se clore par le r&#233;cit de la naissance du Pr&#233;curseur. De cette lecture qui, jadis, constituait l'harmonieux couronnement de tout l'office de matines, il ne reste plus aujourd'hui dans le br&#233;viaire romain que les deux phrases initiales du texte sacr&#233; suivies comme toujours de cette m&#234;me formule : et reliqua&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb104&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'usage de lire int&#233;gralement l'&#233;vangile du jour &#224; l'office de matines se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh104&#034;&gt;104&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Seule la liturgie monastique qui, sur ce point, comme sur bien d'autres, repr&#233;sente plus fid&#232;lement les dispositions de l'office primitif, a conserv&#233; la lecture int&#233;grale de l'&#233;vangile du jour et elle l'entoure d'une solennit&#233; particuli&#232;re qui met justement en valeur l'objet du myst&#232;re c&#233;l&#233;br&#233; par l'&#201;glise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb105&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est dit dans la R&#232;gle de saint Beno&#238;t : &#171; Ipso dicto (s. e. Te Deum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh105&#034;&gt;105&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise ayant jug&#233; que la derni&#232;re phase de la nuit &#233;tait le moment le plus convenable pour situer liturgiquement la naissance de saint Jean-Baptiste, il &#233;tait bien &#224; propos de faire entendre le r&#233;cit de cet &#233;v&#233;nement au terme de l'office des vigiles. Sans doute l'&#233;vangile ne donne aucune pr&#233;cision sur l'heure &#224; laquelle le fils d'&#201;lisabeth fut mis au monde, mais, dans le plan divin, il existe un rapport si &#233;troit entre la naissance du Christ et celle de son Pr&#233;curseur, qu'il para&#238;t tout naturel de supposer que les deux &#233;v&#233;nements se sont accomplis l'un et l'autre au milieu du silence de la nuit. En tout cas, le Sauveur s'&#233;tant donn&#233; lui-m&#234;me comme le soleil qui illumine le monde, la tradition a reconnu dans l'&#233;toile du matin, qui annonce le lever du soleil en lui empruntant de son &#233;clat, le symbole gracieux du vrai Lucifer, c'est-&#224;-dire de Jean-Baptiste. Cette comparaison illustrait &#224; merveille la doctrine des P&#232;res, car, d'apr&#232;s eux, si la saintet&#233; de Jean avait brill&#233; d'une si vive lumi&#232;re, c'&#233;tait afin que la saintet&#233; du Christ, rien qu'en la surpassant, se fit reconna&#238;tre comme la saintet&#233; d'un Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb106&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOSSUET fait tr&#232;s justement &#233;cho &#224; la pens&#233;e des P&#232;res lorsqu'il dit : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh106&#034;&gt;106&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour terminer ce qui concerne l'office de nuit, nous remettons sous les yeux du lecteur la page de l'&#201;vangile autour de laquelle se d&#233;roule toute la liturgie de la f&#234;te. Nous laissons &#224; saint Luc, l'&#233;vang&#233;liste de l'enfance, le soin de nous d&#233;crire avec le charme qui lui est propre le joyeux myst&#232;re de l'av&#232;nement du Pr&#233;curseur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le temps o&#249; &#201;lisabeth devait enfanter arriva et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses proches ayant appris que le Seigneur avait fait &#233;clater sa mis&#233;ricorde envers elle, l'en f&#233;licitaient. Et il arriva qu'au huiti&#232;me jour on vint pour circoncire l'enfant et on l'appelait Zacharie, du nom de son p&#232;re. Mais sa m&#232;re prenant la parole r&#233;pondit : Point du tout ; il s'appellera Jean. Ils lui dirent : mais il n'y a personne dans ta famille qui soit appel&#233; de ce nom. Et par signes ils demandaient &#224; son p&#232;re comment il voulait qu'on le nomm&#226;t. Lui de r&#233;clamer des tablettes et d'&#233;crire : Jean est son nom. Et tout le monde fut dans l'&#233;tonnement. Mais au m&#234;me instant sa bouche s'ouvrit, sa langue se d&#233;lia, et il parlait en b&#233;nissant Dieu. Alors la crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et le bruit de ces merveilles se r&#233;pandit sur toutes les hauteurs de la Jud&#233;e. Ceux qui les apprenaient les gardaient en leur c&#339;ur et ils disaient : Que pensez-vous que sera cet enfant ? Car la main du Seigneur &#233;tait avec lui. Et Zacharie son p&#232;re fut rempli du Saint-Esprit, et il proph&#233;tisa disant : B&#233;ni soit le Seigneur Dieu d'Isra&#235;l parce qu'il a visit&#233; et rachet&#233; son peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Inutile de rien ajouter &#224; cette page exquise o&#249; l'&#233;vang&#233;liste nous rapporte non seulement le fait de la nativit&#233;, mais les circonstances merveilleuses dont elle fut suivie, et qui en soulign&#232;rent la port&#233;e : l'imposition du nom de Jean, la surprise de l'entourage, la gu&#233;rison du pr&#234;tre Zacharie qui ne recouvra l'usage de la voix que pour glorifier le Seigneur dans la manifestation de sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JOUR D'HONNEUR ET D'ALL&#201;GRESSE : L'OFFICE MATUTINAL, LE CHANT DU BENEDICTUS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 24 juin est extr&#234;mement courte. C'est &#224; peine si les nombreux fid&#232;les qui ont assist&#233; aux vigiles peuvent jouir d'un peu de repos avant de reprendre le chemin de la basilique pour y prendre part &#224; l'office de Laudes. Car l'&#201;glise, qui jamais ne se lasse de chanter son &#201;poux, recommence aux premi&#232;res heures du jour, incipiente luce, le cours de sa louange que par une discr&#233;tion toute maternelle elle a d&#251; suspendre quelques instants afin de m&#233;nager les forces des plus z&#233;l&#233;s de ses enfants. L'office qu'elle c&#233;l&#232;bre au lever du soleil &#233;gale en dignit&#233; celui qui se place au moment du cr&#233;puscule. Parmi les heures canoniques du jour, laudes et v&#234;pres sont les deux plus anciennes et aussi les plus solennelles. Elles se correspondent par cela m&#234;me qu'elles sanctifient la journ&#233;e, l'une &#224; son point de d&#233;part, et l'autre &#224; son terme. Pourtant chacun de ces offices rev&#234;t une couleur qui lui est particuli&#232;re. Le caract&#232;re propre des laudes provient non seulement de ce qu'elles occupent l'heure la plus favorable &#224; la pri&#232;re, celle o&#249; l'&#226;me se donne &#224; Dieu avec toute sa fra&#238;cheur et un nouvel &#233;lan, mais aussi de ce que l'&#201;glise a toujours sp&#233;cialement consacr&#233; ce premier office du matin &#224; l'action de gr&#226;ces et &#224; la louange, comme on le voit par le choix des psaumes dont il se compose et qui justifient son gracieux nom de louange matutinale : laudes matutin&#230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb107&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Mgr CALLEW&#198;RT, De breviarii romani liturgia, (Bruges 1931), p. 161.&#034; id=&#034;nh107&#034;&gt;107&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu'elle a vu s'accomplir la promesse ang&#233;lique, l'heure est bien venue pour l'&#201;glise de donner libre cours &#224; sa reconnaissance. Avec le chant des laudes ce n'est donc plus seulement la joie contenue et discr&#232;te de l'attente telle que nous l'avons vue s'exprimer au d&#233;but de la solennit&#233;, mais la manifestation tr&#232;s libre, tr&#232;s vive, d'une all&#233;gresse qui ne demande qu'&#224; s'&#233;panouir et se r&#233;pandre. Tandis que les antiennes des premi&#232;res v&#234;pres nous pr&#233;sentaient la naissance de Jean sous la couleur d'un &#233;v&#233;nement futur afin d'exciter dans les &#226;mes un ardent d&#233;sir de voir appara&#238;tre le fruit des mis&#233;ricordes divines, les antiennes de laudes proclament &#8212; et avec quelle &#233;mouvante conviction ! &#8212; l'extraordinaire grandeur de l'enfant qui vient de na&#238;tre : Elisabeth Zacharia MAGNUM VIRUM genuit, johannem Baptistam pr&#230;cursorem Domini, &#171; &#201;lisabeth, &#233;pouse de Zacharie, a mis au monde un grand homme, Jean-Baptiste le pr&#233;curseur du Seigneur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb108&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1re Ant. de laudes.&#034; id=&#034;nh108&#034;&gt;108&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnum virum genuit, que de choses en ces trois petits mots ! Jean, nous dit saint Pierre Chrysologue, &#233;tait en naissant plus qu'un homme, il &#233;galait les anges : nascitur major homine, par angelis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb109&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. XCI.&#034; id=&#034;nh109&#034;&gt;109&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment s'&#233;tonner qu'il par&#251;t si grand d&#232;s le berceau, celui qui, d'apr&#232;s saint Ambroise, ne connut jamais la faiblesse de l'enfance, et qui dans le sein maternel atteignait d&#233;j&#224;, par la vertu de la gr&#226;ce, l'&#226;ge parfait de la pl&#233;nitude du Christ : &#171; Neque enim ullam infanti&#230; sensit &#230;tatem qui supra naturam, supra &#230;tatem, in utero situs matris a mensura perfect&#230; coepit &#230;tatis plenitudinis Christi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb110&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commentaire sur saint Luc (II, 30). Cf. 7e le&#231;on de matines.&#034; id=&#034;nh110&#034;&gt;110&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Sans doute au sortir du sein maternel, Jean n'&#233;tait selon les apparences qu'un tout petit enfant semblable aux autres, mais les prodiges qui avaient entour&#233; sa naissance, le d&#233;signaient d&#233;j&#224; comme le plus grand parmi les fils de la femme : Inter natos mulierum non surrexit major Johanne-Baptista. C'est le t&#233;moignage que plus tard, au cours de sa vie publique, le Christ lui-m&#234;me rendra &#224; Jean en pr&#233;sence des juifs. Aujourd'hui m&#234;me, l'&#201;glise, &#233;pouse du Christ, fait retentir ces paroles jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de l'univers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb111&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4e Ant. de laudes.&#034; id=&#034;nh111&#034;&gt;111&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quant au nom de Jean qui fut choisi du ciel et divinement impos&#233; au Pr&#233;curseur, il exhale un tel parfum de douceur et de gr&#226;ce que l'&#201;glise prend plaisir, semble-t-il, &#224; le prononcer dans ses antiennes de laudes avec un accent de vraie tendresse et d'amour : &#171; Elisabeth magnum virum genuit Joannem Baptistam &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb112&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1re Ant.&#034; id=&#034;nh112&#034;&gt;112&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; Joannes est nomen ejus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb113&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2e Ant.&#034; id=&#034;nh113&#034;&gt;113&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; Joannes vocabitur nomen ejus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb114&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;3e Ant.&#034; id=&#034;nh114&#034;&gt;114&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; non surrexit major, Joanne-Baptiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb115&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4e Ant.&#034; id=&#034;nh115&#034;&gt;115&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage d'achever les deux plus grandes heures du jour, v&#234;pres et laudes, par un cantique tir&#233; de l'&#201;vangile remonte jusqu'aux origines de l'office romain. Pour compl&#233;ter le chant des laudes qui exprime en sa majeure partie la louange des cr&#233;atures au Cr&#233;ateur, l'&#201;glise ne pouvait rien faire de mieux, que s'approprier les paroles de Zacharie rendant gr&#226;ces au Seigneur, sur le ton grave et majestueux des proph&#232;tes, d'avoir sauv&#233; son peuple : Benedictus Dominus Deus Isra&#235;l : quia visitavit et fecit redemptionem plebis su&#230;. Toutefois en la f&#234;te du 24 juin, le cantique de Zacharie se trouve plac&#233; dans un cadre liturgique qui en fait singuli&#232;rement ressortir et la grandeur et le myst&#232;re. La br&#232;ve antienne qui introduit le texte du Benedictus rel&#232;ve d'un mot le caract&#232;re proph&#233;tique et l'importance extraordinaire de ce chant sacr&#233; : Apertum est os Zacharia et PROPHETAVIT dicens : Benedictus Deus Isra&#235;l, &#171; La bouche de Zacharie s'ouvrit et il proph&#233;tisa en ces termes : B&#233;ni soit le Dieu d'Isra&#235;l &#187;. On croirait entendre la voix de tout l'Ancien Testament, car le p&#232;re du Pr&#233;curseur, qui parle sous l'impulsion divine, s'exprime ici comme le dernier des proph&#232;tes. Quelles que soient les lumi&#232;res personnelles de Zacharie, il est infiniment probable que lui-m&#234;me entrevoit &#224; peine la largeur et la profondeur des paroles qui lui sont sugg&#233;r&#233;es par l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute dans sa description de l'&#339;uvre r&#233;demptrice qui est tout &#224; fait conforme au style et au go&#251;t des anciens proph&#232;tes, le Benedictus garde, selon la juste remarque des ex&#233;g&#232;tes, une saveur juive tr&#232;s prononc&#233;e. Il n'en est pas moins vrai que le cantique de Zacharie, au fur et &#224; mesure qu'il se d&#233;veloppe et qu'il repasse sur les l&#232;vres de l'&#201;glise, exprime une pens&#233;e de plus en plus profond&#233;ment chr&#233;tienne. Et quand le proph&#232;te en vient &#224; saluer l'heure prochaine o&#249; Isra&#235;l, affranchi de toute crainte, pourra servir le Seigneur in justitia et veritate, en sa pr&#233;sence et pour toujours, comment ne songerait-on pas &#224; cette adoration en esprit et en v&#233;rit&#233; qui est &#171; la fin supr&#234;me des choses r&#233;v&#233;l&#233;es par le Seigneur &#224; la Samaritaine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb116&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. DELATTE, op. cit., p. 43.&#034; id=&#034;nh116&#034;&gt;116&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Mais l&#224; o&#249; le chant du Benedictus atteint le plus haut point du sublime et du path&#233;tique, c'est lorsque, se tournant avec tendresse et pi&#233;t&#233; vers le fils qui vient de na&#238;tre, Zacharie lui adresse cette touchante apostrophe qui r&#233;pare magnifiquement la courte d&#233;faillance de sa foi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et toi, petit enfant, tu t'appelleras Proph&#232;te du Tr&#232;s-Haut, car tu marcheras devant la face du Seigneur pour pr&#233;parer ses voies, pour donner &#224; son peuple la connaissance du salut dans la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce serait m&#233;conna&#238;tre la port&#233;e de ces paroles, que de les entendre comme si elles concernaient exclusivement l'avenir imm&#233;diat du Pr&#233;curseur, c'est-&#224;-dire sa mission historique aupr&#232;s du peuple juif. Ce n'est pas ainsi que l'&#201;glise interpr&#232;te le passage du cantique qui vise saint Jean-Baptiste. Elle y voit, quant &#224; elle, l'annonce d'une mission qui se poursuivra jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles. Car aussi longtemps que le corps mystique du Christ n'aura pas atteint sa pl&#233;nitude, Jean continuera d'exercer aupr&#232;s des &#226;mes sa fonction de Pr&#233;curseur. Toujours il marchera devant le Verbe pour lui pr&#233;parer les voies et donner &#224; son peuple la science du salut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb117&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. notre opuscule, Le culte du saint Pr&#233;curseur, p. 8.&#034; id=&#034;nh117&#034;&gt;117&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Telle est la pens&#233;e sur laquelle repose la d&#233;votion catholique envers saint Jean-Baptiste. Elle inspirait au po&#232;te cette pri&#232;re confiante que nous d&#233;tachons de l'hymne de laudes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Maintenant par la vertu de vos f&#233;conds m&#233;rites, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;brisez les durs rochers de nos c&#339;urs, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;aplanissez le chemin raboteux, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;redressez les sentiers qui s'infl&#233;chissent.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Afin que le doux Cr&#233;ateur et R&#233;dempteur du monde, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;voyant nos &#226;mes purifi&#233;es de toute souillure du p&#233;ch&#233;, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;daigne, comme il convient, &#224; sa venue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;y poser ses pieds bienheureux.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE DU JOUR : JEAN T&#201;MOIN DE LA LUMI&#200;RE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'&#224; l'heure habituelle de tierce on se r&#233;unissait pour la c&#233;l&#233;bration de la messe du jour dans la basilique du Latran, celle-ci se pr&#233;sentait &#224; la vue des fid&#232;les dans tout l'&#233;clat de sa gloire. Sa d&#233;coration somptueuse, sa mosa&#239;que triomphale, ses marbres pr&#233;cieux et les merveilles de toute sorte, dont se parait le sanctuaire, baignaient dans cette chaude lumi&#232;re qui rehausse de sa splendeur le faste des solennit&#233;s romaines. A deux reprises d&#233;j&#224; l'&#201;glise avait offert le sacrifice en l'honneur du bienheureux Jean-Baptiste : une premi&#232;re fois, la veille au soir, et une deuxi&#232;me fois sur la fin de la nuit, &#224; l'issue des vigiles. Mais elle se r&#233;servait d'environner la troisi&#232;me messe, celle du jour, de toute la solennit&#233; qui convient &#224; la plus auguste fonction d'une grande f&#234;te liturgique. L'&#201;glise voulait que la messe du jour f&#251;t comme le t&#233;moignage supr&#234;me de sa reconnaissance envers Dieu, auteur de toutes les merveilles r&#233;alis&#233;es dans le plus grand des saints, et comme l'expression la plus parfaite de son culte envers le Pr&#233;curseur. Quant au peuple chr&#233;tien, il s'acquittait avec joie de l'obligation qui s'imposait &#224; lui de s'unir au sacrifice par sa pr&#233;sence, et m&#234;me il y participait directement par des dons en nature plus g&#233;n&#233;reux que de coutume. Rien ne fait mieux ressortir le caract&#232;re propre de la messe du jour et la place qu'elle occupe dans l'&#233;conomie de la f&#234;te que cette belle secr&#232;te o&#249; nous admirons la pl&#233;nitude et la sobri&#233;t&#233; des plus pures formules romaines :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Seigneur, sur vos autels nous accumulons les offrandes afin de c&#233;l&#233;brer par de justes honneurs la naissance de celui qui proph&#233;tisa l'av&#232;nement du Sauveur du monde, et le montra pr&#233;sent eu la personne de Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ votre Fils qui vit et r&#232;gne avec vous en l'unit&#233; du Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise souligne ici la surabondance des dons accumul&#233;s sur l'autel : tua muneribus altaria CUMULAMUS, parce que cette profusion d'offrandes t&#233;moigne non seulement du grand nombre de fid&#232;les qui assistent au sacrifice du jour mais aussi de leur g&#233;n&#233;reux empressement &#224; glorifier le Pr&#233;curseur et &#224; lui rendre dans sa naissance ces justes hommages : honore DEBITO celebrantes, auxquels il a droit en sa double qualit&#233; de proph&#232;te et de t&#233;moin : qui Salvatorem mundi et CECINIT ADFUTURUM, et ADESSE MONSTRAVIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans la premi&#232;re partie de la solennit&#233;, la messe de vigile et l'office de nuit, l'&#201;glise s'est arr&#234;t&#233;e plus longtemps, peut-&#234;tre, &#224; la premi&#232;re fonction de Jean, celle de pr&#233;curseur, elle se montre plus attentive dans la messe du jour &#224; le glorifier en tant que t&#233;moin universel du Verbe fait chair. Nous pensons pour notre part, que parmi les textes liturgiques de la No&#235;l d'&#233;t&#233; il n'y en a pas de plus int&#233;ressant que celui qui sert d'&#233;p&#238;tre &#224; la troisi&#232;me messe de la f&#234;te. C'est bien avec le dessein d'attirer l'attention des fid&#232;les sur ce texte proph&#233;tique que d&#233;j&#224; dans l'intro&#239;t l'&#201;glise nous en fait go&#251;ter la myst&#233;rieuse saveur. La lecture en question est tir&#233;e d'Isa&#239;e, mais, chose surprenante, ce que dit ici le proph&#232;te concerne directement le Christ lui-m&#234;me et non pas le Pr&#233;curseur : &#171; L'application qu'en fait l'&#201;glise &#224; saint Jean-Baptiste nous montre, une fois de plus, l'&#233;troite union du Christ et de son Pr&#233;curseur dans l'&#339;uvre de la R&#233;demption &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb118&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANN&#201;E LITURGIQUE, La Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste.&#034; id=&#034;nh118&#034;&gt;118&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut ajouter que cette application se fonde tr&#232;s justement sur la similitude frappante qui existe &#224; plus d'un &#233;gard entre la carri&#232;re du ma&#238;tre et celle du serviteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise fait usage du texte proph&#233;tique avec sa libert&#233; habituelle. Au lieu de le reproduire en son int&#233;grit&#233;, elle a choisi les versets qui mettent le mieux en lumi&#232;re la pens&#233;e qui l'anime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb119&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isa&#239;e, XLIX, 1-3, 5, 6 et 7.&#034; id=&#034;nh119&#034;&gt;119&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi all&#233;g&#233; et dispos&#233; en vue de la lecture liturgique, le passage d'Isa&#239;e se divise d'une mani&#232;re assez nette en deux parties &#224; peu pr&#232;s &#233;gales mais solidement reli&#233;es l'une &#224; l'autre. Dans la premi&#232;re qui s'ach&#232;ve sur ces mots : quia in te gloriabor, le proph&#232;te rappelle en termes d&#233;licats avec quel soin jaloux Dieu lui-m&#234;me a pr&#233;par&#233; le Messie &#224; sa mission r&#233;demptrice. La seconde partie, depuis : Et nunc dicit Dominus, d&#233;crit l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par le Christ portant le salut jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre. Voici d'abord ce qui concerne les pr&#233;parations divines :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;coutez, &#238;les ; et vous peuples lointains, soyez attentifs : le Seigneur m'a appel&#233; d&#232;s le sein maternel, d&#232;s le ventre de ma m&#232;re il s'est souvenu de mon nom. Il a rendu ma langue semblable &#224; un glaive ac&#233;r&#233; ; il m'a prot&#233;g&#233; sous l'ombre de sa main, il a fait de moi comme une fl&#232;che choisie, et il m'a cach&#233; dans son carquois. Puis il m'a dit : Tu es mon serviteur, Isra&#235;l, et je me glorifierai en toi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce texte admirable que le proph&#232;te met directement sur les l&#232;vres de l'Emmanuel, l'&#201;glise le place ici dans la bouche de son Pr&#233;curseur. C'est donc bien Jean lui-m&#234;me qui en ce pr&#233;sent jour s'adresse &#224; toutes les nations de la terre pour leur raconter les soins jaloux dont il a &#233;t&#233; l'objet de la part du Seigneur : Audite insul&#230; et attendite populi de longe. Bien avant d'&#234;tre con&#231;u dans le sein de sa m&#232;re Jean a &#233;t&#233; choisi par Dieu afin de remplir la mission la plus haute qui ait jamais &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; un mortel : Dominus ab utero vocavit me, de ventre matris me&#230; recordatus est nominis mei. Sanctifi&#233; avant que de na&#238;tre, Jean reposait encore dans le ventre maternel, tandis que l'action douce et prolong&#233;e du Verbe fait chair le fortifiait et le pr&#233;parait aux luttes futures, comme le dit si gracieusement saint Ambroise en expliquant le myst&#232;re de la Visitation : &#171; Ungebatur itaque, et quasi bonus athleta exercebatur in utero matris propheta : amplissimo enim virtus ejus certamini parabatur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb120&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., 1. III, 29.&#034; id=&#034;nh120&#034;&gt;120&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pendant son enfance, Dieu continua de le prot&#233;ger &#224; l'ombre de sa main puissante : in umbra MANUS SU&#198; protexit me, car l'&#233;vang&#233;liste nous dit que &#171; la main du Seigneur &#233;tait sur lui : Etenim MANUS DOMINI erat cum illo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb121&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 66.&#034; id=&#034;nh121&#034;&gt;121&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la retraite du d&#233;sert, o&#249; il s&#233;journa de longues ann&#233;es &#171; s'enrichissant de la pl&#233;nitude du Verbe &#187; selon la magnifique expression de Bossuet, Jean ne cessa de cro&#238;tre sous le regard de Dieu : confortabatur spiritu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb122&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 80.&#034; id=&#034;nh122&#034;&gt;122&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y devint cette fl&#232;che choisie que le Seigneur conserva jalousement dans le secret, jusqu'au jour o&#249; il lui plut de l'employer pour la manifestation de sa gloire : Et posuit me sicut sagittam electam : in pharetra sua abscondit me. Enfin l'heure arriva o&#249; Jean fut investi de sa divine mission. C'est alors qu'il entendit ces paroles : Servus meus es tu, Isra&#235;l, quia in te gloriabor, &#171; Tu es mon serviteur, &#244; Isra&#235;l, c'est en toi que je me glorifierai &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re partie de l'&#233;p&#238;tre nous montre le Christ r&#233;alisant le salut du monde :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et maintenant le Seigneur qui m'a form&#233; dans le sein de ma m&#232;re, me dit : Voici que je t'ai &#233;tabli pour &#234;tre la lumi&#232;re des nations et afin que tu sois mon salut jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb123&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saint Paul applique directement ce texte au Christ (Act. XIII, 47).&#034; id=&#034;nh123&#034;&gt;123&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les rois le consid&#233;reront et les princes se l&#232;veront devant toi, &#224; cause du Seigneur et Saint d'Isra&#235;l qui t'a choisi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est ici surtout que l'application du texte proph&#233;tique &#224; la personne de Jean-Baptiste pourrait sembler d'une hardiesse presque d&#233;concertante. Pourtant rien n'est plus conforme &#224; tout ce que l'&#201;criture nous r&#233;v&#232;le sur le lien qui, dans la pens&#233;e divine, unit si &#233;troitement le Christ et son Pr&#233;curseur. Sans doute Jean n'est pas la lumi&#232;re : Non erat ille lux, mais il fut envoy&#233; par Dieu pour servir de t&#233;moin &#224; celui qui est la vraie lumi&#232;re : Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine. Il faut donc que partout et toujours Jean se trouve l&#224; o&#249; doit p&#233;n&#233;trer le Verbe de Dieu, afin de lui rendre ce t&#233;moignage n&#233;cessaire sur lequel repose la foi de tous. C'est encore l'&#233;vang&#233;liste qui le d&#233;clare express&#233;ment : Jean est venu rendre t&#233;moignage &#224; la lumi&#232;re afin que tous crussent par lui : Ut OMNES crederent per illum. Comme le disait Bourdaloue : &#171; Notre foi en J&#233;sus-Christ est donc originairement fond&#233;e sur le t&#233;moignage de ce grand saint, puisqu'en effet, c'est par lui que nous avons cru, par lui que la voie du salut nous a &#233;t&#233; premi&#232;rement r&#233;v&#233;l&#233;e, en un mot par lui que nous sommes chr&#233;tiens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb124&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sermon pour la f&#234;te de saint Jean-Baptiste. &#8212; Il serait donc bien &#224; propos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh124&#034;&gt;124&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu n'aurait pas si &#233;troitement rapproch&#233; le Christ et son pr&#233;curseur dans l'&#339;uvre du salut, s'il n'avait eu pour dessein de les unir de tr&#232;s pr&#232;s, dans la gloire du ciel. Il convenait donc que Jean re&#231;&#251;t lui aussi l'hommage des princes et des rois : Reges videbunt et consurgent principes. Et, comme de juste, cet hommage remontera jusqu'&#224; celui qui est l'auteur de toute saintet&#233; au ciel et sur la terre : Et adorabunt propter Dominum et Sanctum Isra&#235;l qui elegit te. La proph&#233;tie, sur ce point, comme sur les autres, s'est parfaitement r&#233;alis&#233;e. Jean fut de la part des princes et des peuples, surtout dans les si&#232;cles de foi, l'objet d'une extraordinaire v&#233;n&#233;ration. L'&#201;glise, qui n'a jamais rien &#233;pargn&#233; pour rehausser la gloire du Pr&#233;curseur, a voulu que le jour de sa naissance compt&#226;t parmi les plus grands anniversaires du cycle liturgique. Jusqu'&#224; la fin des temps, la No&#235;l d'&#233;t&#233; m&#233;ritera ce titre de dies honorabilis &#171; jour d'honneur &#187; qui lui est d&#233;cern&#233; par l'&#201;glise elle-m&#234;me dans la collecte de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au s&#233;jour des &#233;lus, o&#249; il jouit de la pl&#233;nitude de sa puissance, Jean-Baptiste continue d'exercer sa mission de Pr&#233;curseur, non plus comme autrefois vis-&#224;-vis d'un peuple isol&#233; et dans les limites de son activit&#233; terrestre, mais vis-&#224;-vis de tout l'univers et par la vertu d'une intercession particuli&#232;rement agissante sur le c&#339;ur du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise compte pr&#233;cis&#233;ment sur l'influence d&#233;cisive du Pr&#233;curseur pour obtenir de Dieu les gr&#226;ces qu'elle sollicite dans la collecte du jour :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;O Dieu qui nous avez tendu ce pr&#233;sent jour honorable par la naissance du bienheureux Jean, donnez &#224; vos peuples la gr&#226;ce des joies spirituelles, et conduisez les &#226;mes de tous les fid&#232;les dans la voie du salut &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des deux demandes que contient cette oraison, la premi&#232;re, plus imm&#233;diate et plus actuelle, se rattache directement au myst&#232;re du jour, la nativit&#233; de Jean : da populis tuis spiritualium gratiam gaudiorum ; la seconde, se rapporte d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale &#224; la mission du Pr&#233;curseur : omnium fidelium mentes dirige in viam salutis &#230;tern&#230;. Mais chacune de ces demandes nous permet de mesurer toute l'influence conquise par saint Jean depuis qu'il est au ciel. Autrefois, sur la terre, Jean amenait jusqu'au Sauveur un petit nombre de juifs privil&#233;gi&#233;s ; maintenant c'est lui qui, par son enseignement, ses m&#233;rites et sa pri&#232;re, dirige sur la voie du salut les &#226;mes de tous les fid&#232;les : OMNIUM fidelium mentes. Lorsqu'il parut en ce monde, Jean fit tressaillir d'all&#233;gresse un petit cercle de parents et de voisins ; maintenant qu'il est au ciel, chaque fois que la liturgie c&#233;l&#232;bre le myst&#232;re de sa naissance, il r&#233;pand &#224; profusion sur toute la terre, populis tuis, les joies les plus &#233;lev&#233;es de l'Esprit : spiritualium gratiam gaudiorum, afin que soit pleinement r&#233;alis&#233;e la promesse divine : Et multi in nativitate ejus gaudebunt, &#171; Et le grand nombre se r&#233;jouira de sa naissance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie spirituelle &#233;tant le fruit le plus pr&#233;cieux de la Nativit&#233; du Pr&#233;curseur, l'&#201;glise, une fois de plus, en sollicite l'effusion abondante dans la pri&#232;re sur laquelle s'ach&#232;ve le sacrifice. La postcommunion r&#233;sume sous une forme concise et &#233;l&#233;gante une pens&#233;e riche de lumi&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;O Dieu, que votre &#201;glise s'abreuve de joie en la naissance (generatione) du bienheureux Jean-Baptiste, par qui elle a connu l'auteur de sa renaissance (regenerationis auctorem), Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ votre Fils.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette pri&#232;re contient une d&#233;licate allusion au premier t&#233;moignage que Jean rendit au Sauveur, lorsqu'il le sanctifia dans le sein de sa m&#232;re. A l'instant m&#234;me o&#249; il fut justifi&#233; par la vertu du Verbe, Jean reconnut en lui l'auteur de la vie et il le manifesta par un tressaillement de joie : Exsultavit in GAUDIO infans in utero meo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb125&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 44.&#034; id=&#034;nh125&#034;&gt;125&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le dit une antique pr&#233;face romaine : &#171; Jean &#233;tait encore cach&#233; dans les entrailles de sa m&#232;re qu'il annon&#231;ait le Fils unique de Dieu par son tressaillement proph&#233;tique &#187; : Maternis visceribus latens et Unigenitum Dei pr&#230;scia exsultatione pr&#230;nuntians&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb126&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sacramentaire L&#233;onien.&#034; id=&#034;nh126&#034;&gt;126&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette joie divine dont il fut rempli dans le sein maternel Jean l'apporta avec lui en ce monde et la r&#233;pandit autour de lui par sa naissance. Et puisque le Christ vient &#224; nous sous le voile des esp&#232;ces eucharistiques, l'&#201;glise d&#233;sire qu'il se produise dans nos c&#339;urs quelque chose de semblable &#224; ce qui s'est pass&#233; dans l'&#226;me du Pr&#233;curseur au moment de sa justification. De l&#224; cette pri&#232;re finale o&#249; elle demande &#224; Dieu d'&#233;prouver par la vertu du pr&#233;cieux sang, cette joyeuse ivresse de l'esprit, qui est pour elle le signe certain de la pr&#233;sence invisible du Christ J&#233;sus son royal &#201;poux : Sumat Ecclesia tua, Deus, beati Johannis Baptist&#230; generatione l&#230;titiam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb127&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait que la joie spirituelle est comme appropri&#233;e plus sp&#233;cialement au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh127&#034;&gt;127&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES DERNIERS REFLETS DE LA NO&#203;L D'&#201;T&#201; : LES SECONDES V&#202;PRES ET LA STATION AUX FONTS BAPTISMAUX.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Synagogue, dont la coutume &#233;tait de compter les jours du soir jusqu'au soir : a vespere ad vesperam, a transmis cet usage, consacr&#233; par Dieu lui-m&#234;me, &#224; l'&#201;glise, son h&#233;riti&#232;re l&#233;gitime. C'est pourquoi le jour liturgique commence la veille au soir et se termine r&#233;guli&#232;rement vingt-quatre heures plus tard avec le coucher du soleil. A l'origine, comme l'office de v&#234;pres se chantait toujours &#224; la tomb&#233;e de la nuit, aucune f&#234;te, sauf celle de P&#226;ques, ne comportait dans son d&#233;veloppement liturgique la c&#233;l&#233;bration de ce qu'on appelle aujourd'hui les secondes v&#234;pres. Bient&#244;t cependant quelques rares f&#234;tes furent assimil&#233;es sur ce point au jour de P&#226;ques, et parmi elles la Nativit&#233; du Pr&#233;curseur dont les secondes v&#234;pres existaient d&#233;j&#224;, semble-t-il, &#224; l'&#233;poque de saint Gr&#233;goire le Grand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb128&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la suite de la messe du jour le Sacramentaire gr&#233;gorien donne, en effet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh128&#034;&gt;128&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans doute ces secondes v&#234;pres n'avaient pas autant d'importance que les premi&#232;res, mais elles ne manquaient pas non plus d'int&#233;r&#234;t, car elles se terminaient elles-m&#234;mes par une station solennelle au baptist&#232;re du Latran, qui rappelait de bien pr&#232;s celle du soir de P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de toute donn&#233;e pr&#233;cise sur l'organisation primitive de ces secondes v&#234;pres, nous sommes en droit de supposer qu'on les c&#233;l&#233;brait au IXe si&#232;cle, comme de nos jours, et qu'on y faisait usage des antiennes de Laudes. D&#233; cette derni&#232;re partie de l'office du 24 juin le texte le plus int&#233;ressant est bien sans contredit la belle antienne de Magnificat. L'&#201;glise ne pouvait rien choisir de mieux pour clore la solennit&#233; du Pr&#233;curseur que la parole c&#233;l&#232;bre du Christ J&#233;sus rendant lui-m&#234;me t&#233;moignage &#224; Jean-Baptiste, et proclamant &#224; la face du peuple juif la grandeur incomparable de son propre t&#233;moin. Un jour, peu de temps avant le martyre du Pr&#233;curseur, J&#233;sus dit aux foules qui l'entouraient : &#171; Pourquoi donc &#234;tes-vous all&#233;s au d&#233;sert ? Pour y voir un proph&#232;te ? Oui, je vous le dis, et plus qu'un proph&#232;te, car c'est celui dont il est &#233;crit : Voici que j'envoie devant toi mon messager qui te pr&#233;parera ta voie. Je vous le dis en v&#233;rit&#233;, parmi les enfants des femmes il ne s'en est pas lev&#233; de plus grand que Jean-Baptiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb129&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. VII, 24-27.&#034; id=&#034;nh129&#034;&gt;129&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;glise s'empare ici de la parole de son divin &#201;poux, et pour donner &#224; ce t&#233;moignage supr&#234;me tout le relief qui lui convient elle le pr&#233;sente comme il suit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Puer qui natus est nobis plus quam propheta est : hic est enim de quo Salvator ait : INTER NATOS MULIERUM NON SURREXIT MAJOR JOANNE BAPTISTA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'enfant qui nous est n&#233; est plus qu'un proph&#232;te ; cal c'est de lui que le Sauveur a dit : Parmi les enfants des femmes, il n'en a pas paru de plus grand que Jean-Baptiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Il est clair que cette antienne nous invite &#224; ne voir dans la naissance de Jean que le pr&#233;lude de la Nativit&#233; du Sauveur. On le remarque de suite &#224; la phrase initiale de l'antienne dont la m&#233;lodie elle-m&#234;me nous rappelle tr&#232;s d&#233;licatement le ravissant intro&#239;t de la messe du jour de No&#235;l : Puer qui natus est nobis. Notons ce tout petit mot : nobis qui fait si bien entendre que l'action du Pr&#233;curseur devait un jour rayonner jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de l'univers : Hic venit... ut OMNES crederent per illum. Admirons ensuite comment l'&#201;glise s'autorise de la parole du Sauveur pour redire apr&#232;s lui, et avec quelle douce conviction : Inter natos mulierum non surrexit major Joanne Baptista. A ce divin t&#233;moignage l'&#201;glise n'apporte aucune restriction. Elle l'entend ici comme l'ont entendu les saints P&#232;res et notamment saint Augustin qui disait &#224; propos de la parole du Sauveur &#171; Si nous comparons Jean aux autres hommes il les surpasse tous, n'&#233;tant surpass&#233; lui-m&#234;me que par l'Homme-Dieu &#187; : Si comparetur hominibus Joannes, omnes superat ille homo, non eum vincit nisi Deus homo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb130&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. CCLXXXIX, 3.&#034; id=&#034;nh130&#034;&gt;130&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et encore &#171; Jean &#233;tait si grand parmi les hommes que Dieu seul &#233;tait plus grand que lui &#187; : Tam magnus autem erat homo ut quidquid plus illo esset, Deus esset&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb131&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. CCLXXXVII, I.&#034; id=&#034;nh131&#034;&gt;131&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que Jean-Baptiste naquit le plus grand des hommes, que sa naissance merveilleuse annon&#231;a et pr&#233;para la naissance virginale de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#234;pres du 24 juin s'achevaient comme celles de P&#226;ques par une station solennelle au baptist&#232;re du Latran. Le jour de P&#226;ques il y avait m&#234;me une triple station. La premi&#232;re se faisait devant les fonts baptismaux, la seconde &#224; l'oratoire de saint Jean, et la troisi&#232;me &#224; l'oratoire de la croix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb132&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. D. MORIN. Les v&#234;pres pascales dans l'ancienne liturgie romaine. (Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh132&#034;&gt;132&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En chacune de ces stations on chantait un psaume, un r&#233;pons et le Magnificat suivi d'une collecte. Il est fort probable que les choses se passaient ainsi en la f&#234;te de saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb133&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AMALAIRE, De ordine antiphonarti, c. 52. (Patr. lat. CV, col.1295).&#034; id=&#034;nh133&#034;&gt;133&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui nous le fait croire c'est que les anciens sacramentaires donnent pour les v&#234;pres du 24 juin une s&#233;rie d'oraisons qui devaient se r&#233;citer &#171; ad fontes &#187;, c'est-&#224;-dire aupr&#232;s de la piscine baptismale. Ces oraisons faisaient tr&#232;s heureusement ressortir la part qui revient au Pr&#233;curseur dans l'&#339;uvre de notre r&#233;g&#233;n&#233;ration. En voici une qui m&#233;rite d'&#234;tre cit&#233;e, comme mettant bien en valeur le r&#244;le de saint Jean :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Omnipotens et misericors Deus, qui beatum Baptistam Joannem tua providentia destinasti, ut perfectam plebem Christo Domino pr&#230;pararet : da, qu&#230;sumus, ut familia tua hujus intercessione pr&#230;conis, et a peccatis omnibus exuatur, et ad eum quem prophetavit, pervenire mereatur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu tout-puissant et mis&#233;ricordieux, vous qui avez providentiellement r&#233;serv&#233; au bienheureux Jean-Baptiste le soin de pr&#233;parer au Christ Notre-Seigneur un peuple parfait, faites, nous vous en prions, que par l'intercession de ce h&#233;raut, votre famille se d&#233;pouille de tous ses p&#233;ch&#233;s et m&#233;rite de rejoindre celui qu'il a proph&#233;tis&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb134&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sacramentaire gr&#233;gorien.&#034; id=&#034;nh134&#034;&gt;134&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XL, 3, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XIII, 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXXI, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. III, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Malach. III, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. IV, 5, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. LXXXIV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. II, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 68.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bataille de Fontenay (samedi 25 juin 841) : Nithardi histor. L. II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Collecta diei.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XI, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 15, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 13, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 27-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 1, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. VIII, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johannes totius medius Trinitatis. Petr. Dam. Sermo 23 (edit. Cajet.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 29-30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. I, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 4-10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. 1, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. II, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Temps de No&#235;l, t. I, p. 291. Martyrol. Rom. ad diem 23 Dec. : Octavo Calendas Januarii.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Martyrol. Rom. ad diem 24 Junii : Octavo Calendas Julii.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 6-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ambr. in Luc. I, 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Annus Joannis, auctore Joanne N. (Prag&#230;, 1664).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Illa enim mater et magistra omnium Ecclesiarum Ecclesia Romana, cui dictum est : &#171; Ego pro te rogavi, ut non deliciat fides tua &#187;, in honore Johannis Baptistae, post Salvatoris nomen consecrata est et signata. Dignum namque erat ut sententiam Sponsi Sponsae sequeretur auctoritas... Petr. Dam. Sermo XXIII. On voit aussi ce discours attribu&#233; &#224; saint Bernard ou &#224; Nicolas de Clairvaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conciles, capitulaires, canons p&#233;nitentiels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sacrament. Gregor., Amal., pseudo-Alcuin., Ord. rom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dur. Ration, VII, 14 : Hon. Gemma anim. IV, 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XVI, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. V, 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. I, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 3o.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Levit., XXVI, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Petr. Chrys. Sermo 91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XLIX, 4-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XL, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. III, 7-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid : 12-14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. 1, 15-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXI, 31-2 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 24-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jusqu'au Code des Rubriques de Jean XXIII en 1960 o&#249; le Credo fut r&#233;tabli pour le 24 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S. Ephrem Syri Hymni et Sermones. Th. J. Lamy, t. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan I, 12 ; Matth. V, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est, sauf l'introduction, la pr&#233;face propre actuelle de St Jean-Baptiste, conc&#233;d&#233;e &#224; beaucoup de dioc&#232;ses de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dieu &#233;ternel&#8230; En en cette f&#234;te d'aujourd'hui, jour de la naissance du bienheureux Jean, de louer votre magnificence. Avant m&#234;me de na&#238;tre, il reconnut la voix de la M&#232;re du Seigneur ; en tressaillant avant de na&#238;tre, il annon&#231;a d'une exultation proph&#233;tique l'av&#232;nement du Salut des hommes. Sa m&#232;re, en le concevant, fut d&#233;livr&#233;e de la st&#233;rilit&#233;, et, quand il naquit, la langue de son p&#232;re se d&#233;lia. Apr&#232;s avoir pr&#233;dit le R&#233;dempteur du monde, il fut parmi tous les proph&#232;tes le seul qui le montra. Et pour que l'eau devienne capable de sanctifier, c'est dans les flots du Jourdain, d&#233;sormais consacr&#233;s, qu'il baptisa l'auteur du bapt&#234;me. C'est pourquoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philip. 4, 4 : Soyez toujours joyeux dans le Seigneur, je le r&#233;p&#232;te, soyez joyeux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Nativit&#233; de saint Jean figure pour la premi&#232;re fois sur le calendrier de l'&#201;glise de Cartilage qui date des premi&#232;res ann&#233;es du VIe si&#232;cle. Cf. KELLNEE, L'Ann&#233;e Eccl&#233;siastique, trad. fr., 2e &#233;dit. p. 295.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s le Liber Pontificalis, on voyait se dresser au bord de la piscine baptismale deux grandes statues en argent du Christ et de saint Jean-Baptiste, s&#233;par&#233;es l'une de l'autre par un agneau. Saint Jean tenait une inscription avec ce texte : Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi. (Lib. Pont. &#233;d. DUCHESNE, t. I, p. 174).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Pape Hilaire f&#238;t construire trois oratoires communiquant avec le baptist&#232;re lui-m&#234;me, l'oratoire de saint Jean l'&#233;vang&#233;liste, celui de saint Jean-Baptiste et celui de la Croix. Il les fit richement orner (cf. Lib. Pont. t. I, p. 242-43). L'oratoire de saint Jean-Baptiste a conserv&#233; ses vantaux de bronze portant l'inscription suivante incrust&#233;e d'argent : In honorem beati Johannis Baptist&#230; Hilarus episcopus Dni famulus offert.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon toute vraisemblance c'est &#224; cause de la proximit&#233; de la f&#234;te des saints ap&#244;tres Pierre et Paul (29 juin) tr&#232;s en honneur aupr&#232;s des Romains que la c&#233;l&#233;bration de la No&#235;l d'&#233;t&#233; (24Juin) ne prit toute son importance &#224; Rome qu'&#224; la fin du Ve si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il s'agit du texte d'origine de la pr&#233;face conc&#233;d&#233;e &#224; certains dioc&#232;ses, voir plus haut le Bhx Schuster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il est vraiment juste, &#244; Dieu tout-puissant, de vous louer en ce jour solennel o&#249; s'est lev&#233; le bienheureux Jean. Lui qui, d&#232;s avant sa naissance, per&#231;ut la voix de la M&#232;re du Seigneur et qui, toujours enclos dans le sein maternel, salua l'av&#232;nement du Sauveur du monde par un tressaillement proph&#233;tique. Lui qui par sa conception mit un terme &#224; la st&#233;rilit&#233; de sa m&#232;re et, par sa naissance, d&#233;lia la langue de son p&#232;re. Seul entre tous les proph&#232;tes il a manifest&#233; celui qu'il avait annonc&#233; comme le R&#233;dempteur du monde. Et pour que l'eau naturelle f&#251;t dot&#233;e de la vertu qui consacre et qui purifie, il a sanctifi&#233; les ondes du Jourdain en y lavant l'auteur du bapt&#234;me. &#187; (Pat. lat., t. LV, col. 47).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la fa&#231;ade de la basilique Cl&#233;ment XII fit graver cette inscription, &#171; Sacro sancta lateranensis ecclesia omnium urbis et orb&#238;s eccles&#238;arum mater et caput. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D. TISSOT, Autour d'un centenaire : saint Jean de Latran (dans la revue La vie et les arts liturgiques, d&#235;c. 1924).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Ami de l'&#201;poux &#187;. D&#232;s le VIIe si&#232;cle la basilique du Tyatran, d&#233;di&#233;e d'abord au Sauveur, portait aussi tr&#232;s certainement le nom de saint Jean. D'apr&#232;s Rohault de Fleury, l'attribution de ce vocable remonterait jusqu'au pontificat d'H&#238;laire, &#224; cause de la fondation de l'oratoire de saint Jean-Baptiste. (Cf. DICTIONNAIRE D'ARCH&#201;OLOGIE ET DE LITURGIE, art. Latran, col. 1575).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette mosa&#239;que existe encore, mais elle a &#233;t&#233; restaur&#233;e au temps de L&#233;on XIII, lors de la reconstruction de l'abside.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le sacramentaire gr&#233;gorien intitule simplement la premi&#232;re messe : prima missa. Les sacramentaires g&#233;lasiens du VIIIe si&#232;cle l'appellent missa de nocte ou de media nocte. Dans certains missels elle porte le nom de missa maneprima, ou &#171; messe de l'aurore &#187;. D'apr&#232;s Amalaire, cette premi&#232;re messe se c&#233;l&#233;brait &#171; diluculo &#187; ou &#171; in exordio lucis &#187;. (De ecclesiasticis officiis, l. III, c. 38. P. L. t. CV, col. 1157). D'ailleurs il convient de se rappeler qu'&#224; la Saint-Jean, les nuits sont tr&#232;s courtes. On comptait la messe de la vigile qui se c&#233;l&#233;brait la veille au soir, comme la premi&#232;re des trois messes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous avons vu plus haut que le sacramentaire l&#233;onien donne le formulaire de deux messes de rechange qui devaient se c&#233;l&#233;brer &#171; ad fontem &#187;, ce qui ne peut s'entendre que du baptist&#232;re du Latran. D'apr&#232;s KELLNER, c'est la messe du jour qui aurait &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e dans le baptist&#232;re (Op. cit., p. 299). Dorn CABROL est du m&#234;me avis (Semaine liturgique de Maredsous, 1912, p. 89). Il nous para&#238;t beaucoup plus probable que la messe du jour plus solennelle se c&#233;l&#233;brait dans la basilique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous le savons par le t&#233;moignage de nombreux sacramentaires et missels (Cf. A. EBNER, Quellen und Forschungen zur Geschichte des Missale romanum im Mittel-alter, 1896, passim).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Loc. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Intro&#239;t Justus ut palma, Graduel Justus ut palma, Offertoire In virt&#250;te, Communion Posu&#237;sti Domine. I,e choix des lectures variait selon les &#233;glises. Comme &#233;p&#238;tre on lisait soit J&#233;r&#233;mie (I, 17), soit Isa&#239;e (LXI, 27 et ss). L'&#233;vangile continuait la lecture de la messe de vigile : Dixit Zacharias ad Angelum (Luc. I, 18 et ss.). Cf. D. MART&#200;NE, De antiquis Ecclesi&#230; ritibus, l. IV, c, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Raoul de Tongres rappelle qu'aux f&#234;tes de saint Jean-Baptiste, saint Jean l'&#233;vang&#233;liste, saint Laurent et quelques autres, on ne doit pas omettre la c&#233;l&#233;bration d'une premi&#232;re messe &#224; l'aurore. (Cf. De canonum observantia liber, &#233;d. MOHLBERG, p. 156).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D. MART&#200;NE, Op. cit., l. IV, c. XXXII, n. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;3e antienne. Saint Augustin disait de Jean-Baptiste : &#171; Propter personam vetustatis de senibus nascitur &#187;. (Serm. CCXCIII, n. 2.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;5e Ant. (cf. 2e Ant.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;4e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;2e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est du moins tr&#232;s probable, comme nous l'avons dit plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'oblation de l'encens &#224; l'office du soir est d&#233;j&#224; mentionn&#233;e par AMALAIRE (Pat. lat. t. CV, col. 1181). Elle se faisait au chant du verset : &#171; Dirigatur Domine oratio mea sicut incensum. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb93&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh93&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 93&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;93&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les hymnes ne furent pas introduites dans l'office romain avant la fin du IXe si&#232;cle. Elles &#233;taient en usage dans l'office monastique depuis saint Beno&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb94&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh94&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 94&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;94&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est gr&#226;ce &#224; saint Jean que Zacharie recouvra l'usage de la parole et put prononcer le Benedictus. C'est aussi parce qu'elle sentit saint Jean tressaillir en son sein qu'&#201;lisabeth put reconna&#238;tre en la Vierge Marie la m&#232;re du Seigneur et la saluer comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb95&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh95&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 95&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;95&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HELGAUD, vita Roberti (Pat. lat., CXLI, col. 923).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb96&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh96&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 96&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;96&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AMALAIRE, De ordine antiphonarii, c. 59 (Pat. lat. C. V., col. 1304). &#8212; Au IXe si&#232;cle les f&#234;tes de saint Jean-Baptiste, des saints Pierre et Paul, de saint Andr&#233;, de saint Laurent, de l'Assomption, &#233;taient les seules qui eussent un double office. Le premier de ces offices n'avait pas d'invitatoire, il se composait parfois uniquement des psaumes de la f&#233;rie et de 3 le&#231;ons. (Cf. BATJMER, Histoire du br&#233;viaire, t. I, p. 431).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb97&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh97&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 97&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;97&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au XIIIe si&#232;cle, l'usage du double office avait disparu et il n'en reste plus aujourd'hui pour tout vestige que l'expression liturgique &#171; office double &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb98&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh98&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 98&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;98&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. notre opuscule Le culte du saint Pr&#233;curseur (Louvain, librairie Saint-Alphonse p. 18 et sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb99&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh99&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 99&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;99&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J&#233;r&#233;mie, I, 1-10, 17-19. &#8212; Ce m&#234;me passage du proph&#232;te sert d'&#233;p&#238;tre, en grande partie du moins, pour la messe de vigile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb100&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh100&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 100&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;100&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. V, 35 : la lampe qui br&#251;le et luit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb101&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh101&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 101&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;101&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce passage qui figurait au br&#233;viaire sous le nom de saint Augustin se retrouve parmi les sermons de saint Maxime de Turin (Pat. lat., t. LVII, col. 663). Aujourd'hui il est remplac&#233; par le passage de saint Maxime qui se lisait jadis au jour octave de la f&#234;te (1er juillet). &lt;i&gt;N.d.W. : L'hom&#233;lie de St Augustin que Dom Flicoteaux attribue &#224; St Maxime est en fait de Fauste de Riez.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb102&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh102&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 102&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;102&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;N.d.W. : nous ne savons pas d'o&#249; Dom Flicoteaux, qui &#233;crit en 1932, tire cette information : apr&#232;s v&#233;rification des br&#233;viaires de St Pie V, L&#233;on XIII, St Pie X, Pie XII et Jean XXIII, l'hom&#233;lie du 2nd nocturne est inchang&#233;e, alors que celle du jour Octave, 1er juillet, supprim&#233; par la r&#233;forme de St Pie X, a disparue du br&#233;viaire. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb103&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh103&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 103&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;103&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Br&#233;v. romain, 5e r&#233;p. de matines.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb104&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh104&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 104&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;104&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'usage de lire int&#233;gralement l'&#233;vangile du jour &#224; l'office de matines se serait maintenu, semble-t-il, jusqu'&#224; saint Gr&#233;goire VII. Aux Xe et XIe si&#232;cles, cette lecture devait se faire avant la septi&#232;me le&#231;on (Cf. BAUMER, op.. cit., t. I, p. 397, n. I).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb105&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh105&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 105&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;105&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il est dit dans la R&#232;gle de saint Beno&#238;t : &#171; Ipso dicto (s. e. Te Deum laudamus), legat abbas lectionem de Evangelio cum honore et tremore stantibus omnibus &#187; (c. XI).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb106&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh106&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 106&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;106&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOSSUET fait tr&#232;s justement &#233;cho &#224; la pens&#233;e des P&#232;res lorsqu'il dit : &#171; J&#233;sus est grand par naissance, et Jean sera grand par un &#233;clat et un rejaillissement de la grandeur de J&#233;sus &#187; (&#201;l&#233;vations, XIe sem., 4e &#233;l&#233;v.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb107&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh107&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 107&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;107&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Mgr CALLEW&#198;RT, De breviarii romani liturgia, (Bruges 1931), p. 161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb108&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh108&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 108&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;108&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1re Ant. de laudes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb109&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh109&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 109&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;109&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. XCI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb110&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh110&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 110&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;110&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Commentaire sur saint Luc (II, 30). Cf. 7e le&#231;on de matines.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb111&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh111&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 111&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;111&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;4e Ant. de laudes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb112&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh112&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 112&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;112&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1re Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb113&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh113&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 113&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;113&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;2e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb114&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh114&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 114&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;114&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;3e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb115&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh115&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 115&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;115&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;4e Ant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb116&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh116&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 116&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;116&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D. DELATTE, op. cit., p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb117&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh117&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 117&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;117&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. notre opuscule, Le culte du saint Pr&#233;curseur, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb118&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh118&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 118&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;118&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ANN&#201;E LITURGIQUE, La Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb119&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh119&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 119&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;119&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isa&#239;e, XLIX, 1-3, 5, 6 et 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb120&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh120&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 120&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;120&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit., 1. III, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb121&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh121&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 121&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;121&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb122&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh122&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 122&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;122&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb123&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh123&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 123&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;123&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Saint Paul applique directement ce texte au Christ (Act. XIII, 47).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb124&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh124&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 124&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;124&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sermon pour la f&#234;te de saint Jean-Baptiste. &#8212; Il serait donc bien &#224; propos que l'on chant&#226;t le Credo &#224; la messe du 24 juin. En 1368, le pape Urbain V avait ordonn&#233; qu'on le chant&#226;t au jour de la Nativit&#233; de saint Jean-Baptiste et durant l'octave, afin que le Pr&#233;curseur ne par&#251;t pas inf&#233;rieur en dignit&#233; aux ap&#244;tres. L'usage contraire a malheureusement pr&#233;valu. On ne peut justifier cette omission du Credo par aucune raison s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb125&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh125&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 125&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;125&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb126&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh126&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 126&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;126&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sacramentaire L&#233;onien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb127&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh127&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 127&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;127&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On sait que la joie spirituelle est comme appropri&#233;e plus sp&#233;cialement au pr&#233;cieux sang : &#171; Dedit et tristibus sanguinis poculum &#187;. Que le lecteur nous permette de citer &#224; ce propos, ces fines r&#233;flexions du P&#232;re Cl&#233;rissac : &#171; Le vin eucharistique r&#233;chauffe l'&#226;me. Si l'&#226;me est froide, si elle manque d'&#233;lan, d'initiative ;... si elle manque de confiance en elle-m&#234;me... si elle est flasque, lymphatique, sans vigueur, le pr&#233;cieux sang la r&#233;chauffera. Il la stimulera, lui donnera des &#233;lans, lui donnera de grands d&#233;sirs, une grande souplesse, une allure vive, l&#233;g&#232;re, gracieuse, vivante ! Si elle &#233;prouve des lenteurs d'assimilation dans les choses de la foi, il stimulera ses fonctions surnaturelles. Il la r&#233;jouira, il lui donnera une joie inconnue... l'all&#233;gresse des martyrs... il lui donnera les joies de la virginit&#233;, les joies sup&#233;rieures de l'union divine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb128&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh128&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 128&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;128&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A la suite de la messe du jour le Sacramentaire gr&#233;gorien donne, en effet, le texte d'une oraison &#171; ad vesperas &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb129&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh129&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 129&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;129&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. VII, 24-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb130&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh130&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 130&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;130&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. CCLXXXIX, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb131&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh131&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 131&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;131&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. CCLXXXVII, I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb132&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh132&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 132&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;132&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. D. MORIN. Les v&#234;pres pascales dans l'ancienne liturgie romaine. (Le messager des fid&#232;les, 1889, p. 150).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb133&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh133&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 133&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;133&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AMALAIRE, De ordine antiphonarti, c. 52. (Patr. lat. CV, col.1295).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb134&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh134&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 134&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;134&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sacramentaire gr&#233;gorien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques de la f&#234;te des Sts Pierre et Paul</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article207</link>
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		<dc:date>2026-05-29T09:18:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique &#171; Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? &#187; Voici l'heure o&#249; la r&#233;ponse que le Fils de l'homme exigeait du p&#234;cheur de Galil&#233;e, descend des sept collines et remplit la terre. Pierre ne redoute plus la triple interrogation du Seigneur. Depuis la nuit fatale o&#249; le coq fut moins prompt &#224; chanter que le premier des Ap&#244;tres &#224; renier son Ma&#238;tre, des larmes sans fin ont creus&#233; deux sillons sur les joues du Vicaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton228-31-f1dcd.gif?1780046329' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Aurelius Clemens Prudentius, Peristephanon&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Aurelius Clemens Prudentius&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article206' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? &#187; Voici l'heure o&#249; la r&#233;ponse que le Fils de l'homme exigeait du p&#234;cheur de Galil&#233;e, descend des sept collines et remplit la terre. Pierre ne redoute plus la triple interrogation du Seigneur. Depuis la nuit fatale o&#249; le coq fut moins prompt &#224; chanter que le premier des Ap&#244;tres &#224; renier son Ma&#238;tre, des larmes sans fin ont creus&#233; deux sillons sur les joues du Vicaire de l'Homme-Dieu ; le jour s'est lev&#233; o&#249; tarissent ces pleurs. Du gibet o&#249; l'humble disciple a r&#233;clam&#233; d'&#234;tre clou&#233; la t&#234;te en bas, son c&#339;ur d&#233;bordant redit enfin sans crainte la protestation qui, depuis la sc&#232;ne des bords du lac de Tib&#233;riade, a silencieusement consum&#233; sa vie : &#171; Oui, Seigneur ; vous savez que je vous aime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XXI.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour sacr&#233;, o&#249; l'oblation du premier des Pontifes assure &#224; l'Occident les droits du supr&#234;me sacerdoce ! Jour de triomphe, o&#249; l'effusion d'un sang g&#233;n&#233;reux conquiert &#224; Dieu la terre romaine ; o&#249;, sur la croix de son repr&#233;sentant, l'&#201;poux divin conclut avec la reine des nations son alliance &#233;ternelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tribut de la mort, L&#233;vi ne le connut pas ; cette dot du sang, J&#233;hovah ne l'avait point exig&#233;e d'Aaron : car on ne meurt pas pour une esclave, et la synagogue n'&#233;tait point l'&#201;pouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gal. IV, 22-31.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'amour est le signe qui distingue le sacerdoce des temps nouveaux du minist&#232;re de la loi de servitude. Impuissant, ab&#238;m&#233; dans la crainte, le pr&#234;tre juif ne savait qu'arroser du sang de victimes substitu&#233;es &#224; lui-m&#234;me les cornes de l'autel figuratif. Pr&#234;tre et victime &#224; la fois, J&#233;sus veut plus de ceux qu'il appelle en participation de la pr&#233;rogative sacr&#233;e qui le fait pontife &#224; jamais selon l'ordre de Melchis&#233;dech&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Je ne vous appellerai plus d&#233;sormais serviteurs, d&#233;clare-t-il &#224; ces hommes qu'il vient d'&#233;lever au-dessus des Anges, &#224; la C&#232;ne ; je ne vous appellerai plus serviteurs, car le serviteur ne sait ce que fait son ma&#238;tre ; mais je vous ai appel&#233;s mes amis, parce que je vous ai communiqu&#233; tout ce que j'ai re&#231;u de mon P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 15.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme mon P&#232;re m'a aim&#233;, ainsi je vous ai aim&#233;s ; demeurez donc en mon amour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 9.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour le pr&#234;tre admis de la sorte en communaut&#233; avec le Pontife &#233;ternel, l'amour n'est complet que s'il s'&#233;tend &#224; l'humanit&#233; rachet&#233;e dans le grand Sacrifice. Et, qu'on le remarque : il y a l&#224; pour lui plus que l'obligation, commune &#224; tous les chr&#233;tiens, de s'entr'aimer comme membres d'un m&#234;me Chef ; car, par son sacerdoce, il fait partie du Chef, et, &#224; ce titre, la charit&#233; doit prendre en lui quelque chose du caract&#232;re et des profondeurs de l'amour que ce Chef divin porte &#224; ses membres. Que sera-ce, si, au pouvoir qu'il poss&#232;de d'immoler le Christ lui-m&#234;me, au devoir qu'il a de s'offrir avec lui dans le secret des Myst&#232;res, la pl&#233;nitude du pontificat vient ajouter la mission publique de donner &#224; l'&#201;glise l'appui dont elle a besoin, la f&#233;condit&#233; que l'&#201;poux c&#233;leste attend d'elle ? C'est alors que, selon la doctrine exprim&#233;e de toute antiquit&#233; par les Papes, les Conciles et les P&#232;res, l'Esprit-Saint l'adapte &#224; son r&#244;le sublime en identifiant pleinement son amour &#224; celui de l'&#201;poux dont il remplit les obligations, dont il exerce les droits. Mais alors aussi, d'apr&#232;s le m&#234;me enseignement de la tradition universelle, se dresse devant lui le pr&#233;cepte de l'Ap&#244;tre ; sur tous les tr&#244;nes o&#249; si&#232;gent les &#233;v&#234;ques de l'Orient comme de l'Occident, les anges des &#201;glises se renvoient la parole : &#171; &#201;poux, aimez vos &#201;pouses, comme le Christ a aim&#233; l'&#201;glise, et s'est livr&#233; pour elle afin de la sanctifier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. V, 25-26.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle appara&#238;t la divine r&#233;alit&#233; de ces noces myst&#233;rieuses, qu'&#224; tous les &#226;ges l'histoire sacr&#233;e fl&#233;trit du nom d'adult&#232;re l'abandon irr&#233;gulier de l'&#201;glise premi&#232;rement &#233;pous&#233;e. Telles sont les exigences d'une union si relev&#233;e, que celui-l&#224; seul peut y &#234;tre appel&#233; qui demeure &#233;tabli d&#233;j&#224; sur les sommets de la perfection la plus haute ; car l'&#201;v&#234;que doit se tenir pr&#234;t &#224; justifier sans cesse de ce degr&#233; supr&#234;me de charit&#233;, dont le Seigneur a dit : &#171; Il n'y a point de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 13.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L&#224; ne r&#233;side point seulement la diff&#233;rence du mercenaire et du vrai pasteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. X, 11-18.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; cette disposition du Pontife &#224; d&#233;fendre jusqu'&#224; la mort l'&#201;glise qui lui fut confi&#233;e, &#224; laver dans son sang toute tache d&#233;parant la beaut&#233; de l'&#201;pouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. V, 27.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est la garantie du contrat qui l'unit &#224; cette tr&#232;s noble &#233;lue du Fils de Dieu, le juste prix des joies tr&#232;s pures qui lui sont r&#233;serv&#233;es. &#171; Je vous ai r&#233;v&#233;l&#233; ces choses, avait dit le Seigneur instituant le Testament de la nouvelle alliance, afin que ma propre joie soit en vous, et que votre joie soit pleine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 11.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tels devaient &#234;tre les privil&#232;ges et obligations des chefs des &#201;glises, combien plus du pasteur de tous ! En confiant &#224; Simon fils de Jean l'humanit&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, le premier soin de l'Homme-Dieu avait &#233;t&#233; de s'assurer qu'il serait bien le vicaire de son amour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ambr. in Luc. X.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; qu'ayant re&#231;u plus que les autres, il aimerait plus qu'eux tous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. VII, 47 ; Johan. XXI, 15.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; qu'h&#233;ritier de la dilection de J&#233;sus pour les siens qui &#233;taient dans le monde, il les aimerait comme lui jusqu'&#224; la fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XIII, 1.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi l'&#233;tablissement de Pierre au sommet de la hi&#233;rarchie sainte, concorde dans l'&#201;vangile avec l'annonce de son martyre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXI, 18.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : pontife souverain, il devait suivre jusqu'&#224; la Croix l'hi&#233;rarque supr&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 19, 22.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes de ses deux Chaires &#224; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article259' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Antioche&lt;/a&gt; et &#224; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article630'&gt;Rome&lt;/a&gt;, nous ont rappel&#233; la souverainet&#233; avec laquelle il pr&#233;side au gouvernement du monde, l'infaillibilit&#233; de la doctrine qu'il distribue comme nourriture au troupeau tout entier ; mais ces deux f&#234;tes, et la primaut&#233; dont elles rendent t&#233;moignage au Cycle sacr&#233;, appelaient pour compl&#233;ment et pour sanction les enseignements de la solennit&#233; pr&#233;sente. Ainsi que la puissance re&#231;ue par l'Homme-Dieu de son P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVIII, 18.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la pleine communication faite par lui de cette m&#234;me puissance au chef visible de son &#201;glise avait pour but la consommation de la gloire poursuivie par le Dieu trois fois saint dans son &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVII, 4.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; toute juridiction, tout enseignement, tout minist&#232;re ici-bas, nous dit saint Paul d'autre part, aboutit &#224; la consommation des saints&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. IV, 12.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui ne fait qu'un avec la consommation de cette gloire souveraine : or, la saintet&#233; de la cr&#233;ature, et, tout ensemble, la gloire du Dieu cr&#233;ateur et sauveur, ne trouvent leur pleine expression qu'au Sacrifice embrassant pasteur et troupeau dans un m&#234;me holocauste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette fin derni&#232;re de tout pontificat, de toute hi&#233;rarchie, que, depuis l'Ascension de J&#233;sus, Pierre avait parcouru la terre. &#192; Jopp&#233;, lorsqu'il &#233;tait encore au d&#233;but de ses courses d'Ap&#244;tre, une faim myst&#233;rieuse s'&#233;tait saisie de lui : &#171; L&#232;ve-toi, Pierre ; tue et mange &#187;, avait dit l'Esprit ; et, dans le m&#234;me temps, une vision symbolique pr&#233;sentait r&#233;unis &#224; ses yeux les animaux de la terre et les oiseaux du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. X, 9-16.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'&#233;tait la gentilit&#233; qu'il devait joindre, sur la table du banquet divin, aux restes d'Isra&#235;l. Vicaire du Verbe, il partagerait sa faim immense : sa parole, comme un glaive ac&#233;r&#233;, abattrait devant lui les nations ; sa charit&#233;, comme un feu d&#233;vorant, s'assimilerait les peuples ; r&#233;alisant son titre de chef, un jour viendrait que, vraie t&#234;te du monde, il aurait fait de cette humanit&#233;, offerte en proie &#224; son avidit&#233;, le corps du Christ en sa propre personne. Alors, nouvel Isaac, ou plut&#244;t vrai Christ, il verrait, lui aussi, s'&#233;lever devant lui la montagne o&#249; Dieu regarde, attendant l'oblation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen. XXII, 14.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons, nous aussi ; car ce futur est devenu le pr&#233;sent, et, comme au grand Vendredi, nous avons part au d&#233;nouement qui s'annonce. Part bienheureuse, toute de triomphe : ici du moins, le d&#233;icide ne m&#234;le pas sa note lugubre &#224; l'hommage du monde, et le parfum d'immolation qui d&#233;j&#224; s'&#233;l&#232;ve de la terre ne remplit les cieux que de suave all&#233;gresse. Divinis&#233;e par la vertu de l'adorable hostie du Calvaire, on dirait, en effet, que la terre aujourd'hui se suffit &#224; elle-m&#234;me. Simple fils d'Adam par nature, et pourtant vrai pontife souverain, Pierre s'avance portant le monde : son sacrifice va compl&#233;ter celui de l'Homme-Dieu qui l'investit de sa grandeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Col. I, 24.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ins&#233;parable de son chef visible, l'&#201;glise aussi le rev&#234;t de sa gloire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XI, 7.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Loin d'elle aujourd'hui les &#233;pouvantements de cette nuit en plein midi, o&#249; elle cacha ses pleurs, quand pour la premi&#232;re fois la Croix fut dress&#233;e. Elle chante ; et son lyrisme inspir&#233; c&#233;l&#232;bre &#171; la pourpre et l'or dont la divine lumi&#232;re compose les rayons de ce jour qui donne aux coupables la gr&#226;ce &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymn. Vesp.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dirait-elle plus du Sacrifice de J&#233;sus lui-m&#234;me ? C'est qu'en effet, par la puissance de cette autre croix qui s'&#233;l&#232;ve, Babylone aujourd'hui devient la cit&#233; sainte. Tandis que Sion reste maudite pour avoir une fois crucifi&#233; son Sauveur, Rome aura beau rejeter l'Homme-Dieu, verser son sang dans ses martyrs, nul crime de Rome ne pr&#233;vaudra contre le grand fait qui se pose &#224; cette heure : la croix de Pierre lui a transf&#233;r&#233; tous les droits de celle de J&#233;sus, laissant aux Juifs la mal&#233;diction ; c'est elle maintenant qui est J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tant donc la signification de ce jour, on ne s'&#233;tonnera pas que l'&#233;ternelle Sagesse ait voulu la relever encore, en joignant l'immolation de Paul l'Ap&#244;tre au sacrifice de Simon Pierre. Plus que tout autre, Paul avait avanc&#233; par ses pr&#233;dications l'&#233;dification du corps du Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. IV, 12.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; si, aujourd'hui, la sainte &#201;glise est parvenue &#224; ce plein d&#233;veloppement qui lui permet de s'offrir en son chef comme une hostie de tr&#232;s suave odeur, qui mieux que lui m&#233;ritait donc de parfaire l'oblation, d'en fournir de ses veines la libation sacr&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Col. I, 24 ; II Cor. XII, 15.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? L'&#226;ge parfait de l'&#201;pouse &#233;tant arriv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. IV, 13.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, son &#339;uvre &#224; lui aussi est achev&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. XI, 2.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ins&#233;parable de Pierre dans ses travaux par la foi et l'amour, il l'accompagne &#233;galement dans la mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ant. Oct. Apost. ad Benedictus.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; tous deux ils laissent la terre aux joies des noces divines scell&#233;es dans leur sang, et montent ensemble &#224; l'&#233;ternelle demeure o&#249; l'union se consomme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. V.&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PREMI&#200;RES V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les grandes solennit&#233;s du Cycle mobile et la f&#234;te de saint Jean-Baptiste, il n'en est point de plus ancienne ni de plus universelle en l'&#201;glise que celle des deux princes des Ap&#244;tres. D&#232;s l'origine, Rome c&#233;l&#233;bra leur triomphe &#224; la date m&#234;me du 29 juin qui les avait vus s'&#233;lever de la terre au ciel. Son usage pr&#233;valut de bonne heure sur celui de quelques contr&#233;es, o&#249; la coutume s'&#233;tait d'abord &#233;tablie de fixer la f&#234;te des Ap&#244;tres aux derniers jours de d&#233;cembre. Assur&#233;ment, c'&#233;tait une belle pens&#233;e que de faire ainsi des p&#232;res du peuple chr&#233;tien le cort&#232;ge de l'Emmanuel &#224; son entr&#233;e dans le monde. Mais, nous l'avons vu, les enseignements de ce jour ont, par eux-m&#234;mes, une importance pr&#233;pond&#233;rante dans l'&#233;conomie du dogme chr&#233;tien ; ils sont le compl&#233;ment de l'&#339;uvre enti&#232;re du Fils de Dieu ; la croix de Pierre fixe l'&#201;glise en sa stabilit&#233;, et assigne au divin Esprit l'immuable centre de ses op&#233;rations. Rome &#233;tait donc bien inspir&#233;e lorsque, r&#233;servant au disciple bien-aim&#233; l'honneur de veiller pour ses fr&#232;res pr&#232;s de la cr&#232;che de l'Enfant-Dieu, elle maintenait la solennelle m&#233;moire des princes de l'apostolat au jour choisi par Dieu pour consommer leurs travaux et couronner, en m&#234;me temps que leur vie, le cycle entier des myst&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aujourd'hui que les cieux racontent pleinement la gloire de Dieu, comme parle David, et qu'ils nous montrent achev&#233;e la course de l'&#201;poux parti des sommets &#233;ternels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVIII, 2, 6.&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le jour l'annonce au jour, et la nuit en r&#233;v&#232;le &#224; la nuit le secret profond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 3.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : au nord et au midi de la nouvelle Sion, des deux rives de son fleuve. Pierre et Paul se renvoient pour adieu l'&#233;pithalame sacr&#233;, la parole excellente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV, 2.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#233;cho sublime, dont la port&#233;e puissante embrasse d&#232;s maintenant la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVIII, 4-3.&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont la dur&#233;e sera celle du monde. Les deux flambeaux du salut combinent leurs feux au-dessus des palais de la Rome antique ; l'obscurcissement passager de leur mort, cette nuit que chantait le Psaume, concentre &#224; jamais la lumi&#232;re au sein de la cit&#233; reine. Pr&#232;s du tr&#244;ne de l'&#201;poux affermi jusqu'aux si&#232;cles sans fin sur les sept collines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV, 7, 10.&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la gentilit&#233;, devenue l'&#201;pouse, resplendit glorieuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. V, 27.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et toute belle de l'incomparable puret&#233; qu'elle puise en leur sang uni au Sang du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il convenait de ne point oublier, en un si grand jour, ces autres messagers du p&#232;re de famille qui arros&#232;rent eux-m&#234;mes de leurs sueurs et de leur sang toutes les routes du monde, pour h&#226;ter le triomphe et rassembler les convi&#233;s du festin des noces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXII, 8-10.&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, C'est gr&#226;ce &#224; eux qu'&#224; cette heure, la loi de gr&#226;ce est d&#233;finitivement promulgu&#233;e parmi les nations, que dans tous les idiomes et sur tous les rivages la bonne nouvelle a retenti[Psalm. XVIII, 4-5.]]. Aussi la f&#234;te de saint Pierre, plus sp&#233;cialement compl&#233;t&#233;e par le souvenir de Paul son compagnon dans la mort, fut-elle n&#233;anmoins regard&#233;e, d&#232;s les temps les plus recul&#233;s, comme celle du coll&#232;ge entier des Ap&#244;tres. On n'e&#251;t point cru, primitivement, pouvoir s&#233;parer de leur glorieux chef aucun de ceux que le Seigneur en avait rapproch&#233;s si intimement, dans la solidarit&#233; de leur &#339;uvre commune. Par la suite cependant, des solennit&#233;s particuli&#232;res furent consacr&#233;es successivement &#224; chacun d'eux, et la f&#234;te du 29 juin resta plus exclusivement attribu&#233;e aux deux princes dont le martyre avait illustr&#233; cette journ&#233;e. Il arriva m&#234;me bient&#244;t, comme nous le verrons, que l'&#201;glise romaine, ne croyant pouvoir suffire &#224; les honorer convenablement tous deux en un m&#234;me jour, renvoya au lendemain la louange plus explicite du Docteur des nations. Elle se trouvait plus libre, ainsi, de concentrer les d&#233;monstrations de son pieux enthousiasme autour de celui que l'&#201;glise grecque elle-m&#234;me proclame, en toute mani&#232;re, le coryph&#233;e du bienheureux ch&#339;ur des Ap&#244;tres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patres, Concil. et Liturg. passim.&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces remarques &#233;taient n&#233;cessaires &#224; l'intelligence de l'Office qui va suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes et le Capitule des premi&#232;res V&#234;pres, nous reportent aux d&#233;buts du minist&#232;re apostolique. Nous sommes dans les jours qui suivirent la descente du Saint-Esprit. Pierre et Jean montent ensemble au temple de J&#233;rusalem, dont les figures ont pris fin r&#233;cemment par le Sacrifice du Calvaire, mais qui reste encore un lieu de pri&#232;res agr&#233;able au ciel en raison de ses grands souvenirs. A la porte de l'&#233;difice sacr&#233;, un homme, boiteux depuis sa naissance, ayant demand&#233; l'aum&#244;ne aux Ap&#244;tres, Pierre, d&#233;pourvu d'argent et d'or, use en sa faveur du pouvoir qu'il a de gu&#233;rir au nom de J&#233;sus-Christ de Nazareth. La synagogue ne se rend pas plus aux miracles du disciple, qu'elle ne s'&#233;tait convertie &#224; ceux du Ma&#238;tre ; et bient&#244;t, un nouvel H&#233;rode, voulant plaire aux Juifs, ne trouve point de meilleur moyen pour cela que de faire mourir Jacques, fr&#232;re de Jean, et d'emprisonner Pierre. Mais l'ange du Seigneur est descendu dans la prison o&#249; celui-ci dormait, &#224; la veille du supplice ; il lui ordonne de reprendre ses v&#234;tements et de le suivre. L'Ap&#244;tre, d&#233;livr&#233;, proclame la r&#233;alit&#233; de ce qui lui paraissait d'abord un songe. Il s'&#233;loigne de J&#233;rusalem, maudite d&#233;sormais sans retour ; et, de toutes parts au milieu des nations, se v&#233;rifie la proph&#233;tie : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre je b&#226;tirai mon &#201;glise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XVI, 18.&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;i&gt;On trouvera le texte des 1&#232;res V&#234;pres &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article206' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique retouch&#233;e selon le go&#251;t du temps, au XVIIIe si&#232;cle, l'Hymne qui suit exprime avec magnificence les gloires de cette journ&#233;e. Ce chant de triomphe eut pour auteur la Sicilienne Elpis, tante de saint Placide martyr, et femme du s&#233;nateur Bo&#232;ce, le plus illustre rejeton de la gens Anicia, si cette famille n'e&#251;t donn&#233; dans le m&#234;me temps saint Beno&#238;t &#224; l'&#201;glise. La troisi&#232;me strophe, d'une majest&#233; toute royale en l'honneur de la cit&#233; reine, est tir&#233;e, avec quelques modifications, d'un autre po&#232;me antique attribu&#233; &#224; saint Paulin d'Aquil&#233;e. Ce fut l'immortel saint Pie V qui compl&#233;ta, par cette heureuse addition, l'&#339;uvre d'Elpis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes de chaque Ap&#244;tre, durant l'ann&#233;e, &#233;taient de pr&#233;cepte autrefois pour le peuple chr&#233;tien. Le Saint-Si&#232;ge ayant d&#251; permettre qu'il n'en f&#251;t plus ainsi dans un grand nombre d'&#233;glises, a voulu qu'au moins, par une sorte de compensation, ces &#233;glises fissent m&#233;moire de tous les saints Ap&#244;tres &#224; la Messe et aux Offices principaux de la f&#234;te de saint Pierre. C'est, en quelque chose, un retour &#224; l'ancien usage o&#249; la f&#234;te du chef &#233;tait, comme nous l'avons dit, celle du coll&#232;ge apostolique entier.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;M&#201;MOIRE DE TOUS LES SAINTS AP&#212;TRES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Ant. &lt;/font&gt;Tradent enim vos * in conc&#237;liis, et in synag&#243;gis suis flagell&#225;bunt vos, et ante reges et pr&#230;sides duc&#233;mini propter me in testim&#243;nium illis, et G&#233;ntibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Ant. &lt;/font&gt;Ils vous livreront &#224; leurs assembl&#233;es, et ils vous flagelleront dans leurs synagogues, et vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs &#224; cause de moi, en t&#233;moignage pour eux et les nations.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/.&lt;/font&gt;In omnem terram ex&#237;vit sonus e&#243;rum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/.&lt;/font&gt;Ils ont annonc&#233; les &#339;uvres de Dieu,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/.&lt;/font&gt;Et in fines orbis terr&#230; verba e&#243;rum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/.&lt;/font&gt;Et compris ses ouvrages.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ORAISON.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus, qui nos per be&#225;tos Apostolos tuos ad agniti&#243;nem tui n&#243;minis ven&#237;re tribu&#237;sti : da nobis ; e&#243;rum gl&#243;riam sempit&#233;rnam et profici&#233;ndo celebr&#225;re, et celebr&#225;ndo prof&#237;cere. Per D&#243;minum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu qui, par vos bienheureux Ap&#244;tres, nous avez donn&#233; d'arriver &#224; la connaissance de votre nom ; accordez-nous tout ensemble, et de c&#233;l&#233;brer en progressant leur gloire sans fin, et de progresser en la c&#233;l&#233;brant. Par J&#233;sus-Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le soleil penche vers l'horizon. Bient&#244;t l'&#201;glise va reprendre ses chants, et commencer la Veille sacr&#233;e qui se poursuivra jusqu'au matin, dans toute la pompe et l'ampleur des plus augustes solennit&#233;s. Par le c&#339;ur du moins, veillons avec elle. Cette nuit fut la derni&#232;re o&#249; le chef que lui donna l'&#201;poux, remplit, dans les cachots de N&#233;ron, son minist&#232;re de pri&#232;re et de souffrance ; elle le quittera d'autant moins, et s'emploiera plus que jamais &#224; relever ses grandeurs. Lorsque de nouveau l'astre du jour, paraissant &#224; l'orient, dardera ses feux sur les sept collines o&#249; la reine des nations s'est assise, l'heure du sacrifice aura sonn&#233; pour le Vicaire de l'Homme-Dieu. Pr&#233;parons-nous &#224; lui faire cort&#232;ge, en repassant dans notre pens&#233;e les circonstances historiques de ce glorieux d&#233;nouement et les faits qui l'amen&#232;rent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne s'&#233;tonnera pas que nous empruntions les diff&#233;rents traits de ce r&#233;cit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'atroce pers&#233;cution de l'ann&#233;e 64, Rome &#233;tait devenue pour Pierre un s&#233;jour plein de p&#233;rils, et il se souvenait que son Ma&#238;tre, en l'&#233;tablissant Pasteur des agneaux et des brebis, lui avait dit : &#171; Tu me suivras &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XXI.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'Ap&#244;tre attendait donc le jour o&#249; il m&#234;lerait son sang &#224; celui de tant de milliers de chr&#233;tiens dont il avait &#233;t&#233; l'initiateur et le p&#232;re. Mais, avant de sortir de ce monde, Pierre devait avoir triomph&#233; de Simon le Magicien, son ignoble antagoniste. L'h&#233;r&#233;siarque ne s'&#233;tait pas content&#233; de s&#233;duire les &#226;mes par ses doctrines perverses ; il e&#251;t voulu imiter Pierre dans les prodiges que celui-ci op&#233;rait. Il annon&#231;a un jour qu'il volerait dans les airs. Le bruit de cette nouveaut&#233; se r&#233;pandit dans Rome, et le peuple se f&#233;licitait de contempler cette ascension merveilleuse. Si l'on s'en rapporte &#224; Dion Chrysostome, N&#233;ron aurait retenu quelque temps &#224; sa cour le personnage qui s'&#233;tait engag&#233; &#224; cette tentative a&#233;rienne. Il voulut m&#234;me honorer de sa pr&#233;sence un si rare spectacle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orat. XXI.&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On dressa la loge imp&#233;riale sur la voie Sacr&#233;e, o&#249; la sc&#232;ne devait se passer. La d&#233;ception fut cruelle pour l'imposteur. &#171; A peine cet Icare se fut-il lanc&#233;, dit Su&#233;tone, qu'il alla tomber pr&#232;s de la loge de N&#233;ron qui fut inond&#233; de son sang &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In N&#233;ron XII.&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'accord des plus graves &#233;crivains de l'antiquit&#233; chr&#233;tienne est unanime pour attribuer &#224; la pri&#232;re de Pierre l'humiliation inflig&#233;e au jongleur samaritain au sein m&#234;me de Rome, o&#249; il avait os&#233; se poser comme rival du Vicaire du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;shonneur de l'h&#233;r&#233;siarque, aussi bien que son sang, avait rejailli jusque sur l'empereur. La curiosit&#233; et la malveillance n'avaient qu'&#224; s'unir, pour appeler sur la personne de Pierre une attention qui pouvait devenir funeste. Que l'on ajoute &#224; cela le p&#233;ril signal&#233; par saint Paul, &#171; le p&#233;ril des faux fr&#232;res &#187; ; les froissements in&#233;vitables dans une soci&#233;t&#233; aussi nombreuse que l'&#233;tait d&#233;j&#224; celle des chr&#233;tiens ; la n&#233;cessit&#233; de m&#233;contenter les &#226;mes vulgaires, lorsqu'on ne doit consulter que les int&#233;r&#234;ts les plus &#233;lev&#233;s dans le choix toujours d&#233;licat des d&#233;positaires d'une haute confiance : on s'expliquera alors ce que saint Cl&#233;ment, t&#233;moin du martyre des Ap&#244;tres, atteste dans sa lettre aux Corinthiens, que &#171; les rivalit&#233;s et les jalousies &#187; eurent grande part au d&#233;nouement tragique des suspicions que l'autorit&#233; avait fini par concevoir au sujet de ce Juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#233;t&#233; filiale des chr&#233;tiens de Rome s'alarma, et ils suppli&#232;rent le vieillard de se soustraire au danger par une fuite momentan&#233;e. &#171; Bien qu'il e&#251;t pr&#233;f&#233;r&#233; souffrir &#187;, dit saint Ambroise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contra Auxent.&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Pierre s'acheminait sur la voie Appienne. Il &#233;tait arriv&#233; pr&#232;s de la porte Cap&#232;ne, lorsque tout &#224; coup se pr&#233;sente &#224; lui le Christ entrant lui-m&#234;me dans la ville. &#171; Seigneur, o&#249; allez-vous ? &#187; s'&#233;crie l'Ap&#244;tre. &#8212; &#171; A Rome, r&#233;pond le Christ, pour y &#234;tre de nouveau crucifi&#233; &#187;. Le disciple comprit le Ma&#238;tre ; il revint sur ses pas, n'ayant plus qu'&#224; attendre l'heure de son martyre. Cette sc&#232;ne tout &#233;vang&#233;lique exprimait la suite des desseins du Sauveur sur son disciple. Afin de fonder l'unit&#233; dans l'&#201;glise chr&#233;tienne, il avait &#233;tendu &#224; ce disciple son nom proph&#233;tique de Pierre ; maintenant c'&#233;tait jusqu'&#224; sa croix dont il allait le faire participant. Rome allait avoir son Calvaire, comme J&#233;rusalem qu'elle rempla&#231;ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la fuite du chef de l'&#201;glise, une bandelette qui liait une de ses jambes &#233;tait tomb&#233;e &#224; terre, et elle fut ramass&#233;e avec respect par un disciple. On &#233;leva sur place un monument d&#232;s les premiers si&#232;cles, pour en conserver la m&#233;moire. C'est l'&#233;glise des saints N&#233;r&#233;e et Achill&#233;e, appel&#233;e dans l'antiquit&#233; Titulus fasciol&#339;, le Titre de la bandelette. Selon les desseins de la Providence, l'humble fasciola &#233;tait destin&#233;e &#224; rappeler la glorieuse et m&#233;morable rencontre, o&#249; le Christ en personne s'&#233;tait trouv&#233; en face de son Ap&#244;tre aux portes de Rome, lui annon&#231;ant que la croix &#233;tait proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre d&#232;s lors disposa toutes choses en vue de sa fin prochaine. Ce fut alors qu'il &#233;crivit sa seconde &#201;p&#238;tre, qui est comme son testament et ses adieux &#224; l'&#201;glise. Il y annonce que le terme de sa vie est arriv&#233;, et compare son corps &#224; un abri passager que l'on d&#233;monte, pour &#233;migrer ailleurs. &#171; Bient&#244;t, dit-il, ma tente sera d&#233;tendue, ainsi que me l'a signifi&#233; notre Seigneur J&#233;sus-Christ lui-m&#234;me &#187;. L'allusion &#224; l'apparition sur la voie Appienne est ici &#233;vidente. Mais Pierre, avant de sortir de ce monde, avait encore &#224; se pr&#233;occuper de la transmission de sa charge pastorale et &#224; pourvoir au besoin de l'&#201;glise, qui bient&#244;t allait &#234;tre veuve de son chef. C'est dans cette intention qu'il ajoute : &#171; J'aurai soin qu'apr&#232;s ma mort, vous soyez en mesure de vous rappeler mes enseignements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelles mains passeraient les clefs que Pierre avait re&#231;ues du Christ, en signe de son pouvoir sur le troupeau tout entier ? Linus &#233;tait depuis plus de dix ans l'auxiliaire de l'Ap&#244;tre au sein de la chr&#233;tient&#233; de Rome ; l'accroissement du peuple fid&#232;le avait amen&#233; Pierre &#224; lui donner un coll&#232;gue dans la personne de Cl&#233;tus ; ce n'&#233;tait cependant ni sur l'un, ni sur l'autre, que devait s'arr&#234;ter le choix de l'Ap&#244;tre, en ce moment solennel, o&#249; il allait remplir l'engagement qu'il avait pris dans la lettre de ses adieux, de pourvoir &#224; la continuation de son minist&#232;re. Cl&#233;ment, que la noblesse de son origine recommandait &#224; la consid&#233;ration des Romains, en m&#234;me temps que son z&#232;le et sa doctrine lui m&#233;ritaient l'estime des fid&#232;les, fut celui sur lequel s'arr&#234;ta la pens&#233;e du prince des Ap&#244;tres. Dans les derniers jours qui lui restaient encore, Pierre lui imposa les mains, et l'ayant ainsi rev&#234;tu du caract&#232;re &#233;piscopal, il l'intronisa dans sa propre Chaire, et d&#233;clara son intention de l'avoir pour successeur. Ces faits, rapport&#233;s dans le Liber pontificalis, sont confirm&#233;s par le t&#233;moignage de Tertullien et de saint &#201;piphane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la qualit&#233; d'&#233;v&#234;que de Rome entra&#238;nait celle de pasteur universel ; et Pierre devait laisser l'h&#233;ritage des clefs divines &#224; celui qui occuperait apr&#232;s lui le si&#232;ge que lui-m&#234;me occupait au moment de sa mort. Ainsi l'avait ordonn&#233; le Christ ; et l'inspiration c&#233;leste avait amen&#233; Pierre &#224; choisir Rome pour sa derni&#232;re station, Rome pr&#233;par&#233;e de longue main par la divine Providence &#224; l'empire universel. De l&#224; advint qu'au moment o&#249; la supr&#233;matie de Pierre passa &#224; l'un de ses disciples, aucun &#233;tonnement ne se manifesta dans l'&#201;glise. On savait que la Primaut&#233; devait &#234;tre un h&#233;ritage local, et on n'ignorait pas que la localit&#233; dont Pierre avait fait choix depuis longues ann&#233;es d&#233;j&#224;, &#233;tait Rome elle-m&#234;me. Apr&#232;s la mort de Pierre, il ne vint en pens&#233;e &#224; aucun chr&#233;tien de chercher le centre de l'&#201;glise soit &#224; J&#233;rusalem, soit &#224; Alexandrie, soit &#224; Antioche, soit ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chr&#233;tient&#233; de Rome tenait compte &#224; son chef du paternel d&#233;vouement dont il s'&#233;tait montr&#233; prodigue envers elle. De l&#224; ces alarmes, auxquelles l'Ap&#244;tre consentit un jour &#224; c&#233;der. Les &#201;p&#238;tres de Pierre, si affectueuses, rendent t&#233;moignage de la tendresse d'&#226;me qu'il avait re&#231;ue &#224; un si haut degr&#233;. Il y est constamment le Pasteur d&#233;vou&#233; aux brebis, craignant par-dessus tout les airs de domination ; c'est le d&#233;l&#233;gu&#233; qui sans cesse s'efface, pour ne laisser apercevoir que la grandeur et les droits de celui qu'il doit repr&#233;senter. Cette ineffable modestie est encore accrue chez Pierre par le souvenir qu'il conserva toute sa vie, ainsi que le rapportent les anciens, de la faute qu'il avait commise et qu'il pleura jusque dans les derniers jours de sa vieillesse. Fid&#232;le &#224; cet amour sup&#233;rieur dont son Ma&#238;tre divin avait exig&#233; de sa part une triple affirmation, avant de lui remettre le soin de son troupeau, il supporta, sans fl&#233;chir, les immenses labeurs de sa charge de p&#234;cheur d'hommes. Une circonstance de sa vie, qui se rapporte &#224; la derni&#232;re p&#233;riode, r&#233;v&#232;le d'une mani&#232;re touchante le d&#233;vouement qu'il gardait &#224; celui qui avait daign&#233; l'appeler &#224; sa suite, et pardonner &#224; sa faiblesse. Cl&#233;ment d'Alexandrie nous a conserv&#233; le trait suivant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Stromat. VII.&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre appel&#233; &#224; l'apostolat, Pierre avait v&#233;cu dans la vie conjugale. D&#232;s lors sa femme ne fut plus pour lui qu'une s&#339;ur ; mais elle s'attacha &#224; ses pas, et le suivit dans ses p&#233;r&#233;grinations pour le servir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. IX.&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle se trouvait &#224; Rome, lorsque s&#233;vissait la pers&#233;cution de N&#233;ron, et l'honneur du martyre la vint chercher. Pierre la vit marcher au triomphe, et &#224; ce moment sa sollicitude pour elle se traduisit dans cette seule exclamation : &#171; Oh ! souviens-toi du Seigneur &#187;. Ces deux Galil&#233;ens avaient vu le Seigneur, ils l'avaient re&#231;u dans leur maison, ils l'avaient fait asseoir &#224; leur table. Depuis, le divin Pasteur avait souffert la croix, il &#233;tait ressuscit&#233;, il &#233;tait mont&#233; aux cieux, laissant le soin de sa bergerie au p&#234;cheur du lac de G&#233;n&#233;sareth. Qu'avait &#224; faire &#224; ce moment l'&#233;pouse de Pierre ? si ce n'est de repasser de tels souvenirs, et de s'&#233;lancer vers celui qu'elle avait connu sous les traits de l'humanit&#233;, et qui s'appr&#234;tait &#224; couronner sa vie obscure d'une gloire immortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment d'entrer dans cette gloire &#233;tait enfin arriv&#233; pour Pierre lui-m&#234;me. &#171; Lorsque tu seras devenu vieux, lui avait dit myst&#233;rieusement son Ma&#238;tre, tu &#233;tendras les mains : un autre alors te ceindra, et te conduira l&#224; o&#249; tu ne veux pas &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XX.&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pierre devait donc atteindre un &#226;ge avanc&#233; ; comme son Ma&#238;tre, il &#233;tendrait les bras sur une croix ; il conna&#238;trait la captivit&#233; et le poids des cha&#238;nes dont une main &#233;trang&#232;re le garrotterait ; il subirait violemment cette mort que la nature repousse, et boirait ce calice dont son Ma&#238;tre lui-m&#234;me avait demand&#233; d'&#234;tre d&#233;livr&#233;. Mais, comme son Ma&#238;tre aussi, il se rel&#232;verait, fort du secours divin, et marcherait avec ardeur vers la croix. L'oracle allait s'accomplir &#224; la lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au jour marqu&#233; par les desseins de Dieu, la puissance pa&#239;enne donna l'ordre de mettre la main sur l'Ap&#244;tre. Les d&#233;tails nous manquent quant aux proc&#233;dures judiciaires qui suivirent son arrestation, mais la tradition de l'&#201;glise romaine est qu'il fut enferm&#233; dans la prison Mamertine. On a donn&#233; ce nom au cachot que fit construire Ancus Martius au pied du mont Capitolin, et qui fut ensuite compl&#233;t&#233; par Servius Tullius, d'o&#249; lui est venu le nom de carcer Tullianus. Deux escaliers ext&#233;rieurs, appel&#233;s les G&#233;monies, conduisaient &#224; cet affreux r&#233;duit. Un cachot sup&#233;rieur donnait entr&#233;e &#224; celui qui devait recevoir le prisonnier, et ne le rendre que mort, &#224; moins qu'on ne le destin&#226;t &#224; un supplice public. Pour l'introduire dans ce terrible s&#233;jour, il fallait le descendre, &#224; l'aide de cordes, par une ouverture pratiqu&#233;e dans la vo&#251;te, et qui servait aussi &#224; le remonter, quel que f&#251;t son sort. La vo&#251;te &#233;tant assez &#233;lev&#233;e et les t&#233;n&#232;bres compl&#232;tes dans le cachot, la garde d'un prisonnier, charg&#233; d'ailleurs de lourdes cha&#238;nes, &#233;tait facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le 29 juin de l'ann&#233;e 67, que Pierre fut tir&#233; de son cachot pour &#234;tre conduit &#224; la mort. Selon la loi romaine, il subit d'abord la flagellation, qui &#233;tait le pr&#233;lude du supplice des condamn&#233;s &#224; la peine capitale. Une escorte de soldats conduisit l'Ap&#244;tre au lieu de son martyre, en dehors des murs de la ville, comme le voulait aussi la loi romaine. Pierre, marchant au supplice, &#233;tait suivi d'un grand nombre de fid&#232;les que l'affection encha&#238;nait &#224; ses pas, et qui bravaient ainsi tous les p&#233;rils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du Tibre, en face du Champ de Mars, s'&#233;tendait une vaste plaine &#224; laquelle conduisait le pont appel&#233; Triomphal. Ce pont mettait en communication avec la ville les deux voies Triomphale et Corn&#233;lia, qui toutes deux se dirigeaient vers le nord. &#192; partir du fleuve, la plaine &#233;tait born&#233;e &#224; gauche par le Janicule, au fond par les monts Vaticans, dont la cha&#238;ne se continuait &#224; droite en amphith&#233;&#226;tre. Pr&#232;s de la rive du Tibre, le terrain &#233;tait occup&#233; par d'immenses jardins, ceux-l&#224; m&#234;mes dont N&#233;ron avait fait, trois ann&#233;es auparavant, dans ces m&#234;mes jours, le principal th&#233;&#226;tre de l'immolation des chr&#233;tiens. &#192; l'ouest de la plaine Vaticane, et au-del&#224; des jardins de N&#233;ron, &#233;tait un cirque de vaste &#233;tendue, que l'on d&#233;signe ordinairement sous le nom de ce prince, bien qu'il ait d&#251; sa premi&#232;re origine &#224; Caligula, qui fit apporter d'&#201;gypte l'ob&#233;lisque destin&#233; &#224; marquer le point central du monument. En dehors du cirque, vers son extr&#233;mit&#233;, s'&#233;levait un temple d'Apollon, divinit&#233; protectrice des jeux publics. &#192; l'autre extr&#233;mit&#233; commen&#231;ait la d&#233;clivit&#233; des monts Vaticans, et vers le milieu, en face de l'ob&#233;lisque, &#233;tait plant&#233; un t&#233;r&#233;binthe connu du peuple. L'emplacement d&#233;sign&#233; pour le supplice de Pierre &#233;tait pr&#232;s de ce t&#233;r&#233;binthe. C'&#233;tait l&#224; &#233;galement que sa tombe &#233;tait pr&#233;par&#233;e. Nul endroit de Rome ne convenait mieux &#224; une fin si auguste. De tout temps quelque chose de myst&#233;rieux avait plan&#233; sur le Vatican. Les Romains y consid&#233;raient avec respect un vieux ch&#234;ne, que d'antiques traditions disaient ant&#233;rieur &#224; la fondation de Rome. On parlait d'oracles qui s'&#233;taient fait entendre en ces lieux. Et quel emplacement convenait mieux pour son repos &#224; ce vieillard qui &#233;tait venu conqu&#233;rir Rome, qu'un hypog&#233;e sous ce sol v&#233;n&#233;r&#233;, ouvrant sur la voie Triomphale et s'&#233;tendant jusqu'&#224; la voie Corn&#233;lia, unissant ainsi les souvenirs de Rome victorieuse et le nom des Cornelii devenu ins&#233;parable de celui de Pierre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de possession de ces lieux par le Vicaire de l'Homme-Dieu avait une souveraine grandeur. L'Ap&#244;tre &#233;tait arriv&#233; pr&#232;s de l'instrument de son supplice. Ce fut alors qu'il pria les bourreaux de l'y &#233;tablir la t&#234;te en bas, et non &#224; la mani&#232;re ordinaire, afin, dit-il, que l'on ne v&#238;t pas le serviteur dans la m&#234;me attitude qui avait convenu au Ma&#238;tre. La demande fut accord&#233;e, et la tradition chr&#233;tienne tout enti&#232;re rend t&#233;moignage de ce fait qui atteste, &#224; la suite de tant d'autres, la profonde modestie d'un si grand Ap&#244;tre. Pierre, les bras &#233;tendus sur le bois du sacrifice, pria pour la ville et pour le monde, tandis que son sang s'&#233;panchait sur le sol romain dont il achevait la conqu&#234;te. A ce moment, Rome &#233;tait devenue pour jamais la nouvelle J&#233;rusalem. Apr&#232;s que l'Ap&#244;tre eut parcouru en entier le cycle de ses souffrances, il expira ; mais il devait revivre dans chacun de ses successeurs jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plus que de coutume se presse la foule en f&#234;te ; dis-moi, ami, quel est ce concours : tout Rome en all&#233;gresse s'agite en divers sens. &#8212; C'est que le pr&#233;sent jour ram&#232;ne le souvenir de plus d'un triomphe : Pierre et Paul, vainqueurs tous deux dans un tr&#233;pas sublime, ennoblirent autrefois cette journ&#233;e de leur sang. Sacr&#233; sur ses deux rives depuis qu'il coule entre leurs tombes, le Tibre fut t&#233;moin de la croix et du glaive. Double troph&#233;e, doubles richesses, r&#233;clamant le culte de la cit&#233; reine ; double solennit&#233; dans un jour unique. Aussi, vois en deux courants le peuple de Romulus se croiser dans la ville enti&#232;re. H&#226;tons le pas pour suffire aux deux f&#234;tes ; ne perdons rien des hymnes saintes. Suivons d'abord la voie qui m&#232;ne au del&#224; du pont d'Adrien : sur la rive droite, ces toits dor&#233;s nous montrent o&#249; Pierre repose. L&#224;, d&#232;s le matin, le Pontife offre ses premiers v&#339;ux. Puis bient&#244;t, regagnant la rive gauche, il vient au tombeau de Paul c&#233;l&#233;brer un nouveau Sacrifice. Toi-m&#234;me donc, souviens-toi qu'ainsi l'on honore ce jour deux fois sacr&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prudent. Peristeph. Hymn. XII.&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Prudence, le grand po&#232;te chr&#233;tien du IVe si&#232;cle, qui se fait ici le t&#233;moin de l'enthousiasme avec lequel on c&#233;l&#233;brait &#224; Rome, de son temps, la solennit&#233; des saints Ap&#244;tres. Th&#233;odoret&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#339;c. aff. cur. Disput. VIII.&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, saint Ast&#232;re d'Amas&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Homil. VIII.&#034; id=&#034;nh2-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous apprennent que la pi&#233;t&#233; des fid&#232;les n'&#233;tait pas moindre en cette f&#234;te jusque dans les &#233;glises les plus lointaines de la Syrie et de l'Asie. Dans les Codes qui portent leurs noms, Th&#233;odose et Justinien &#233;tablissent ou rappellent la prohibition qui frappe le travail ou le n&#233;goce, les proc&#233;dures et les spectacles profanes, au jour du martyre des Ap&#244;tres, ma&#238;tres de toute la chr&#233;tient&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cod. Theod. Lib. XV, tit. V, leg. 5.&#034; id=&#034;nh2-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur ce terrain, le schisme et l'h&#233;r&#233;sie ne devaient pas pr&#233;valoir en Orient contre la reconnaissance et l'amour. Plus pr&#232;s de nous, jusqu'au milieu des ruines amoncel&#233;es par la pr&#233;tendue R&#233;forme, on vit l'Angleterre protestante conserver la f&#234;te du 29 juin avec le je&#251;ne de sa vigile ; toutefois, ph&#233;nom&#232;ne &#233;trange, peu en rapport avec les tendances de l'&#201;glise &#233;tablie, saint Paul alors dut s'effacer pour laisser place enti&#232;re &#224; celui dont l'&#233;v&#234;que de Rome est le successeur ; et tandis que le calendrier anglican ne garde plus du premier d'autre souvenir que celui de sa conversion au 25 janvier, il continue de porter &#224; la date de ce jour le nom seul de Pierre : c'est de lui seul &#233;galement qu'il est fait mention dans tout l'Office.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me de Prudence, que nous citions plus haut, fait ressortir la difficult&#233; qu'il y avait pour le peuple romain &#224; ne rien perdre de la double Station de ce jour. La distance est grande, en effet, de la basilique Vaticane &#224; celle de la voie d'Ostie ; et les deux courants dont parle le po&#232;te indiquent assez qu'un grand nombre de p&#232;lerins, faute de pouvoir se trouver aux deux Messes solennelles, &#233;taient r&#233;duits &#224; choisir. Ajoutons que la nuit pr&#233;c&#233;dente n'avait pas &#233;t&#233;, elle non plus, sans fatigue, si d&#232;s lors, ainsi qu'il conste pour les si&#232;cles suivants, les Matines des Ap&#244;tres, commenc&#233;es au cr&#233;puscule, y &#233;taient suivies de celles des Martyrs au premier chant du coq&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomasius, Distributio psalm. ad Opus Dei juxta antiquior. psall. morem (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Saint Gr&#233;goire le Grand, voulant donc &#233;pargner &#224; son peuple et aux clercs une accumulation qui tournait au d&#233;triment de l'honneur m&#234;me rendu aux deux princes des Ap&#244;tres, renvoya au lendemain la Station de la voie d'Ostie et la solennelle m&#233;moire du Docteur des nations. En cons&#233;quence, on ne s'&#233;tonnera pas que, sauf dans la Collecte, commune aux deux Ap&#244;tres, les formules chant&#233;es de la Messe qui va suivre se rapportent exclusivement &#224; saint Pierre : cette Messe n'&#233;tait dans l'origine que la premi&#232;re de ce jour, celle qui se c&#233;l&#233;brait au matin sur le tombeau du Vicaire de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;pouse resplendit sous la pourpre sacr&#233;e, teinte deux fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ex. XXV, 4 ; etc.&#034; id=&#034;nh2-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aujourd'hui dans le bain d'un sang g&#233;n&#233;reux. Tandis que le Pontife s'avance vers l'autel, entour&#233; des divers Ordres de l'&#201;glise qui lui font un cort&#232;ge auguste, le ch&#339;ur des chantres entonne l'Antienne d'Intro&#239;t et l'alterne avec les versets du Psaume CXXXVIII. Ce Psaume, que l'on trouvera plus loin tout entier aux secondes V&#234;pres, est principalement choisi pour honorer les saints Ap&#244;tres, &#224; cause des paroles de son verset dix-septi&#232;me : &#171; Pour moi, vos amis sont honor&#233;s jusqu'&#224; l'exc&#232;s, &#244; Dieu ; leur puissance s'est accrue par del&#224; toute limite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Collecte, qui revient terminer chacune des Heures de l'Office divin, est la formule principale de pri&#232;re qu'emploie l'&#201;glise chaque jour. C'est dans cette formule solennelle qu'on doit chercher sa pens&#233;e. La suivante nous indique que l'&#201;glise entend bien c&#233;l&#233;brer conjointement aujourd'hui les deux princes des Ap&#244;tres, et ne les pas s&#233;parer dans sa pi&#233;t&#233; reconnaissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de revenir avec plus d'insistance que ne le fait la Liturgie de ce jour, sur l'&#233;pisode de la captivit&#233; de saint Pierre &#224; J&#233;rusalem. Plusieurs Antiennes et tous les Capitules de l'Office en sont tir&#233;s ; l'Intro&#239;t le chantait tout &#224; l'heure ; et voici que l'&#201;p&#238;tre nous donne en son entier le r&#233;cit qui int&#233;resse si particuli&#232;rement aujourd'hui, semble-t-il, l'&#201;glise de Dieu. Le secret d'une telle pr&#233;f&#233;rence est ais&#233; &#224; d&#233;couvrir. Cette f&#234;te est celle o&#249; la mort de Pierre confirme la reine des nations dans ses augustes pr&#233;rogatives de Souveraine, de M&#232;re et d'&#201;pouse ; mais quel fut le point de d&#233;part de ces grandeurs, sinon le moment solennel entre tous o&#249; le Vicaire de l'Homme-Dieu, secouant sur J&#233;rusalem la poussi&#232;re de ses pieds&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. X, 11.&#034; id=&#034;nh2-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tourna vers l'Occident son visage, et transf&#233;ra dans Rome les droits de la synagogue r&#233;pudi&#233;e ? Or c'est &#224; sa sortie de la prison d'H&#233;rode, qu'eut lieu ce grand fait. Et sortant de la ville, il s'en alla, disent les Actes, en un autre lieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. XII, 17.&#034; id=&#034;nh2-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet autre lieu, d'apr&#232;s le t&#233;moignage de l'histoire et de toute la tradition, c'&#233;tait la ville appel&#233;e &#224; devenir la nouvelle Sion ; c'&#233;tait Rome, o&#249;, quelques semaines apr&#232;s, abordait Simon Pierre. Aussi, reprenant la parole de l'ange dans un des R&#233;pons de l'Office des Matines, la gentilit&#233; chantait cette nuit : &#171; L&#232;ve-toi, Pierre, et rev&#234;ts tes v&#234;tements : ceins-toi de force, pour sauver les nations ; car les cha&#238;nes sont tomb&#233;es de tes mains &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respons. 2um Ii Nocturni.&#034; id=&#034;nh2-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme autrefois J&#233;sus dans la barque pr&#234;te &#224; sombrer, Pierre dormait tranquillement &#224; la veille du jour o&#249; il devait mourir. La temp&#234;te, les dangers de toutes sortes, ne seront point m&#233;nag&#233;s dans le cours des &#226;ges aux successeurs de Pierre. Mais on ne verra plus, sur le vaisseau de l'&#201;glise, l'effarement qui s'&#233;tait empar&#233; des compagnons du Seigneur dans l'esquif que soulevait l'ouragan. La foi manquait alors aux disciples, et c'&#233;tait son absence qui causait leurs terreurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc, IV, 40.&#034; id=&#034;nh2-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais depuis la descente de l'Esprit divin, cette foi pr&#233;cieuse, d'o&#249; d&#233;coulent tous les dons, est inamissible dans l'&#201;glise. Elle donne aux chefs le calme du Ma&#238;tre ; elle entretient au c&#339;ur du peuple fid&#232;le la pri&#232;re ininterrompue, dont l'humble confiance triomphe silencieusement du monde, des &#233;l&#233;ments et de Dieu lui-m&#234;me. S'il arrive que la barque de Pierre c&#244;toie des ab&#238;mes, le pilote sembl&#226;t-il endormi, l'&#201;glise n'imitera pas les disciples sous la tourmente du lac de G&#233;n&#233;sareth. Elle ne se fera point juge du temps et des moyens de la Providence, ni ne se croira permis de reprendre tumultuairement celui qui doit veiller pour tous : se souvenant que, pour d&#233;nouer sans bruit, les situations les plus extr&#234;mes, elle poss&#232;de un moyen meilleur et plus s&#251;r ; n'ignorant point que, si l'intercession ne fait pas d&#233;faut, l'ange du Seigneur viendra lui-m&#234;me au temps voulu r&#233;veiller Pierre et briser ses cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! combien quelques &#226;mes sachant prier sont plus puissantes, en leur simplicit&#233; ignor&#233;e, que la politique et les soldats de tous les H&#233;rodes du monde ! La petite communaut&#233; rassembl&#233;e dans la maison de Marie m&#232;re de Marc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. XII, 12.&#034; id=&#034;nh2-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tait bien peu nombreuse ; mais d'elle, jour et nuit, s'&#233;levait en pri&#232;re ; par bonheur, on n'y connaissait point le naturalisme fatal qui, sous le beau pr&#233;texte de ne pas tenter Dieu, se refuse &#224; lui demander l'impossible, quand l'int&#233;r&#234;t de son &#201;glise est en jeu : ennemi domestique, plus lourd &#224; porter, dans les temps de crise, que ne l'est la crise m&#234;me ! Certes, les pr&#233;cautions d'H&#233;rode Agrippa pour ne point laisser &#233;chapper son prisonnier faisaient honneur &#224; sa prudence, et, &#224; coup s&#251;r, c'&#233;tait l'impossible que r&#233;clamait l'&#201;glise en demandant la d&#233;livrance de Pierre : si bien que ceux-l&#224; m&#234;me qui priaient alors, &#233;tant exauc&#233;s, n'en croyaient point leurs yeux. Mais leur force avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment d'esp&#233;rer contre toute esp&#233;rance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. IV, 18.&#034; id=&#034;nh2-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ce qu'eux-m&#234;mes regardaient comme folie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. XII, 14-15. Currens nuntiavit stare Petrum ante januam ; at illi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de soumettre dans leur pri&#232;re le jugement de la raison aux seules vues de la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel chante la puissance promise dans l'&#233;pithalame sacr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV.&#034; id=&#034;nh2-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aux compagnons et fils de l'&#201;poux ; eux aussi ont vu des fils nombreux remplacer les p&#232;res qu'ils avaient abandonn&#233;s pour suivre J&#233;sus. Le Verset all&#233;luiatique c&#233;l&#232;bre la pierre qui porte l'&#201;glise, dans ce grand jour qui la voit se fixer pour jamais en son lieu pr&#233;destin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rome, dans l'&#201;p&#238;tre, a c&#233;l&#233;br&#233; le jour o&#249; l'obstination de Juda, repoussant le Vicaire de l'Homme-Dieu, valut &#224; la gentilit&#233; les honneurs d'&#201;pouse. Voici maintenant que sa reconnaissante all&#233;gresse la porte &#224; rappeler l'instant heureux o&#249;, pour la premi&#232;re fois, l'&#201;poux fut salu&#233; de son titre divin par cette humanit&#233; &#224; lui fianc&#233;e d&#232;s le sein du P&#232;re. Vous &#234;tes le Christ, Fils du Dieu vivant ! Parole fortun&#233;e, attente des si&#232;cles, et que Jean-Baptiste avait pr&#233;par&#233;e ! Mais le Pr&#233;curseur lui-m&#234;me devait quitter la terre, avant qu'elle ne v&#238;nt &#233;veiller les &#233;chos d'un monde longtemps assoupi. Son r&#244;le &#224; lui &#233;tait de mettre en pr&#233;sence le Verbe et l'&#201;glise ; apr&#232;s quoi, comme il fit, devait-il aussit&#244;t dispara&#238;tre, laissant l'&#201;pouse &#224; la spontan&#233;it&#233; de ses effusions. Mais la premi&#232;re excellence du Bien-Aim&#233; que rel&#232;ve l'&#201;pouse au sacr&#233; Cantique, n'est-elle pas l'or tr&#232;s pur de la divinit&#233; dont sa t&#234;te est orn&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. I, 11 ; I Cor. XI, 3.&#034; id=&#034;nh2-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Ainsi fait-elle dans les champs de C&#233;sar&#233;e de Philippe ; et son organe est Simon fils de Jean, qui, pour avoir en cette sorte traduit son c&#339;ur, reste &#224; jamais la bouche de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amour et foi, faisant de concert explosion, constituent Pierre en ce moment la supr&#234;me et tr&#232;s antique sommit&#233; des th&#233;ologiens, comme l'appelle saint Denys dans son livre des Noms divins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dionys, De div. Nom. III, 2.&#034; id=&#034;nh2-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le premier, en effet, dans l'ordre du temps comme pour la pl&#233;nitude du dogme, il r&#233;sout le probl&#232;me dont la formule sans solution avait &#233;t&#233; le supr&#234;me effort de la th&#233;ologie des si&#232;cles proph&#233;tiques. &#171; Paroles de celui qui assemble les peuples, disait alors le Sage, paroles du fils de celui qui r&#233;pand les v&#233;rit&#233;s ; vision qu'a rapport&#233;e l'homme avec qui Dieu demeure. Fortifi&#233; par Dieu habitant avec lui, voici ce qu'il trouve &#224; dire : &#171; J'ignore la vraie Sagesse. Qui est mont&#233; au ciel et en est descendu, pour savoir appeler par son nom celui qui a fait la terre ? Et le nom de son fils ? qui le conna&#238;t pour le dire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXX, 1-4.&#034; id=&#034;nh2-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Et apr&#232;s si solennel exorde amenant la question myst&#233;rieuse, le Sage, sans poursuivre plus outre, concluait dans une r&#233;serve confiante et craintive : &#171; Toute parole du Seigneur est de flamme ; soyez fort de votre esp&#233;rance en lui. Mais gardez-vous d'ajouter rien &#224; ses oracles, de peur que vous ne donniez &#171; prise &#224; r&#233;primande et ne soyez trouv&#233; menteur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXX, 5-6.&#034; id=&#034;nh2-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi donc, &#244; Pierre, &#234;tes-vous plus sage que Salomon ? Et ce que l'Esprit-Saint d&#233;clarait au-dessus de toute science, serait-il le secret d'un pauvre p&#234;cheur ? Il est ainsi. Nul ne conna&#238;t le Fils que le P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XI, 27.&#034; id=&#034;nh2-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais le P&#232;re m&#234;me a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; Simon le myst&#232;re de son Fils, et la parole qui en fait foi n'est point sujette &#224; r&#233;primande. Car elle n'est pas une addition mensong&#232;re aux dogmes divins : oracle des cieux passant par une bouche humaine, elle &#233;l&#232;ve son heureux interpr&#232;te au-dessus de la chair et du sang. Comme le Christ dont elle lui vaut de devenir le Vicaire, il aura pour unique mission d'&#234;tre un fid&#232;le &#233;cho du ciel ici-bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 15.&#034; id=&#034;nh2-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, donnant aux hommes ce qu'il re&#231;oit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XVII, 18.&#034; id=&#034;nh2-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la parole du P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 14.&#034; id=&#034;nh2-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est tout le myst&#232;re de l'&#201;glise, &#224; la fois de la terre et du ciel, et contre laquelle l'enfer ne pr&#233;vaudra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rites du Sacrifice se poursuivent dans leur grandiose majest&#233;. Tandis que les &#233;chos de la basilique retentissent encore des accents du sublime Credo qu'ont pr&#234;ch&#233; les Ap&#244;tres, et qui s'appuie sur Pierre, l'&#201;glise s'est lev&#233;e, apportant ses dons &#224; l'autel. A la vue de ce long d&#233;fil&#233; des peuples et de leurs rois qui se succ&#232;dent durant les si&#232;cles, rendant redevance et hommage en ce jour au p&#234;cheur crucifi&#233;, le ch&#339;ur reprend sous une m&#233;lodie nouvelle le verset du Psaume qui, au Graduel, a d&#233;j&#224; exalt&#233; la sur&#233;minence de cette principaut&#233; cr&#233;&#233;e par le Christ en faveur des messagers de son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dons de la terre n'ont rien, par eux-m&#234;mes, qui puisse les faire agr&#233;er du ciel. Aussi l'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, implore l'intervention de la pri&#232;re apostolique pour rendre acceptable son offrande ; c'est cette pri&#232;re des Ap&#244;tres qui, aujourd'hui encore, et toujours, est notre s&#251;r refuge et le rem&#232;de de nos mis&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'exprime &#233;galement la belle Pr&#233;face qui suit. Le Pasteur &#233;ternel ne saurait abandonner son troupeau ; mais il continue de le garder par les bienheureux Ap&#244;tres, pasteurs eux-m&#234;mes, et toujours guides pour lui du peuple chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise exp&#233;rimente, au saint banquet, l'&#233;troite relation du Myst&#232;re d'amour et de la grande unit&#233; catholique fond&#233;e sur la pierre. Elle chante &#224; nouveau : Tu es Pierre, et sur cette pierre je b&#226;tirai mon &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Postcommunion revient sur la puissance de la pri&#232;re apostolique, comme sauvegarde et boulevard des chr&#233;tiens que nourrit le c&#233;leste aliment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES SECONDES V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande des journ&#233;es de la ville &#233;ternelle avance dans son cours ; le solennel Office des V&#234;pres r&#233;unit les fid&#232;les pr&#232;s de la tombe o&#249; repose, apr&#232;s le labeur du Sacrifice qu'il vient d'accomplir, le Vicaire de l'Homme-Dieu. Cependant ce n'est plus de labeur, ce n'est plus de prison ni de cha&#238;nes, qu'il est question dans les chants de la sainte &#201;glise : l'&#339;uvre est achev&#233;e ; Pierre a fini sa vie militante ; et des mille phases qu'elle a travers&#233;es, du grand combat qui l'a termin&#233;e, il ne reste plus que l'&#233;ternel triomphe. Aussi la Liturgie sacr&#233;e ne reviendra pas, comme hier et ce matin, sur les faits de l'histoire de Simon fils de Jean, &#233;pisodes glorieux, mais qui n'&#233;taient que les pr&#233;liminaires de la victoire finale remport&#233;e en ce jour. La louange du soir va c&#233;l&#233;brer les r&#233;sultats acquis, dans leur imposante et immuable grandeur. Les cinq Psaumes qui suivent, accompagn&#233;s de leurs Antiennes, sont devenus par extension ceux des secondes V&#234;pres de tous les Ap&#244;tres ; mais ils s'appliquent d'abord &#224; Pierre et &#224; Paul, son illustre compagnon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre, s'offrant lui-m&#234;me, est entr&#233; dans le Saint des Saints, au sanctuaire des cieux. Parvenu dans son sang au del&#224; du voile, il s'entend confirmer pour jamais le sacerdoce supr&#234;me qui a fait de lui, aujourd'hui, la reproduction tr&#232;s parfaite de J&#233;sus le souverain Pr&#234;tre. L'&#201;glise de la terre et celle du ciel chantent &#224; la fois &#224; son honneur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;i&gt;On trouvera le texte des 2ndes V&#234;pres &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article206' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Commentaires des cinq psaumes et antiennes de l'Ann&#233;e Liturgique :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e de ce Pontife nouveau, plus grand qu'Aaron et qui tient de si pr&#232;s au Christ leur chef, les c&#233;lestes hi&#233;rarchies ont ouvert leurs rangs, saluant sa principaut&#233;, qui n'a rien &#224; envier &#224; la leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux qu'au sortir de la prison d'H&#233;rode, Pierre peut maintenant s'&#233;crier &#224; Dieu : &#171; Vous avez bris&#233; mes liens &#187;. Et, tout aussit&#244;t, commen&#231;ant, dans l'union &#224; J&#233;sus, sa fonction de Pontife &#233;ternel, il ajoute : &#171; Je vous sacrifierai l'hostie de ma louange &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, tel doit &#234;tre pour tous l'encouragement de cette f&#234;te auguste : ceux qui s&#232;ment pr&#233;sentement dans les larmes, ont &#224; se dire qu'un jour ils moissonneront, eux aussi, dans la joie. Pierre et Paul ont pein&#233; plus qu'eux par les chemins de cette vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aujourd'hui, dans ce jour sans couchant qui s'est lev&#233; pour les deux Ap&#244;tres, apr&#232;s la marche, apr&#232;s la fatigue et les larmes, c'est l'&#233;ternel repos avec la puissance et la gloire de Dieu lui-m&#234;me. Car Dieu qui d&#233;j&#224; les appelait ses amis d&#232;s ce monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 14-15.&#034; id=&#034;nh2-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les met &#224; ce titre, dans l'autre, en participation de tous ses biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise rel&#232;ve ensuite, dans le Verset, la divine science que les Ap&#244;tres ont re&#231;ue et communiqu&#233;e &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne qui suit, est digne de couronner les chants consacr&#233;s par la reine des nations &#224; honorer ses deux princes. La m&#233;lodie dont elle est accompagn&#233;e, s'adapte noblement au r&#233;sum&#233; triomphal des &#233;v&#233;nements qui rendent ce jour &#224; jamais illustre pour la terre et les cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pendant &#224; la glorieuse Antienne qui vient d'accompagner le chant du Magnificat, nous placerons ici la suivante, d'une composition si suave, et qui &#233;tait aim&#233;e de nos p&#232;res autrefois comme elle m&#233;ritait de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ANTIENNE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dum duceretur Petrus Apostolus ad crucem, repletus gaudio magno, dixit : Non sum dignus ita esse in cruce, sicut Dominus meus, qui de Spiritu Sancto conceptus est, me autem de limo terr&#230; ipse formavit : nam crux mea caput meum in terra debet ostendere. At illi verterunt crucem, et pedes ejus sursum confixerunt, manus vero deorsum. Dum esset Petrus in cruce, venit turba multa maledicens C&#230;sarem, et fecerunt planctum magnum ante crucem. Petrus exhortabatur eos de cruce, dicens : Nolite flere, sed gaudete mecum, quia ego hodie vado vobis parare locum. Et cum hoc dixisset, ait : Gratias tibi ago, Pastor bone quia oves quas tradidisti mihi, compatiuntur mecum : peto namque, ut participentur mecum de gratia tua in sempiternum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Comme l'on conduisait Pierre l'Ap&#244;tre &#224; la croix, rempli d'une grande joie, il dit : Je ne suis pas digne d'&#234;tre sur la croix comme mon Seigneur, qui lui fut con&#231;u du Saint-Esprit, tandis que moi j'ai &#233;t&#233; form&#233; par lui du limon de la terre ; ainsi ma croix &#224; moi doit montrer ma t&#234;te en la terre. On tourna donc la croix ; on cloua ses pieds en haut et ses mains en bas. Pendant que Pierre &#233;tait en croix, vint une grande multitude maudissant C&#233;sar, et ce fut une grande lamentation devant la croix. Pierre, de la croix, exhortait tout ce peuple, et il disait : Ne pleurez pas, mais r&#233;jouissez-vous avec moi, parce que je m'en vais aujourd'hui vous pr&#233;parer une place. Et ayant dit cela, il ajouta : Bon Pasteur, je vous rends gr&#226;ces de ce que les brebis que vous m'avez confi&#233;es s'unissent de c&#339;ur &#224; mes souffrances ; faites donc, je vous en prie, qu'elles participent comme moi &#224; votre gr&#226;ce dans l'&#233;ternit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Il convient de mettre, en son entier, sous les yeux du lecteur le po&#232;me dont la strophe O felix Roma fut tir&#233;e. D'autres strophes de cette Hymne, la quatri&#232;me et la cinqui&#232;me, sont &#233;galement employ&#233;es dans les f&#234;tes des deux Chaires de saint Pierre et dans celle de saint Pierre-&#232;s-Liens.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;HYMNE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Felix per omnes festum mundi cardines &lt;br class='manualbr' /&gt;Apostolorum pr&#230;pollet alacriter &lt;br class='manualbr' /&gt;Petri beati, Paulique sanctissimi, &lt;br class='manualbr' /&gt;Quos Christus almo consecravit sanguine, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ecclesiarum deputavit principes.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;D'un p&#244;le &#224; l'autre, l'heureuse f&#234;te des Ap&#244;tres r&#233;pand la joie, &lt;br class='manualbr' /&gt;fait sentir sa puissance. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pierre le bienheureux, Paul le tr&#232;s saint, &lt;br class='manualbr' /&gt;consacr&#233;s par le Christ en l'effusion d'un sang auguste, &lt;br class='manualbr' /&gt;furent choisis par lui comme princes des &#201;glises.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hi sunt oliv&#230; du&#230; coram Domino &lt;br class='manualbr' /&gt;Et candelabra luce radiantia, &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;clara c&#339;li duo luminaria, &lt;br class='manualbr' /&gt;Fortia solvunt peccatorum vincula, &lt;br class='manualbr' /&gt;Portas Olympi reserant fidelibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ils sont les deux oliviers pr&#233;sents devant le Seigneur, &lt;br class='manualbr' /&gt;les chandeliers &#233;tincelants, &lt;br class='manualbr' /&gt;les deux nobles lumi&#232;res des cieux ; &lt;br class='manualbr' /&gt;ils brisent la forte cha&#238;ne du p&#233;ch&#233;, &lt;br class='manualbr' /&gt;ils ouvrent aux fid&#232;les les portes de l'empyr&#233;e.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Habent supernas potestatem claudere &lt;br class='manualbr' /&gt;Sermone sedes, pandere splendentia &lt;br class='manualbr' /&gt;Limina poli super alta sidera, &lt;br class='manualbr' /&gt;Linguas eorum claves c&#339;li fact&#230; sunt, &lt;br class='manualbr' /&gt;Larvas repellunt ultra mundi limitem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ils ont le pouvoir de fermer d'un mot l'entr&#233;e du c&#233;leste s&#233;jour, &lt;br class='manualbr' /&gt;d'ouvrir les resplendissantes demeures &lt;br class='manualbr' /&gt;situ&#233;es au loin par del&#224; les &#233;toiles ; &lt;br class='manualbr' /&gt;leurs langues sont devenues les clefs du ciel ; &lt;br class='manualbr' /&gt;ils repoussent les g&#233;nies malfaisants par del&#224; les confins du monde.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Petrus beatus catenarum laqueos&lt;br class='manualbr' /&gt;Christo jubente rupit mirabiliter, &lt;br class='manualbr' /&gt;Custos ovilis et doctor Ecclesi&#230; &lt;br class='manualbr' /&gt;Pastorque gregis, conservator omnium, &lt;br class='manualbr' /&gt;Arcet luporum truculentam rabiem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par l'ordre de J&#233;sus-Christ, le bienheureux Pierre &lt;br class='manualbr' /&gt;rompt merveilleusement les liens les plus durs. &lt;br class='manualbr' /&gt;Il garde le bercail, il enseigne l'&#201;glise, &lt;br class='manualbr' /&gt;il pa&#238;t le troupeau, il conserve toutes choses, &lt;br class='manualbr' /&gt;il contient la rage funeste des loups.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quodcumque vinclis super terram strinxerit &lt;br class='manualbr' /&gt;Erit in astris religatum fortiter, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et quod resolvit in terris arbitrio &lt;br class='manualbr' /&gt;Erit solutum super c&#339;li radium, &lt;br class='manualbr' /&gt;In fine mundi judex erit s&#230;culi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tout ce qu'il lie sur la terre est li&#233; fortement dans les cieux ; &lt;br class='manualbr' /&gt;et ce que par sa libre volont&#233; il d&#233;lie sur la terre, &lt;br class='manualbr' /&gt;est d&#233;li&#233; plus haut que les astres. &lt;br class='manualbr' /&gt;A la fin des si&#232;cles, il jugera le monde.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non impar Paulus huic, doctor gentium, &lt;br class='manualbr' /&gt;Electionis templum sacratissimum, &lt;br class='manualbr' /&gt;In morte compar, in corona particeps, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ambo lucerna ; et decus Ecclesi&#230; &lt;br class='manualbr' /&gt;In orbe claro coruscant vibramine.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Avec lui marche de pair Paul, le docteur des nations, &lt;br class='manualbr' /&gt;le vase d'&#233;lection, temple tr&#232;s saint, &lt;br class='manualbr' /&gt;compagnon du premier en la mort, partageant sa couronne : &lt;br class='manualbr' /&gt;tous deux flambeaux et gloire de l'&#201;glise, &lt;br class='manualbr' /&gt;ils dardent leurs feux sur l'univers en possession par eux de la pure lumi&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O Roma felix, qu&#230; tantorum principum &lt;br class='manualbr' /&gt;Es purpurata pretioso sanguine, &lt;br class='manualbr' /&gt;Excellis omnem mundi pulchritudinem, &lt;br class='manualbr' /&gt;Non laude tua, sed sanctorum meritis &lt;br class='manualbr' /&gt;Quos cruentatis jugulasti gladiis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Rome heureuse, que de si grands princes &lt;br class='manualbr' /&gt;ont empourpr&#233;e de leur sang pr&#233;cieux, &lt;br class='manualbr' /&gt;tu l'emportes sur toute beaut&#233; d'ici-bas, &lt;br class='manualbr' /&gt;non par ton propre m&#233;rite, mais par celui des Saints &lt;br class='manualbr' /&gt;qu'a immol&#233;s ta sanglante &#233;p&#233;e.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vos ergo modo, gloriosi martyres,&lt;br class='manualbr' /&gt;Petre beate, Paule mundi lilium, &lt;br class='manualbr' /&gt;C&#339;lestis aulas triumphales milites, &lt;br class='manualbr' /&gt;Precibus almis vestris nos ab omnibus &lt;br class='manualbr' /&gt;Munite malis, ferte super &#230;thera.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous donc maintenant, glorieux martyrs, &lt;br class='manualbr' /&gt;Pierre bienheureux, Paul lis du monde, &lt;br class='manualbr' /&gt;guerriers qui triomphez en la c&#233;leste cour, &lt;br class='manualbr' /&gt;par vos pri&#232;res puissantes gardez-nous de tous maux, &lt;br class='manualbr' /&gt;transportez-nous par del&#224; les cieux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Gloria Patri per immensa s&#230;cula, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sit tibi, Nate, decus et imperium, &lt;br class='manualbr' /&gt;Honor, potestas, Sanctoque Spiritui : &lt;br class='manualbr' /&gt;Sit Trinitati salus individua, &lt;br class='manualbr' /&gt;Per infinita s&#230;culorum s&#230;cula.&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Gloire au P&#232;re dans les si&#232;cles sans fin ; &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; vous, &#244; Fils, empire et beaut&#233;, &lt;br class='manualbr' /&gt;honneur et puissance, ainsi qu'au Saint-Esprit : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; la Trinit&#233; f&#233;licit&#233; commune &lt;br class='manualbr' /&gt;dans l'infinie s&#233;rie des si&#232;cles !&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons, dans les jours qui vont suivre, aux formules d'hommage que l'Occident a consacr&#233;es &#224; ses deux princes. Mais il convient de pr&#234;ter aussi l'oreille, &#224; cette heure, aux accents qui parviennent jusqu'&#224; nous des &#201;glises orientales ; recueillons pieusement ces &#233;chos de la foi primitive, qu'une heureuse incons&#233;quence n'a point &#233;touff&#233;s dans les bouches m&#234;mes qu'empoisonne le schisme. Voici d'abord l'&#201;glise syrienne, tout enivr&#233;e du vin g&#233;n&#233;reux dont les deux grappes foul&#233;es aujourd'hui sous le pressoir de N&#233;ron ont abreuv&#233; la terre enti&#232;re. Elle unit ses louanges aux parfums qui s'&#233;l&#232;vent des deux encensoirs d'or ; elle chante les deux t&#233;moins de l'&#201;poux, auxquels la Sunamite a d&#251; de voir finir son abandon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Passim.&#034; id=&#034;nh2-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, s'attachant &#224; relever les m&#233;rites particuliers de chacun d'eux, elle exalte Pierre, fondement de l'&#201;glise, chef de ses fr&#232;res, Pierre qui pa&#238;t brebis et agneaux, et enseigne &#224; tous l'All&#233;luia divin. &#201;coutons cette Hymne de l'Office de la nuit, et p&#233;n&#233;trons-nous de la pri&#232;re touchante qui la termine, en d&#233;pit de l'impie Eutych&#232;s, auteur premier de la division qui tient s&#233;par&#233;s de l'&#201;glise-m&#232;re des peuples si bien faits pour en &#234;tre la gloire.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;NOCTIS CANTUS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ a p&#233;ch&#233; Simon le p&#234;cheur ; depuis lors, en guise de poissons, Simon p&#234;che les hommes, les amenant &#224; la vie. Il a jet&#233; son filet sur Rome m&#234;me, et l'a retir&#233; plein ; il a li&#233; la lionne ainsi qu'une brebis, l'amenant &#224; l'&#201;glise ; et elle aussit&#244;t, prenant les idoles en horreur, tourna le dos &#224; ces ouvrages de main d'homme et adora la croix du Sauveur. B&#233;ni, &#244; vous qui f&#238;tes choix des Ap&#244;tres et glorifiez leur nom !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien douce fut la parole de J&#233;sus &#224; Simon fait prince de ses fr&#232;res, lorsqu'il lui disait, le cr&#233;ant Pontife : &#171; Je t'&#233;tablis sur ma maison et te confie mon tr&#233;sor c&#233;leste ; en tes mains sont les clefs du ciel et de l'ab&#238;me. Si tu lies, je lierai moi aussi ; quand tu d&#233;lieras, je le ferai avec toi ; prie pour les p&#233;cheurs, tu seras exauc&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si tu m'aimes, Simon fils de Jean, pais mes brebis ; restaure par la foi ceux qu'a bris&#233;s l'erreur, gu&#233;ris les malades par la vertu du rem&#232;de des cieux, avec la croix chasse les loups et rassemble les agneaux au bercail de la vie. Alors les c&#233;lestes phalanges crieront dans les hauteurs : B&#233;ni soit celui qui a magnifi&#233; son &#201;glise ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant celui qui vous a choisis pr&#233;sentez-vous, &#244; Ap&#244;tres : suppliez-le que schismes et querelles cessent enfin dans l'&#201;glise et parmi des fr&#232;res ; car les sophistes, h&#233;las ! nous assi&#232;gent, obscurcissant la foi de leurs arguties. Seigneur, l'&#201;glise dans laquelle votre parole a &#233;t&#233; annonc&#233;e, qu'elle soit le creuset &#233;prouvant tout discours comme la fournaise &#233;prouve l'or ; et que vos pr&#234;tres chantent ici-bas, dans la puret&#233; de la foi : B&#233;ni soit celui qui a magnifi&#233; son &#201;glise !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise d'Arm&#233;nie fait &#224; son tour entendre sa voix. Parmi les chants sublimes de son Charagan, ou recueil d'Hymnes, elle entonne celui-ci au jour qu'elle a choisi pour c&#233;l&#233;brer les princes des Ap&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;PETRI ET PAULI CANON.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablie sur la pierre ferme de la foi, l'&#201;glise de Dieu se r&#233;jouit en ce jour de la solennit&#233; des Ap&#244;tres qui l'ont orn&#233;e de joyaux sans prix &#224; la gloire du Verbe fait chair. L'un d'eux, dans la lumi&#232;re du P&#232;re qui est aux cieux, a proclam&#233; l'ineffable nature du Fils unique, et, bienheureux par la divine gr&#226;ce, il a m&#233;rit&#233; de devenir la pierre contre laquelle les portes de l'enfer ne pr&#233;vaudront pas ; l'autre, quoique mortel encore, a d&#233;pass&#233; dans leur vol immat&#233;riel les l&#233;gions ang&#233;liques, ayant &#233;t&#233; jug&#233; digne que l'&#233;ternelle Sagesse le rav&#238;t jusqu'aux tabernacles des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur, qui, au-dessus des autres Ap&#244;tres choisis par vous, avez d&#233;sign&#233; le bienheureux Pierre comme chef de la foi et fondement de l'&#201;glise ; qui, par un appel d'en haut, avez &#233;lev&#233; &#224; l'apostolat le Vase d'&#233;lection pour que, par la r&#233;v&#233;lation du myst&#232;re cach&#233; du Christ, il appel&#226;t lui-m&#234;me les nations au salut ; qui, par ces deux &#233;lus, lumi&#232;res du monde, avez affermi votre &#201;glise : par leurs pri&#232;res, &#244; Christ, ayez piti&#233; de nous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;faut d'espace ne nous permet point de prolonger la citation davantage. Nous ne saurions pourtant finir, sans extraire &#233;galement quelques perles de la mer sans rivages o&#249; se compla&#238;t comme toujours la Liturgie grecque. Il doit nous plaire aussi de constater comment, malgr&#233; plus d'un essai d'alt&#233;ration frauduleuse des textes de sa Liturgie, Byzance condamne elle-m&#234;me son propre schisme en ce jour ; Pierre n'y cesse point d'&#234;tre proclam&#233; par elle le roc et le fondement de la foi, la base souveraine, le prince et premier prince des Ap&#244;tres, le gouverneur et le chef de l'&#201;glise, le porte-clefs de la gr&#226;ce et du royaume des cieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Men&#233;es, passim.&#034; id=&#034;nh2-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;MENSIS JUNII DIE XXIX,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In festivitate sanctorum, illustrium et maxime memorabilium apostolorum ac majorum coryph&#339;orum Petri et Pauli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez donn&#233; les saints Ap&#244;tres &#224; votre &#201;glise comme son orgueil et sa joie, &#244; Dieu ami des hommes ! Pierre et Paul, flambeaux spirituels, soleils des &#226;mes, resplendissent en elle magnifiquement ; l'univers brille de leurs rayons ; c'est par eux que vous avez dissip&#233; les t&#233;n&#232;bres de l'Occident, J&#233;sus tr&#232;s puissant, sauveur de nos &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez &#233;tabli la stabilit&#233; de votre &#201;glise, &#244; Seigneur, sur la fermet&#233; de Pierre et sur la science et l'&#233;clatante sagesse de Paul. Pierre, coryph&#233;e des illustres Ap&#244;tres, vous &#234;tes le rocher de la foi ; et vous, admirable Paul, le docteur et la lumi&#232;re des &#233;glises : pr&#233;sents devant le tr&#244;ne de Dieu, interc&#233;dez pour nous aupr&#232;s du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le monde entier acclame les coryph&#233;es Pierre et Paul, disciples du Christ : Pierre, base et rocher ; Paul, vase d'&#233;lection. Tous deux, attel&#233;s sous le m&#234;me joug du Christ, ont attir&#233; &#224; la connaissance de Dieu tous les hommes, les nations, les cit&#233;s et les &#238;les. Rocher de la foi, d&#233;lices du monde, tous deux confirmez le bercail que vous avez acquis par votre magist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre, vous qui paissez les brebis, d&#233;fendez contre le loup rus&#233; le troupeau de votre bercail ; gardez de chutes funestes vos serviteurs ; car tous nous vous avons pour vigilant protecteur aupr&#232;s de Dieu, et la joie que nous go&#251;tons en vous est notre salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul, flambeau du monde, bouche incomparable du Christ Dieu vivant, qui comme le soleil visitez tous les rivages dans votre pr&#233;dication de la foi divine : d&#233;livrez des liens du p&#233;ch&#233; ceux qui vous nomment avec amour et veulent vous imiter, confiants dans votre aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rome bienheureuse, &#224; toi ma louange et ma v&#233;n&#233;ration, &#224; toi mes hymnes et mon chant de gloire ; car en toi sont gard&#233;s et la d&#233;pouille des coryph&#233;es, et les dogmes divins dont ils furent le flambeau ; reliques sans prix de vases incorruptibles. Tr&#232;s-haut prince des Ap&#244;tres, souverain chef et dispensateur du tr&#233;sor royal, ferme base de tous les croyants, solidit&#233;, socle, sceau et couronnement de l'&#201;glise catholique, &#244; Pierre qui aimez le Christ, conduisez ses brebis aux bons p&#226;turages, menez ses agneaux dans les pr&#233;s fertiles.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;O Pierre, nous aussi nous saluons la glorieuse tombe o&#249; vous &#234;tes descendu. C'est bien &#224; nous, les fils de cet Occident que vous avez voulu choisir, c'est &#224; nous avant tous qu'il appartient de c&#233;l&#233;brer dans l'amour et la foi les gloires de cette journ&#233;e. Si toutes les races s'&#233;branlent &#224; la nouvelle de votre mort triomphante ; si les nations proclament, chacune en leur langue, que de Rome doit sortir pour le monde entier la loi du Seigneur : n'est-ce pas par la raison que cette mort a fait de Babylone la cit&#233; des oracles divins, salu&#233;e par le fils d'Amos en sa proph&#233;tie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. II, 1-5.&#034; id=&#034;nh2-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? n'est-ce pas que la montagne pr&#233;par&#233;e pour porter la maison du Seigneur dans le lointain des &#226;ges, se d&#233;gage des ombres, et appara&#238;t en pleine lumi&#232;re &#224; cette heure aux yeux des peuples ? L'emplacement de la vraie Sion est fix&#233; d&#233;sormais ; car la pierre d'angle a &#233;t&#233; pos&#233;e en ce jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXVIII, 16.&#034; id=&#034;nh2-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et J&#233;rusalem ne doit avoir d'autre fondement que cette pierre &#233;prouv&#233;e et pr&#233;cieuse. O Pierre, c'est donc sur vous que nous devons b&#226;tir ; car nous voulons &#234;tre les habitants de la cit&#233; sainte. Nous suivrons le conseil du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. VII, 24-27.&#034; id=&#034;nh2-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;levant sur le roc nos constructions d'ici-bas, pour qu'elles r&#233;sistent &#224; la temp&#234;te et puissent devenir une demeure &#233;ternelle. Combien notre reconnaissance pour vous, qui daignez nous soutenir ainsi, est plus grande encore en ce si&#232;cle insens&#233; qui, pr&#233;tendant construire &#224; nouveau l'&#233;difice social, voulut l'&#233;tablir sur le sable mouvant des opinions humaines, et n'a su que multiplier les &#233;boulements et les ruines ! La pierre qu'ont rejet&#233;e les modernes architectes, en est-elle moins la t&#234;te de l'angle ? et sa vertu n'appara&#238;t-elle pas alors m&#234;me, selon ce qui est &#233;crit, en ce que, n'en voulant pas, c'est contre elle qu'ils se heurtent et se brisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 6-8.&#034; id=&#034;nh2-75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debout, parmi ces ruines, sur le fondement contre lequel les portes de l'enfer ne pr&#233;vaudront pas, nous avons d'autant mieux le droit d'exalter ce jour o&#249; le Seigneur a, comme le chante le Psaume, affermi la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XCII, 1.&#034; id=&#034;nh2-76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes le Seigneur &#233;tait grand, lorsqu'il lan&#231;ait les mondes dans l'espace, en les &#233;quilibrant par ces lois merveilleuses dont la d&#233;couverte est l'honneur de la science ; mais son r&#232;gne, sa beaut&#233;, sa puissance &#233;clatent bien plus, quand il place en son lieu la base faite pour porter le temple dont tous les mondes m&#233;ritent &#224; peine d'&#234;tre appel&#233;s le parvis. Aussi &#233;tait-ce bien de ce jour immortel, dont &#224; l'avance elle savourait divinement les tr&#232;s pures d&#233;lices, que l'&#233;ternelle Sagesse chantait, pr&#233;ludant &#224; nos joies et conduisant d&#233;j&#224; nos ch&#339;urs : &#171; Lorsque les monts &#233;levaient leur masse sur une immuable base et que le monde s'&#233;tayait sur ses p&#244;les, lorsque s'&#233;tablissait le firmament et que s'&#233;quilibrait l'ab&#238;me, quand le Seigneur posait les fondements de la terre, j'&#233;tais avec lui, disposant tout de concert ; et chaque jour m'apportait une nouvelle all&#233;gresse, et je me jouais devant lui sans cesse, je me jouais dans l'orbe du monde ; car mes d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les fils des hommes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII.&#034; id=&#034;nh2-77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant donc que l'&#233;ternelle Sagesse &#233;l&#232;ve sur vous, &#244; Pierre, la maison de ses d&#233;lices myst&#233;rieuses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. IX.&#034; id=&#034;nh2-78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; pourrions-nous elle-m&#234;me la trouver ailleurs, nous enivrer &#224; son calice, avancer dans l'amour ? De par J&#233;sus remont&#233; dans les cieux, n'est-ce pas vous qui avez d&#233;sormais les paroles de la vie &#233;ternelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 69.&#034; id=&#034;nh2-79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En vous se poursuit le myst&#232;re du Dieu fait chair habitant avec nous. Notre religion, notre amour de l'Emmanuel sont incomplets d&#232;s lors, s'ils n'atteignent jusqu'&#224; vous. Et vous-m&#234;me ayant rejoint le Fils de l'homme &#224; la droite du P&#232;re, le culte que nous vous rendons pour vos divines pr&#233;rogatives, s'&#233;tend au Pontife votre successeur, en qui vous continuez de vivre par elles : culte r&#233;el, allant au Christ en son Vicaire, et qui, partant, ne saurait s'accommoder de la distinction trop subtile entre le Si&#232;ge de Pierre et celui qui l'occupe. Dans le Pontife romain, vous &#234;tes toujours, &#244; Pierre, l'unique pasteur et le soutien du monde. Si le Seigneur a dit : &#171; Personne ne vient au P&#232;re que par moi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XIV, 6.&#034; id=&#034;nh2-80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous savons que personne n'arrive que par vous au Seigneur. Comment les droits du Fils de Dieu, le pasteur et l'&#233;v&#234;que de nos &#226;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 25.&#034; id=&#034;nh2-81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, auraient-ils &#224; souffrir en ces hommages de la terre reconnaissante ? Nous ne pouvons c&#233;l&#233;brer vos grandeurs, sans qu'aussit&#244;t attirant nos pens&#233;es &#224; Celui dont vous &#234;tes comme le signe sensible, comme un auguste sacrement, vous ne nous disiez, ainsi qu'&#224; nos p&#232;res, par l'inscription de votre antique statue : CONTEMPLEZ LE DIEU VERBE, LA PIERRE DIVINEMENT TAILL&#201;E DANS L'OR, SUR LAQUELLE &#201;TANT &#201;TABLI, JE NE SUIS PAS &#201;BRANL&#201; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;F&#234;te des saints ap&#244;tres Pierre et Paul.&lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; leurs basiliques, Vaticane et Ostienne.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;P&#226;ques &#233;tait, pour nos p&#232;res, la plus grande solennit&#233; du cycle liturgique ; mais pour les Romains, au mois de juin, il y avait comme une seconde f&#234;te de P&#226;ques, qui, si elle ne la surpassait pas en splendeur, &#233;galait certes la premi&#232;re. C'&#233;tait le dies natalis des deux Princes des ap&#244;tres Pierre et Paul, ou, pour mieux dire, c'&#233;tait, dans leur personne, la f&#234;te de la primaut&#233; pontificale, la f&#234;te du Pape, le Natalis urbis, le jour natal de la Rome chr&#233;tienne, le triomphe de la Croix sur Jupiter, p&#232;re du tonnerre, et sur ses vicaires les Pontifices Maximi, &#233;tablis dans la Regia du Forum. Il est si vrai que Rome y attachait ce sens symbolique, que les &#233;v&#234;ques de la province m&#233;tropolitaine du Pape avaient l'habitude de se rendre dans la Ville &#233;ternelle, en signe de respectueuse suj&#233;tion, pour c&#233;l&#233;brer avec le Pontife une si grande solennit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme No&#235;l, ce jour comportait la c&#233;l&#233;bration de plusieurs messes. D'accord avec le Philocalien, saint Ambroise, dans une hymne c&#233;l&#232;bre en l'honneur des Princes des Ap&#244;tres nous atteste qu'en ce jour :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Trinis celebratur viis &lt;br class='manualbr' /&gt;Festa sanctorum Martyrum,&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;tandis que le Martyrologe hi&#233;ronymien qui, en cela, d&#233;pend du Laterculum philocalien, ajoute que, outre les stations du dies natalis aux deux s&#233;pulcres de Pierre et de Paul, victimes de la cruaut&#233; de N&#233;ron, on en c&#233;l&#233;brait une troisi&#232;me in Catacumbis d&#232;s le consulat de Tuscus et Bassus. Ces donn&#233;es correspondent &#224; l'an 258 et au r&#232;gne de Val&#233;rien, alors que la confiscation des cimeti&#232;res d&#233;cida les chr&#233;tiens &#224; retirer de leurs tombes les corps des deux Ap&#244;tres et &#224; les cacher dans une propri&#233;t&#233; situ&#233;e ad Catacumbas, o&#249;, en effet, les fouilles de ces derni&#232;res ann&#233;es ont donn&#233; une &#233;clatante confirmation &#224; cette antique tradition romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les corps des deux Princes des Ap&#244;tres demeur&#232;rent au deuxi&#232;me mille de la voie Appienne environ deux ans. Nous ignorons les motifs qui d&#233;termin&#232;rent les chr&#233;tiens &#224; pr&#233;f&#233;rer cet asile, et aussi la mani&#232;re dont s'y prirent les propri&#233;taires du domaine pour &#233;viter la confiscation. On a suppos&#233; que les deux Ap&#244;tres, ou tout au moins Pierre, avaient d&#233;j&#224;, de leur vivant, sanctifi&#233; par leur pr&#233;sence cette villa suburbaine relativement peu &#233;loign&#233;e de la Porte Cap&#232;ne, et comprise par cons&#233;quent dans un rayon d'influence juive. D'autres pensent, avec saint Gr&#233;goire le Grand, que le premier transport des deux saints corps en ce lieu suivit imm&#233;diatement leur martyre, d'autant plus que le Liber Pontificalis semble insinuer que c'est seulement sous Anaclet qu'on &#233;rigea les deux tombeaux sur la voie Triomphale et sur la voie d'Ostie. Peut-&#234;tre ne pourra-t-on jamais faire la pleine lumi&#232;re sur ces questions secondaires ; en tout cas il demeure acquis que le 29 juin 258 Tusco et Basso consulibus, les reliques des Princes des Ap&#244;tres furent cach&#233;es in Catacumbis ; et, m&#234;me apr&#232;s qu'on les eut rendues &#224; leurs propres et anciens tombeaux, ce lieu continua d'&#234;tre l'objet d'un culte fervent de la part du peuple, culte dont l'expression monumentale et solennelle est la basilique Apostolorum, qui, aujourd'hui encore, s'&#233;l&#232;ve au pied de la colline sur laquelle domine, majestueux, le mausol&#233;e de C&#230;cilia Metella.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;ril ou la menace de profanation par les pa&#239;ens des deux tombeaux sacr&#233;s, si les fid&#232;les n'en avaient enlev&#233; promptement les saintes reliques, excita chez les chr&#233;tiens comme une sorte de pieuse r&#233;action. La cachette de la voie Appienne devint la vraie cath&#233;drale de Rome et du monde, et la date de la nouvelle depositio fit ais&#233;ment oublier celle de la premi&#232;re, imm&#233;diatement cons&#233;cutive au martyre. Le fait est que les Orientaux et les &#201;glises franques, au d&#233;but, ignor&#232;rent absolument la date du 29 juin et solennis&#232;rent Pierre et Paul &#8212; ils sont toujours ensemble &#8212; soit le 27 d&#233;cembre, soit le 28, soit apr&#232;s l'&#201;piphanie le 18 et le 25 janvier, soit le 22 f&#233;vrier. Rome s'attacha au contraire &#224; la date du 29 juin, qui finit par pr&#233;valoir non seulement en Occident, mais aussi en Orient, en raison de l'influence pontificale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons, vers le d&#233;but du IIIe si&#232;cle, un t&#233;moignage solennel de la c&#233;l&#233;brit&#233; des deux tombes apostoliques chez tous les chr&#233;tiens. Eus&#232;be nous a conserv&#233; quelques fragments de l'ouvrage du pr&#234;tre Ga&#239;us contre le Montaniste Proclus o&#249; l'auteur, reprenant l'ancien argument d'Ir&#233;n&#233;e contre la nouveaut&#233; de l'h&#233;r&#233;sie, dit entre autres choses : Je peux te montrer les tombeaux des Ap&#244;tres, car, soit que tu ailles sur le Vatican, soit que tu te rendes sur la voie d'Ostie, tu trouveras les troph&#233;es (&#964;&#961;&#972;&#960;&#945;&#953;&#945;) des Fondateurs de cette &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage et le sens du mot (&#964;&#961;&#972;&#960;&#945;&#953;&#945;) employ&#233; par Ga&#239;us pour indiquer que les tombes des deux Ap&#244;tres, sur le champ m&#234;me de leur combat, repr&#233;sentaient leurs troph&#233;es victorieux, font comprendre parfaitement que, si les ossements des Princes des Ap&#244;tres n'avaient pas &#233;t&#233; soustraits &#224; temps, leurs tombeaux auraient &#233;t&#233; profan&#233;s par les pa&#239;ens quand on eut confisqu&#233; les cimeti&#232;res durant la pers&#233;cution de Val&#233;rien. N&#233;anmoins, deux ans plus tard, &#233;poque o&#249; Gallien rendit &#224; l'&#201;glise les immeubles confisqu&#233;s par le fisc, la c&#233;l&#233;brit&#233; des &#964;&#961;&#972;&#960;&#945;&#953;&#945; construits par le pape Anaclet &#233;tait si notoire qu'il parut anormal de ne pas y transf&#233;rer les saintes d&#233;pouilles ; on les rapporta donc &#224; nouveau sur la voie Triomphale et sur la voie d'Ostie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Liber Pontificalis en attribue l'initiative au pape Corneille, mais la translation put &#224; peine s'accomplir sous les papes Denys ou F&#233;lix Ier, lequel s'occupa effectivement du culte liturgique des martyrs dans les cimeti&#232;res romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantin et H&#233;l&#232;ne &#233;lev&#232;rent sur les tombes des saints Pierre et Paul deux insignes basiliques qu'ils enrichirent de revenus importants et de pr&#233;cieux mobilier. Sur l'arc triomphal de la basilique vaticane, Constantin fit apposer ce distique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;QVOD &#8226; DVCE &#8226; TE &#8226; MVNDVS &#8226; SVRREXIT &#8226; IN &#8226; ASTRA &#8226; TRIVMPHANS &lt;br class='manualbr' /&gt;HANC &#8226; CONSTANTINVS &#8226; VICTOR &#8226; TIBI &#8226; CONDIDIT &#8226; AVLAM&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La basilique Constantinienne &#233;rig&#233;e sur la tombe du Docteur des Gentils sembla d&#233;j&#224; trop petite, en 386, pour contenir le fleuve des fid&#232;les et des p&#232;lerins qui s'y pressaient. Valentinien II commen&#231;a donc un temple de proportions beaucoup plus vastes, et l'&#339;uvre continu&#233;e par Th&#233;odose et par Honorius fut d&#233;finitivement achev&#233;e par Galla Placidia et par saint L&#233;on le Grand. Cela nous est attest&#233; par l'inscription qui, aujourd'hui encore, entoure la mosa&#239;que de l'arc triomphal dans la basilique de Saint-Paul :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;THEODOSIVS &#8226; COEPIT &#8226; PERFECIT &#8226; HONORIVS &#8226; AVLAM &lt;br class='manualbr' /&gt;DOCTORIS &#8226; MVNDI &#8226; SACRATAM &#8226; CORPORE &#8226; PAVLI &lt;br class='manualbr' /&gt;PLACIDIAE &#8226; PIA &#8226; MENS &#8226; OPERIS &#8226; DECVS &#8226; OMNE &#8226; PATERNI &lt;br class='manualbr' /&gt;GAVDET &#8226; PONTIFICIS &#8226; STVDIO &#8226; SPLENDERE &#8226; LEONIS&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux prot&#233;ger les tombeaux contenant les corps des deux Ap&#244;tres, Constantin les rev&#234;tit d'abord de bronze massif, &#8212; quod est immobile, &#8212; comme le note le Liber Pontificalis, puis il les enferma dans deux chambres s&#233;pulcrales qu'il orna avec une splendeur royale. Sur le sarcophage de saint Pierre &#233;tait une croix d'or avec cette inscription :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;CONSTANTINVS &#8226; AVG. &#8226; ET &#8226; HELENA &#8226; AVG. &#8226; HANC . DOMVM &#8226; RESIMILI &#8226; FVLGORE &#8226; CORVSCANS &#8226; AVLA &#8226; CIRCVNDAT [GALEM...&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sur la tombe du Docteur des Gentils, l'empereur d&#233;posa &#233;galement une croix d'or de grandes proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on le Grand confia la garde des deux tombes apostoliques &#224; un coll&#232;ge sp&#233;cial d'eccl&#233;siastiques qu'il d&#233;cora du titre honorifique de Cubiculares port&#233; par les attach&#233;s au sacrum cubiculum des empereurs. Plus tard, le pape Simplice y d&#233;puta un corps de pr&#234;tres qui s'y succ&#233;daient chacun &#224; son tour et qui &#233;taient charg&#233;s de l'administration du bapt&#234;me et de la p&#233;nitence, qu'on pr&#233;f&#233;rait recevoir sur les tombes apostoliques. D'autres pr&#234;tres attach&#233;s aux Titres du voisinage jouissaient de l'honneur de remplir aussi les fonctions d'hebdomadari dans les basiliques Vaticane et Ostienne. Chacun &#224; leur tour ils c&#233;l&#233;braient la messe maior sur les autels des deux Confessions apostoliques, et cette discipline demeura en vigueur pendant plusieurs si&#232;cles, m&#234;me apr&#232;s que l'office de ces pr&#234;tres eut pris de l'importance et qu'apparurent les fameux cardinales du XIe si&#232;cle, seuls &#233;lecteurs du Pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la basilique vaticane, L&#233;on le Grand &#233;rigea un monast&#232;re d&#233;di&#233; aux martyrs Jean et Paul. Trois autres se constitu&#232;rent successivement dans le voisinage ; ainsi les ch&#339;urs nourris de quatre monast&#232;res b&#233;n&#233;dictins commenc&#232;rent &#224; faire retentir jour et nuit de leurs psalmodies la basilique de Saint-Pierre. Les moines de celui de Saint-Martin obtinrent pendant quelque temps une certaine primaut&#233; sur les trois autres. Chacun des abb&#233;s de ce monast&#232;re avait aussi la dignit&#233; d'archicantor et ils semblent avoir &#233;t&#233; pr&#233;pos&#233;s &#224; la schola cantorum que Gr&#233;goire le Grand avait r&#233;tablie pr&#232;s de Saint-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la basilique Ostienne nous trouvons aussi, longtemps avant le VIIIe si&#232;cle, deux monast&#232;res. Gr&#233;goire II les restaura et leur attribua d&#233;finitivement l'administration de l'important patrimoine du temple et son service liturgique. Si grande &#233;tait toutefois la foule des fid&#232;les qui affluaient au tombeau de saint Paul, qu'une seule messe &#8212; conform&#233;ment &#224; la r&#232;gle alors en vigueur &#8212; ne suffisait plus. Gr&#233;goire III ordonna donc d'en c&#233;l&#233;brer cinq chaque jour, mais pas plus d'une sur le m&#234;me autel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre monast&#232;res vaticans, d'o&#249; &#233;tait m&#234;me sorti un pape, saint L&#233;on IV, disparurent vers le Xe si&#232;cle, et les moines se transform&#232;rent en chanoines. Ceux qui &#233;taient pr&#232;s de Saint-Paul demeur&#232;rent plus fermes dans leurs g&#233;n&#233;reuses r&#233;solutions, si bien qu'ils ont pu, jusqu'&#224; pr&#233;sent, perp&#233;tuer en ce sanctuaire la tradition b&#233;n&#233;dictine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est suggestif, tout parle &#224; l'esprit, dans cette atmosph&#232;re charg&#233;e d'une histoire de plus de dix-neuf si&#232;cles. Les papes Gr&#233;goire VII et Paschal II mont&#232;rent du si&#232;ge abbatial de Saint-Paul au tr&#244;ne apostolique. Le pape saint Paul Ier r&#233;sidait &#224; Saint-Paul quand la mort vint le prendre. Le pape Jean XVIII, apr&#232;s cinq ans de pontificat, renon&#231;a &#224; la tiare et voulut se faire moine &#224; Saint-Paul, o&#249; il termina ses jours en paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre de saints, saint Odon, saint Ma&#239;eul, saint Odilon, saint Pierre de Cava, le bienheureux Jean Rainucci, ont pri&#233;, ont habit&#233;, ont v&#233;cu dans cette douce atmosph&#232;re de pri&#232;re liturgique et de tranquille labeur, o&#249;, &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, un autre b&#233;n&#233;dictin, Pie VII, se pr&#233;parait, par l'enseignement de la th&#233;ologie aux clercs de l'abbaye, au rude martyre de son pontificat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prudence nous a d&#233;peint sous de vives couleurs ce qu'&#233;tait pour les Romains du IVe si&#232;cle la f&#234;te des deux Princes des Ap&#244;tres. Ne pas rapporter son po&#232;me int&#233;gralement serait le d&#233;florer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;i&gt;On trouvera le texte int&#233;gral de Prudence &#224; la fin de cet article&lt;/i&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prudence ne dit rien de la f&#234;te des deux Ap&#244;tres ad Catacumbas mentionn&#233;e par saint Ambroise. Cette omission est peut-&#234;tre due &#224; ce que le Pape n'y c&#233;l&#233;brait pas la messe en ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres sanctuaires rappelaient aussi le s&#233;jour de Pierre et de Paul &#224; Rome et devaient attirer aujourd'hui la foule des p&#232;lerins. Entre la voie Salaria et la voie Nomentane, se trouvait le baptist&#232;re ad Nymphas, avec la tr&#232;s v&#233;n&#233;r&#233;e sedes sancti Petri qui conservait la tradition du minist&#232;re pastoral exerc&#233; en ce lieu par le fils de Jonas. Sur le Viminal le Titre du Pasteur, et sur l'Aventin celui de Prisque, revendiquaient l'honneur d'avoir eu pour h&#244;tes les deux Ap&#244;tres. Sur la voie Appienne, le titulus de fasciola rappelait aux Romains du IVe si&#232;cle un des &#233;pisodes les plus &#233;mouvants de la vie de saint Pierre, tandis qu'un autre groupe de fid&#232;les s'empressait de gagner l'Esquilin, pour couvrir de pieux baisers la cha&#238;ne de fer qui, jadis, avait li&#233; le premier des Vicaires du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les labyrinthes des cimeti&#232;res de Priscille et de Domitille conservent peut-&#234;tre encore les tombeaux des premiers disciples de saint Paul et l'&#233;cho de sa pr&#233;dication &#233;vang&#233;lique. On ne sait pas cependant si l'Ap&#244;tre, durant la p&#233;riode de sa double d&#233;tention &#224; Rome, habita dans les castra peregrina sur le C&#339;lius, ou dans la caserne des milices pr&#233;toriennes pr&#232;s de la voie Nomentane, comme le donnerait &#224; penser une phrase de son &#233;p&#238;tre aux Philippiens, o&#249; il parle de la favorable impression laiss&#233;e par lui dans tout le pr&#233;toire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philip. 1, 13.&#034; id=&#034;nh2-82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que ses premiers fid&#232;les et admirateurs, qui conserv&#232;rent avec une pi&#233;t&#233; jalouse les cha&#238;nes qu'il porta pour le Christ, &#8212; Ego Paulus, vinctus Christi, &#8212; dont parle saint Gr&#233;goire le Grand et qui aujourd'hui encore sont v&#233;n&#233;r&#233;es dans la basilique Ostienne &#8212; gard&#232;rent fid&#232;lement aussi la tradition de la pr&#233;sence de Paul sur la voie Appienne, sur l'Aventin, sur le Viminal et au Transt&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ancienne l&#233;gende veut que Paul ait &#233;t&#233; d&#233;capit&#233; non pas au deuxi&#232;me mille de la voie d'Ostie, mais deux milles plus loin, &#224; un d&#233;tour &#233;cart&#233; de la voie Laurentine appel&#233; : Ad Aquas Salvias. Au temps de Nars&#232;s, cette assertion des apocryphes &#233;tait parfaitement accr&#233;dit&#233;e chez les Romains, aussi le chef byzantin &#233;leva-t-il en ce lieu un monast&#232;re d'asc&#232;tes orientaux originaires de la Cilicie et donc compatriotes de Paul. Plus tard, le 25 janvier 604, saint Gr&#233;goire le Grand, trouvant regrettable que cette Massa Salvia consacr&#233;e par le sang de l'Ap&#244;tre ne serv&#238;t pas &#224; la gloire de son s&#233;pulcre, en attribua la propri&#233;t&#233; &#224; la basilique Ostienne, afin que, dit-il, des lampes plus nombreuses brillent autour de la tombe de celui qui, par la splendeur de sa pr&#233;dication, avait illumin&#233; le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pens&#233;e &#233;tait aussi fort bien exprim&#233;e par un ancien distique qui se lisait sur la tombe du Docteur des Gentils :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HIC &#8226; POSITVS &#8226; CAELI &#8226; TRANSCENDIT &#8226; CVLMINA &#8226; PAVLVS &lt;br class='manualbr' /&gt;CVI &#8226; DEBET &#8226; TOTVS &#8226; QVOD &#8226; CHRISTO &#8226; CREDIDIT &#8226; ORBIS&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les Ordines Romani les plus anciens, traitant rarement du cycle sanctoral de Rome, ne disent rien de la solennit&#233; des deux Princes des Ap&#244;tres. Le Sacramentaire L&#233;onien nous a pourtant conserv&#233; pour le 29 juin au moins vingt-huit messes, dont plusieurs repr&#233;sentent toutefois de simples pi&#232;ces de rechange. On y trouve de fr&#233;quentes allusions &#224; l'accueil fait &#224; la pri&#232;re de saint L&#233;on par Gens&#233;ric, qui leva le si&#232;ge de Rome le jour du natalis des Ap&#244;tres, pour que les Romains pussent c&#233;l&#233;brer cette f&#234;te en toute s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux stations sont indiqu&#233;es aujourd'hui : l'une &#224; Saint-Pierre et l'autre &#224; Saint-Paul ; mais &#224; l'une et &#224; l'autre messes les collectes sont communes aux deux Ap&#244;tres, ins&#233;parablement unis en un unique culte. Cela repr&#233;sente bien l'antique mentalit&#233;, nous ne disons pas romaine, mais celle de tous les saints P&#232;res, pour qui les deux Fondateurs de l'&#201;glise romaine ne peuvent jamais &#234;tre s&#233;par&#233;s. Voici ce que disait saint L&#233;on le Grand dans une hom&#233;lie faite &#224; Saint-Pierre en ce jour m&#234;me : De quorum mentis atque virtutibus (c'est-&#224;-dire de Pierre et de Paul), qu&#230; omnem loquendi superant facultatem, nihil cliversum, nihil debemus sentire discretum : quia illos et electio pares, et labor similes, et finis fecit &#230;quales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. I in Nat. Apostol. ; P. L., LIV, col. 427-28.&#034; id=&#034;nh2-83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Sacramentaire dit G&#233;lasien, outre une messe vigiliale et une messe festive commune aux deux ap&#244;tres, nous trouvons aujourd'hui deux autres messes distinctes, l'une in Natal. sancti Petri proprie, et l'autre in Natal. sancti Pauli proprie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exception, la f&#234;te a aussi un office vesp&#233;ral, avec un grand nombre de collectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va &#224; peu pr&#232;s de m&#234;me dans le Sacramentaire Gr&#233;gorien, mais la station &#224; Saint-Paul y est remise au lendemain, 30 juin, comme dans la liste des &#233;vangiles de W&#252;rzbourg, tandis que dans le Comes des &#233;p&#238;tres, qui est plus ancien, les deux stations, au Vatican et sur la voie d'Ostie, se c&#233;l&#232;brent le 29 juin, conform&#233;ment au t&#233;moignage de Prudence et de saint Ambroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re messe vers l'aurore. &lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Saint-Pierre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transtiberina prius solvit sacra pervigil sacerdos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Pontife commence par c&#233;l&#233;brer apr&#232;s une veille au del&#224; du Tibre.&#034; id=&#034;nh2-84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, chante Prudence. La solennelle veill&#233;e &#224; Saint-Pierre est donc suivie de la messe de l'aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'intro&#239;t est emprunt&#233;e aux Actes des Ap&#244;tres, XII, 11, et nous d&#233;crit la stupeur de Pierre revenant &#224; lui apr&#232;s l'extase o&#249; il se trouvait plong&#233; alors que l'ange le fit sortir de la prison. C'est un cri d'admiration et d'humble reconnaissance envers le Seigneur qui prend soin des serviteurs qui se confient en Lui. &#8212; Il est donc vrai que le Seigneur m'a envoy&#233; son ange pour me soustraire au pouvoir d'H&#233;rode et &#224; l'attente du peuple h&#233;breu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte se rapporte particuli&#232;rement &#224; l'&#201;glise romaine. La voici : &#171; Seigneur, qui avez voulu consacrer ce jour par le martyre de vos ap&#244;tres Pierre et Paul, accordez &#224; l'&#201;glise fond&#233;e par eux de se maintenir toujours fid&#232;le &#224; leurs saints enseignements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re lecture (Act., XII, 1-11) nous redit l'emprisonnement de Pierre et sa miraculeuse d&#233;livrance par l'ange. Les d&#233;tails de cette sc&#232;ne sont &#233;mouvants, tels que saint Luc nous les donne. Pierre est en prison, et toute l'&#201;glise prie pour lui, mais Dieu attend jusqu'au dernier moment pour op&#233;rer le miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, du c&#244;t&#233; des hommes, il ne demeure plus d'autre voie de salut, c'est alors que sonne l'heure de Dieu, l'heure de la foi et du prodige. En attendant, la confiance et l'abandon de Pierre s'&#233;l&#232;vent &#224; un degr&#233; h&#233;ro&#239;que. Le lendemain matin il doit &#234;tre mis &#224; mort, et n&#233;anmoins, gard&#233; par un piquet de soldats, il s'abandonne paisiblement au sommeil dans sa prison ; pour se reposer plus ais&#233;ment, il a m&#234;me d&#233;lac&#233; ses sandales, d&#233;nou&#233; sa ceinture et d&#233;pos&#233; ses v&#234;tements ext&#233;rieurs. L'Ap&#244;tre dormait donc ; mais ce sommeil lui-m&#234;me &#233;tait comme son acte de foi dans la divine Providence qui n'abandonne pas celui qui se confie en Elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne des Actes des Ap&#244;tres, souvent reproduite sur maints sarcophages romains, acquiert dans la Ville &#233;ternelle une signification sp&#233;ciale. L'Ap&#244;tre d&#233;livr&#233; de la prison de J&#233;rusalem s'en alla in alium locum comme l'&#233;crit saint Luc avec une prudente r&#233;serve : c'est-&#224;-dire qu'il alla fonder l'&#201;glise de Rome. Aussi la lecture faite aujourd'hui &#224; la messe est-elle comme l'acte de naissance de l'&#201;glise m&#232;re et ma&#238;tresse de toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel est commun &#224; la f&#234;te du fr&#232;re de Pierre, saint Andr&#233;, le 30 novembre, il est tir&#233; du psaume 44, qui d&#233;crit la f&#233;condit&#233; virginale de l'&#201;glise et la gloire de sa lign&#233;e de saints : &#171; Vous les &#233;tablirez princes sur toute la terre ; ils rem&#233;moreront votre nom pour toujours, &#244; Seigneur. Les fils qui na&#238;tront de vous prendront la place de vos p&#232;res, c'est pourquoi les peuples vous loueront pour toujours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique et la lecture &#233;vang&#233;lique sont les m&#234;mes que le 18 janvier, F&#234;te de la Chaire de St Pierre &#224; Rome : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre j'&#233;difierai mon &#201;glise. &#187; De m&#234;me que les fondations soutiennent toute la masse de l'&#233;difice, ainsi est-elle la v&#233;ritable &#201;glise fond&#233;e par J&#233;sus-Christ, celle qui est &#233;rig&#233;e sur l'autorit&#233; et sur la foi de Pierre, toujours vivant et visible dans ses successeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans les sacrements l'&#233;l&#233;ment mat&#233;riel est le signe sensible et productif de la gr&#226;ce invisible, ainsi J&#233;sus a voulu subordonner la dignit&#233; de son Vicaire sur la terre &#224; un fait historique, visible &#224; tous, pour que, de la sorte, personne ne puisse errer dans une chose de si supr&#234;me importance. La v&#233;ritable &#201;glise est celle qui est fond&#233;e sur l'autorit&#233; de Pierre et de ses successeurs. Mais quels sont ces successeurs dans la primaut&#233; de Pierre ? Ceux qui lui succ&#232;dent dans les fonctions d'&#233;v&#234;que de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette foi est comme la pierre de touche de l'orthodoxie catholique ; en sorte que tous les P&#232;res et les Docteurs de l'&#201;glise, depuis Cl&#233;ment, Ignace et Ir&#233;n&#233;e jusqu'&#224; saint Fran&#231;ois de Sales et &#224; saint Alphonse, tous &#224; l'unisson confessent la m&#234;me doctrine au sujet de la primaut&#233; papale sur la famille catholique tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset de l'offertoire est tir&#233; du psaume 44 : &#171; Vous les &#233;tablirez princes sur toute la terre ; je rappellerai, Seigneur, le souvenir de votre nom pour toujours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la collecte sur les oblations : &#171; Que la pri&#232;re des saints ap&#244;tres accompagne nos offrandes ; c'est &#224; cause d'elle que nous implorons pardon et protection &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sacramentaire Gr&#233;gorien assigne aujourd'hui pour pr&#233;face propre celle qui, dans le Missel actuel, est devenue commune &#224; tous les ap&#244;tres. Primitivement elle concernait seulement Rome chr&#233;tienne demandant au Seigneur que Pierre et Paul, qui jadis avaient tenu sa place pour lui annoncer l'&#201;vangile, continuent du ciel leur office de pasteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les magnifiques pr&#233;faces du Sacramentaire L&#233;onien pour la f&#234;te des saints Pierre et Paul, nous choisissons la suivante &#224;. titre d'exemple : &lt;i&gt;Vere dignum etc. Cuius providentia donisque concessum est, ut festivitatem nobis annuam beatorum Petri et Pauli triumpho pr&#230;stet insignem, par mundo venerabile, Apostolatus ordine primus et minimus, sed gratia et passione particeps. Hic princeps Fidei confitend&#230;, ille intelligend&#230; clarus assertor ; Hic Christum Filium Dei vivi pronuntiavit divinitus inspiratus ; Ille, hunc eumdem, Verbum, Sapientiam Dei, atque Virtutem, vas factus electionis adstruxit. Hic Isr&#230;litic&#230; delibationis instituens Ecclesiam primitivam ; Ille Magister et Doctor gentium vocandarum. Sic dispensatione diversa, unam Christi familiam congregantes, tempore licet discreto, recurrens una dies in &#230;ternum et una corona sociavit. Per Christum etc&lt;/i&gt;. L'incise finale se rapporte &#224; la tradition anciennement r&#233;pandue et commune &#224; un grand nombre de P&#232;res, selon laquelle Paul serait mort le m&#234;me jour que Pierre, mais non pas la m&#234;me ann&#233;e. Des &#233;tudes r&#233;centes sur la chronologie chr&#233;tienne primitive font consid&#233;rer cette tradition comme tr&#232;s probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pour la communion est le m&#234;me que le verset all&#233;luiatique : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre j'&#233;difierai mon &#201;glise &#187;. Elle sera donc l&#233;gitime, cette Eucharistie qui sera offerte en communion avec le Pontife de Rome dont le nom, dans les pays latins, &#233;tait comm&#233;mor&#233; durant l'anaphore d&#232;s les premiers si&#232;cles. Taire &#224; la messe le nom du Pape c'&#233;tait, pour Ennodius de Pavie, offrir, contre la tradition antique, un sacrifice tronqu&#233; et incomplet : sine ritu catholico et cano more, semiplenas nominatim hostias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ENNODIVS EP. PAP., Lib. Apologet. pro synodo, P. L., LXVII, col. 197.&#034; id=&#034;nh2-85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la pri&#232;re d'action de gr&#226;ces : &#171; Par l'intercession des saints ap&#244;tres, gardez, Seigneur, contre toute adversit&#233;, ceux qui ont particip&#233; au banquet c&#233;leste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons rien par nos seules forces ; mais unis &#224; J&#233;sus-Christ rien ne nous est impossible ; il en est pour nous comme pour &#201;lie, qui ambulavit in fortitudine cibi illius... usque ad montem Dei Horeb (III Reg., XIX, 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la seconde Messe.&lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Saint-Paul.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quando Apostolicus duas missas celebrat una die, in eas non lavat os, nisi post officium : sed, absque intervalle, finita priore, incipitur altera&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand le Pape c&#233;l&#232;bre deux messe le m&#234;me jour, il ne se purifie pas la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi s'exprime le Sacramentaire Gr&#233;gorien ; et cette rubrique nous a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; expliqu&#233;e par Prudence quand, apr&#232;s avoir d&#233;crit la messe de l'aurore &#224; Saint-Pierre, il nous montre le Pontife se rendant en grande h&#226;te &#224; la basilique de Saint-Paul pour y r&#233;p&#233;ter le m&#234;me rite : Mox huc recurrit duplicatque vota&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Puis se rend l&#224;-bas et renouvelle son offrande.&#034; id=&#034;nh2-87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde station, le 29 juin, qui nous est attest&#233;e par les plus anciennes sources liturgiques romaines, dut demeurer en honneur jusque vers le temps d'Hadrien Ier. Ce fut seulement au VIIIe si&#232;cle que, &#224; la notion classique de la Rome papale qui voyait dans la pr&#233;dication des saints ap&#244;tres Pierre et Paul un unique principe de l'&#201;glise romaine, un unique fondement de son &#233;difice spirituel, deux yeux d'un m&#234;me corps, deux clefs de salut, c'est-&#224;-dire l'autorit&#233; hi&#233;rarchique confi&#233;e &#224; Pierre et l'&#233;vang&#233;lisation des nations remise &#224; Paul, se substitua une autre conception visant &#224; la commodit&#233;. En transf&#233;rant la station sur la voie d'Ostie au lendemain, on rendait la f&#234;te moins fatigante et plus solennelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure affaiblit toutefois quelque peu l'esprit primitif de la solennit&#233;, le dies bifestus de Prudence. C'est pourquoi, tout en suivant l'ordre du Missel actuel, nous tiendrons compte de la place qu'occupaient primitivement ces rites dans les anciens sacramentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe du 29 juin sur le tombeau de saint Paul est presque identique &#224; celle que nous avons d&#233;j&#224; donn&#233;e le 25 janvier. Les diff&#233;rences sont peu nombreuses, et nous les noterons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re collecte est la m&#234;me, sauf que, au lieu de parler de sa conversion, on parle de son dies natalis : cuius Natalitia colimus. Cette pri&#232;re sp&#233;ciale &#224; saint Paul, que nous trouvons aujourd'hui pour la premi&#232;re fois dans le G&#233;lasien, remplace une collecte plus ancienne, commune aux deux ap&#244;tres, et qui nous est rapport&#233;e par le L&#233;onien. La voici :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Item ad sanctum Paulum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Apostolico, Domine, qu&#230;sumus, beatorum Petri et Pauli patrocinio nos tuere, et eosdem quorum tribuisti solemnia celebrare, securos fac nostros semper esse custodes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prot&#233;gez-nous, Seigneur, nous vous en prions, par le patronage appostolique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans notre missel actuel, la premi&#232;re lecture est celle que le Comes de W&#252;rzbourg assigne, comme nous l'avons dit, &#224; la messe vigiliale (Gal. I, 11-20). Paul, pour d&#233;fendre devant les Galates l'authenticit&#233; de son apostolat, narre sa propre histoire et d&#233;montre que, n'ayant jamais &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole d'aucun ap&#244;tre et ayant re&#231;u directement de Dieu la r&#233;v&#233;lation &#233;vang&#233;lique, il &#233;tait ap&#244;tre &#224; l'&#233;gal des Douze, et choisi par celui-l&#224; m&#234;me qui avait &#233;lu les Douze. Il n'est donc pas admissible, comme le pr&#233;tendaient ceux des Galates qui &#233;taient juda&#239;sants, qu'il y ait quelque divergence ou rivalit&#233; entre Paul et les ap&#244;tres. Identique est leur esprit, identique leur mission. Paul, quelques ann&#233;es auparavant, s'est m&#234;me rendu &#224; J&#233;rusalem, et s'est entretenu quinze jours durant avec le Chef visible de l'&#201;glise, comme pour soumettre publiquement son enseignement &#224; son contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons ces paroles : Cum autem placuit... ut revelaret Filium suum in me, ut evangelizarem illum in gentibus. La gr&#226;ce, avant de pousser Paul &#224; pr&#234;cher le Christ, le transforme lui-m&#234;me dans le Christ, et ainsi r&#233;v&#232;le celui-ci au monde d'abord dans la vie, puis dans les paroles de l'ap&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le Comes que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, in Nat. S. Pauli la lecture &#233;tait la m&#234;me que le 25 janvier ; son sujet &#233;tait la conversion du Docteur des Nations sur le chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel est aussi le m&#234;me que le 25 janvier. Le verset all&#233;luiatique est le suivant : &#171; Paul, Ap&#244;tre saint, pr&#233;dicateur de v&#233;rit&#233; et Docteur des gentils, interc&#233;dez pour nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Paul, tout en n'appartenant pas au ch&#339;ur des Douze, a-t-il m&#233;rit&#233; d'&#234;tre pr&#233;f&#233;r&#233; aux autres, et m&#234;me de partager avec Pierre le titre de Prince des Ap&#244;tres ? Saint L&#233;on le Grand r&#233;pond que ce privil&#232;ge est d&#251; &#224; l'&#233;lection divine. Le Seigneur a voulu que Paul f&#251;t le troph&#233;e le plus insigne de sa mis&#233;ricorde ; le pers&#233;cuteur devait devenir l'Ap&#244;tre par excellence, et celui qui, au commencement, avait nui plus que les autres aux d&#233;buts de l'&#201;glise, devait travailler plus que tous les autres ap&#244;tres &#224; la diffusion du saint &#201;vangile : Abundantius illis laboravi. Le Seigneur en a donc ainsi dispos&#233; : tandis que nous ne savons que peu de choses des faits et gestes des Douze, les Actes et les &#201;p&#238;tres nous documentent suffisamment sur la vie de saint Paul, car elle constitue &#224; elle seule la r&#232;gle et le mod&#232;le de toute vie vraiment pastorale et apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas le seul privil&#232;ge dont Dieu ait honor&#233; son grand &#171; Ouvrier &#187;. Comme Pierre vit et gouverne dans ses successeurs, ainsi Paul continue chaque jour dans le monde entier sa pr&#233;dication au moyen de ses &#233;crits que l'&#201;glise lit presque quotidiennement &#224; la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa mort, Paul a joui encore d'autres privil&#232;ges. Le culte de sa splendide basilique s&#233;pulcrale est confi&#233; depuis plus de quatorze si&#232;cles aux disciples du patriarche du Mont-Cassin, qui, jour et nuit, la font retentir des chants de l'Office divin, ex&#233;cut&#233; avec toute cette splendeur si pieuse dont les B&#233;n&#233;dictins ont conserv&#233; la tradition. Les soixante abbayes qui autrefois desservaient les Basiliques romaines ont presque toutes disparu, celle de la voie d'Ostie survit encore vigoureuse, elle que, par &#233;gard pour saint Paul, les pontifes nomment sans plus, dans leurs Bulles : sacratissimum monasterium in quo tuum Venerabile Corpus celebri memoria requiescit. En ce lieu sacr&#233; les moines, guid&#233;s par la R&#232;gle de Saint Beno&#238;t, continuent dans la pauvret&#233; &#233;vang&#233;lique, dans l'ob&#233;issance et dans la chastet&#233;, cette vie religieuse qui, ayant &#233;t&#233; inaugur&#233;e par les saints ap&#244;tres, fut appel&#233;e, durant le haut moyen &#226;ge, apostolique. Et, tr&#232;s &#224; propos, la divine Providence ouvrit, &#224; l'ombre de la Basilique de Saint-Paul, une dominici schola servitii, comme saint Beno&#238;t appelle son monast&#232;re, pour que, &#224; la garde du tombeau du Docteur universel &#8212; les cubilares de saint L&#233;on &#8212; f&#251;t d&#233;put&#233;, non pas un autre ordre religieux avec ses traditions asc&#233;tiques, ses saints, ses syst&#232;mes doctrinaux, ses objectifs particuliers, quelque v&#233;n&#233;rables et saints qu'ils soient, mais l'Ordre b&#233;n&#233;dictin qui, au dire de saint Bernard, existant avant tous les autres, et &#233;tant n&#233; &#224; l'&#233;poque patristique, vit purement et simplement de la vie catholique de l'&#201;glise et, sans particularismes doctrinaux, pr&#234;che et enseigne avec elle, par l'interm&#233;diaire de ses Docteurs, Gr&#233;goire le Grand, B&#233;d&#233; le V&#233;n&#233;rable, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard, etc., nourrissant sa pi&#233;t&#233; aux sources m&#234;mes de la pi&#233;t&#233; de l'&#201;glise, gr&#226;ce &#224; la sainte liturgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique est commune &#224; la f&#234;te de l'ancien compagnon de Paul dans l'apostolat, saint Barnab&#233;, le 11 juin. Cependant le Lectionnaire de W&#252;rzbourg assigne &#224; cette seconde station dans la basilique Ostienne la m&#234;me p&#233;ricope &#233;vang&#233;lique que nous avons d&#233;j&#224; rapport&#233;e le 25 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le reste de la messe, dans le Missel actuel, est commun &#224; f&#234;te de la Conversion de saint Paul. Dans le L&#233;onien, la collecte sur les oblations est au contraire la suivante : Munera supplices, Domine, tuis altaribus adhibemus, quantum de nostro merita formidantes, tantum beati Petri et Pauli, pro quorum solemnibus offeruntur, intercessionibus confisi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous apportons les dons sur vos autels, Seigneur, et autant nous craignons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#8212; Toujours les deux ap&#244;tres apparaissent ensemble, m&#234;me pour la station (natalis) sur la voie d'Ostie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;face est la m&#234;me que celle rapport&#233;e ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le L&#233;onien manque une pri&#232;re sp&#233;ciale pour l'action de gr&#226;ces. Dans le Gr&#233;gorien, nous trouvons celle-ci, qui d'ailleurs est importante, parce que, conform&#233;ment &#224; l'antique tradition, elle aussi se rapporte non seulement &#224; Paul, comme dans le Missel actuel, mais aux deux ap&#244;tres : Perceptis, Domine, Sacramentis, beatis Apostolis intervenientibus deprecamur, ut qu&#230; pro illorum celebrata sunt gloria, nobis proficiant ad medelam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s avoir re&#231;u les Sacrements, Seigneur, nous prions par l'intercession (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous empruntons au Sacramentaire L&#233;onien cette autre collecte encore toute vibrante du style et du g&#233;nie du grand saint L&#233;on : Omnipotens, sempiterne Deus, qui ineffabili sacramento ius Apostolici principatus in Romani nominis arce posuisti, unde se Evangelica veritas per tota mundi regna diffunderet ; pr&#230;sta ut quod in orbem terrarum Eorum pr&#230;dicatione manavit, Christian&#230; devotionis sequatur universitas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dieu &#233;ternel et tout puissant, vous avez pos&#233; par un ineffable sacrement le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Sacramentaires ne nous ont conserv&#233; aucune messe pour le sanctuaire de la voie Appienne, mentionn&#233; en ce jour dans l'hymne c&#233;l&#232;bre de saint Ambroise : &lt;i&gt;Trinis celebratur viis esta Sanctorum Martyrum.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant des fouilles r&#233;centes ont restitu&#233; &#224; la basilica Apostolorum de la voie Appienne toute son importance ; si bien que les deux sanctuaires du Vatican et de la voie d'Ostie ne peuvent aujourd'hui se flatter de poss&#233;der des monuments aussi anciens ni des graffites aussi nombreux. Ce sont les fid&#232;les du IIIe et du IVe si&#232;cle qui invoquent Pierre et Paul, et transmettent &#224; leurs descendants le souvenir de la c&#233;l&#233;bration en leur honneur, pr&#232;s de leur c&#233;notaphe, du liturgique refrigerium : Paule, Petre, pro Erate rogate. &#8212; Petrus et Paulus in mente abeatis Antonius e in mente abeatis Gelasius. &#8212; Petro et Paulo Tomius Coelius refrigerium feci. &#8212; Dalmatius botum is promisit refrigerium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape Damase d&#233;cora ce sanctuaire d'une de ses belles inscriptions habituelles. La voici :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HIC &#8226; HABITASSE &#8226; PRIVS &#8226; SANCTOS &#8226; COGNOSCERE &#8226; DEBES&lt;br class='manualbr' /&gt;NOMINA &#8226; QVISQVE &#8226; PETRI &#8226; PARITER &#8226; PAVLIQVE &#8226; REQVIRIS&lt;br class='manualbr' /&gt;DISCIPVLOS &#8226; ORIENS &#8226; MISIT &#8226; QVOD &#8226; SPONTE &#8226; FATEMVR&lt;br class='manualbr' /&gt;SANGVINIS &#8226; OB &#8226; MERITVM &#8226; CHRISTVM &#8226; PER &#8226; ASTRA &#8226; SECVTI&lt;br class='manualbr' /&gt;AETHERIOS &#8226; PETIERE &#8226; SINVS &#8226; REGNAQVE &#8226; PIORVM&lt;br class='manualbr' /&gt;ROMA &#8226; SVOS &#8226; POTIVS &#8226; MERVIT &#8226; DEFENDERE &#8226; CIVES&lt;br class='manualbr' /&gt;HAEC &#8226; DAMASVS &#8226; VESTRAS &#8226; REFERAT &#8226; NOVA &#8226; SYDERA &#8226; LAVDES&lt;br class='manualbr' /&gt;Sache que jadis il y eut ici des Saints ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si tu veux conna&#238;tre leurs noms, les voici : Pierre et Paul.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous confessons bien volontiers que l'Orient nous envoya ses disciples,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui, par le m&#233;rite de leur martyre, suivirent le Christ au ciel,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et s'en all&#232;rent au royaume des bienheureux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Rome fit toutefois pr&#233;valoir leurs titres &#224; leur droit de cit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;O Astres nouveaux, qu'ainsi Damase chante toujours vos louanges.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette inscription est un peu obscure. Elle fait allusion &#224; la tradition rapport&#233;e par saint Gr&#233;goire le Grand, selon laquelle, peu apr&#232;s le martyre des deux ap&#244;tres, les Orientaux &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; d&#233;rober leurs corps et &#224; les emporter dans la m&#232;re patrie. Dans ce but, ils les avaient transport&#233;s dans la cachette ad Catacumbas, quand les Romains s'en aper&#231;urent &#224; temps et firent pr&#233;valoir leurs droits. Roma suos potius meruit defendere cives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Synaxe vesp&#233;rale. &lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Saint-Paul.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien rit romain ne connaissait pas pr&#233;cis&#233;ment nos v&#234;pres actuelles, puisque &#8212; &#224; part le quotidien cursus psalmodique des ch&#339;urs monastiques &#8212; l'office festif des v&#234;pres, dans son concept primitif, n'est qu'une anticipation ou une extension de la synaxe vigiliale : une c&#233;r&#233;monie pr&#233;paratoire &#224; la f&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Rome, la semaine pascale faisait exception, et aussi la solennit&#233; des deux princes des ap&#244;tres, pour laquelle le Sacramentaire dit G&#233;lasien nous conserve huit collectes de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Ordo Romanus XI du chanoine Beno&#238;t, dans l'apr&#232;s-midi du 29 juin, le Pape, avec toute sa cour, se rendait &#224; Saint-Paul, et l&#224;, ayant c&#233;l&#233;br&#233; les v&#234;pres, il se mettait &#224; table avec sa suite. Comme &#224; Saint-Pierre, &#224; Saint-Paul aussi le rite vigilial &#233;tait double. Le premier office commen&#231;ait imm&#233;diatement apr&#232;s le repas du soir. Apr&#232;s le chant de trois psaumes, les moines de l'Abbaye lisaient les trois premi&#232;res le&#231;ons des Actes des Ap&#244;tres, o&#249; est narr&#233;e la conversion de Saul. Apr&#232;s chaque le&#231;on, les solistes ex&#233;cutaient des chants responsoriaux, tandis que le Pape, assist&#233; des cardinaux, encensait la tombe apostolique. La quatri&#232;me et la cinqui&#232;me le&#231;ons &#233;taient r&#233;serv&#233;es &#224; deux &#233;v&#234;ques, la sixi&#232;me et la septi&#232;me aux cardinaux, la huiti&#232;me &#224; un sous-diacre et la neuvi&#232;me au Pape. Durant le chant du quatri&#232;me r&#233;pons, le Pape, au lieu d'encenser seulement l'autel (la fenestella confessionis ayant &#233;t&#233; ouverte avec la clef d'or), p&#233;n&#233;trait dans l'espace libre qu'on voit encore entre la pierre tombale de l'ap&#244;tre et la table de l'autel. Sur cette pierre s&#233;pulcrale de l'&#226;ge constantinien, on lit cette inscription :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux ouvertures carr&#233;es qui brisent le mot Paulo &#233;taient appel&#233;es par les anciens : cataractes, et c'est par l&#224; qu'on introduisait des voiles ou d'autres objets de d&#233;votion qu'on voulait mettre en contact avec la tombe apostolique. L'une de ces deux ouvertures est plus profonde que l'autre, car c'&#233;tait une faveur accord&#233;e seulement aux personnages, que d'introduire leurs objets de pi&#233;t&#233; &#8212; sanctuaria &#8212; usque ad secundam cateractam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'ouverture centrale, elle &#233;tait r&#233;serv&#233;e &#224; une touchante c&#233;r&#233;monie. Chaque ann&#233;e, le jour de saint Paul, tandis qu'&#224; l'ambon le soliste modulait les m&#233;lismes du quatri&#232;me r&#233;pons vigilial, le Pontife p&#233;n&#233;trant, comme nous l'avons dit, dans la camera confessionis, retirait l'encensoir que, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, en la m&#234;me circonstance, il avait descendu par cette ouverture sur la tombe de l'Ap&#244;tre, et il en introduisait un autre, plein, lui aussi, d'encens fumant. Le chanoine Beno&#238;t ajoute que l'archidiacre distribuait au peuple les r&#233;sidus de l'encens et des charbons qui, pendant ces douze mois, avaient &#233;t&#233; si proches des ossements apostoliques hac ratione, ut quicumque febricitans devote in fide Apostoli ex his biberit, sanetur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. L., LXXVIII, col. 1051.&#034; id=&#034;nh2-92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second office vigilial commen&#231;ait vers l'aurore et se terminait par la messe solennelle que le Pape devait c&#233;l&#233;brer avec toute la splendeur du rite romain : celeberrime, dit le chanoine Beno&#238;t, qui ajoute m&#234;me que les oblations d&#233;pos&#233;es par les fid&#232;les sur l'autel de Saint-Paul servaient &#224; r&#233;mun&#233;rer le clerg&#233; qui avait pris part &#224; la f&#234;te. L'archidiacre recevait les dix-huit deniers habituels, avec lesquels il devait r&#233;tribuer les solistes pour les r&#233;pons ; &#224; chacun des autres chantres revenait pro beneficia solemnitatis un jeton de pr&#233;sence de quatre sous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier souvenir d'une si grande solennit&#233; &#233;tait, jusqu'&#224; 1870, la chapelle papale que, le 30 juin, le Pontife tenait chaque ann&#233;e dans la basilique du Docteur des Gentils. Le Pape c&#233;l&#233;brait d'abord le divin sacrifice sur l'autel de la Confession ; puis il prenait place au tr&#244;ne, entour&#233; de sa noble cour, des patriarches et des &#233;v&#234;ques assistants au tr&#244;ne pontifical, du ch&#339;ur des moines, et la solennelle fonction commen&#231;ait, embellie par les polyphonies classiques de la Chapelle Sixtine. Apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie avait lieu, au monast&#232;re, l'habituel et frugal refrigerium romain, &#8212; dernier souvenir de l'agape de charit&#233;, &#8212; auquel prenaient part avec le Pape, les cardinaux, les pr&#233;lats de la cour et la communaut&#233; monastique, &#224; peu pr&#232;s comme nous le d&#233;crivent d&#233;j&#224; les Ordines Romani du chanoine Beno&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons, en l'honneur des deux Princes des Ap&#244;tres, la simple et touchante inscription que les anciens compilateurs de recueils &#233;pigraphiques copi&#232;rent sur la porte qu'au VIe si&#232;cle, on appelait simplement de Saint-Pierre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;IANITOR &#8226; ANTE &#8226; FORES &#8226; FIXIT &#8226; SACRARIA &#8226; PETRVS &lt;br class='manualbr' /&gt;QVIS &#8226; NEGET &#8226; HAS &#8226; ARCES &#8226; INSTAR &#8226; ESSE &#8226; POLI &lt;br class='manualbr' /&gt;PARTE &#8226; ALIA &#8226; PAVLI &#8226; CIRCVMDANT &#8226; ATRIA &#8226; MVROS &lt;br class='manualbr' /&gt;HOS &#8226; INTER &#8226; ROMA &#8226; EST &#8226; HIC &#8226; SEDET &#8226; ERGO &#8226; DEVS&lt;br class='manualbr' /&gt;Pierre, le portier, a &#233;rig&#233; son sanctuaire devant la porte : &lt;br class='manualbr' /&gt;Qui maintenant pourra nier que notre cit&#233; fortifi&#233;e soit semblable au ciel ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Du c&#244;t&#233; oppos&#233;, le sanctuaire de Saint-Paul avoisine les murs &lt;br class='manualbr' /&gt;Au milieu est Rome. Ici donc est le tr&#244;ne de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Aujourd'hui, Simon Pierre monta sur l'arbre de la croix, All&#233;luia ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Aujourd'hui, le porte-clefs du royaume du ciel s'en alla joyeux vers le Christ ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Aujourd'hui, l'Ap&#244;tre Paul, la lumi&#232;re de l'univers, Inclina la t&#234;te pour le nom du Christ &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et re&#231;ut la couronne du martyre, All&#233;luia &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le martyrologe romain annonce la f&#234;te en ces termes : &#171; A Rome, la naissance au ciel des bienheureux Ap&#244;tres Pierre et Paul qui souffrirent sous l'empereur N&#233;ron, la m&#234;me ann&#233;e et le m&#234;me jour. Le premier fut crucifi&#233; dans la ville, la t&#234;te en bas, et inhum&#233; au Vatican, pr&#232;s de la voie triomphale o&#249; il est l'objet de la v&#233;n&#233;ration de tout l'univers. Le second eut la t&#234;te tranch&#233;e et fut enseveli sur la voie d'Ostie o&#249; il re&#231;oit de pareils honneurs &#187;. Dans l'antiquit&#233;, les f&#234;tes des saints &#233;taient toujours c&#233;l&#233;br&#233;es &#224; leur tombeau. Aussi, il y avait aujourd'hui deux offices religieux : au tombeau de saint Pierre et au tombeau de saint Paul. Aujourd'hui, on c&#233;l&#232;bre les deux Ap&#244;tres ensemble et le m&#234;me jour. Mais comme la messe et l'office d'aujourd'hui s'occupent davantage de saint Pierre, on consacre &#224; l'Ap&#244;tre des nations la journ&#233;e de demain 30 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;St Pierre.&lt;/strong&gt; &#8212; Pierre s'appelait originairement Simon. Son changement de nom fut l'&#339;uvre du Christ lui-m&#234;me. Cette nouvelle appellation fut annonc&#233;e d&#232;s la premi&#232;re rencontre de Simon avec le Seigneur et elle devint effective au moment de l'&#233;lection des Ap&#244;tres. Ce nom devait indiquer l'importance du premier Ap&#244;tre pour l'&#201;glise et en m&#234;me temps exprimer ses caract&#233;ristiques. L'Ap&#244;tre s'appela d&#233;sormais Pierre (en h&#233;breu K&#233;phas), le rocher. Pierre &#233;tait n&#233; &#224; Bethsa&#239;de, pr&#232;s du lac de G&#233;n&#233;sareth. Il exer&#231;ait avec son fr&#232;re plus jeune, Andr&#233;, le m&#233;tier de p&#234;cheur. Il habitait Capharna&#252;m et &#233;tait mari&#233;. La maison de Pierre fut souvent le th&#233;&#226;tre des actions du Seigneur qui, &#224; chacun de ses s&#233;jours &#224; Capharna&#252;m, en faisait sa demeure. Pierre, ainsi qu'Andr&#233; son fr&#232;re et Jean, fut des premiers disciples de J&#233;sus (Jean 1,40-50). Plus tard, apr&#232;s la p&#234;che miraculeuse sur le lac de G&#233;n&#233;sareth, le Seigneur se l'attacha d'une mani&#232;re permanente. Il quitta sa profession et sa famille, et le Seigneur le mit au premier rang des douze Ap&#244;tres. D&#233;sormais nous le trouvons constamment aux c&#244;t&#233;s de J&#233;sus, soit comme porte-parole du coll&#232;ge apostolique (Jean VI, 68 ; Math. XVI, 16), soit comme Ap&#244;tre privil&#233;gi&#233; (&#224; la r&#233;surrection de la fille de Ja&#239;re, &#224; la Transfiguration, &#224; l'agonie au jardin des Oliviers). Son caract&#232;re imp&#233;tueux l'entra&#238;na souvent &#224; des paroles et &#224; des actes pr&#233;cipit&#233;s et irr&#233;fl&#233;chis. Le reniement du Seigneur au moment de la Passion fut pour lui une salutaire le&#231;on qui le d&#233;termina &#224; faire dispara&#238;tre les faiblesses de son caract&#232;re. Il devint humble. Le Christ lui remit, apr&#232;s sa R&#233;surrection, la charge de pasteur supr&#234;me. Apr&#232;s l'Ascension du Seigneur, il occupe sans conteste le premier rang. Il fait le premier sermon de Pentec&#244;te ; il accepte le premier pa&#239;en (le centurion Corneille) dans l'&#201;glise (Act. Ap., X, 1 sq.). Paul va &#224; J&#233;rusalem pour voir Pierre. Apr&#232;s son &#233;vasion miraculeuse de prison (P&#226;ques 42), &#171; il se rendit dans un autre lieu &#187; (sans doute &#224; Rome). A partir de ce moment, les renseignements sont rares. Nous entendons encore parler de sa pr&#233;sence &#224; l'assembl&#233;e dite : concile de J&#233;rusalem (Act. Ap., XV, 1 sq.), de son voyage &#224; Antioche (Gal. II, II sq.). Il est certain qu'il a travaill&#233; &#224; Rome comme Ap&#244;tre, qu'il a &#233;t&#233; le premier &#233;v&#234;que de cette ville, qu'il est mort &#224; Rome comme martyr et que son martyre a &#233;t&#233; le crucifiement (67 apr&#232;s J.-C.). D'apr&#232;s la tradition, il fut aussi le premier &#233;v&#234;que d'Antioche (v. &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article259' class=&#034;spip_in&#034;&gt;22 f&#233;vrier, f&#234;te de la Chaire&lt;/a&gt;). Il est l'auteur de deux &#201;p&#238;tres, les premi&#232;res lettres pastorales adress&#233;es &#224; la chr&#233;tient&#233;. Son tombeau est la plus v&#233;n&#233;rable &#233;glise de la chr&#233;tient&#233;. Sur la coupole brillent ces mots : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre je b&#226;tirai mon &#201;glise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La messe (Nunc scio). &#8212; La messe de la vigile avait surtout pour objet le martyre de saint Pierre ; la messe de la f&#234;te c&#233;l&#232;bre la pierre fondamentale de l'&#201;glise. Le leitmotiv est la parole du Seigneur : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre je b&#226;tirai mon &#201;glise &#187;. La messe commence d'une mani&#232;re dramatique par les paroles de Pierre lui-m&#234;me : &#171; Maintenant je sais vraiment que le Seigneur a envoy&#233; son ange et m'a d&#233;livr&#233; de la main d'H&#233;rode... &#187; Cette sc&#232;ne se passe dans la nuit. Remarquons que, dans l'antiquit&#233;, la messe se c&#233;l&#233;brait in aurora (&#224; l'aurore). La le&#231;on nous raconte la d&#233;livrance miraculeuse de Pierre. Cet exemple doit nous montrer la protection divine sur la papaut&#233; et l'&#201;glise. A l'&#201;vangile, nous sommes t&#233;moins du grand jour de C&#233;sar&#233;e de Philippe, jour o&#249; le Christ posa la pierre fondamentale de son &#201;glise. A la Communion, chacun de nous est Pierre, un rocher sur lequel le Seigneur veut b&#226;tir son &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Pri&#232;re des Heures.&lt;/strong&gt; &#8212; Les psaumes de matines avec leurs antiennes sont emprunt&#233;s au Commun des Ap&#244;tres. Ce commun provient tr&#232;s probablement de notre f&#234;te. Les r&#233;pons sont tr&#232;s dramatiques et d'une grande beaut&#233; ; Ils nous pr&#233;sentent diverses sc&#232;nes de la vie de saint Pierre comme autant de miniatures. La lecture d'&#201;criture nous raconte la gu&#233;rison du paralytique par Pierre (Act. Ap., III, 1-16). Les trois le&#231;ons du jour sont comme un triptyque. Des deux c&#244;t&#233;s, les miracles et la protection de Pierre ; au centre, la promesse : &#171; Tu es Petrus &#187;. Au second nocturne, nous entendons une pr&#233;dication historique du grand pape saint L&#233;on 1er &#224; propos de notre f&#234;te : &#171; Certes, le monde entier a part &#224; toutes les festivit&#233;s saintes, car une m&#234;me v&#233;ritable foi demande que soit c&#233;l&#233;br&#233; partout dans une commune joie tout ce qui s'est pass&#233; pour le salut de tous et que l'on comm&#233;more. Mais la f&#234;te d'aujourd'hui, ind&#233;pendamment de la v&#233;n&#233;ration dont elle jouit dans le monde entier, doit &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e dans notre ville (Rome) avec une jubilation particuli&#232;re et extraordinaire. Il faut qu'en ce lieu o&#249; les Ap&#244;tres ont achev&#233; si glorieusement leur vie, en ce jour anniversaire de leur martyre, r&#232;gne la plus grande joie ; car ce sont les hommes, &#244; Rome, par lesquels a brill&#233; pour toi l'&#201;vangile du Christ. Et toi qui &#233;tais jadis une ma&#238;tresse d'erreur, tu es devenue aujourd'hui un disciple de la v&#233;rit&#233;. Ce sont tes v&#233;ritables p&#232;res et tes vrais pasteurs, ces hommes qui, pour te transplanter dans le c&#233;leste royaume, t'ont fond&#233;e bien plus heureusement que ceux qui pos&#232;rent tes murs de fondation. L'homme (Romulus) dont tu portes le nom t'a souill&#233;e d'un fratricide. Mais ceux-ci t'ont &#233;lev&#233;e &#224; une si grande gloire que tu es devenue le peuple saint, la race &#233;lue, la ville sacerdotale et royale, et, par la chaire de Saint-Pierre, la capitale du monde. Et m&#234;me par la religion chr&#233;tienne, ta souverainet&#233; s'exerce sur un plus vaste domaine que jadis au temps de ta puissance terrestre. Sans doute, c'est par de nombreuses victoires que tu &#233;tendis autrefois ta domination sur terre et sur mer ; n&#233;anmoins les conqu&#234;tes que t'ont procur&#233;es les combats guerriers sont bien moins importantes que celles que tu dois &#224; la paix chr&#233;tienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Aurelius Clemens Prudentius, &lt;i&gt;Peristephanon&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Peristephanon&lt;/i&gt; est un recueil de po&#232;mes (le titre veut dire &#8216;couronne') sur les Martyrs &#233;crit &#224; la toute fin du IV&#232;me si&#232;cle o&#249; aux premi&#232;res ann&#233;es du V&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;XII. Passio Apostolorum Petri et Pauli&lt;/td&gt;&lt;td&gt;XII. Passion des Ap&#244;tres Pierre et Paul&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Plus solito coeunt ad gaudia ; dic, amice, quid sit !&lt;br class='manualbr' /&gt;Romam per omnem cursitant ovantque.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il se fait un concours inusit&#233; &#224; quelque f&#234;te. Dis-moi, ami, que se passe-t-il ? Rome enti&#232;re est en mouvement et en joie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Festus apostolici nobis redit hic dies triumfi,&lt;br class='manualbr' /&gt;Pauli atque Petri nobilis cruore.&lt;br class='manualbr' /&gt;Unus utrumque dies, pleno tamen innovatus anno,&lt;br class='manualbr' /&gt;vidit superba morte laureatum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est le jour o&#249; nous c&#233;l&#233;brons le triomphe des Ap&#244;tres, jour ennobli par le sang de Pierre et de Paul. Le m&#234;me jour, &#224; la distance d'une ann&#233;e, les a vus couronn&#233;s par une glorieuse mort.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Scit Tiberina palus, quae flumine lambitur propinquo,&lt;br class='manualbr' /&gt;binis dicatum caespitem tropeis,&lt;br class='manualbr' /&gt;et crucis et gladii testis, quibus irrigans easdem&lt;br class='manualbr' /&gt;bis fluxit imber sanguinis per herbas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les rives du Tibre, &#224; peu de distance du fleuve, connaissent les deux monuments consacr&#233;s par leurs troph&#233;es ; elles attestent la croix et le glaive qui, &#224; deux reprises, ont arros&#233; de sang leurs prairies.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Prima Petrum rapuit sententia legibus Neronis,&lt;br class='manualbr' /&gt;pendere iussum praeminente ligno.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ille tamen veritus celsae decus aemulando mortis&lt;br class='manualbr' /&gt;ambire tanti gloriam magistri&lt;br class='manualbr' /&gt;exigit, ut pedibus mersum caput inprimant supinis,&lt;br class='manualbr' /&gt;quo spectet imum stipitem cerebro.&lt;br class='manualbr' /&gt;Figitur ergo manus subter, sola versus in cacumen,&lt;br class='manualbr' /&gt;hoc mente maior, quo minor figura.&lt;br class='manualbr' /&gt;Noverat ex humili caelum citius solere adiri,&lt;br class='manualbr' /&gt;deiecit ora spiritum daturus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Un premier arr&#234;t enleva Pierre : l'ordre de N&#233;ron le fit attacher sur une haute croix. Mais lui, craignant de s'&#233;galer, par une si noble mort, &#224; son Ma&#238;tre souverain et de briguer sa gloire, voulut mourir la t&#234;te en bas, les pieds &#233;lev&#233;s, son chef touchant le bas de la croix ; ses mains furent donc clou&#233;es pr&#232;s du sol, lui, regardant le ciel. L'attitude &#233;tait humili&#233;e, l'&#226;me n'en &#233;tait que plus grande : il savait que l'abaissement conduit plus vite au ciel, il voulut mourir la t&#234;te en bas.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut teres orbis iter flexi rota percucurrit anni&lt;br class='manualbr' /&gt;diemque eundem sol reduxit ortus,&lt;br class='manualbr' /&gt;evomit in iugulum Pauli Nero fervidum furorem,&lt;br class='manualbr' /&gt;iubet feriri gentium magistrum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le monde avait parcouru l'espace d'une ann&#233;e, et le soleil ramenait le m&#234;me jour, quand la fureur forcen&#233;e de N&#233;ron s'abattit sur la t&#234;te de Paul : il fit mettre &#224; mort le Docteur des Gentils.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipse prius sibimet finem cito dixerat futurum :&lt;br class='manualbr' /&gt;'ad Christum eundum est, iam resolvor', inquit.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec mora, protrahitur, poenae datur, inmolatur ense,&lt;br class='manualbr' /&gt;non hora vatem, non dies fefellit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Celui-ci d&#233;j&#224; avait pr&#233;dit sa fin prochaine : &#8216;je m'en vais au Christ, je vais &#234;tre d&#233;livr&#233;', disait-il. Sans retard il est traduit, livr&#233; au supplice, immol&#233; par le glaive : ni le jour ni l'heure n'ont d&#233;menti sa proph&#233;tie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dividit ossa duum Tybris sacer ex utraque ripa,&lt;br class='manualbr' /&gt;inter sacrata dum fluit sepulcra.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dextra Petrum regio tectis tenet aureis receptum&lt;br class='manualbr' /&gt;canens oliva, murmurans fluento ;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Tibre sacr&#233; s&#233;pare leurs ossements, il coule entre leurs tombeaux v&#233;n&#233;r&#233;s, situ&#233;s sur l'une et l'autre rive. Pierre, sous un lambris dor&#233;, habite la rive droite o&#249; chante l'olivier, o&#249; murmure un cours d'eau.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;namque supercilio saxi liquor ortus excitavit&lt;br class='manualbr' /&gt;fontem perennem chrismatis feracem,&lt;br class='manualbr' /&gt;nunc pretiosa ruit per marmora lubricatque clivum,&lt;br class='manualbr' /&gt;donec virenti fluctuet colymbo.&lt;br class='manualbr' /&gt;Interior tumuli pars est, ubi lapsibus sonoris&lt;br class='manualbr' /&gt;stagnum nivali volvitur profundo.&lt;br class='manualbr' /&gt;Omnicolor vitreas pictura superne tingnit undas,&lt;br class='manualbr' /&gt;musci relucent et virescit aurum&lt;br class='manualbr' /&gt;cyaneusque latex umbram trahit inminentis ostri :&lt;br class='manualbr' /&gt;credas moveri fluctibus lacunar.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car l'eau jaillissant au sommet du rocher a fait pousser l'arbre au feuillage &#233;ternel qui fournit le chr&#234;me ; puis elle descend sur des marbres pr&#233;cieux, arrose la pente ; ses eaux verd&#226;tres sont re&#231;ues dans un bassin et, au fond de la crypte, en cascades sonores aboutissent &#224; une piscine fra&#238;che comme la neige. D'en haut, les peintures aux teintes vari&#233;es colorent les eaux : la mousse en est dor&#233;e et les ors verdissent, l'onde limpide prend les tons sombres de la vo&#251;te : on croirait voir le lambris se mouvoir dans les eaux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pastor oves alit ipse illic gelidi rigore fontis,&lt;br class='manualbr' /&gt;videt sitire quas fluenta Christi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L&#224; le pasteur en personne abreuve &#224; la source fra&#238;che ses brebis qu'il voit alt&#233;r&#233;es des eaux du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Parte alia titulum Pauli via servat Ostiensis,&lt;br class='manualbr' /&gt;qua stringit amnis caespitem sinistrum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Regia pompa loci est, princeps bonus has sacravit arces&lt;br class='manualbr' /&gt;lusitque magnis ambitum talentis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, la voie d'Ostie garde le tombeau de Paul, aux lieux o&#249; le fleuve encercle la rive gauche. C'est une splendeur royale : un prince pieux a consacr&#233; ce monument et s'est plu &#224; d&#233;penser pour l'agrandir.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Bracteolas trabibus sublevit, ut omnis aurulenta&lt;br class='manualbr' /&gt;lux esset intus, ceu iubar sub ortu.&lt;br class='manualbr' /&gt;subdidit et Parias fulvis laquearibus columnas,&lt;br class='manualbr' /&gt;distinguit illic quas quaternus ordo.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tum camiros hyalo insigni varie cucurrit arcus :&lt;br class='manualbr' /&gt;sic prata vernis floribus renident.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il a rev&#234;tu les poutres de lamelles qui remplissent l'int&#233;rieur d'une lumi&#232;re dor&#233;e comme celle de l'astre naissant. Il a fait reposer les lambris sur des colonnes de marbre distribu&#233;es en quatre rangs et les arcs sont rev&#234;tus de riches mosa&#239;ques, tels les pr&#233;s &#233;maill&#233;s de fleurs au printemps.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ecce duas fidei summo patre conferente dotes,&lt;br class='manualbr' /&gt;urbi colendas quas dedit togatae.&lt;br class='manualbr' /&gt;Aspice, per bifidas plebs Romula funditur plateas,&lt;br class='manualbr' /&gt;lux in duobus fervet una festis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nos ad utrumque tamen gressu properemus incitato,&lt;br class='manualbr' /&gt;et his et illis perfruamur hymnis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tels sont les deux tr&#233;sors que notre foi doit au P&#232;re souverain et qu'il donne &#224; f&#234;ter &#224; la Ville des toges. Voyez le peuple romain se r&#233;pandre en deux courants : un m&#234;me jour est anim&#233; par deux f&#234;tes. H&#226;tons-nous de nous rendre &#224; toutes deux, pour entendre les chants ici et l&#224;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ibimus ulterius, qua fert via pontis Hadriani,&lt;br class='manualbr' /&gt;laevam deinde fluminis petemus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Transtiberina prius solvit sacra pervigil sacerdos,&lt;br class='manualbr' /&gt;mox huc recurrit duplicatque vota.
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous irons au del&#224; du pont d'Hadrien, puis nous gagnerons la rive gauche. De m&#234;me le Pontife commence par c&#233;l&#233;brer apr&#232;s une veille au del&#224; du Tibre, puis se rend l&#224;-bas et renouvelle son offrande.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Haec didicisse sat est Romae tibi : tu domum reversus&lt;br class='manualbr' /&gt;diem bifestum sic colas memento.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'il vous suffise d'avoir appris ceci &#224; Rome : de retour chez vous, n'oubliez pas de c&#233;l&#233;brer ce jour de double f&#234;te.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XXI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gal. IV, 22-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. V, 25-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. X, 11-18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. V, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ambr. in Luc. X.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. VII, 47 ; Johan. XXI, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XIII, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXI, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 19, 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVIII, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVII, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. IV, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. X, 9-16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen. XXII, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Col. I, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XI, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hymn. Vesp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. IV, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Col. I, 24 ; II Cor. XII, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. IV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. XI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ant. Oct. Apost. ad Benedictus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVIII, 2, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVIII, 4-3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV, 7, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. V, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXII, 8-10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Patres, Concil. et Liturg. passim.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XVI, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne s'&#233;tonnera pas que nous empruntions les diff&#233;rents traits de ce r&#233;cit &#224; l'ouvrage de notre P&#232;re et Ma&#238;tre : Sainte C&#233;cile et la soci&#233;t&#233; romaine aux deux premiers si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XXI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Orat. XXI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In N&#233;ron XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Contra Auxent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Stromat. VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. IX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prudent. Peristeph. Hymn. XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gr&#339;c. aff. cur. Disput. VIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Homil. VIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cod. Theod. Lib. XV, tit. V, leg. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Thomasius, Distributio psalm. ad Opus Dei juxta antiquior. psall. morem Eccl. rom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ex. XXV, 4 ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. X, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. XII, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Respons. 2um Ii Nocturni.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc, IV, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. XII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. IV, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. XII, 14-15. Currens nuntiavit stare Petrum ante januam ; at illi dixerunt ad eam : Insanis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. I, 11 ; I Cor. XI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dionys, De div. Nom. III, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXX, 1-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXX, 5-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XI, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XVII, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Passim.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Men&#233;es, passim.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. II, 1-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXVIII, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. VII, 24-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 6-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XCII, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. IX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XIV, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philip. 1, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. I in Nat. Apostol. ; P. L., LIV, col. 427-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Pontife commence par c&#233;l&#233;brer apr&#232;s une veille au del&#224; du Tibre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ENNODIVS EP. PAP., Lib. Apologet. pro synodo, P. L., LXVII, col. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quand le Pape c&#233;l&#232;bre deux messe le m&#234;me jour, il ne se purifie pas la bouche, si ce n'est apr&#232;s l'office : mais sans interval, une fois la premi&#232;re finie, il commence la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Puis se rend l&#224;-bas et renouvelle son offrande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prot&#233;gez-nous, Seigneur, nous vous en prions, par le patronage appostolique des bienheureux Pierre et Paul, et que ceux dont vous nous donnez de c&#233;l&#233;brer les solennit&#233;s soient toujours nos gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous apportons les dons sur vos autels, Seigneur, et autant nous craignons pour nos m&#233;rites, autant nous nous confions aux intercessions des bienheureux Pierre et Paul en les solennit&#233;s desquels ils sont offerts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u les Sacrements, Seigneur, nous prions par l'intercession des bienheureux Ap&#244;tres, pour que ce qui est c&#233;l&#233;br&#233; pour leur gloire devienne pour nous un rem&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dieu &#233;ternel et tout puissant, vous avez pos&#233; par un ineffable sacrement le droit du pouvoir apostolique dans la citadelle du nom Romain, afin qu'elle r&#233;pande dans tous les royaumes du monde la v&#233;rit&#233; &#233;vang&#233;lique ; faites que ce qui fut r&#233;pandu sur toute la terre par leur pr&#233;dication, entra&#238;ne l'universalit&#233; de la foi chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. L., LXXVIII, col. 1051.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques de la f&#234;te du Sacr&#233;-Coeur</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article219</link>
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		<dc:date>2026-05-29T09:18:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;On trouvera les textes liturgiques de la f&#234;te ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique Un nouveau rayon brille au ciel de la sainte &#201;glise, et vient &#233;chauffer nos c&#339;urs. Le Ma&#238;tre divin donn&#233; par le Christ &#224; nos &#226;mes, l'Esprit Paraclet descendu sur le monde, poursuit ses enseignements dans la Liturgie sacr&#233;e. La Trinit&#233; auguste, r&#233;v&#233;l&#233;e tout d'abord &#224; la terre en ces sublimes le&#231;ons, a re&#231;u nos premiers hommages ; nous avons connu Dieu dans sa vie intime, p&#233;n&#232;tre par la foi dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-37-00429.gif?1780046329' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes liturgiques de la f&#234;te &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article220' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau rayon brille au ciel de la sainte &#201;glise, et vient &#233;chauffer nos c&#339;urs. Le Ma&#238;tre divin donn&#233; par le Christ &#224; nos &#226;mes, l'Esprit Paraclet descendu sur le monde, poursuit ses enseignements dans la Liturgie sacr&#233;e. La Trinit&#233; auguste, r&#233;v&#233;l&#233;e tout d'abord &#224; la terre en ces sublimes le&#231;ons, a re&#231;u nos premiers hommages ; nous avons connu Dieu dans sa vie intime, p&#233;n&#232;tre par la foi dans le sanctuaire de l'essence infinie. Puis, d'un seul bond, l'Esprit imp&#233;tueux de la Pentec&#244;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 2.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entra&#238;nant nos &#226;mes &#224; d'autres aspects de la v&#233;rit&#233; qu'il a pour mission de rappeler au monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 26.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les a laiss&#233;es un long temps prostern&#233;es au pied de l'Hostie sainte, m&#233;morial divin des merveilles du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CX, 4.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui c'est le C&#339;ur sacr&#233; du Verbe fait chair qu'il propose &#224; nos adorations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partie noble entre toutes du corps de l'Homme-Dieu, le C&#339;ur de J&#233;sus m&#233;ritait, en effet, au m&#234;me titre que ce corps adorable, l'hommage r&#233;clam&#233; par l'union personnelle au Verbe divin. Mais si nous voulons conna&#238;tre la cause du culte plus sp&#233;cial que lui voue la sainte &#201;glise, il convient ici que nous la demandions de pr&#233;f&#233;rence &#224; l'histoire de ce culte lui-m&#234;me et &#224; la place qu'occupe au Cycle sacr&#233; la solennit&#233; de ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lien myst&#233;rieux r&#233;unit ces trois f&#234;tes de la tr&#232;s sainte Trinit&#233;, du Saint-Sacrement et du Sacr&#233;-C&#339;ur. Le but de l'Esprit n'est pas autre, en chacune d'elles, que de nous initier plus intimement &#224; cette science de Dieu par la foi qui nous pr&#233;pare &#224; la claire vision du ciel. Nous avons vu comment Dieu, connu dans la premi&#232;re en lui-m&#234;me, se manifeste par la seconde en ses op&#233;rations ext&#233;rieures, la tr&#232;s sainte Eucharistie &#233;tant le dernier terme ici-bas de ces op&#233;rations ineffables. Mais quelle transition, quelle pente merveilleuse a pu nous conduire si rapidement et sans heurt d'une f&#234;te &#224; l'autre ? Par quelle voie la pens&#233;e divine elle-m&#234;me, par quel milieu la Sagesse &#233;ternelle s'est-elle fait jour, des inaccessibles sommets o&#249; nous contemplions le sublime repos de la Trinit&#233; bienheureuse, &#224; cet autre sommet des Myst&#232;res chr&#233;tiens o&#249; l'a port&#233;e l'in&#233;puisable activit&#233; d'un amour sans bornes ? Le C&#339;ur de l'Homme-Dieu r&#233;pond &#224; ces questions, et nous donne l'explication du plan divin tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savions que cette f&#233;licit&#233; souveraine du premier &#202;tre, cette vie &#233;ternelle communiqu&#233;e du P&#232;re au Fils et des deux &#224; l'Esprit dans la lumi&#232;re et l'amour, les trois divines personnes avaient r&#233;solu d'en faire part &#224; des &#234;tres cr&#233;&#233;s, et non seulement aux sublimes et pures intelligences des c&#233;lestes hi&#233;rarchies, mais encore &#224; l'homme plus voisin du n&#233;ant, jusque dans la chair qui compose avec l'&#226;me sa double nature. Nous en avions pour gage le Sacrement auguste o&#249; l'homme, d&#233;j&#224; rendu participant de la nature divine par la gr&#226;ce de l'Esprit sanctificateur, s'unit au Verbe divin comme le vrai membre de ce Fils tr&#232;s unique du P&#232;re. Oui ; &#171; bien que ne paraisse pas encore ce que nous serons un jour, dit l'Ap&#244;tre saint Jean, nous sommes d&#232;s maintenant les fils de Dieu ; lorsqu'il se montrera, nous lui serons semblables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan. III, 2.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;tant destin&#233;s &#224; vivre comme le Verbe lui-m&#234;me en la soci&#233;t&#233; de ce P&#232;re tr&#232;s-haut dans les si&#232;cles des si&#232;cles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 1, 3.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'amour infini de la Trinit&#233; toute-puissante appelant ainsi de faibles cr&#233;atures en participation de sa vie bienheureuse, n'a point voulu parvenir &#224; ses fins sans le concours et l'interm&#233;diaire oblig&#233; d'un autre amour plus accessible &#224; nos sens, amour cr&#233;&#233; d'une &#226;me humaine, manifest&#233; dans les battements d'un c&#339;ur de chair pareil au n&#244;tre. L'Ange du grand conseil, charg&#233; d'annoncer au monde les desseins mis&#233;ricordieux de l'Ancien des jours, a rev&#234;tu, dans l'accomplissement de son divin message, une forme cr&#233;&#233;e qui p&#251;t permettre aux hommes de voir de leurs yeux, de toucher de leurs mains le Verbe de vie, cette vie &#233;ternelle qui &#233;tait dans le P&#232;re et venait jusqu'&#224; nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 1-2.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Docile instrument de l'amour infini, la nature humaine que le Fils de Dieu s'unit personnellement au sein de la Vierge-M&#232;re ne fut point toutefois absorb&#233;e ou perdue dans l'ab&#238;me sans fond de la divinit&#233; ; elle conserva sa propre substance, ses facult&#233;s sp&#233;ciales, sa volont&#233; distincte et r&#233;gissant dans une parfaite harmonie, sous l'influx du Verbe divin, les mouvements de sa tr&#232;s sainte &#226;me et de son corps adorable. D&#232;s le premier instant de son existence, l'&#226;me tr&#232;s parfaite du Sauveur, inond&#233;e plus directement qu'aucune autre cr&#233;ature de cette vraie lumi&#232;re du Verbe qui &#233;claire tout homme venant en ce monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan, I, 9.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et p&#233;n&#233;trant par la claire vision dans l'essence divine, saisit d'un seul regard la beaut&#233; absolue du premier &#202;tre, et la convenance souveraine des divines r&#233;solutions appelant l'&#234;tre fini en partage de la f&#233;licit&#233; supr&#234;me. Elle comprit sa mission sublime, et s'&#233;mut pour l'homme et pour Dieu d'un immense amour. Et cet amour, envahissant avec la vie le corps du Christ form&#233; au m&#234;me instant par l'Esprit du sang virginal, fit tressaillir son C&#339;ur de chair et donna le signal des pulsations qui mirent en mouvement dans ses veines sacr&#233;es le sang r&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence en effet des autres hommes, chez qui la force vitale de l'organisme pr&#233;side seule aux mouvements du c&#339;ur, jusqu'&#224; ce que les &#233;motions, s'&#233;veillant avec l'intelligence, viennent par intervalles acc&#233;l&#233;rer ses battements ou les ralentir, l'Homme-Dieu sentit son C&#339;ur soumis d&#232;s l'origine &#224; la loi d'un amour non moins pers&#233;v&#233;rant, non moins intense que la loi vitale, aussi br&#251;lant d&#232;s sa naissance qu'il l'est maintenant dans les cieux. Car l'amour humain du Verbe incarn&#233;, fond&#233; sur sa connaissance de Dieu et des cr&#233;atures, ignora comme elle tout d&#233;veloppement progressif, bien que Celui qui devait &#234;tre notre fr&#232;re et notre mod&#232;le en toutes choses manifest&#226;t chaque jour en mille mani&#232;res nouvelles l'exquise sensibilit&#233; de son divin C&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il parut ici-bas, l'homme avait d&#233;sappris l'amour, en oubliant la vraie beaut&#233;. Son c&#339;ur de chair lui semblait une excuse, et n'&#233;tait plus qu'un chemin par o&#249; l'&#226;me s'enfuyait des c&#233;lestes sommets &#224; la r&#233;gion lointaine o&#249; le prodigue perd ses tr&#233;sors&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XV, 13.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A ce monde mat&#233;riel que l'&#226;me de l'homme e&#251;t d&#251; ramener vers son Auteur, et qui la tenait captive au contraire sous le fardeau des sens, l'Esprit-Saint pr&#233;parait un levier merveilleux : fait de chair lui aussi, le C&#339;ur sacr&#233;, de ces limites extr&#234;mes de la cr&#233;ation, renvoie au P&#232;re, en ses battements, l'ineffable expression d'un amour investi de la dignit&#233; du Verbe lui-m&#234;me. Luth m&#233;lodieux, vibrant sans interruption sous le souffle de l'Esprit d'amour, il rassemble en lui les harmonies des mondes ; corrigeant leurs d&#233;fectuosit&#233;s, suppl&#233;ant leurs lacunes, ramenant &#224; l'unit&#233; les voix discordantes, il offre &#224; la glorieuse Trinit&#233; un d&#233;licieux concert. Aussi met-elle en lui ses complaisances. C'est l'unique organum, ainsi l'appelait Gertrude la Grande&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Legatus divinae pietatis. Lib. II, c. 23 ; Lib. III, c. 25.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; c'est l'instrument qui seul agr&#233;e au Dieu tr&#232;s-haut. Par lui devront passer les soupirs enflamm&#233;s des br&#251;lants S&#233;raphins, comme l'humble hommage de l'inerte mati&#232;re. Par lui seulement descendront sur le monde les c&#233;lestes faveurs. Il est, de l'homme &#224; Dieu, l'&#233;chelle myst&#233;rieuse, le canal des gr&#226;ces, la voie montante et descendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit divin, dont il est le chef-d'&#339;uvre, en a fait sa vivante image. L'Esprit-Saint, en effet, bien qu'il ne soit pas dans les ineffables relations des personnes divines la source m&#234;me de l'amour, en est le terme ou l'expression substantielle ; moteur sublime inclinant au dehors la Trinit&#233; bienheureuse, c'est par lui que s'&#233;panche &#224; flots sur les cr&#233;atures avec l'&#234;tre et la vie cet amour &#233;ternel. Ainsi l'amour de l'Homme-Dieu trouve-t-il dans les battements du C&#339;ur sacr&#233; son expression directe et sensible ; ainsi encore verse-t-il par lui sur le monde, avec l'eau et le sang sortis du c&#244;t&#233; du Sauveur, la r&#233;demption et la gr&#226;ce, avant-go&#251;t et gage assur&#233; de la gloire future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un des soldats, dit l'&#201;vangile, ouvrit le c&#244;t&#233; de J&#233;sus par la lance, et il en sortit du sang et de l'eau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 34.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Arr&#234;tons-nous sur ce fait de l'histoire &#233;vang&#233;lique qui donne &#224; la f&#234;te d'aujourd'hui sa vraie base ; et comprenons l'importance du r&#233;cit qui nous en est transmis par saint Jean, &#224; l'insistance du disciple de l'amour non moins qu'il la solennit&#233; des expressions qu'il emploie. &#171; Celui qui l'a vu, dit-il, en rend t&#233;moignage, et son t&#233;moignage est v&#233;ritable ; et il sait, lui, qu'il dit vrai, pour que vous aussi vous croyiez. Car ces choses sont arriv&#233;es, pour que l'&#201;criture f&#251;t accomplie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 35-36.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;vangile ici nous renvoie au passage du proph&#232;te Zacharie annon&#231;ant l'effusion de l'Esprit de gr&#226;ce sur la maison du vrai David et les habitants de J&#233;rusalem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zach. XII, 10.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ils verront dans celui qu'ils ont perc&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. ; Johan. XIX, 37.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ajoutait le proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'y verront-ils, sinon cette grande v&#233;rit&#233; qui est le dernier mot de toute l'&#201;criture et de l'histoire du monde, &#224; savoir que Dieu a tant aim&#233; le monde, qu'il lui a donn&#233; son Fils unique, pour que quiconque croit en lui ait la vie &#233;ternelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 16.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#233;e sous les figures et montr&#233;e comme de loin durant les si&#232;cles de l'attente, cette v&#233;rit&#233; sublime &#233;clata au grand jour sur les rives du Jourdain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. III, 21-22.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand la Trinit&#233; sainte intervint tout enti&#232;re pour d&#233;signer l'&#201;lu du P&#232;re et l'objet des divines complaisances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XLII, I.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Restait n&#233;anmoins encore &#224; montrer la mani&#232;re dont cette vie &#233;ternelle que le Christ apportait au monde passerait de lui dans nous tous, jusqu'&#224; ce que la lance du soldat, ouvrant le divin r&#233;servoir et d&#233;gageant les ruisseaux de la source sacr&#233;e, v&#238;nt compl&#233;ter et parfaire le t&#233;moignage de la Trinit&#233; bienheureuse. &#171; Il y en a trois, dit saint Jean, qui rendent t&#233;moignage dans le ciel : le P&#232;re, le Verbe et le Saint-Esprit ; et ces trois n'en font qu'un. Et il y en a trois qui rendent t&#233;moignage sur la terre : l'Esprit, l'eau et le sang ; et ces trois concourent au m&#234;me but... Et leur t&#233;moignage est que Dieu nous a donn&#233; la vie &#233;ternelle, et qu'elle est dans son Fils &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan. V, 7, 8, 11.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Passage myst&#233;rieux qui trouve son explication dans la f&#234;te pr&#233;sente ; il nous montre dans le C&#339;ur de l'Homme-Dieu le d&#233;nouement de l'&#339;uvre divine, et la solution des difficult&#233;s que semblait offrir &#224; la Sagesse du P&#232;re l'accomplissement des desseins &#233;ternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associer des cr&#233;atures &#224; sa b&#233;atitude, en les faisant participantes dans l'Esprit-Saint de sa propre nature et membres de son Fils bien-aim&#233;, telle &#233;tait, disions-nous, la mis&#233;ricordieuse pens&#233;e du P&#232;re ; tel est le but o&#249; tendent les efforts de la Trinit&#233; souveraine. Or, voici qu'appara&#238;t Celui qui vient par l'eau et le sang, non dans l'eau seule, mais dans l'eau et le sang, J&#233;sus-Christ ; et l'Esprit, qui de concert avec le P&#232;re et le Fils a d&#233;j&#224; sur les bords du Jourdain rendu son t&#233;moignage, atteste ici encore que le Christ est v&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan. V, 6.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il dit de lui-m&#234;me que la vie est en lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. V, 26, etc.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car c'est l'Esprit, nous dit l'&#201;vangile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. VII, 37-39.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui sort avec l'eau du C&#339;ur sacr&#233;, des sources du Sauveur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XII, 3.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous rend dignes du sang divin qui l'accompagne. L'humanit&#233;, renaissant de l'eau et de l'Esprit, fait son entr&#233;e dans le royaume de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 5.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et, pr&#233;par&#233;e pour l'&#201;poux dans les flots du bapt&#234;me, l'&#201;glise s'unit au Verbe incarn&#233; dans le sang des Myst&#232;res. Vraiment sommes-nous avec elle d&#233;sormais l'os de ses os et la chair de sa chair&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen. II, 23 ; Eph. V, 30.&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, associ&#233;s pour l'&#233;ternit&#233; &#224; sa vie divine dans le sein du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va donc, &#244; Juif ! Ignorant les noces de l'Agneau, donne le signal de ces noces sacr&#233;es. Conduis l'&#201;poux au lit nuptial ; qu'il s'&#233;tende sur le bois mille fois pr&#233;cieux dont sa m&#232;re la synagogue a form&#233; sa couche au soir de l'alliance ; et que de son C&#339;ur sorte l'&#201;pouse, avec l'eau qui la purifie et le sang qui forme sa dot. Pour cette &#201;pouse il a quitt&#233; son P&#232;re et les splendeurs de la c&#233;leste J&#233;rusalem ; il s'est &#233;lanc&#233; comme un g&#233;ant dans la voie de l'amour ; la soif du d&#233;sir a consum&#233; son &#226;me. Le vent br&#251;lant de la souffrance a pass&#233; sur lui, dess&#233;chant tous ses os ; mais plus actives encore &#233;taient les flammes qui d&#233;voraient son C&#339;ur, plus violents les battements qui pr&#233;cipitaient de ses veines sur le chemin le sang pr&#233;cieux du rachat de l'&#201;pouse. Au bout de la carri&#232;re, &#233;puis&#233;, il s'est endormi dans sa soif br&#251;lante. Mais l'&#201;pouse, form&#233;e de lui durant ce repos myst&#233;rieux, le rappellera bient&#244;t de son grand sommeil. Ce C&#339;ur dont elle est n&#233;e, bris&#233; sous l'effort, s'est arr&#234;t&#233; pour lui livrer passage ; au m&#234;me temps s'est trouv&#233; suspendu le concert sublime qui montait par lui de la terre au ciel, et la nature en a &#233;t&#233; troubl&#233;e dans ses profondeurs. Et pourtant, plus que jamais, ne faut-il pas que chante &#224; Dieu l'humanit&#233; rachet&#233;e ? Comment donc se renoueront les cordes de la lyre ? Qui r&#233;veillera dans le C&#339;ur divin la m&#233;lodie des pulsations sacr&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pench&#233;e encore sur la b&#233;ante ouverture du c&#244;t&#233; du Sauveur, entendons l'&#201;glise naissante s'&#233;crier &#224; Dieu, dans l'ivresse de son c&#339;ur d&#233;bordant : &#171; P&#232;re souverain, Seigneur mon Dieu, je vous louerai, je vous chanterai des psaumes au milieu des nations. L&#232;ve-toi donc, &#244; ma gloire ! O r&#233;veille-toi, ma cithare et mon psalt&#233;rion &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CVII, 1-4, ce psaume fut ajout&#233; &#224; l'Office des Matines du Sacr&#233;-C&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et le Seigneur s'est lev&#233; triomphant de son lit nuptial au matin du grand jour ; et le C&#339;ur sacr&#233;, reprenant ses m&#233;lodies interrompues, a transmis au ciel les accents enflamm&#233;s de la sainte &#201;glise. Car le C&#339;ur de l'&#201;poux appartient &#224; l'&#201;pouse, et ils sont deux maintenant dans une m&#234;me chair&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen. II, 24 ; Eph. V, 31.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pleine possession de celle qui blessa son C&#339;ur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. IV, 9.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le Christ lui confirme tout pouvoir &#224; son tour sur ce C&#339;ur divin d'o&#249; elle est sortie. L&#224; sera pour l'&#201;glise le secret de sa force. Dans les relations des &#233;poux, telles que les constitua le Seigneur &#224; l'origine en vue de ce grand myst&#232;re du Christ et de l'&#201;glise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. V, 32.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'homme est le chef&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XI, 3.&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et il n'appartient pas &#224; la femme de le dominer dans les conseils ou la conduite des entreprises ; mais la puissance de la femme est qu'elle s'adresse au c&#339;ur, et que rien ne r&#233;siste &#224; l'amour. Si Adam a p&#233;ch&#233;, c'est qu'&#200;ve a s&#233;duit et affaibli son c&#339;ur ; J&#233;sus nous sauve, parce que l'&#201;glise a ravi son C&#339;ur, et que ce C&#339;ur humain ne peut &#234;tre &#233;mu et dompt&#233;, sans que la divinit&#233; elle-m&#234;me soit fl&#233;chie. Telle est, quant au principe sur lequel elle s'appuie, la d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur ; elle est, dans cette notion premi&#232;re et principale, aussi ancienne que l'&#201;glise, puisqu'elle repose sur cette v&#233;rit&#233;, reconnue de tout temps, que le Seigneur est l'&#201;poux et l'&#201;glise l'&#201;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les P&#232;res et saints Docteurs des premiers &#226;ges n'exposaient point autrement que nous ne l'avons fait le myst&#232;re de la formation de l'&#201;glise du c&#244;t&#233; du Sauveur ; et leurs paroles, quoique toujours retenues par la pr&#233;sence des non-initi&#233;s autour de leurs chaires, ouvraient la voie aux sublimes et plus libres &#233;panchements des si&#232;cles qui suivirent. &#171; Les initi&#233;s connaissent l'ineffable myst&#232;re des sources du Sauveur, dit saint Jean Chrysostome ; de ce sang et de cette eau l'&#201;glise a &#233;t&#233; form&#233;e ; de l&#224; sont sortis les Myst&#232;res, en sorte que, t'approchant du calice redoutable, il faut y venir comme devant boire au c&#244;t&#233; m&#234;me du Christ &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Johan. Hom. 84, cf. Matines avant 1929, le&#231;on 8.&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#8212; &#171; L'&#201;vang&#233;liste, explique saint Augustin, a us&#233; d'une parole vigilante, ne disant pas de la lance qu'elle frappa ou blessa, mais ouvrit le c&#244;t&#233; du Seigneur. C'&#233;tait bien une porte en effet qui se r&#233;v&#233;lait alors, la porte de la vie, figur&#233;e par celle que No&#233; re&#231;ut l'ordre d'ouvrir au c&#244;t&#233; de l'arche, pour l'entr&#233;e des animaux qui devaient &#234;tre sauv&#233;s du d&#233;luge et figuraient l'&#201;glise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Johan. Tract, CXX, cf. Matines avant 1929, le&#231;on 7.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre dans la pierre, cache-toi dans la terre creus&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. II, 10.&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans le c&#244;t&#233; du Christ &#187;, interpr&#232;te pareillement au XIIe si&#232;cle un disciple de saint Bernard, le Bienheureux Guerric, abb&#233; d'Igny&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Domin. Palm. Serm. IV.&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et l'Abb&#233; de Clairvaux lui-m&#234;me, commentant le verset du Cantique : Viens, ma colombe, dans les trous de la pierre, dans la caverne de la muraille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. II, 14.&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Heureuses ouvertures, dit-il, o&#249; la colombe est en s&#251;ret&#233; et regarde sans crainte l'oiseau de proie volant &#224; l'entour !... Que verrons-nous par l'ouverture ? Par ce fer qui a travers&#233; son &#226;me et pass&#233; jusqu'&#224; son C&#339;ur, voici qu'est r&#233;v&#233;l&#233; l'arcane, l'arcane du C&#339;ur, le myst&#232;re de l'amour, les entrailles de la mis&#233;ricorde de notre Dieu. Qu'y a-t-il en vous, &#244; Seigneur, que des tr&#233;sors d'amour, des richesses de bont&#233; ? J'irai, j'irai &#224; ces celliers d'abondance ; docile &#224; la voix du proph&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jerem. XLVIII, 28.&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, j'abandonnerai les villes, j'habiterai dans la pierre, j'aurai mon nid, comme la colombe, dans la plus haute ouverture ; plac&#233; comme Mo&#239;se&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exod. XXXIII, 22.&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; l'entr&#233;e du rocher, je verrai passer le Seigneur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Cant. Serm. LXI.&#034; id=&#034;nh3-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au si&#232;cle suivant, le Docteur S&#233;raphique, en de merveilleuses effusions, rappelle &#224; son tour et la naissance de la nouvelle &#200;ve du c&#244;t&#233; du Christ endormi, et la lance de Sa&#252;l dirig&#233;e contre David et frappant la muraille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Reg. XVIII, 10-11.&#034; id=&#034;nh3-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme pour creuser dans Celui dont le fils de Jess&#233; n'&#233;tait que la figure, dans la pierre qui est le Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. X, 4.&#034; id=&#034;nh3-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la caverne aux eaux purifiantes, habitation des colombes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lignum vit&#230;.&#034; id=&#034;nh3-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne pouvons qu'effleurer ces grands aper&#231;us, &#233;couter en passant la voix des Docteurs. Au reste, le culte de l'ouverture b&#233;nie du c&#244;t&#233; du Christ se confond le plus souvent, pour saint Bernard et saint Bonaventure, avec celui des autres plaies sacr&#233;es du Sauveur. Le C&#339;ur sacr&#233;, organe de l'amour, ne se d&#233;gage pas encore suffisamment dans leurs &#233;crits. Il fallait que le Seigneur interv&#238;nt directement pour faire d&#233;couvrir et go&#251;ter au peuple chr&#233;tien, par l'interm&#233;diaire de quelques &#226;mes privil&#233;gi&#233;es, les ineffables cons&#233;quences des principes admis par tous dans son &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 janvier 1281, au monast&#232;re b&#233;n&#233;dictin d'Helfta, pr&#232;s Eisleben, en Saxe, l'&#201;poux divin se r&#233;v&#233;lait &#224; l'&#233;pouse qu'il avait choisie pour l'introduire dans ses secrets et ses r&#233;serves les plus &#233;cart&#233;es. Mais ici nous c&#233;derons la parole &#224; une voix plus autoris&#233;e que la n&#244;tre. Gertrude, en la vingt-cinqui&#232;me ann&#233;e de son &#226;ge, a &#233;t&#233; saisie par l'Esprit, dit en la Pr&#233;face de sa traduction fran&#231;aise l'&#233;diteur du Legatus divin&#230; pietatis : elle a re&#231;u sa mission, elle a vu, entendu, touch&#233; ; plus encore, elle a bu &#224; cette coupe du C&#339;ur divin qui enivre les &#233;lus, elle y a bu quand elle &#233;tait encore en cette vall&#233;e d'absinthe, et ce qu'elle a pris &#224; longs traits, elle l'a revers&#233; sur les &#226;mes qui voudront le recueillir et s'en montreront saintement avides. Sainte Gertrude eut donc pour mission de r&#233;v&#233;ler le r&#244;le et l'action du C&#339;ur divin dans l'&#233;conomie de la gloire divine et de la sanctification des &#226;mes ; et sur ce point important nous ne s&#233;parerons pas d'elle sainte Mechtilde, sa compagne.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'une et l'autre, &#224; l'&#233;gard du C&#339;ur du Dieu fait homme, se distinguent entre tous les Docteurs spirituels et tous les mystiques des &#226;ges divers de l'&#201;glise. Nous n'en excepterons pas les Saints de ces derniers si&#232;cles, par lesquels Notre-Seigneur a voulu qu'un culte public, officiel, f&#251;t rendu &#224; son C&#339;ur sacr&#233; : ils en ont port&#233; la d&#233;votion dans toute l'&#201;glise ; mais ils n'en ont pas expos&#233; les myst&#232;res multiples, universels, avec l'insistance, la pr&#233;cision, la perfection qui se rencontrent dans les r&#233;v&#233;lations de nos deux Saintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Disciple bien-aim&#233; de J&#233;sus, qui avait repos&#233; sur son sein, en la C&#232;ne, et avait pu entendre les battements de ce C&#339;ur divin, qui sur la croix l'avait vu perc&#233; par la lance du soldat, en d&#233;voila &#224; Gertrude la glorification future, lorsqu'elle lui demanda pourquoi il avait gard&#233; sous le silence ce qu'il avait senti lorsqu'il reposait sur ce C&#339;ur sacr&#233; : &#171; Ma mission, dit-il, fut d'&#233;crire pour l'&#201;glise encore jeune un seul mot du Verbe incr&#233;&#233; de Dieu le P&#232;re, lequel pourrait suffire &#224; toute la race des hommes jusqu'&#224; la fin du monde, Sans toutefois que jamais personne le compr&#238;t dans sa pl&#233;nitude. Mais le langage de ces bienheureux battements du C&#339;ur du Seigneur est r&#233;serv&#233; pour les derniers temps, alors que le monde vieilli et refroidi dans l'amour divin devra se r&#233;chauffer &#224; la r&#233;v&#233;lation de ces myst&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LE H&#201;RAUT DE L'AMOUR DIVIN, Livre IV, c. 4.&#034; id=&#034;nh3-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gertrude fut choisie pour cette r&#233;v&#233;lation, et ce qu'elle en a dit d&#233;passe tout ce que l'imagination de l'homme aurait jamais pu concevoir. Tant&#244;t le C&#339;ur divin lui appara&#238;t comme un tr&#233;sor o&#249; sont renferm&#233;es toutes les richesses ; tant&#244;t c'est une lyre touch&#233;e par l'Esprit-Saint, aux sons de laquelle se r&#233;jouissent la tr&#232;s sainte Trinit&#233; et toute la Cour c&#233;leste. Puis, c'est une source abondante dont le courant va porter le rafra&#238;chissement aux &#226;mes du Purgatoire, les gr&#226;ces fortifiantes aux &#226;mes qui militent sur la terre, et ces torrents de d&#233;lices o&#249; s'enivrent les &#233;lus de la J&#233;rusalem c&#233;leste. C'est un encensoir d'or, d'o&#249; s'&#233;l&#232;vent autant de divers parfums d'encens qu'il y a de races diverses d'hommes pour lesquelles le Sauveur a souffert la mort de la croix. Une autre fois, c'est un autel sur lequel les fid&#232;les d&#233;posent leurs offrandes, les &#233;lus leurs hommages, les anges leurs respects, et le Pr&#234;tre &#233;ternel s'immole lui-m&#234;me. C'est une lampe suspendue entre ciel et terre ; c'est une coupe o&#249; s'abreuvent les Saints, mais non les Anges, qui n&#233;anmoins en re&#231;oivent des d&#233;lices. En lui la pri&#232;re du Seigneur, le Pater noster, a &#233;t&#233; con&#231;ue et &#233;labor&#233;e, elle en est le doux fruit. Par lui est suppl&#233;&#233; tout ce que nous avons n&#233;glig&#233; de rendre d'hommages dus &#224; Dieu, &#224; la Sainte Vierge et aux Saints. Pour remplir toutes nos obligations, le C&#339;ur divin se fait notre serviteur, notre gage ; en lui seul nos &#339;uvres rev&#234;tent cette perfection, cette noblesse qui les rend agr&#233;ables aux yeux de la Majest&#233; divine ; par lui seul d&#233;coulent et passent toutes les gr&#226;ces qui peuvent descendre sur la terre. A la fin, c'est la demeure suave, le sanctuaire sacr&#233; qui s'ouvre aux &#226;mes, &#224; leur d&#233;part de ce monde, pour les y conserver dans d'ineffables d&#233;lices pour l'&#233;ternit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;face des R&#233;v&#233;lations de sainte Gertrude traduites sur la nouvelle &#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant &#224; Gertrude l'ensemble merveilleux que pr&#233;sente la traduction de l'amour infini dans le C&#339;ur de l'Homme-Dieu, l'Esprit divin pr&#233;venait l'enfer au lieu m&#234;me d'o&#249; devait surgir, deux si&#232;cles plus tard, l'ap&#244;tre des th&#233;ories les plus oppos&#233;es. En 1483, Luther naissait &#224; Eisleben ; et son imagination d&#233;sordonn&#233;e posait les bases de l'odieux syst&#232;me qui allait faire du Dieu tr&#232;s bon qu'avaient connu ses p&#232;res l'auteur direct du mal et de la damnation, cr&#233;ant le p&#233;cheur pour le crime et les supplices &#233;ternels, &#224; la seule fin de manifester son autocratie toute-puissante. Calvin bient&#244;t pr&#233;cisait plus encore, en enserrant les blasph&#232;mes du r&#233;volt&#233; saxon dans les liens de sa sombre et inexorable logique. La queue du dragon, par ces deux hommes, entra&#238;na la troisi&#232;me partie des &#233;toiles du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apoc. XII, 4.&#034; id=&#034;nh3-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Se transformant hypocritement au XVIIe si&#232;cle, changeant les mots, mais non les choses, l'ennemi tenta de p&#233;n&#233;trer au sein m&#234;me de l'&#201;glise et d'y faire pr&#233;valoir ses dogmes impies : sous pr&#233;texte d'affirmer les droits du domaine souverain du premier &#202;tre, le Jans&#233;nisme oubliait sa bont&#233;. Celui qui a tant aim&#233; le monde voyait les hommes, d&#233;courag&#233;s ou terrifi&#233;s, s'&#233;loigner toujours plus de ses intentions mis&#233;ricordieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait temps que la terre se souv&#238;nt que le Dieu tr&#232;s-haut l'avait aim&#233;e d'amour, qu'il avait pris un C&#339;ur de chair pour mettre &#224; la port&#233;e des hommes cet amour infini, et que ce C&#339;ur humain, le Christ en avait fait usage selon sa nature, pour nous aimer comme on aime dans la famille d'Adam le premier p&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ose. XI, 4.&#034; id=&#034;nh3-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tressaillir de nos joies, souffrir de nos tristesses, et jouir ineffablement de nos retours &#224; ses divines avances. Qui donc serait charg&#233; d'accomplir la proph&#233;tie de Gertrude la Grande ? Quel autre Paul, quel nouveau Jean manifesterait au monde vieilli le langage des bienheureux battements du divin C&#339;ur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissant de c&#244;t&#233; tant d'illustrations d'&#233;loquence et de g&#233;nie qui remplissaient alors de leur insigne renomm&#233;e l'&#201;glise de France, le Dieu qui fait choix des petits pour confondre les forts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. I, 27.&#034; id=&#034;nh3-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avait d&#233;sign&#233;, pour la manifestation du C&#339;ur sacr&#233;, la religieuse inconnue d'un obscur monast&#232;re. Comme au XIIIe si&#232;cle il avait n&#233;glig&#233; les Docteurs et les grands Saints eux-m&#234;mes de cet &#226;ge, pour solliciter aupr&#232;s de la Bienheureuse Julienne du Mont-Cornillon l'institution de la f&#234;te du Corps du Seigneur, il demande de m&#234;me la glorification de son C&#339;ur divin par une f&#234;te solennelle &#224; l'humble Visitandine de Paray-le-Monial, que le monde entier conna&#238;t et v&#233;n&#232;re aujourd'hui sous le nom de la Bienheureuse Marguerite-Marie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Canonis&#233;e en 1920.&#034; id=&#034;nh3-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marguerite-Marie re&#231;ut donc pour mission de faire descendre des mystiques sommets, o&#249; il &#233;tait rest&#233; comme la part cach&#233;e de quelques &#226;mes b&#233;nies, le tr&#233;sor r&#233;v&#233;l&#233; &#224; sainte Gertrude. Elle dut le proposer &#224; toute la terre, en l'adaptant &#224; cette vulgarisation sublime. Il devint en ses mains le r&#233;actif supr&#234;me offert au monde contre le froid qui s'emparait de ses membres et de son c&#339;ur engourdis par l'&#226;ge, l'appel touchant aux r&#233;parations des &#226;mes fid&#232;les pour tous les m&#233;pris, tous les d&#233;dains, toutes les froideurs et tous les crimes des hommes des derniers temps contre l'amour m&#233;connu du Christ Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;tant devant le Saint-Sacrement un jour de son Octave (en juin 1675), raconte elle-m&#234;me la Bienheureuse, je re&#231;us de mon Dieu des gr&#226;ces excessives de son amour. Et me sentant touch&#233;e du d&#233;sir de quelque retour, et de lui rendre amour pour amour, il me dit : &#171; Tu ne m'en peux rendre un plus grand qu'en faisant ce que je t'ai d&#233;j&#224; tant de fois demand&#233; &#187;. Alors me d&#233;couvrant son divin C&#339;ur : &#171; Voil&#224; ce C&#339;ur qui a tant aim&#233; les hommes, qu'il n'a rien &#233;pargn&#233;, jusqu'&#224; s'&#233;puiser et se consommer pour leur t&#233;moigner son amour ; et pour reconnaissance je ne re&#231;ois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irr&#233;v&#233;rences et leurs sacril&#232;ges, et par les froideurs et les m&#233;pris qu'ils ont pour moi dans ce Sacrement d'amour. Mais ce qui m'est encore le plus sensible est que ce sont des c&#339;urs qui me sont consacr&#233;s qui en usent ainsi. C'est pour cela que je te demande que le premier vendredi d'apr&#232;s l'Octave du Saint-Sacrement soit d&#233;di&#233; &#224; une f&#234;te particuli&#232;re pour honorer mon C&#339;ur, en communiant ce jour-l&#224; et en lui faisant r&#233;paration d'honneur par une amende honorable, pour r&#233;parer les indignit&#233;s qu'il a re&#231;ues pendant le temps qu'il a &#233;t&#233; expos&#233; sur les autels. Je te promets aussi que mon C&#339;ur se dilatera a pour r&#233;pandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur, et qui procureront qu'il lui soit rendu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vie de la Bienheureuse &#233;crite par elle-m&#234;me.&#034; id=&#034;nh3-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant sa servante &#224; &#234;tre l'instrument de la glorification de son divin C&#339;ur, l'Homme-Dieu faisait d'elle un signe de contradiction, comme il l'avait &#233;t&#233; lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. II, 34.&#034; id=&#034;nh3-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il fallut dix ans et plus &#224; Marguerite-Marie pour surmonter, &#224; force de patience et d'humilit&#233;, la d&#233;fiance de son propre entourage, les rebuts de ses S&#339;urs, les &#233;preuves de tout genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le 21 juin 1686, vendredi apr&#232;s l'Octave du Saint-Sacrement, elle eut enfin la consolation de voir la petite communaut&#233; de Paray-le-Monial prostern&#233;e au pied d'une image o&#249; le C&#339;ur de J&#233;sus perc&#233; par la lance &#233;tait repr&#233;sent&#233; seul, entour&#233; de flammes et d'une couronne d'&#233;pines, avec la croix au-dessus et les trois clous. Cette m&#234;me ann&#233;e, fut commenc&#233;e dans le monast&#232;re la construction d'une chapelle en l'honneur du Sacr&#233;-C&#339;ur ; la Bienheureuse eut la joie de voir b&#233;nir le modeste &#233;difice quelque temps avant sa mort, arriv&#233;e l'an 1690. Mais il y avait loin encore de ces humbles d&#233;buts &#224; r&#233;tablissement d'une f&#234;te proprement dite, et &#224; sa c&#233;l&#233;bration dans l'&#201;glise enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; cependant la Providence avait pris soin de susciter, dans le m&#234;me si&#232;cle, &#224; la servante du Sacr&#233;-C&#339;ur un pr&#233;curseur puissant en parole et en &#339;uvres. N&#233; &#224; Ri, au dioc&#232;se de S&#233;ez, en 1601, le V&#233;n&#233;rable Jean Eudes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;atifi&#233; en 1909, canonis&#233; en 1925.&#034; id=&#034;nh3-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avait port&#233; partout, dans ses innombrables missions, la v&#233;n&#233;ration et l'amour du C&#339;ur de l'Homme-Dieu qu'il ne s&#233;parait pas de celui de sa divine M&#232;re. D&#232;s 1664, il creusait &#224; Caen les fondations de la premi&#232;re &#233;glise du monde, dit-il lui-m&#234;me, qui porte le nom de l'&#233;glise du Tr&#232;s-Sainct C&#339;ur de J&#233;sus et de Marie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le C&#339;ur admirable de la T. Sacr&#233;e M&#232;re de Dieu, Ep&#238;tre d&#233;dicatoire. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Cl&#233;ment X, en 1674, approuvait cette d&#233;nomination. Apr&#232;s s'&#234;tre born&#233; longtemps &#224; c&#233;l&#233;brer, dans la Congr&#233;gation qu'il avait fond&#233;e, la f&#234;te du tr&#232;s saint C&#339;ur de Marie en unit&#233; de celui de J&#233;sus, le P&#232;re Eudes voulut y &#233;tablir une f&#234;te sp&#233;ciale en l'honneur du C&#339;ur sacr&#233; du Sauveur ; le 8 f&#233;vrier demeura assign&#233; &#224; la f&#234;te du C&#339;ur de la M&#232;re, et le 20 octobre fut d&#233;termin&#233; pour honorer celui de son divin Fils. L'Office et la Messe que le V&#233;n&#233;rable composa &#224; cette fin, en 1670, furent approuv&#233;s pour ses s&#233;minaires, d&#232;s cette ann&#233;e et la suivante, par l'&#233;v&#234;que de Rennes et les &#233;v&#234;ques de Normandie. Cette m&#234;me ann&#233;e 1670 les vit ins&#233;rer au Propre de l'abbaye royale de Montmartre. En 1674, la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur &#233;tait &#233;galement c&#233;l&#233;br&#233;e chez les B&#233;n&#233;dictines du Saint-Sacrement. Cependant on peut dire que la f&#234;te &#233;tablie par le P&#232;re Eudes ne sortit gu&#232;re des maisons qu'il avait fond&#233;es ou de celles qui recevaient plus directement ses inspirations. Elle avait pour objet de promouvoir la d&#233;votion au C&#339;ur de l'Homme-Dieu, telle qu'elle ressort du dogme m&#234;me de la divine Incarnation, et sans but particulier autre que de lui rendre les adorations et les hommages qui lui sont dus. C'&#233;tait &#224; la Bienheureuse Marguerite-Marie qu'il &#233;tait r&#233;serv&#233; de pr&#233;senter aux hommes le C&#339;ur sacr&#233; comme la grande voie de r&#233;paration ouverte &#224; la terre. Confidente du Sauveur et d&#233;positaire de ses intentions pr&#233;cises sur le jour et le but que le ciel voulait voir assigner &#224; la nouvelle f&#234;te, ce fut elle qui resta v&#233;ritablement charg&#233;e de la promulguer pour le monde et d'amener sa c&#233;l&#233;bration dans l'&#201;glise universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir ce r&#233;sultat qui d&#233;passait les forces personnelles de l'humble Visitandine, le Seigneur avait rapproch&#233; myst&#233;rieusement de Marguerite-Marie l'un des plus saints Religieux que poss&#233;d&#226;t alors la Compagnie de J&#233;sus, le R. P. Claude de la Colombi&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;atifi&#233; en 1929 et canonis&#233; en 1992.&#034; id=&#034;nh3-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il reconnut la saintet&#233; des voies par o&#249; l'Esprit divin conduisait la Bienheureuse, et se fit l'ap&#244;tre d&#233;vou&#233; du Sacr&#233;-C&#339;ur, &#224; Paray d'abord, et jusqu'en Angleterre, o&#249; il m&#233;rita le titre glorieux de confesseur de la foi dans les rigueurs des prisons protestantes. Ce fervent disciple du C&#339;ur de l'Homme-Dieu mourait en 1682, &#233;puis&#233; de travaux et de souffrances. Mais la Compagnie de J&#233;sus tout enti&#232;re h&#233;rita de son z&#232;le &#224; propager la d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur. Bient&#244;t s'organis&#232;rent des confr&#233;ries nombreuses, de tous c&#244;t&#233;s on &#233;leva des chapelles en l'honneur de ce C&#339;ur sacr&#233;. Mais l'enfer s'indigna de cette grande pr&#233;dication d'amour ; les Jans&#233;nistes fr&#233;mirent &#224; cette apparition soudaine de la bont&#233; et de l'humanit&#233; du Dieu Sauveur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tit. III, 4.&#034; id=&#034;nh3-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui pr&#233;tendait ramener la confiance dans les &#226;mes o&#249; ils avaient sem&#233; la crainte. On cria &#224; la nouveaut&#233;, au scandale, &#224; l'idol&#226;trie ou tout au moins &#224; la dissection inconvenante des membres sacr&#233;s de l'humanit&#233; du Christ ; et pendant que s'entassaient &#224; grands frais d'&#233;rudition dissertations th&#233;ologiques et physiologiques, les gravures les moins s&#233;antes &#233;taient r&#233;pandues, des plaisanteries de mauvais go&#251;t mises en vogue, tous les moyens employ&#233;s pour tourner en ridicule ceux qu'on appelait les Cordicoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'ann&#233;e 1720 voyait fondre sur Marseille un fl&#233;au redoutable : apport&#233;e de Syrie sur un navire, la peste faisait bient&#244;t plus de mille victimes par jour dans la cit&#233; de saint Lazare. Le Parlement jans&#233;niste de Provence &#233;tait en fuite, et l'on ne savait o&#249; s'arr&#234;terait le progr&#232;s toujours croissant de l'affreuse contagion, quand l'&#233;v&#234;que, Mgr de Belzunce, r&#233;unissant les d&#233;bris de son clerg&#233; fid&#232;le et convoquant son troupeau sur le Cours qui depuis a pris le nom de l'h&#233;ro&#239;que pasteur, consacra solennellement son dioc&#232;se au Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus. D&#232;s ce moment, le fl&#233;au diminua ; et il avait cess&#233; enti&#232;rement, lorsque, deux ans plus tard, il reparut, mena&#231;ant de recommencer ses ravages. Il fut arr&#234;t&#233; sans retour &#224; la suite du v&#339;u c&#233;l&#232;bre par lequel les &#233;chevins s'engag&#232;rent, pour eux et leurs successeurs &#224; perp&#233;tuit&#233;, aux actes solennels de religion qui ont fait jusqu'&#224; nos jours la sauvegarde de Marseille et sa gloire la plus pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements, dont le retentissement fut immense, amen&#232;rent la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur &#224; sortir des monast&#232;res de la Visitation o&#249; elle avait commenc&#233; de se c&#233;l&#233;brer au jour fix&#233; par Marguerite-Marie, avec la Messe et l'Office du P. Eudes. On la vit, &#224; partir de l&#224;, se r&#233;pandre dans les dioc&#232;ses. Lyon toutefois avait pr&#233;c&#233;d&#233; Marseille. Autun vint en troisi&#232;me lieu. On ne croyait pas alors en France qu'il f&#251;t n&#233;cessaire de recourir &#224; l'autorit&#233; du Souverain Pontife pour l'&#233;tablissement de nouvelles f&#234;tes. D&#233;f&#233;rant aux v&#339;ux de la pieuse reine Marie Leczinska, les pr&#233;lats qui formaient l'Assembl&#233;e de 1765 prirent une r&#233;solution pour &#233;tablir la f&#234;te dans leurs dioc&#232;ses, et engager leurs coll&#232;gues &#224; imiter cet exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la sanction formelle du Si&#232;ge apostolique ne devait pas manquer plus longtemps &#224; ces efforts de la pi&#233;t&#233; catholique envers le divin C&#339;ur. Rome avait d&#233;j&#224; accord&#233; de nombreuses indulgences aux pratiques priv&#233;es, &#233;rig&#233; par brefs d'innombrables confr&#233;ries, lorsqu'en cette m&#234;me ann&#233;e 1765, Cl&#233;ment XIII, c&#233;dant aux instances des &#233;v&#234;ques de Pologne et de l'archiconfr&#233;rie romaine du Sacr&#233;-C&#339;ur, rendit le premier d&#233;cret pontifical en faveur de la f&#234;te du C&#339;ur de J&#233;sus, et approuva pour cette f&#234;te une Messe et un Office. Des concessions locales &#233;tendirent peu &#224; peu cette premi&#232;re faveur &#224; d'autres &#201;glises particuli&#232;res, jusqu'&#224; ce qu'enfin, le 23 ao&#251;t 1856, le Souverain Pontife Pie IX, de glorieuse m&#233;moire, sollicit&#233; par tout l'&#201;piscopat fran&#231;ais, rendit le d&#233;cret qui ins&#233;rait au Calendrier la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur et en ordonnait la c&#233;l&#233;bration dans l'&#201;glise universelle. Trente-trois ans plus tard, L&#233;on XIII &#233;levait au rite de premi&#232;re classe la solennit&#233; que son pr&#233;d&#233;cesseur avait &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La glorification du C&#339;ur de J&#233;sus appelait celle de son humble servante. Le 18 septembre 1864 avait vu la b&#233;atification de Marguerite-Marie proclam&#233;e solennellement par le m&#234;me Pontife qui venait de donner &#224; la mission qu'elle avait re&#231;ue la sanction d&#233;finitive du Si&#232;ge apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, la connaissance et l'amour du Sacr&#233;-C&#339;ur ont progress&#233; plus qu'ils n'avaient fait dans les deux si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents. On a vu par tout le monde communaut&#233;s, ordres religieux, dioc&#232;ses, se consacrant &#224; l'envi &#224; cette source de toute gr&#226;ce, seul refuge de l'&#201;glise en ces temps calamiteux. Les peuples se sont &#233;branl&#233;s en de d&#233;vots p&#232;lerinages ; des multitudes ont pass&#233; les mers, pour apporter leurs supplications et leurs hommages au divin C&#339;ur en cette terre de France, o&#249; il lui a plu de manifester ses mis&#233;ricordes. Elle-m&#234;me si &#233;prouv&#233;e, notre patrie tourne les yeux, comme espoir supr&#234;me, vers le splendide monument qui s'&#233;l&#232;ve sur le mont arros&#233; par le sang des martyrs ses premiers ap&#244;tres, et, dominant sa capitale, attestera pour les si&#232;cles futurs la foi profonde et la noble confiance qu'a su garder, dans ses malheurs, celle qui naquit et demeure &#224; jamais la Fille a&#238;n&#233;e de la sainte &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O C&#339;ur sacr&#233;, qui f&#251;tes le lien de cette union puissante et si f&#233;conde, daignez rapprocher toujours plus votre &#201;glise et la France ; et qu'unies aujourd'hui dans l'&#233;preuve, elles le soient bient&#244;t dans le salut pour le bonheur du monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nota bene : &lt;i&gt;Il s'agit ici du commentaire de la &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article298#inter1'&gt;Messe promulgu&#233;e par Pie IX en 1856&lt;/a&gt;, et non de la Messe actuelle de 1929.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu fait mention du C&#339;ur de chair du Sauveur dans les formules liturgiques de ce jour. Lorsqu'au dernier si&#232;cle il fut question d'approuver une Messe et un Office en l'honneur du Sacr&#233;-C&#339;ur, les Jans&#233;nistes, qui avaient jusque dans Rome leurs d&#233;vou&#233;s partisans, suscit&#232;rent de telles oppositions, que le Si&#232;ge apostolique ne crut pas le moment venu encore de se prononcer ouvertement sur les points d&#233;battus. Il ne fit pas toutefois difficult&#233; d'accorder au Portugal et &#224; la R&#233;publique de Venise un Office o&#249; le C&#339;ur de J&#233;sus victime d'amour et perc&#233; par la lance &#233;tait propos&#233; aux adorations des fid&#232;les. Mais, dans la Messe et l'Office qui de Rome devaient plus tard s'&#233;tendre au monde entier, il s'en tint par prudence &#224; la glorification de l'amour du Sauveur, dont on ne pouvait nier raisonnablement que son C&#339;ur de chair ne f&#251;t au moins le vrai et direct symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'Intro&#239;t, tir&#233; de J&#233;r&#233;mie, exalte les mis&#233;ricordes ineffables de Celui dont le C&#339;ur n'a point rejet&#233; les enfants des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise, &#233;mue des grands biens qui lui sont venus par le C&#339;ur sacr&#233;, demande pour ses enfants, dans la Collecte, la gr&#226;ce de comprendre les bienfaits divins et de recueillir dans une sainte joie les fruits qu'ils sont destin&#233;s &#224; produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon peuple a commis deux maux &#187;, s'&#233;criait J&#233;hovah sous l'ancienne alliance : &#171; ils m'ont abandonn&#233;, moi la source d'eau vive, et ils se sont creus&#233; des citernes, des citernes crevass&#233;es qui ne gardent point l'eau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jerem. II, 13.&#034; id=&#034;nh3-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plainte sublime d'un amour infini qui voit rejeter ses bienfaits ! Mais, prodige plus merveilleux encore : le Dieu m&#233;connu des fils ingrats qui cherchent en dehors de lui leur bonheur, oublie son offense pour songer &#224; leurs maux. Il est &#233;mu de la mis&#232;re affreuse qui pousse ces &#234;tres d&#233;voy&#233;s &#224; demander aux cr&#233;atures l'&#233;tanchement de la soif ardente que lui seul pourrait apaiser. Le bien des corps, le beau palpable ont s&#233;duit leurs sens ; l'&#226;me, cr&#233;&#233;e pour le bien absolu, a cru trouver son repos dans ces p&#226;les et fugitifs reflets de la beaut&#233; souveraine, qui devaient la rappeler au contraire &#224; leur source infinie. Comment ramener d&#233;sormais &#224; la source vive l'&#234;tre affol&#233; que trompe le mirage du d&#233;sert, et qui s'enfonce toujours plus dans ses sables br&#251;lants ? O Isra&#235;l, chante au Seigneur ; Sion, b&#233;nis ton Dieu pour ses mis&#233;ricordes infinies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau est sortie de la pierre du d&#233;sert o&#249; te retenait le d&#233;lire de ta fi&#232;vre insens&#233;e. Dans cette voie dont la pente rapide t'entra&#238;nait vers la chair, devant toi s'est dress&#233; soudain ton Sauveur, compagnon inattendu des sentiers de ta vie terrestre, Dieu fait chair pour t'attirer au profit de ton &#226;me dans ces filets d'amour humain que r&#233;clamait ton c&#339;ur. Prisonnier dans les liens m&#234;mes d'Adam de l'amour infini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ose. XI, 4.&#034; id=&#034;nh3-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tu as retrouv&#233; &#224; ta port&#233;e la fontaine d'eau vive, oubli&#233; la boue f&#233;tide de tes citernes aux sources du Sauveur ; et tes l&#232;vres, alt&#233;r&#233;es toujours, mais rassasi&#233;es sans cesse, puisent &#224; longs traits, au r&#233;servoir sacr&#233; d&#233;couvert par la lance myst&#233;rieuse, l'onde divine qui, de cette terre, jaillit &#224; flots jusqu'&#224; la vie &#233;ternelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. IV, 14.&#034; id=&#034;nh3-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense amour qui remplit le C&#339;ur de l'Homme-Dieu et l'a port&#233; &#224; embrasser des douleurs sans pareilles pour nous sauver, la douceur et l'humilit&#233; de ce C&#339;ur divin dans lesquelles se r&#233;sument le caract&#232;re et toute la vie du Sauveur, sont propos&#233;s &#224; notre reconnaissance et &#224; notre imitation dans le Graduel et le Verset all&#233;luiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons expliqu&#233; plus haut cet endroit de l'&#201;vangile de saint Jean, en le rapprochant des passages de la premi&#232;re &#201;p&#238;tre du m&#234;me Ap&#244;tre qui jettent une si vive lumi&#232;re sur le fait de l'ouverture du c&#244;t&#233; du Sauveur. &#201;coutons ce texte myst&#233;rieux avec le recueillement &#233;mu de notre M&#232;re la sainte &#201;glise. Voyons la voie par o&#249; elle est sortie. C'est bien du C&#339;ur de l'Homme-Dieu qu'elle est n&#233;e. Elle ne pouvait avoir d'autre origine ; car elle est l'&#339;uvre par excellence de son amour, et c'est pour cette &#201;pouse qu'il a fait toutes les autres &#339;uvres. &#200;ve fut tir&#233;e du c&#244;t&#233; d'Adam d'une mani&#232;re figurative ; mais la trace ne devait pas en demeurer, de peur que la femme ne par&#251;t tir&#233;e de l'homme autrement que pour un grand myst&#232;re, et qu'on n'y v&#238;t pour elle inf&#233;riorit&#233; de nature. Mais, dans le Seigneur, il convenait que la glorieuse trace de cette sortie demeur&#226;t, parce qu'il apporte la r&#233;alit&#233;. Il faut que son &#201;pouse, se fondant sur cette origine, puisse sans cesse avoir recours &#224; son amour, et que le chemin soit toujours ouvert devant elle, afin qu'elle atteigne s&#251;rement et promptement son C&#339;ur en toutes choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est tir&#233; du Psaume CII, magnifique chant d'amour et de reconnaissance, exaltant les bont&#233;s sans nombre, les mis&#233;ricordes infinies du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Implorons avec l'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, les flammes de la divine charit&#233;, pour que nos c&#339;urs devenus br&#251;lants soient &#224; l'unisson de celui du Pontife &#233;ternel qui vient offrir son Sacrifice et le n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pr&#233;face qui suit est celle de la Croix. Le Seigneur tenait encore &#224; ce bois sacr&#233;, quand son C&#339;ur fut ouvert ; et l'&#201;glise devait aujourd'hui cet hommage au lit nuptial qui la vit sortir du c&#244;t&#233; de l'&#201;poux endormi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'exciter ses enfants aux pens&#233;es de r&#233;paration et d'amende honorable qui sont dans l'esprit de cette f&#234;te, l'&#201;glise rappelle, au moment de la Communion, le d&#233;laissement de l'Homme-Dieu dans les maux immenses qu'il a pris sur lui pour notre amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise, qui vient de s'unir &#224; l'&#201;poux dans les Myst&#232;res, a compris mieux encore aujourd'hui les le&#231;ons du C&#339;ur sacr&#233; dans ce rapprochement ineffable. Elle demande pour ses fils l'humilit&#233; profonde qui doit montrer en eux toujours plus, &#224; la face d'un si&#232;cle superbe, les vrais disciples de Celui qui fut doux et humble de c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A V&#202;PRES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes sont tir&#233;es de divers livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les Psaumes sont les m&#234;mes que ceux de la f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement. Le Capitule est d'Isa&#239;e, comme tous ceux de ce jour, et se retrouve avec eux dans L'&#201;p&#238;tre de la Messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ann&#233;e Liturgique donne ici les trois hymnes de l'Office qu'on trouvera en leur place avec les &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article298#inter3'&gt;autres textes liturgiques&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les origines de cette f&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Liber Sacramentorum, la f&#234;te du Sacr&#233; C&#339;ur se trouve encore au cycle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont toutes semblables &#224; celles de la f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement. Le symbolisme du c&#244;t&#233; de J&#233;sus, ouvert par la lance de Longin et d'o&#249; jaillirent le sang et l'eau, est d&#233;j&#224; connu par les anciens P&#232;res de l'&#201;glise ; saint Augustin et saint Jean Chrysostome ont des pages splendides sur les divins Sacrements, n&#233;s du C&#339;ur aimant du R&#233;dempteur, et sur l'&#201;glise qui, rayonnante de jeunesse, sort du c&#244;t&#233; du nouvel Adam endormi sur la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tradition patristique fut conserv&#233;e et d&#233;velopp&#233;e par les soins de l'&#233;cole asc&#233;tique b&#233;n&#233;dictine ; aussi, quand, au XIIe si&#232;cle, le saint abb&#233; de Clairvaux orienta enfin la pi&#233;t&#233; mystique de ses moines vers un culte tout &#224; fait sp&#233;cial rendu &#224; l'humanit&#233; du Sauveur, on peut dire que la d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur, au sens que maintenant lui attribue la sainte liturgie, &#233;tait d&#233;j&#224; n&#233;e. De la simple m&#233;ditation sur les plaies de J&#233;sus, l'&#233;cole b&#233;n&#233;dictine &#233;tait pass&#233;e &#224; la d&#233;votion particuli&#232;re pour celle du c&#244;t&#233;, et &#224; travers le flanc transperc&#233; par la lance de Longin, elle avait p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'intime du C&#339;ur, bless&#233; lui aussi par la lance de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C&#339;ur de J&#233;sus repr&#233;sente, pour saint Bernard, ce creux du rocher o&#249; l'&#201;poux divin invite sa colombe &#224; chercher un refuge. Le fer du soldat est arriv&#233; jusqu'au C&#339;ur du Crucifi&#233; pour nous en d&#233;voiler tous les secrets d'amour. Il nous a, en effet, r&#233;v&#233;l&#233; le grand myst&#232;re de sa mis&#233;ricorde, ces entrailles de compassion qui l'ont induit &#224; descendre du ciel pour nous visiter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Cantic. Serm. 61, n. 3-4. P. L., CLXXXIII, col. 1071-72.&#034; id=&#034;nh3-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disciples de saint Bernard d&#233;veloppaient merveilleusement la doctrine mystique du Ma&#238;tre, quand intervinrent les grandes r&#233;v&#233;lations du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus &#224; sainte Lutgarde (+ 1246), &#224; sainte Gertrude et &#224; sainte Mechtilde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, le Seigneur &#233;changea son C&#339;ur avec celui de sainte Lutgarde ; et une nuit que la sainte, malgr&#233; la maladie, s'&#233;tait lev&#233;e pour l'office vigilial, J&#233;sus, pour la r&#233;compenser, l'invita &#224; approcher ses l&#232;vres de la blessure de son C&#339;ur, o&#249; Lutgarde puisa une telle suavit&#233; spirituelle que, par la suite, elle &#233;prouva toujours force et douceur au service de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1230 survint la c&#233;l&#232;bre r&#233;v&#233;lation du Sacr&#233;-C&#339;ur &#224; cette illustre Mechtilde de Magdebourg qui, plus tard, fit partie de la communaut&#233; d'Helfta o&#249; vivaient sainte Gertrude et sainte Mechtilde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans mes grandes souffrances, &#233;crit-elle, J&#233;sus me montra la plaie de son C&#339;ur et me dit : Vois quel mal ils m'ont fait ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette apparition l'impressionna vivement, d'autant plus que d&#232;s lors la pieuse religieuse ne cessa de contempler ce C&#339;ur afflig&#233; et outrag&#233;, mais qui, en m&#234;me temps, lui apparaissait semblable &#224; une masse d'or embras&#233;, plac&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une immense fournaise. J&#233;sus approcha le c&#339;ur de Mechtilde du sien, pour qu'elle v&#233;c&#251;t d'une m&#234;me vie que Lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la Providence conduisit &#224; Helfta la pieuse extatique de Magdebourg, ce fat pour la rapprocher de deux autres filles de saint Beno&#238;t, Gertrude et Mechtilde, qui avaient &#233;t&#233; favoris&#233;es de dons semblables. Le caract&#232;re particulier de la d&#233;votion de sainte Gertrude pour le Verbe Incarn&#233; brille sp&#233;cialement dans sa tendre d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur, qui, pour elle, est le symbole de l'amour du Crucifi&#233;, et une sorte de sacrement mystique par lequel la Sainte participe aux sentiments de J&#233;sus en m&#234;me temps qu'&#224; ses m&#233;rites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour que Gertrude est invit&#233;e par saint Jean &#224; reposer avec lui sur le C&#339;ur sacr&#233; du Seigneur, elle demande &#224; l'&#201;vang&#233;liste pourquoi il n'a pas r&#233;v&#233;l&#233; &#224; l'&#201;glise les d&#233;lices et les myst&#232;res d'amour go&#251;t&#233;s par lui &#224; la derni&#232;re C&#232;ne, quand il appuya sa t&#234;te sur la poitrine du Divin Ma&#238;tre. Jean r&#233;pond que sa mission avait &#233;t&#233; de r&#233;v&#233;ler aux hommes la nature divine du Verbe, tandis que le langage d'amour exprim&#233; par les battements du Sacr&#233;-C&#339;ur entendus par lui devait repr&#233;senter la r&#233;v&#233;lation des derniers temps, alors que le monde, vieilli et refroidi, aurait besoin de se r&#233;chauffer au moyen de ce myst&#232;re d'ardente charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gertrude comprit que l'apostolat du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus lui &#233;tait confi&#233; &#224; elle-m&#234;me, et c'est pourquoi, par ses paroles et dans ses livres, elle &#233;crivit toute la th&#233;ologie, pour ainsi dire, de cette blessure divine et sacr&#233;e, en propageant avec ardeur la d&#233;votion. Dans cette mission &#233;vang&#233;lisatrice, elle eut pour compagne la pieuse cantrix Mechtildis, qui avait &#233;t&#233; semblablement invit&#233;e par le Seigneur &#224; &#233;tablir sa demeure dans la plaie de son C&#339;ur. Comme sa compagne, sainte Mechtilde mit elle aussi par &#233;crit ses r&#233;v&#233;lations, o&#249; elle compare le Sacr&#233;-C&#339;ur tant&#244;t &#224; une coupe d'or o&#249; se d&#233;salt&#232;rent les saints, tant&#244;t &#224; une lampe lumineuse, tant&#244;t &#224; une lyre qui r&#233;pand dans le ciel ses douces harmonies. Un jour J&#233;sus et Mechtilde &#233;chang&#232;rent leurs c&#339;urs, et d&#232;s lors il sembla &#224; la Sainte que c'&#233;tait les battements du C&#339;ur de son divin &#201;poux qu'elle sentait en elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;v&#233;lations des deux extatiques de Helfta furent tr&#232;s favorablement accueillies, surtout en Allemagne, c'est-&#224;-dire dans un milieu d&#233;j&#224; r&#233;solument orient&#233; vers le C&#339;ur de J&#233;sus, gr&#226;ce &#224; la pr&#233;c&#233;dente influence de l'&#233;cole b&#233;n&#233;dictine. Les &#233;crivains de la famille dominicaine et franciscaine suivirent eux aussi avec ardeur ce mouvement, et retendirent, surtout gr&#226;ce &#224; saint Bonaventure, au bienheureux Henri Suso, &#224; sainte Catherine et &#224; saint Bernardin de Sienne. On arrive ainsi jusqu'au temps de sainte Fran&#231;oise Romaine, qui, dans ses r&#233;v&#233;lations sur le Sacr&#233;-C&#339;ur, o&#249; elle se plonge elle aussi comme dans un oc&#233;an embras&#233; d'amour, ne fait qu'accentuer l'orientation asc&#233;tique de l'ancienne &#233;cole mystique des fils de saint Beno&#238;t. L'action de la fondatrice du monast&#232;re Turris Speculorum &#224; Rome demeura, il est vrai, circonscrite au milieu romain ; mais elle repr&#233;sente un des plus pr&#233;cieux anneaux de toute une cha&#238;ne de saints et d'&#233;crivains asc&#233;tiques qui, en Allemagne, en Belgique et en Italie, pr&#233;par&#232;rent les &#226;mes aux grandes r&#233;v&#233;lations de Paray-le-Monial. Quand enfin celles-ci furent communiqu&#233;es aux fid&#232;les, gr&#226;ce surtout au bienheureux Claude de La Colombi&#232;re et au P. Croiset, le triomphe du C&#339;ur de J&#233;sus et du r&#232;gne de son amour fut d&#233;sormais assur&#233; &#224; la d&#233;votion catholique. Les fils de saint Ignace se consacr&#232;rent avec un z&#232;le particulier &#224; cette forme nouvelle d'apostolat du Sacr&#233;-C&#339;ur. En 1765, le pape Cl&#233;ment XIII approuva un office en l'honneur du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus, mais il fut conc&#233;d&#233; seulement &#224; quelques dioc&#232;ses. En 1856, Pie IX sur l'esprit duquel avait grandement influ&#233; l'illustre restaurateur de l'Ordre b&#233;n&#233;dictin en France, Dom Gu&#233;ranger, rendit cette f&#234;te obligatoire pour l'&#201;glise universelle. En 1889, L&#233;on XIII l'&#233;leva au rite double de premi&#232;re classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en 1765, Cl&#233;ment XIII autorisa le culte liturgique du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus, s'accomplit une pr&#233;diction faite trente ans auparavant par la pieuse abbesse de Saint-Pierre de Montefiascone, Maria Cecilia Bai. Le Seigneur, montrant son C&#339;ur &#224; cette servante de Dieu, lui avait dit : &#171; Un jour viendra, o&#249; le culte de mon C&#339;ur s'&#233;tendra triomphalement dans l'&#201;glise militante, et cela gr&#226;ce &#224; la f&#234;te solennelle qu'on en c&#233;l&#233;brera, avec l'office du Sacr&#233;-C&#339;ur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. U. Berli&#232;re, La d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur dans l'Ordre de Saint-Beno&#238;t. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Toutefois, ajoutait la pieuse B&#233;n&#233;dictine, je ne sais si cela arrivera de nos temps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fut d'ailleurs assez heureuse pour voir enfin ce jour d&#233;sir&#233;, et elle se souvint certainement alors de ces autres paroles qu'elle avait entendues de son divin &#201;poux plusieurs ann&#233;es auparavant : &#171; Un temps viendra o&#249; tu seras tr&#232;s agr&#233;able &#224; mon C&#339;ur en le faisant adorer et conna&#238;tre d'un grand nombre de personnes au moyen du culte et des actes de d&#233;votion qui lui sont dus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1899, L&#233;on XIII publia une Encyclique o&#249; il prescrivait &#224; tout l'univers catholique de se consacrer au C&#339;ur sacr&#233; de J&#233;sus. Le Pontife s'&#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; cet acte apr&#232;s un ordre formel qu'une pieuse sup&#233;rieure du Bon-Pasteur d'Oporto, s&#339;ur Marie Droste zu Vischering, disait avoir re&#231;u du divin R&#233;dempteur lui-m&#234;me pour qu'il f&#251;t communiqu&#233; au Pape. La r&#233;v&#233;lation priv&#233;e pr&#233;sentait d'ailleurs tous les caract&#232;res de l'authenticit&#233;, et l'esprit de la religieuse avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;prouv&#233; par le sage abb&#233; de Seckau, Dom Ildephonse Schober. C'est ainsi que Dom Hildebrand de Hemptinne, abb&#233; de Saint-Anselme sur l'Aventin, prit l'affaire en mains et pr&#233;senta la supplique de la religieuse &#224; L&#233;on XIII. Le 9 juin 1899, alors que les cloches de toutes les &#233;glises du monde chr&#233;tien annon&#231;aient la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur et le nouvel acte de cons&#233;cration prescrit par le Pape, la voyante d'Oporto rendait son &#226;me tr&#232;s pure &#224; Dieu, en t&#233;moignage de l'accomplissement de sa mission terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur recevait de Pie XI un surcro&#238;t d'importance et d'honneur puisqu'on lui accordait le privil&#232;ge de l'octave, r&#233;serv&#233; aux plus grandes solennit&#233;s du Seigneur. Fut-ce simple co&#239;ncidence ou myst&#233;rieuse disposition de Dieu ? La nouvelle liturgie romaine pour l'octave de la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur fut approuv&#233;e par le Pape en m&#234;me temps que le fameux Concordat qui met fin &#224; la si funeste Question romaine. A la m&#234;me &#233;poque, le &#171; parfait ami du divin C&#339;ur &#187;, le P. de la Colombi&#232;re, est inscrit solennellement au catalogue des bienheureux, et Pie XI, quelques semaines plus tard, sort enfin du Vatican, portant en triomphe J&#233;sus-Eucharistie, au milieu d'un glorieux cort&#232;ge de ministres sacr&#233;s au nombre de sept mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;r&#233;sie qui caract&#233;rise l'esprit de la soci&#233;t&#233; actuelle pourrait &#234;tre &#224; bon droit appel&#233;e la&#239;cisme, en tant qu'elle veut abaisser le divin et le surnaturel au niveau des institutions humaines, et qu'elle tente de faire entrer l'&#201;glise dans l'orbite des forces de l'&#201;tat. En face du juda&#239;sme et de la ma&#231;onnerie qui s'obstinent toujours dans leur haine furieuse contre J&#233;sus : Toile, toile, crucifige, les catholiques contamin&#233;s par ce la&#239;cisme et ce lib&#233;ralisme cherchent, comme Pilate, un juste milieu et ils sont pr&#234;ts &#224; renvoyer le Christ absous, pourvu qu'auparavant Il se soit laiss&#233; arracher le diad&#232;me royal qui ceint son front, et qu'il se contente de vivre en sujet de la divinit&#233; de C&#233;sar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette double insulte sacril&#232;ge, le Pontife supr&#234;me proteste &#224; la face du ciel et de la terre qu'il n'y a pas d'autre Dieu que le Seigneur, et il institue la double f&#234;te du Christ-Roi et de l'Octave du Sacr&#233;-C&#339;ur. L'une est la solennit&#233; de la puissance, l'autre celle de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;viaire romain devant s'enrichir d'un office pour l'Octave du Sacr&#233;-C&#339;ur, le Souverain Pontife voulut que la liturgie de cette solennit&#233; f&#251;t enti&#232;rement refondue. On sait que l'office du Sacr&#233;-C&#339;ur avait autrefois un certain caract&#232;re fragmentaire et sporadique, qui refl&#233;tait bien l'incertitude des th&#233;ologiens charg&#233;s de sa r&#233;daction. C'&#233;tait un peu un office de l'Eucharistie, un peu celui de la Passion, sans parler des lectures du troisi&#232;me nocturne, glan&#233;es de-ci de-l&#224; dans la Patrologie. Or, Pie XI &#8212; qui, sur sa table de travail a toujours devant les yeux une belle statue du Sacr&#233;-C&#339;ur, aupr&#232;s duquel il a coutume de chercher son inspiration quand il traite les affaires de l'&#201;glise &#8212; a voulu un office parfaitement organique, c'est-&#224;-dire o&#249; resplend&#238;t l'unit&#233;, et qui m&#238;t aussi en pleine lumi&#232;re le caract&#232;re sp&#233;cial de la solennit&#233; de la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur, laquelle ne veut &#234;tre une r&#233;p&#233;tition ni de celle du Saint-Sacrement ni des offices quadrag&#233;simaux de la Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nomma donc une commission de th&#233;ologiens charg&#233;s de r&#233;diger le nouvel office ; mais &#224; leurs travaux il pr&#233;sida lui-m&#234;me ; en sorte qu'apr&#232;s un semestre d'&#233;tudes, &#224; l'aurore de son jubil&#233; sacerdotal, Pie XI a pu offrir au monde catholique la nouvelle messe et l'office pour l'Octave du Sacr&#233;-C&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e qui domine toute la composition est celle qu'exprima J&#233;sus Lui-m&#234;me quand, par l'interm&#233;diaire de sainte Marguerite-Marie, Il demanda &#224; la famille catholique l'institution de cette f&#234;te : &#171; Voici le C&#339;ur qui a tant aim&#233; les hommes, et qui en est si peu aim&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'une f&#234;te de r&#233;paration envers l'Amour qui n'est pas aim&#233; ; r&#233;paration qui fait d'ailleurs amende honorable en glorifiant les pacifiques triomphes de cet &#201;ternel Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t emprunte son antienne aux versets 11 et 19 du psaume 32. &#171; Les desseins de son C&#339;ur passent d'&#226;ge en &#226;ge pour arracher les &#226;mes &#224; la mort et soutenir leur vie durant la famine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le premier verset du m&#234;me psaume : &#171; O justes, chantez au Seigneur, car c'est &#224; ceux qui sont bons que convient sa louange &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La magnifique pr&#233;paration du plan de la r&#233;demption &#224; travers les longs si&#232;cles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, puis les dix-neuf qui maintenant la r&#233;alisent, l'&#233;tendant &#224; tous les &#226;ges et &#224; tous les peuples, chantent comme un hymne de gloire au C&#339;ur de Dieu qui fut le grand artisan de cette g&#233;n&#233;reuse et gratuite r&#233;paration du genre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les multiples aspects de cette r&#233;demption, le Psalmiste en met ici deux surtout en &#233;vidence, dans lesquels resplendit d'une fa&#231;on sp&#233;ciale l'exc&#232;s du divin amour. Ce sont : la d&#233;livrance de l'homme de la mort &#233;ternelle gr&#226;ce &#224; la mort de J&#233;sus, et l'institution de la divine Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte appara&#238;t, au point de vue litt&#233;raire, un peu surcharg&#233;e, mais elle contient de belles pens&#233;es : &#171; Seigneur qui avez mis&#233;ricordieusement daign&#233; nous accorder d'infinis tr&#233;sors d'amour dans le C&#339;ur de votre Fils, transperc&#233; par nos p&#233;ch&#233;s ; faites, tandis que nous lui offrons l'hommage d&#233;vot de notre pi&#233;t&#233;, qu'en m&#234;me temps nous pr&#233;sentions une digne r&#233;paration pour nos fautes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de la solennit&#233; de ce jour est donc double : tandis que nous offrons notre tribut d'amour &#224; ce C&#339;ur qui, en raison de son excellence et de l'union hypostatique, est le centre et le roi de tout autre c&#339;ur humain, nous expions en m&#234;me temps le crime d'avoir transperc&#233; par nos p&#233;ch&#233;s ce C&#339;ur adorable, et de l'avoir couronn&#233; des &#233;pines de l'ingratitude et du m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il faut que les pr&#233;varicateurs reviennent &#224; ce C&#339;ur du Verbe incarn&#233; ; car c'est dans ce temple et ce troph&#233;e de la divine mis&#233;ricorde, que Dieu a d&#233;pos&#233; pour les hommes des tr&#233;sors infinis de sagesse, de science et surtout d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re lecture est tir&#233;e de la lettre aux &#201;ph&#233;siens (III, 8-15). L'Ap&#244;tre a re&#231;u la mission sp&#233;ciale de r&#233;v&#233;ler &#224; l'&#201;glise les pr&#233;rogatives du Christ, consid&#233;r&#233; surtout comme Chef de la famille humaine et Pontife de la b&#233;atitude future. C'est pourquoi saint Paul plie le genou et il supplie le Seigneur pour ses chers fid&#232;les d'&#201;ph&#232;se, afin qu'eux aussi soient initi&#233;s avec lui &#224; la science int&#233;rieure du Christ, et que, par la gr&#226;ce du Saint-Esprit, eux aussi la comprennent et en vivent &#224; l'&#233;gal de tous les autres saints. Cette science et cette vie se r&#233;sument en un seul mot : l'amour &#8212; cet amour qui remplit l'&#226;me de la pl&#233;nitude de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel est emprunt&#233; au psaume 24, 8-9. &#171; Le Seigneur est bon et droit, c'est pourquoi il indique la voie &#224; ceux qui sont errants. Il guide les doux dans la justice, et il enseigne ses voies &#224; ceux qui sont dociles &#187;. &#8212; Tel est le motif de l'&#339;uvre de la r&#233;demption des hommes : le Seigneur est amour, et en descendant jusqu'&#224; nous il a moins consid&#233;r&#233; notre indignit&#233; que son amour qui m&#233;rite bien tout le n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que nous puissions convenablement aimer Dieu, il fallait que d'abord Il nous rachet&#226;t, afin que l'Amour c&#233;l&#233;br&#226;t ses pacifiques triomphes sur nous et &#233;rige&#226;t parmi les hommes le si&#232;ge de son magist&#232;re. Un magist&#232;re donc d'humilit&#233;, de douceur et de condescendance, pour montrer par ces qualit&#233;s la v&#233;rit&#233; de sa nature humaine, semblable &#224; la n&#244;tre, tandis que, par sa charit&#233; toute-puissante, Il exalte sa nature divine, consubstantielle au P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est emprunt&#233; &#224; saint Matthieu, XI, 29, et il est, en quelque sorte, appel&#233; par le second verset du graduel, o&#249; le Psalmiste d&#233;crit les caract&#232;res des futurs disciples du divin Ma&#238;tre. Maintenant c'est J&#233;sus lui-m&#234;me qui nous dit dans l'&#201;vangile : &#171; Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de C&#339;ur et vous trouverez la paix pour vos &#226;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paix, f&#233;licit&#233; et saintet&#233; sont donc synonymes, car seuls les saints tarissent en eux-m&#234;mes la source des inqui&#233;tudes de la vie, pour se d&#233;salt&#233;rer abondamment aux eaux de la joie, aux sources du Sauveur. Ce qui rend la vie p&#233;nible ne vient pas tant de la vie elle-m&#234;me que de la fi&#232;vre de l'amour-propre qui nous fait trouver amer tout ce qui n'est pas conforme &#224; notre go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le rem&#232;de qui gu&#233;rit cette fi&#232;vre, c'est l'humble et enti&#232;re suj&#233;tion au bon plaisir divin, selon le sublime mod&#232;le que nous offre le C&#339;ur sacr&#233; de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux messes votives apr&#232;s la Septuag&#233;sime, au lieu du graduel et du verset all&#233;luiatique, on dit le trait (Ps. 102, 8-10) : &#171; Le Seigneur est compatissant et indulgent ; patient et plein de bont&#233;. Il n'est pas sans cesse &#224; disputer, et il ne garde pas de continuelle rancune. Il ne nous a pas trait&#233;s selon nos p&#233;ch&#233;s, et il ne nous a pas pay&#233;s comme le m&#233;ritaient nos iniquit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison intime de cet exc&#232;s de mis&#233;ricorde envers nous, alors que c'est sur Lui seul que la justice s'est exerc&#233;e par la satisfaction rigoureuse qu'il a donn&#233;e &#224; la divine Majest&#233; au moyen de sa terrible passion, c'est l'amour infini de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le temps pascal, au verset all&#233;luiatique ci-dessus on ajoute : &#171; All&#233;luia &#187;. (Matth., XI, 28) : &#171; Venez &#224; moi, vous tous qui souffrez et &#234;tes las, et je vous r&#233;conforterai &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus invite donc l'humanit&#233; tout enti&#232;re &#224; chercher un asile de doux repos dans son C&#339;ur. Mais pourquoi sommes-nous tous tourment&#233;s et las ? Saint Augustin nous le dit : &#224; cause de notre vie mortelle elle-m&#234;me, vie fugitive et sujette &#224; de nombreuses tentations, o&#249; nous portons le tr&#233;sor de la foi dans le vase fragile de notre humanit&#233;. Une telle condition nous afflige, mais la douce invitation de J&#233;sus nous console. Il est m&#234;me vain, en ce monde, d'esp&#233;rer un autre r&#233;confort, car, comme le dit fort bien un antique logion &#233;vang&#233;lique, rapport&#233; par Orig&#232;ne et par Didyme l'aveugle : &#171; Celui qui s'approche de moi s'approche du feu, tandis que celui qui s'&#233;loigne de moi s'&#233;loigne du royaume &#187;. Cette parole d'or, prononc&#233;e par le divin Sauveur, et qui nous a &#233;t&#233; transmise par la tradition des P&#232;res, garantit par sa beaut&#233; m&#234;me son authenticit&#233;, et para&#238;t bien digne d'&#234;tre jointe &#224; l'autre logion qui nous a &#233;t&#233; conserv&#233; par saint Paul : &#171; J&#233;sus a dit : Il est meilleur de donner que de recevoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique est emprunt&#233;e &#224; saint Jean (XIX, 31-37) et d&#233;crit, avec le brisement des jambes des deux larrons, l'ouverture du c&#244;t&#233; de J&#233;sus mort. De cette blessure jaillirent le sang et l'eau, pour symboliser les sacrements dans lesquels l'&#201;glise na&#238;t et est nourrie. C'est le Nouveau Testament dans le sang. Jean, qui exerce &#224; la fois les fonctions d'&#233;crivain et de t&#233;moin, veut montrer aux fid&#232;les la continuit&#233; du plan divin dans l'ancienne et dans la nouvelle alliance, et cite dans ce but les proph&#233;ties qui re&#231;urent leur accomplissement sur le Golgotha apr&#232;s la mort de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne devait briser aucun des os de l'Agneau pascal, parce que l'immolation de la Victime divine ne fut pas suivie de la d&#233;composition de son corps dans le tombeau, mais au contraire de la gloire de la r&#233;surrection. De plus, bien que J&#233;sus dans la sainte Communion soit pris en nourriture par les fid&#232;les, il n'est pas consomm&#233; pour cela. Nec sumptus consumitur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St Thomas d'Aquin, s&#233;quence de la Messe de la F&#234;te-Dieu, &#171; on s'en nourrit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et l'Agneau, m&#234;me apr&#232;s que les fid&#232;les s'en sont nourris, demeure vivant, glorieux et entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi une autre proph&#233;tie (Zach., XII, 10) &#224; laquelle se r&#233;f&#232;re plusieurs fois saint Jean : Les peuples contempleront Celui qu'ils ont transperc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re de cette vision du C&#339;ur transperc&#233; de J&#233;sus varie suivant les dispositions de celui qui le regarde. Pour les impies, au jugement dernier, la vision de ce C&#339;ur aimant et qu'ils n'ont pas aim&#233;, bienfaisant, et pour cela m&#233;pris&#233;, sera le sujet d'une affreuse terreur ; tandis qu'au contraire les bons, en voyant ce C&#339;ur rayonnant des flammes de la charit&#233;, gage et monument perp&#233;tuel d'une mis&#233;ricorde infinie, sacrement et signe sensible de l'amour divin &#233;ternel et invisible, se sentent br&#251;ler d'amour, mettent en lui toute leur esp&#233;rance, et &#233;tablissent en lui leur mystique demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de l'&#201;vangile lu en ce jour a &#233;t&#233; comment&#233; avec &#233;l&#233;gance par Paulin d'Aquil&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. A. Willart, L'Hymne de Paulin sur Lazare dans un manuscrit d'Autun, Rev, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (+ 802) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Quando se pro nobis sanctum&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Fecit sacrificium,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tunc de lateris fixura&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Fons vivus elicuit ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;De quo mystice fluxerunt&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Duo simul flumina : &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sanguis nam redemptionis&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et unda baptismatis.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quand il se fit pour nous Sacrifice, alors de la blessure de son c&#244;t&#233; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire est la m&#234;me qu'au dimanche des Rameaux (Ps. 68, 21). &#171; L'opprobre et la douleur me brisent le C&#339;ur. J'attendais la compassion, et il n'y en eut point ; quelque consolateur, et je ne l'ai pas trouv&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus atroces que les souffrances physiques furent les peines morales endur&#233;es par le Sauveur durant sa passion alors que, s'&#233;tant charg&#233; du poids des fautes des hommes, et ayant &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; mort par le Sanh&#233;drin, il demeura comme &#233;cras&#233; sous l'angoisse de la mal&#233;diction lanc&#233;e par Dieu le P&#232;re contre le p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel d&#233;chirement dans ce C&#339;ur ! M&#234;me alors, il est vrai, son &#226;me jouissait de la claire vision de Dieu qu'il contemplait, mais en m&#234;me temps, il voyait ce Dieu si bon et si aimable offens&#233; de mille mani&#232;res par les hommes, ses fr&#232;res cadets. Il sentait que le p&#233;ch&#233; avait dress&#233; comme une muraille entre le Cr&#233;ateur et la cr&#233;ature, c'est pourquoi, en vertu d'un juste jugement de Dieu, son humanit&#233;, abandonn&#233;e aux outrages, aux tourments et &#224; la mort ignominieuse de la Croix, entonna le myst&#233;rieux cantique : Heli, Heli, lamma sabacthani&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonn&#233; &#187;, Ps. 21.&#034; id=&#034;nh3-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En souffrant pour nous, J&#233;sus a voulu que nous nous assimilions &#224; notre tour sa Passion b&#233;nie, la revivant par la foi et par les &#339;uvres de la mortification chr&#233;tienne. C'est l&#224; le soulagement et la consolation qu'il demande dans le psaume 68. Il lui faut des &#226;mes. Aujourd'hui encore, il veut des &#226;mes victimes, qui, avec Lui, portent le poids de l'expiation des p&#233;ch&#233;s du monde. Mais h&#233;las ! Qu'elles sont rares ces &#226;mes enti&#232;rement vou&#233;es &#224; l'immolation et &#224; l'expiation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux messes votives durant le temps pascal, cette antienne si m&#233;lancolique de l'offertoire est remplac&#233;e par la suivante qui exalte au contraire l'excellence du sacrifice du Christ sur toutes les oblations de l'Ancienne Loi : (Ps. 39, 7-9) : &#171; Tu ne demandes ni holocauste ni oblation ; alors je dis : Voici que je viens. Dans un livre il m'est prescrit de faire ce qui te pla&#238;t, &#244; mon Dieu, mon bien-aim&#233;, et ta loi est grav&#233;e dans mon C&#339;ur. All&#233;luia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sacrifices de l'Ancienne Loi cess&#232;rent de plaire &#224; Dieu quand arriva enfin la pl&#233;nitude des temps, o&#249; devait &#234;tre accompli ce que ces anciens rites ne faisaient qu'annoncer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors vint le Verbe incarn&#233;, pour offrir un holocauste qui seul &#233;tait digne de Dieu. Et comme toute offrande doit toujours s'accomplir selon un c&#233;r&#233;monial et un rite agr&#233;able &#224; la Divinit&#233;, J&#233;sus v&#233;cut et s'immola durant trente-trois ann&#233;es conform&#233;ment &#224; ce que le P&#232;re &#233;ternel avait prescrit pour Lui dans les Livres saints de l'Ancienne Alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re pr&#233;c&#233;dant l'anaphore est la suivante : &#171; Ayez &#233;gard, Seigneur, &#224; l'ineffable charit&#233; du C&#339;ur de votre fils bien-aim&#233;, afin que notre oblation Vous soit agr&#233;able et expie convenablement nos fautes. Par notre Seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de nouveau fait allusion ici &#224; la double signification de la solennit&#233; de ce jour. Avant tout, c'est une f&#234;te d'expiation envers l'Amour non aim&#233; et m&#233;pris&#233; ; et c'est pourquoi nous unissons notre amende honorable &#224; ce m&#234;me Amour qui, dans le Sacrifice eucharistique, expie pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, c'est une c&#233;l&#233;bration d'action de gr&#226;ces et de triomphe du C&#339;ur tr&#232;s saint de J&#233;sus. Pour ce motif, nous offrons ce m&#234;me C&#339;ur eucharistique, afin que, perp&#233;tuant sur nos autels l'hymne d'action de gr&#226;ces entonn&#233; jadis avec les Ap&#244;tres dans le C&#233;nacle, &#8212; Tibi gratias agens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Et Vous rendant gr&#226;ce &#187;, cf. Luc. 17, 16 &amp; I Cor. 11, 24.&#034; id=&#034;nh3-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#8212; l'Amour incarn&#233; et immol&#233; soit Lui-m&#234;me le remerciement de l'humanit&#233; &#224; l'&#201;ternel Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter avec une v&#233;ritable satisfaction la tendance r&#233;cente du Saint-Si&#232;ge, &#224; pourvoir les messes les plus insignes d'une pr&#233;face propre. Apr&#232;s celle des d&#233;funts, de saint Joseph, du Christ-Roi, voici aujourd'hui celle du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus. On revient de la sorte &#224; l'antique tradition latine, repr&#233;sent&#233;e surtout par les Sacramentaires romains, o&#249; chaque solennit&#233; avait sa pr&#233;face. Actuellement la liturgie milanaise est seule demeur&#233;e fid&#232;le &#224; son antique tradition ; mais il faut esp&#233;rer que, t&#244;t ou tard, comme il advint sous Pie X pour le chant gr&#233;gorien, Rome admettra de nouveau dans son missel ces anciennes et si belles pr&#233;faces des Sacramentaires dits de L&#233;on le Grand, de G&#233;lase Ier et de Gr&#233;goire le Grand, lesquelles, sans que l'autorit&#233; soit intervenue, se sont comme perdues dans les manuscrits durant les longs si&#232;cles du bas moyen &#226;ge. &#171; ... Vous qui avez voulu que votre Fils unique, encore suspendu &#224; la Croix, f&#251;t transperc&#233; par la lance du soldat, afin que son C&#339;ur, sanctuaire des richesses divines, &#233;tant ouvert, il r&#233;pand&#238;t sur nous des torrents de mis&#233;ricorde et de gr&#226;ce. Il avait vraiment toujours br&#251;l&#233; d'amour pour nous, mais c'est surtout alors qu'il pr&#233;para un tranquille refuge pour les bons, et que les p&#233;nitents virent s'ouvrir devant eux l'asile du salut. C'est pourquoi.. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion, conform&#233;ment &#224; la r&#232;gle, est tir&#233;e de la lecture de l'&#201;vangile (Ioan., XIX, 34) : &#171; Un des soldats lui ouvrit le c&#244;t&#233; avec sa lance, et aussit&#244;t il en jaillit du sang et de l'eau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification sp&#233;ciale de ce sang et de cette eau nous est expliqu&#233;e dans l'antienne suivante pour la Communion durant le cycle pascal (Ioan., VII, 37) : &#171; Que celui qui a soif vienne &#224; moi et qu'il boive. All&#233;luia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le breuvage que nous prenons s'incorpore &#224; nous et se change en notre sang, ainsi les tr&#233;sors de la r&#233;demption qui nous sont conf&#233;r&#233;s dans les sacrements deviennent notre bien, notre patrimoine spirituel, en tant qu'ils nous unissent et nous incorporent mystiquement au Christ, qui est le Chef du Corps de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois ces eaux d'&#233;ternelle r&#233;demption sont promises seulement &#224; celui qui en est avide, parce que la gr&#226;ce de Dieu est offerte avec amour comme un don, mais n'est pas impos&#233;e violemment comme un enr&#244;lement obligatoire. C'est pourquoi le saint cardinal Andr&#233; Ferrari disait fort justement aux petits enfants de Milan : Se sauve qui veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Communion : &#171; Que vos myst&#232;res sacr&#233;s, Seigneur, nous conf&#232;rent cette divine ferveur si n&#233;cessaire pour go&#251;ter la suavit&#233; de votre C&#339;ur tr&#232;s doux ; afin que nous apprenions &#224; m&#233;priser les choses de la terre et &#224; aimer celles du ciel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a une fois go&#251;t&#233; Dieu, tous les biens cr&#233;&#233;s deviennent insipides et fastidieux. Mais, pour go&#251;ter Dieu, nous avons besoin de ce don sp&#233;cial de pi&#233;t&#233;, qui, lui-m&#234;me, est une gr&#226;ce du Saint-Esprit. Il ne m&#233;rite pas, en effet, de go&#251;ter Dieu, celui qui cherche ses d&#233;lices en dehors de Lui ; aussi la sainte liturgie demande aujourd'hui, fort &#224; propos, ce don, apr&#232;s que la participation aux myst&#232;res de la mort du Seigneur a imprim&#233; dans notre c&#339;ur les stigmates de la Passion de J&#233;sus, nous consacrant ainsi &#224; une vie de mortification et d'immolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux louanges du Sacr&#233;-C&#339;ur, exprim&#233;es par les P&#232;res de l'&#201;glise latine, nous ajouterons aujourd'hui celles de l'&#201;glise byzantine :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ton c&#244;t&#233; qui apporte la vie, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pareil &#224; la source qui jaillissait de l'&#201;den,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Arrose Ton &#201;glise, &#244; Christ, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Comme un jardin spirituel. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ensuite elle se divise &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Comme d'un tronc unique, en quatre &#201;vangiles. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle arrose le monde. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;R&#233;jouit la cr&#233;ation ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle enseigne aux peuples &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A adorer ton r&#232;gne avec foi.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un soldat ouvrit son c&#244;t&#233; et il sortit du sang et de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e d'un degr&#233; ; elle a &#233;t&#233; pourvue d'une Octave ; elle est pass&#233;e au rang des f&#234;tes primaires. En outre, on lui a donn&#233; un nouveau formulaire de messe et un nouvel office. La proximit&#233; de la f&#234;te du Saint-Sacrement nous indique qu'on la consid&#232;re comme une continuation de cette f&#234;te. L'objet de la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur, c'est l'amour sans borne que l'Homme-Dieu porte dans son c&#339;ur pour nous et qu'il manifeste, d'une mani&#232;re particuli&#232;re, dans sa Passion ainsi que dans la merveille de l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour, la Passion et le corps de J&#233;sus, telles sont au reste les principales pens&#233;es de la f&#234;te, &#224; la messe et au br&#233;viaire. Le myst&#232;re de la f&#234;te a &#233;t&#233; approfondi par les nouveaux textes. On pourrait l'exprimer liturgiquement &#224; peu pr&#232;s en ces termes : &#171; C'est le myst&#232;re de la pl&#233;nitude que nous avons dans le Christ &#187;. Cette pl&#233;nitude s'&#233;coula dans sa mort r&#233;demptrice. C'est pourquoi le transpercement du divin c&#339;ur sur la Croix est consid&#233;r&#233; comme le symbole de l'ouverture des &#171; sources du Sauveur &#187;. C'est l'image dominante de la f&#234;te. Nous la trouvons non seulement &#224; l'&#201;vangile, mais encore &#224; la Communion, ainsi que dans les antiennes du jour, le matin et le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;La messe (Cogitationes).&lt;/strong&gt; &#8212; A l'Intro&#239;t, l'&#201;glise nous met devant les yeux l'Image du R&#233;dempteur. Elle ne le nomme pas, elle en parle comme de quelqu'un qui est bien connu. &#171; Les pens&#233;es de son c&#339;ur... &#187; Toutes ses pens&#233;es ont pour objet la R&#233;demption de l'humanit&#233;. Il veut ressusciter ceux qui sont morts de la mort spirituelle ; il veut rassasier les affam&#233;s. A ces paroles de l'&#201;glise la communaut&#233; r&#233;pond par un chant d'all&#233;gresse et de louange (Ps. 32). Si nous tenons compte de tout le psaume, le Seigneur se pr&#233;sente devant nous comme le Bon Pasteur dans la nature et la surnature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Ps. 32 a &#233;t&#233; introduit au nouvel Office au 1er Nocturne des Matines&#034; id=&#034;nh3-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est lui qui conduit le troupeau des &#233;toiles dans les prairies du ciel ; c'est lui aussi qui an&#233;antit les plans des ennemis de Dieu. Ainsi donc l'Intro&#239;t nous pr&#233;sente une image du Sacr&#233;-C&#339;ur qui est conforme &#224; la conception chr&#233;tienne antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oraison comprend deux demandes de l'&#201;glise ; pour les bons, le d&#233;vouement et la fid&#233;lit&#233; au Christ dont le c&#339;ur renferme &#171; des tr&#233;sors infinis d'amour &#187; ; pour les p&#233;cheurs, &#171; une digne satisfaction &#187; (Or.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;p&#238;tre, d'une si grande profondeur, nous permet, sous la conduite de l'Ap&#244;tre des nations, de jeter un regard sur ces tr&#233;sors infinis de l'amour. Saint Paul, ou plut&#244;t l'&#201;glise, est appel&#233;e &#224; ouvrir aux hommes ces tr&#233;sors du c&#339;ur divin. Elle le fait de deux mani&#232;res, par l'enseignement (avant-messe), et par la gr&#226;ce (au Saint-Sacrifice). La f&#234;te du c&#339;ur de J&#233;sus, mais aussi toute la liturgie, est consacr&#233;e &#224; cette t&#226;che. Toutes les f&#234;tes de l'ann&#233;e liturgique &#171; annoncent la richesse insondable du Christ &#187;. Plus encore dans l'Eucharistie jaillit le sang divin qui coule du c&#339;ur transperc&#233;. C'est donc une pri&#232;re efficace que notre M&#232;re l'&#201;glise adresse, &#224; genoux, au &#171; P&#232;re de Notre Seigneur J&#233;sus-Christ &#187;. Cette pri&#232;re contient trois demandes : a) que nous affermissions notre vie int&#233;rieure ; b) que le Christ habite par la foi dans notre C&#339;ur ; c) que nous nous enracinions et soyons fond&#233;s dans l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s nous avoir montr&#233;, dans l'Intro&#239;t, l'image du R&#233;dempteur, l'&#201;glise veut, dans l'&#201;p&#238;tre, nous montrer l'effet de la R&#233;demption. Le Graduel exprime les sentiments de la communaut&#233; en face de ces v&#233;rit&#233;s ; &#224; l'All&#233;luia, elle a encore devant les yeux l'image du R&#233;dempteur si humain et si proche. Il nous semble voir s'avancer le Seigneur charg&#233; de sa Croix. Il se tourne vers nous et nous dit : &#171; Prenez mon joug sur vous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile nous transporte sur le Calvaire et nous sommes t&#233;moins du transpercement du c&#339;ur divin. Nous connaissons d&#233;j&#224; le symbolisme de ce transpercement. Nous pouvons encore le m&#233;diter plus profond&#233;ment. L'ouverture du c&#244;t&#233; du Christ signifie, d'apr&#232;s saint Augustin, la fondation de l'&#201;glise. L'&#201;glise, comme une seconde &#200;ve, a &#233;t&#233; prise du c&#244;t&#233; du second Adam. En tant qu' &#171; aide &#187; et &#201;pouse, elle conna&#238;t les secrets de son C&#339;ur. Elle a &#233;t&#233; arros&#233;e de l'eau (bapt&#234;me) et du sang (Eucharistie) qui coulent du c&#244;t&#233; de son &#201;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Offertoire, l'&#201;glise veut entrer dans le sacrifice du Christ ; c'est pourquoi elle fait siennes ses lamentations. Le c&#339;ur de l'&#201;glise se fond intimement avec le c&#339;ur du Seigneur. La participation &#224; la Passion du Christ est la glorification de son corps mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sacrifice d'amour jette ses flammes dans la Pr&#233;face qui est enti&#232;rement nouvelle : &#171; Tu as voulu que ton Fils unique suspendu &#224; la Croix f&#251;t transperc&#233; par la lance du soldat, afin que le sanctuaire de la divine munificence nous vers&#226;t les flots de mis&#233;ricorde et de gr&#226;ce, afin que ce c&#339;ur, qui ne cesse jamais de br&#251;ler d'amour pour nous, soit pour les personnes pieuses un lieu de repos et ouvre aux p&#233;nitents un refuge salutaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant encore, dans le Saint-Sacrifice, l'&#201;poux ensanglant&#233; communique &#224; son &#201;pouse les tr&#233;sors de son c&#339;ur, afin qu'elle soit une &#171; pl&#233;nitude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Communion, nous voyons encore l'image de la Croix. L'&#201;glise veut nous dire par-l&#224; que l'Eucharistie a son origine dans le c&#244;t&#233; ouvert du Seigneur... Pour conclure, nous adressons nos pri&#232;res au Christ lui-m&#234;me ; nous lui demandons que la sainte communion ach&#232;ve en nous la R&#233;demption : &#171; Que nous apprenions &#224; m&#233;priser les choses terrestres et &#224; aimer les choses c&#233;lestes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;L'office des Heures.&lt;/strong&gt; &#8212; Le grand mystique, saint Bonaventure, nous parle du Sacr&#233;-C&#339;ur : &#171; Puisque nous sommes venus au tr&#232;s doux c&#339;ur de J&#233;sus et qu'il est bon pour nous d'y demeurer, ne nous &#233;cartons pas de lui, parce qu'il est &#233;crit : &#171; Ceux qui s'&#233;cartent de toi seront inscrits dans la poussi&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r., XVII, 13.&#034; id=&#034;nh3-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais qu'adviendra-t-il de ceux qui se donnent &#224; lui ? Toi-m&#234;me, Seigneur, tu nous instruis &#224; ce sujet, car tu as dit &#224; ceux qui s'approchaient de toi : &#171; R&#233;jouissez-vous, car vos noms sont inscrits dans le ciel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, X, 20.&#034; id=&#034;nh3-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous voulons donc nous approcher de toi et tressaillir d'all&#233;gresse et, au souvenir de ton c&#339;ur, nous r&#233;jouir en toi. Oh ! Qu'il est bon et agr&#233;able d'habiter dans ce C&#339;ur ! C'est un bon tr&#233;sor, une pr&#233;cieuse perle que ton c&#339;ur, &#244; bon J&#233;sus. Qui rejetterait cette perle ? Bien plut&#244;t j'abandonnerai toutes les perles, j'&#233;changerai mes pens&#233;es et mes affections et je me la procurerai ; je jetterai toute mon intelligence dans le c&#339;ur de J&#233;sus et n'aurai aucune d&#233;ception ; il me nourrira &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CX, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan. III, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 1, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 1-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan, I, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Legatus divinae pietatis. Lib. II, c. 23 ; Lib. III, c. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 35-36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zach. XII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. ; Johan. XIX, 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. III, 21-22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XLII, I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan. V, 7, 8, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan. V, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. V, 26, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. VII, 37-39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XII, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen. II, 23 ; Eph. V, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CVII, 1-4, ce psaume fut ajout&#233; &#224; l'Office des Matines du Sacr&#233;-C&#339;ur en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen. II, 24 ; Eph. V, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. IV, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. V, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Johan. Hom. 84, cf. Matines avant 1929, le&#231;on 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Johan. Tract, CXX, cf. Matines avant 1929, le&#231;on 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. II, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Domin. Palm. Serm. IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. II, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jerem. XLVIII, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exod. XXXIII, 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Cant. Serm. LXI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Reg. XVIII, 10-11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. X, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lignum vit&#230;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LE H&#201;RAUT DE L'AMOUR DIVIN, Livre IV, c. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pr&#233;face des R&#233;v&#233;lations de sainte Gertrude traduites sur la nouvelle &#233;dition latine des B&#233;n&#233;dictins de Solesmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apoc. XII, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ose. XI, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. I, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Canonis&#233;e en 1920.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vie de la Bienheureuse &#233;crite par elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. II, 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B&#233;atifi&#233; en 1909, canonis&#233; en 1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le C&#339;ur admirable de la T. Sacr&#233;e M&#232;re de Dieu&lt;/i&gt;, Ep&#238;tre d&#233;dicatoire. Le s&#233;minaire des Eudistes &#224; Caen, pour lequel fut b&#226;tie cette &#233;glise ou chapelle, est aujourd'hui l'H&#244;tel-de-Ville.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B&#233;atifi&#233; en 1929 et canonis&#233; en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tit. III, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jerem. II, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ose. XI, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. IV, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans le &lt;i&gt;Liber Sacramentorum&lt;/i&gt;, la f&#234;te du Sacr&#233; C&#339;ur se trouve encore au cycle sanctoral, le traducteur en donne la raison : &#171; Conform&#233;ment aux derni&#232;res rubriques, cette f&#234;te devrait se trouver au Propre du Temps, entre le IIe et le IIIe dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te. Le tome III du Liber Sacramentorum avait d&#233;j&#224; paru quand cette d&#233;cision de la S. C. des Rites a &#233;t&#233; promulgu&#233;e. Nous conservons donc &#224; la f&#234;te du Sacr&#233;-C&#339;ur la place qu'elle occupait dans les anciennes &#233;ditions du Missel, tout en substituant au pr&#233;c&#233;dent le nouveau texte de la messe (N. du T.) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;In Cantic. Serm&lt;/i&gt;. 61, n. 3-4. P. L., CLXXXIII, col. 1071-72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. U. Berli&#232;re, La d&#233;votion au Sacr&#233;-C&#339;ur dans l'Ordre de Saint-Beno&#238;t. Paris, 1923.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;St Thomas d'Aquin, s&#233;quence de la Messe de la F&#234;te-Dieu, &#171; on s'en nourrit sans le consumer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. A. Willart, L'Hymne de Paulin sur Lazare dans un manuscrit d'Autun, Rev, B&#233;n&#233;d., XXXIV, 1922, p. 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Quand il se fit pour nous Sacrifice, alors de la blessure de son c&#244;t&#233; une source vive sortit ; d'elle coul&#232;rent en m&#234;me temps et mystiquement deux fleuves : le sang de la r&#233;demption et l'eau du bapt&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonn&#233; &#187;, Ps. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Et Vous rendant gr&#226;ce &#187;, cf. Luc. 17, 16 &amp; I Cor. 11, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Ps. 32 a &#233;t&#233; introduit au nouvel Office au 1er Nocturne des Matines&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J&#233;r., XVII, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, X, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques de la F&#234;te-Dieu</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article218</link>
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		<dc:date>2026-05-29T09:18:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;On trouvera les textes liturgiques de la f&#234;te ici &lt;br class='autobr' /&gt;
DOM GU&#201;RANGER, L'ANN&#201;E LITURGIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
Dom Gu&#233;ranger est d&#233;c&#233;d&#233; alors qu'il &#233;crivait ses commentaires entre la F&#234;te de la Trinit&#233; et la F&#234;te-Dieu, son &#339;uvre fut poursuivie par les moines de Solesmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois jours entre la Trinit&#233; et la F&#234;te-Dieu sont des f&#233;ries du temps apr&#232;s la Pentec&#244;te : Dom Gu&#233;ranger en profite pour introduire sur trois jours le myst&#232;re qui sera c&#233;l&#233;br&#233; le jeudi, c'est pourquoi nous donnons ici les commentaires des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-36-d93c0.gif?1780046329' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;DOM GU&#201;RANGER, L'ANN&#201;E LITURGIQUE&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;DOM GU&#201;RANGER, L'ANN&#201;E LITURGI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;I. L'institution de la F&#234;te.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;I. L'institution de la F&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;II. L'Eucharistie dans l'antiquit&#233;.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;II. L'Eucharistie dans l'antiq&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;III. Moyen &#194;ge, h&#233;r&#233;sies, affirmation de la foi.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;III. Moyen &#194;ge, h&#233;r&#233;sies, (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les premi&#232;res V&#234;pres.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Les premi&#232;res V&#234;pres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La F&#234;te du Saint-Sacrement.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;La F&#234;te du Saint-Sacrement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les Matines.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;Les Matines&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les Laudes.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_7'&gt;Les Laudes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;A Tierce.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_8'&gt;A Tierce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;A la Messe.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_9'&gt;A la Messe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La Procession.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_10'&gt;La Procession&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les secondes V&#234;pres.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_11'&gt;Les secondes V&#234;pres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Textes de liturgies non romaines.&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_12'&gt;Textes de liturgies non (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;BHX CARDINAL SCHUSTER, LIBER SACRAMENTORUM&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_13'&gt;BHX CARDINAL SCHUSTER, LIBER&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;DOM PIUS PARSCH, LE GUIDE DANS L'ANN&#201;E LITURGIQUE&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_14'&gt;DOM PIUS PARSCH, LE GUIDE (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes liturgiques de la f&#234;te &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article217' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;DOM GU&#201;RANGER, L'ANN&#201;E LITURGIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger est d&#233;c&#233;d&#233; alors qu'il &#233;crivait ses commentaires entre la F&#234;te de la Trinit&#233; et la F&#234;te-Dieu, son &#339;uvre fut poursuivie par les moines de Solesmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois jours entre la Trinit&#233; et la F&#234;te-Dieu sont des f&#233;ries du temps apr&#232;s la Pentec&#244;te : Dom Gu&#233;ranger en profite pour introduire sur trois jours le myst&#232;re qui sera c&#233;l&#233;br&#233; le jeudi, c'est pourquoi nous donnons ici les commentaires des Lundi, Mardi et Mercredi apr&#232;s la Trinit&#233; avant de donner le commentaire du jour m&#234;me de la F&#234;te-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres commentaires figurant dans les jours de l'Octave concernent :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article970'&gt;vendredi&lt;/a&gt; : l'Eucharistie dans le plan de la Sagesse divine.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article971'&gt;samedi&lt;/a&gt; : la Sagesse divine et les sacrifices pa&#239;ens, les sacrifices de l'ancienne Alliance.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article296'&gt;dimanche&lt;/a&gt; : la notion de Sacrifice, Sacerdoce et Sacrifice du Christ.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article972'&gt;Lundi&lt;/a&gt; : Melchis&#233;dech, la derni&#232;re C&#232;ne, l'Institution de l'Eucharistie et du sacerdoce, le Saint-Esprit et l'Eucharistie, l'&#201;glise et la Messe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article973'&gt;Mardi&lt;/a&gt; : L'Eucharistie et l'unit&#233; du Corps Mystique du Christ. L'Eucharistie, Lait du Verbe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article974'&gt;Mercredi&lt;/a&gt; : Il n'y a pas d'Eucharistie sans Sacrifice, dont l'&#201;glise est la seule d&#233;positaire, la Communion ne peut donc &#234;tre un acte priv&#233; : les erreurs modernes de la d&#233;votion.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article975'&gt;Jeudi, Octave&lt;/a&gt; : Le dogme de la Transsubstantiation, conclusion g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;I. L'institution de la F&#234;te.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE LUNDI APR&#200;S LA TRINIT&#201;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re du divin Esprit qui est venue accro&#238;tre dans l'&#201;glise l'intelligence toujours plus vive du souverain myst&#232;re de l'auguste Trinit&#233;, l'am&#232;ne &#224; contempler &#224; la suite cette autre merveille qui concentre elle-m&#234;me toutes les op&#233;rations du Verbe incarn&#233;, et nous conduit d&#232;s cette vie &#224; l'union divine. Le myst&#232;re de la tr&#232;s sainte Eucharistie va &#233;clater dans toute sa splendeur, et il importe de pr&#233;parer les yeux de notre &#226;me &#224; recevoir d'une mani&#232;re salutaire l'irradiation qui nous attend. De m&#234;me que nous n'avons jamais &#233;t&#233; sans la notion du myst&#232;re de la sainte Trinit&#233;, et que nos hommages se sont toujours dirig&#233;s vers elle ; de m&#234;me aussi la divine Eucharistie n'a cess&#233; de nous accompagner dans tout le cours de cette Ann&#233;e liturgique, soit comme moyen de rendre nos hommages &#224; la supr&#234;me Majest&#233;, soit comme aliment de la vie surnaturelle. Nous pouvons dire que ces deux ineffables myst&#232;res nous sont connus, que nous les aimons ; mais les gr&#226;ces de la Pentec&#244;te nous ont ouvert une nouvelle entr&#233;e dans ce qu'ils ont de plus intime, et si le premier nous a apparu hier entour&#233; des rayons d'une lumi&#232;re nouvelle, le second va luire pour nous d'un &#233;clat que l'&#339;il de notre &#226;me n'avait pas per&#231;u encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte Trinit&#233;, ainsi que nous l'avons fait voir, &#233;tant l'objet essentiel de toute la religion, le centre o&#249; vont se rendre tous nos hommages, lors m&#234;me qu'il semble que nous n'y portons pas une intention imm&#233;diate, on peut dire aussi que la divine Eucharistie est le plus puissant moyen de rendre &#224; Dieu le culte qui lui est d&#251;, et c'est par elle que la terre s'unit au ciel. Il est donc ais&#233; de p&#233;n&#233;trer la raison du retard que la sainte &#201;glise a mis &#224; l'institution des deux solennit&#233;s qui succ&#232;dent imm&#233;diatement &#224; celle de la Pentec&#244;te. Tous les myst&#232;res que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;s jusqu'ici &#233;taient contenus dans l'auguste Sacrement qui est le m&#233;morial et comme l'abr&#233;g&#233; des merveilles que le Seigneur a op&#233;r&#233;es pour nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CX, 4.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La r&#233;alit&#233; de la pr&#233;sence du Christ sous les esp&#232;ces sacramentelles faisait que, dans l'Hostie sainte, nous reconnaissions au temps de No&#235;l l'Enfant qui nous &#233;tait n&#233;, au temps de la Passion la victime qui nous rachetait, au temps Pascal le glorieux triomphateur de la mort. Nous ne pouvions c&#233;l&#233;brer tous ces beaux myst&#232;res sans appeler &#224; notre secours l'immortel Sacrifice, et il ne pouvait &#234;tre offert sans les renouveler et les reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes m&#234;mes de la tr&#232;s sainte Vierge et des Saints nous maintenaient dans la contemplation du divin Sacrement. Marie, que nous avons honor&#233;e dans ses solennit&#233;s de l'Immacul&#233;e Conception, de la Purification, de l'Annonciation, n'a-t-elle pas fourni de sa propre substance ce corps et ce sang que nous offrions sur l'autel ? La force invincible des Ap&#244;tres et des Martyrs que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;s, ne l'ont-ils pas puis&#233;e dans l'aliment sacr&#233; qui donne l'ardeur et la constance ? Les Confesseurs et les Vierges ne nous ont-ils pas apparu comme la floraison du champ de l'&#201;glise qui se couvre d'&#233;pis et de grappes de raisin, gr&#226;ce &#224; la f&#233;condit&#233; que lui donne Celui qui est &#224; la fois le froment et la vigne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zach., IX, 17.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unissant tous nos moyens pour honorer ces heureux habitants de la cour c&#233;leste, nous avons fait appel &#224; la divine psalmodie, aux hymnes, aux cantiques, aux formules les plus pompeuses et les plus tendres ; mais, en fait d'hommages &#224; leur gloire, rien n'&#233;galait l'offrande du Sacrifice. L&#224;, nous entrions en communication directe avec eux, selon l'&#233;nergique expression de l'&#201;glise au sacr&#233; Canon (communicantes). Ils adorent &#233;ternellement la tr&#232;s sainte Trinit&#233; par J&#233;sus-Christ et en J&#233;sus-Christ ; par le Sacrifice nous nous unissions &#224; eux dans le m&#234;me centre, nous m&#234;lions nos hommages avec les leurs, et il en r&#233;sultait pour eux un accroissement d'honneur et de f&#233;licit&#233;. La divine Eucharistie, Sacrifice et Sacrement, nous a donc toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente ; et si, en ces jours, nous devons nous recueillir pour en mieux comprendre la grandeur et la puissance infinies ; si nous devons nous efforcer d'en go&#251;ter avec plus de pl&#233;nitude l'ineffable suavit&#233;, ce n'est point une d&#233;couverte qui nous appara&#238;t soudain : il s'agit de l'&#233;l&#233;ment que l'amour du Christ nous a pr&#233;par&#233;, et dont nous usons d&#233;j&#224;, pour entrer en rapport direct avec Dieu et lui rendre nos devoirs les plus solennels &#224; la fois et les plus intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'Esprit divin qui gouverne l'&#201;glise devait lui inspirer un jour la pens&#233;e d'&#233;tablir une solennit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hic stetit D. Gu&#233;ranger.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; particuli&#232;re en l'honneur du myst&#232;re auguste o&#249; sont contenus tous les autres. L'&#233;l&#233;ment sacr&#233; qui donne &#224; toutes les f&#234;tes de l'ann&#233;e leur raison d'&#234;tre et les illumine de sa propre splendeur, la tr&#232;s sainte Eucharistie, appelait par elle-m&#234;me une f&#234;te pompeuse en rapport avec la magnificence de son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette exaltation de la divine Hostie, ces marches triomphales si justement ch&#232;res &#224; la pi&#233;t&#233; chr&#233;tienne de nos jours, &#233;taient impossibles dans l'&#201;glise au temps des martyrs. Elles rest&#232;rent inusit&#233;es apr&#232;s la victoire, comme n'entrant pas dans la mani&#232;re et l'esprit des formes liturgiques primitives, qui continu&#232;rent longtemps d'&#234;tre en usage. Elles &#233;taient d'ailleurs moins n&#233;cessaires et comme superflues pour la foi vive de cet &#226;ge : la solennit&#233; du Sacrifice m&#234;me, la participation commune aux Myst&#232;res sacr&#233;s, la louange non interrompue des chants liturgiques rayonnant par le monde autour de l'autel, rendaient &#224; Dieu hommage et gloire, maintenaient l'exacte notion du dogme, et entretenaient dans le peuple chr&#233;tien une surabondance de vie surnaturelle qu'on ne retrouve plus &#224; l'&#226;ge suivant. Le divin m&#233;morial portait ses fruits ; les intentions du Seigneur instituant le myst&#232;re &#233;taient remplies, et le souvenir de cette institution, c&#233;l&#233;br&#233; d&#232;s lors comme de nos jours &#224; la Messe du Jeudi saint, restait grav&#233; profond&#233;ment dans le c&#339;ur des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en fut ainsi jusqu'au XIIIe si&#232;cle. Mais alors, et par suite du refroidissement que constate l'&#201;glise au commencement de ce si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oraison de la f&#234;te des Stigmates de saint Fran&#231;ois.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la foi s'affaiblit, et avec elle la m&#226;le pi&#233;t&#233; des vieilles nations chr&#233;tiennes. Dans cette d&#233;cadence progressive que ne devaient pas arr&#234;ter des merveilles de saintet&#233; individuelle, il &#233;tait &#224; craindre que l'adorable Sacrement, qui est le myst&#232;re de la foi par essence, n'e&#251;t &#224; souffrir plus qu'aucun autre de l'indiff&#233;rence et de la froideur des nouvelles g&#233;n&#233;rations. D&#233;j&#224;, ici et l&#224;, inspir&#233;e par l'enfer, plus d'une n&#233;gation sacril&#232;ge avait retenti, effrayant les peuples, trop fid&#232;les encore g&#233;n&#233;ralement pour &#234;tre s&#233;duits, mais excitant la vigilance des pasteurs et faisant d&#233;j&#224; de nombreuses victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scot &#201;rig&#232;ne avait produit la formule de l'h&#233;r&#233;sie sacramentaire : l'Eucharistie n'&#233;tait pour lui &#171; qu'un signe, figure de l'union spirituelle avec J&#233;sus, per&#231;ue par la seule intelligence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Dion. Hierarch. coelest.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son p&#233;dantisme obscur eut peu d'&#233;cho, et ne pr&#233;valut pas contre la tradition catholique expos&#233;e dans les savants &#233;crits de Paschase Radbert, Abb&#233; de Corbie. R&#233;veill&#233;s au XIe si&#232;cle par B&#233;renger, les sophismes de Scot troubl&#232;rent alors plus s&#233;rieusement et plus longuement l'&#201;glise de France, sans toutefois survivre &#224; l'astucieuse vanit&#233; de leur second p&#232;re. L'enfer avan&#231;ait peu dans ces attaques trop directes encore ; il atteignit mieux son but par des voies d&#233;tourn&#233;es. L'empire byzantin nourrissait, dans ses flancs f&#233;conds pour l'h&#233;r&#233;sie, les restes de la secte manich&#233;enne qui, regardant la chair comme l'&#339;uvre du principe mauvais, renversait l'Eucharistie par la base. Pendant qu'avide de renomm&#233;e, B&#233;renger dogmatisait &#224; grand bruit sans profit pour l'erreur, la Thrace et la Bulgarie dirigeaient silencieusement leurs ap&#244;tres vers l'Occident. La Lombardie, les Marches et la Toscane furent infect&#233;es ; passant les monts, l'impure &#233;tincelle &#233;clata sur plusieurs points &#224; la fois du royaume tr&#232;s chr&#233;tien : Orl&#233;ans, Toulouse, Arras, virent le poison p&#233;n&#233;trer dans leurs murs. On crut avoir &#233;touff&#233; le mal &#224; sa naissance par d'&#233;nergiques r&#233;pressions ; mais la contagion s'&#233;tendait dans l'ombre. Prenant le midi de la France pour base de ses op&#233;rations, l'h&#233;r&#233;sie s'organisa sourdement pendant toute la dur&#233;e du XIIe si&#232;cle ; tels furent ses progr&#232;s latents, que, se d&#233;couvrant enfin, au commencement du XIIIe, elle pr&#233;tendit soutenir les armes &#224; la main ses dogmes impies. Il fallut des flots de sang pour la r&#233;duire et lui enlever ses places fortes ; et longtemps encore apr&#232;s la d&#233;faite de l'insurrection arm&#233;e, l'Inquisition dut surveiller activement les provinces &#233;prouv&#233;es par le fl&#233;au des Albigeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon de Montfort avait &#233;t&#233; le vengeur de la foi. Mais au temps m&#234;me o&#249; le bras victorieux du h&#233;ros chr&#233;tien terrassait l'h&#233;r&#233;sie, Dieu pr&#233;parait &#224; son Fils, indignement outrage par les sectaires dans le Sacrement de son amour, un triomphe plus pacifique et une r&#233;paration plus compl&#232;te. En 1208, une humble religieuse hospitali&#232;re, la Bienheureuse Julienne du Mont-Cornillon, pr&#232;s Li&#232;ge, avait une vision myst&#233;rieuse, o&#249; lui apparaissait la lune dans son plein, montrant sur son disque une &#233;chancrure. Quoi qu'elle f&#238;t pour chasser ce qu'elle craignait &#234;tre une illusion, la m&#234;me vision continua de se pr&#233;senter invariablement &#224; ses yeux, toutes les fois qu'elle se mettait en pri&#232;res. Apr&#232;s deux ans d'efforts et de supplications ardentes, il lui fut enfin r&#233;v&#233;l&#233; que la lune signifiait l'&#201;glise de son temps, et l'&#233;chancrure qu'elle y remarquait l'absence d'une solennit&#233; au Cycle liturgique, Dieu voulant qu'une f&#234;te nouvelle f&#251;t c&#233;l&#233;br&#233;e chaque ann&#233;e pour honorer solennellement et &#224; part l'institution de la tr&#232;s sainte Eucharistie : la m&#233;moire historique de la C&#232;ne du Seigneur au Jeudi saint ne r&#233;pondait pas aux besoins nouveaux des peuples &#233;branl&#233;s par l'h&#233;r&#233;sie ; elle ne suffisait plus &#224; l'&#201;glise, distraite d'ailleurs alors par les importantes fonctions de ce jour, et bient&#244;t absorb&#233;e par les tristesses du grand Vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que Julienne recevait cette communication, il lui fut enjoint de mettre elle-m&#234;me la main &#224; l'&#339;uvre et de faire conna&#238;tre au monde les divines volont&#233;s. Vingt ann&#233;es se pass&#232;rent avant que l'humble et timide vierge p&#251;t prendre sur elle le courage d'une telle initiative. Elle s'en ouvrit enfin &#224; un chanoine de Saint-Martin de Li&#232;ge, nomm&#233; Jean de Lausanne, qu'elle estimait singuli&#232;rement pour sa grande saintet&#233;, et le pria de conf&#233;rer sur l'objet de sa mission avec les docteurs. Tous s'accord&#232;rent &#224; reconna&#238;tre que non seulement rien ne s'opposait &#224; l'&#233;tablissement de la f&#234;te projet&#233;e, mais qu'il en r&#233;sulterait au contraire un accroissement de la gloire divine et un grand bien dans les &#226;mes. R&#233;confort&#233;e par cette d&#233;cision, la Bienheureuse fit composer et approuver pour la future f&#234;te un Office propre commen&#231;ant par ces mots : &lt;i&gt;Animarum cibus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La nourriture des &#226;mes.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et dont il reste encore aujourd'hui quelques fragments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise de Li&#232;ge, &#224; qui l'&#201;glise universelle devait hier la f&#234;te de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, &#233;tait pr&#233;destin&#233;e au nouvel honneur de donner naissance &#224; l&#224; f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement. Ce fut un beau jour, lorsque, en 1246, apr&#232;s un si long temps et des obstacles sans nombre, Robert de Tor&#244;te, &#233;v&#234;que de Li&#232;ge, &#233;tablit par d&#233;cret synodal que chaque ann&#233;e, le Jeudi apr&#232;s la Trinit&#233;, toutes les &#201;glises de son dioc&#232;se auraient &#224; observer d&#233;sormais, avec abstention des &#339;uvres serviles et je&#251;ne pr&#233;paratoire, une f&#234;te solennelle en l'honneur de l'ineffable Sacrement du Corps du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mission de la Bienheureuse Julienne &#233;tait loin d'&#234;tre &#224; son terme : pour avoir trop h&#233;sit&#233; sans doute &#224; l'entreprendre, Dieu mesurait la joie &#224; sa servante. L'&#233;v&#234;que mourut ; et le d&#233;cret qu'il venait de porter f&#251;t rest&#233; lettre morte, si, seuls de tout le dioc&#232;se, les chanoines de Saint-Martin-au-Mont n'eussent r&#233;solu de s'y conformer, malgr&#233; l'absence d'une autorit&#233; capable d'en presser l'ex&#233;cution pendant la vacance. La f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement fut donc c&#233;l&#233;br&#233;e pour la premi&#232;re fois dans cette insigne &#233;glise, en 1247. Le successeur de Robert, Henri de Gueldre, homme de guerre et grand seigneur, avait d'autres soucis que son pr&#233;d&#233;cesseur. Hugues de Saint-Cher, cardinal de Sainte-Sabine, l&#233;gat en Allemagne, &#233;tant venu &#224; Li&#232;ge pour rem&#233;dier aux d&#233;sordres qui s'y produisaient sous le nouveau gouvernement, entendit parler du d&#233;cret de Robert et de la nouvelle solennit&#233;. Autrefois prieur et provincial des Fr&#232;res-Pr&#234;cheurs, il avait &#233;t&#233; de ceux qui, consult&#233;s par Jean de Lausanne, en avaient lou&#233; le projet. Il tinta honneur de c&#233;l&#233;brer lui-m&#234;me la f&#234;te, et d'y chanter la Messe en grande pompe. En outre, par mandement en date du 29 d&#233;cembre 1253, adress&#233; aux Archev&#234;ques, &#201;v&#234;ques, Abb&#233;s et fid&#232;les du territoire de sa l&#233;gation, il confirma le d&#233;cret de l'&#233;v&#234;que de Li&#232;ge et l'&#233;tendit &#224; toutes les terres de son ressort, accordant une indulgence de cent jours &#224; tous ceux qui, contrits et confess&#233;s, visiteraient pieusement les &#233;glises o&#249; se ferait l'Office de la f&#234;te, le jour m&#234;me ou dans l'Octave. L'ann&#233;e suivante, le cardinal de Saint-Georges-au-Voile-d'Or, qui lui succ&#233;da dans sa l&#233;gation, confirma et renouvela les ordonnances du cardinal de Sainte-Sabine. Mais ces d&#233;crets r&#233;it&#233;r&#233;s ne purent triompher de la froideur g&#233;n&#233;rale ; et telles furent les man&#339;uvres de l'enfer, qui se sentait atteint dans ses profondeurs, qu'apr&#232;s le d&#233;part des l&#233;gats, on vit des hommes d'&#233;glise, d'un grand nom et constitu&#233;s en dignit&#233;, opposer aux ordonnances leurs d&#233;cisions particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mourut la Bienheureuse Julienne, en 1258, l'&#201;glise de Saint-Martin &#233;tait toujours la seule o&#249; se c&#233;l&#233;br&#226;t la f&#234;te qu'elle avait eu pour mission d'&#233;tablir dans le monde entier. Mais elle laissait, pour continuer son &#339;uvre, une pieuse recluse du nom d'&#200;ve, qui avait &#233;t&#233; la confidente de ses pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 ao&#251;t 1261, Jacques Pantal&#233;on montait au tr&#244;ne pontifical sous le nom d'Urbain IV. N&#233; &#224; Troyes, dans la condition la plus obscure, ses seuls m&#233;rites avaient amen&#233; son &#233;l&#233;vation. Il avait connu la Bienheureuse Julienne, lorsqu'il n'&#233;tait encore qu'archidiacre de Li&#232;ge, et avait approuv&#233; ses desseins. &#200;ve crut voir dans cette exaltation le signe de la Providence. Sur les instances de la recluse, Henri de Gueldre &#233;crivit au nouveau Pape pour le f&#233;liciter, et le prier de confirmer de son approbation souveraine la f&#234;te institu&#233;e par Robert de Tor&#244;te. Dans le m&#234;me temps, divers prodiges, et sp&#233;cialement celui du corporal de Bolsena, ensanglant&#233; par une hostie miraculeuse presque sous les yeux de la cour pontificale qui r&#233;sidait alors &#224; Orvieto, sembl&#232;rent venir presser Urbain de la part du ciel, et affermir le bon z&#232;le qu'il avait autrefois manifest&#233; pour l'honneur du divin Sacrement. Saint Thomas d'Aquin fut charg&#233; de composer selon le rit romain l'Office qui devait remplacer dans l'&#201;glise celui de la Bienheureuse Julienne, adapt&#233; par elle au rit de l'ancienne liturgie fran&#231;aise. La bulle &lt;i&gt;Transiturus&lt;/i&gt; fit ensuite conna&#238;tre au monde les intentions du Pontife : rappelant les r&#233;v&#233;lations dont, constitu&#233; en moindre dignit&#233;, il avait eu autrefois connaissance, Urbain IV &#233;tablissait dans l'&#201;glise universelle, en vertu de son autorit&#233; apostolique, pour la confusion de l'h&#233;r&#233;sie et l'exaltation de la foi orthodoxe, une solennit&#233; sp&#233;ciale en l'honneur de l'auguste m&#233;morial laiss&#233; par le Christ &#224; son &#201;glise. Le jour assign&#233; pour cette f&#234;te &#233;tait la F&#233;rie cinqui&#232;me ou Jeudi apr&#232;s l'octave de la Pentec&#244;te ; car, &#224; la diff&#233;rence du d&#233;cret de l'&#233;v&#234;que de Li&#232;ge, la bulle ne mentionnait pas la f&#234;te de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, non re&#231;ue encore dans l'&#201;glise Romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant la voie ouverte par Hugues de Saint-Cher, le Pontife accordait cent jours d'indulgence &#224; tous ceux qui, vraiment contrits et confess&#233;s, assisteraient &#224; la Messe ou aux Matines, aux premi&#232;res ou aux secondes V&#234;pres de la f&#234;te, et quarante jours pour chacune des Heures de Prime, Tierce, Sexte, None et Complies. Cent jours &#233;taient &#233;galement conc&#233;d&#233;s, pour chacun des jours de l'Octave, aux fid&#232;les qui assisteraient, en ces jours, &#224; la Messe et &#224; l'Office entier. Dans un si grand d&#233;tail, il n'est point fait mention de la Procession, qui ne s'&#233;tablit en effet qu'au si&#232;cle suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblait que la cause f&#251;t enfin termin&#233;e. Mais les troubles qui agitaient alors l'Italie et l'Empire firent oublier la bulle d'Urbain IV, avant qu'elle e&#251;t pu recevoir son ex&#233;cution. Quarante ans et plus s'&#233;coul&#232;rent avant qu'elle f&#251;t promulgu&#233;e de nouveau et confirm&#233;e par Cl&#233;ment V, au concile de Vienne. Jean XXII lui donna force de loi d&#233;finitive, en l'ins&#233;rant au Corps du Droit dans les Cl&#233;mentines, et il eut ainsi la gloire de mettre la derni&#232;re main, vers l'an 1318, &#224; ce grand &#339;uvre dont l'ach&#232;vement avait demand&#233; plus d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement, ou du Corps du Seigneur, marqua le point de d&#233;part d'une nouvelle phase dans le culte catholique envers la divine Eucharistie. Mais, pour le bien comprendre, il faut entrer plus avant dans la notion du culte eucharistique aux diff&#233;rentes &#233;poques de l'&#201;glise : &#233;tude importante pour l'intelligence de la grande f&#234;te &#224; laquelle nous devons maintenant pr&#233;parer nos &#226;mes. Nous croyons donc choisir le meilleur mode de pr&#233;paration que puisse offrir aux fid&#232;les l'Ann&#233;e liturgique, en consacrant les deux jours qui nous restent &#224; rechercher succinctement et bri&#232;vement les grandes lignes de l'histoire de la tr&#232;s sainte Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; vous, Esprit-Saint, qu'il appartient de nous apprendre l'histoire d'un si auguste myst&#232;re. Votre r&#232;gne est &#224; peine commenc&#233; sur le monde, et, fid&#232;le &#224; cette mission divine qui a pour but la glorification de l'Emmanuel ravi &#224; la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVI, 14.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous &#233;levez tout d'abord nos regards et nos c&#339;urs vers ce don supr&#234;me de son amour qui nous le garde cach&#233; sous les voiles eucharistiques. Durant les si&#232;cles de l'attente des nations, c'est vous qui d&#233;j&#224; pr&#233;sentiez le Verbe au genre humain dans les &#201;critures, et l'annonciez par les Proph&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Petr., I, 19-21.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Don premier du Tr&#232;s-Haut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymn. Pentecost.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous &#234;tes, comme amour infini, la raison substantielle et souveraine des manifestations divines ; ainsi attir&#226;tes-vous ce Verbe divin au sein de la Vierge immacul&#233;e, pour l'y rev&#234;tir de la chair virginale qui le fit notre fr&#232;re et notre Sauveur. Et maintenant qu'il est remont&#233; vers son P&#232;re et notre P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XX, 17.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d&#233;robant &#224; nos yeux cette nature humaine orn&#233;e par vous de tant de perfections et d'attraits vainqueurs, maintenant qu'il nous faut reprendre sans lui les p&#233;r&#233;grinations de cette vall&#233;e des larmes, envoy&#233; par lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, XXIV, 49.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous &#234;tes venu, divin Esprit, comme le consolateur. Mais la consolation que vous nous apportez, &#244; Paraclet, c'est toujours son fid&#232;le souvenir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 26.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est encore plus sa divine pr&#233;sence gard&#233;e par vous au Sacrement d'amour. Nous le savions d'avance : vous ne deviez pas agir ni parler de vous-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., XVI, 13.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou pour vous-m&#234;me ; vous veniez rendre t&#233;moignage &#224; l'Emmanuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., XV, 20.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, maintenir son &#339;uvre et reproduire en chacun de nous sa divine ressemblance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il est admirable l'accomplissement de cette mission sublime, tout enti&#232;re &#224; la gloire de l'Emmanuel ! Esprit divin, gardien du Verbe dans l'&#201;glise, nous ne pouvons redire ici votre vigilance sur cette divine parole apport&#233;e par J&#233;sus au monde, expression tr&#232;s fid&#232;le de lui-m&#234;me, et qui, sortie comme lui de la bouche du P&#232;re, nourrit aussi l'&#201;pouse ici-bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., IV, 4.&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais de quel respect infini, de quelle sollicitude n'entourez-vous pas le Sacrement auguste o&#249; r&#233;side tout entier, dans la r&#233;alit&#233; de sa chair adorable, ce m&#234;me Verbe incarn&#233; qui fut d&#232;s l'origine du monde le centre et le but de vos divines op&#233;rations ! Par votre toute-puissance produisant le myst&#232;re, l'&#201;pouse exil&#233;e se retrouve en possession de l'&#201;poux ; par vous elle traverse les si&#232;cles, gardant ch&#232;rement son tr&#233;sor ; par vous elle le fait valoir avec une d&#233;licatesse infinie, ordonnant, modifiant sa discipline et sa vie m&#234;me, pour assurer dans tous les &#226;ges au divin Sacrement la plus grande somme possible de foi, de respect et d'amour. Qu'elle le d&#233;robe anxieuse &#224; la connaissance des profanes, qu'elle accumule autour de lui dans la Liturgie ses pompes et ses magnificences, ou que, sortant avec lui des temples, elle le prom&#232;ne triomphalement dans les rues des cit&#233;s populeuses ou les sentiers fleuris des campagnes, c'est vous, divin Esprit, qui l'inspirez ; c'est votre divine pr&#233;voyance qui lui sugg&#232;re, selon les temps, la plus s&#251;re mani&#232;re de conqu&#233;rir &#224; l'Emmanuel, toujours pr&#233;sent dans l'Hostie, les hommages et les c&#339;urs de ces enfants des hommes, au milieu desquels il daigne trouver ainsi jusqu'&#224; la fin les d&#233;lices de son amour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov., VIII, 31.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daignez nous assister dans la contemplation de l'auguste myst&#232;re. &#201;clairez les intelligences, &#233;chauffez les c&#339;urs en ces jours de pr&#233;paration ; r&#233;v&#233;lez &#224; nos &#226;mes Celui qui vient &#224; nous sous les voiles du Sacrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re partie de cette Ann&#233;e liturgique, qu'il soit pour nous le pain du voyageur. Une longue route nous reste encore &#224; parcourir, bien diff&#233;rente de celle que nous avons suivie jusqu'ici en compagnie du Seigneur et de ses myst&#232;res, route laborieuse &#224; travers le d&#233;sert qui nous s&#233;pare de la montagne de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;III Reg., XIX.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Esprit-Saint, vous serez notre guide dans ces sentiers o&#249; l'&#201;glise, conduite par vous, marche avec courage, se rapprochant chaque jour du terme de son p&#232;lerinage ici-bas. Mais vous-m&#234;me nous amenez d&#232;s le d&#233;but &#224; ce banquet de la divine Sagesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov., IX.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; le p&#232;lerin trouve sa vigueur. Nous marcherons dans la force du mets c&#233;leste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;III Reg., XIX, 8.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; c'est par lui encore que, la course achev&#233;e, de concert avec l'Esprit et l'&#201;pouse, nous ferons retentir l'invincible appel de l'heure supr&#234;me qui nous rendra le Seigneur J&#233;sus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apoc, XXII, 17.&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la gloire de l'auguste Sacrement, et pour honorer la Bienheureuse Julienne, &#224; qui l'&#201;glise est si redevable en ces jours, nous donnerons comme pi&#232;ces liturgiques, aujourd'hui et dans l'Octave, les principaux fragments parvenus jusqu'&#224; nous de l'Office qui porte son nom. Mais on nous saura gr&#233; de citer ici pr&#233;alablement quelques traits de l'historien de la Bienheureuse sur la mani&#232;re dont cet Office fut compos&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Julienne donc se prit &#224; penser qui elle inviterait &#224; la composition de l'Office d'une si grande solennit&#233;. Or, faisant r&#233;flexion qu'elle n'avait sous la main ni hommes lettr&#233;s, ni clercs excellents qui fussent propres &#224; cela par eux-m&#234;mes, confiante en la divine Sagesse, elle choisit en son c&#339;ur un tout jeune fr&#232;re de sa maison, nomm&#233; Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Similitude de nom qui ne doit pas faire confondre ce jeune fr&#232;re avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Dieu lui avait attach&#233; d'une fa&#231;on myst&#233;rieuse. Mais lui, sachant bien qu'une telle &#339;uvre exc&#233;dait la mesure de son g&#233;nie et de sa science, &#233;tant de peu de litt&#233;rature, commen&#231;a par h&#233;siter et s'excuser sur son ignorance. Julienne, qui, sachant tout cela, savait aussi que la divine Sagesse, dont c'&#233;tait l'&#339;uvre, peut dire par un ignorant de belles choses, fit tant que, vaincu par les pri&#232;res et l'autorit&#233; de la vierge, il commen&#231;a de travailler. Et ainsi advint-il que ce jeune fr&#232;re et la vierge du Christ unissant leurs efforts, elle priant, lui &#233;crivant, l'&#339;uvre se poursuivit plus facilement qu'il n'e&#251;t pu s'y attendre. Aussi attribuait-il aux pri&#232;res de la vierge, plus qu'&#224; son travail, ce qu'il pouvait faire, et lorsqu'il avait achev&#233; quelque chose du susdit Office, il le lui apportait, disant : &#171; Voici, Madame, qui vous est envoy&#233; d'en haut ; examinez, et voyez s'il n'y a rien &#224; changer dans le chant ou la lettre. &#187; Elle, par son admirable science infuse, quand il en &#233;tait besoin, le faisait avec si grande prudence et habilet&#233;, qu'apr&#232;s son examen et correction, il ne fut jamais n&#233;cessaire de requ&#233;rir m&#234;me le poli des ma&#238;tres de la science. Ainsi fut consomm&#233;, par un merveilleux secours de Dieu, l'Office entier del&#224; nouvelle f&#234;te &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vita B. Julianae ab autore coaevo descripta, lib. II, c. 2 ; Act. SS. ad (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes que nous donnons ici sont tir&#233;es par les Bollandistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., in Append.&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'un tr&#232;s ancien Directorium de l'&#201;glise Saint-Martin-au-Mont. Elles s'y trouvent assign&#233;es aux Benedictus et Magnificat de chacun des jours dans l'Octave.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ANTIENNES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Animarum cibus Dei Sapientia nobis carnem assumptam proposuit in edulium, ut per cibum hujus pietatis invitaret ad gustum divinitatis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mets des &#226;mes, la divine Sagesse, rev&#234;tant chair, nous la propose en aliment, afin que par cette nourriture d'amour elle nous am&#232;ne &#224; go&#251;ter Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Discipulis competentem conscribens hereditatem, sui memoriam commendavit inquiens : Hoc facite in mei commemorationem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Dressant pour ses disciples un testament auguste, elle leur recommande son souvenir, disant : Faites ceci en m&#233;moire de moi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Totum Christus se nobis exhibet in cibum, ut sicut divinitus nos reficit quem corde gustamus, ita nos humanitus reficiat quem ore manducamus ;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Christ tout entier se donne &#224; nous en nourriture : ainsi que nous r&#233;pare dans sa divinit&#233; Celui que go&#251;te notre c&#339;ur, ainsi nous r&#233;tablit par son humanit&#233; Celui que mange notre bouche ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et sic de visibilibus ad invisibilia, de temporalibus ad &#230;terna, de terrenis ad c&#339;lestia, de humanis ad divina nos transferat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ainsi nous fait-il passer du visible &#224; l'invisible, du temps &#224; l'&#233;ternit&#233;, de la terre au ciel, de l'homme &#224; Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Panem angelorum manducavit homo, ut qui secundum animum cibum divinitatis accipimus, secundum carnem cibum humanitatis sumamus : quia sicut anima rationalis et caro unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'homme a mang&#233; le nain des anges ; comme la divinit&#233; nourrit l'esprit, ainsi l'humanit&#233; nourrit la chair : l'&#226;me raisonnable et la chair est un seul homme. Dieu et l'homme un seul Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Panis vit&#230;, panis angelorum, Jesu Christe vera mundi vita, qui semper nos reficis, in te nunquam deficis, nos ab omni sana languore ut te nostro viatico in terra recreati, te ore plenissimo manducemus in &#230;ternum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pain de vie, pain des anges, J&#233;sus, vraie vie du monde, qui toujours nous ranimez sans jamais d&#233;faillir, gu&#233;rissez-nous de toute langueur, afin que, raffermis par vous notre viatique en terre, nous vous go&#251;tions pleinement au festin &#233;ternel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Suo Christus sanguine nos lavat quotidie, cum ejus beat&#230; passionis quotidie memoria renovatur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Christ nous lave dans son sang tous les jours, &#233;tant renouvel&#233;e tous les jours la m&#233;moire de sa bienheureuse passion.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sanguis ejus non infidelium manibus ad ipsorum perniciem funditur ; sed quotidie fidelium suavi ore sumitur ad salutem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Son sang n'est point r&#233;pandu par des mains infid&#232;les pour leur malheur ; mais tous les jours il est aspir&#233; doucement pour leur salut par des bouches fid&#232;les.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Verus Deus, verus homo semel in cruce pependit, se Patri redemptionis hostiam efficacem offerens : semper tamen invisibiliter est in mysterio, non passus sed quasi pati repr&#230;sentatus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Une seule fois suspendu &#224; la croix, vrai Dieu, vrai homme, il s'est offert au P&#232;re hostie efficace de r&#233;demption ; toujours cependant il est dans l'imp&#233;n&#233;trable myst&#232;re, non souffrant, mais rendu pr&#233;sent comme dans la souffrance.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dominus Jesus Christus sine vulnere quotidie sacrificatus, mortalibus in terra pr&#230;stitit c&#339;lesti fungi ministerio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Chaque jour sacrifi&#233; sans blessure, le Seigneur J&#233;sus-Christ donne &#224; des mortels d'accomplir sur terre un minist&#232;re c&#233;leste.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;H&#230;c igitur singularis victima Christi mortis est recordatio, scelerum nostrorum expurgatio, cunctorum fidelium devotio, et &#230;tern&#230; vit&#230; adeptio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sacrifice vraiment unique, c'est le souvenir de la mort du Christ, le pardon de nos crimes, l'amour des fid&#232;les, et le gage de l'&#233;ternelle vie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;A ces accents de la pi&#233;t&#233; des peuples au XIIIe si&#232;cle de notre &#232;re, joignons cette formule non moins expressive de la foi des &#226;ges pr&#233;c&#233;dents emprunt&#233;e au Missel mozarabe.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;AD ORATIONEM DOMINICAM.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;(Dominica ante jejunium Calend. Novembr.)&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Accepturi, fratres carrissimi, intra mortalia viscera c&#339;leste sacrificium,et intra cubiculum humani pectoris hospitem Deum : mundemus conscientias nostras ab omni labe vitiorum : ut nihil sit in nobis subdolum vel superbum ; sed in humilitatis studium et charitatis assensum per escam et sanguinem Domini corporis fraternitas cuncta copuletur, ut cum fiducia dicere mereamur e terris : Pater noster qui es in c&#339;lis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Appel&#233;s, fr&#232;res tr&#232;s chers, &#224; recevoir dans des entrailles mortelles le Sacrifice des cieux, &#224; loger Dieu comme h&#244;te dans l'habitation d'une poitrine humaine, purifions nos consciences de toute souillure des vices ; que ne soient en nous ni fausset&#233;, ni superbe ; mais soyons humbles, d'accord dans la charit&#233;, pour que la chair et le sang du Seigneur unissent tous les fr&#232;res en son corps, et que, de cette terre, nous puissions dire avec confiance : Notre P&#232;re qui &#234;tes aux cieux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;II. L'Eucharistie dans l'antiquit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE MARDI APR&#200;S LA TRINITE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la tr&#232;s sainte Eucharistie se confond avec celle de l'&#201;glise ; les formes liturgiques qui accompagnent le plus auguste des Sacrements ont suivi, dans leur marche rituelle, les grandes phases sociales de la chr&#233;tient&#233;. Il en devait &#234;tre ainsi, l'Eucharistie &#233;tant ici-bas le centre vital o&#249; tout converge dans l'&#201;glise, le lien puissant de cette soci&#233;t&#233; dont le Christ est le chef, et par laquelle il doit r&#233;gner sur les nations appel&#233;es &#224; former son h&#233;ritage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. II, 8.&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'union &#224; Pierre vicaire de l'Homme-Dieu sera toujours la condition n&#233;cessaire, le signe ext&#233;rieur de l'union des membres au Chef invisible ; mais, appuy&#233; ineffablement sur le roc qui porte l'&#201;glise, l'auguste myst&#232;re o&#249; le Christ se donne lui-m&#234;me &#224; chacun des siens n'en demeure pas moins le myst&#232;re de l'union par essence, et comme tel, le centre et le lien de la grande communion catholique. Prenons aujourd'hui possession de cette v&#233;rit&#233; fondamentale qui pr&#233;sida dans l'origine &#224; la formation m&#234;me de l'&#201;glise, et consid&#233;rons l'influence qu'elle eut sur les formes du culte eucharistique aux douze premiers si&#232;cles. Demain, nous verrons comment le rel&#226;chement, l'h&#233;r&#233;sie et la d&#233;fection sociale amen&#232;rent l'&#201;glise &#224; modifier insensiblement des formes accidentelles du reste, et qui convenaient mieux &#224; des temps meilleurs, pour diriger dans le sens de besoins nouveaux la religion de ses enfants rest&#233;s fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut la veille de sa Passion que le Seigneur institua le m&#233;morial destin&#233; &#224; perp&#233;tuer en tous lieux l'unique Sacrifice qui devait consommer la sanctification des &#233;lus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb., X, 14.&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur la croix devenue, comme l'appelle saint L&#233;on, &#171; l'autel du monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. VIII de Pass.&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avait lieu quelques heures plus tard, d'apr&#232;s le m&#234;me saint docteur, l'oblation de la nature humaine tout enti&#232;re, ins&#233;parable de son Chef dans cet acte supr&#234;me d'adoration et de r&#233;paration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. IV de Pass.&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, sortie avec le sang et l'eau du c&#244;t&#233; du Sauveur, l'&#201;glise n'&#233;tait qu'&#224; sa naissance ; le myst&#232;re de cette union divine que l'Homme-Dieu &#233;tait venu r&#233;aliser sur la terre, en rattachant par lui au P&#232;re dans l'Esprit-Saint les membres de son corps mystique, ne devait avoir que successivement pour chacun d'eux son accomplissement imm&#233;diat. De la l'invention sublime de la derni&#232;re C&#232;ne : Testament nouveau, qui constituait l'&#201;pouse &#224; na&#238;tre en la possession du myst&#232;re o&#249; chaque g&#233;n&#233;ration se rattacherait aux pr&#233;c&#233;dentes dans l'unit&#233; du Sacrifice, et trouverait dans cette m&#234;me unit&#233; le lien mutuel de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vous donne un commandement nouveau &#187;, avait dit le Sauveur instituant la nouvelle P&#226;que : &#171; aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aim&#233;s ; &#224; cela tous reconna&#238;tront que vous &#234;tes mes disciples &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIII, 34.&#034; id=&#034;nh4-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tel fut le premier pr&#233;cepte, tel devait &#234;tre le signe de l'alliance que le Seigneur contractait alors par ses Ap&#244;tres avec tous ceux qui devaient croire en lui car leur parole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., XVII, 20.&#034; id=&#034;nh4-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et sa premi&#232;re pri&#232;re, apr&#232;s cette premi&#232;re distribution de son corps et de son sang sous les esp&#232;ces eucharistiques, est encore pour l'union de ses fid&#232;les entre eux, union ineffable et toute singuli&#232;re comme l'ineffable myst&#232;re qui doit en faire le n&#339;ud et l'aliment, union si intime que son union m&#234;me avec le P&#232;re en peut seule fournir le type au Sauveur : &#171; P&#232;re saint, que tous ils soient un en nous, qu'ils soient un comme nous-m&#234;mes ; que, moi en eux et toi en moi, ils soient consomm&#233;s dans l'unit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVII, 21, 23.&#034; id=&#034;nh4-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Form&#233;e par l'Esprit-Saint, l'&#201;glise, d&#232;s ses d&#233;buts, comprit les intentions du Sauveur. Les trois mille &#233;lus du jour de la Pentec&#244;te sont repr&#233;sent&#233;s, au livre des Actes, &#171; pers&#233;v&#233;rant dans la doctrine des Ap&#244;tres, la communion de la fraction du pain et la pri&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 42.&#034; id=&#034;nh4-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, telle est la force intime de coh&#233;sion puis&#233;e dans la participation au pain myst&#233;rieux, qu'en face de la synagogue ils apparaissent d&#232;s lors comme une soci&#233;t&#233; distincte, inspirant &#224; tout le peuple une crainte respectueuse et attirant chaque jour de nouveaux membres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., 47.&#034; id=&#034;nh4-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, franchissant sous le souffle de l'Esprit les bornes d'Isra&#235;l, l'&#201;glise porte &#224; la gentilit&#233; ses tr&#233;sors. Aux regards stup&#233;faits d'un monde dont tous les liens bris&#233;s n'opposent plus que la tyrannie de C&#233;sar aux &#233;go&#239;smes individuels, elle offre bient&#244;t, de l'Orient au Couchant, le spectacle de cette soci&#233;t&#233; nouvelle qui, recrutant ses membres &#224; tous les degr&#233;s sociaux, sous toutes les latitudes, et par la seule persuasion de la vertu, demeure plus forte et plus unie qu'aucune nation dans l'histoire. L'&#233;tranger admire ce ph&#233;nom&#232;ne qu'il ne comprend pas ; sans le savoir, sans entrer plus avant, il rend t&#233;moignage au fid&#232;le accomplissement des intentions derni&#232;res du fondateur de l'&#201;glise, par ces mots qui tombent de ses l&#232;vres : &#171; Voyez comme ils s'aiment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tertull., Apolog. XXXIX.&#034; id=&#034;nh4-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux fid&#232;les seuls, aux initi&#233;s, l'Ap&#244;tre explique le myst&#232;re : Nous sommes tous un m&#234;me pain, nous sommes un seul corps, nous tous qui participons &#224; l'unique pain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor., X, 17.&#034; id=&#034;nh4-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Augustin, parlant aux n&#233;ophytes &#224; peine sortis de la fontaine sacr&#233;e, commente admirablement ce passage : &#171; J'ai promis aux nouveaux baptis&#233;s de leur exposer le myst&#232;re de la table du Seigneur. Ce pain que vous voyez sur l'autel, sanctifi&#233; par la parole divine, c'est le corps du Christ ; ce calice, ce qu'il contient, c'est son sang vers&#233; pour nos p&#233;ch&#233;s. Si vous le recevez comme il faut, c'est vous tous, vous-m&#234;mes que vous recevez. Car l'Ap&#244;tre dit : Nous sommes tous un seul pain, un seul corps, montrant ainsi quel amour il faut avoir de l'unit&#233;. Ce pain n'a pas &#233;t&#233; fait d'un seul grain, mais d'un grand nombre. Avant leur transformation, ils &#233;taient s&#233;par&#233;s ; l'eau les a r&#233;unis, apr&#232;s le broiement qu'ils ont d&#251; subir. Vous aussi nagu&#232;re vous &#233;tiez comme moulus par le je&#251;ne et les exorcismes ; l'eau du bapt&#234;me est arriv&#233;e qui vous a p&#233;tris en la forme du pain. Mais au pain le feu encore est n&#233;cessaire. Qu'est-ce que le feu ? c'est le chr&#234;me : l'huile est le symbole a de notre feu, de l'Esprit-Saint. Vient donc le Saint-Esprit, apr&#232;s l'eau le feu, et vous devenez ainsi ce pain qui est le corps du Christ. Il a voulu que nous fussions nous-m&#234;mes son Sacrifice ; nous sommes, nous aussi, le Sacrifice de Dieu. Grands et ineffables Myst&#232;res ! Recevez-les avec tremblement, gardant l'unit&#233; dans vos c&#339;urs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. CCXXVII. In die Paschae. Ad Infantes, de Sacramentis.&#034; id=&#034;nh4-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soyez un dans votre amour, d'une seule foi, d'une seule esp&#233;rance, d'une indivisible charit&#233;. Quand les h&#233;r&#233;tiques approchent de ce pain, c'est leur condamnation qu'ils re&#231;oivent ; car ils cherchent la division, et ce pain marque l'unit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. CCXXIX. Fer. II. Pasch. De Sacrament. fidelium.&#034; id=&#034;nh4-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;criture dit des fid&#232;les : &#171; Ils n'avaient qu'un c&#339;ur et qu'une &#226;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act., IV, 32.&#034; id=&#034;nh4-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est ce qui est encore marqu&#233; par le vin des Myst&#232;res sacr&#233;s. Nombre de grains pendent de la grappe ; mais la liqueur des grains se confond dans l'unit&#233; du calice. Ainsi de nouveau le Seigneur Christ a-t-il voulu signifier notre a union avec lui, ainsi a-t-il consacr&#233; par sa table sainte le myst&#232;re de la paix et de notre unit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. CCLXII. In die Pentecost. Ad Infant. de Sacrament.&#034; id=&#034;nh4-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces admirables d&#233;veloppements du grand &#233;voque d'Hippone ne sont que l'expos&#233; substantiel de la doctrine eucharistique dans l'&#201;glise au IVe si&#232;cle. C'est la notion &#233;l&#233;mentaire, dans sa pl&#233;nitude et sa clart&#233; sans figures ; car on ne pouvait en offrir d'autre &#224; des n&#233;ophytes retenus jusque-l&#224; par la loi du secret, dont nous parlerons bient&#244;t, dans l'ignorance absolue des Myst&#232;res augustes auxquels ils devaient participer d&#233;sormais. La doctrine expos&#233;e par saint Augustin dans sa chaire d'Hippone se retrouve la m&#234;me en tous lieux dans la bouche des docteurs. Dans les Gaules saint Hilaire de Poitiers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib. VIII de Trinit.&#034; id=&#034;nh4-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, saint C&#233;saire d'Arles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hom. VII.&#034; id=&#034;nh4-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en Italie saint Gaudentius de Brescia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serm. II, ad Neoph.&#034; id=&#034;nh4-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, saint Jean Chrysostome &#224; Antioche et &#224; Constantinople&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In ep. I ad Cor. Hom. XXIV.&#034; id=&#034;nh4-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; saint Cyrille sur le si&#232;ge patriarcal d'Alexandrie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib. X in Johan.&#034; id=&#034;nh4-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne pr&#233;sentent pas autrement le dogme &#224; leurs peuples : on ne divise pas le Christ ; le chef et les membres, le Verbe et son &#201;glise, demeurent ins&#233;parables dans l'unit&#233; du myst&#232;re institu&#233; pour cette union m&#234;me. Et cet enseignement unanime des P&#232;res aux si&#232;cles d'or de l'&#233;loquence chr&#233;tienne, Paschase Radbert le reproduit dans sa pl&#233;nitude au IXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De corp. et sang. Domin. Cap. 1.&#034; id=&#034;nh4-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Rupert le redit aux &#233;chos du XIIe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De div. Off. Lib. II, c. 2.&#034; id=&#034;nh4-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Guillaume d'Auvergne s'en inspire encore au commencement du XIIIe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Sacrament. Euch. Cap. IV.&#034; id=&#034;nh4-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pourrions nommer, encore moins citer ici tous les t&#233;moins de l'accord des &#201;glises sur cette notion du dogme eucharistique aux douze premiers si&#232;cles. Remontant le fleuve de la tradition vers la source apostolique o&#249; il prend naissance, nous rencontrons, &#224; l'&#226;ge des pers&#233;cutions, l'illustre &#233;v&#234;que martyr, saint Cyprien, d&#233;montrant, lui aussi, la n&#233;cessaire union du chef et des membres au divin Sacrement, non seulement par la nature du pain et du vin, &#233;l&#233;ments essentiels de la cons&#233;cration des Myst&#232;res, mais encore par le m&#233;lange de l'eau avec le vin dans le calice eucharistique : l'eau signifie le peuple fid&#232;le, le vin marque le sang du Christ ; leur union dans le calice, union n&#233;cessaire &#224; l'int&#233;grit&#233; du Sacrifice, union compl&#232;te et sans retour possible, exprime l'indissoluble alliance du Christ et de l'&#201;glise qui parfait le Sacrement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ep. LXIII.&#034; id=&#034;nh4-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'unit&#233; de l'&#201;glise par la chaire de Pierre, objet d'un de ses plus beaux ouvrages, l'&#233;voque de Carthage la montre ailleurs &#233;tablie divinement sur les Myst&#232;res sacr&#233;s ; il d&#233;crit avec complaisance, dans une de ses lettres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ep., LXXVI.&#034; id=&#034;nh4-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la multitude des croyants, l'unanimit&#233; chr&#233;tienne, maintenue dans les liens d'une ferme et indivisible charit&#233; par le Sacrifice du Seigneur. Le Christ au Sacrement, le Christ en son Vicaire, n'est en effet qu'une m&#234;me pierre portant l'&#233;difice, un seul chef, ici visible dans son repr&#233;sentant, l&#224; invisible en sa propre substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait bien la pens&#233;e de cette &#201;glise du premier &#226;ge qui, charg&#233;e de r&#233;unir en un m&#234;me centre les enfants de Dieu dispers&#233;s par le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XI, 52.&#034; id=&#034;nh4-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, leur donnait pour signe de reconnaissance au milieu des ennemis l'ICHTHUS myst&#233;rieux, le poisson sacr&#233;, symbole des Myst&#232;res. On sait que les lettres dont se compose le mot ichthus, nom grec du poisson, donnent en cette langue les initiales de la formule : J&#233;sus-Christ Fils de Dieu, Sauveur ; et le poisson lui-m&#234;me nous appara&#238;t, dans l'histoire de Tobie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tob., VI.&#034; id=&#034;nh4-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme la figure du Christ en personne, nourrissant le voyageur de sa substance, chassant les d&#233;mons ennemis par sa vertu salutaire, et rendant la lumi&#232;re au monde envieilli. Aussi n'est-ce point sans une raison proph&#233;tique et myst&#233;rieuse qu'il nous est montr&#233;, dans la Gen&#232;se, b&#233;ni par Dieu comme l'homme m&#234;me aux premiers jours du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen., I, 22, 28.&#034; id=&#034;nh4-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il accompagne le pain dans ces multiplications miraculeuses de l'&#201;vangile, o&#249; s'annoncent et se dessinent par avance les merveilles eucharistiques. R&#244;ti sur les charbons, il repara&#238;t encore, apr&#232;s la r&#233;surrection du Seigneur, uni au pain dans le repas offert par le Christ aux sept disciples sur les bords du lac de Tib&#233;riade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XXI, 9.&#034; id=&#034;nh4-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, nous disent les P&#232;res, le Christ est le pain de ce festin myst&#233;rieux ; il est le poisson d'eau vive qui, r&#244;ti sur l'autel de la croix par le feu de l'amour, rassasie de lui-m&#234;me ses disciples, et s'offre au monde entier vraiment ICHTHUS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paulin. Ep. XIII ; Aug. Confess. XIII, 23 ; Ambr. Hymn. pasc ; Prosp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi n'est-il pas de symbole plus fr&#233;quemment exprim&#233; dans les monuments chr&#233;tiens de tout genre aux trois premiers si&#232;cles : pierres grav&#233;es, anneaux, lampes, inscriptions, peintures, reproduisent le Poisson sous toutes les formes. Il est bien le signe de ralliement, la tess&#232;re des chr&#233;tiens en ces si&#232;cles du martyre. &#171; Race divine de l'ICHTHUS c&#233;leste, au c&#339;ur magnanime, ils re&#231;oivent du Sauveur des Saints l'aliment doux comme le miel, et s'abreuvent &#224; longs traits aux sources divines de l'&#233;ternelle Sagesse, tenant ICHTHUS en leurs mains &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inscript. Augustod. Spicileg. Solesm. I.&#034; id=&#034;nh4-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi nous les montre, au second si&#232;cle, un monument c&#233;l&#232;bre de notre terre des Gaules. Et dans le m&#234;me temps, un saint &#233;v&#234;que d'Asie-Mineure, Abercius d'Hi&#233;ropolis, conduit par Dieu sur plus d'un rivage, reconna&#238;t partout les disciples du Christ au Poisson sacr&#233; qui les fait un malgr&#233; les distances. &#171; Disciple du Pasteur immacul&#233; qui pa&#238;t ses troupeaux parles plaines et les monts, j'ai vu Rome &#187;, dit-il au dernier terme de sa vie voyageuse ; &#171; j'ai contempl&#233; la reine &#224; la robe d'or, aux chaussures d'or ; j'ai connu le peuple au front marque d'un sceau splendide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De l'aveu g&#233;n&#233;ral aujourd'hui, cette reine qu'Abercius admire dans la cit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'ai visit&#233; les campagnes de la Syrie et toutes ses villes. Passant l'Euphrate, j'ai vu Nisibe, et partout j'ai trouv&#233; des fr&#232;res : la foi qui partout fut mon guide m'offrait pour aliment, servait partout aux bien-aim&#233;s, dans les d&#233;lices du pain et du vin m&#233;lang&#233;, l'ICHTUS auguste, saisi par une Vierge tr&#232;s pure &#224; la source sacr&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titul. Abercii. Spicileg. Solesm. III.&#034; id=&#034;nh4-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait donc le lien de cette unit&#233; puissante du christianisme, objet de stupeur pour le monde pa&#239;en qui se ruait contre elle avec d'autant plus de furie, que la vraie cause en demeurait plus soigneusement cach&#233;e &#224; ses yeux. &#171; Ne livrez pas les choses saintes aux chiens, n'exposez pas vos perles aux pourceaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. VII. 6.&#034; id=&#034;nh4-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avait dit le Seigneur, posant ainsi les bases de celte discipline du secret qui fut en vigueur dans l'&#201;glise jusqu'&#224; la compl&#232;te conversion du monde occidental. La saintet&#233; myst&#233;rieuse des Sacrements, la sublimit&#233; des dogmes chr&#233;tiens, imposaient la plus extr&#234;me r&#233;serve aux fid&#232;les, en face d'une soci&#233;t&#233; dont la d&#233;gradation morale et la brutale corruption ne justifiaient que trop les expressions du Sauveur. Mais c'&#233;tait surtout la tr&#232;s sainte Eucharistie, &#171; cette perle sans prix du corps de l'Agneau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Venant. Fortun. Lib. III, carm. 24.&#034; id=&#034;nh4-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il convenait de d&#233;rober aux regards indignes et aux profanations sacril&#232;ges. Aussi voyons-nous les assembl&#233;es chr&#233;tiennes r&#233;gies en ces temps par la distinction fondamentale des initi&#233;s et de ceux qui ne le sont pas, des fid&#232;les, et des cat&#233;chum&#232;nes : distinction scrupuleusement observ&#233;e d&#232;s l'&#226;ge apostolique, et qui pers&#233;v&#233;ra jusqu'au VIIIe si&#232;cle. Quelques semaines avant l'administration solennelle du bapt&#234;me, avait lieu, comme nous l'avons vu ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mercredi de la IVe semaine de Car&#234;me.&#034; id=&#034;nh4-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la tradition du Symbole aux futurs membres de l'&#201;glise ; toutefois le myst&#232;re eucharistique, l'arcane par excellence, restait cach&#233; m&#234;me alors aux &#233;lus inscrits d&#233;j&#224; pour le saint bapt&#234;me. De l&#224; les pr&#233;cautions multipli&#233;es de langage, les r&#233;ticences, les obscurit&#233;s calcul&#233;es des P&#232;res dans leurs discours, longtemps encore apr&#232;s Constantin et Th&#233;odose. On admettait les cat&#233;chum&#232;nes &#224; la lecture des &#201;critures et au chant des psaumes, qui formaient comme l'introduction au divin Sacrifice ; mais, apr&#232;s le discours de l'&#233;voque sur l'&#201;vangile ou les autres parties de l'&#201;criture qu'on venait d'entendre, ils &#233;taient cong&#233;di&#233;s parle diacre, et ce renvoi ou missa, de missio, donnait son nom &#224; cette premi&#232;re partie de la Liturgie, dite Messe des cat&#233;chum&#232;nes, comme la seconde, qui s'&#233;tendait de l'oblation au renvoi final, s'appelait Messe des fid&#232;les pour une raison semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'&#201;glise veillait jalousement sur son tr&#233;sor, au point de n'en livrer la connaissance qu'&#224; ses seuls vrais enfants devenus tels par le bapt&#234;me, avec quel amour, aux f&#234;tes de P&#226;ques et de la Pentec&#244;te, elle r&#233;v&#233;lait &#224; ses nouveau-n&#233;s sortant des eaux l'ineffable secret de son c&#339;ur d'&#201;pouse, le myst&#232;re complet de l'ICHTUS ! Incorpor&#233;s au Christ sous les flots, enr&#244;l&#233;s dans l'arm&#233;e sainte et marqu&#233;s du signe de ses soldats par l'onction du pontife, avec quelle tendresse maternelle elle les conduisait, du baptist&#232;re et du chrismarium, au lieu sacr&#233; des Myst&#232;res institu&#233;s par l'&#201;poux ! C'&#233;tait l&#224;, en effet, qu'en personne le Christ chef attendait ses nouveaux membres ; l&#224; qu'il devait resserrer en eux ineffablement les liens de son corps mystique, associant avec lui tous les baptis&#233;s dans l'hommage infini du Sacrifice unique offert au P&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette admirable unit&#233; du Sacrifice eucharistique, embrassant dans son oblation toujours la m&#234;me le Chef et les membres, maintenant et fortifiant l'union de chaque communaut&#233; chr&#233;tienne et de l'&#201;glise enti&#232;re, &#233;tait merveilleusement exprim&#233;e par les formes grandioses de la Liturgie primitive. Apr&#232;s le renvoi des cat&#233;chum&#232;nes et l'expulsion des indignes, tous les fid&#232;les sans distinction, depuis l'empereur et sa cour, jusqu'au dernier des citoyens et aux plus humbles femmes, se pr&#233;sentaient offrant leur part du pain et du vin destin&#233;s aux Myst&#232;res. Eux-m&#234;mes, sacerdoce royal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 9.&#034; id=&#034;nh4-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, hostie vivante figur&#233;e par ces dons, ils assistaient debout &#224; l'immolation de la grande Victime dont ils &#233;taient les vrais membres ; et s'unissant tous dans le saint baiser en signe d'union des c&#339;urs, debout encore, ils recevaient dans leurs mains le Corps sacr&#233; pour s'en nourrir, et s'abreuvaient du Sang divin au calice pr&#233;sent&#233; par les diacres. Port&#233;s sur les bras de leurs m&#232;res, les plus jeunes enfants aspiraient quelques gouttes du Sang pr&#233;cieux dans leur bouche innocente. Les malades retenus par la souffrance, les prisonniers du fond de leurs cachots, s'unissaient &#224; leurs fr&#232;res au divin banquet, recevant les dons sacr&#233;s de la main des ministres envoy&#233;s vers eux par le pontife. Les anachor&#232;tes du d&#233;sert, les chr&#233;tiens des campagnes et tous ceux qui ne pouvaient se retrouver &#224; la prochaine assembl&#233;e, emportaient avec eux le Corps du Seigneur, pour ne pas &#234;tre frustr&#233;s par leur &#233;loignement de la communion aux Myst&#232;res du salut. En ces si&#232;cles o&#249; l'&#201;glise voyait le plus souvent son unit&#233; attaqu&#233;e &#224; la fois par la pers&#233;cution, le schisme et l'h&#233;r&#233;sie, elle ne croyait pouvoir exc&#233;der, en multipliant sous toutes les formes l'usage et les applications du Sacrement auguste, signe de L'unit&#233;, centre intime et lien puissant de la famille chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette m&#234;me pens&#233;e d'unit&#233; que, bien qu'il y e&#251;t d'ordinaire en chaque ville plusieurs &#233;glises ou centres de r&#233;union pour les fid&#232;les, et un clerg&#233; plus ou moins nombreux, tous cependant, fid&#232;les et clercs, se r&#233;unissaient pour la collecte ou synaxis, en un seul lieu d&#233;sign&#233; par l'&#233;v&#234;que. &#171; O&#249; est l'&#233;v&#234;que, l&#224; soit le peuple &#187;, dit saint Ignace d'Antioche en ses &#201;p&#238;tres, &#171; de m&#234;me qu'o&#249; se a trouve le Christ J&#233;sus, l&#224; est l'&#201;glise catholique. Ne tenez pour l&#233;gitime Eucharistie que celle qui est c&#233;l&#233;br&#233;e sous la pr&#233;sidence de l'&#233;v&#234;que ou de celui qu'il d&#233;signe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ad Smyrn. VIII.&#034; id=&#034;nh4-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Assemblez-vous tous dans l'unit&#233; : unit&#233; de pri&#232;res, unit&#233; de d&#233;sirs, unit&#233; de pens&#233;es, unit&#233; d'esp&#233;rance, en dilection mutuelle et sainte all&#233;gresse. N'esp&#233;rez pas faire en votre particulier rien qui vaille. J&#233;sus-Christ est un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ad Magnes. VII.&#034; id=&#034;nh4-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'une soit donc votre Eucharistie, comme une est la chair du Seigneur, un le calice qui nous unit dans son sang, un l'autel, un l'&#233;v&#234;que entour&#233; du presbyterium et des diacres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ad Philadelph. IV.&#034; id=&#034;nh4-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le presbyterium &#233;tait le coll&#232;ge des pr&#234;tres de chaque cit&#233; ; ils entouraient l'&#233;v&#234;que, formaient son conseil, et c&#233;l&#233;braient avec lui les fonctions sacr&#233;es. Au nombre de douze, ainsi qu'il semble, &#224; l'origine, pour repr&#233;senter le s&#233;nat apostolique, ce chiffre fut promptement doubl&#233; dans les grandes villes. D&#232;s la fin du premier si&#232;cle, il y avait &#224; Rome vingt-cinq pr&#234;tres, pr&#233;pos&#233;s aux vingt-cinq Titres ou &#233;glises de la ville reine. Le pontife se transportait d'un Titre &#224; l'autre pour la c&#233;l&#233;bration des Myst&#232;res ; si&#233;geant autour de lui, les vingt-quatre pr&#234;tres des autres Titres s'unissaient au pontife dans la solennit&#233; d'un m&#234;me Sacrifice et conc&#233;l&#233;braient au m&#234;me autel. A leurs places respectives, les sept diacres et tous les clercs inf&#233;rieurs coop&#233;raient, selon leur Ordre, aux Myst&#232;res trois fois saints. Nous avons vu la part active qu'y prenait le peuple fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps o&#249;, de son regard inspir&#233;, l'Aigle de Pathmos contemplait au ciel l'Agneau immol&#233;, debout au milieu des vingt-quatre vieillards entourant sur leurs tr&#244;nes le tr&#244;ne m&#234;me de Dieu, qui est aussi celui du Pontife &#233;ternel. V&#234;tus de robes blanches, le front ceint du diad&#232;me, ils tenaient en leurs mains des cithares et des coupes d'or pleines de parfums qui sont les pri&#232;res des saints. A leur suite et avec eux, les sept esprits qui se tiennent devant le tr&#244;ne de Dieu comme sept lampes ardentes, et les milliers d'anges qui l'entourent, chantaient le Sacrifice de l'Agneau et son triomphe. Et toute cr&#233;ature, dans le ciel, sur la terre, sous la terre, dans la mer, rendait b&#233;n&#233;diction, hommage, gloire, puissance, &#224; Celui qui vit dans les si&#232;cles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apoc. IV, V.&#034; id=&#034;nh4-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vision merveilleuse, exprimant la pl&#233;nitude et l'unit&#233; du Sacrifice offert une fois, pour durer toujours, par l'auguste chef de la cr&#233;ation ! Sc&#232;ne sublime de la patrie, que l'&#201;pouse exil&#233;e s'effor&#231;ait de reproduire en cette vall&#233;e des larmes ! Comme au ciel l'Agneau divin, Pontife &#233;ternel, entra&#238;ne &#224; sa suite les bienheureuses hi&#233;rarchies dans sa marche triomphante, ainsi chacune des &#201;glises de la terre, image de la c&#233;leste J&#233;rusalem, accompagnait-elle l'&#233;v&#234;que, se groupant autour de lui dans l'harmonie parfaite de ses diff&#233;rents Ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soumise encore aux conditions terrestres, entrav&#233;e dans les liens de l'espace et du temps, l'&#201;glise militante ne pouvait, il est vrai, se r&#233;unir ici-bas tout enti&#232;re au m&#234;me autel ; mais l'unit&#233; du Sacrifice offert dans le monde entier &#233;tait exprim&#233;e, comme l'unit&#233; de l'&#201;glise elle-m&#234;me, par l'envoi mutuel que se faisaient les &#233;v&#234;ques catholiques des saintes esp&#232;ces consacr&#233;es par eux, et le m&#233;lange qu'ils accomplissaient r&#233;ciproquement de ces dons sacr&#233;s dans leur propre calice. Nous apprenons de saint Ir&#233;n&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ap. EUSEB. Hist. eccles. Lib. V, c. 14.&#034; id=&#034;nh4-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'au second si&#232;cle, le Pontife de Rome, l'hi&#233;rarque supr&#234;me, dirigeait au del&#224; des limites de l'Occident, jusqu'en Asie, ces signes augustes de l'union avec l'&#201;glise m&#232;re et ma&#238;tresse. De m&#234;me, lorsque la multitude toujours croissante des fid&#232;les amena l'&#201;glise &#224; permettre aux pr&#234;tres isol&#233;s la c&#233;l&#233;bration des Myst&#232;res, les pr&#234;tres de la ville &#233;piscopale ne proc&#233;daient point &#224; cette oblation s&#233;par&#233;e, sans avoir re&#231;u de l'&#233;v&#234;que une part du pain consacr&#233; qu'ils m&#233;langeaient &#224; leur Sacrifice. C'&#233;tait le fermentum, ou levain sacr&#233; de la Communion catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les consid&#233;rations qui pr&#233;c&#232;dent trouveront leur couronnement dans cette belle formule liturgique que nous empruntons aux &lt;i&gt;Constitutions apostoliques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib. VII, c. 25.&#034; id=&#034;nh4-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ouvrage dont la r&#233;daction d&#233;finitive reste fix&#233;e par la science au troisi&#232;me si&#232;cle de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ACTION DE GR&#194;CES SUR LES MYST&#200;RES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous rendons gr&#226;ces, &#244; notre P&#232;re, pour la vie que vous nous avez r&#233;v&#233;l&#233;e par J&#233;sus votre Fils : par qui vous avez cr&#233;&#233; toutes choses, et exercez sur toutes votre providence ; que vous avez envoy&#233;, se faisant homme pour notre salut ; dont vous avez permis les souffrances et la mort ; que vous avez voulu glorifier, en le ressuscitant et le faisant asseoir &#224; votre droite ; par qui vous avez promis &#224; nous aussi la r&#233;surrection des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O vous, Seigneur tout-puissant, Dieu &#233;ternel : de m&#234;me que ces &#233;l&#233;ments qui &#233;taient dispers&#233;s d'abord, &#233;tant r&#233;unis, n'ont plus fait qu'un seul pain, ainsi rassemblez votre &#201;glise des extr&#233;mit&#233;s de la terre en votre royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rendons gr&#226;ces encore, &#244; notre P&#232;re, pour le sang pr&#233;cieux de J&#233;sus-Christ r&#233;pandu pour nous, et pour son pr&#233;cieux corps, dont nous c&#233;l&#233;brons en ce moment les Myst&#232;res, lui-m&#234;me nous ayant ordonn&#233; d'annoncer ainsi sa mort : par lui &#224; vous la gloire dans les des si&#232;cles. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre de pens&#233;es, la Liturgie ambrosienne nous donne aujourd'hui encore la Pr&#233;face qui suit, indiqu&#233;e chez elle pour le Dimanche avant la Septuag&#233;sime.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dignum et justum est, &#230;terne Deus : Et tibi sacrosanctam hanc Hostiam immolare : qu&#230; salutifero et ineffabili divin&#230; grati&#230; sacramento offertur a plurimis, et unum Christi corpus Sancti Spiritus infusione efficitur. Singuli accipiunt Christum Dominum, et in singulis portionibus est totus ; nec per singulos minuitur, sed integrum se pr&#230;bet in singulis. Propterea ipsi qui sumimus communionem hujus sancti Panis et Calicis, unum corpus efficimur. Per ipsius itaque Majestatem te supplices exoramus : ut nos ab omnibus emundes contagiis vetustatis, et in novitate vit&#230; perseverare concedas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est une chose digne et juste, Dieu &#233;ternel, de vous immoler cette sainte et sacr&#233;e Hostie. Ineffable myst&#232;re de la divine gr&#226;ce op&#233;rant le salut ! L'offrande de plusieurs devient par l'intervention de l'Esprit-Saint l'unique corps du Christ. Chacun re&#231;oit le Seigneur J&#233;sus-Christ, et dans chaque part il est entier ; la distribution ne le diminue pas, mais il se donne &#224; tous et chacun dans sa pl&#233;nitude. C'est pourquoi nous-m&#234;mes qui recevons la communion de ce Pain sacr&#233; et de ce Calice, nous devenons un seul corps. Par sa Majest&#233; donc nous vous supplions humblement que votre gr&#226;ce nous purifie de toute souillure de v&#233;tust&#233;, et nous fasse pers&#233;v&#233;rer dans cette vie nouvelle.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;III. Moyen &#194;ge, h&#233;r&#233;sies, affirmation de la foi.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE MERCREDI APR&#200;S LA TRINIT&#201;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour qui commence n'est point encore celui de la f&#234;te du divin M&#233;morial : c'est demain seulement qu'elle doit &#233;clater dans sa splendeur. Mais d&#232;s ce soir, aux premi&#232;res V&#234;pres, l'&#201;glise acclamera le Pontife &#233;ternel ; et si les papes n'ont point voulu faire pr&#233;c&#233;der d'une Vigile proprement dite la solennit&#233; du Corps du Seigneur, des indulgences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;200 jours, pour le je&#251;ne ou une &#339;uvre pie rempla&#231;ant le je&#251;ne, selon l'avis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont cependant accord&#233;es, dans leurs bulles, au je&#251;ne volontaire en ce jour qui la pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement. Reprenons maintenant nos consid&#233;rations historiques sur l'auguste myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu l'unit&#233; de l'&#201;glise se constituer autour de l'Eucharistie. Le Christ J&#233;sus nous est apparu, au divin Sacrement, comme la pierre angulaire sur laquelle s'&#233;l&#232;ve, dans l'agencement harmonieux de ses diverses parties, le temple saint form&#233; de pierres vivantes &#224; la gloire du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. II, 21.&#034; id=&#034;nh4-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pontife souverain &#233;tabli pour les hommes, et l'un d'entre eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb. V, 1.&#034; id=&#034;nh4-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il pr&#233;sente &#224; Dieu l'hommage de ses fr&#232;res, il offre au P&#232;re de tous le commun Sacrifice. Et si cet hommage du genre humain r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, si le Sacrifice, qui en est l'expression la plus haute, emprunte toute sa valeur &#224; l'infinie dignit&#233; du Chef auguste donn&#233; &#224; l'&#201;glise, il n'est complet cependant que par l'union des membres &#224; leur Chef. La t&#234;te appelle le corps ; l'&#201;glise, nous dit l'Ap&#244;tre, est le compl&#233;ment du Christ et sa pl&#233;nitude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. I, 23.&#034; id=&#034;nh4-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; elle parfait le Sacrifice, comme partie int&#233;grante de la victime offerte sur l'autel. Ce qui est vrai de l'&#201;glise, l'est de chacun de nous qui sommes ses membres, si en effet nous sommes unis, dans l'Action du Sacrifice, de cette union intime qui fait des membres un m&#234;me corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est l'influence sociale de l'Eucharistie. D&#233;sagr&#233;g&#233;e par le p&#233;ch&#233;, l'humanit&#233; retrouve dans le sang de l'Agneau son unit&#233; perdue. Ainsi Dieu rentre-t-il dans ses primitifs desseins sur le monde. L'homme &#233;tait sorti du n&#233;ant apr&#232;s toute cr&#233;ature, comme devant &#234;tre l'organe de la louange universelle au nom de la cr&#233;ation dont sa double nature offre le merveilleux r&#233;sum&#233;. L'homme relev&#233; pr&#233;side encore au concert des &#234;tres : l'Eucharistie, l'Action de gr&#226;ces, la louange par excellence, est le noble fruit de la race humaine. Chant sublime de la divine Sagesse au Roi des si&#232;cles, elle monte de cette terre, unissant l'ineffable harmonie du cantique &#233;ternel qui est le Verbe au sein du P&#232;re, et du cantique nouveau redit par le concert des mondes &#224; la gloire de leur Auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#226;ges de foi avaient compris la merveilleuse grandeur du don fait par l'Homme-Dieu &#224; son &#201;glise ; p&#233;n&#233;tr&#233;s de l'honneur qui en revient &#224; notre terre, ils s'&#233;taient crus dans l'obligation d'y r&#233;pondre, au nom du monde entier, par la noblesse et la solennit&#233; des rites accompagnant la c&#233;l&#233;bration du Myst&#232;re trois fois saint. La Liturgie &#233;tait ce que l'indique son nom pour les chr&#233;tiens d'alors, la fonction publique, l'&#339;uvre sociale entre toutes, appelant comme telle toutes les magnificences, et supposant la pr&#233;sence de la cit&#233; enti&#232;re autour de l'autel. Sans doute, il serait facile de le prouver historiquement par les faits les mieux d&#233;montr&#233;s ; la croyance actuelle de l'&#201;glise catholique sur la l&#233;gitimit&#233; des Messes priv&#233;es fut celle de tous les si&#232;cles chr&#233;tiens d&#232;s l'origine. Pratiquement n&#233;anmoins et dans le cours ordinaire, la pompe des c&#233;r&#233;monies, l'enthousiasme des chants, la splendeur des fonctions sacr&#233;es, sembl&#232;rent longtemps ins&#233;parables de l'oblation du Sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solennit&#233;s du culte divin dans nos cath&#233;drales, aux plus beaux jours du Cycle, ne rappellent que de bien loin ces formes grandioses des antiques Liturgies dont nous retracions hier quelques traits incomplets. Si m&#234;me l'&#201;glise, qui ne change pas dans ses aspirations, accuse hautement sa pr&#233;f&#233;rence pour les d&#233;bris conserv&#233;s des anciens jours, on ne peut nier toutefois qu'une impulsion tr&#232;s sentie n'incline aujourd'hui les peuples &#224; d&#233;laisser toujours plus les pompes ext&#233;rieures du Sacrifice, pour reporter sur un autre point les d&#233;monstrations de la pi&#233;t&#233; chr&#233;tienne. Le culte de la divine pr&#233;sence eucharistique a pris des accroissements qui sont, en nos jours, la confusion de l'h&#233;r&#233;sie et la joie de tout catholique sinc&#232;re ; mais il importe d'autant plus qu'un mouvement si profitable aux &#226;mes, et si glorieux au divin Sacrement, ne soit pas retourn&#233;, par les ruses de l'ennemi, contre l'Eucharistie elle-m&#234;me. Or, c'est ce qui arriverait ais&#233;ment, si, par suite d'une d&#233;votion mal pond&#233;r&#233;e, le Sacrifice, objet premier du dogme eucharistique, pouvait jamais d&#233;choir en quelque mani&#232;re dans la pens&#233;e intime ou la religion pratique des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dogme ne saurait nuire &#224; l'autre dans l'admirable encha&#238;nement de la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne. Toute v&#233;rit&#233; nouvelle, ou pr&#233;sent&#233;e sous un nouveau jour, est un progr&#232;s dans l'&#201;glise et un gain pour ses enfants. Mais l&#224; seulement le progr&#232;s est r&#233;el dans l'application, o&#249; cette v&#233;rit&#233; mise en avant ne l'est pas de telle sorte qu'elle fasse rentrer dans l'ombre une v&#233;rit&#233; plus importante ; et jamais famille n'estimera comme un avantage le gain qui, pour se produire, entame le patrimoine des si&#232;cles. Principe &#233;vident par lui-m&#234;me, et qu'il serait dangereux d'oublier dans l'&#233;tude comparative des diff&#233;rentes phases de l'histoire des soci&#233;t&#233;s humaines, et de l'&#201;glise en particulier. Si le divin Esprit, qui sans cesse la meut vers les hauteurs, pare sans repos l'&#201;glise pour les noces &#233;ternelles et illumine &#224; chaque pas son front d'une lumi&#232;re plus rayonnante, trop souvent aussi l'&#233;l&#233;ment humain dont elle est p&#233;trie dans ses membres fait sentir son poids &#224; l'&#201;pouse. Il arrive alors que, dans sa sollicitude maternelle pour des enfants maladifs qui n'ont plus la force de se soutenir dans les r&#233;gions &#233;lev&#233;es et la forte atmosph&#232;re o&#249; v&#233;curent leurs a&#238;n&#233;s, sans cesser de monter par ses aspirations et de grandir dans les cieux, elle d&#233;cline des voies qu'elle aimait &#224; suivre plus pr&#232;s de l'&#201;poux sur les montagnes, aux beaux temps de son histoire ; elle descend vers ceux qu'elle veut sauver, s'amoindrit en apparence et se fait &#224; leur taille. Ineffable condescendance, mais qui ne donne nullement aux fils de ces g&#233;n&#233;rations amoindries le droit de se pr&#233;f&#233;rer &#224; leurs devanciers ! Le malade l'emporte-t-il donc sur l'homme en sant&#233;, par la raison que la nourriture indispensable au reste de vie qui v&#233;g&#232;te en sa personne se pr&#233;sente &#224; lui sous des formes nouvelles et mises &#224; la port&#233;e de ses organes d&#233;bilit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir vu donner de nos jours, sous un mode plus nouveau, certain essor &#224; la d&#233;votion de quelques &#226;mes envers l'h&#244;te divin des tabernacles, une affirmation s'est produite, attestant que &#171; jamais les si&#232;cles pass&#233;s n'ont &#233;gal&#233; le n&#244;tre dans le culte du Tr&#232;s Saint Sacrement &#187; ; et, sur ce t&#233;moignage d'un pieux enthousiasme, le dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, dont l'incessante f&#233;condit&#233; se vante &#224; juste titre d'avoir ouvert tant d'aspects nouveaux de toute sorte au champ de la pi&#233;t&#233;, s'est laiss&#233; modestement nommer quelque part le &#171; grand si&#232;cle de l'Eucharistie &#187;. Pl&#251;t au ciel que cette appellation f&#251;t justifi&#233;e ! Car il est tr&#232;s vrai &#171; qu'un si&#232;cle grandit ou d&#233;cro&#238;t en raison de son culte pour la divine Eucharistie &#187; : c'est le t&#233;moignage de l'histoire. Mais il n'est pas moins assur&#233; qu'en un pareil rapprochement des si&#232;cles au point de vue du Sacrement d'amour qui est l'incessante vie de l'&#201;glise, on devra regarder comme la grande &#233;poque celle o&#249; les intentions du Seigneur dans l'auguste Myst&#232;re se trouveront &#234;tre plus parfaitement comprises et mieux remplies, non celle o&#249; la pi&#233;t&#233; priv&#233;e se donne plus largement carri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est-il besoin de dire que ces paroles ne regardent aucunement l'Exposition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, sans nous attacher en ce moment au d&#233;veloppement de consid&#233;rations dogmatiques qui trouveront mieux leur place dans quelques jours, l'histoire est encore l&#224; pour attester que l'&#201;glise, interpr&#232;te fid&#232;le et s&#251;re des pens&#233;es de l'&#201;poux, a maintenu la discipline eucharistique des premiers &#226;ges, tant qu'ont dur&#233; dans leur &#233;clat la ferveur et la foi des nations occidentales. Alors que, successivement victorieuse des pers&#233;cutions pa&#239;ennes et du dogmatisme obstin&#233; des C&#233;sars de Byzance, plus libre qu'elle ne le fut jamais et s&#251;re d'&#234;tre ob&#233;ie, elle dirigeait le monde en souveraine, la noble d&#233;positaire du Testament nouveau pers&#233;v&#233;ra dans la voie qu'avaient suivie les Martyrs et justifi&#233;e les P&#232;res dans leurs &#233;crits : elle continua d'absorber dans le Sacrifice, dans les pieuses fatigues de la Messe solennelle et des Heures canoniales qui ne sont que le rayonnement naturel du Sacrifice, les forces vives des nouveaux enfants que lui donnait la conversion des Barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus catholique, rien de moins individuel et de moins priv&#233;, dans ces temps, que le culte eucharistique ainsi bas&#233; sur la notion sociale du Sacrifice. Cette notion restait pr&#233;sente &#224; la pens&#233;e de ceux m&#234;mes que la maladie ou des circonstances particuli&#232;res contraignaient de communier s&#233;par&#233;ment &#224; la Victime universelle. Elle suffisait &#224; diriger s&#251;rement les c&#339;urs et les adorations vers la colombe d'or ou la tour d'ivoire o&#249; se conservaient, dans l'ineffable int&#233;grit&#233; du Sacrement, les restes pr&#233;cieux du Sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi, une foi non moins vive et profonde que de nos jours &#224; la pr&#233;sence r&#233;elle, animait la Liturgie enti&#232;re, et soutenait tout ce vaste ensemble de rites et de c&#233;r&#233;monies inexplicables en dehors du dogme catholique. Maintenu par tous au-dessus de la discussion, ce dogme si cher &#233;tait &#224; la fois la pierre fondamentale et la ferme charpente de l'&#233;difice &#233;lev&#233; par l'&#233;ternelle Sagesse au milieu des hommes. Il peut sembler qu'on s'en occup&#226;t alors moins sp&#233;cialement que de nos jours ; mais ne serait-ce point que, d'ordinaire, le rocher portant l'&#233;difice et la charpente la plus merveilleuse appellent moins de sollicitude en un palais non &#233;prouv&#233; encore par l'insouciance des habitants ou les assauts de l'ennemi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;glise, quant &#224; elle, ne saurait d&#233;faillir, c'est la loi de l'histoire que dans son sein m&#234;me, et malgr&#233; la vitalit&#233; qu'elle donne aux nations, une soci&#233;t&#233; ne se maintient jamais longtemps aux sommets de perfection qu'elle peut atteindre. Les peuples sont comme les astres, dont l'apog&#233;e marque fatalement l'heure du d&#233;clin : ils paraissent ne s'&#233;lever, que pour bient&#244;t d&#233;cro&#238;tre et v&#233;g&#233;ter dans l'impuissance du vieillard &#233;puis&#233; par les ans. Ainsi en devait-il &#234;tre de la chr&#233;tient&#233; elle-m&#234;me, cette grande conf&#233;d&#233;ration des peuples &#233;tablie par l'&#201;glise dans la forte unit&#233; d'une charit&#233; non feinte et d'une foi sans m&#233;lange. C'est &#224; l'heure m&#234;me o&#249; l'immense impulsion des croisades, soulevant une seconde fois le monde &#224; la voix de saint Bernard, semble marquer pour plusieurs le point culminant du r&#232;gne du Christ et consacrer &#224; jamais la puissance de l'&#201;glise, que reparaissent et s'accentuent les signes d'une d&#233;cadence, suspendue jusque-l&#224; par l'h&#233;ro&#239;que g&#233;nie de saint Gr&#233;goire VII, mais qui ne s'arr&#234;tera plus d&#233;sormais jusqu'&#224; la grande d&#233;fection du XVIe si&#232;cle et l'apostasie g&#233;n&#233;rale des soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande moniale du moyen &#226;ge, Hildegarde, scrutait alors de son &#339;il d'aigle les mis&#232;res du pr&#233;sent et les profondeurs plus noires encore de l'avenir. De cette plume qui transmettait les oracles divins aux pontifes et aux rois, elle &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'an de l'Incarnation du Seigneur mil cent soixante-dix, &#233;veill&#233;e de corps et d'&#226;me, je vis une tr&#232;s belle image de femme, si parfaite dans la suavit&#233; de ses attraits et si pleine de d&#233;lices, que l'esprit humain ne saurait comprendre sa beaut&#233;. Sa taille allait de la terre au ciel. Sa face rayonnait de lumi&#232;re, et son &#339;il p&#233;n&#233;trait les cieux. Elle &#233;tait v&#234;tue d'une robe &#233;clatante de soie blanche ; un manteau charg&#233; des pierres les plus pr&#233;cieuses entourait son corps, et elle avait aux pieds des chaussures d'onyx. Mais le visage &#233;tait couvert de poussi&#232;re, la robe d&#233;chir&#233;e au c&#244;t&#233; droit ; le manteau et la chaussure avaient perdu l'&#233;clat de leur ancienne beaut&#233;. Et elle criait d'une voix puissante et lamentable dans les hauteurs des cieux : Entends, ciel, que ma face est souill&#233;e ; terre, g&#233;mis de ce que ma robe est lac&#233;r&#233;e ; ab&#238;me, tremble &#224; la vue de mes chaussures noircies. Les renards ont leurs tani&#232;res, et les oiseaux du ciel leurs nids&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. VIII, 20.&#034; id=&#034;nh4-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et je n'ai, moi, ni aide, ni consolateur, ni b&#226;ton pour m'appuyer et soutenir mes pas... Ils m'ont couverte d'opprobres et d&#233;laiss&#233;e, ceux qui devaient me parer en toutes mani&#232;res. Car c'est eux-m&#234;mes qui maculent mon visage, en tra&#238;nant le corps et le sang de mon &#201;poux dans l'abominable impuret&#233; de leurs m&#339;urs et la fange immonde de leurs fornications et de leurs adult&#232;res, achetant et vendant par une insatiable avarice les choses saintes, pour les souiller ainsi qu'un enfant jet&#233; aux pourceaux dans leur fange. Les plaies toujours b&#233;antes du Christ mon &#201;poux sont vilipend&#233;es sur les autels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, &#244; pr&#234;tres, un temps viendra que les princes et les peuples se rueront contre vous ; ils d&#233;pouilleront ces pr&#233;varicateurs du sacerdoce, et ils diront : Chassons de l'&#201;glise ces adult&#232;res, ces ravisseurs, ces r&#233;servoirs du crime. Et en cela ils pr&#233;tendront servir Dieu dont vous souillez l'&#201;glise. Oui, par la permission divine, contre vous dans leurs conseils fr&#233;miront des nations nombreuses, et les peuples ourdiront contre vous des complots, n'estimant pour rien votre sacerdoce et la cons&#233;cration de vos mains. Aux complots de leurs peuples assisteront les rois, d&#233;vorant des yeux vos richesses. Et tous n'auront qu'un seul dessein : vous chasser de leurs terres, parce que l'iniquit&#233; de vos &#339;uvres a chass&#233; de vous l'innocent Agneau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'entendis une voix du ciel qui disait : Cette image est l'&#201;glise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ep. LII.&#034; id=&#034;nh4-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tableau inspir&#233;, rendant en traits de feu, jusqu'en ses lointaines cons&#233;quences, la situation faite &#224; l'&#201;glise au XIIe si&#232;cle ! Situation intimement li&#233;e, comme il convient, aux destin&#233;es du Myst&#232;re de l'autel. Les d&#233;sordres du sanctuaire amenaient forc&#233;ment le rel&#226;chement des peuples. On les vit se d&#233;go&#251;ter du mets c&#233;leste pr&#233;sente par des mains trop souvent souill&#233;es ; les convives se tirent rares au banquet de la divine Sagesse, .et l'abandon devint si prononc&#233;, qu'en 1215, un concile &#339;cum&#233;nique, le IVe de Latran, porta la loi bien connue contraignant, sous les peines les plus s&#233;v&#232;res, tout fid&#232;le de l'un ou l'autre sexe &#224; communier au moins une fois dans l'ann&#233;e. Si grand &#233;tait le mal, que les prescriptions des conciles et le g&#233;nie d'Innocent III, le dernier des grands papes du moyen &#226;ge, n'eussent pu suffire &#224; le conjurer, si Dieu n'avait donn&#233; saint Dominique et saint Fran&#231;ois &#224; son &#201;glise : ils relev&#232;rent l'honneur du sacerdoce, et ranim&#232;rent pour un temps la pi&#233;t&#233; des peuples. Mais les antiques formes liturgiques avaient sombr&#233; dans la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oblation commune, qui supposait la communion de tous &#224; l'auguste Victime, avait c&#233;d&#233; la place aux fondations priv&#233;es et aux honoraires ou stipendium dont l'usage ne fit que s'accro&#238;tre &#224; l'arriv&#233;e des Ordres mendiants. L'&#201;glise renon&#231;ait &#224; l'espoir de ramener le peuple chr&#233;tien, comme corps social, aux formes anciennes ; elle tol&#233;ra d'abord, et encouragea bient&#244;t l'initiative individuelle qui s'assurait ainsi dans le Sacrifice une part d&#233;termin&#233;e, en subvenant aux besoins des sacrificateurs. Les Messes priv&#233;es, &#224; intentions sp&#233;ciales, se multipli&#232;rent donc pour satisfaire aux obligations contract&#233;es envers les particuliers. Mais par une suite n&#233;cessaire, le rite imposant de la conc&#233;l&#233;bration, maintenu &#224; Rome jusqu'au XIIIe si&#232;cle, finit par dispara&#238;tre &#224; peu pr&#232;s enti&#232;rement d'Occident. Le Sacrifice ne se pr&#233;sentait plus d&#232;s lors avec ces allures majestueuses qui lui assuraient, aux yeux des g&#233;n&#233;rations ant&#233;rieures, une pr&#233;pond&#233;rance incontest&#233;e dominant la religion enti&#232;re et toute la vie chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, perdant de vue la connexion intime et la mutuelle d&#233;pendance du Sacrifice et du Sacrement dans le Myst&#232;re d'amour, on commen&#231;a, dans certains lieux, &#224; distribuer sans trop de scrupule la tr&#232;s sainte Eucharistie en dehors de la Messe, pour des raisons peu s&#233;rieuses. Et plus d'un docteur scolastique aidant au mouvement, &#224; l'insu de la vraie science, par ses habitudes de d&#233;finitions tranchantes et de division cat&#233;gorique, la communion sembla devenir dans l'esprit de plusieurs comme une section &#224; part de l'institution eucharistique. Pr&#233;lude de ces communions isol&#233;es et furtives par syst&#232;me, dont quelques-uns font aujourd'hui l'id&#233;al d'une spiritualit&#233; pieusement ennemie de la foule et du bruit des pompes ext&#233;rieures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion du Sacrifice, qui renferme le motif principal de la pr&#233;sence du Verbe incarn&#233; dans l'Eucharistie, ne frappait donc plus tout d'abord comme autrefois l'esprit des peuples. Il arriva que, par contre, l'id&#233;e de cette pr&#233;sence d'un Dieu sous les esp&#232;ces eucharistiques s'empara des &#226;mes d'une mani&#232;re plus exclusive, d'autant plus vive et plus dominante. Ce fut alors que dans l'esprit d'une sainte frayeur, et sous l'impulsion d'un respect qui ne saurait &#234;tre en effet trop profond, on acheva d'abandonner plusieurs anciens usages : &#233;tablis &#224; l'origine dans la pens&#233;e d'&#233;tendre ou de mieux exprimer l'application du Sacrifice, ils furent supprim&#233;s comme pouvant exposer involontairement les saintes esp&#232;ces &#224; quelque irr&#233;v&#233;rence. Ainsi tomb&#232;rent en d&#233;su&#233;tude l'usage du calice pour les simples fid&#232;les et la communion des enfants en bas &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une immense r&#233;volution rituelle s'&#233;tait donc accomplie. L'&#201;glise, qui ne pouvait y voir, en plus d'un point, qu'un amoindrissement du pass&#233;, l'accepta cependant. Le temps &#233;tait venu o&#249; les grandes formes sociales de la Liturgie, appelant pour base la puissante unit&#233; des nations chr&#233;tiennes, n'eussent plus &#233;t&#233; que des formes menteuses. La d&#233;fiance des &#201;tats contre l'&#201;glise, leur seul lien r&#233;ciproque, s'accentuait tous les jours, n'attendant que l'occasion de se d&#233;clarer en hostilit&#233; ouverte. Les l&#233;gistes &#233;taient &#224; l'&#339;uvre, et bient&#244;t les exploits de Pierre Flotte et de Guillaume de Nogaret allaient montrer au monde combien &#233;tait actif le travail de dissolution remis &#224; leurs soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mal &#233;tait grand dans la place, plus grands encore &#233;taient les dangers que les assauts de l'h&#233;r&#233;sie faisaient courir du dehors au peuple fid&#232;le. Mais c'est ici qu'appara&#238;t la prudence divine qui conduit l'&#201;glise. Pour d&#233;fendre la foi, qui est l'&#233;l&#233;ment essentiel de son existence ici-bas, elle se fit un rempart des ruines m&#234;mes accumul&#233;es par cette r&#233;volution liturgique qu'elle avait d&#251; subir : sanctionnant de son autorit&#233; ce qui pouvait l'&#234;tre, elle enraya le mouvement ; et, mettant &#224; profit la pr&#233;occupation plus marqu&#233;e que ce mouvement amenait dans les &#226;mes au sujet de la divine pr&#233;sence eucharistique, elle fit entrer la Liturgie dans une voie nouvelle, o&#249; l'incessante affirmation du dogme allait remplacer les formes moins pr&#233;cises, quoique non moins compl&#232;tes et beaucoup plus grandioses du premier &#226;ge. C'&#233;tait r&#233;pondre &#224; l'h&#233;r&#233;sie d'une mani&#232;re d'autant plus forte qu'elle serait plus directe. Nous avons vu comment, par suite de ses attaques encore d&#233;tourn&#233;es, s'imposait de plus en plus, au XIIIe si&#232;cle, la convenance souveraine d'une f&#234;te sp&#233;ciale, consacr&#233;e &#224; honorer comme tel le Myst&#232;re de la foi. Elle devint une n&#233;cessit&#233; &#224; l'approche, pr&#233;vue par Dieu seul encore, des audaces triomphantes de l'h&#233;r&#233;sie sacramentaire. Il fallait pr&#233;venir l'attaque, et faire en sorte par avance que ces assauts fussent en leur temps moins dangereux pour les chr&#233;tiens, et moins pr&#233;judiciables au Seigneur lui-m&#234;me dans son Sacrement. Le moyen d'atteindre plus efficacement ce double but &#233;tait le d&#233;veloppement de la d&#233;votion ext&#233;rieure &#224; la pr&#233;sence r&#233;elle : par l&#224;, l'&#201;glise se manifestait en possession du dogme, et le Sacrement d'amour trouverait compensation &#224; l'abandon de plusieurs dans la ferveur renouvel&#233;e des &#226;mes rest&#233;es fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablie dans le monde entier par l'autorit&#233; des Pontifes romains, la f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement ou du Corps du Seigneur fut donc, en elle-m&#234;me et dans ses d&#233;veloppements, ainsi que nous le disions avant-hier, le point de d&#233;part d'une nouvelle phase pour le culte catholique envers la divine Eucharistie. A sa suite, Processions, Saluts, Quarante-Heures, Expositions, Adorations, sont venus protester toujours plus de la foi de l'&#201;glise en la pr&#233;sence r&#233;elle, r&#233;chauffer dans les peuples une pi&#233;t&#233; d&#233;taillante, et rendre au Dieu r&#233;sidant pour nous sous les esp&#232;ces sacramentelles les hommages qu'il est en droit d'y attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;glise, ils ne sont plus ces temps o&#249; vous retraciez ici-bas l'image de la c&#233;leste J&#233;rusalem, alors que, dans toute la libert&#233; des inspirations de votre c&#339;ur d'&#201;pouse, nos p&#232;res vous contemplaient ordonnant le Sacrifice auguste avec cette majest&#233; sublime qui leur en faisait p&#233;n&#233;trer les grandeurs. Nous ne voyons plus ces royales magnificences, qu'un monde amoindri ne saurait porter. Les nations insens&#233;es dont vous faisiez la gloire en les rassemblant dans l'unit&#233; des sacr&#233;s Myst&#232;res, ont fait alliance, pour leur malheur, avec l'ancien ennemi. Lorsque sans nulle crainte, forte de la conscience de vos droits et de vos bienfaits, vous cultiviez dans la paix le jardin de l'&#201;poux, jouissant des suaves parfums qu'il exhalait au ciel et des fruits de la vigne mystique, un bruit insolite a retenti, le bruit des chars d'Aminadab lanc&#233;s par des mains perfides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. VI, 11, 12.&#034; id=&#034;nh4-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vous n'eussiez &#233;t&#233; que juste, &#244; &#201;glise, laissant d&#232;s lors cette terre ingrate, et fuyant vers l'&#201;poux dans les c&#233;lestes hauteurs Mais plus que jamais &#233;trang&#232;re en la terre de votre exil, &#244; Sulamite, vous avez entendu dans les si&#232;cles &#224; venir les cris de ceux que vous pouviez sauver encore ; et vous &#234;tes rest&#233;e dans votre d&#233;vouement, &#244; notre M&#232;re, vous &#234;tes rest&#233;e pour que vos fils du dernier &#226;ge pussent eux aussi, comme leurs a&#238;n&#233;s, puiser dans vos yeux la lumi&#232;re et la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne l'ignorons pas : au lieu des pacifiques splendeurs que d&#233;ployait la reine dans l'&#233;clat d'une souverainet&#233; incontest&#233;e, au lieu des ch&#339;urs d'exultation et de triomphe conduits par l'&#201;pouse en ses palais, nous ne verrons plus dans la Sulamite que des marches guerri&#232;res et le chant des combats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. VII, I, 2.&#034; id=&#034;nh4-75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais qu'ils sont beaux toujours vos pas dans les chaussures de votre p&#232;lerinage, &#244; fille du Roi, terrible d&#233;sormais comme une arm&#233;e rang&#233;e en bataille ! Que vous &#234;tes belle, d&#233;posant la robe d'or et la vari&#233;t&#233; des ornements qui vous entouraient sur le tr&#244;ne &#224; la droite du Prince, pour ceindre avec lui l'&#233;p&#233;e puissante et percer de vos fl&#232;ches ac&#233;r&#233;es les c&#339;urs des ennemis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV, 6.&#034; id=&#034;nh4-76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'&#201;glise grecque, immobilis&#233;e dans la fatale st&#233;rilit&#233; de la branche s&#233;par&#233;e du tronc, garde, feuillage dess&#233;ch&#233;, ces antiques formes dont l'imposante unit&#233; n'a plus chez elle que le schisme pour base ! L'h&#233;r&#233;sie, &#233;talant sous les vo&#251;tes des cath&#233;drales b&#226;ties par nos p&#232;res les rites ab&#226;tardis de sa c&#232;ne mesquine, est-elle donc plus &#233;trange que ce schisme d&#233;cr&#233;pit gardant fi&#232;rement des formes qui le condamnent, et faisant parade d'ornements qui ne sont plus &#224; sa taille ? Quelle vie puiseront jamais ses membres dans le vide de ces formes incomprises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-l&#224; seule est la M&#232;re qui sait parler aux fils leur langage, et ne donne pas aux malades appauvris la nourriture des forts ; celle-l&#224; seule est l'&#201;pouse, qui sait &#234;tre ing&#233;nieuse &#224; faire valoir toujours au taux le plus &#233;lev&#233; selon les temps le tr&#233;sor de l'&#201;poux, la perle incomparable, modifiant, s'il le faut, ses plus ch&#232;res habitudes, ses plus l&#233;gitimes aspirations, sachant enfin quitter les d&#233;lices du tr&#244;ne et ses grandeurs pour marcher &#224; l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous reconnaissons &#224; ce signe, &#244; &#201;pouse, &#244; M&#232;re, qui b&#233;gayez avec les petits comme vous chantiez avec les forts, qui terrassez l'ennemi dans la vigueur de votre bras l&#224; m&#234;me o&#249; vous sembliez ne penser qu'&#224; jouir de l'&#201;poux. Au prix d'une lutte continuelle et de labeurs incessants, chaque jour plus m&#233;connue d'une foule toujours croissante de fils ingrats, vous restez avec nous : vous restez pour porter au dernier des &#233;lus l'Hostie sainte qui doit l'associer au grand Sacrifice. Nous vous suivrons, &#244; notre M&#232;re, dans votre marche militante &#224; travers les d&#233;tours del&#224; route escarp&#233;e qui vous conduit au but ; nous vous suivrons, parce que vous portez avec vous le tr&#233;sor du monde. Plus audacieuses se feront les attaques de l'h&#233;r&#233;sie, plus outrageants les blasph&#232;mes des fils ingrats : plus &#233;clatantes seront en retour les affirmations de notre foi, plus profondes nos adorations, plus chaleureuses et plus vives les d&#233;monstrations de notre amour envers l'Hostie sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour de pr&#233;paration, nous emprunterons la formule de nos v&#339;ux au Missel gothique d'Espagne. La solennit&#233; du Corps du Seigneur &#233;tant d'institution relativement r&#233;cente, les Mozarabes ont compos&#233; cette Pr&#233;face, qui est celle du jour m&#234;me de la f&#234;te, avec une partie de l'Illation assign&#233;e au Mercredi de la troisi&#232;me semaine de Car&#234;me. Il sera facile d'en remarquer la trace, &#224; la mention du jeune qui s'y trouve exprim&#233;e, bien que ce je&#251;ne puisse s'entendre aussi des privations de tout genre dont la vie est pleine.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ILLATION.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dignum et justum est nos tibi gratias agere, Domine sancte, Pater &#230;terne, omnipotens Deus. Qui paras adinventiones tuas sapienter : et disponis omnia suaviter. Qui ascendisti super occasum : Dominus nomen est tibi. Tu panis es vivus et verus : qui descendisti de c&#339;lo ut dares escam esurientibus, imo ut ipse esses esca viventium. Qui es nobis in pane quo corda firmantur : ut in virtute panis hujus, per hos dedicatos Nomini tuo dies, sine impedimento carnis et sanguinis jejunare valeamus, te ipsum panem habentes. Quia pauperes tuos c&#339;lestibus saturas panibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est digne et juste que nous vous rendions gr&#226;ces, Seigneur saint, P&#232;re &#233;ternel, Dieu tout-puissant, qui pr&#233;parez vos &#339;uvres dans la sagesse et disposez toutes choses avec suavit&#233;, qui &#234;tes mont&#233; vers l'Occident et avez pour nom le Seigneur. Vous &#234;tes le pain vivant et v&#233;ritable ; vous &#234;tes descendu des cieux pour nourrir ceux qui ont faim, bien plus pour &#234;tre vous-m&#234;me la nourriture des vivants : pain o&#249; nos c&#339;urs puisent leur force, pain dont la vertu remplit ces jours consacr&#233;s &#224; votre Nom. La chair et le sang ne peuvent troubler nos je&#251;nes, lorsque notre pain c'est vous-m&#234;me. Ainsi rassasiez-vous vos pauvres des pains du ciel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les premi&#232;res V&#234;pres.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous touchons enfin au grand jour qui, depuis Lundi, tient nos &#226;mes dans le recueillement et l'attente. La terre se dispose &#224; reconna&#238;tre, dans l'hommage d'un solennel triomphe, le Christ pontife et roi pr&#233;sent dans l'Hostie. Le triste privil&#232;ge qui retient, pour trois jours encore, la France &#224; l'&#233;cart des saints transports de la catholicit&#233;, ne peut nous emp&#234;cher d'unir d&#232;s maintenant notre all&#233;gresse et nos adorations aux hommages de l'&#201;glise envers le divin Sacrement. Partout les pieux fid&#232;les apportent leur concours aux pr&#233;paratifs du triomphe qui attend demain l'Hostie sainte. Durant ces appr&#234;ts qu'inspirent la foi et l'amour, l'&#201;glise pr&#233;lude dans ses temples &#224; la grande f&#234;te par la solennit&#233; des premi&#232;res V&#234;pres. Accordant sa lyre aux sublimes Antiennes du Docteur ang&#233;lique, elle c&#233;l&#232;bre, dans un chant majestueux comme les paroles, le Pontife &#233;ternel selon l'ordre de Melchis&#233;dech, et le divin banquet r&#233;unissant comme de jeunes plants d'olivier les fils de l'&#201;glise autour de la table du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bornes qui s'imposent &#224; nous dans cet ouvrage sembleraient devoir en exclure les parties de l'Office auxquelles n'assistent pas g&#233;n&#233;ralement les fid&#232;les ; c'est la pratique que nous avons suivie jusqu'ici. Mais la c&#233;l&#233;brit&#233; si justement acquise &#224; l'&#339;uvre de saint Thomas pourrait faire regretter &#224; plusieurs de ne la rencontrer ici que tronqu&#233;e. La magnificence des Hymnes et des Psaumes, des Antiennes et des R&#233;pons, tout cet ensemble si plein de la vraie s&#232;ve catholique, fournira d'ailleurs aux fid&#232;les le meilleur th&#232;me de contemplation qui puisse &#233;clairer leurs intelligences et &#233;chauffer leurs c&#339;urs durant toute cette Octave. Chaque jour de cette semaine les doit voir saintement empress&#233;s aux pieds du Roi de gloire qui tiendra sa cour au milieu de son peuple, ne se d&#233;robant &#224; leurs yeux de chair que sous le nuage l&#233;ger des esp&#232;ces sacramentelles. Durant les heures fortun&#233;es qu'un industrieux amour saura d&#233;rober ainsi aux occupations ordinaires, qu'ils choisissent donc de pr&#233;f&#233;rence l'expression de leurs sentiments dans les formules consacr&#233;es par l'&#201;glise elle-m&#234;me &#224; chanter l'&#201;poux en son divin banquet ; non seulement ils y trouveront la po&#233;sie, la doctrine et la gr&#226;ce, habituelle parure de l'&#201;pouse en pr&#233;sence du Bien-Aim&#233;, mais ils auront fait vite aussi l'heureuse exp&#233;rience que, comme le mets c&#233;leste lui-m&#234;me, ces formules sanctifi&#233;es se pr&#234;tent &#224; toutes les &#226;mes ; s'adaptant aux dispositions et degr&#233;s divers d'avancement spirituel, elles deviennent en chaque bouche l'expression la plus opportune et la plus vive des besoins et d&#233;sirs de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article297#inter3'&gt;premi&#232;res V&#234;pres de la f&#234;te du Tr&#232;s Saint Sacrement&lt;/a&gt; sont en tout semblables aux secondes V&#234;pres, &#224; l'exception de l'Antienne de Magnificat. L'&#201;glise c&#233;l&#232;bre en cette Antienne la suavit&#233; du Seigneur manifest&#233;e par celle du pain eucharistique ; mais ceux-l&#224; seuls en go&#251;tent la douceur et en recueillent les fruits de salut, qui sont conduits au divin banquet parla faim spirituelle d'un humble et ardent d&#233;sir. Dans ces sentiments, avec la Vierge immacul&#233;e, glorifions le Seigneur qui exalte les humbles et confond les puissants. C'est &#224; la plus humble des filles d'Adam que nous devons le Pain c&#233;leste : il fut fa&#231;onn&#233; par l'Esprit dans ses chastes entrailles. Nous aurons occasion de le redire. Mais, d&#232;s maintenant, n'oublions plus que la f&#234;te du Corps du Seigneur nous ram&#232;ne &#224; Marie dans nos hommages reconnaissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Octave du Tr&#232;s Saint Sacrement ne le c&#232;de, en privil&#232;ges, qu'&#224; celles de l'&#201;piphanie, de P&#226;ques et de la Pentec&#244;te. Elle n'admet pas de f&#234;tes transf&#233;r&#233;es au-dessous du rite double de premi&#232;re ou de seconde classe ; et les f&#234;tes semi-doubles, qui se rencontrent au Calendrier durant ces huit jours, n'obtiennent qu'une simple m&#233;moire. Dans les f&#234;tes doubles elles-m&#234;mes, qu'on y c&#233;l&#232;bre &#224; leurs jours, on n'omet jamais, quel qu'en soit le degr&#233;, la m&#233;moire du Tr&#232;s Saint Sacrement &#224; la Messe, &#224; Laudes et &#224; V&#234;pres ; et la solennit&#233; du Corps du Seigneur ne laisse pas de marquer aussi son empreinte &#224; toutes les Hymnes dont la mesure le permet, par la doxologie suivante, qui est celle de Compiles et des Petites Heures dans l'Office de demain.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;O J&#233;sus, qui &#234;tes n&#233; de la Vierge, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;gloire &#224; vous, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;avec le P&#232;re et l'Esprit divin, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans les si&#232;cles &#233;ternels ! Amen.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Touchant hommage rendu &#224; la Vierge-m&#232;re que cette exaltation r&#233;it&#233;r&#233;e de sa f&#233;condit&#233; virginale en la f&#234;te de l'Eucharistie ! L'&#201;glise s'est souvenue que &#171; le premier blasph&#232;me contre la v&#233;rit&#233; du sacrement de l'autel consistait &#224; nier que le corps eucharistique du Seigneur f&#251;t le corps n&#233; de Marie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CARDINAL PIE. Hom&#233;lie du 8 sept. 1869, &#224; Issoudun.&#034; id=&#034;nh4-77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et voyant comment, depuis, les adversaires du Fils dans son Myst&#232;re d'amour ont toujours aussi m&#233;connu la M&#232;re, elle les unit comme le firent les Ignace et les Ir&#233;n&#233;e, vaillants t&#233;moins de la foi primitive, dans une m&#234;me formule de confession et de louange en face de l'Hostie sainte. Il a pris chair de la chair de Marie, dit saint Augustin ; et c'est cette chair, devenue la sienne, qu'il nous donne &#224; manger comme l'aliment du salut, et que nous adorons auparavant comme l'escabeau de ses pieds dans le psaume &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enarrat. in Psalm. XCVIII, 5.&#034; id=&#034;nh4-78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couleur blanche employ&#233;e par l'&#201;glise en cette Octave demeure, dans tout le cours de l'ann&#233;e, la couleur propre au divin Sacrement. Elle rappelle elle-m&#234;me les doux rapports des myst&#232;res de No&#235;l et de l'Eucharistie, non moins que la divine puret&#233; du froment des &#233;lus qui donne &#224; l'homme le pain des Anges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. XVI, 20.&#034; id=&#034;nh4-79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et fait ici-bas germer les vierges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zach. IX, 17.&#034; id=&#034;nh4-80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette heure o&#249; d&#233;j&#224; l'&#201;glise acclame le divin Sacrement, saluons dans ces pens&#233;es l'Hostie qui bient&#244;t va para&#238;tre. La formule suivante, usit&#233;e depuis le XIVe si&#232;cle dans les &#201;glises de France et d'Allemagne, terminera dignement cette journ&#233;e comme l'annonce prochaine du glorieux Myst&#232;re. Elle se chantait dans l'origine au moment de l'&#233;l&#233;vation, et s'alliait au trisagion qu'elle compl&#233;tait, comme l'indiquent ces mots in excelsis, les derniers du Sanctus, qui la terminent sur les meilleurs manuscrits. C'&#233;tait ce genre de compositions appel&#233;es Tropes, qui furent ch&#232;res &#224; la pi&#233;t&#233; du moyen &#226;ge, et d'o&#249; sont d&#233;riv&#233;es nos Proses ou S&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;IN ELEVATIONE CORPORIS CHRISTI.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ave verum Corpus natum de Maria virgine :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, vrai Corps n&#233; de la Vierge Marie, &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vere passum, immolatum in cruce pro homine :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vraiment pass&#233; par la souffrance, immol&#233; sur la croix pour l'homme. &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cuius latus perforatum fluxit aqua et sanguine.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Dont le c&#244;t&#233; ouvert a r&#233;pandu le sang et l'eau :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Esto nobis pr&#230;gustatum mortis in examine,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Soyez pour nous l'avant-go&#251;t du ciel aux approches de la terrible mort, &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O Jesu dulcis ! &lt;/td&gt;&lt;td&gt;O doux J&#233;sus !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O Jesu pie !&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O bon J&#233;sus !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O Jesu Fili Mari&#230; !&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O J&#233;sus, Fils de Marie !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La F&#234;te du Saint-Sacrement.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une grande solennit&#233; s'est lev&#233;e sur le monde : la F&#234;te-Dieu, ainsi l'ont appel&#233;e nos p&#232;res ; vraiment f&#234;te de Dieu, mais aussi f&#234;te de l'homme, &#233;tant la f&#234;te du Christ-m&#233;diateur pr&#233;sent dans l'Hostie pour donner Dieu &#224; l'homme et l'homme &#224; Dieu. L'union divine est l'aspiration de l'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aspiration, on le verra, qui ne rel&#232;ve point de la nature, mais uniquement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#224; cette aspiration, ici-bas m&#234;me, Dieu a r&#233;pondu par une invention du ciel. L'homme c&#233;l&#232;bre aujourd'hui cette divine merveille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette f&#234;te toutefois et son divin objet, des hommes ont r&#233;p&#233;t&#233; la parole d&#233;j&#224; vieille : Comment ces choses peuvent-elles se faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 9 ; VI, 33.&#034; id=&#034;nh4-82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Et la raison semblait justifier leurs dires contre ce qu'ils appelaient les pr&#233;tentions insens&#233;es du c&#339;ur de l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#234;tre a soif de bonheur, et cependant, et pour cela m&#234;me, n'aspire qu'au bien dont il est susceptible ; car c'est la condition du bonheur de ne se rencontrer que dans la pleine satisfaction du d&#233;sir qui le poursuit. De l&#224; vient qu'au commencement, la divine Sagesse pr&#233;parant les cieux, creusant les ab&#238;mes, &#233;quilibrant la terre et composant toutes choses avec la Toute-Puissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII, 22-34.&#034; id=&#034;nh4-83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, distribua in&#233;galement la lumi&#232;re et la vie dans ce vaste univers, et mesura ses dons aux destin&#233;es diverses ; pla&#231;ant l'harmonie du monde dans ce rapport parfait des divers degr&#233;s d'&#234;tre avec les fins vari&#233;es des cr&#233;atures, sa bont&#233; pr&#233;voyante adapta les besoins, l'instinct, le d&#233;sir de chacune &#224; leur nature propre, et n'ouvrit pas en elles des aspirations que celle-ci ne saurait satisfaire. La poursuite du bien et du beau, la recherche de Dieu, loi imp&#233;rieuse de toute nature intelligente et libre, ne doit-elle pas s'arr&#234;ter en cons&#233;quence, elle aussi, aux proportions finies de cette nature m&#234;me ? N'arriverait-il pas autrement que le bonheur f&#251;t plac&#233;, pour quelques &#234;tres, en des jouissances que leurs facult&#233;s cr&#233;&#233;es ne peuvent atteindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque &#233;trange que puisse para&#238;tre une telle anomalie, elle existe pourtant : l'humanit&#233;, dans tous les &#226;ges, par ses tendances les plus universelles, les mieux constat&#233;es, par toutes ses religions vraies ou fausses, en rend t&#233;moignage. Comme tout ce qui vit autour de lui, l'homme a soif de bonheur ; et cependant, seul sur cette terre, il sent en lui des aspirations qui d&#233;passent immens&#233;ment les bornes de sa fragile nature. Tandis que, docilement rang&#233;s sous le sceptre remis en ses mains par l'Auteur du monde, les humbles h&#244;tes de sa royale demeure accomplissent dans la pleine satisfaction de tout d&#233;sir rempli leurs services divers, le roi de la cr&#233;ation ne peut trouver dans le monde de contrepoids &#224; l'irr&#233;sistible impulsion qui l'entra&#238;ne au del&#224; des fronti&#232;res de son empire et du temps, vers l'infini. Dieu m&#234;me se r&#233;v&#233;lant &#224; lui, par ses &#339;uvres, d'une fa&#231;on correspondante &#224; sa nature cr&#233;&#233;e ; Dieu cause premi&#232;re et fin universelle, perfection sans limites, beaut&#233; infinie, bont&#233; souveraine, objet bien digne de fixera jamais en les comblant son intelligence et son c&#339;ur : Dieu ainsi connu, ainsi go&#251;t&#233;, ne suffit pas &#224; l'homme. Cet &#234;tre de n&#233;ant veut l'infini dans sa substance ; il soupire apr&#232;s la face du Seigneur et sa vie intime. La terre n'est &#224; ses yeux qu'un d&#233;sert sans issue, sans eau pour &#233;tancher sa soif br&#251;lante ; d&#232;s l'aurore, son &#226;me veille, affam&#233;e du Dieu qui peut seul calmer ces ardeurs, et sa chair m&#234;me &#233;prouve vers lui d'ineffables tressaillements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. LXII, 2.&#034; id=&#034;nh4-84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Comme le cerf, s'&#233;crie-t-il, aspire apr&#232;s l'eau des fontaines, ainsi mon &#226;me aspire a. apr&#232;s vous, &#244; Dieu ! Mon &#226;me a soif du Dieu fort, du Dieu vivant. Oh ! Quand viendrai-je, quand para&#238;trai-je devant la face de Dieu ? Mes larmes sont devenues mon pain du jour et de la nuit ; on m&#233;dit tous les jours : O&#249; est ton Dieu ? J'ai repass&#233; leurs injures, j'ai r&#233;pandu mon &#226;me au dedans de moi-m&#234;me. Mais je passerai jusqu'au lieu du tabernacle admirable, jusqu'&#224; la maison de Dieu. Voix d'all&#233;gresse et de louange ! C'est l'&#233;cho du festin. Pourquoi es-tu triste, mon &#226;me ? Pourquoi me troubles-tu ? Esp&#232;re en Dieu, parce que je le louerai encore : il est le salut que verra mon visage, il est mon Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLI, 2-7.&#034; id=&#034;nh4-85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiasme &#233;trange assur&#233;ment pour la froide raison ; pr&#233;tentions, semble-t-il, vraiment insens&#233;es ! Cette vue de Dieu, cette vie divine, ce festin dont Dieu m&#234;me serait l'aliment, l'homme fera-t-il jamais que ces sublimit&#233;s ne demeurent infiniment au-dessus des puissances de sa nature, comme de toute nature cr&#233;&#233;e ? Un ab&#238;me le s&#233;pare de l'objet qui l'enchante, ab&#238;me qui n'est autre que l'effrayante disproportion du n&#233;ant &#224; l'&#234;tre. L'acte cr&#233;ateur dans sa toute-puissance ne saurait &#224; lui seul combler l'ab&#238;me ; et pour que la disproportion cess&#226;t d'&#234;tre un obstacle &#224; l'union ambitionn&#233;e, il faudrait que Dieu m&#234;me franch&#238;t la distance et daign&#226;t communiquer &#224; ce rejeton du n&#233;ant ses propres &#233;nergies. Mais qu'est donc l'homme, pour que l'&#202;tre souverain dont la magnificence est au-dessus des cieux abaisse jusqu'&#224; lui leurs hauteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXLIII, 5.&#034; id=&#034;nh4-86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors aussi, qui donc a fait du c&#339;ur humain ce gouffre b&#233;ant que rien ne saurait remplir ? Lorsque les cieux racontent la gloire de Dieu, et les &#339;uvres de ses mains la sagesse et la puissance de leur auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVIII, 2.&#034; id=&#034;nh4-87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'o&#249; vient en l'homme un tel manque d'&#233;quilibre ? Le poids, le nombre et la mesure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. XI, 21.&#034; id=&#034;nh4-88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; auraient-ils fait d&#233;faut pour lui seul au supr&#234;me ordonnateur ? Et celui qui devait &#234;tre le chef-d'&#339;uvre de la cr&#233;ation, comme il en est le couronnement et le roi, ne serait-il qu'une de ces &#339;uvres manqu&#233;es accusant par leur d&#233;faut de proportions la lassitude ou l'impuissance de l'ouvrier ? Loin de nous un tel blasph&#232;me ! Dieu est amour &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan. IV, 8.&#034; id=&#034;nh4-89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous dit saint Jean ; et l'amour est le n&#339;ud du probl&#232;me qui se dresse, aussi insoluble qu'in&#233;vitable, en face de la philosophie r&#233;duite &#224; ses seules forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu est amour ; et la merveille n'est pas que nous ayons aim&#233; Dieu, mais qu'il nous ait lui-m&#234;me pr&#233;venus d'amour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan. IV, 10.&#034; id=&#034;nh4-90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'amour appelle l'union, et l'union veut des semblables. O richesses de la divine nature en laquelle s'&#233;panouissent, &#233;galement infinis, Puissance, Sagesse et Amour, constituant dans leurs sublimes relations la Trinit&#233; auguste qui, depuis Dimanche, darde sur nous ses feux ! O profondeurs des divins conseils, o&#249; ce que veut l'Amour sans bornes trouve en la Sagesse infinie de sublimes exp&#233;dients qui font la gloire de la Toute-Puissance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire &#224; vous tout d'abord, Esprit-Saint, dont le r&#232;gne &#224; peine commenc&#233; illumine de tels rayons nos yeux mortels, qu'ils analysent ainsi les &#233;ternels d&#233;crets ! Au jour de votre Pentec&#244;te, une loi nouvelle, toute de clart&#233;s, a remplac&#233; l'ancienne et ses ombres. La loi du Sina&#239;, le p&#233;dagogue qui pr&#233;parait &#224; la vraie science et r&#233;gissait l'enfance du monde, a re&#231;u nos adieux : la lumi&#232;re a brill&#233; par la pr&#233;dication des saints Ap&#244;tres ; et les fils de lumi&#232;re, &#233;mancip&#233;s, connaissant Dieu, connus de lui, s'&#233;loignent toujours plus chaque jour des maigres et infirmes &#233;l&#233;ments du premier &#226;ge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gal. III, IV.&#034; id=&#034;nh4-91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A peine s'achevait, Esprit divin, la triomphante Octave o&#249; l'&#201;glise c&#233;l&#233;brait avec votre av&#232;nement sa propre naissance : et d&#233;j&#224;, empress&#233; pour la mission re&#231;ue par vous de rappeler &#224; l'&#201;pouse les le&#231;ons du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 26.&#034; id=&#034;nh4-92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous pr&#233;sentiez aux regards de sa foi le sublime et radieux triangle dont la contemplation ravit nos &#226;mes &#233;perdues dans l'adoration et la louange. Mais le premier des grands myst&#232;res de notre foi, le dogme sans fond de la tr&#232;s sainte Trinit&#233;, ne repr&#233;sentait pas l'&#233;conomie enti&#232;re de la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ; vous aviez h&#226;te d'&#233;tendre, avec le champ de vos enseignements, les horizons de la foi des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de Dieu en lui-m&#234;me et dans sa vie intime appelait comme compl&#233;ment celle de ses &#339;uvres ext&#233;rieures, et des rapports qu'il a voulu &#233;tablir entre lui et ses cr&#233;atures. Et voil&#224; qu'en cette semaine qui nous voit commencer avec vous l'ineffable inventaire des dons pr&#233;cieux laiss&#233;s en nos mains par l'&#201;poux montant au ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Psalm. LXVII, 19 ; Eph. IV, 8.&#034; id=&#034;nh4-93&#034;&gt;93&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en ce premier jeudi qui nous rappelle le jeudi, saint entre tous, de la C&#232;ne du Seigneur, vous d&#233;couvrez &#224; nos c&#339;urs tout &#224; la fois la pl&#233;nitude, le but, l'admirable harmonie des &#339;uvres qu'op&#232;re le Dieu un dans son essence et trois dans ses personnes ; sous le voile des esp&#232;ces sacr&#233;es, vous offrez &#224; nos yeux, monument divin, le m&#233;morial vivant des merveilles accomplies par le concert de la Toute-Puissance, de la Sagesse et de l'Amour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CX, 4.&#034; id=&#034;nh4-94&#034;&gt;94&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eucharistie pouvait seule, en effet, mettre en pleine lumi&#232;re le d&#233;veloppement dans le temps, la marche progressive des divines r&#233;solutions inspir&#233;es par l'amour infini qui les conduit jusqu'&#224; la fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 1.&#034; id=&#034;nh4-95&#034;&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, jusqu'au dernier terme ici-bas qui est elle-m&#234;me ; couronnement de l'ordre surnaturel en cette terre de l'exil, elle explique et suppose tous les actes divins ant&#233;rieurs. Nous ne saurions donc p&#233;n&#233;trer sa divine importance, qu'en embrassant d'un, m&#234;me regard les op&#233;rations de l'amour infini dont elle est sur terre le sommet glorieux. Ainsi, en m&#234;me temps, trouverons-nous le secret de ces aspirations sup&#233;rieures &#224; la nature qui donnent &#224; l'histoire de l'humanit&#233;, jusqu'en ses &#233;garements, tant de grandeur myst&#233;rieuse ; ainsi verrons-nous que celui-l&#224; seul a creus&#233; l'ab&#238;me du c&#339;ur humain, qui peut et veut le combler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout acte de la divine volont&#233;, hors de Dieu comme en lui-m&#234;me, est amour pur, se rapportant &#224; la troisi&#232;me des augustes personnes, qui est, par le mode de sa procession, l'Amour substantiel et infini. De m&#234;me que le P&#232;re tout-puissant voit toutes choses, avant qu'elles existent, en son Verbe unique, en qui s'&#233;puise la divine intelligence : de m&#234;me, pour qu'elles soient, il les veut toutes dans l'Esprit-Saint, qui est &#224; la divine volont&#233; ce qu'est le Verbe &#224; l'intelligence souveraine. Terme dernier auquel s'arr&#234;te l'intime f&#233;condit&#233; des personnes, en la divine essence, l'Esprit d'amour est en Dieu le principe premier des &#339;uvres ext&#233;rieures : communes dans l'ex&#233;cution aux trois personnes, elles ont en lui leur raison d'&#234;tre. Ineffable solliciteur, il incline la Divinit&#233; en dehors d'elle-m&#234;me ; il est le poids qui, rompant les &#233;ternelles barri&#232;res, plus violent que la foudre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. VIII, 6.&#034; id=&#034;nh4-96&#034;&gt;96&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entra&#238;ne des sommets de l'&#234;tre aux confins du n&#233;ant la Trinit&#233; auguste. Ouvrant le grand conseil, il y dit la parole : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image et ressemblance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen. I, 26.&#034; id=&#034;nh4-97&#034;&gt;97&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Dieu cr&#233;e l'homme &#224; son image ; il le cr&#233;e &#224; l'image de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 27.&#034; id=&#034;nh4-98&#034;&gt;98&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, copiant son Verbe, l'arch&#233;type souverain, dans lequel toute cr&#233;ation plonge ses racines comme dans le lieu des essences. Car le Verbe, pens&#233;e du P&#232;re, miroir tr&#232;s pur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. VII, 26.&#034; id=&#034;nh4-99&#034;&gt;99&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'intelligence infinie, renferme en soi l'id&#233;e divine de toute chose : r&#232;gle des mondes, exemplaire &#233;ternel, lumi&#232;re vivante et vivifiante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-100&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. 1, 3, 4.&#034; id=&#034;nh4-100&#034;&gt;100&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui donne leur forme et leur nature &#224; tous les &#234;tres. Mais dans l'homme seul, r&#233;sum&#233; des mondes, &#224; la fois esprit et mati&#232;re, se retrouvera l'expression compl&#232;te de la pens&#233;e cr&#233;atrice. L'&#226;me m&#234;me, en lui, portera directement l'image de la divine ressemblance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-101&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. II, 23.&#034; id=&#034;nh4-101&#034;&gt;101&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont ce m&#234;me Verbe est l'expression substantielle et infinie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-102&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb. 1, 3.&#034; id=&#034;nh4-102&#034;&gt;102&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : dou&#233; d'intelligence et de libert&#233; comme l'&#202;tre souverain, il animera pour Dieu la cr&#233;ation enti&#232;re ; elle remontera par lui vers son Auteur dans un hommage, born&#233; sans doute, mais en rapport avec toute cette nature inf&#233;rieure sortie du n&#233;ant &#224; l'appel divin. Tel est, tel serait du moins l'ordre naturel, ensemble harmonieux, chef-d'&#339;uvre de bont&#233; s'il e&#251;t exist&#233; jamais seul, mais loin encore des ineffables projets de l'Esprit d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pleine spontan&#233;it&#233; d'une libert&#233; qui pouvait s'abstenir et n'a d'&#233;gale que sa puissance, l'Esprit-Saint veut pour l'homme, au del&#224; du temps, l'association &#224; la vie m&#234;me de Dieu dans la claire vision de son essence ; la vie terrestre des fils d'Adam rev&#234;tira elle-m&#234;me par avance la dignit&#233; de cette vie sup&#233;rieure, &#224; tel point que celle-ci ne sera que le fruit direct, l'&#233;panouissement r&#233;gulier de la premi&#232;re. Aussi, pour que l'&#234;tre ch&#233;tif de la cr&#233;ature ne demeure pas au-dessous d'une telle destin&#233;e, pour que l'homme puisse suffire aux ambitions de son amour, l'Esprit fait-il que, simultan&#233;ment &#224; l'acte de cr&#233;ation, les trois divines personnes infusent en lui leurs propres aptitudes et greffent sur ses puissances finies et born&#233;es les puissances m&#234;mes de la nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble d'une destin&#233;e sup&#233;rieure &#224; la nature et d'&#233;nergies en rapport avec cette destin&#233;e, qui se superposent aux facult&#233;s naturelles pour les transformer sans les d&#233;truire, prendra le nom d'ordre surnaturel, par comparaison avec l'ordre inf&#233;rieur qui e&#251;t &#233;t&#233; celui de la nature, si les divines pr&#233;venances n'eussent ainsi d&#232;s l'abord &#233;lev&#233; l'&#234;tre humain au-dessus de lui-m&#234;me. L'homme gardera de cet ordre inf&#233;rieur les &#233;l&#233;ments qui constituent son humaine nature, avec l'emploi qui leur est propre ; mais tout ordre se sp&#233;cifie surtout par la fin que poursuit l'ordonnateur : et la fin derni&#232;re de l'homme n'ayant jamais &#233;t&#233; autre en la pens&#233;e divine qu'une fin surnaturelle, il s'ensuivra que l'ordre naturel proprement dit n'aura jamais eu d'existence ind&#233;pendante et s&#233;par&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vainement une orgueilleuse philosophie, s'appelant quand m&#234;me &#171; ind&#233;pendante et s&#233;par&#233;e &#187;, pr&#233;tendra s'en tenir aux dogmes naturels et aux vertus purement humaines : non moins que les merveilleuses ascensions des &#226;mes fid&#232;les, les effrayants &#233;carts des r&#233;volt&#233;s dans les voies de l'erreur ou du crime prouveront &#224; leur mani&#232;re que la nature n'est plus, ne fut jamais pour l'homme un niveau auquel il puisse esp&#233;rer se maintenir. En f&#251;t-il ainsi d'ailleurs, que l'homme ne pourrait encore l&#233;gitimement se soustraire aux intentions divines. &#171; En nous assignant une vocation surnaturelle, Dieu a fait acte d'amour ; mais il a fait acte aussi d'autorit&#233;. Son bienfait nous devient un devoir. Noblesse oblige : c'est un axiome parmi les hommes. Ainsi en est-il de la noblesse surnaturelle que Dieu a daign&#233; conf&#233;rer &#224; la cr&#233;ature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-103&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CARDINAL PIE. Premi&#232;re Instruction synodale sur les principales erreurs du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-103&#034;&gt;103&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noblesse sans pareille, qui fait de l'homme non plus seulement l'image de Dieu, mais vraiment son semblable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-104&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen. 1, 26.&#034; id=&#034;nh4-104&#034;&gt;104&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Entre l'infini, l'&#233;ternel, et celui qui nagu&#232;re n'&#233;tait pas et reste &#224; jamais cr&#233;ature, l'amiti&#233;, l'amour d&#233;sormais sont possibles : tel est le but de la communaut&#233; d'aptitudes, de puissances, de vie, &#233;tablie entre eux par l'Esprit d'amour. Ils n'&#233;taient donc pas tout &#224; l'heure le fruit d'un enthousiasme insens&#233;, ces soupirs de l'homme vers son Dieu, ces tressaillements de sa chair mortelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-105&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. LXII, 2.&#034; id=&#034;nh4-105&#034;&gt;105&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Elle n'&#233;tait pas une vaine chim&#232;re cette soif du Dieu fort, du Dieu vivant, cette aspiration d&#233;vorante au festin de l'union divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-106&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLI, 2-7.&#034; id=&#034;nh4-106&#034;&gt;106&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Rendu participant de la nature divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-107&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Petr. 1, 4.&#034; id=&#034;nh4-107&#034;&gt;107&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quoi d'&#233;tonnant que l'homme en ait conscience, et se laisse entra&#238;ner par la flamme incr&#233;&#233;e vers le foyer d'o&#249; elle rayonne jusqu'&#224; lui ? T&#233;moin autoris&#233; de ses propres &#339;uvres, l'Esprit est l&#224; d'ailleurs pour confirmer le t&#233;moignage de notre conscience, et attester &#224; notre &#226;me que nous sommes bien les fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-108&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VIII, 16.&#034; id=&#034;nh4-108&#034;&gt;108&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est lui-m&#234;me qui, se d&#233;robant au plus intime de notre &#234;tre o&#249; il demeure pour maintenir et conduire &#224; bonne fin son &#339;uvre d'amour, c'est l'Esprit qui, tant&#244;t par de soudaines illuminations ouvrant aux yeux de notre c&#339;ur les horizons de la gloire future, inspire aux fils de Dieu les accents anticip&#233;s du triomphe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-109&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. 1, 17, 18 ; Rom. V, 2.&#034; id=&#034;nh4-109&#034;&gt;109&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; tant&#244;t soupire en eux ces g&#233;missements in&#233;narrables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-110&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VIII, 26.&#034; id=&#034;nh4-110&#034;&gt;110&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ces chants d'exil impr&#233;gn&#233;s des larmes br&#251;lantes d'un amour pour qui l'union se fait trop attendre. Comment redire la suavit&#233; victorieuse des incomparables harmonies qui, dans le secret des &#226;mes bless&#233;es du trait divin, montent ainsi de la terre au ciel ? Victorieux en effet seront ces soupirs ; et si l'union &#233;ternelle est trop incompatible avec les jours du p&#232;lerinage et de l'&#233;preuve, la vall&#233;e des larmes verra pourtant d'ineffables myst&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce concert merveilleux de l'Esprit et de l'&#226;me, &#171; celui qui scrute les c&#339;urs, nous dit l'Ap&#244;tre, conna&#238;t le d&#233;sir de l'Esprit, parce qu'il prie selon Dieu pour les saints &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-111&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VIII, 27.&#034; id=&#034;nh4-111&#034;&gt;111&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#233;sir tout-puissant par suite comme Dieu lui-m&#234;me ; d&#233;sir, nouveau en tant que de l'homme n&#233; d'hier, mais &#233;ternel comme de l'Esprit dont l'immuable procession est avant tous les &#226;ges. En r&#233;ponse au d&#233;sir de l'Esprit, des insondables profondeurs de son &#233;ternit&#233;, Celui pour qui tout existe, et que nul &#339;il mortel n'a contempl&#233; ni ne peut voir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-112&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Tim. VI, 16.&#034; id=&#034;nh4-112&#034;&gt;112&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a r&#233;solu de se manifester dans le temps et de s'unir &#224; l'homme encore voyageur, non par lui-m&#234;me, mais en son Fils, la splendeur de sa gloire et l'expression tr&#232;s fid&#232;le de sa substance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-113&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb. 1, 3.&#034; id=&#034;nh4-113&#034;&gt;113&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dieu a tant aim&#233; le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-114&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 16.&#034; id=&#034;nh4-114&#034;&gt;114&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il lui adonn&#233; son Verbe, la divine Sagesse engag&#233;e &#224; l'humanit&#233; d&#232;s le sein du P&#232;re. Figur&#233; par le sein d'Abraham, rendez-vous myst&#233;rieux des justes sous l'ancienne alliance, lieu de repos des &#226;mes saintes avant que ne f&#251;t ouverte au peuple &#233;lu la voie du c&#233;leste sanctuaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-115&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb. IX, 8.&#034; id=&#034;nh4-115&#034;&gt;115&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le sein du P&#232;re est le lit nuptial chant&#233; par David&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-116&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVIII, 6.&#034; id=&#034;nh4-116&#034;&gt;116&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'o&#249; proc&#232;de l'&#201;poux, quittant &#224; l'heure marqu&#233;e les sommets des cieux pour chercher sa fianc&#233;e, et l'y ramenant avec lui pour l'introduire au lieu des noces &#233;ternelles. Marche triomphante de l'&#201;poux en sa beaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-117&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV, 5.&#034; id=&#034;nh4-117&#034;&gt;117&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont le proph&#232;te Mich&#233;e a dit, parlant de son passage en Bethl&#233;hem, que le point de d&#233;part en est des jours de l'&#233;ternit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-118&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mich. V, 2.&#034; id=&#034;nh4-118&#034;&gt;118&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Tel est, en effet, d'apr&#232;s les sublimes enseignements de la th&#233;ologie catholique, l'&#233;troit rapport de la procession &#233;ternelle et de la mission dans le temps des divines personnes, qu'une m&#234;me &#233;ternit&#233; les unit toutes deux en Dieu : &#233;ternellement l'auguste Trinit&#233; contemple l'ineffable naissance du Fils unique au sein du P&#232;re ; &#233;ternellement, du m&#234;me regard, elle le voit proc&#233;dant comme &#201;poux du m&#234;me sein paternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que si maintenant nous venons &#224; comparer entre eux les &#233;ternels d&#233;crets, il est facile de reconna&#238;tre ici le d&#233;cret principal entre tous, et comme tel primant tous les autres en la pens&#233;e cr&#233;atrice. Dieu le P&#232;re a tout fait pour cette union de la nature humaine avec son Fils : union si intime qu'elle devait aller, pour l'un des membres de cette humanit&#233;, jusqu'&#224; l'identification personnelle avec le Fils tr&#232;s unique du P&#232;re ; union si universelle, qu'&#224; des degr&#233;s divers, aucun des individus de la race humaine ne devait &#234;tre exclu que par lui-m&#234;me des noces divines avec la Sagesse &#233;ternelle ainsi manifest&#233;e dans le plus beau des enfants des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-119&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLIV, 3.&#034; id=&#034;nh4-119&#034;&gt;119&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi &#171; Dieu, qui d'une parole autrefois fit jaillir la lumi&#232;re au sein des t&#233;n&#232;bres, resplendit lui-m&#234;me en nos c&#339;urs, les initiant &#224; la connaissance de la gloire divine par la face du Christ J&#233;sus. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-120&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. IV, 6.&#034; id=&#034;nh4-120&#034;&gt;120&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi le myst&#232;re des noces est-il bien le myst&#232;re du monde ; ainsi le royaume des cieux est-il semblable &#224; un roi qui fait les noces de son fils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-121&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXII, 21.&#034; id=&#034;nh4-121&#034;&gt;121&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; donc se fera la rencontre ici-bas du prince et de sa fianc&#233;e ? O&#249; doit se consommer cette union merveilleuse ? Qui nous dira la dot de l'&#201;pouse, le gage de l'alliance ? Sait-on l'ordonnateur du banquet nuptial, et quels mets seront servis aux convives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces questions la triomphante r&#233;ponse &#233;clate aujourd'hui de toutes parts sous la vo&#251;te du ciel. A la puissance des accents sublimes que se renvoient les &#233;chos de la terre et des cieux, reconnaissons le Verbe divin. L'adorable Sagesse est sortie des temples : elle crie sur les places publiques, en t&#234;te des foules, aux portes des villes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-122&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. I, 20, 21.&#034; id=&#034;nh4-122&#034;&gt;122&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#233;tablie sur les montagnes, occupant les points &#233;lev&#233;s des grandes routes, barrant les sentiers, elle fait entendre sa voix aux fils des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-123&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. VIII, 1-4.&#034; id=&#034;nh4-123&#034;&gt;123&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et dans le m&#234;me temps courent ses servantes, les gr&#226;ces vari&#233;es portant son message aux humbles de c&#339;ur : &#171; Venez, mangez mon pain, buvez le vin que j'ai m&#233;lang&#233; pour vous. &#187; Car la Sagesse s'est b&#226;ti une demeure ici-bas ; elle a elle-m&#234;me immol&#233; ses victimes, pr&#233;par&#233; le vin et dress&#233; sa table&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-124&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. IX, 1-5.&#034; id=&#034;nh4-124&#034;&gt;124&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : tout est pr&#234;t, venez au festin des noces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-125&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXII, 4.&#034; id=&#034;nh4-125&#034;&gt;125&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O Sagesse, qui &#234;tes sortie de la bouche du Tr&#232;s-Haut, atteignant d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre et disposant toutes choses avec force et douceur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-126&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ia ex Ant. maj. Adventus.&#034; id=&#034;nh4-126&#034;&gt;126&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous implorions au temps de l'Avent votre venue en Bethl&#233;hem, la maison du pain ; vous &#233;tiez la premi&#232;re aspiration de nos c&#339;urs haletants sous l'attente des si&#232;cles. Le jour de votre glorieuse &#201;piphanie manifesta le myst&#232;re des noces, et r&#233;v&#233;la l'&#201;poux ; l'&#201;pouse fut pr&#233;par&#233;e dans les eaux du Jourdain ; nous chant&#226;mes les Mages courant avec des pr&#233;sents au festin figuratif, et les convives s'enivrant d'un vin miraculeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-127&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ant. Epiph. ad Benedictus.&#034; id=&#034;nh4-127&#034;&gt;127&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'eau chang&#233;e en vin pour suppl&#233;er &#224; l'insuffisance d'une vigne inf&#233;conde pr&#233;sageait de plus grandes merveilles. La vigne, la vraie vigne dont nous sommes les branches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-128&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 5.&#034; id=&#034;nh4-128&#034;&gt;128&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a donn&#233; ses fleurs embaum&#233;es, ses fruits de gr&#226;ce et d'honneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-129&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XXIV, 23.&#034; id=&#034;nh4-129&#034;&gt;129&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le froment abonde dans les vall&#233;es, elles chantent un hymne de louange&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-130&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. LXIV, 14.&#034; id=&#034;nh4-130&#034;&gt;130&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; car cette force du peuple couvre de ses &#233;pis jusqu'au sommet des montagnes, et sa tige nourrici&#232;re domine le Liban&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-131&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. LXXI, 16.&#034; id=&#034;nh4-131&#034;&gt;131&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sagesse, noble souveraine, dont les charmes divins captivent d&#232;s l'enfance les c&#339;urs avides de la vraie beaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-132&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. VIII, 2.&#034; id=&#034;nh4-132&#034;&gt;132&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est donc arriv&#233; le jour du vrai festin des noces ! Comme une m&#232;re pleine d'honneur, comme la jeune vierge en ses attraits, vous accourez pour nous nourrir du pain de vie, nous enivrer du breuvage salutaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-133&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XV, 2, 3.&#034; id=&#034;nh4-133&#034;&gt;133&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Meilleur est votre fruit que l'or et la pierre pr&#233;cieuse, meilleure votre substance que l'argent le plus pur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-134&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII, 19.&#034; id=&#034;nh4-134&#034;&gt;134&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceux qui vous mangent auront encore faim, ceux qui vous boivent n'&#233;teindront pas leur soif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-135&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XXIV, 29.&#034; id=&#034;nh4-135&#034;&gt;135&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car votre conversation n'a point d'amertume, votre soci&#233;t&#233; de d&#233;go&#251;t ; avec vous sont l'all&#233;gresse et la joie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-136&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap. VIII, 16.&#034; id=&#034;nh4-136&#034;&gt;136&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les richesses, la gloire et la vertu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-137&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII 18.&#034; id=&#034;nh4-137&#034;&gt;137&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ces jours o&#249; si&#233;geant dans la nu&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-138&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XXIV, 7.&#034; id=&#034;nh4-138&#034;&gt;138&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous &#233;levez votre tr&#244;ne dans l'assembl&#233;e des saints, sondant &#224; loisir les myst&#232;res du divin banquet, nous voulons publier vos merveilles, et, de concert avec vous, chanter vos louanges en face des arm&#233;es du Tr&#232;s-Haut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-139&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 1-4.&#034; id=&#034;nh4-139&#034;&gt;139&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Daignez ouvrir notre bouche et nous remplir de votre Esprit, divine Sagesse, afin que notre louange soit digne de son objet, et qu'elle abonde, selon votre promesse dans les saints Livres, en la bouche fid&#232;le de vos adorateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-140&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XV, 5, 10.&#034; id=&#034;nh4-140&#034;&gt;140&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les Matines.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Office de la nuit emprunte aujourd'hui un int&#233;r&#234;t sp&#233;cial au souvenir de cette nuit pr&#233;cieuse o&#249;, comme le chante l'&#201;glise, la foi nous montre le Seigneur pr&#233;sidant une derni&#232;re fois la P&#226;que figurative, et faisant suivre le banquet de l'Agneau symbolique du festin de son propre corps. Pour les raisons expos&#233;es hier, nous donnons cet Office en entier (Pour les textes de l'Office, voir &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article297#inter4'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;. N.d.W.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'exciter encore plus le z&#232;le des fid&#232;les pour la pri&#232;re liturgique de pr&#233;f&#233;rence &#224; toute autre, rappelons aussi que les Souverains Pontifes ont solennellement ouvert le tr&#233;sor de l'&#201;glise en laveur de ceux qui, vraiment contrits et confess&#233;s, assisteraient &#224; quelqu'une des Heures canoniales le jour de la F&#234;te ou dans l'Octave. Martin V, par sa Constitution &lt;i&gt;Ineffabile Sacramentum&lt;/i&gt; qui permet de c&#233;l&#233;brer au son des cloches et avec solennit&#233;, dans les lieux m&#234;me soumis &#224; l'interdit, la F&#234;te et toute l'Octave du Corps du Seigneur, confirma et augmenta les indulgences accord&#233;es par Urbain IV en la Bulle &lt;i&gt;Transiturus&lt;/i&gt;. Enfin Eug&#232;ne IV, rappelant les actes des deux Pontifes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-141&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Const. Excellentissimum.&#034; id=&#034;nh4-141&#034;&gt;141&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, doubla ces indulgences, qui peuvent se r&#233;sumer aujourd'hui pour les fid&#232;les de la mani&#232;re suivante. Deux cents jours sont accord&#233;s pour le je&#251;ne de la Vigile, ou une &#339;uvre pie rempla&#231;ant le je&#251;ne selon l'avis du confesseur ; le jour de la F&#234;te, quatre cents jours pour l'assistance aux premi&#232;res V&#234;pres, et autant pour Matines, la Messe, les secondes V&#234;pres, deux cents jours pour la Communion ind&#233;pendamment de la sainte Messe, cent soixante pour chacune des Heures de Prime, Tierce, Sexte, None et Complies, deux cents pour la Procession le jour de la F&#234;te ou dans l'Octave ; deux cents jours &#233;galement pour l'assistance aux V&#234;pres, Matines et Messes dans l'Octave, et quatre-vingts pour chacune des autres Heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise d&#233;bute en ses chants par la supplication matutinale accoutum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite, avec son glorieux refrain qui annonce le myst&#232;re du jour, le Cantique Invitatoire, par lequel, chaque nuit, l'&#201;glise convie ses enfants &#224; venir adorer le Seigneur. Aujourd'hui, c'est l'&#201;pouse qui, s'adressant &#224; nous comme aux fid&#232;les sujets et courtisans du Roi de gloire, excite nos hommages envers Celui dont la souveraine puissance fait ressortir d'autant plus l'ineffable bont&#233; : &#171; Adorons le Christ-Roi, dominateur des nations : Qui donne &#224; ceux qui le mangent l'abondance de son esprit. &#187; &lt;tt&gt;&lt;popup910|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Invitatoire, dans lequel nous avons c&#233;l&#233;br&#233; le r&#232;gne social du Christ affirm&#233; par cette f&#234;te de l'Eucharistie, l'&#201;glise entonne l'Hymne triomphante o&#249; se d&#233;roule en noble po&#233;sie le r&#233;cit de la derni&#232;re C&#232;ne et l'&#233;nonc&#233; des grands biens conf&#233;r&#233;s &#224; la terre en cette nuit pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;ludes &#233;tant accomplis, commence le solennel Office de la nuit, divis&#233;, comme l'on sait, en trois Veilles ou Nocturnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PREMIER NOCTURNE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ est l'homme juste par excellence ; il est l'arbre qui donne son fruit en son temps, le fruit de salut que le Seigneur nous donne &#224; go&#251;ter au temps de sa mort. Le premier Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup842|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, rappelle ce beau symbolisme exalt&#233; par les P&#232;res : &#171; Au temps de sa mort, le Seigneur nous a donn&#233; &#224; go&#251;ter un fruit de salut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup958|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, c&#233;l&#232;bre la paix et l'abondance de l'homme qui a mis sa confiance dans le Dieu de justice. Le froment, le vin et l'huile sont les richesses de la maison du Seigneur : c'est par ces trois &#233;l&#233;ments surtout que l'&#201;glise conf&#232;re une saintet&#233; toujours croissante aux hommes devenus ses enfants par l'eau du bapt&#234;me. Mais qu'a-t-elle de meilleur, qu'a-t-elle de plus beau que le froment des &#233;lus et le vin qui fait germer les vierges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-142&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zach. IX, 17.&#034; id=&#034;nh4-142&#034;&gt;142&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#171; Enrichis par l'abondance du froment et du vin, les fid&#232;les se reposent dans la paix du Christ. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu comment la tr&#232;s sainte Eucharistie &#233;tait le lien des fid&#232;les entre eux, le centre de la communion catholique. Ce qu'est l'immortel Sacrifice pour les chr&#233;tiens au point de vue social, les sacrifices mosa&#239;ques le furent autrefois pour les Juifs, quoique d'une fa&#231;on tout ext&#233;rieure et figurative. L'Antienne qui suit nous indique que l'&#201;glise a fait choix du troisi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup959|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, pour rappeler sa sup&#233;riorit&#233; sous ce rapport en face de la synagogue r&#233;pudi&#233;e. Le Seigneur lui-m&#234;me est la part glorieuse de son h&#233;ritage, et le calice de sa joie. &#171; Le Seigneur nous a rassembl&#233;s, non par le sang des veaux, mais dans la communion du calice o&#249; l'on boit Dieu lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne sont emprunt&#233;es &#224; saint Paul. Apr&#232;s avoir repris les fid&#232;les de Corinthe des abus qui s'&#233;taient introduits dans leurs assembl&#233;es, il raconte l'institution de la sainte Eucharistie ; il explique les dispositions avec lesquelles on doit se pr&#233;senter &#224; la table sainte, et nous montre la grandeur du crime que commet celui qui s'en approche indignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera l'habile contexture des R&#233;pons, compos&#233;s de passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, mis en pr&#233;sence pour faire ressortir l'accord de la Loi et des Proph&#232;tes avec l'&#201;vangile au sujet de l'Eucharistie. L'Office du Saint-Sacrement se trouve ainsi enrichi des principales proph&#233;ties et figures qui l'avaient annonc&#233;, tenant en &#233;veil les justes de l'ancienne alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume des Matines, &lt;tt&gt;&lt;popup960|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, c&#233;l&#232;bre l'efficacit&#233; toute-puissante du Sacrifice chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection du Seigneur, son secours dans les combats de la vie, la joie, la gloire et l'abondance demeurent assur&#233;s &#224; qui sait y recourir. Car le Christ en est l'hostie, victime grasse entre toutes, holocauste dont la suave odeur monte de l'autel terrestre au sanctuaire des cieux, pour en faire descendre le salut de la droite du Tr&#232;s-Haut. C'est au Christ lui-m&#234;me que le Psalmiste adresse ici ses v&#339;ux de victoire. &#171; Que le Seigneur se souvienne de notre Sacrifice, et que notre holocauste lui soit agr&#233;able. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne manque &#224; l'&#226;me qui suit le Seigneur. Heureuse brebis ! La houlette du Pasteur la conduit aux gras p&#226;turages, aux eaux rafra&#238;chissantes. Chantons avec le juste son calice enivrant, et la table pr&#233;par&#233;e pour lui contre tous ceux qui le pers&#233;cutent : comme un lion respirant la flamme, il sort de cette table en effet devenu terrible au d&#233;mon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-143&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chrys. in Johan.&#034; id=&#034;nh4-143&#034;&gt;143&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;tt&gt;&lt;popup961|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &#171; La table du Seigneur est dress&#233;e pour nous contre tous ceux qui nous pers&#233;cutent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup962|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, fut inspir&#233; &#224; David retenu loin du tabernacle et de l'arche sainte, lorsqu'il se d&#233;robait &#224; la col&#232;re de Sa&#252;l dans les montagnes voisines du Jourdain. C'est ce beau cantique que nous avons cit&#233; plus haut, comme exprimant merveilleusement la soif de l'homme vers Dieu d&#232;s cette vie mortelle. La seule pens&#233;e du banquet divin le r&#233;conforte au milieu des angoisses et ranime son espoir. Laissons-nous p&#233;n&#233;trer de cette sublime po&#233;sie : qu'elle allume ou ranime en nous la flamme de l'amour. &#171; Que les convives du banquet divin fassent retentir un chant d'all&#233;gresse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Docteur ang&#233;lique intervient lui-m&#234;me directement, aux Le&#231;ons du second Nocturne, pour faire entrer notre foi dans la science du divin Sacrement, autant qu'il peut &#234;tre compris par l'homme encore voyageur, et d&#233;fini par l'intelligence humaine. &#171; Ce sont les paroles m&#234;mes du Seigneur approuvant la doctrine de Thomas sur le Sacrement de son Corps. &#187; Trois villes successivement, Paris, Naples et Orvieto, eurent l'honneur de servir de th&#233;&#226;tre &#224; ces manifestations si glorieuses du Christ &#224; son Docteur. On v&#233;n&#232;re encore &#224; Orvieto, dans l'&#201;glise de Saint-Dominique, le Crucifix qui prit ainsi la parole pour donner l'approbation divine &#224; l'Office m&#234;me qui est sous nos yeux. &#201;coutons donc avec un pieux respect, et ne nous laissons pas effrayer par une terminologie scolastique qui n'est pas la science, mais le v&#234;tement de combat dont il parut bon de la munir pour les champs clos de la dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup963|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, fait suite au pr&#233;c&#233;dent dans l'ordre du Psautier. Une m&#234;me situation les inspire, une m&#234;me pens&#233;e domine leur composition, s'exprimant aussi dans les m&#234;mes termes : le cri de l'&#226;me harcel&#233;e par l'ennemi, soupirant vers son Dieu, le d&#233;sir et la confiance de revoir enfin la montagne sainte et cet autel o&#249; Dieu se donne en la personne du Verbe incarn&#233;, le Christ, qui vient renouveler la jeunesse de ses heureux adorateurs et convives. &#171; Je m'avancerai jusqu'&#224; l'autel de Dieu : je recevrai le Christ qui renouvelle ma jeunesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le huiti&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup964|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, c&#233;l&#232;bre avec enthousiasme la souveraine bont&#233; du Dieu de Jacob. Par mille prodiges il a d&#233;livr&#233; son peuple ; il lui a dit : &#171; Ouvre ta bouche, et je la remplirai &#187; ; et malgr&#233; les trop nombreuses indocilit&#233;s de ses fils ingrats, il tient aujourd'hui sa promesse. Il les nourrit de la graisse du froment, il les rassasie du miel de la pierre, qui sont les ineffables douceurs du Christ froment des &#233;lus et pierre du d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-144&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zach. IX, 17 ; I Cor. X, 4.&#034; id=&#034;nh4-144&#034;&gt;144&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Le Seigneur nous a nourris de la graisse du froment ; il nous a rassasies du miel de la pierre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ est le Dieu vivant en qui tressaillent notre c&#339;ur et notre chair. Chantons, avec le neuvi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup965|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, les autels du Dieu des arm&#233;es, notre Roi et notre Dieu ; ils sont le refuge du passereau, le nid de la tourterelle. Heureux qui habite ces fortunes tabernacles ! &#171; A votre autel, Seigneur, nous recevons le Christ, en qui tressaillent notre c&#339;ur et notre chair. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit le commencement de l'&#201;vangile de la Messe, et l'interpr&#233;tation nous en est donn&#233;e par saint Augustin. Il insiste sur l'unit&#233; que le Seigneur a en vue d'&#233;tablir chez les siens par l'auguste Sacrement ; il montre la n&#233;cessit&#233; des dispositions int&#233;rieures requises pour y participer avec fruit, et en rel&#232;ve l'effet qui est de faire vivre l'homme pour le Christ, comme lui-m&#234;me vit pour son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois Veilles de la nuit sont &#233;puis&#233;es. L'&#201;glise a veill&#233; dans l'attente de l'&#201;poux, chantant ses louanges pour tromper les ennuis de ces heures trop lentes, et h&#226;tant de ses aspirations enflamm&#233;es l'arriv&#233;e du Bien-Aim&#233;. Heureuse est-elle ! car heureux les hommes que le Seigneur, au jour des noces, trouve veillants de la sorte &#224; son arriv&#233;e, pour lui ouvrir d&#232;s qu'il aura frapp&#233; : &#171; En v&#233;rit&#233;, je vous le dis, s'&#233;crie le Sauveur dans l'&#201;vangile, il se ceindra lui-m&#234;me, les fera prendre place &#224; table, et allant et venant les servira de ses mains ; et s'il vient &#224; la seconde veille, et s'il vient &#224; la troisi&#232;me veille, et qu'il les trouve ainsi, bienheureux sont-ils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-145&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XII, 36-38.&#034; id=&#034;nh4-145&#034;&gt;145&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Les pieux interpr&#232;tes de la sainte Liturgie ont vu dans ces longues divisions de l'Office appel&#233;es Nocturnes, qui se d&#233;roulent en dehors des sept Heures canoniques du jour, l'image des longs si&#232;cles o&#249; le genre humain, plong&#233; dans l'ombre et sous le coup des divines inimiti&#233;s, implorait la venue du M&#233;diateur qui devait le justifier dans son sang&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-146&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. V, 9.&#034; id=&#034;nh4-146&#034;&gt;146&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et ramener la lumi&#232;re en r&#233;tablissant avec le ciel l'harmonie rompue par le p&#233;ch&#233; d'origine. Non moins que les pri&#232;res des Patriarches et les aspirations des Proph&#232;tes, par avance aussi les soupirs de l'&#201;glise et de tous les justes abr&#233;g&#232;rent alors les temps du Messie, et rapproch&#232;rent du point de d&#233;part l'heure du grand Sacrifice qui est venu donner fin au p&#233;ch&#233;, manifester au monde la justice &#233;ternelle, et confirmer l'alliance avec un grand nombre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-147&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dan. IX, 24, 27.&#034; id=&#034;nh4-147&#034;&gt;147&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais chaque jour encore l'&#201;glise attend l'&#201;poux : s'il n'est venu qu'une fois pour mourir, chaque jour il descend des cieux pour f&#233;conder son &#201;pouse dans l'acte du Sacrifice quotidien, o&#249; se fait l'incessante application des m&#233;rites de celui de la Croix offert une seule fois pour la dur&#233;e des si&#232;cles. Cette venue quotidienne du Seigneur est le point culminant de la journ&#233;e de l'&#201;glise, partageant sa vie terrestre entre le d&#233;sir et l'action de gr&#226;ces. Sept fois le jour, elle laisse &#233;clater au dehors les sentiments qui d&#233;bordent en elle, et convie ses fils au sacrifice de louange, &#233;panouissement radieux du Sacrifice eucharistique. Ainsi faisait le royal proph&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-148&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXVIII, 164.&#034; id=&#034;nh4-148&#034;&gt;148&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme lui, elle &#233;tablit les chantres en face de l'autel, et met en leurs bouches de douces m&#233;lodies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-149&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eccli. XLVII, 11.&#034; id=&#034;nh4-149&#034;&gt;149&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en effet David eut transport&#233; dans J&#233;rusalem l'arche sainte avec cette pompe qui est racont&#233;e dans les saints Livres, apr&#232;s que tous les sacrifices furent accomplis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-150&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Paral. XVI, 2.&#034; id=&#034;nh4-150&#034;&gt;150&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il laissa devant l'arche un ch&#339;ur de l&#233;vites choisis, pour c&#233;l&#233;brer les merveilles du Seigneur et louer au nom de tous le Dieu d'Isra&#235;l&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-151&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 4, 37, 41.&#034; id=&#034;nh4-151&#034;&gt;151&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus tard, lorsque, plein de jours, il couronna roi en Sion ce fils qui, plus heureux que lui, devait b&#226;tir le temple de J&#233;hovah&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-152&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXIII, 1.&#034; id=&#034;nh4-152&#034;&gt;152&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, David remit &#224; Salomon les plans de l'&#233;difice sacr&#233; qui allait remplacer dans sa stabilit&#233; la tente du d&#233;sert, et il voulut aussi fixer lui-m&#234;me l'organisation d&#233;finitive du culte divin r&#233;clam&#233;e par le nouvel ordre de choses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-153&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXVIII, 11, 13.&#034; id=&#034;nh4-153&#034;&gt;153&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aux vingt-quatre familles sacerdotales d&#233;sign&#233;es pour se relever hebdomadairement dans l'oblation des sacrifices, &#233;taient adjoints comme naturel compl&#233;ment quatre mille chantres ou psalmistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-154&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXIII, 3.&#034; id=&#034;nh4-154&#034;&gt;154&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;partis eux-m&#234;mes en vingt-quatre s&#233;ries pour perp&#233;tuer le minist&#232;re de la proph&#233;tie ou louange, sous la conduite d'Asaph, H&#233;man et Idithun, et recevant les le&#231;ons de deux cent quatre-vingt-huit de leurs fr&#232;res, tous savants dans la science du chant sacr&#233; et proph&#233;tisant sur la cithare, les cymbales et le psalt&#233;rion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-155&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XXV.&#034; id=&#034;nh4-155&#034;&gt;155&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La louange alors &#233;tait proph&#233;tie, comme chez nous elle est confession : ils chantaient dans l'esp&#233;rance, comme nous chantons dans la foi ; mais l'objet de nos chants est le m&#234;me, &#224; savoir le Christ Sauveur, et c'est ainsi que le recueil des formules sacr&#233;es d'Isra&#235;l a pass&#233; tout entier dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Type parfait du Messie, non content de fournir au peuple ancien dans des psaumes inspir&#233;s le th&#232;me de ses chants, David appara&#238;t m&#234;l&#233; aux l&#233;vites, v&#234;tu comme eux de la tunique de lin et pr&#233;sidant leurs concerts, au jour solennel de la translation de l'arche en la ville sainte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-156&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Paral. XV, 27.&#034; id=&#034;nh4-156&#034;&gt;156&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Chantre illustre, s'&#233;crie le pieux et profond Abb&#233; Rupert, il conduit les ch&#339;urs sacr&#233;s, et danse devant l'arche de l'alliance du Seigneur. O roi, &#244; prince des sacr&#233;s rites ! O&#249; tend donc l'enthousiaste transport d'une si noble t&#234;te ? Voil&#224; que celui qui n'est point de la race sacerdotale commande aux pr&#234;tres, classe les l&#233;vites, organise les ch&#339;urs, choisit les chantres pour l'arcane, pour l'octave, pour l'hymne de la victoire, et d&#233;termine qui sonnera des trompettes, qui frappera les cymbales, qui touchera la lyre, la guitare ou la harpe sacr&#233;e. En toutes ces d&#233;marches il voit son fils, il ose remplir un r&#244;le qu'il savait devoir convenir &#224; ce fils son Seigneur. Car l'arche sainte d&#233;signe l'humanit&#233; du Christ Sauveur, contenant la manne du Verbe, les tables du Testament, et la verge de la puissance royale et sacerdotale. C'est pourquoi notre David, ayant renvers&#233; l'empire de la mort, comme le premier celui de Sa&#252;l, conduit en J&#233;rusalem l'arche de l'alliance et la place dans le tabernacle dress&#233; par lui-m&#234;me. Ce que voyant l'&#201;glise, &#224; l'exemple de l'ancien peuple, elle s'excite &#224; chanter avec le vrai David. Toute la multitude des fils de Jacob chante donc harmonieusement, et David lui-m&#234;me avec eux touche la cithare en la maison du Seigneur. Car tout ce que chante Isra&#235;l, il l'apprend du ma&#238;tre, il l'ex&#233;cute sous la conduite et la mesure de ce chef du chant sacr&#233;, de ce pr&#230;centor frappant du doigt de Dieu les harpes des c&#339;urs. Excit&#233;e par lui, l'all&#233;gresse des &#226;mes &#233;clate en sons corporels, en m&#233;lodieux concert, tant&#244;t grave, tant&#244;t per&#231;ant t ou grandiose ; et sous le souffle d'une m&#234;me foi, r&#233;sonnant partout aux m&#234;mes heures, ce chant un et multiple de l'immense corps de l'&#201;glise r&#233;pandue dans toutes les nations, apporte de toutes parts au Christ son centre une suave harmonie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-157&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rupert. De div. Off. Lib. I, c. 17.&#034; id=&#034;nh4-157&#034;&gt;157&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; l'aurore s'annonce au ciel. Pench&#233;e vers l'Orient, l'&#201;glise a vu dans ces lueurs l'indice de l'arriv&#233;e prochaine de l'&#201;poux. Elle tressaille au moment o&#249; va para&#238;tre enfin l'astre du jour ; et le solennel Office des Laudes, tout d'all&#233;gresse et de louange, comme son nom m&#234;me, invite la terre, la mer et les cieux &#224; c&#233;l&#233;brer dignement le lever du Christ, soleil v&#233;ritable, qui s'&#233;lance de l'horizon comme un g&#233;ant vers la montagne du Sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_7&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les Laudes.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Pour les textes de l'Office, voir &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article297#inter5'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;. N.d.W.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes, &lt;tt&gt;&lt;popup871|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, nous montre dans sa force et son infinie grandeur le Seigneur roi des nations cach&#233; dans l'Hostie. Par l'immortel Sacrifice il raffermit la terre &#233;branl&#233;e. La voix des grandes eaux est imposante ; mais plus puissante encore est sur le ciel la voix de l'auguste Victime. La divine Sagesse en rend aujourd'hui t&#233;moignage : c'est elle qui a b&#226;ti la maison et dress&#233; la table du Sacrifice. Marchons en sa pr&#233;sence dans une saintet&#233; digne de cette maison, dont elle manifeste aujourd'hui au monde l'incomparable tr&#233;sor. &#171; La Sagesse s'est b&#226;ti une maison, elle a m&#233;lang&#233; son vin et dress&#233; sa table. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant, &lt;tt&gt;&lt;popup872|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, convoque tous les habitants de la terre &#224; entrer dans la maison de la divine Sagesse, pour y c&#233;l&#233;brer comme il convient la douce pr&#233;sence de celle dont les d&#233;lices sont d'habiter ainsi parmi les enfants des hommes. Et pourtant, elle est le Seigneur de gloire, le Dieu qui nous a cr&#233;&#233;s. Nous sommes son peuple et les brebis de son heureux p&#226;turage : chantons son amour dans l'all&#233;gresse et la reconnaissance. &#171; Vous avez nourri votre peuple de l'aliment des Anges, vous lui avez donn&#233; le pain du ciel. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux Psaumes suivants que l'&#201;glise r&#233;unit en un seul, &lt;tt&gt;&lt;popup870|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; et Psaume 66&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-158&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Description de la psalmodie avant la r&#233;forme de saint Pie X.&#034; id=&#034;nh4-158&#034;&gt;158&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont le cri de l'&#226;me fid&#232;le au moment o&#249; l'aurore para&#238;t enfin. Elle a &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par la soif de son Dieu ; elle se consume dans l'attente du pain de vie qui doit l'engraisser de la substance du Christ et la remplir de royales d&#233;lices. Aujourd'hui, elle tressaille &#224; la pens&#233;e du solennel triomphe qui va produire &#224; la face du monde l'objet de son amour, et faire pour quelques heures un temple auguste de cette terre d&#233;serte, aride et sans eau. Partout les peuples vont s'unir dans un sentiment commun d'adoration, d'all&#233;gresse et de louange ; les nations reconnaissantes exalteront en ce jour le fruit divin que la terre a produit. &#171; Le pain du Christ engraisse l'&#226;me, et il fera les d&#233;lices des rois. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cantique dans lequel les trois enfants de la fournaise de Babylone appelaient toutes les cr&#233;atures de Dieu &#224; b&#233;nir son Nom, vient aujourd'hui encore pr&#234;ter une voix &#224; toute la nature, et convier l'&#339;uvre de Dieu tout enti&#232;re &#224; louer son auteur. Il est bien juste que les cieux et la terre s'unissent pour rendre hommage &#224; Celui qui, dans le grand Sacrifice renouvel&#233; chaque jour par la main du pr&#234;tre, a r&#233;uni toutes choses au ciel et sur la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-159&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph. 1, 10.&#034; id=&#034;nh4-159&#034;&gt;159&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;tt&gt;&lt;popup874|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &#171; Les pr&#234;tres seront saints pour offrir &#224; Dieu l'encens et le pain du Sacrifice. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois derniers Psaumes que l'&#201;glise r&#233;unit en un seul sont aussi les derniers du Psautier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-160&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Description de la psalmodie avant la r&#233;forme de saint Pie X.&#034; id=&#034;nh4-160&#034;&gt;160&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils renferment la louange du Seigneur, et convoquent toutes les cr&#233;atures &#224; le c&#233;l&#233;brer. Le premier, &lt;tt&gt;&lt;popup873|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, offre un grand rapport avec le Cantique des trois enfants ; le deuxi&#232;me, Psaume 149, convie les Saints &#224; chanter le Seigneur qui les a glorifi&#233;s et associ&#233;s par l'Hostie sainte &#224; ses f&#233;licit&#233;s comme &#224; sa puissance ; le troisi&#232;me, Psaume 150, invite tout ce qui respire &#224; former, en l'honneur du Dieu toujours pr&#233;sent avec nous, le plus brillant et le plus harmonieux concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Capitule qui vient ensuite est tir&#233; de la premi&#232;re &#201;p&#238;tre de saint Paul aux Corinthiens. Nous avons d&#233;j&#224; vu ce passage, accompagn&#233; de ce qui le pr&#233;c&#232;de et le suit, dans les Le&#231;ons du premier Nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne des Laudes est c&#233;l&#232;bre par l'admirable strophe, la quatri&#232;me, qui r&#233;sume si compl&#232;tement dans sa bri&#232;vet&#233; gracieuse le myst&#232;re du Christ J&#233;sus, compagnon, nourriture, ran&#231;on et r&#233;compense de l'homme. Chantons-la dans la reconnaissance, la confiance et l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entonne ensuite le Cantique de Zacharie, &lt;tt&gt;&lt;popup876|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;,par lequel l'&#201;glise salue, chaque matin, le lever du soleil. Il c&#233;l&#232;bre la visite du Seigneur, l'accomplissement des promesses de Dieu, l'apparition du divin Orient au milieu de nos t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil s'est lev&#233; dans sa splendeur, au milieu des harmonies montant du sanctuaire &#224; la rencontre du divin Orient. Pendant que les interpr&#232;tes de la psalmodie sacr&#233;e ach&#232;vent d'offrir pour le monde au Dieu Cr&#233;ateur et Sauveur le solennel tribut des Laudes matutinales, les premiers rayons de l'astre du jour &#233;clairent partout, en dehors du temple, le spectacle d'une activit&#233; universelle o&#249; n'ont de part ni le d&#233;sir du gain, ni la soif des plaisirs. Une nouvelle de salut s'est fait entendre ; un cri d'all&#233;gresse a retenti dans la maison des justes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-161&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXVII, 15.&#034; id=&#034;nh4-161&#034;&gt;161&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Dieu s'appr&#234;te &#224; visiter son peuple. L'Emmanuel pr&#233;sent dans l'Hostie va quitter son temple. Il doit descendre en vos cit&#233;s, en vos fertiles campagnes, tenir sa cour aux champs de la for&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-162&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXXXI, 6.&#034; id=&#034;nh4-162&#034;&gt;162&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sous le feuillage, dressez son tr&#244;ne ; sur son parcours, semez les fleurs et la verdure jusqu'&#224; la corne de l'autel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-163&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXVII, 27.&#034; id=&#034;nh4-163&#034;&gt;163&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette annonce, un saint enthousiasme s'est &#233;mu dans les &#226;mes. D&#232;s les jours pr&#233;c&#233;dents, en plus d'un c&#339;ur fid&#232;le s'est renouvel&#233; le v&#339;u de David au Dieu de Jacob : &#171; Non, je ne veux point remonter sur ma couche, je n'accorderai point de sommeil &#224; mes yeux, jusqu'&#224; ce que j'aie trouv&#233; un lieu convenable pour le Seigneur, dress&#233; une tente au Dieu de Jacob&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-164&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXXXI, 3-5.&#034; id=&#034;nh4-164&#034;&gt;164&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reposoirs sacr&#233;s o&#249; s'arr&#234;teront les pieds du Roi pacifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-165&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXXXI, 7.&#034; id=&#034;nh4-165&#034;&gt;165&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d&#233;licieuses conceptions, chefs-d'&#339;uvre d'un jour, qui, chaque ann&#233;e, mettez en lumi&#232;re l'exquise po&#233;sie que nourrit l'amour dans le peuple fid&#232;le, vous r&#233;unissez &#224; cette heure, dans une m&#234;me pens&#233;e de rivalit&#233; sainte, les plus humbles villages et les divers quartiers des cit&#233;s populeuses. Sur tous les c&#339;urs chr&#233;tiens, dans ceux-l&#224; m&#234;me chez qui la gr&#226;ce depuis longtemps bannie semblait avoir perdu tout empire, le Myst&#232;re de la foi fait sentir sa puissance ; et la femme chr&#233;tienne, la fille, la s&#339;ur, dont chaque f&#234;te du Cycle augmentait l'angoisse sur l'aveuglement obstin&#233; d'&#234;tres ch&#233;ris, tressaillent en les voyant s'empresser eux-m&#234;mes aux appr&#234;ts du prochain triomphe de l'Emmanuel, et se d&#233;penser pour le Dieu de l'Hostie. C'est le r&#233;veil de la foi dans les baptis&#233;s ; c'est la gr&#226;ce du Sacrement d'amour op&#233;rant &#224; distance, gr&#226;ce de ressouvenir et de conversion pour les &#226;mes assoupies ou endurcies, jusqu'aux confins de la terre et dans toutes les familles des nations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-166&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XXI, 28.&#034; id=&#034;nh4-166&#034;&gt;166&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les cieux se r&#233;jouissent ; la terre triomphe ; la mer est &#233;mue sur tous ses rivages. Les campagnes tressaillent sous l'&#233;clat de leur fra&#238;che parure de printemps ; noy&#233;es dans les flots d'une lumi&#232;re embaum&#233;e, elles d&#233;putent en all&#233;gresse fleurs et parfums au Roi des cieux traversant leurs sentiers. A la grande nouvelle ont tressailli tous les bois des for&#234;ts &#224; leur tour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-167&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XCV, 11 -13.&#034; id=&#034;nh4-167&#034;&gt;167&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : de chaque colline descendent et montent &#224; la cit&#233; leurs verts branchages, sur toutes les routes se h&#226;tent leurs for&#234;ts ambulantes ; ils arrivent, refoulant devant eux le bruit des chars et le mouvement des affaires ; ils se rangent, se pressent en all&#233;es ombreuses, enlacent leurs rameaux et forment ces berceaux de verdure que daignera visiter bient&#244;t leur Seigneur et le n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenons &#224; honneur d'avoir une part en cet immense concours ; sentons le fr&#233;missement de la nature enti&#232;re &#224; l'approche de son Dieu, partageons ses transports ; et durant les heures qui doivent s'&#233;couler encore d'ici l'oblation du grand Sacrifice, gardons-nous de rester indiff&#233;rents aux pr&#233;paratifs des solennelles manifestations o&#249; l'amour du Christ-Roi vient r&#233;clamer les hommages qui lui sont dus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_8&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;A Tierce.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les heures ont fui rapides dans la sainte h&#226;te des derniers pr&#233;paratifs. Tout est pr&#234;t maintenant pour le triomphe de l'Emmanuel ; et les joyeuses vol&#233;es des cloches du beffroi, convoquant les fid&#232;les au grand Sacrifice, annoncent la fin des pieux travaux. Nous offrirons, en mani&#232;re de repos, &#224; nos lecteurs, cette page trac&#233;e comme essai sur la f&#234;te par une main ch&#232;re &#224; leurs &#226;mes, et que nous avons retrouv&#233;e, trop seule, h&#233;las ! Dans les manuscrits de l'auteur de l'Ann&#233;e liturgique. Le respect &#233;mu qui s'impose &#224; nous, en pr&#233;sence de ces derni&#232;res lignes de notre v&#233;n&#233;r&#233; P&#232;re et Ma&#238;tre, nous fait un devoir de ne modifier que le moins possible le style m&#234;me de ces notes disput&#233;es aux derni&#232;res fatigues de sa vie si remplie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La grande solennit&#233; a lui enfin, et tout l'annonce comme le triomphe de la foi et de l'amour. Nous le disions nagu&#232;re, aux jours de l'Ascension, interpr&#233;tant la parole du Christ : &#171; Il vous est exp&#233;dient que je me retire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-168&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVI, 7.&#034; id=&#034;nh4-168&#034;&gt;168&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La soustraction de la pr&#233;sence visible de l'Homme-Dieu aux regards des mortels devait amener en eux, par l'&#233;nergique op&#233;ration de l'Esprit-Saint, une pl&#233;nitude de lumi&#232;re et une ferveur d'amour dont le Sauveur n'avait pas &#233;t&#233; l'objet dans le cours de sa vie mortelle. Marie seule, illumin&#233;e du feu divin, avait pu accomplir envers lui, durant cette p&#233;riode, les devoirs que la sainte &#201;glise lui rend aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Thomas, dans son hymne c&#233;leste, chante ainsi : &#171; Sur la croix, la divinit&#233; seule se d&#233;robait aux regards ; ici, c'est l'humanit&#233; elle-m&#234;me qui s'est cach&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-169&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymn. Adoro te.&#034; id=&#034;nh4-169&#034;&gt;169&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et n&#233;anmoins, en aucun jour de l'ann&#233;e la sainte &#201;glise n'est plus triomphante, ni plus d&#233;monstrative. Le ciel est radieux ; la terre a rev&#234;tu sa parure brillante, pour en faire hommage &#224; celui qui dit : &#171; Je suis la fleur des champs &#187; et le lis des vallons &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-170&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. II, 1.&#034; id=&#034;nh4-170&#034;&gt;170&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sainte &#201;glise, non contente d'avoir pr&#233;par&#233; un tr&#244;ne sur lequel la myst&#233;rieuse Hostie recevra, durant toute une Octave, les hommages d'une cour empress&#233;e, a jug&#233; que la pompe d'un triomphe doit pr&#233;c&#233;der ces solennelles et mis&#233;ricordieuses assises. Aujourd'hui, elle ne se contentera plus d'&#233;lever le Pain sacr&#233;, apr&#232;s la prononciation des paroles divines ; elle lui fera franchir le seuil du temple, au milieu des flots de l'encens, &#224; travers les fleurs et la feuill&#233;e, et le peuple catholique, fl&#233;chissant les genoux, adorera de toutes parts sous la vo&#251;te du ciel son Roi et son Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne sont donc pas &#233;puis&#233;es ces joies que chaque solennit&#233; de l'Ann&#233;e liturgique &#233;tait venue successivement nous apporter. Elles revivent toutes dans celle d'aujourd'hui. Le roi-proph&#232;te l'avait pr&#233;dit : &#171; Le Seigneur a cr&#233;&#233; un m&#233;morial de toutes ses merveilles : c'est l'aliment qu'il a pr&#233;par&#233; &#224; ceux qui l'honorent &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-171&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CX, 4-5.&#034; id=&#034;nh4-171&#034;&gt;171&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sainte &#201;glise tressaille d'enthousiasme, tenant entre ses mains l'&#201;poux divin qui a dit : &#171; Voici que je demeure avec vous jusqu'&#224; la consommation du monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-172&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 20.&#034; id=&#034;nh4-172&#034;&gt;172&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La promesse &#233;tait formelle, et elle s'est accomplie. Nous le v&#238;mes s'&#233;lever, il est vrai, de la cime du mont des Oliviers et aller s'asseoir &#224; la droite du P&#232;re. Mais depuis le jour sacr&#233; de la Pentec&#244;te o&#249; l'Esprit divin a pris possession de la sainte &#201;glise, le myst&#232;re auguste de la C&#232;ne sacr&#233;e s'est accompli, en vertu des paroles souveraines : &#171; Faites ceci en m&#233;moire de moi &#187; ; et d&#232;s lors la race humaine n'a plus &#233;t&#233; veuve de son Chef et de son Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi d'&#233;tonnant alors que l'&#201;glise, en possession du Verbe de Dieu devenu ainsi sa chose, ait avanc&#233; tout &#224; coup dans l'intelligence ? Les esp&#232;ces sacramentelles qui prot&#232;gent le myst&#232;re sont l&#224;, mais elles ne restent que pour introduire dans l'invisible&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les derni&#232;res paroles du Ma&#238;tre. Arr&#234;t&#233;es par la mort au moment o&#249; devait s'&#233;panouir sous sa plume, en de sublimes clart&#233;s, l'ineffable myst&#232;re des noces divines au banquet sacr&#233;, elles sont suivies de l'indication de plusieurs passages de saint Augustin ayant trait &#224; l'union du Verbe et de l'homme, de la divine Sagesse et de l'humanit&#233; dans les Myst&#232;res. L&#233;gu&#233;e silencieusement des rives de l'&#233;ternit&#233; aux continuateurs de son &#339;uvre, cette indication supr&#234;me a &#233;t&#233; notre point de d&#233;part et notre loi souveraine en cette Octave. Qu'on pardonne aux fils de n'avoir point h&#233;sit&#233; pour aller recueillir jusque sur de tels sommets l'h&#233;ritage de leur P&#232;re : ils l'ont fait dans la confiance que la forte &#233;ducation re&#231;ue de lui jusqu'ici par l'&#226;me chr&#233;tienne, la mettrait &#224; m&#234;me de moins sentir leur propre faiblesse. Cette formation progressive, qui a conduit le chr&#233;tien des clart&#233;s temp&#233;r&#233;es de l'Avent aux radieuses splendeurs de la Pentec&#244;te, doit l'avoir pr&#233;par&#233; &#224; go&#251;ter plus directement d&#233;sormais la sublimit&#233; des &#201;critures et des P&#232;res, nos guides fid&#232;les et constants dans ces hauteurs qu'il nous faut maintenant aborder. Tels &#233;taient bien au reste la pens&#233;e et l'espoir de l'auteur m&#234;me de cet ouvrage, quand il &#233;crivait au temps de No&#235;l :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le myst&#232;re de No&#235;l et des quarante jours de la Naissance, la lumi&#232;re est encore proportionn&#233;e &#224; notre faiblesse. C'est le Verbe divin, sans doute, la Sagesse du P&#232;re, qui nous est propos&#233; &#224; conna&#238;tre et &#224; imiter ; mais ce Verbe, cette Sagesse, apparaissent sous les traits de l'enfance... Or, toute &#226;me introduite dans Bethl&#233;hem, c'est-&#224;-dire dans la Maison du Pain, unie &#224; Celui qui est la Lumi&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-173&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.&#034; id=&#034;nh4-173&#034;&gt;173&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette &#226;me ne marche plus dans les t&#233;n&#232;bres... Sa lumi&#232;re ne s'&#233;teint plus. Elle doit m&#234;me cro&#238;tre &#224; mesure que le Cycle liturgique va se d&#233;velopper. Puissions-nous r&#233;fl&#233;chir assez fid&#232;lement dans nos &#226;mes le progr&#232;s de cette lumi&#232;re, et parvenir par son aide au bien de l'union divine qui couronne &#224; la fois le Cycle et l'&#226;me sanctifi&#233;e par le Cycle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-174&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Temps de No&#235;l. Chap. III.&#034; id=&#034;nh4-174&#034;&gt;174&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette digression, qui nous a sembl&#233; utile, nous reprenons l'explication des textes liturgiques propres &#224; la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_9&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;A la Messe.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Procession, qui suit imm&#233;diatement l'Office de Tierce dans les autres f&#234;tes de l'ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-175&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion au rite processionnal b&#233;n&#233;dictin avant la messe solennelle des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-175&#034;&gt;175&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'aura lieu aujourd'hui qu'apr&#232;s l'oblation du Sacrifice. Le Christ lui-m&#234;me y doit pr&#233;sider en personne : il faut donc attendre que l'Action sacr&#233;e ait abaiss&#233; jusqu'&#224; nous la hauteur des cieux o&#249; il r&#233;side&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-176&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVII, 10.&#034; id=&#034;nh4-176&#034;&gt;176&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bient&#244;t il sera sous la nu&#233;e myst&#233;rieuse. Il vient nourrir ses &#233;lus del&#224; graisse du froment tomb&#233; en terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-177&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XII, 24-25.&#034; id=&#034;nh4-177&#034;&gt;177&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et multipli&#233; par l'immolation mystique sur tous les autels ; il vient en ce jour triompher parmi les siens, entendre nos cris d'all&#233;gresse au Dieu de Jacob. Telles sont les pens&#233;es qu'interpr&#232;te le solennel Intro&#239;t par lequel l'&#201;glise ouvre ses chants. Il est form&#233; de passages du beau Psaume LXXX, que nous avons vu plus haut tout entier dans l'Office des Matines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, l'&#201;glise rappelle l'intention du Seigneur instituant le Sacrement d'amour &#224; la veille de sa mort, comme m&#233;morial de la Passion qu'il devait bient&#244;t subir. Elle demande que, p&#233;n&#233;tr&#233;s ainsi de sa vraie pens&#233;e dans les honneurs rendus par nous au Corps et au Sang divins, nous obtenions l'effet de son Sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s sainte Eucharistie, comme Sacrifice et comme Sacrement, est le centre m&#234;me de la religion chr&#233;tienne ; aussi le Seigneur a-t-il voulu que le fait de son institution repos&#226;t, dans les &#233;crits inspir&#233;s, sur un quadruple t&#233;moignage. Saint Paul, que nous venons d'entendre, unit sa voix &#224; celles de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc. Il appuie son r&#233;cit, conforme en tout &#224; celui des &#201;vang&#233;listes, sur la propre parole du Sauveur lui-m&#234;me, qui daigna lui appara&#238;tre et l'instruire en personne apr&#232;s sa conversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ap&#244;tre insiste sur le pouvoir que le Sauveur donna &#224; ses disciples de renouveler l'action qu'il venait de faire, et il nous enseigne en particulier que chaque fois que le Pr&#234;tre consacre le corps et le sang de J&#233;sus-Christ, il annonce la mort du Seigneur, exprimant par ces paroles l'unit&#233; du Sacrifice sur la croix et sur l'autel. C'est aussi par l'immolation du R&#233;dempteur sur la croix que la chair de cet Agneau de Dieu est devenue &#171; v&#233;ritablement une nourriture &#187;, et son sang &#171; v&#233;ritablement un breuvage &#187;, comme nous le dira bient&#244;t l'&#201;vangile du jour. Que le chr&#233;tien donc ne l'oublie pas, m&#234;me en ce jour de triomphe. Nous le voyons tout &#224; l'heure : l'&#201;glise dans la Collecte, cette formule principale, expression de ses v&#339;ux et de ses pens&#233;es qu'elle r&#233;p&#233;tera sans cesse en cette Octave, n'avait pas d'autre but que d'inculquer profond&#233;ment dans l'&#226;me de ses fils la derni&#232;re et si touchante recommandation du Seigneur : &#171; Toutes les fois que vous boirez &#224; ce calice de la nouvelle alliance, faites-le en m&#233;moire de moi. &#187; Le choix qu'elle fait pour &#201;p&#238;tre de ce passage du grand Ap&#244;tre doit donner toujours plus &#224; comprendre au chr&#233;tien que la chair divine qui nourrit son &#226;me a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e sur le Calvaire, et que, si l'Agneau est aujourd'hui vivant et immortel, c'est par une mort douloureuse qu'il est devenu notre aliment. Le p&#233;cheur r&#233;concili&#233; recevra avec componction ce corps sacr&#233;, dont il se reproche am&#232;rement d'avoir &#233;puis&#233; tout le sang par ses p&#233;ch&#233;s multipli&#233;s ; le juste y participera avec humilit&#233;, se souvenant que lui aussi a eu sa part trop grande aux douleurs de l'Agneau innocent, et que si, aujourd'hui, il sent en lui la vie de la gr&#226;ce, il ne le doit qu'au sang de la Victime dont la chair va lui &#234;tre donn&#233;e en nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais redoutons sur toutes choses la sacril&#232;ge audace fl&#233;trie par l'Ap&#244;tre, et qui ne craindrait pas d'infliger, par un monstrueux renversement, une nouvelle mort &#224; l'Auteur de la vie, dans le banquet m&#234;me dont son sang fut le prix ! &#171; Que l'homme donc s'&#233;prouve lui-m&#234;me, dit saint Paul, et qu'alors seulement il mange de ce pain et boive de ce calice. &#187; Cette &#233;preuve, c'est la confession sacramentelle pour tout homme avant conscience d'un p&#233;ch&#233; grave non encore accus&#233; : quelque repentir qu'il puisse en avoir, et f&#251;t-il d&#233;j&#224; r&#233;concili&#233; avec Dieu par un acte de contrition parfaite, le pr&#233;cepte de l'Ap&#244;tre, interpr&#233;t&#233; par la coutume de l'&#201;glise et ses d&#233;finitions conciliaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-178&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conc. Trid. Sess. XIII, cap. VII, can.XI.&#034; id=&#034;nh4-178&#034;&gt;178&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, lui interdit l'acc&#232;s de la table sainte, tant qu'il n'a pas soumis sa faute au pouvoir des Clefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel et le Verset all&#233;luiatique pr&#233;sentent un nouvel exemple de ce parall&#233;lisme entre les deux Testaments, que nous avons remarqu&#233; dans la contexture des R&#233;pons de l'Office Nocturne. Le Psalmiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-179&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm.CXLIV, 15-16.&#034; id=&#034;nh4-179&#034;&gt;179&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; y exalte la bont&#233; infinie du Seigneur, dont tout &#234;tre vivant attend sa nourriture ; et le Sauveur s'y pr&#233;sente lui-m&#234;me &#224; nous, dans saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-180&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 56-57.&#034; id=&#034;nh4-180&#034;&gt;180&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme l'aliment v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la S&#233;quence, &#339;uvre c&#233;l&#232;bre et toute singuli&#232;re du Docteur ang&#233;lique, o&#249; l'&#201;glise, la vraie Sion, manifeste son enthousiasme, &#233;panche son amour pour le Pain vivant et vivifiant, en des termes d'une pr&#233;cision scolastique qui semblerait devoir d&#233;fier toute po&#233;sie dans la forme. Le myst&#232;re eucharistique s'y d&#233;veloppe avec la pl&#233;nitude concise et la majest&#233; simple et grandiose dont l'Ange de l'&#201;cole eut le secret merveilleux. Cette exposition substantielle de l'objet de la f&#234;te, soutenue par un chant en harmonie avec la pens&#233;e, justifie pleinement l'enthousiasme excite dans l'&#226;me par la succession de ces strophes magistrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le disciple bien-aim&#233; ne pouvait rester silencieux sur le Myst&#232;re d'amour. Cependant, quand il &#233;crivit son &#201;vangile, l'institution du Sacrement divin &#233;tait d&#233;j&#224; suffisamment racont&#233;e par les trois &#201;vang&#233;listes qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233; et par l'Ap&#244;tre des Gentils. Sans donc revenir sur cette divine histoire, il compl&#233;ta leur r&#233;cit par celui de la solennelle promesse qu'avait faite le Seigneur, un an avant la C&#232;ne, au bord du lac de Tib&#233;riade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux foules nombreuses qu'attire apr&#232;s lui le r&#233;cent miracle de la multiplication des pains et des poissons, J&#233;sus se pr&#233;sente comme le vrai pain de vie venu du ciel, et pr&#233;servant de la mort, &#224; la diff&#233;rence de la manne donn&#233;e par Mo&#239;se &#224; leurs p&#232;res. La vie est le premier des biens, comme la mort le dernier des maux. La vie r&#233;side en Dieu comme en sa source&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-181&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XXXV, 10.&#034; id=&#034;nh4-181&#034;&gt;181&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; lui seul peut la communiquer &#224; qui il veut, la rendre &#224; qui l'a perdue. Cr&#233;&#233; dans la vie par sa gr&#226;ce, l'homme, par le p&#233;ch&#233;, encourut la mort. Mais Dieu aime le monde de telle sorte qu'au monde perdu il envoie son Fils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-182&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III. 16.&#034; id=&#034;nh4-182&#034;&gt;182&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec la mission de vivifier l'homme &#224; nouveau dans tout son &#234;tre. Vrai Dieu de vrai Dieu, lumi&#232;re de lumi&#232;re, le Fils unique est aussi vraie vie de vraie vie par nature ; et comme le P&#232;re illumine ceux qui sont dans les t&#233;n&#232;bres par ce Fils sa lumi&#232;re, ainsi donne-t-il la vie aux morts dans ce m&#234;me Fils sa vivante image&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-183&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cyrill. Al. in Johan. Lib. IV, cap. 3.&#034; id=&#034;nh4-183&#034;&gt;183&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Verbe de Dieu est donc venu parmi les hommes, pour qu'ils eussent la vie et qu'ils l'eussent abondamment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-184&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. X, 10.&#034; id=&#034;nh4-184&#034;&gt;184&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et comme c'est le propre de la nourriture d'augmenter, d'entretenir la vie, il s'est fait nourriture, nourriture vivante et vivifiante descendue des cieux. Participant elle-m&#234;me de la vie &#233;ternelle qu'il puise directement au sein du P&#232;re, la chair du Verbe communique cette vie &#224; qui la mange. Ce qui est corruptible de sa nature, dit saint Cyrille d'Alexandrie, ne peut &#234;tre autrement vivifie que par l'union corporelle au corps de celui qui est vie par nature ; or, de m&#234;me que deux morceaux de cire fondus ensemble par le feu n'en sont plus qu'un seul, ainsi fait de nous et du Christ la participation de son corps et de son sang pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vie donc qui r&#233;side en la chair du Verbe, devenue n&#244;tre en nous-m&#234;mes, ne sera pas plus qu'en lui vaincue par la mort ; elle secouera au jour marqu&#233; les liens de l'antique ennemie, et triomphera de la corruption dans nos corps immortels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-185&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cyrill. Al. in Johan. Lib. X, cap. 2.&#034; id=&#034;nh4-185&#034;&gt;185&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi l'&#201;glise, dans son sens exquis d'&#201;pouse et sa d&#233;licatesse maternelle, emprunte &#224; ce m&#234;me passage de saint Jean l'&#201;vangile de la Messe quotidienne des d&#233;funts, recueillant les pleurs des vivants sur ceux qui ne sont plus au pied de l'Hostie sainte, &#224; la source m&#234;me de la vraie vie, centre assur&#233; de leurs communes esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi fallait-il que non seulement l'&#226;me f&#251;t renouvel&#233;e par le contact du Verbe, mais que lui-m&#234;me, ce corps terrestre et grossier particip&#226;t dans sa mesure &#224; la vertu vivifiante de l'Esprit, selon l'expression du Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-186&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 64.&#034; id=&#034;nh4-186&#034;&gt;186&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Ceux qui ont absorbe du poison par l'artifice de leurs ennemis, dit admirablement saint Gr&#233;goire de Nysse, &#233;teignent le virus en eux par un rem&#232;de oppos&#233; ; mais de m&#234;me qu'il est arriv&#233; du breuvage mortel, il faut que la potion salutaire soit introduite jusque dans leurs entrailles, afin que de l&#224; se r&#233;pande en tout l'organisme la vertu curative. Nous donc qui avons go&#251;t&#233; le fruit d&#233;l&#233;t&#232;re, nous avons besoin d'un rem&#232;de de salut qui, de nouveau, rassemble et harmonise en nous les &#233;l&#233;ments d&#233;sagr&#233;g&#233;s et confondus de notre nature, et qui, p&#233;n&#233;trant l'intime de notre substance, neutralise et repousse le poison par une force contraire. Quel sera-t-il ? Nul autre que ce corps qui s'est montr&#233; plus puissant que la mort, et a pos&#233; pour nous le principe de la vie. Comme un peu de levain, dit l'Ap&#244;tre, s'assimile toute la p&#226;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-187&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. V, 6.&#034; id=&#034;nh4-187&#034;&gt;187&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi ce corps, entrant dans le n&#244;tre, le transforme en soi tout entier. Mais rien ne peut p&#233;n&#233;trer ainsi notre substance corporelle que par le manger et le boire ; et c'est l&#224; le mode, conforme &#224; sa nature, par lequel arrive jusqu'&#224; notre corps la vertu vivifiante &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-188&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Greg. Nyss. Orat. catech. Cap. XXXVII.&#034; id=&#034;nh4-188&#034;&gt;188&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est form&#233; d'un passage du L&#233;vitique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-189&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Levit. XXI, 6.&#034; id=&#034;nh4-189&#034;&gt;189&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; le Seigneur recommande la saintet&#233; aux pr&#234;tres de l'ancienne alliance, en raison de l'offrande qu'ils faisaient &#224; J&#233;hovah de l'encens symbolique et des pains de proposition. Autant le sacerdoce du Testament nouveau l'emporte sur le minist&#232;re de la loi des figures, autant doivent l'emporter en saintet&#233; sur les mains d'Aaron celles qui pr&#233;sentent &#224; Dieu le P&#232;re le vrai Pain des cieux, comme un encens de parfaite odeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre demande pour l'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, l'unit&#233; et la paix qui sont la gr&#226;ce sp&#233;ciale du divin Sacrement, comme l'enseignent les P&#232;res d'apr&#232;s la composition m&#234;me des dons sacr&#233;s form&#233;s des grains nombreux du froment ou de la vigne r&#233;unis sous la meule ou le pressoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la Pr&#233;face, qui est aujourd'hui et durant l'Octave celle de la Nativit&#233; du Sauveur, pour nous rappeler l'intime connexion des deux myst&#232;res de No&#235;l et du divin Sacrement. C'est en Bethl&#233;hem, la Maison du Pain, que J&#233;sus, vrai Pain de vie, est descendu des cieux par le sein de la Vierge-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le au pr&#233;cepte du Christ intim&#233; de nouveau par l'Ap&#244;tre en l'&#201;p&#238;tre de la f&#234;te, l'&#201;glise rappelle &#224; ses fils dans l'Antienne de la Communion que, recevant le Corps du Seigneur, ils annoncent sa mort, et doivent se garder dans une sainte frayeur d'approcher indignement des Myst&#232;res du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise conclut les Myst&#232;res en demandant pour l'&#233;ternit&#233; l'union sans voiles au Verbe divin, cette union parfaite dont la participation transitoire et voil&#233;e &#224; la r&#233;elle substance du Corps et du Sang pr&#233;cieux est ici-bas le gage et la figure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_10&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La Procession.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle est celle-ci qui s'avance embaumant le d&#233;sert du monde d'un nuage d'encens, de myrrhe et de toutes sortes de parfums ? D'elle-m&#234;me aujourd'hui l'&#201;pouse s'est r&#233;veill&#233;e. Pleine de d&#233;sirs et d'attraits, l'&#201;glise entoure la liti&#232;re d'or o&#249; parait l'&#201;poux dans sa gloire. Pr&#232;s de lui sont rang&#233;s les forts d'Isra&#235;l, pr&#234;tres et l&#233;vites du Seigneur puissants contre Dieu. Filles de Sion, sortez &#224; la rencontre ; contemplez le vrai Salomon sous l'&#233;clat du diad&#232;me dont l'a couronn&#233; sa m&#232;re au jour de ses noces et de la joie de son c&#339;ur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-190&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. III, 5-11.&#034; id=&#034;nh4-190&#034;&gt;190&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce diad&#232;me, c'est la chair re&#231;ue par le Verbe divin de la Vierge tr&#232;s pure, quand il prit l'humanit&#233; pour &#233;pouse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-191&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Greg. in Cant.&#034; id=&#034;nh4-191&#034;&gt;191&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ce corps tr&#232;s parfait, par cette chair sacr&#233;e se poursuit tous les jours, au saint banquet, l'ineffable myst&#232;re des noces de l'homme et de la Sagesse &#233;ternelle. Pour le vrai Salomon chaque jour donc est encore celui de l'all&#233;gresse du c&#339;ur et des joies nuptiales. Quoi de plus juste qu'une fois l'ann&#233;e, la sainte &#201;glise donne carri&#232;re &#224; ses transports envers l'&#201;poux divin cach&#233; sous les voiles du Sacrement d'amour ? C'est pour cela qu'aujourd'hui le Pr&#234;tre a consacr&#233; deux Hosties, et qu'apr&#232;s avoir consomm&#233; l'une d'elles, il a plac&#233; l'autre dans le radieux ostensoir qui, soutenu par ses mains tremblantes, va traverser maintenant sous le dais, au chant des hymnes triomphales, les rangs &#233;mus de la foule prostern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solennelle d&#233;monstration envers l'Hostie sainte, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, est d'origine plus r&#233;cente que la f&#234;te elle-m&#234;me du Corps du Seigneur. Urbain IV n'en parle pas dans sa Bulle d'institution, en 1264. Par contre, Martin V et Eug&#232;ne IV, en leurs Constitutions cit&#233;es plus haut (26 mai 1429, 26 mai 1433), fournissent la preuve qu'elle &#233;tait en usage de leur temps, puisqu'ils accordent des indulgences &#224; ceux qui la suivent. Le Milanais Donat Bossius rapporte, en sa Chronique, que &#171; le jeudi 29 mai 1404, on porta pour la premi&#232;re fois solennellement le Corps du Christ dans les rues de Pavie, comme il est pass&#233; depuis en usage. &#187; Quelques auteurs en ont conclu que la Procession de la F&#234;te-Dieu ne remontait pas au del&#224; de cette date, et devait sa premi&#232;re origine &#224; l'&#201;glise de Pavie. Mais cette conclusion d&#233;passe le texte sur lequel elle s'appuie, et qui peut fort bien n'exprimer qu'un fait de chronique locale. Nous trouvons en effet la Procession mentionn&#233;e sur un titre manuscrit de l'&#201;glise de Chartres en 1330, dans un acte du Chapitre de Tournai en 1325, au concile de Paris en 1323, et, en 1320, dans celui de Sens. Des indulgences sont accord&#233;es par ces deux conciles &#224; l'abstinence et au je&#251;ne de la Vigile du Corps du Seigneur, et ils ajoutent : &#171; Quant &#224; la Procession solennelle qui se fait le jeudi de la f&#234;te en portant le divin Sacrement, comme il semble que ce soit par une sorte d'inspiration divine qu'elle s'est introduite en nos jours, nous ne statuons rien pour le pr&#233;sent, laissant toutes choses &#224; la d&#233;votion du clerg&#233; et du peuple &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-192&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LABBBE, Concil. T. XI, pag. 1680, 1711.&#034; id=&#034;nh4-192&#034;&gt;192&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'initiative populaire semble donc avoir eu grande part &#224; cette institution ; et de m&#234;me que Dieu avait fait choix, au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, d'un Pape fran&#231;ais pour &#233;tablir la f&#234;te, ce fut de France que se r&#233;pandit peu &#224; peu dans tout l'Occident ce compl&#233;ment glorieux de la solennit&#233; du Myst&#232;re de la foi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-193&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la suite du concile de 1311, o&#249; la f&#234;te fut d&#233;finitivement promulgu&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-193&#034;&gt;193&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t probable toutefois qu'&#224; l'origine la divine Hostie ne fut pas, du moins en tous lieux, port&#233;e en &#233;vidence comme aujourd'hui dans les processions, mais seulement voil&#233;e ou renferm&#233;e dans une ch&#226;sse ou cassette pr&#233;cieuse. C'&#233;tait l'usage de la porter ainsi d&#232;s le XIe si&#232;cle en certaines &#201;glises, &#224; la Procession des Rameaux, et encore &#224; celle du matin de la R&#233;surrection. Nous avons parl&#233; ailleurs de ces manifestations solennelles, qui du reste avaient moins pour objet d'honorer directement le Sacrement divin, que de rendre plus au vif le myst&#232;re du jour. Quoi qu'il en soit, l'usage des ostensoirs ou monstrances, comme les appelle le concile de Cologne de l'ann&#233;e 1452, suivit de pr&#232;s l'&#233;tablissement de la nouvelle Procession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les fit d'abord plus g&#233;n&#233;ralement en forme de tourelles perc&#233;es &#224; jour ; dans un Missel manuscrit de l'an 1374, la lettre D, premi&#232;re de l'Oraison de la f&#234;te du Saint-Sacrement, pr&#233;sente en miniature un &#233;v&#234;que accompagn&#233; de deux acolytes, et portant l'Hostie du salut dans une tour d'or &#224; quatre ouvertures. Il y eut toutefois une grande et souvent heureuse vari&#233;t&#233; dans ces nouvelles productions de l'art chr&#233;tien, qui venaient ainsi compl&#233;ter &#224; leur heure la collection d&#233;j&#224; si riche des joyaux du sanctuaire. N&#233;es spontan&#233;ment de l'initiative priv&#233;e des diverses &#201;glises, elles refl&#233;t&#232;rent les inspirations multiples de la foi des pasteurs et des peuples. Tant&#244;t ce fuient des croix charg&#233;es de pierreries, des crucifix d'argent ou d'or, qui pr&#233;sent&#232;rent sous le Sacrement le vrai corps de l'Homme-Dieu aux regards des fid&#232;les, rappelant en m&#234;me temps &#224; leur religion et &#224; leur amour le Sacrifice et la mort cruelle qui avaient fait de lui l'Hostie du salut. D'autres fois, au contraire, on employa pour cet usage des statuettes du Seigneur ressuscit&#233; incrust&#233;es des plus riches &#233;maux, qui proclamaient la gloire du Vainqueur du tr&#233;pas, toujours vivant et triomphant sous la mort apparente des esp&#232;ces sacr&#233;es : plac&#233;e dans la poitrine, &#224; l'endroit du c&#339;ur, l'Hostie sainte rayonnait des mille feux de la pierre pr&#233;cieuse et translucide qui prot&#233;geait ce r&#233;duit sacr&#233;. Ailleurs, la M&#232;re de la divine gr&#226;ce, apparaissant de nouveau comme le vrai tr&#244;ne de la Sagesse &#233;ternelle, offrait elle-m&#234;me aux adorations des nations d'Occident ce m&#234;me Verbe incarn&#233; qui avait re&#231;u l'hommage des rois de l'Orient sur son sein maternel ; ou bien encore l'Ami de l'&#201;poux, Jean le Pr&#233;curseur, portant dans ses bras l'Agneau du salut, montrait au monde, de son doigt pr&#233;destin&#233;, l'Hostie sainte qui brillait sur le front de cet Agneau divin comme une perle pr&#233;cieuse. Libre expansion de la pi&#233;t&#233; que respecta l'&#201;glise-m&#232;re, jusqu'&#224; ce que ces diff&#233;rentes conceptions se trouvassent ramen&#233;es par le temps au type uniforme re&#231;u de nos jours. Les XIVe et XVe si&#232;cles virent d&#233;j&#224; s'&#233;tablir l'usage pr&#233;dominant des monstrances &#224; cylindres de cristal engag&#233;s dans des &#233;dicules de formes vari&#233;es, &#224; baies ogivales avec arcs-boutants et contre-forts, et surmont&#233;s d'&#233;l&#233;gantes pyramides ou de clochetons ajour&#233;s. Bient&#244;t la pi&#233;t&#233; catholique, s'ing&#233;niant &#224; rendre, en quelque sorte, au Soleil de justice les divines splendeurs qu'il d&#233;robe &#224; nos yeux dans le Myst&#232;re d'amour, amena l'usage d'exposer l'auguste Sacrement dans un soleil de cristal &#224; rayons d'or ou de quelque autre mati&#232;re de prix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-194&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fut vers le m&#234;me temps qu'on vit para&#238;tre et s'&#233;tablir en plusieurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-194&#034;&gt;194&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En dehors de quelques rares monuments plus anciens que nous pourrions citer, cette derni&#232;re progression s'affirme clairement dans un Graduel du temps de Louis XII (1498-1515), o&#249; la premi&#232;re lettre de l'Intro&#239;t du Saint-Sacrement renferme un soleil &#224; peu pr&#232;s semblable aux n&#244;tres, port&#233; sur les &#233;paules de deux personnages v&#234;tus du pluvial, et suivi par le roi, accompagn&#233; de plusieurs cardinaux et pr&#233;lats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-195&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;THIERS. De l'exposit. du S.-Sacr. Liv. II, ch. 2.&#034; id=&#034;nh4-195&#034;&gt;195&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'h&#233;r&#233;sie protestante, qui naissait alors, traita bient&#244;t de nouveaut&#233;, de superstition, d'idol&#226;trie odieuse, ces naturels d&#233;veloppements du culte catholique inspir&#233;s par la foi et l'amour. Le concile de Trente frappa d'anath&#232;me les r&#233;criminations des sectaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-196&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sess. XIII, can. 6.&#034; id=&#034;nh4-196&#034;&gt;196&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et, dans un chapitre sp&#233;cial, il justifia l'&#201;glise en des termes que nous ne saurions nous dispenser de reproduire : &#171; Le saint Concile d&#233;clare tr&#232;s pieuse et tr&#232;s sainte la coutume qui s'est introduite dans l'&#201;glise, de consacrer chaque ann&#233;e une f&#234;te sp&#233;ciale &#224; c&#233;l&#233;brer en toutes mani&#232;res l'auguste Sacrement, comme aussi de le porter en procession par les rues et places publiques avec pompe et honneur. Il est bien juste, en effet, que soient &#233;tablis certains jours o&#249; les chr&#233;tiens, par une d&#233;monstration solennelle et toute particuli&#232;re, t&#233;moignent de leur gratitude et d&#233;vot souvenir envers le commun Seigneur et R&#233;dempteur, pour le bienfait ineffable et divin qui remet sous nos yeux la victoire et le triomphe de sa mort. Ainsi fallait-il encore que la v&#233;rit&#233; victorieuse triomph&#226;t du mensonge et de l'h&#233;r&#233;sie, de telle sorte que ses adversaires, au sein d'une telle splendeur et d'une si grande joie de toute l'&#201;glise, ou perdent courage et s&#232;chent de d&#233;pit, ou, touch&#233;s de honte et de confusion, viennent enfin &#224; r&#233;sipiscence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-197&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sess. XIII, cap. 5.&#034; id=&#034;nh4-197&#034;&gt;197&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous catholiques, adorateurs fid&#232;les du Sacrement d'amour, &#171; avec quelle joie &#187;, s'&#233;crie le pieux et &#233;loquent P&#232;re Faber, &#171; ne devons-nous pas contempler cette brillante et immense nu&#233;e de gloire que l'&#201;glise fait &#224; cette heure monter vers Dieu ! Oui ; il semblerait que le monde est encore dans son &#233;tat de ferveur et d'innocence primitive ! Voyez ces glorieuses processions qui, avec leurs banni&#232;res &#233;tincelantes au soleil, se d&#233;roulent dans les places des opulentes cit&#233;s, &#224; travers les rues jonch&#233;es de fleurs des villages chr&#233;tiens, sous les vo&#251;tes v&#233;n&#233;rables des antiques basiliques, et le long des jardins des s&#233;minaires, asiles de la pi&#233;t&#233;. Dans ce concours de peuples, la couleur du visage et la diversit&#233; des langues ne sont que de nouvelles preuves de l'unit&#233; de cette foi que tous se r&#233;jouissent de professer par la voix du magnifique rituel de Rome. Sur combien d'autels de structure diverse, tous par&#233;s des fleurs les plus suaves et resplendissants de lumi&#232;re, au milieu de nuages d'encens, au son des chants sacr&#233;s et en pr&#233;sence d'une multitude prostern&#233;e et recueillie, le Saint-Sacrement est successivement &#233;lev&#233; pour recevoir les adorations des fid&#232;les, et descendu pour les b&#233;nir ! Et combien d'actes ineffables de foi et d'amour, de triomphe et de r&#233;paration, chacune de ces choses ne nous repr&#233;sente-t-elle pas ! Le monde entier et l'air du printemps sont remplis de chants d'all&#233;gresse. Les jardins sont d&#233;pouill&#233;s de leurs plus belles fleurs, que des mains pieuses jettent sous les pas du Dieu qui passe voil&#233; dans le Sacrement. Les cloches font retentir au loin leurs joyeux carillons ; le canon &#233;branle les &#233;chos des Andes et des Apennins ; les navires, pavoises de brillantes couleurs, donnent aux baies de la mer un air de f&#234;te ; et la pompe des arm&#233;es royales ou r&#233;publicaines vient rendre hommage au Roi des rois. Le Pape sur son tr&#244;ne et la petite fille dans son village, les religieuses clo&#238;tr&#233;es et les ermites solitaires, les &#233;v&#234;ques, les dignitaires et les pr&#233;dicateurs, les empereurs, les rois et les princes, tous sont aujourd'hui remplis de la pens&#233;e du Saint-Sacrement. Les villes sont illumin&#233;es, les habitations des hommes sont anim&#233;es par les transports de la joie. Telle est l'all&#233;gresse universelle, que les hommes s'y livrent sans savoir pourquoi, et qu'elle rejaillit sur tous les c&#339;urs o&#249; r&#232;gne la tristesse, sur les pauvres, sur tous ceux qui pleurent leur libert&#233;, leur famille ou leur patrie. Tous ces millions d'&#226;mes qui appartiennent &#224; la royale famille et au lignage spirituel de saint Pierre sont aujourd'hui plus ou moins occup&#233;es du Saint-Sacrement : de sorte que l'&#201;glise militante tout enti&#232;re tressaille d'une joie, d'une &#233;motion semblable au fr&#233;missement des flots de la mer agit&#233;e. Le p&#233;ch&#233; semble oubli&#233; ; les larmes m&#234;mes paraissent plut&#244;t &#234;tre arrach&#233;es par l'exc&#232;s du bonheur que par la p&#233;nitence. C'est une ivresse semblable &#224; celle qui transporte l'&#226;me &#224; son entr&#233;e dans le ciel ; ou bien l'on dirait que la terre elle-m&#234;me passe dans le ciel, comme cela pourrait arriver par l'effet de la joie dont l'inonde le Saint-Sacrement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-198&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Saint Sacrement. T. I, p. 4 (traduct. de M. F. de Bernhardt).&#034; id=&#034;nh4-198&#034;&gt;198&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chante pendant la Procession les Hymnes de l'Office du jour, le Lauda Sion, le Te Deum et, suivant la longueur du parcours, le Benedictus, le Magnificat, ou d'autres pi&#232;ces liturgiques ayant quelque rapport avec l'objet de la f&#234;te, comme les Hymnes de l'Ascension indiqu&#233;es au Rituel. De retour &#224; l'&#233;glise, la fonction se termine, comme aux Saluts ordinaires, par le chant du Tantum ergo, du Verset et de l'Oraison du Saint-Sacrement. Mais, apr&#232;s la B&#233;n&#233;diction solennelle, le Diacre ne renferme pas l'Hostie sainte ; il la dispose sur le tr&#244;ne o&#249; les pieux fid&#232;les lui composeront, durant ces huit jours, une garde empress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour d'elle que les Heures canoniales vont rayonner d&#233;sormais, comme autour de leur centre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_11&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les secondes V&#234;pres.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Pour les textes de l'Office, voir &lt;u&gt;&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article297#inter6'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;. N.d.W.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le solennel Office du soir, l'&#201;glise repasse au pied de l'Hostie les merveilles c&#233;l&#233;br&#233;es en ce grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup844|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, chante les grandeurs du Christ pontife. Le Seigneur l'a jur&#233; : il est Pr&#234;tre &#224; jamais selon l'Ordre de Melchis&#233;dech. Comme ce roi de justice et de paix, il a choisi le pain et le vin pour &#233;l&#233;ments de son Sacrifice. Mais sous ces apparences se cachait l'oblation digne en tout du Pontife &#233;ternel et de celui qui l'a engendr&#233; avant l'aurore. &#171; Le Christ Seigneur, Pr&#234;tre &#224; jamais selon l'Ordre de Melchis&#233;dech, a offert le pain et le vin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pain et le vin du Sacrifice annon&#231;aient un banquet. Le second Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup845|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, c&#233;l&#232;bre ce banquet ineffable o&#249; viennent se r&#233;sumer les merveilles divines ; car le Christ lui-m&#234;me s'y donne en nourriture &#224; ceux qui le craignent. Que sa louange demeure donc &#224; jamais ! &#171; Le Seigneur mis&#233;ricordieux a donn&#233;, en m&#233;moire de ses merveilles, une nourriture &#224; ceux qui le craignent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eucharistie, qui r&#233;sume tous les bienfaits divins, est en m&#234;me temps l'Action de gr&#226;ces la plus parfaite et la seule digne que nous puissions offrir &#224; la supr&#234;me Majest&#233;. Si donc &#224; la fin de cette journ&#233;e, &#233;mus des magnificences de la bont&#233; souveraine, nous nous &#233;crions avec le Psalmiste : &#171; Que rendrai-je au Seigneur pour tous ces biens dont il m'a combl&#233; ? &#187; r&#233;pondons avec lui, dans le troisi&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup966|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; : &#171; Je prendrai le calice du salut, j'offrirai l'Hostie de louange. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant, &lt;tt&gt;&lt;popup967|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, rel&#232;ve en accents inspir&#233;s la beaut&#233; du spectacle qu'offre aujourd'hui la terre. Le bonheur semble avoir repris ce matin possession du monde avec les saintes pens&#233;es. L'huile d'all&#233;gresse a coul&#233; du Christ chef sur tous ses membres ; l'&#201;glise tressaille, &#224; la vue de ses fils rang&#233;s autour de la table sainte, comme de jeunes plants d'olivier pr&#234;ts &#224; produire des fruits de gr&#226;ce et de sanctification. Puisse cette journ&#233;e marquer en effet pour Sion le point de d&#233;part d'une fertile abondance ! Puisse-t-elle affermir pour jamais la paix dans la cit&#233; sainte ! &#171; Que les enfants de l'&#201;glise soient comme de jeunes plants d'olivier autour de la table du Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Gloire &#224; Dieu, paix aux hommes ! &#187; chantaient les Anges &#224; la descente du Pain c&#233;leste en Bethl&#233;hem. Tels sont en effet, nous l'avons vu, nous le verrons mieux encore, les deux grands fruits de l'Eucharistie. L'&#201;glise s'excite elle-m&#234;me &#224; chanter, dans le cinqui&#232;me Psaume, &lt;tt&gt;&lt;popup968|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, cette paix qui r&#232;gne par la gr&#226;ce de l'&#201;poux sur ses fronti&#232;res, affermit ses portes et comble ses fils de b&#233;n&#233;dictions en elle-m&#234;me. Mais c'est la divine nourriture, c'est le froment des cieux qui produit cette paix merveilleuse, en unissant tous les membres au Christ dans l'unit&#233; d'un m&#234;me corps. &#171; Le Seigneur qui &#233;tablit la paix sur les fronti&#232;res de l'&#201;glise, nous rassasie de la graisse du froment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Capitule nous fait entendre de nouveau la grande voix de l'Ap&#244;tre des nations rendant son t&#233;moignage sur l'institution du Myst&#232;re d'amour, et rappelant encore une fois la supr&#234;me recommandation du Seigneur : &#171; Faites ceci en m&#233;moire de moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne &lt;i&gt;Pange, lingua&lt;/i&gt; r&#233;sume le Myst&#232;re de la foi dans une doctrine profonde et concise. C'est elle que l'&#201;glise choisit de pr&#233;f&#233;rence pour chanter le divin Sacrement ; les deux derni&#232;res strophes (&lt;i&gt;Tantum ergo&lt;/i&gt;) forment la conclusion oblig&#233;e des Expositions et Saluts dans le cours de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne qui accompagne le Cantique de Marie est un cri prolong&#233; de reconnaissance pour le banquet sacr&#233; de l'union divine, m&#233;morial vivant des souffrances du Sauveur, o&#249; l'homme est rempli de gr&#226;ce en son &#226;me et re&#231;oit, dans son corps m&#234;me, le gage de la gloire future. La phrase n'est point achev&#233;e : l'&#201;glise demeure comme en suspens sur ce dernier &#233;lan d'un amour qui ne peut trouver ici-bas d'expression suffisante. &#171; O banquet sacr&#233; ou est re&#231;u le Christ, renouvel&#233;e la m&#233;moire de sa passion, l'&#226;me remplie de gr&#226;ce, et donn&#233; le gage de la gloire future ! All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_12&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Textes de liturgies non romaines.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la fin de cette grande journ&#233;e consacr&#233;e par l'&#201;glise latine au triomphe de l'Hostie sainte, nous &#233;couterons l'&#201;glise grecque t&#233;moigner d'une m&#234;me foi au divin Sacrement dans les formules suivantes. Elles accompagnent et suivent la Communion, dans la Liturgie ou Messe appel&#233;e de Saint Jean-Chrysostome.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;AVANT LA COMMUNION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois, Seigneur, et je confesse que vous &#234;tes le Christ Fils du Dieu vivant, qui &#234;tes venu dans le monde pour sauver les p&#233;cheurs dont je suis le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recevez-moi aujourd'hui &#224; la participation de votre C&#232;ne mystique. Je ne livrerai point le myst&#232;re &#224; vos ennemis, je ne vous donnerai point le baiser de Judas ; je m'adresse &#224; vous, comme le larron : Souvenez-vous de moi, Seigneur, en votre royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous le toit souill&#233; de mon &#226;me. Mais de m&#234;me que vous avez daign&#233; descendre en l'&#233;table et reposer dans la cr&#232;che des animaux, entrer dans la maison de Simon le L&#233;preux et recevoir &#224; vos pieds une p&#233;cheresse pareille &#224; moi : daignez entrer aussi dans l'&#233;table de mon &#226;me sans raison, et dans ce corps souill&#233;, mort et l&#233;preux. Et comme vous n'avez point repouss&#233; la bouche impure de la p&#233;cheresse baisant vos pieds sans tache, ainsi, Seigneur mon Dieu, ne repoussez pas non plus ce p&#233;cheur. Mais dans votre cl&#233;mence et bont&#233;, daignez m'admettre &#224; la communion de votre tr&#232;s saint Corps et de votre Sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardonnez, d&#233;liez, remettez, &#244; mon Dieu, tous les p&#233;ch&#233;s que j'ai commis sciemment ou par ignorance, en parole ou en &#339;uvre. Soyez-moi propice en votre bont&#233; compatissante ; par les pri&#232;res de votre M&#232;re tr&#232;s pure et toujours vierge, sauvez-moi de la condamnation, et que je puisse recevoir votre Corps pr&#233;cieux et immacul&#233; pour la gu&#233;rison de mon &#226;me et de mon corps. Car &#224; vous est l'empire, la puissance et la gloire, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APR&#200;S LA COMMUNION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous rendons gr&#226;ces, Seigneur tr&#232;s bon, bienfaiteur de nos &#226;mes, de ce que vous nous avez admis aujourd'hui encore &#224; vos immortels et c&#233;lestes Myst&#232;res. Dirigez nos voies, affermissez-nous dans votre crainte, prot&#233;gez notre vie, donnez &#224; nos pas la s&#233;curit&#233; : par les pri&#232;res et l'intercession de la glorieuse Marie M&#232;re de Dieu toujours vierge, et de tous les saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre. Justes rendus participants des Myst&#232;res divins, saints, sans tache, immortels, plus &#233;lev&#233;s que les cieux et vivifiants, rendons de dignes actions de gr&#226;ces au Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ch&#339;ur. Seigneur, ayez piti&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre. Recevez, sauvez, pardonnez, conservez-nous, &#244; Dieu, par votre gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ch&#339;ur. Seigneur, ayez piti&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre. Demandons des jours tous parfaits, saints, paisibles et pr&#233;serv&#233;s du p&#233;ch&#233; ; recommandons, nous-m&#234;mes, les autres, et toute notre vie au Christ Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ch&#339;ur. A vous, Seigneur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre, &#233;levant la voix. Parce que vous &#234;tes notre sanctification ; et nous vous rendons gloire &#224; vous, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les si&#232;cles des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ch&#339;ur. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Enfin saluons encore une fois l'Hostie sainte, en lui d&#233;diant cette S&#233;quence, du Missel de Prague, qui, par sa forme, semble tenir comme le milieu entre les compositions Notk&#233;riennes et celles des &#226;ges post&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ave, Caro Christi Regis veneranda, &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, chair adorable du Christ Roi,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Esca gregis novas legis admiranda.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Du troupeau de la loi nouvelle admirable nourriture !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu fidelibus, horis omnibus es adoranda,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les hommages des fid&#232;les vous sont dus &#224; toute heure ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Casto corde, sine sorde, digne manducanda&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est dignement, d'un c&#339;ur chaste, sans souillure, qu'on doit vous manger.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Te colit rite Panem vit&#230; Ecclesia ;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes, &#244; Pain de vie, l'objet du culte de l'&#201;glise ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dux viatorum, et reorum es venia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes le guide des voyageurs, vous &#234;tes le pardon des coupables.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, cibus salutis, nos in te satia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Aliment du salut, rassasiez nous en vous.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu lapsorum sublevamen orna pr&#230;sidia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes le rel&#232;vement, la d&#233;fense de ceux qui sont tomb&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu m&#339;storum es levamen, cordis l&#230;titia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes la consolation de l'afflig&#233;, l'all&#233;gresse des c&#339;urs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nos de mundi miseria duc ad &#230;terna gaudia,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De ce monde malheureux conduisez-nous aux joies &#233;ternelles,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut firmemur pr&#230;sentia tua, et suavi gloria. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour y jouir &#224; jamais de votre pr&#233;sence et douce gloire. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_13&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;BHX CARDINAL SCHUSTER, LIBER SACRAMENTORUM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, on c&#233;l&#233;brait trois messes le jeudi saint, l'une pour la r&#233;conciliation des p&#233;nitents, une autre pour la cons&#233;cration des saintes Huiles, et la troisi&#232;me in C&#339;na Domini pour solenniser l'institution de la tr&#232;s sainte Eucharistie. Bien plus, l'auguste Sacrement de l'autel constituait pour ainsi dire l'id&#233;e centrale de l'ancienne liturgie de ce saint jour, &#224; ce point qu'on l'appelait dies paschalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-199&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jour pascal.&#034; id=&#034;nh4-199&#034;&gt;199&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en tant que J&#233;sus-Eucharistie est notre vraie P&#226;que, Lui qui a &#233;t&#233; immol&#233; pour nous et est devenu notre sacrifice et notre nourriture. Par la suite pourtant, une si grande splendeur de culte diminua avec le refroidissement de la ferveur des fid&#232;les ; les rites de la communion g&#233;n&#233;rale et de la cons&#233;cration des saintes Huiles se comp&#233;n&#233;tr&#232;rent en une unique messe matinale, et la pi&#233;t&#233; des chr&#233;tiens, toute occup&#233;e &#224; m&#233;diter la Passion du Sauveur, ne fut plus &#224; m&#234;me de saisir, par une id&#233;e fortement compr&#233;hensive de l'institution du Sacrifice pascal, la solennit&#233; de ce jour m&#233;morable : Natale Calicis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-200&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La naissance du Calice.&#034; id=&#034;nh4-200&#034;&gt;200&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; vint la n&#233;cessit&#233; d'une f&#234;te sp&#233;ciale de la sainte Eucharistie, surtout &#224; cause des h&#233;r&#233;sies qui avaient surgi contre la v&#233;rit&#233; du myst&#232;re ; cette f&#234;te fut institu&#233;e par Urbain IV en 1264 et &#233;tendue par Cl&#233;ment V &#224; toute l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office du Tr&#232;s Saint Sacrement est un chef-d'&#339;uvre de doctrine th&#233;ologique, d'amour, de go&#251;t litt&#233;raire ; il a pour auteur saint Thomas d'Aquin, qui toutefois, par humble attachement &#224; la tradition liturgique, voulut employer en partie des antiennes, lectures et r&#233;pons d&#233;j&#224; en usage dans quelques &#201;glises particuli&#232;res. La procession qui suit la messe devint g&#233;n&#233;ralement obligatoire au XVe si&#232;cle seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'entr&#233;e solennelle du c&#233;l&#233;brant a &#233;t&#233; emprunt&#233;e au lundi de la Pentec&#244;te. La fleur du froment dont parle ici le psalmiste, est le Corps tr&#232;s saint de J&#233;sus, form&#233; par le Paraclet avec le sang tr&#232;s pur d'une Vierge immacul&#233;e. Il est la fleur du froment, parce que son union hypostatique avec la nature du Verbe, &#233;l&#232;ve cette humanit&#233; au-dessus de toutes les autres cr&#233;atures ; bien plus, celle-ci est proprement la raison d'&#234;tre et la fin de la cr&#233;ation tout enti&#232;re, en sorte que Tertullien a pu d&#233;crire l'&#201;ternel contemplant debout devant Lui son mod&#232;le, le Christ, tandis qu'il modelait dans l'argile le corps d'Adam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est un chef-d'oeuvre de profondeur th&#233;ologique, associ&#233;e &#224; une bri&#232;vet&#233; incisive d'expression et &#224; une noble &#233;l&#233;gance. Par l&#224; encore on voit bien que saint Thomas n'&#233;tait pas simplement un th&#233;ologien, mais qu'il avait un sens litt&#233;raire exquis, et qu'il s'&#233;tait, dirions-nous, comme assimil&#233; le go&#251;t liturgique de l'&#201;glise. Les collectes compos&#233;es dans les derniers si&#232;cles du moyen &#226;ge sont tr&#232;s inf&#233;rieures par le concept et par l'&#233;l&#233;gance de l'expression, tandis que celle du Tr&#232;s Saint Sacrement a une saveur presque classique. Ce qui &#233;l&#232;ve de beaucoup sa valeur et d&#233;montre le g&#233;nie de l'Auteur, c'est l'art et la comp&#233;tence avec lesquels il a su synth&#233;tiser en un petit nombre de phrases tr&#232;s heureuses tout un trait&#233; sur le Sacrement de l'autel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seigneur qui, gr&#226;ce &#224; cet admirable Sacrement &#187; &#8212; admirable, parce que, &#224; la diff&#233;rence des autres sacrements, qui produisent seulement la gr&#226;ce au moment o&#249; on les re&#231;oit dignement, l'Eucharistie est l'Auteur m&#234;me de la gr&#226;ce, lequel, m&#234;me en dehors du moment du saint Sacrifice ou de la sainte Communion, prolonge sous les voiles eucharistiques sa demeure parmi nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; nous avez laiss&#233; un m&#233;morial de votre passion &#187; &#8212; car le sacrifice de l'autel, non sanglant mais v&#233;ritable et r&#233;el, comm&#233;more le sacrifice sanglant du Calvaire dont il est la continuation mystique, et dont il nous communique les m&#233;rites. J&#233;sus a voulu instituer l'Eucharistie sous forme de sacrifice pour &#233;pancher ainsi son amour, car, apr&#232;s sa r&#233;surrection, ne pouvant plus chaque jour, &#224; tout instant, s'immoler douloureusement pour nous, il a du moins &#233;tabli de nous appliquer continuellement les m&#233;rites de sa passion et de sa mort, ordonnant dans ce but aux pr&#234;tres de l'offrir sans cesse, jusqu'&#224; sa venue finale le jour du jugement, d'une fa&#231;on non sanglante, &#224; Dieu le P&#232;re, sur les autels pour le salut du monde. Il y a plus. Comme l'acte qui impressionne davantage le c&#339;ur humain et qui d&#233;montre mieux la charit&#233; que J&#233;sus a eue pour les hommes est pr&#233;cis&#233;ment le myst&#232;re de sa mort sur la croix, le Seigneur a &#233;tabli que cette immolation ne serait pas simplement un fait accompli dans les si&#232;cles lointains de l'histoire, et qui maintenant n'&#233;veille plus par cons&#233;quent une impression profonde, mais qu'au contraire cet acte de sa supr&#234;me charit&#233; envers les cr&#233;atures serait sans cesse renouvel&#233; sur les autels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte continue : &#171; Accordez-nous, nous vous en prions, de v&#233;n&#233;rer de telle sorte les myst&#232;res de votre Corps et de votre Sang. &#187; &#8212; Saint Thomas, en une phrase d'un go&#251;t classique tr&#232;s s&#251;r, appelle l'Eucharistie les myst&#232;res du Corps et du Sang du Seigneur, car ici il ne s'agit pas d'une froide comm&#233;moraison du Calvaire, mais de la pr&#233;sence r&#233;elle de ce Corps et de ce Sang qui, sur la balance de la Croix, repr&#233;sent&#232;rent le prix de notre rachat. Saint Augustin appelait &#224; bon droit la messe : Sacrificium pretii nostri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-201&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sacrifice de notre r&#233;demption &#187;, Confessions. IX, 12, 32. L'expression (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-201&#034;&gt;201&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le fruit sp&#233;cial qu'aujourd'hui l'&#201;glise nous apprend &#224; demander, c'est la d&#233;votion envers la Tr&#232;s Sainte Eucharistie, d&#233;votion qui ne doit pas consister uniquement en pri&#232;res ou en processions, mais principalement &#224; assurer et &#224; conserver en nous la gr&#226;ce et l'efficacit&#233; de cette Victime de r&#233;demption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de l'&#233;p&#238;tre aux Corinthiens (I, XI, 23-29) contient le r&#233;cit de l'institution eucharistique et parle des graves ch&#226;timents auxquels s'expose celui qui s'approche avec irr&#233;v&#233;rence pour recevoir le saint Sacrement. L'exp&#233;rience d&#233;montre que, comme rien n'est plus utile &#224; l'&#226;me que de recevoir fr&#233;quemment la sainte Communion avec les dispositions requises, ainsi rien ne l'expose davantage &#224; l'endurcissement du c&#339;ur et &#224; l'&#233;loignement final de Dieu que les communions sacril&#232;ges, surtout quand celles-ci forment une longue cha&#238;ne de profanations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Paul, pour en d&#233;crire au vif toute l'horreur, dit que ces malheureux mangent leur propre r&#233;probation, pour indiquer que, comme la nourriture se transforme en la substance de celui qui l'absorbe, ainsi le profanateur de la divine Eucharistie est frapp&#233; et tellement envahi par la mal&#233;diction de Dieu, que celle-ci, pour ainsi dire, p&#233;n&#232;tre dans ses os et dans ses moelles et passe jusque dans son sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset responsorial est le m&#234;me qu'au troisi&#232;me jeudi du Car&#234;me. A Cana, le Sauveur avait dit &#224; la sainte Vierge que le temps n'&#233;tait pas encore arriv&#233; de donner &#224; l'humanit&#233; ce vin myst&#233;rieux auquel elle faisait allusion, et dont celui qui fut multipli&#233; au festin des noces n'&#233;tait qu'un simple symbole. Maintenant, dans la pl&#233;nitude des temps, il donne au peuple chr&#233;tien une nourriture et un breuvage divins, prolongeant &#224; travers les si&#232;cles de l'histoire de l'&#201;glise les myst&#232;res de la r&#233;demption accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est tir&#233; du texte &#233;vang&#233;lique : &#171; Ma chair est vraiment une nourriture, mon sang est vraiment un breuvage. &#187; Ces deux si nettes affirmations de J&#233;sus contiennent une condamnation anticip&#233;e des diverses h&#233;r&#233;sies qui vinrent nier la pr&#233;sence r&#233;elle du Christ dans son Sacrement, r&#233;duisant tout &#224; un simple symbole : &#171; Qui mange ma chair et boit mon sang, dit le Christ, demeurera en moi, et moi en lui. &#187; Moi en lui et lui en moi, parce que le divin Sacrement sera comme le sceau de ma divinit&#233; imprim&#233; sur son &#226;me et sur son corps, pour les conformer &#224; moi. Tandis que le Sacrement nourrira son &#226;me par la charit&#233;, lui donnant part &#224; ma vie, il la fortifiera aussi contre les assauts de l'adversaire, lequel n'arrivera pas &#224; la d&#233;tacher de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la splendide s&#233;quence du Docteur Ang&#233;lique, o&#249; est r&#233;sum&#233;e toute la doctrine catholique sur la divine Eucharistie. Il &#233;tait difficile de donner une forme po&#233;tique convenable &#224; un th&#232;me exigeant la plus exacte et la plus limpide expression th&#233;ologique. Mais saint Thomas y a r&#233;ussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lecture &#233;vang&#233;lique de ce jour (Ioan, VI, 56-59), J&#233;sus explique aux habitants de Capharna&#252;m les effets spirituels de la Nourriture Eucharistique. De m&#234;me que le P&#232;re, de toute &#233;ternit&#233;, engendre son Fils de sa propre substance dans les splendeurs de sa saintet&#233; et lui fait part de sa vie, ainsi J&#233;sus dans l'Eucharistie, comme le dit saint Augustin, transforme l'&#226;me en lui-m&#234;me &#8212; non mutabis me in te, sed tu mutaberis in me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-202&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; cibus sum grandium : cresce et manducabis me. nec tu me in te mutabis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-202&#034;&gt;202&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; et r&#233;pand en elle sa vie au moyen de la gr&#226;ce. Alors l'&#226;me eucharistique vit et ne vit pas, tout comme J&#233;sus dans l'Eucharistie s'immole en victime et pourtant vit glorieux. Elle ne vit plus pour elle-m&#234;me parce qu'avec J&#233;sus elle meurt au vieil Adam ; mais en m&#234;me temps cette mort mystique ne lui enl&#232;ve aucune de ses aspirations &#224; la vie, puisqu'elle vit en J&#233;sus d'une vie toute sainte et digne de Dieu. Ainsi pr&#233;cis&#233;ment l'avait exp&#233;riment&#233; saint Paul quand il &#233;crivait : &#171; Je vis, mais ce n'est plus moi qui vis, c'est plut&#244;t le Christ qui vit en moi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-203&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gal. 2, 20.&#034; id=&#034;nh4-203&#034;&gt;203&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pour le psaume de l'offertoire est tir&#233; du L&#233;vitique (XXI, 6) et exprime l'&#233;minente saintet&#233; requise du pr&#234;tre pour qu'il s'approche dignement de l'autel et y offre, au milieu des fum&#233;es de l'encens, les pains de proposition. Ces pains &#233;taient un symbole de l'Eucharistie. Si donc, pour un minist&#232;re purement figuratif et symbolique, Dieu prescrivait un si haut degr&#233; de saintet&#233;, quelle ne doit pas &#234;tre maintenant la puret&#233; des pr&#234;tres de la Nouvelle Loi, appel&#233;s &#224; consacrer par les paroles de leurs l&#232;vres le Myst&#232;re du Corps et du Sang du Seigneur, &#224; l'offrir &#224; Dieu, &#224; l'administrer au peuple fid&#232;le en r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est tr&#232;s belle et s'inspire du c&#233;l&#232;bre texte de saint Paul, o&#249; l'unique pain eucharistique auquel tous participent, et l'unique coupe consacr&#233;e, de laquelle la communaut&#233; des fid&#232;les approche ses l&#232;vres, sont repr&#233;sent&#233;s comme le symbole de l'unit&#233; de foi et de dilection unissant les divers membres du corps mystique de l'&#201;glise, qui s'engraissent, selon le mot de Tertullien, &#224; un identique repas divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but (ou pr&#233;face) de l'anaphore cons&#233;cratoire est celui de No&#235;l&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-204&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant 1960, sauf dans les dioc&#232;ses poss&#233;dant une pr&#233;face propre.&#034; id=&#034;nh4-204&#034;&gt;204&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que la divine Eucharistie repr&#233;sente pour nous la continuation du bienfait de l'Incarnation et de la pr&#233;sence corporelle de J&#233;sus sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion &#8212; contrairement aux traditions classiques de la liturgie qui veulent que ce morceau musical emprunte son texte au Psautier ou &#224; l'&#201;vangile &#8212; est tir&#233;e de l'&#201;p&#238;tre aux Corinthiens. Il y est rappel&#233; que l'offrande du Sacrifice eucharistique c&#233;l&#232;bre la comm&#233;moraison de la mort du Seigneur. Il &#233;tait en effet de r&#232;gle chez les anciens que la communaut&#233; s'associ&#226;t au sacrifice qu'elle offrait, en participant &#224; la Victime immol&#233;e, de telle sorte que les malades seuls, ordinairement, communiaient en dehors de la messe. Saint Paul &#233;tablit ici comme une &#233;quivalence entre les deux concepts de Communion et de sacrifice comm&#233;moratif de la mort de J&#233;sus. C'est pourquoi, bien qu'&#224; parler selon la rigueur des termes th&#233;ologiques le Sacrifice eucharistique soit accompli par la cons&#233;cration, il appartient toutefois &#224; son int&#233;grit&#233; que celui qui l'offre y participe. Aussi le pr&#234;tre qui consacre &#224; la messe est-il tenu de participer r&#233;ellement aux saints Myst&#232;res, encore que la communion spirituelle puisse suffire aux fid&#232;les qui y assistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte d'action de gr&#226;ces exprime un autre fruit de l'Eucharistie, en plus de celui de la paix et de la concorde fraternelle &#233;nonc&#233; dans la secr&#232;te, et c'est celui d'un droit sp&#233;cial &#224; la possession de Dieu. Ce droit se fonde sur la fid&#233;lit&#233; de Dieu et sur les arrhes ou anticipation qu'il conc&#232;de de lui-m&#234;me en cette vie, se donnant enti&#232;rement &#224; celui qui communie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte Eucharistie est la preuve supr&#234;me de l'amour de Dieu. C'est pourquoi, chez les Orientaux, elle est souvent conserv&#233;e pour les malades dans une colombe d'or, qui est pr&#233;cis&#233;ment le symbole de l'Esprit Saint, c'est-&#224;-dire de la divine dilection. De ce caract&#232;re tout sp&#233;cial de l'Eucharistie, et du lien existant entre elle et l'action sanctificatrice du Paraclet, il est facile de conclure &#224; l'&#233;normit&#233; du p&#233;ch&#233; que l'on commet en s'en approchant sacril&#232;gement ou en profanant de quelque mani&#232;re que ce soit, ce Saint des saints. De plus, J&#233;sus, dans la sainte Communion, veut nous donner un gage de la vie &#233;ternelle, comme une anticipation de sa possession b&#233;atifique au Ciel. Quelle douleur pour son C&#339;ur quand, &#224; cause de la perfidie de Judas et de ses imitateurs, le Pain de vie se change parfois en motif de condamnation et de mort !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_14&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;DOM PIUS PARSCH, LE GUIDE DANS L'ANN&#201;E LITURGIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pain vivant qui la vie au monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Premi&#232;res impressions.&lt;/strong&gt; &#8212; Que f&#234;tons-nous, aujourd'hui ? Le nom le dit : &lt;i&gt;Festum Sanctissimi Corporis Christi&lt;/i&gt; &#8212; la f&#234;te du Tr&#232;s Saint Corps de J&#233;sus-Christ. C'est donc la f&#234;te du corps du Christ dans l'Eucharistie ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, la f&#234;te de l'institution de l'Eucharistie, ce qu'indique bien notre d&#233;signation fran&#231;aise : la f&#234;te du Saint-Sacrement. Cette f&#234;te est, en m&#234;me temps, un hommage au Christ qui, par l'institution de l'Eucharistie, a fait &#224; son &#201;glise le plus grand pr&#233;sent. A vrai dire, le jour de l'institution de l'Eucharistie est le Jeudi-Saint. Mais le souvenir de la Passion du Christ ne permet pas une joie festivale ce jour-l&#224;. C'est pourquoi une f&#234;te sp&#233;ciale du Saint-Sacrement nous permet de c&#233;l&#233;brer l'aspect joyeux du Jeudi-Saint. On a choisi, pour cette c&#233;l&#233;bration, le jeudi qui suit la conclusion du cycle pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liturgie de notre f&#234;te a &#233;t&#233; compos&#233;e par le grand docteur de l'&#201;glise, saint Thomas, sur l'ordre du pape Urbain IV, en l'an 1264. Il est incontestable que nous avons l&#224; une &#339;uvre classique de la liturgie. Nous remarquons, cependant, une grande diff&#233;rence entre l'Office de la f&#234;te du Saint-Sacrement et celui des f&#234;tes plus anciennes. L'office des f&#234;tes anciennes ressemble &#224; un parc grandiose, mais sauvage ; l'office de la f&#234;te du Saint-Sacrement peut &#234;tre compar&#233; &#224; un artistique jardin &#224; la fran&#231;aise. Les f&#234;tes anciennes respirent l'esprit puissant de l'&#232;re des martyrs, mais n'ont pas, d'ordinaire, une construction aussi d&#233;licate et artistique. Les f&#234;tes modernes se distinguent par une construction syst&#233;matique et diverses formes artistiques. La f&#234;te du Saint-Sacrement est une f&#234;te moderne et elle tient le premier rang parmi ces f&#234;tes. C'est un v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre artistique. Tant dans la pri&#232;re des Heures que dans la messe, nous rencontrons sans cesse de nouvelles beaut&#233;s architecturales. Examinons de pr&#232;s cet office classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Matines commencent par un hommage au Christ-Roi : &#171; Le Christ, le Roi, le Souverain des nations... &#187; Depuis que nous c&#233;l&#233;brons la f&#234;te du Christ-Roi, nous sommes plus attentifs aux textes liturgiques qui proclament sa royaut&#233;. Nous le voyons, la F&#234;te-Dieu est aussi une f&#234;te du Christ-Roi, un hommage au divin Roi qui, dans l'Eucharistie, r&#232;gne sur les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, vient l'hymne. Les hymnes de la F&#234;te-Dieu attestent toutes le grand talent po&#233;tique de saint Thomas. Malgr&#233; toute son originalit&#233;, saint Thomas, dans le rythme et la rime, suit les traces des c&#233;l&#232;bres compositions lyriques qu'Adam de Saint-Victor (1192) nous a laiss&#233;es et qui forment l'h&#233;ritage spirituel de l'abbaye royale des chanoines r&#233;guliers de Saint-Victor. &lt;br class='autobr' /&gt;
Signalons seulement l'hymne des Laudes (Verbum supernum), dans laquelle se trouvent ces vers qui sont un vrai &#171; monument &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Se nascens dedit socium, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Convescens in edulium, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Se moriens in pretium, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Se regnans dat in pr&#230;mium.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il na&#238;t et se fait notre compagnon, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il mange avec nous et nous donne un aliment d&#233;licieux, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il meurt et sa mort est notre ran&#231;on, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;R&#233;gnant au ciel, il se donne en r&#233;compensa.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; propos de cette strophe que le po&#232;te Santeuil disait qu'il aurait donn&#233; toutes ses &#339;uvres pour &#234;tre l'auteur de ces quatre vers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois nocturnes des matines doivent marquer une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier repr&#233;sente l'Ancien Testament, et, par suite, nous offre souvent une figure ou un type ; le second traite des pens&#233;es de la f&#234;te ; le troisi&#232;me, avec l'&#201;vangile, est le point culminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les matines du Saint-Sacrement, les le&#231;ons du premier nocturne ne sont pas emprunt&#233;es &#224; l'Ancien Testament, mais au Nouveau. Par contre, les trois r&#233;pons nous pr&#233;sentent trois des plus belles figures de l'Eucharistie : l'agneau pascal (1), la manne (2) et le pain cuit sous la cendre, pr&#233;sent&#233; &#224; &#201;lie (3). Saint Thomas montre une v&#233;ritable ma&#238;trise dans le choix des psaumes et dans le cadre des antiennes, qui semble se pr&#233;senter de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les le&#231;ons du deuxi&#232;me nocturne ont &#233;t&#233; compos&#233;es par saint Thomas lui-m&#234;me. Elles sont de ces &#233;crits dont le Christ en personne aurait dit : &#171; Tu as bien &#233;crit de moi, Thomas &#187;. Dans les r&#233;pons de la f&#234;te du Saint-Sacrement, nous trouvons une forme artistique sp&#233;ciale. Tous (&#224; l'exception d'un seul) ont cette particularit&#233; qu'une partie est tir&#233;e de l'Ancien Testament et l'autre du Nouveau. Dans les r&#233;pons du premier nocturne, la premi&#232;re contient la figure et l'autre l'accomplissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Office des Heures.&lt;/strong&gt; &#8212; La f&#234;te commence solennellement par les premi&#232;res V&#234;pres. Nous voyons devant nous une mosa&#239;que d'images et de figures. Nous voyons &#171; le pr&#234;tre &#233;ternel selon l'ordre de Melchis&#233;dech offrir le pain et le vin &#187; (Ps. 109). Nous voyons le divin Mo&#239;se, dans le d&#233;sert de la vie, &#171; donner le pain &#224; ceux qui le craignent &#187; (Ps. 110). Apr&#232;s la captivit&#233; de Babylone qu'&#233;tait notre &#233;tat de non rachet&#233;s, nous remercions le Seigneur : &#171; Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a fait ? Je prendrai le calice du salut &#187; (Ps. 115). Et, maintenant, une charmante image familiale : Le Christ est le p&#232;re de famille qui, dans un dur travail, nous a gagn&#233; notre pain ; l'&#201;glise, la m&#232;re, est semblable &#224; une vigne fertile. Les enfants, les pousses d'olivier, les jeunes oints &#8212; d'autres Christs &#8212; sont rang&#233;s autour de la table (Ps. 127). J&#233;rusalem est de nouveau en paix ; le Seigneur nourrit ses habitants de la moelle du froment (Ps. 147). &#171; O qu'il est doux, Seigneur, ton esprit, toi qui, pour montrer ta bienveillance envers tes fils, par un pain tr&#232;s doux descendu du ciel, remplis de biens ceux qui ont faim, et renvoies vides les riches d&#233;daigneux, All&#233;luia &#187; (Ant. Magn.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, nous r&#233;citons les matines. Nous les avons d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233;es. Elles coulent dans leur beaut&#233; classique, avec leurs antiennes si claires qui nous expliquent imm&#233;diatement les psaumes, avec leurs r&#233;pons si riches de sens et leurs le&#231;ons si pleines d'enseignements. Celles du second nocturne ont &#233;t&#233; compos&#233;es sp&#233;cialement par saint Thomas lui-m&#234;me pour ces matines. &#171; Immenses sont les bienfaits que la g&#233;n&#233;rosit&#233; de Dieu a accord&#233;s au peuple chr&#233;tien ; ils lui conf&#232;rent une dignit&#233; inestimable. Car il n'y a pas et il n'y a jamais eu &#171; un peuple qui a eu ses dieux si proches de lui, comme nous avons notre Dieu pr&#232;s de nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-205&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deut., IV, 7.&#034; id=&#034;nh4-205&#034;&gt;205&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, le Fils unique de Dieu a pris notre nature humaine pour nous faire participer &#224; sa nature divine ; pour faire les hommes dieux, il s'est fait homme. Et, en outre, tout ce qu'il a pris de nous, il nous l'a donn&#233; tout entier pour notre salut. Car il a offert son corps pour notre r&#233;conciliation sur l'autel de la Croix, comme victime, &#224; son P&#232;re. Il a vers&#233; son sang comme ran&#231;on et comme bain purificateur, afin que, rachet&#233;s du mis&#233;rable esclavage, nous soyons purifi&#233;s de tous les p&#233;ch&#233;s. Pour que le souvenir perp&#233;tuel d'un si grand bienfait nous demeur&#226;t, il nous a laiss&#233; son corps comme nourriture et son sang comme breuvage, que nous devons prendre sous les esp&#232;ces du pain et du vin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De bonne heure, le matin, nous r&#233;citons ou nous chantons les matines. L'id&#233;e de cette pri&#232;re du matin est celle-ci : louange de la nature en union avec le myst&#232;re de la f&#234;te. Mais aujourd'hui la cr&#233;ation a une raison particuli&#232;re de louer Dieu. Le Christ lui a fait honneur en prenant les dons de la nature, le pain et le vin, pour en faire le voile de sa pr&#233;sence mystique. Si l'humanit&#233; se sent honor&#233;e par l'Incarnation du Fils de Dieu, la cr&#233;ation enti&#232;re est honor&#233;e par l'institution de l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;La messe (Cibavit eos).&lt;/strong&gt; &#8212; Nous c&#233;l&#233;brons maintenant la messe d'une si belle composition. Nous la c&#233;l&#233;brerons pendant toute l'Octave. Nous pourrons donc chaque jour en m&#233;diter une partie diff&#233;rente. Au reste, chaque morceau est &#224; sa place et tr&#232;s suggestif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t est un v&#233;ritable Intro&#239;t, une sonnerie solennelle de cloches, une invitation &#224; la solennit&#233; de la messe. L'Eucharistie est la moelle du froment, l'aliment de la vie surnaturelle ; c'est le miel, la douceur spirituelle qui sort du rocher qui est le Christ. Le psaume tout entier (que nous connaissons depuis le lundi de la Pentec&#244;te) devrait &#234;tre r&#233;cit&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison est connue, mais il convient de la m&#233;diter quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;p&#238;tre est celle du Jeudi-Saint. Le passage principal est le r&#233;cit de la C&#232;ne. Les mots les plus importants sont : &#171; Vous annoncerez la mort du Seigneur &#187; (Nous annon&#231;ons la mort du Christ, en effet, en rendant pr&#233;sente cette mort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux chants interm&#233;diaires sont d'une tr&#232;s belle composition. Le Graduel est un texte emprunt&#233; &#224; l'Ancien Testament ; le verset de l'All&#233;luia est un passage du Nouveau Testament. Le Graduel parle de la nature : Dieu, le P&#232;re nourricier, sert la table pour ses cr&#233;atures et celles-ci disent leurs &#171; gr&#226;ces &#187; ; ce festin que Dieu sert &#224; ses cr&#233;atures est l'image du banquet divin que chante l'All&#233;luia. L'All&#233;luia est le pr&#233;lude de l'&#201;vangile dont il souligne le verset principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence, d'apr&#232;s sa d&#233;finition, est une m&#233;ditation du verset de l'All&#233;luia. Elle passe pour une des plus belles cr&#233;ations de saint Thomas. Cette po&#233;sie dogmatique contient toute la doctrine de l'Eucharistie (elle m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile nous donne l'essentiel du grand discours de promesse du Christ dont le contenu est : l'Eucharistie, qui est l'accomplissement de la figure de la manne, le pain de vie et le pain du ciel. Saint Thomas exprime cette id&#233;e d'une mani&#232;re classique dans cette parole : panis vivus et vitalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est d'une grande beaut&#233;. Nous sommes tous &#171; pr&#234;tres royaux &#187; ; nous offrons le pain (notre travail) et l'encens (notre pri&#232;re) et nous devons &#234;tre saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La secr&#232;te est, elle aussi, tr&#232;s riche de sens. Elle explique le symbole des oblats : le pain et le Vin sont le symbole de la paix et de l'unit&#233; ; ils ne prosp&#232;rent que dans la paix ; beaucoup de grains de bl&#233;, beaucoup de grains de raisins s'unissent pour faire la farine et le vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eucharistie est le sacrement de la paix et de l'unit&#233; avec le Christ. La postcommunion nous conduit d&#233;j&#224; &#224; la jouissance c&#233;leste de la divinit&#233;. De cette jouissance, nous avons le gage et l'image dans l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la messe a lieu la procession du Saint-Sacrement. Cette procession ne constitue pas l'essentiel de la f&#234;te (elle &#233;tait d'ailleurs inconnue au moment de l'introduction de la f&#234;te). C'est pour cela, aussi, que le rite de cette procession n'est pas le m&#234;me partout. Le rituel romain pr&#233;voit bien une procession, mais se contente d'offrir des chants pour cette procession. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'apr&#232;s-midi, nous c&#233;l&#233;brons les deuxi&#232;mes V&#234;pres, qui sont le chant final de la f&#234;te. Les v&#234;pres sont, aujourd'hui, l'action de gr&#226;ces pour les dons surnaturels de la f&#234;te. L'antienne de Magnificat r&#233;sume tous ces dons (saint Thomas y manifeste tout son g&#233;nie).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;O banquet sacr&#233; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Dans lequel le Christ est re&#231;u ! &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On y c&#233;l&#232;bre la m&#233;moire de sa Passion, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'&#226;me est remplie de gr&#226;ce, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et le gage de la gloire future nous est donn&#233;, All&#233;luia.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CX, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zach., IX, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hic stetit D. Gu&#233;ranger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oraison de la f&#234;te des Stigmates de saint Fran&#231;ois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Dion. Hierarch. coelest.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La nourriture des &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVI, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Petr., I, 19-21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hymn. Pentecost.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XX, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, XXIV, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., XVI, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., XV, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., IV, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov., VIII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;III Reg., XIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov., IX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;III Reg., XIX, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apoc, XXII, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Similitude de nom qui ne doit pas faire confondre ce jeune fr&#232;re avec le chanoine Jean de Lausanne, dont nous avons dit plus haut les &#233;minents services.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vita B. Julianae ab autore coaevo descripta, lib. II, c. 2 ; Act. SS. ad diem Vam Aprilis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., in Append.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. II, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb., X, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. VIII de Pass.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. IV de Pass.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIII, 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., XVII, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVII, 21, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tertull., Apolog. XXXIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor., X, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. CCXXVII. In die Paschae. Ad Infantes, de Sacramentis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. CCXXIX. Fer. II. Pasch. De Sacrament. fidelium.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act., IV, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. CCLXII. In die Pentecost. Ad Infant. de Sacrament.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lib. VIII de Trinit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hom. VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serm. II, ad Neoph.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In ep. I ad Cor. Hom. XXIV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lib. X in Johan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De corp. et sang. Domin. Cap. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De div. Off. Lib. II, c. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Sacrament. Euch. Cap. IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ep. LXIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ep., LXXVI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XI, 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tob., VI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen., I, 22, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XXI, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paulin. Ep. XIII ; Aug. Confess. XIII, 23 ; Ambr. Hymn. pasc ; Prosp. African. De promission.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Inscript. Augustod. Spicileg. Solesm. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De l'aveu g&#233;n&#233;ral aujourd'hui, cette reine qu'Abercius admire dans la cit&#233; imp&#233;riale, ce peuple au sceau resplendissant : c'est l'&#201;glise nuire, que le Psalmiste avait d'avance salu&#233;e comme une reine dans l'&#233;clat de son v&#234;tement d'or (Psalm. XLIV) ; c'est le peuple chr&#233;tien, marqu&#233; au front du signe du Dieu vivant (Apoc, VII).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Titul. Abercii. Spicileg. Solesm. III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. VII. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Venant. Fortun. Lib. III, carm. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article204#inter3' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mercredi de la IVe semaine de Car&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ad Smyrn. VIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ad Magnes. VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ad Philadelph. IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apoc. IV, V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ap. EUSEB. Hist. eccles. Lib. V, c. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lib. VII, c. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;200 jours, pour le je&#251;ne ou une &#339;uvre pie rempla&#231;ant le je&#251;ne, selon l'avis du Confesseur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. II, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb. V, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. I, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Est-il besoin de dire que ces paroles ne regardent aucunement l'Exposition de l'adorable Sacrement pratiqu&#233;e dans les conditions prescrites ou encourag&#233;es par la sainte &#201;glise, mais les abus de langage ou autres dont, bien contre le gr&#233; de l'&#201;glise, elle est devenue l'occasion pour la d&#233;votion priv&#233;e de quelques &#226;mes ! Ce n'est point ici le lieu d'appr&#233;cier une th&#232;se r&#233;cente qui voit dans l'Exposition le &lt;i&gt;juge sacrificium&lt;/i&gt; (le sacrifice perp&#233;tuel) ; nous ne rel&#232;verons pas m&#234;me autrement le terme quelque peu &#233;trange de &#171; vocation eucharistique &#187; appliqu&#233;e, dans la &lt;i&gt;natio tam grandis&lt;/i&gt; qui est L'&#201;glise, &#224; une cat&#233;gorie sp&#233;ciale de catholiques ; mais nous ne serons pas seuls, croyons-nous, &#224; trouver excessifs des d&#233;veloppements comme ceux-ci : &#171; Voil&#224; donc ce qui est promis &#224; tous ceux qui re&#231;oivent l'Eucharistie, promis plus sp&#233;cialement &#224; ceux qui la re&#231;oivent davantage, et c'est nous... Regardons ce qu'il a fallu &#224; Notre-Seigneur d'amour et de sacrifices pour faire la vocation eucharistique, et pour nous y appeler. Il a fallu d'abord qu'il fit l'Eucharistie, il a fallu qu'il embrass&#226;t tout ce que l'Eucharistie suppose d'abaissement, d'an&#233;antissement ; il a fallu qu'il accept&#226;t cela et qu'il le support&#226;t pendant dix-huit cents ans ! Car il est rest&#233; dix-huit cents ans en attendant l'heure o&#249; quelques-uns seraient sp&#233;cialement donn&#233;s &#224; son adorable pr&#233;sence, pour &#234;tre ses amis et ses confidents... &#187; Pour nous il faut l'avouer, nous comprenons autrement l'honneur de l'&#201;glise ; nous ne croyons pas que le Seigneur ait eu besoin de &#171; dix-huit cents ans de patience &#187; pour trouver enfin &#171; de vrais adorateurs et de vrais amis &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. VIII, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ep. LII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. VI, 11, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. VII, I, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CARDINAL PIE. Hom&#233;lie du 8 sept. 1869, &#224; Issoudun.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Enarrat. in Psalm. XCVIII, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. XVI, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zach. IX, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aspiration, on le verra, qui ne rel&#232;ve point de la nature, mais uniquement de ce fait que Dieu a &#233;lev&#233; l'homme &#224; l'ordre surnaturel et qu'il le lui a dit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 9 ; VI, 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII, 22-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. LXII, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLI, 2-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXLIII, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVIII, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. XI, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan. IV, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan. IV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gal. III, IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-93&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-93&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;93&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Psalm. LXVII, 19 ; Eph. IV, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-94&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-94&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;94&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CX, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-95&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-95&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;95&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-96&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-96&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;96&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. VIII, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-97&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-97&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;97&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen. I, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-98&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-98&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;98&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-99&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-99&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;99&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. VII, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-100&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-100&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-100&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;100&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. 1, 3, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-101&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-101&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-101&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;101&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. II, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-102&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-102&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-102&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;102&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb. 1, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-103&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-103&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-103&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;103&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CARDINAL PIE. Premi&#232;re Instruction synodale sur les principales erreurs du temps pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-104&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-104&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-104&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;104&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen. 1, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-105&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-105&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-105&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;105&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. LXII, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-106&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-106&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-106&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;106&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLI, 2-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-107&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-107&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-107&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;107&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Petr. 1, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-108&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-108&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-108&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;108&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. VIII, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-109&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-109&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-109&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;109&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. 1, 17, 18 ; Rom. V, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-110&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-110&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-110&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;110&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. VIII, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-111&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-111&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-111&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;111&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. VIII, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-112&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-112&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-112&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;112&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Tim. VI, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-113&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-113&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-113&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;113&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb. 1, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-114&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-114&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-114&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;114&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-115&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-115&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-115&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;115&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb. IX, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-116&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-116&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-116&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;116&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVIII, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-117&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-117&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-117&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;117&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-118&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-118&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-118&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;118&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mich. V, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-119&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-119&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-119&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;119&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLIV, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-120&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-120&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-120&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;120&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. IV, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-121&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-121&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-121&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;121&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXII, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-122&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-122&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-122&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;122&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. I, 20, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-123&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-123&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-123&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;123&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. VIII, 1-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-124&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-124&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-124&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;124&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. IX, 1-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-125&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-125&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-125&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;125&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXII, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-126&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-126&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-126&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;126&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ia ex Ant. maj. Adventus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-127&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-127&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-127&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;127&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ant. Epiph. ad Benedictus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-128&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-128&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-128&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;128&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-129&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-129&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-129&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;129&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XXIV, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-130&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-130&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-130&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;130&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. LXIV, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-131&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-131&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-131&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;131&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. LXXI, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-132&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-132&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-132&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;132&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. VIII, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-133&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-133&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-133&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;133&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XV, 2, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-134&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-134&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-134&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;134&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-135&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-135&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-135&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;135&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XXIV, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-136&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-136&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-136&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;136&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap. VIII, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-137&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-137&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-137&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;137&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-138&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-138&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-138&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;138&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XXIV, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-139&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-139&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-139&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;139&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 1-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-140&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-140&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-140&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;140&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XV, 5, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-141&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-141&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-141&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;141&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Const. &lt;i&gt;Excellentissimum&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-142&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-142&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-142&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;142&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zach. IX, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-143&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-143&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-143&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;143&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chrys. in Johan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-144&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-144&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-144&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;144&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zach. IX, 17 ; I Cor. X, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-145&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-145&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-145&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;145&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XII, 36-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-146&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-146&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-146&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;146&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. V, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-147&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-147&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-147&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;147&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dan. IX, 24, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-148&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-148&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-148&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;148&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXVIII, 164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-149&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-149&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-149&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;149&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eccli. XLVII, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-150&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-150&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-150&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;150&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Paral. XVI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-151&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-151&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-151&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;151&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 4, 37, 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-152&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-152&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-152&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;152&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXIII, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-153&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-153&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-153&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;153&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXVIII, 11, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-154&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-154&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-154&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;154&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXIII, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-155&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-155&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-155&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;155&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-156&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-156&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-156&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;156&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Paral. XV, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-157&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-157&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-157&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;157&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rupert. De div. Off. Lib. I, c. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-158&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-158&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-158&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;158&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Description de la psalmodie avant la r&#233;forme de saint Pie X.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-159&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-159&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-159&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;159&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph. 1, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-160&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-160&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-160&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;160&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Description de la psalmodie avant la r&#233;forme de saint Pie X.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-161&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-161&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-161&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;161&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXVII, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-162&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-162&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-162&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;162&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXXXI, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-163&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-163&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-163&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;163&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXVII, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-164&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-164&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-164&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;164&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXXXI, 3-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-165&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-165&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-165&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;165&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXXXI, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-166&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-166&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-166&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;166&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XXI, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-167&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-167&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-167&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;167&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XCV, 11 -13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-168&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-168&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-168&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;168&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVI, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-169&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-169&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-169&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;169&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hymn. Adoro te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-170&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-170&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-170&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;170&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. II, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-171&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-171&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-171&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;171&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CX, 4-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-172&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-172&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-172&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;172&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-173&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-173&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-173&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;173&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-174&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-174&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-174&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;174&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Temps de No&#235;l. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-175&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-175&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-175&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;175&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Allusion au rite processionnal b&#233;n&#233;dictin avant la messe solennelle des jours de f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-176&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-176&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-176&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;176&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-177&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-177&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-177&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;177&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XII, 24-25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-178&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-178&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-178&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;178&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conc. Trid. Sess. XIII, cap. VII, can.XI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-179&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-179&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-179&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;179&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm.CXLIV, 15-16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-180&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-180&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-180&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;180&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 56-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-181&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-181&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-181&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;181&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XXXV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-182&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-182&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-182&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;182&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-183&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-183&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-183&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;183&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cyrill. Al. in Johan. Lib. IV, cap. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-184&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-184&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-184&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;184&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. X, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-185&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-185&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-185&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;185&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cyrill. Al. in Johan. Lib. X, cap. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-186&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-186&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-186&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;186&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-187&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-187&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-187&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;187&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. V, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-188&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-188&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-188&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;188&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Greg. Nyss. Orat. catech. Cap. XXXVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-189&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-189&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-189&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;189&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Levit. XXI, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-190&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-190&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-190&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;190&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. III, 5-11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-191&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-191&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-191&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;191&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Greg. in Cant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-192&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-192&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-192&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;192&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LABBBE, Concil. T. XI, pag. 1680, 1711.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-193&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-193&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-193&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;193&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A la suite du concile de 1311, o&#249; la f&#234;te fut d&#233;finitivement promulgu&#233;e, Vienne prit pour armes l'orme surmont&#233; d'un calice et d'une hostie qu'entourent ces mots : Vienna civitas sancta.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-194&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-194&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-194&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;194&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce fut vers le m&#234;me temps qu'on vit para&#238;tre et s'&#233;tablir en plusieurs &#233;glises la forme actuelle des vases destin&#233;s &#224; renfermer les hosties consacr&#233;es. On leur donna le nom de ciborium ou ciboire, qui avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; dans l'antiquit&#233; au baldaquin ou d&#244;me surmontant les autels, et sous la vo&#251;te duquel ou suspendait en beaucoup de lieux la pyxide ou r&#233;serve eucharistique. Les formes de ces r&#233;serves sacr&#233;es avaient jusque l&#224; vari&#233; suivant les &#233;glises, mais en gardant toujours une dimension tr&#232;s restreinte. Aux XIIIe, XIVe et m&#234;me encore pendant une partie du XVe si&#232;cles, les pyxides sont g&#233;n&#233;ralement de tr&#232;s petite dimension, parce que, jusque vers le milieu du XVe si&#232;cle, elles ne servaient qu'&#224; conserver le petit nombre d'hosties dont on avait besoin pour la communion des malades en danger de mort. Les fid&#232;les en &#233;tat d'assister aux offices de l'&#233;glise recevaient la sainte Eucharistie, apr&#232;s la communion du pr&#234;tre, avec des esp&#232;ces consacr&#233;es pendant la messe m&#234;me, et distribu&#233;es au moyen de la pat&#232;ne. &#187; E. Reusens, professeur &#224; l'Universit&#233; catholique de Louvain : &#201;l&#233;ments d'Arch&#233;ologie chr&#233;tienne. T. II, p. 354.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-195&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-195&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-195&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;195&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;THIERS. De l'exposit. du S.-Sacr. Liv. II, ch. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-196&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-196&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-196&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;196&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sess. XIII, can. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-197&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-197&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-197&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;197&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sess. XIII, cap. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-198&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-198&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-198&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;198&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Saint Sacrement. T. I, p. 4 (traduct. de M. F. de Bernhardt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-199&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-199&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-199&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;199&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jour pascal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-200&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-200&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-200&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;200&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La naissance du Calice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-201&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-201&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-201&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;201&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Sacrifice de notre r&#233;demption &#187;, Confessions. IX, 12, 32. L'expression sera reprise par Paul VI dans son encyclique &lt;i&gt;Mysterium Fidei&lt;/i&gt; de 1965, r&#233;dig&#233;e contre les erreurs de notre temps sur la conception et de la pr&#233;sence r&#233;elle et du saint Sacrifice de la Messe. N.d.W.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-202&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-202&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-202&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;202&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; cibus sum grandium : cresce et manducabis me. nec tu me in te mutabis sicut cibum carnis tuae, sed tu mutaberis in me &#187;, &#171; Je suis l'aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Et tu ne me changeras pas en toi, comme l'aliment de ta chair ; mais c'est toi qui seras chang&#233; en moi. &#187; St Augustin, Confessions, VII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-203&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-203&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-203&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;203&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gal. 2, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-204&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-204&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-204&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;204&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant 1960, sauf dans les dioc&#232;ses poss&#233;dant une pr&#233;face propre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-205&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-205&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-205&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;205&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Deut., IV, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Commentaires liturgiques de la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;</title>
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		<dc:date>2026-04-20T13:05:38Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique Nous avons vu les saints Ap&#244;tres, au jour de la Pentec&#244;te, recevoir l'effusion de l'Esprit-Saint, et bient&#244;t, fid&#232;les &#224; l'ordre du Ma&#238;tre, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinit&#233;. Il &#233;tait donc juste que la solennit&#233; qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suiv&#238;t imm&#233;diatement celle de la Pentec&#244;te &#224; laquelle elle s'encha&#238;ne par un lien myst&#233;rieux. Cependant, ce n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-25-4efaf.gif?1776690350' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu les saints Ap&#244;tres, au jour de la Pentec&#244;te, recevoir l'effusion de l'Esprit-Saint, et bient&#244;t, fid&#232;les &#224; l'ordre du Ma&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XXVIII, 19.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinit&#233;. Il &#233;tait donc juste que la solennit&#233; qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suiv&#238;t imm&#233;diatement celle de la Pentec&#244;te &#224; laquelle elle s'encha&#238;ne par un lien myst&#233;rieux. Cependant, ce n'est qu'apr&#232;s de longs si&#232;cles qu'elle est venue s'inscrire sur le Cycle de l'Ann&#233;e liturgique, qui va se compl&#233;tant par le cours des &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les hommages que la Liturgie rend &#224; Dieu ont pour objet la divine Trinit&#233;. Les temps sont &#224; elle comme l'&#233;ternit&#233; ; elle est le dernier terme de notre religion tout enti&#232;re. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les f&#234;tes institu&#233;es en comm&#233;moration des myst&#232;res de notre salut aboutissent toujours &#224; elle. Celles de la tr&#232;s sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent &#224; la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes. Quant &#224; l'Office divin du Dimanche en particulier, il fournit chaque semaine l'expression sp&#233;cialement formul&#233;e de l'adoration et du service envers ce myst&#232;re, fondement de tous les autres et source de toute gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors comment il se fait que l'&#201;glise ait tard&#233; si longtemps d'instituer une f&#234;te sp&#233;ciale en l'honneur de la sainte Trinit&#233;. La raison ordinaire de l'institution des f&#234;tes manquait ici totalement. Une f&#234;te est le monument d'un fait qui s'est accompli dans le temps, et dont il est &#224; propos de perp&#233;tuer le souvenir et l'influence : or, de toute &#233;ternit&#233;, avant toute cr&#233;ation, Dieu vit et r&#232;gne, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit. Cette institution ne pouvait donc consister qu'&#224; &#233;tablir sur le Cycle un jour particulier o&#249; les chr&#233;tiens s'uniraient d'une mani&#232;re en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du myst&#232;re de l'unit&#233; et de la trinit&#233; dans une m&#234;me nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e s'en pr&#233;senta d'abord &#224; quelques-unes de ces &#226;mes pieuses et recueillies qui re&#231;oivent d'en haut le pressentiment des choses que l'Esprit-Saint op&#233;rera plus tard dans l'&#201;glise. D&#232;s le VIIIe si&#232;cle, le savant moine Alcuin, rempli de l'esprit de la sainte Liturgie, comme ses &#233;crits en font foi, crut le moment venu de r&#233;diger une Messe votive en l'honneur du myst&#232;re de la sainte Trinit&#233;. Il para&#238;t m&#234;me y avoir &#233;t&#233; incit&#233; par un d&#233;sir de l'illustre ap&#244;tre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n'&#233;tait toutefois qu'un secours pour la pi&#233;t&#233; priv&#233;e, et rien n'annon&#231;ait que l'institution d'une f&#234;te en sortirait un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la d&#233;votion &#224; cette Messe s'&#233;tendit peu &#224; peu, et nous la voyons accept&#233;e en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022. Mais &#224; cette &#233;poque d&#233;j&#224;, une f&#234;te proprement dite de la Sainte-Trinit&#233; avait &#233;t&#233; inaugur&#233;e dans l'une des &#233;glises de la pieuse Belgique, dans celle-l&#224; m&#234;me qu'une autre gr&#226;ce pr&#233;destinait &#224; enrichir le Cycle chr&#233;tien d'un de ses signes les plus resplendissants. &#201;tienne, &#233;v&#234;que de Li&#232;ge, instituait solennellement la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; dans son &#201;glise en 920, et faisait composer un Office complet en l'honneur du myst&#232;re. La disposition du droit commun qui r&#233;serve aujourd'hui au Si&#232;ge apostolique l'institution des nouvelles f&#234;tes n'existait pas encore, et Riquier, successeur d'Etienne sur le si&#232;ge de Li&#232;ge, maintint l'&#339;uvre de son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'&#233;tendit peu &#224; peu, et il para&#238;t que l'Ordre monastique lui fut promptement favorable ; car nous voyons, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es du XIe si&#232;cle, Bernon, abb&#233; de Reichnaw, s'occuper de sa propagation. A Cluny, la f&#234;te s'&#233;tablit d'assez bonne-heure dans le cours du m&#234;me si&#232;cle, comme on le voit par l'Ordinaire de cet illustre monast&#232;re r&#233;dig&#233; en 1091, o&#249; elle se trouve mentionn&#233;e comme &#233;tant institu&#233;e depuis un temps d&#233;j&#224; assez long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le pontificat d'Alexandre II, qui si&#233;gea de 1061 &#224; 1073, l'&#201;glise Romaine, qui souvent sanctionna, en les adoptant, les usages des &#201;glises particuli&#232;res, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses D&#233;cr&#233;tales, tout en constatant que la f&#234;te est d&#233;j&#224; r&#233;pandue en beaucoup de lieux, d&#233;clare que l'&#201;glise Romaine ne l'a pas accept&#233;e, par cette raison que chaque jour l'adorable Trinit&#233; est sans cesse invoqu&#233;e par la r&#233;p&#233;tition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d'autres formules de louange&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De feriis. Cap. Quoniam. Celte d&#233;cr&#233;tale a &#233;t&#233; attribu&#233;e par erreur &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la f&#234;te continuait &#224; se r&#233;pandre, comme l'atteste le Micrologue ; et dans la premi&#232;re partie du XIIe si&#232;cle, le docte abb&#233; Rupert, que l'on peut appeler avec raison l'un des princes de la science liturgique, proclamait d&#233;j&#224; la convenance de cette institution, s'exprimant &#224; son sujet comme nous le ferions aujourd'hui, dans ces termes remarquables : &#171; Aussit&#244;t apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; la solennit&#233; de l'av&#232;nement du Saint-Esprit, nous chantons la gloire de la sainte Trinit&#233; dans l'Office du Dimanche qui suit, et cette disposition est tr&#232;s &#224; propos ; car aussit&#244;t apr&#232;s la descente de ce divin Esprit, commenc&#232;rent la pr&#233;dication et la croyance, et, dans le bapt&#234;me, la foi et la confession du nom du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, l'&#233;tablissement de la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Cantorb&#233;ry ; ce fut en 1162 qu'il l'institua dans son &#201;glise, en m&#233;moire de sa cons&#233;cration &#233;piscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d'Arles pr&#233;sid&#233; par l'archev&#234;que Florentin, qui, dans son sixi&#232;me canon, inaugure solennellement la f&#234;te, en y ajoutant le privil&#232;ge d'une Octave. D&#232;s 1230, l'Ordre de C&#238;teaux, r&#233;pandu dans l'Europe enti&#232;re, l'avait institu&#233;e pour toutes ses maisons ; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des &#201;glises latines, dans le cours du XIIIe si&#232;cle, jouissaient d&#233;j&#224; de la c&#233;l&#233;bration de cette f&#234;te. Parmi ces &#201;glises, il s'en trouvait quelques-unes qui la pla&#231;aient, non au premier, mais au dernier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, et d'autres qui la c&#233;l&#233;braient deux fois : d'abord en t&#232;te de la s&#233;rie des Dimanches qui suivent la solennit&#233; de la Pentec&#244;te, et une seconde fois au Dimanche qui pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement l'Avent. Tel &#233;tait en particulier l'usage des &#201;glises de Narbonne, du Mans et d'Auxerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait d&#232;s lors pr&#233;voir que le Si&#232;ge apostolique finirait par sanctionner une institution que la chr&#233;tient&#233; aspirait &#224; voir &#233;tablie partout. Jean XXII, qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu'en 1334, consomma l'&#339;uvre par un d&#233;cret dans lequel l'&#201;glise Romaine acceptait la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; et l'&#233;tendait &#224; toutes les &#201;glises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on cherche maintenant le motif qui a port&#233; l'&#201;glise, dirig&#233;e en tout par l'Esprit-Saint, &#224; assigner ainsi un jour sp&#233;cial dans l'ann&#233;e pour rendre un hommage solennel &#224; la divine Trinit&#233;, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de gr&#226;ces, tous nos v&#339;ux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s'introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l'an 1000, les f&#234;tes des Saints universellement honor&#233;s y &#233;taient tr&#232;s rares. Apr&#232;s cette &#233;poque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il &#233;tait &#224; pr&#233;voir qu'elles s'y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir o&#249; l'Office du Dimanche, qui est sp&#233;cialement consacr&#233; &#224; la sainte Trinit&#233;, c&#233;derait fr&#233;quemment la place &#224; celui des Saints que ram&#232;ne le cours de l'ann&#233;e. Il devenait donc n&#233;cessaire, pour l&#233;gitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacr&#233; &#224; la souveraine Majest&#233;, qu'une fois du moins dans l'ann&#233;e, le Dimanche offrit l'expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte &#201;glise professe envers le souverain Seigneur, qui a daign&#233; se r&#233;v&#233;ler aux hommes dans son Unit&#233; ineffable et dans son &#233;ternelle Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de la foi chr&#233;tienne consiste dans la connaissance et l'adoration de Dieu unique en trois personnes. C'est de ce myst&#232;re que sortent tous les autres ; et si notre foi s'en nourrit ici-bas comme de son aliment supr&#234;me, en attendant que sa vision &#233;ternelle nous ravisse dans une f&#233;licit&#233; sans fin, c'est qu'il a plu au souverain Seigneur de s'affirmer tel qu'il est &#224; notre humble intelligence, tout en demeurant dans sa &#171; lumi&#232;re inaccessible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Tim., VI, 16.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La raison humaine peut arriver &#224; conna&#238;tre l'existence de Dieu comme cr&#233;ateur de tous les &#234;tres, elle peut prendre une id&#233;e de ses perfections en contemplant ses &#339;uvres ; mais la notion de l'&#234;tre intime de Dieu ne pouvait arriver jusqu'&#224; nous que parla r&#233;v&#233;lation qu'il a daign&#233; nous en faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le Seigneur voulant nous manifester mis&#233;ricordieusement son essence, afin de nous unir &#224; lui plus &#233;troitement et de nous pr&#233;parer en quelque fa&#231;on &#224; la vue qu'il doit nous donner de lui-m&#234;me lace &#224; face dans l'&#233;ternit&#233;, nous a conduits successivement de clart&#233; en clart&#233;, jusqu'&#224; ce que nous fussions suffisamment &#233;clair&#233;s pour reconna&#238;tre et adorer l'Unit&#233; dans la Trinit&#233; et la Trinit&#233; dans l'Unit&#233;. Durant les si&#232;cles qui pr&#233;c&#232;dent l'Incarnation du Verbe &#233;ternel, Dieu semble pr&#233;occup&#233; surtout d'inculquer aux hommes l'id&#233;e de son unit&#233; ; car le polyth&#233;isme devient de plus en plus le mal du genre humain, et la notion m&#234;me de la cause spirituelle et unique de toutes choses se f&#251;t &#233;teinte sur la terre, si la bont&#233; souveraine n'e&#251;t op&#233;r&#233; constamment pour sa conservation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas cependant que les livres de l'ancienne alliance soient enti&#232;rement muets sur les trois divines personnes, dont les ineffables relations sont &#233;ternelles en Dieu ; mais ces textes myst&#233;rieux demeuraient inaccessibles au vulgaire, tandis que, dans l'&#201;glise chr&#233;tienne, l'enfant de sept ans r&#233;pond &#224; qui l'interroge qu'en Dieu trois personnes divines n'ont qu'une m&#234;me nature el qu'une m&#234;me divinit&#233;. Lorsque, dans la Gen&#232;se, Dieu dit au pluriel : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image et &#224; notre ressemblance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen., I, 26.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'Isra&#233;lite s'incline et croit, mais sans comprendre ; &#233;clair&#233; par la r&#233;v&#233;lation compl&#232;te, le chr&#233;tien adore distinctement les trois personnes dont l'action s'est exerc&#233;e dans la formation de l'homme, et, la lumi&#232;re de la foi d&#233;veloppant sa pens&#233;e, il arrive sans effort &#224; retrouver en lui-m&#234;me la ressemblance divine. Puissance, intelligence, volont&#233; : ces trois facult&#233;s sont en lui, et il n'est qu'un seul &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Salomon dans les Proverbes, le livre de la Sagesse, l'Eccl&#233;siastique, parle avec magnificence de la Sagesse &#233;ternelle. Son unit&#233; avec l'essence divine et sa distinction personnelle &#233;clatent en m&#234;me temps dans un langage abondant et sublime ; mais qui percera le nuage ? Isa&#239;e a entendu la voix des S&#233;raphins retentir autour du tr&#244;ne de Dieu. Ils criaient alternativement dans une jubilation &#233;ternelle : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., VI, 3.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Qui expliquera aux hommes ce trois fois Saint dont la louange envoie ses &#233;chos jusqu'&#224; notre terrestre r&#233;gion ? Dans les Psaumes, dans les &#233;crits proph&#233;tiques, un &#233;clair sillonne tout &#224; coup le ciel ; une triple splendeur a &#233;bloui le regard de l'homme ; mais l'obscurit&#233; devient bient&#244;t plus profonde, et le sentiment de l'unit&#233; divine demeure seul distinct au fond de l'&#226;me, avec celui de l'incompr&#233;hensibilit&#233; de l'&#234;tre souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait que la pl&#233;nitude des temps f&#251;t accomplie ; alors Dieu enverrait en ce monde son Fils unique engendr&#233; de lui &#233;ternellement. Il a accompli ce dessein de sa divine munificence, &#171; et le Verbe fait chair a habit&#233; parmi nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., I, 14.&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En voyant sa gloire, qui est celle du Fils unique du P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous avons connu qu'en Dieu il y a P&#232;re et Fils. La mission du Fils sur la terre, en nous le r&#233;v&#233;lant lui-m&#234;me, nous apprenait que Dieu est P&#232;re &#233;ternellement ; car tout ce qui est en Dieu est &#233;ternel. Sans cette r&#233;v&#233;lation mis&#233;ricordieuse qui anticipe pour nous sur la lumi&#232;re que nous attendons apr&#232;s cette vie, notre connaissance de Dieu serait demeur&#233;e par trop imparfaite. Il convenait qu'il y e&#251;t enfin relation entre la lumi&#232;re de la foi et celle de la vision qui nous est r&#233;serv&#233;e, et il ne suffisait plus &#224; l'homme de savoir que Dieu est un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant nous connaissons le P&#232;re, duquel, comme nous dit l'Ap&#244;tre, d&#233;rive toute paternit&#233; m&#234;me sur la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., III, 15.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour nous, le P&#232;re n'est plus seulement un pouvoir cr&#233;ateur produisant les eues en dehors de lui ; notre &#339;il respectueux, conduit par la foi, p&#233;n&#232;tre jusque dans le sein de la divine essence, et l&#224; nous contemplons le P&#232;re engendrant un Fils semblable &#224; lui-m&#234;me. Mais, pour nous l'apprendre, le Fils est descendu jusqu'&#224; nous. Lui-m&#234;me le dit express&#233;ment : &#171; Nul ne conna&#238;t le P&#232;re, si ce n'est le Fils, et celui &#224; qui il a plu au Fils de le r&#233;v&#233;ler &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XI, 27.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gloire soit donc au Fils qui a daign&#233; nous manifester le P&#232;re, et gloire au P&#232;re que le Fils nous a r&#233;v&#233;l&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la science intime de Dieu nous est venue par le Fils, que le P&#232;re, dans son amour, nous a donn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., III, 16.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et afin d'&#233;lever nos pens&#233;es jusqu'&#224; sa nature divine, ce Fils de Dieu, qui s'est rev&#234;tu de notre nature humaine dans son Incarnation, nous a enseign&#233; que son P&#232;re et lui sont un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., XVII, 22.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'ils sont une m&#234;me essence dans la distinction des personnes. L'un engendre, l'autre est engendr&#233; ; l'un s'affirme puissance, l'autre sagesse, intelligence. La puissance ne peut &#234;tre sans l'intelligence, ni l'intelligence sans la puissance, dans l'&#234;tre souverainement parfait ; mais l'un et l'autre appellent un troisi&#232;me terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fils, qui a &#233;t&#233; envoy&#233; par le P&#232;re, est mont&#233; dans les cieux avec sa nature humaine qu'il s'est unie pour l'&#233;ternit&#233;, et voici que le P&#232;re et le Fils envoient aux hommes l'Esprit qui proc&#232;de de l'un et de l'autre. Par ce nouveau don, l'homme arrive &#224; conna&#238;tre que le Seigneur Dieu est en trois personnes. L'Esprit, lien &#233;ternel des deux premi&#232;res, est la volont&#233;, l'amour, dans la divine essence. En Dieu donc est la pl&#233;nitude de l'&#234;tre, sans commencement, sans succession, sans progr&#232;s, car rien ne lui manque. En ces trois termes &#233;ternels de sa substance incr&#233;&#233;e, il est l'acte pur et infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte Liturgie, qui a pour objet la glorification de Dieu et la comm&#233;moration de ses &#339;uvres, suit chaque ann&#233;e les phases sublimes de ces manifestations dans lesquelles le souverain Seigneur s'est d&#233;clar&#233; tout entier &#224; de simples mortels. Sous les sombres couleurs de l'Avent, nous avons travers&#233; la p&#233;riode d'attente durant laquelle le radieux triangle laissait &#224; peine p&#233;n&#233;trer quelques rayons &#224; travers le nuage. Le monde implorait un lib&#233;rateur, un Messie ; et le propre Fils de Dieu devait &#234;tre ce lib&#233;rateur, ce Messie. Pour que nous eussions l'intelligence compl&#232;te des oracles qui nous l'annon&#231;aient, il &#233;tait n&#233;cessaire qu'il f&#251;t venu. Un petit enfant nous est n&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., IX, 6.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous avons eu la clef des proph&#233;ties. En adorant le Fils, nous avons ador&#233; aussi le P&#232;re, qui nous l'envoyait dans la chair, et auquel il est consubstantiel. Ce Verbe de vie, que nous avons vu, que nous avons entendu, que nos mains ont touch&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., I, I.&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans l'humanit&#233; qu'il avait daign&#233; prendre, nous a convaincus qu'il est v&#233;ritablement une personne, qu'il est distinct du P&#232;re, puisque l'un envoie et que l'autre est envoy&#233;. Dans cette seconde personne divine, nous avons rencontr&#233; le m&#233;diateur qui a r&#233;uni la cr&#233;ation &#224; son auteur, le r&#233;dempteur de nos p&#233;ch&#233;s, la lumi&#232;re de nos &#226;mes, l'&#201;poux auquel elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie des myst&#232;res qui lui sont propres &#233;tant consomm&#233;e, nous avons c&#233;l&#233;br&#233; la venue de l'Esprit sanctificateur, annonc&#233; comme devant venir perfectionner l'&#339;uvre du Fils de Dieu. Nous l'avons ador&#233; et reconnu distinct du P&#232;re et du Fils, qui nous l'envoyaient avec la mission de demeurer avec nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 16.&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'est manifest&#233; dans des op&#233;rations toutes divines qui lui sont propres ; car elles sont l'objet de sa venue. Il est l'&#226;me de la sainte &#201;glise, il la maintient dans la v&#233;rit&#233; que le Fils lui a enseign&#233;e. Il est le principe de la sanctification dans nos &#226;mes, o&#249; il veut faire sa demeure. En un mot, le myst&#232;re de la sainte Trinit&#233; est devenu pour nous, non seulement un dogme intim&#233; &#224; notre pens&#233;e par la r&#233;v&#233;lation, mais une v&#233;rit&#233; pratiquement connue de nous par la munificence inou&#239;e des trois divines personnes, adopt&#233;s que nous sommes par le P&#232;re, fr&#232;res et coh&#233;ritiers du Fils, mus et habit&#233;s par l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commencerons donc cette journ&#233;e par rendre gloire au Dieu unique en trois personnes, en nous unissant &#224; la sainte &#201;glise qui, &#224; l'Office de Prime, r&#233;cite aujourd'hui, et tous les Dimanches qui ne sont pas occup&#233;s par quelque f&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette rubrique fut supprim&#233;e en 1955 : d&#233;sormais le symbole de St Athanase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le magnifique Symbole connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, dont il reproduit avec tant de majest&#233; et de pr&#233;cision la doctrine r&#233;sum&#233;e des enseignements divins.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Symbolum Athanasianum&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;LE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quic&#250;mque vult salvus esse, * ante &#243;mnia opus est, ut t&#233;neat cath&#243;licam fidem :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Quiconque veut &#234;tre sauv&#233; doit, avant tout, tenir la foi catholique :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quam nisi quisque &#237;ntegram inviolat&#225;mque serv&#225;verit, * absque d&#250;bio in &#230;t&#233;rnum per&#237;bit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et celui qui ne l'aura pas gard&#233;e enti&#232;re et inviolable, p&#233;rira certainement pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fides autem cath&#243;lica h&#230;c est : * ut unum Deum in Trinit&#225;te, et Trinit&#225;tem in unit&#225;te vener&#233;mur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Or la foi catholique consiste &#224; r&#233;v&#233;rer un seul Dieu dans la Trinit&#233;, et la Trinit&#233; dans l'Unit&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Neque confund&#233;ntes pers&#243;nas, * neque subst&#225;ntiam separ&#225;ntes.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;sans confondre les Personnes ni diviser la substance :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Alia est enim pers&#243;na Patris, &#225;lia F&#237;lii, * &#225;lia Sp&#237;ritus Sancti :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car autre est la personne du P&#232;re, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed Patris, et F&#237;lii, et Sp&#237;ritus Sancti una est div&#237;nitas, * &#230;qu&#225;lis gl&#243;ria, co&#230;t&#233;rna mai&#233;stas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais la divinit&#233; du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire &#233;gale, la majest&#233; co&#233;ternelle.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qualis Pater, talis F&#237;lius, * talis Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tel qu'est le P&#232;re, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Incre&#225;tus Pater, incre&#225;tus F&#237;lius, * incre&#225;tus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re est incr&#233;&#233;, le Fils incr&#233;&#233;, le Saint-Esprit incr&#233;&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Imm&#233;nsus Pater, imm&#233;nsus F&#237;lius, * imm&#233;nsus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Immense est le P&#232;re, immense le Fils, immense le Saint-Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;t&#233;rnus Pater, &#230;t&#233;rnus F&#237;lius, * &#230;t&#233;rnus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;ternel le P&#232;re, &#233;ternel le Fils, &#233;ternel le Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres &#230;t&#233;rni, * sed unus &#230;t&#233;rnus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois &#233;ternels, mais un seul &#233;ternel ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sicut non tres incre&#225;ti, nec tres imm&#233;nsi, * sed unus incre&#225;tus, et unus imm&#233;nsus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Comme aussi ce ne sont pas trois incr&#233;&#233;s, ni trois immenses, mais un seul incr&#233;&#233;, un seul immense.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sim&#237;liter omn&#237;potens Pater, omn&#237;potens F&#237;lius, * omn&#237;potens Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De m&#234;me tout-puissant est le P&#232;re, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres omnipot&#233;ntes, * sed unus omn&#237;potens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita Deus Pater, Deus F&#237;lius, * Deus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ainsi le P&#232;re est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut tamen non tres Dii, * sed unus est Deus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita D&#243;minus Pater, D&#243;minus F&#237;lius, * D&#243;minus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ainsi le P&#232;re est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres D&#243;mini, * sed unus est D&#243;minus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quia, sicut singill&#225;tim unamqu&#225;mque pers&#243;nam Deum ac D&#243;minum confit&#233;ri christi&#225;na verit&#225;te comp&#233;llimur : * ita tres Deos aut D&#243;minos d&#237;cere cath&#243;lica religi&#243;ne prohib&#233;mur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car de m&#234;me que la v&#233;rit&#233; chr&#233;tienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises &#224; part est Dieu et Seigneur : de m&#234;me la religion catholique nous d&#233;fend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pater a nullo est factus : * nec cre&#225;tus, nec g&#233;nitus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re n'est ni fait, ni cr&#233;&#233;, ni engendr&#233; d'aucun autre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;F&#237;lius a Patre solo est : * non factus, nec cre&#225;tus, sed g&#233;nitus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Fils est du P&#232;re seul : ni fait, ni cr&#233;&#233;, mais engendr&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sp&#237;ritus Sanctus a Patre et F&#237;lio : * non factus, nec cre&#225;tus, nec g&#233;nitus, sed proc&#233;dens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Saint-Esprit est du P&#232;re et du Fils : ni fait, ni cr&#233;&#233;, ni engendr&#233;, mais proc&#233;dant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus ergo Pater, non tres Patres : unus F&#237;lius, non tres F&#237;lii : * unus Sp&#237;ritus Sanctus, non tres Sp&#237;ritus Sancti.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il n'y a donc qu'un seul P&#232;re, et non trois P&#232;res ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et in hac Trinit&#225;te nihil prius aut post&#233;rius, nihil maius aut minus : * sed tot&#230; tres pers&#243;n&#230; co&#230;t&#233;rn&#230; sibi sunt et co&#230;qu&#225;les.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et dans cette Trinit&#233; il n'y a ni ant&#233;rieur, ni post&#233;rieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes co&#233;ternelles et &#233;gales entre elles ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita ut per &#243;mnia, sicut iam supra dictum est, * et &#250;nitas in Trinit&#225;te, et Tr&#237;nitas in unit&#225;te vener&#225;nda sit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En sorte qu'en tout et partout, comme il a &#233;t&#233; dit ci-dessus, on doit r&#233;v&#233;rer l'Unit&#233; en la Trinit&#233;, et la Trinit&#233; en l'Unit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui vult ergo salvus esse, * ita de Trinit&#225;te s&#233;ntiat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Celui donc qui veut &#234;tre sauv&#233; doit penser ainsi de la Trinit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed necess&#225;rium est ad &#230;t&#233;rnam sal&#250;tem, * ut Incarnati&#243;nem quoque D&#243;mini nostri Iesu Christi fid&#233;liter credat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais il est n&#233;cessaire encore pour le salut &#233;ternel, qu'il croie fid&#232;lement l'Incarnation de notre Seigneur J&#233;sus-Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Est ergo fides recta ut cred&#225;mus et confite&#225;mur, * quia D&#243;minus noster Iesus Christus, Dei F&#237;lius, Deus et homo est. &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Or la droiture de la foi consiste &#224; croire et &#224; confesser que notre Seigneur J&#233;sus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus est ex subst&#225;ntia Patris ante s&#509;cula g&#233;nitus : * et homo est ex subst&#225;ntia matris in s&#230;culo natus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est Dieu, &#233;tant engendr&#233; de la substance de son P&#232;re avant les si&#232;cles, et il est homme, &#233;tant n&#233; de la substance d'une m&#232;re dans le temps ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Perf&#233;ctus Deus, perf&#233;ctus homo : * ex &#225;nima ration&#225;li et hum&#225;na carne subs&#237;stens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une &#226;me raisonnable et un corps d'homme,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;qu&#225;lis Patri sec&#250;ndum divinit&#225;tem : * minor Patre sec&#250;ndum humanit&#225;tem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;gal au P&#232;re selon la divinit&#233;, moindre que le P&#232;re selon l'humanit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui licet Deus sit et homo, * non duo tamen, sed unus est Christus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est n&#233;anmoins qu'un seul Christ, et non deux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus autem non conversi&#243;ne divinit&#225;tis in carnem, * sed assumpti&#243;ne humanit&#225;tis in Deum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est un, non que la divinit&#233; ait &#233;t&#233; chang&#233;e en l'humanit&#233; ; mais parce que Dieu a pris l'humanit&#233; et se l'est unie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus omn&#237;no, non confusi&#243;ne subst&#225;nti&#230;, * sed unit&#225;te pers&#243;n&#230;.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est un enfin, non par confusion de substance, mais par unit&#233; de personne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nam sicut &#225;nima ration&#225;lis et caro unus est homo : * ita Deus et homo unus est Christus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car de m&#234;me que l'&#226;me raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l'homme est un seul Christ :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui passus est pro sal&#250;te nostra : desc&#233;ndit ad &#237;nferos : * t&#233;rtia die resurr&#233;xit a m&#243;rtuis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisi&#232;me jour est ressuscit&#233; des morts ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Asc&#233;ndit ad c&#230;los, sedet ad d&#233;xteram Dei Patris omnipot&#233;ntis : * inde vent&#250;rus est iudic&#225;re vivos et m&#243;rtuos.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui est mont&#233; aux cieux, est assis &#224; la droite de Dieu te P&#232;re tout-puissant, et de l&#224; viendra juger les vivants et les morts ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ad cuius adv&#233;ntum omnes h&#243;mines res&#250;rgere habent cum corp&#243;ribus suis ; * et reddit&#250;ri sunt de factis pr&#243;priis rati&#243;nem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;A l'av&#232;nement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et qui bona eg&#233;runt, ibunt in vitam &#230;t&#233;rnam : * qui vero mala, in ignem &#230;t&#233;rnum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie &#233;ternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu &#233;ternel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;H&#230;c est fides cath&#243;lica, * quam nisi quisque fid&#233;liter firmit&#233;rque cred&#237;derit, salvus esse non p&#243;terit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera pas fid&#232;lement et fermement ne pourra &#234;tre sauv&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le Sacrifice de la Messe soit toujours c&#233;l&#233;br&#233; en l'honneur de la sainte Trinit&#233;, l'&#201;glise aujourd'hui, dans ses chants, ses pri&#232;res et ses lectures, glorifie d'une mani&#232;re plus expresse le grand myst&#232;re qui est le fondement de la croyance chr&#233;tienne. On fait m&#233;moire cependant du premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, afin de ne pas interrompre l'ordre de la Liturgie. L'&#201;glise emploie dans cette solennit&#233; la couleur blanche, en signe d'all&#233;gresse, et pour exprimer la simplicit&#233; et la puret&#233; de l'essence divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t n'est pas tir&#233; des saintes &#201;critures. C'est une formule de glorification propre &#224; ce jour, et la sainte Trinit&#233; y est repr&#233;sent&#233;e comme la source divine des mis&#233;ricordes qui ont &#233;t&#233; r&#233;pandues sur les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, la sainte &#201;glise demande pour nous la fermet&#233; dans la foi qui nous fait confesser en Dieu l'Unit&#233; et la Trinit&#233;. C'est la premi&#232;re condition du salut, le premier lien avec Dieu. Avec cette foi nous vaincrons nos ennemis et nous triompherons de tous les obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons arr&#234;ter notre pens&#233;e sur les conseils divins, sans &#233;prouver une sorte de vertige. L'&#233;ternel et l'infini &#233;blouissent notre faible raison, et cette raison en m&#234;me temps les reconna&#238;t et les confesse. Or, si les desseins de Dieu sur les cr&#233;atures nous d&#233;passent d&#233;j&#224;, comment la nature intime de ce souverain &#234;tre nous serait-elle connue ? Cependant nous distinguons et nous glorifions dans cette essence incr&#233;&#233;e le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le P&#232;re s'est r&#233;v&#233;l&#233; lui-m&#234;me en nous envoyant son Fils, objet de son &#233;ternelle complaisance ; c'est que le Fils nous a manifest&#233; sa personnalit&#233; en prenant notre chair, que le P&#232;re et le Saint-Esprit n'ont pas prise avec lui ; c'est que le Saint-Esprit, envoy&#233; par le P&#232;re et le Fils, est venu remplir en nous la mission qu'il a re&#231;ue d'eux. Notre &#339;il mortel plonge respectueusement dans ces profondeurs sacr&#233;es, et notre c&#339;ur s'attendrit en songeant que si nous connaissons Dieu, c'est par ses bienfaits qu'il a form&#233; en nous la notion de ce qu'il est. Gardons cette foi avec amour, et attendons dans la confiance le moment o&#249; elle s'&#233;vanouira pour faire place &#224; la vision &#233;ternelle de ce que nous aurons cru ici-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel et le Verset all&#233;luiatique respirent l'all&#233;gresse et l'admiration, en pr&#233;sence de cette haute majest&#233; qui a daign&#233; faire descendre ses rayons jusqu'au sein de nos t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le myst&#232;re de la sainte Trinit&#233; manifest&#233; par la mission du Fils de Dieu en ce monde et par la promesse de l'envoi prochain du Saint-Esprit, est intim&#233; aux hommes dans ces solennelles paroles que J&#233;sus prononce avant de monter au ciel. Il a dit : &#171; Celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc, XVI, 17.&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais il ajoute que le bapt&#234;me sera donn&#233; au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. Il faut d&#233;sormais que l'homme confesse non plus seulement l'unit&#233; de Dieu, en abjurant le polyth&#233;isme, mais qu'il adore la Trinit&#233; des personnes dans l'unit&#233; d'essence. Le grand secret du ciel est une v&#233;rit&#233; divulgu&#233;e maintenant par toute la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si nous confessons humblement Dieu connu tel qu'il est en lui-m&#234;me, nous avons aussi &#224; rendre l'hommage d'une &#233;ternelle reconnaissance &#224; la glorieuse Trinit&#233;. Non seulement elle a daign&#233; imprimer ses traits divins sur notre &#226;me, en la faisant &#224; sa ressemblance ; mais, dans l'ordre surnaturel, elle s'est empar&#233;e de notre &#234;tre et l'a &#233;lev&#233; &#224; une grandeur incommensurable. Le P&#232;re nous a adopt&#233;s en son Fils incarn&#233; ; le Verbe illumine notre intelligence de sa lumi&#232;re ; le Saint-Esprit nous a &#233;lus pour son habitation : c'est ce que marque la forme du saint bapt&#234;me. Par ces paroles prononc&#233;es sur nous avec l'infusion de l'eau, la Trinit&#233; toute enti&#232;re a pris possession de sa cr&#233;ature. Nous rappelons cette sublime merveille chaque fois que nous invoquons les trois divines personnes en imprimant sur nous le signe de la croix. Lorsque notre d&#233;pouille mortelle sera apport&#233;e dans la maison de Dieu pour y recevoir les derni&#232;res b&#233;n&#233;dictions et les adieux de l'&#201;glise de la terre, le pr&#234;tre suppliera le Seigneur de ne pas entrer en jugement avec son serviteur ; et afin d'attirer sur ce chr&#233;tien d&#233;j&#224; entr&#233; dans son &#233;ternit&#233; les regards de la mis&#233;ricorde divine, il repr&#233;sentera au souverain Juge que ce membre de la race humaine &#171; fut marqu&#233; durant sa vie du sceau de la sainte Trinit&#233; &#187;. V&#233;n&#233;rons en nous cette auguste empreinte ; elle sera &#233;ternelle. La r&#233;probation m&#234;me ne l'effacerait pas. Qu'elle soit donc notre espoir, notre plus beau titre, et vivons &#224; la gloire du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Offertoire, l'&#201;glise pr&#233;lude au Sacrifice qui se pr&#233;pare, en invoquant sur l'oblation le nom des trois personnes, et en proclamant toujours la divine mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise demande, dans la Secr&#232;te, que l'hommage de nous-m&#234;mes que nous offrons en ce Sacrifice &#224; la divine Trinit&#233; ne lui soit pas pr&#233;sent&#233; seulement aujourd'hui, mais qu'il devienne &#233;ternel par notre admission au ciel, o&#249; nous contemplerons sans voiles le glorieux myst&#232;re de Dieu unique en trois personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Antienne de la Communion, l'&#201;glise continue d'exalter la mis&#233;ricorde du grand Dieu qui a fait servir ses propres bienfaits &#224; nous &#233;clairer et &#224; nous instruire sur son essence incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses nous sont n&#233;cessaires pour arriver &#224; Dieu : la lumi&#232;re de la foi qui le fait conna&#238;tre &#224; notre intelligence, et l'aliment divin qui nous unit &#224; lui. La sainte &#201;glise, dans la Postcommunion, demande que l'un et l'autre nous conduisent &#224; cette heureuse fin de notre cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#201;vangile est celui du premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, que le pr&#234;tre lit en place de celui de saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rubrique supprim&#233;e en 1955. Suite du saint &#201;vangile selon saint Luc. En ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient que l'Orient fasse lui-m&#234;me entendre sa voix &#224; l'honneur de la Trinit&#233; sainte. L'&#233;v&#234;que saint Sim&#233;on, mis &#224; mort dans la grande pers&#233;cution de Sapor II, en 340, entonnera pour l'&#201;glise syrienne ce chant sacr&#233; dont il est l'auteur : v&#233;n&#233;rable &#233;cho de la foi des martyrs, le plus ancien monument de l'hymnographie orthodoxe en ces contr&#233;es o&#249; fut le berceau du monde. Une main fraternelle a bien voulu extraire pour nous cette perle, offerte &#224; la Trinit&#233; souveraine comme pr&#233;mices de doctes travaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNE A LA TRINIT&#201;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez cr&#233;es dans votre libert&#233; au commencement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez appel&#233;s votre ressemblante et vivante image.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez ennoblis par le don de la libert&#233; et de la raison.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, P&#232;re plein de justice, qui avez voulu nous poss&#233;der dans votre amour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Fils tr&#232;s saint, qui avez pris notre corps pour nous sauver.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Esprit de vie, qui nous avez enrichis de vos dons.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez rassembl&#233;s et ramen&#233;s des erreurs de l'idol&#226;trie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez conduits &#224; la science de votre Divinit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui avez fait de nous des instruments raisonnables pour votre service.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez convi&#233;s &#224; la splendide demeure du ciel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez instruits des c&#233;lestes hi&#233;rarchies.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez jug&#233;s dignes de vous louer avec les Anges.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que toute bouche vous c&#233;l&#232;bre, P&#232;re, Fils, et Saint-Esprit.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que des hauteurs et des bas lieux louange soit &#224; la Trinit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que dans le si&#232;cle pr&#233;sent et futur soit &#224; vous la louange et des esprits et des cr&#233;atures rev&#234;tues d'un corps :&lt;br class='manualbr' /&gt;Du temps jusqu'&#224; l'&#233;ternit&#233;, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Ajoutons cette Hymne du Br&#233;viaire maronite.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNUS AD HORAM TERTIAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire &#224; vous, &#244; P&#232;re, Dieu cach&#233;, imp&#233;n&#233;trable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompr&#233;hensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, compl&#233;ment de la Trinit&#233; indivise et qu'on ne peut sonder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P&#232;re engendre, le Fils est engendr&#233; de son sein, et l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils. Le P&#232;re est cr&#233;ateur, il a tir&#233; le monde du n&#233;ant ; le Fils est cr&#233;ateur, avec le P&#232;re il a fait tout ce qui est ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a &#233;t&#233;, ou sera. Le P&#232;re est l'intelligence, le Fils la parole, l'Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n'ont toutefois qu'une seule volont&#233;, une seule puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la foi de la sainte &#201;glise, qu'elle a apprise par l'&#233;cho des myst&#232;res c&#233;l&#233;br&#233;s dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, c&#233;l&#233;br&#233; par les habitants du ciel et de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge nous a laiss&#233; plusieurs S&#233;quences pour la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233;. Elles sont tr&#232;s surcharg&#233;es de termes m&#233;taphysiques, et g&#233;n&#233;ralement peu m&#233;lodieuses et peu po&#233;tiques. On y parle le langage de l'&#201;cole avec une rudesse qui risquerait de n'&#234;tre pas go&#251;t&#233;e des lecteurs d'aujourd'hui. Nous nous bornerons donc &#224; en ins&#233;rer une seule, celle d'Adam de Saint-Victor, qui, dans sa forme scolastique, conserve encore cette majest&#233; et cette m&#233;lodie qui sont le caract&#232;re des compositions du grand po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Profitentes Unitatem, &lt;br class='manualbr' /&gt;Veneremur Trinitatem&lt;br class='manualbr' /&gt;Pari reverentia, &lt;br class='manualbr' /&gt;Tres personas asserentes &lt;br class='manualbr' /&gt;Personali differentes&lt;br class='manualbr' /&gt;A se differentia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Confessons l'Unit&#233; divine, &lt;br class='manualbr' /&gt;v&#233;n&#233;rons la Trinit&#233; &lt;br class='manualbr' /&gt;d'un culte pareil : &lt;br class='manualbr' /&gt;reconnaissant trois personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;que distingue &lt;br class='manualbr' /&gt;une personnelle diff&#233;rence.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;H&#230;c dicuntur relative,&lt;br class='manualbr' /&gt;Quum sint unum substantive,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non tria principia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Sive dicas tres vel tria, &lt;br class='manualbr' /&gt;Simplex tamen est usia,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non triplex essentia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Elles re&#231;oivent leur nom de leur relation, &lt;br class='manualbr' /&gt;&#233;tant un substantivement, &lt;br class='manualbr' /&gt;et non trois principes. &lt;br class='manualbr' /&gt;En employant pour elles le nombre de trois, &lt;br class='manualbr' /&gt;tu dois reconna&#238;tre que leur nature est simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;que leur essence n'est pas triple.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Simplex esse, simplex posse, &lt;br class='manualbr' /&gt;Simplex velle, simplex nosse,&lt;br class='manualbr' /&gt;Cuncta sunt simplicia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non unius quam duarum&lt;br class='manualbr' /&gt;Sive trium personarum &lt;br class='manualbr' /&gt;Minor efficacia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#202;tre simple, pouvoir simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;vouloir simple, savoir simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;tout y est simple ; &lt;br class='manualbr' /&gt;la puissance d'une des personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;n'est pas moindre que ne l'est &lt;br class='manualbr' /&gt;celle de deux, ni celle de trois.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pater, Proles, sacrum Flamen,&lt;br class='manualbr' /&gt;Deus unus : sed hi tamen &lt;br class='manualbr' /&gt;Habent qu&#230;dam propria. &lt;br class='manualbr' /&gt;Una virtus, unum numen, &lt;br class='manualbr' /&gt;Unus splendor, unum lumen, &lt;br class='manualbr' /&gt;Hoc una quod alia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re, le Fils, l'Esprit-Saint, &lt;br class='manualbr' /&gt;un seul Dieu ; mais chacun &lt;br class='manualbr' /&gt;poss&#232;de ce qui lui est propre. &lt;br class='manualbr' /&gt;Une seule vertu, une seule divinit&#233;, &lt;br class='manualbr' /&gt;une seule splendeur, une seule lumi&#232;re ; &lt;br class='manualbr' /&gt;ce que l'un poss&#232;de, l'autre le poss&#232;de aussi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Patri Proles est &#230;qualis, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nec hoc tollit personalis&lt;br class='manualbr' /&gt;Amborum distinctio. &lt;br class='manualbr' /&gt;Patri compar Filioque, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritalis ab utroque&lt;br class='manualbr' /&gt;Procedit connexio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Fils est &#233;gal au P&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;et la distinction personnelle des deux &lt;br class='manualbr' /&gt;n'enl&#232;ve pas cette &#233;galit&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;gal au P&#232;re et au Fils, &lt;br class='manualbr' /&gt;l'Esprit est le lien &lt;br class='manualbr' /&gt;qui proc&#232;de de l'un et de l'autre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non humana ratione &lt;br class='manualbr' /&gt;Capi possunt h&#230; person&#230;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec harum discretio.&lt;br class='manualbr' /&gt;Non hic ordo temporalis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non hic situs, aut localis&lt;br class='manualbr' /&gt;Rerum circumscriptio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'humaine raison ne saurait &lt;br class='manualbr' /&gt;comprendre ces trois personnes, &lt;br class='manualbr' /&gt;ni la dissemblance qui les constitue. &lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; il n'y a ni succession de temps, &lt;br class='manualbr' /&gt;ni lieu pour circonscrire la chose.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nil in Deo pr&#230;ter Deum, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nulla causa pr&#230;tereum&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui creat causalia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Effectiva vel formalis &lt;br class='manualbr' /&gt;Causa Deus,et finalis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sed numquam materia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En Dieu, rien que Dieu ; &lt;br class='manualbr' /&gt;en lui, nulle cause que &lt;br class='manualbr' /&gt;celle qui produit les &#234;tres. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dieu est cause effective et formelle, &lt;br class='manualbr' /&gt;cause finale, &lt;br class='manualbr' /&gt;mais jamais mati&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Digne loqui de personis &lt;br class='manualbr' /&gt;Vim transcendit rationis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Excedit ingenia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Quidsit gigni, quid processus, &lt;br class='manualbr' /&gt;Me nescire sum professus : &lt;br class='manualbr' /&gt;Sed fide non dubia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Parler dignement des divines personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;est au-dessus des forces de la raison, &lt;br class='manualbr' /&gt;et d&#233;passe le g&#233;nie. &lt;br class='manualbr' /&gt;G&#233;n&#233;ration et procession dans la divine essence, &lt;br class='manualbr' /&gt;je confesse que ma raison ne le saisit pas, &lt;br class='manualbr' /&gt;mais ma foi le croit sans aucun doute.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui sic credit, non festinet, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et a via non declinet&lt;br class='manualbr' /&gt;Insolenter regia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Servet fidem, formet mores,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec attendat ad errores &lt;br class='manualbr' /&gt;Quos damnat Ecclesia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que celui qui croit ne soit pas impatient, &lt;br class='manualbr' /&gt;qu'il n'ait pas l'imprudence &lt;br class='manualbr' /&gt;de s'&#233;carter de la voie royale. &lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il garde la foi, qu'il r&#232;gle sa vie, &lt;br class='manualbr' /&gt;et n'ait aucun penchant &lt;br class='manualbr' /&gt;vers les erreurs que l'&#201;glise condamne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nos in fide gloriemur, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nos in una modulemur&lt;br class='manualbr' /&gt;Fidei constantia : &lt;br class='manualbr' /&gt;Trin&#230; sit laus Unitati, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sit et simpl&#230; Trinitati&lt;br class='manualbr' /&gt;Co&#230;terna gloria ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Glorifions-nous dans notre foi, &lt;br class='manualbr' /&gt;que notre constance dans cette foi unique &lt;br class='manualbr' /&gt;inspire nos chants m&#233;lodieux : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; l'Unit&#233; en trois personnes soit l'&#233;ternel honneur ! &lt;br class='manualbr' /&gt;A la Trinit&#233; dans l'essence simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;gloire co&#233;ternelle !&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Unit&#233; indivisible, Trinit&#233; distincte en une seule nature, Dieu souverain qui vous &#234;tes r&#233;v&#233;l&#233; aux hommes, daignez souffrir que nous osions r&#233;pandre en votre pr&#233;sence nos adorations, et &#233;pancher l'action de gr&#226;ces qui d&#233;borde de nos c&#339;urs, lorsque nous nous sentons inond&#233;s de vos ineffables clart&#233;s. Unit&#233; divine, Trinit&#233; divine, nous ne vous avons pas contempl&#233;e encore, mais nous savons que vous &#234;tes ; car vous avez daign&#233; vous manifester &#224; nous. Cette terre que nous habitons entend chaque jour proclamer distinctement l'auguste myst&#232;re dont la vue est le principe de la f&#233;licit&#233; des &#234;tres glorifi&#233;s dans votre sein. La race humaine a d&#251; attendre de longs si&#232;cles avant que la divine formule lui f&#251;t pleinement r&#233;v&#233;l&#233;e ; mais la g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle nous appartenons est en possession, confesse avec transport Unit&#233; et Trinit&#233; dans votre essence infinie. Autrefois la parole de l'&#233;crivain sacr&#233;, pareille &#224; l'&#233;clair qui sillonne la nue et laisse apr&#232;s lui l'obscurit&#233; plus profonde, traversait l'horizon de la pens&#233;e. Il disait : &#171; J'ignore la vraie Sagesse, je n'ai pas la science de ce qui est saint. Quel homme est mont&#233; aux cieux et en est redescendu ? Quel est celui qui tient dans ses mains la temp&#234;te ? Qui retient les eaux comme dans une enveloppe ? Qui a fix&#233; les confins de la terre ? Sais-tu quel est son nom ? Connais- tu le nom de son fils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXX, 2-4.&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur Dieu, gr&#226;ce &#224; votre infinie mis&#233;ricorde, nous connaissons aujourd'hui votre nom : vous vous appelez le P&#232;re, et celui que vous engendrez &#233;ternellement s'appelle le Verbe, la Sagesse. Nous savons aussi que du P&#232;re et du Fils proc&#232;de l'Esprit d'amour. Le Fils, rev&#234;tu de notre chair, a habit&#233; cette terre et il a v&#233;cu au milieu des hommes ; l'Esprit ensuite est descendu, et il reste avec nous jusqu'&#224; la consommation des destin&#233;es de la famille humaine ici-bas. Voil&#224; pourquoi nous osons confesser l'Unit&#233; et la Trinit&#233; ; car, ayant entendu le divin t&#233;moignage, nous avons cru ; et &#171; parce que nous avons cru, nous parlons en toute assurance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXV, 10 ; II Cor., IV, 13.&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Recevez donc notre confession en ce jour, Seigneur, comme vous re&#231;&#251;tes celle de votre insigne martyre qui, atteinte &#224; la gorge de trois coups du glaive, baign&#233;e dans les flots de son sang g&#233;n&#233;reux, vous envoyait son &#226;me, en marquant, par le geste sublime de ses doigts, qu'elle confessait, dans Rome encore pa&#239;enne, l'Unit&#233; de votre nature et la Trinit&#233; de vos personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos S&#233;raphins, &#244; Dieu, ont &#233;t&#233; entendus par le proph&#232;te. Ils chantaient : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur des arm&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., VI, 3.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Nous ne sommes que des hommes mortels ; mais, plus heureux qu'Isa&#239;e sans &#234;tre proph&#232;tes comme lui, nous pouvons articuler la parole ang&#233;lique, et dire : &#171; Saint est le P&#232;re, Saint est le Fils, Saint est l'Esprit &#187;. Ils soutenaient leur vol par deux de leurs ailes ; de deux autres ils voilaient respectueusement leur face, et les deux derni&#232;res couvraient leurs pieds. Nous aussi, fortifi&#233;s par l'Esprit divin qui nous a &#233;t&#233; donn&#233;, nous essayons de soulever sur les ailes du d&#233;sir le poids de notre mortalit&#233; ; nous couvrons par le repentir la responsabilit&#233; de nos fautes, et voilant sous le nuage de la foi l'&#339;il d&#233;bile de notre intelligence, nous recevons au dedans la lumi&#232;re qui nous est infuse. Dociles &#224; la parole r&#233;v&#233;l&#233;e, nous nous conformons &#224; ce qu'elle enseigne ; elle nous apporte la notion, non seulement distincte, mais lumineuse du myst&#232;re qui est la source et le centre de tous les autres. Les Anges et les Saints contemplent au ciel, avec cette ineffable timidit&#233; que le proph&#232;te a rendue en nous montrant leur regard temp&#233;r&#233; sous leurs ailes. Nous, nous ne voyons pas encore, nous ne pourrions voir, mais nous savons, et cette science &#233;claire nos pas, et nous fixe dans la v&#233;rit&#233;. Nous nous gardons de &#171; scruter la majest&#233; &#187;, de peur &#171; d'&#234;tre &#233;cras&#233;s sous la gloire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXV, 27.&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais repassant humblement ce que le ciel a daign&#233; nous r&#233;v&#233;ler de ses secrets, nous osons dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, Essence unique, acte pur, &#234;tre n&#233;cessaire, infini, sans division, ind&#233;pendant, complet de toute &#233;ternit&#233;, tranquille, et souverainement heureux. En vous nous reconnaissons, avec l'inviolable Unit&#233;, fondement de toutes vos grandeurs, trois personnes distinctement subsistantes ; mais dans leur production et leur distinction, la m&#234;me nature leur est commune, en sorte que la subsistance personnelle qui les constitue chacune et les distingue l'une de l'autre, n'am&#232;ne entre elles aucune in&#233;galit&#233;. O b&#233;atitude infinie dans cette soci&#233;t&#233; des trois personnes contemplant en elles-m&#234;mes les ineffables perfections de l'essence qui les r&#233;unit, et la propri&#233;t&#233; de chacune des trois qui anime divinement cette nature que rien ne saurait ni borner ni troubler ! O merveille de cette essence infinie, lorsqu'elle daigne agir en dehors d'elle-m&#234;me, cr&#233;ant des &#234;tres dans sa puissance et sa bont&#233;, les trois personnes op&#233;rant de concert, en sorte que celle qui intervient par un mode qui lui est propre, le fait en vertu d'une volont&#233; commune ! Qu'un amour sp&#233;cial soit donc rendu &#224; la divine personne qui, dans l'action commune aux trois, daigne se r&#233;v&#233;ler plus sp&#233;cialement aux cr&#233;atures ; et en m&#234;me temps, gr&#226;ces soient rendues aux deux autres qui s'unissent dans une m&#234;me volont&#233; &#224; celle qui daigne se manifester en notre faveur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; P&#232;re, Ancien des jours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dan., VII, 9.&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, innascible, sans principe, mais communiquant essentiellement et n&#233;cessairement au Fils et au Saint-Esprit la divinit&#233; qui r&#233;side en vous ! Vous &#234;tes Dieu et vous &#234;tes P&#232;re. Celui qui vous conna&#238;t comme Dieu et qui vous ignore comme P&#232;re, ne vous conna&#238;t pas tel que vous &#234;tes. Vous produisez, vous engendrez, mais c'est dans votre propre sein que vous &#234;tes g&#233;n&#233;rateur ; car rien de ce qui est hors de vous n'est Dieu. Vous &#234;tes l'&#234;tre, la puissance ; mais vous n'avez jamais &#233;t&#233; sans un Fils. Vous vous dites &#224; vous-m&#234;me tout ce que vous &#234;tes, vous vous traduisez, et le fruit de la f&#233;condit&#233; de votre pens&#233;e, &#233;gal &#224; vous-m&#234;me, est une seconde personne qui sort de vous ; c'est votre Fils, votre Verbe, votre parole incr&#233;&#233;e. Une fois vous avez parl&#233;, et votre parole est &#233;ternelle comme vous, comme votre pens&#233;e dont elle est l'expression infinie. Ainsi le soleil qui brille &#224; nos yeux n'a jamais &#233;t&#233; sans sa splendeur. Cette splendeur est par lui, elle est avec lui ; elle &#233;mane de lui sans le diminuer, pas plus qu'elle ne s'isole de lui. Pardonnez, &#244; P&#232;re, &#224; notre faible intelligence d'emprunter une comparaison aux &#234;tres que vous avez cr&#233;&#233;s. Et si nous nous &#233;tudions nous-m&#234;mes que vous avez cr&#233;&#233;s &#224; votre image, ne sentons-nous pas que notre pens&#233;e elle-m&#234;me, pour &#234;tre distincte dans notre esprit, a besoin du terme qui la fixe et la d&#233;termine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O P&#232;re, nous vous avons connu par ce Fils que vous engendrez &#233;ternellement, et qui a daign&#233; se r&#233;v&#233;ler &#224; nous. Il nous a appris que vous &#234;tes P&#232;re et qu'il est Fils, et qu'en m&#234;me temps vous &#234;tes avec lui une m&#234;me chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan, X, 30.&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si un Ap&#244;tre s'&#233;crie : &#171; Seigneur, montrez-nous le P&#232;re &#187;, il r&#233;pond : &#171; Qui me voit, voit mon P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 8-9.&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. O Unit&#233; de la nature divine, o&#249; le Fils, distinct du P&#232;re, n'est pas moins que le P&#232;re ! O complaisance du P&#232;re dans le Fils, par lequel il a conscience de lui-m&#234;me ; complaisance d'amour intime qu'il proclame &#224; nos oreilles mortelles sur les bords du Jourdain et sur le sommet du Thabor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., III, 17 ; II Petr., I, 17.&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O P&#232;re, nous vous adorons, mais aussi nous vous aimons : car un P&#232;re doit &#234;tre aim&#233; de ses fils, et nous sommes vos fils. Un Ap&#244;tre ne nous enseigne-t-il pas que toute paternit&#233; proc&#232;de de vous, non seulement au ciel, mais sur la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., III, 15.&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Nul n'est p&#232;re, nul n'a l'autorit&#233; paternelle dans la famille, dans l'&#201;tat, dans l'&#201;glise, que par vous, en vous, et par imitation de vous. Bien plus, vous avez voulu &#171; que nous fussions non seulement appel&#233;s vos fils, mais que cette qualit&#233; f&#251;t r&#233;elle en nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., III, 1.&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; non par g&#233;n&#233;ration comme il en est de votre unique Verbe, mais par une adoption qui nous rend ses &#171; coh&#233;ritiers &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom., VIII, 17.&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Votre Fils divin dit en parlant de vous : &#171; J'honore mon P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., VIII, 49.&#034; id=&#034;nh5-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous vous honorons aussi, P&#232;re souverain, P&#232;re de majest&#233; immense, et du fond de notre n&#233;ant, en attendant l'&#233;ternit&#233;, nous vous glorifions en union avec les saints Anges et les Bienheureux de notre race. Que votre &#339;il paternel nous prot&#232;ge, qu'il daigne se complaire aussi dans ces fils que vous avez pr&#233;vus, que vous avez &#233;lus, que vous avez appel&#233;s &#224; la foi, et qui osent, avec l'Ap&#244;tre, vous nommer &#171; le P&#232;re des mis&#233;ricordes et le Dieu de toute consolation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor., I, 3.&#034; id=&#034;nh5-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; Fils, &#244; Verbe, &#244; Sagesse du P&#232;re ! &#201;man&#233; de son essence divine, le P&#232;re vous a donne naissance &#171; avant l'aurore &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX, 3.&#034; id=&#034;nh5-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il vous a dit : &#171; Je t'ai engendr&#233; aujourd'hui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. II, 7.&#034; id=&#034;nh5-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et cet aujourd'hui qui n'a ni veille ni lendemain, est l'&#233;ternit&#233;. Vous &#234;tes Fils et Fils unique, et ce nom exprime une m&#234;me nature avec celui qui vous produit ; il exclut la cr&#233;ation, et vous montre consubstantiel au P&#232;re, dont vous sortez avec une parfaite similitude. Et vous sortez du P&#232;re, sans sortir de l'essence divine, &#233;tant co&#233;ternel &#224; votre principe ; car en Dieu, rien de nouveau, rien de temporel. En vous, la filiation n'est point une d&#233;pendance ; car le P&#232;re ne peut &#234;tre sans le Fils, pas plus que le Fils sans le P&#232;re. S'il est noble au P&#232;re de produire le Fils, il n'est pas moins noble au Fils d'&#233;puiser et de terminer en lui-m&#234;me par sa filiation la puissance g&#233;n&#233;ratrice du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O Fils de Dieu, vous &#234;tes le Verbe du P&#232;re. Parole incr&#233;&#233;e, vous lui &#234;tes aussi intime que sa pens&#233;e, et sa pens&#233;e est son &#234;tre. En vous cet &#234;tre se traduit tout entier dans son infinit&#233;, en vous il se conna&#238;t. Vous &#234;tes le fruit immat&#233;riel produit par l'intellect divin du P&#232;re, l'expression de tout ce qu'il est, soit qu'il vous garde myst&#233;rieusement &#171; dans son sein &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., I, 18.&#034; id=&#034;nh5-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit qu'il vous produise au dehors. Quels termes emploierons-nous pour vous d&#233;finir dans votre magnificence, &#244; Fils de Dieu ! L'Esprit-Saint daigne nous aider dans les livres qu'il a dict&#233;s ; nous oserons donc dire dans le langage qu'il nous sugg&#232;re : &#171; Vous &#234;tes l'&#233;clat de la gloire du P&#232;re, la forme de sa substance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb., I, 3.&#034; id=&#034;nh5-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vous &#234;tes la splendeur de la lumi&#232;re &#233;ternelle, le miroir sans imperfection de la majest&#233; de Dieu, la r&#233;fraction de son &#233;ternelle bont&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap., VII, 26.&#034; id=&#034;nh5-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la sainte &#201;glise r&#233;unie &#224; Nic&#233;e, nous osons vous dire encore : &#171; Vous &#234;tes Dieu de Dieu, lumi&#232;re de lumi&#232;re, vrai Dieu de vrai Dieu. &#187; Avec les P&#232;res et les Docteurs nous ajoutons : &#171; Vous &#234;tes le flambeau &#233;ternellement allum&#233; au flambeau &#233;ternel. Votre lumi&#232;re ne diminue en rien celle qui se communique &#224; vous, et en vous elle n'a rien d'inf&#233;rieur &#224; celle qui l'a produite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque cette ineffable f&#233;condit&#233; qui donne un Fils &#233;ternel au P&#232;re, au P&#232;re et au Fils un troisi&#232;me terme, a voulu se manifester au dehors de la divine essence, et ne pouvant plus rien produire qui f&#251;t &#233;gal &#224; celle-ci, a daign&#233; appeler du n&#233;ant la nature intellectuelle et raisonnable, comme la plus approchante de son principe, et la nature mat&#233;rielle comme la moins &#233;loign&#233;e du n&#233;ant, la production intime de votre personne dans le sein du P&#232;re, &#244; Fils unique de Dieu, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e au monde dans l'acte cr&#233;ateur. Le P&#232;re a fait toutes choses, mais &#171; c'est dans sa Sagesse &#187;, c'est-&#224;-dire par vous, &#171; qu'il les a faites &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIII, 24.&#034; id=&#034;nh5-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette mission d'op&#233;rer que vous avez re&#231;ue du P&#232;re, d&#233;rive de la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle par laquelle il vous produit de lui-m&#234;me. Vous vous &#234;tes &#233;lanc&#233; de votre repos myst&#233;rieux, et les cr&#233;atures visibles et invisibles sont sorties du n&#233;ant &#224; votre commandement. Agissant dans un intime concert avec le P&#232;re, vous avez r&#233;pandu sur les mondes, en les cr&#233;ant, quelque chose de cette beaut&#233; et de cette harmonie dont vous &#234;tes le reflet dans l'essence divine. Mais votre mission n'&#233;tait pas &#233;puis&#233;e par la cr&#233;ation. L'ange et l'homme, &#234;tres intelligents et libres, &#233;taient appel&#233;s &#224; voir et &#224; poss&#233;der Dieu &#233;ternellement. Pour eux, l'ordre naturel ne suffisait plus ; il fallait qu'une voie surnaturelle leur f&#251;t ouverte pour les conduire &#224; leur fin. Cette voie, c'&#233;tait vous-m&#234;me, &#244; Fils unique de Dieu. En prenant en vous la nature humaine, vous vous unissiez &#224; votre ouvrage, vous releviez jusqu'&#224; Dieu l'ange et l'homme, et dans votre nature finie vous apparaissiez comme le type supr&#234;me de la cr&#233;ation que le P&#232;re avait accomplie par vous. O myst&#232;re ineffable ! Vous &#234;tes le Verbe incr&#233;&#233;, et en m&#234;me temps &#171; le premier-n&#233; de toute cr&#233;ature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Col. I, 15.&#034; id=&#034;nh5-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, devant &#234;tre manifest&#233; en son temps, mais ayant pr&#233;c&#233;d&#233; dans l'intention divine tous les &#234;tres qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour cire ses sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La race humaine appel&#233;e &#224; vous poss&#233;der en son sein comme le divin interm&#233;diaire rompit avec Dieu : le p&#233;ch&#233; la pr&#233;cipita dans la mort. Qui pouvait d&#233;sormais la relever, la rendre &#224; sa sublime destin&#233;e ? Vous seul encore, &#244; Fils unique du P&#232;re ! Nous n'eussions jamais os&#233; l'esp&#233;rer ; mais &#171; le P&#232;re a tant aim&#233; le monde qu'il a donn&#233; &#171; son Fils unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., III, 16.&#034; id=&#034;nh5-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non plus seulement comme m&#233;diateur, mais comme r&#233;dempteur de nous tous. O notre premier-n&#233;, vous lui demandiez &#171; qu'il vous restitu&#226;t votre h&#233;ritage &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVI, 5.&#034; id=&#034;nh5-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et cet h&#233;ritage, vous avez d&#251; le racheter. Le P&#232;re alors vous confia la mission de Sauveur pour notre race perdue. Votre sang sur la croix fut notre ran&#231;on, et nous sommes ren&#233;s &#224; Dieu et &#224; nos premiers honneurs ; c'est pourquoi nous nous faisons gloire, nous vos rachet&#233;s, &#244; Fils de Dieu, de vous appeler Notre Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;livr&#233;s de la mort, purifi&#233;s du p&#233;ch&#233;, vous avez daign&#233; nous rendre toutes nos grandeurs. Car vous &#234;tes d&#233;sormais le Chef, et nous sommes vos membres. Vous &#234;tes le Roi, et nous sommes vos heureux sujets. Vous &#234;tes le PASTEUR, et nous sommes les brebis de votre unique bercail. Vous &#234;tes l'&#201;poux, et l'&#201;glise notre m&#232;re est votre &#233;pouse. Vous &#234;tes le Pain vivant descendu du ciel, et nous sommes vos convi&#233;s. O Fils de Dieu, &#244; Emmanuel, &#244; fils de l'homme, b&#233;ni soit le P&#232;re qui vous a envoy&#233; ; mais soyez b&#233;ni avec lui, vous qui avez rempli sa mission, et qui avez daign&#233; nous dire que &#171; vos d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les enfants des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII, 31.&#034; id=&#034;nh5-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; Esprit-Saint, qui &#233;manez &#224; jamais du P&#232;re et du Fils dans l'unit&#233; de la substance divine ! L'acte &#233;ternel par lequel le P&#232;re se conna&#238;t lui-m&#234;me produit le Fils qui est l'image infinie du P&#232;re, et le P&#232;re est &#233;pris d'amour pour cette splendeur sortie de lui avant tous les si&#232;cles. Le Fils, contemplant le principe dont il &#233;mane &#233;ternellement, con&#231;oit pour ce principe un amour &#233;gal &#224; celui dont il est l'objet. Quel langage pourrait d&#233;crire cette ardeur, cette aspiration mutuelle, qui est l'attraction et le mouvement d'une personne vers l'autre, dans l'immobilit&#233; &#233;ternelle de l'essence ! Vous &#234;tes cet amour, &#244; Esprit divin, sortant du P&#232;re et du Fils comme d'un m&#234;me principe, distinct de l'un et de l'autre, mais formant le lien qui les unit dans les ineffables d&#233;lices de la divinit&#233; : Amour vivant, personnel, proc&#233;dant du P&#232;re par le Fils, dernier terme qui compl&#232;te la nature divine et consomme &#233;ternellement la Trinit&#233;. Au sein imp&#233;n&#233;trable du grand Dieu, la personnalit&#233; vous vient &#224; la fois du P&#232;re dont vous &#234;tes l'expression par un nouveau mode de production&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XV, 26.&#034; id=&#034;nh5-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et du Fils qui, recevant du P&#232;re, vous donne de lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVI, 14-15.&#034; id=&#034;nh5-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; car l'amour infini qui les unit &#233;troitement est des deux et non d'un seul. Jamais le P&#232;re ne fut sans le Fils, jamais le Fils ne fut sans le P&#232;re ; mais jamais aussi le P&#232;re et le Fils n'ont &#233;t&#233; sans vous, &#244; Esprit-Saint ! &#201;ternellement ils se sont aim&#233;s, et vous &#234;tes l'amour infini qui r&#232;gne en eux, et auquel ils communiquent leur divinit&#233;. Votre procession de l'un et de l'autre &#233;puise la vertu productive de l'essence incr&#233;&#233;e, et ainsi les divines personnes r&#233;alisent le nombre trois ; en dehors d'elles, il n'y a que le cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait qu'en la divine essence f&#251;t, non pas seulement la puissance et l'intelligence, mais aussi le vouloir duquel proc&#232;de l'action. Le vouloir et l'amour sont une seule et m&#234;me chose, et vous &#234;tes, &#244; divin Esprit, ce vouloir et cet amour. Quand la glorieuse Trinit&#233; op&#232;re en dehors d'elle-m&#234;me, l'acte con&#231;u par le P&#232;re, exprim&#233; par le Fils, s'accomplit par vous. Par vous aussi, l'amour que le P&#232;re et le Fils ont l'un pour l'autre, et qui se personnalise en vous, s'&#233;tend aux &#234;tres qui seront cr&#233;&#233;s. Par son Verbe, le P&#232;re les conna&#238;t ; par vous, &#244; Esprit amour, il les aime, en sorte que toute cr&#233;ation proc&#232;de de la bont&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;manant du P&#232;re et du Fils, sans perdre l'&#233;galit&#233; que vous avez &#233;ternellement avec eux, vous &#234;tes envoy&#233; par l'un et l'autre vers la cr&#233;ature. Le Fils, envoy&#233; par le P&#232;re, rev&#234;t pour l'&#233;ternit&#233; la nature humaine, et sa personne, par les op&#233;rations qui lui sont propres, nous appara&#238;t distincte de celle du P&#232;re. De m&#234;me, &#244; Esprit-Saint, nous vous reconnaissons distinct du P&#232;re et du Fils, lorsque vous descendez pour remplir sur nous la mission qui vous a &#233;t&#233; d&#233;partie par l'un et l'autre. Vous inspirez les proph&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Petr., I, 21.&#034; id=&#034;nh5-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous intervenez en Marie dans la divine Incarnation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, I, 35.&#034; id=&#034;nh5-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous vous reposez sur la fleur de Jess&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., XI, 2.&#034; id=&#034;nh5-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous conduisez J&#233;sus au d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, IV, 1.&#034; id=&#034;nh5-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous le glorifiez par les miracles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XII, 28.&#034; id=&#034;nh5-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son &#201;pouse, la sainte &#201;glise, vous re&#231;oit, elle, et vous lui enseignez toute v&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVI, 13.&#034; id=&#034;nh5-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et vous demeurez en elle, comme son ami, jusqu'au dernier jour du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XXVIII, 20.&#034; id=&#034;nh5-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nos &#226;mes sont marqu&#233;es de votre sceau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., I, 13 ; IV, 30.&#034; id=&#034;nh5-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous les animez de la vie surnaturelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gal., v, 25.&#034; id=&#034;nh5-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; vous habitez jusqu'&#224; nos corps, qui deviennent votre temple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor., VI, 19.&#034; id=&#034;nh5-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; enfin vous &#234;tes pour nous le don de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymn. Pentecost. (Veni Creator).&#034; id=&#034;nh5-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la fontaine jaillissante jusque dans la vie &#233;ternelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., IV, 14 ; VII, 39.&#034; id=&#034;nh5-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ces distinctes vous soient donc rendues, &#244; Esprit divin, pour les op&#233;rations distinctes que vous accomplissez en notre faveur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, apr&#232;s avoir ador&#233; tour &#224; tour les divines personnes, en parcourant leurs bienfaits sur le monde, nous osons encore &#233;lever notre &#339;il mortel vers cette triple Majest&#233; qui resplendit dans l'unit&#233; de votre essence, &#244; souverain Seigneur, et nous confessons encore une fois, avec saint Augustin, ce que nous avons appris de vous-m&#234;me sur vous-m&#234;me. &#171; Trois est leur nombre : un aimant celui qui est de lui, un aimant celui de qui il est, et enfin l'amour lui-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non amplius quam tria sunt : unus diligens eum qui de illo est, et unus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il nous reste &#224; remplir un devoir de reconnaissance, en c&#233;l&#233;brant l'ineffable conduite par laquelle vous avez daign&#233; empreindre en nous l'image de vous-m&#234;me. Ayant r&#233;solu &#233;ternellement de nous donner soci&#233;t&#233; avec vous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., I, 3.&#034; id=&#034;nh5-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous nous avez pr&#233;par&#233;s selon un type emprunt&#233; &#224; votre &#234;tre divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen., I, 27.&#034; id=&#034;nh5-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Trois facult&#233;s dans notre &#226;me unique rendent t&#233;moignage de notre origine qui est de vous ; mais ce faible miroir de votre &#234;tre, qui est la gloire de notre nature, n'&#233;tait qu'un pr&#233;lude aux desseins de votre amour. Apr&#232;s nous avoir donn&#233; l'&#234;tre naturel, vous aviez r&#233;solu dans votre conseil, &#244; Trinit&#233; divine, de nous communiquer encore l'&#234;tre surnaturel. Dans la pl&#233;nitude des temps, Le P&#232;re nous envoie son Fils, et ce Verbe Incr&#233;&#233; apporte la lumi&#232;re &#224; notre intelligence ; le P&#232;re et le Fils nous envoient l'Esprit, et l'Esprit apporte l'amour &#224; notre volont&#233; ; et le P&#232;re qui ne peut &#234;tre envoy&#233; vient de lui-m&#234;me, et il se donne &#224; notre &#226;me dont il transforme la puissance. C'est dans le saint Bapt&#234;me, au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit, que s'accomplit dans le chr&#233;tien cette production des trois divines personnes, en correspondance ineffable avec les facult&#233;s d&#233;parties &#224; notre &#226;me, comme l'esquisse du chef-d'&#339;uvre que l'action surnaturelle de Dieu peut seule achever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O union par laquelle Dieu est en l'homme et l'homme est en Dieu ! Union par laquelle nous arrivons &#224; l'adoption du P&#232;re, &#224; la fraternit&#233; avec le Fils, &#224; l'h&#233;r&#233;dit&#233; &#233;ternelle ! Mais cette habitation de Dieu dans la cr&#233;ature, c'est l'amour &#233;ternel qui l'a gratuitement form&#233;e, et elle se maintient aussi longtemps que l'amour de r&#233;ciprocit&#233; ne fait pas d&#233;faut dans l'homme. Le p&#233;ch&#233; mortel aurait la force de la briser ; la pr&#233;sence des divines personnes qui avaient &#233;tabli leur s&#233;jour dans l'&#226;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 23.&#034; id=&#034;nh5-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui demeuraient unies &#224; elle, cesserait au m&#234;me instant o&#249; la gr&#226;ce sanctifiante s'&#233;teindrait. Dieu alors ne serait plus dans l'&#226;me que par son immensit&#233;, et l'&#226;me ne le poss&#233;derait plus. Alors Satan r&#233;tablirait en elle le r&#232;gne de son odieuse trinit&#233; : &#171; la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan, II, 16.&#034; id=&#034;nh5-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malheur &#224; quiconque oserait d&#233;fier Dieu par une si sanglante rupture, substituer ainsi le mal au souverain bien ! C'est la jalousie du Seigneur m&#233;pris&#233;, expuls&#233;, qui a creus&#233; les gouffres de l'enfer et allum&#233; les flammes &#233;ternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette rupture est-elle donc sans r&#233;conciliation possible ? Oui, s'il s'agit de l'homme p&#233;cheur, incapable de renouer avec l'adorable Trinit&#233; les relations qu'une avance gratuite avait pr&#233;par&#233;es et qu'une bont&#233; incompr&#233;hensible avait consomm&#233;es. Mais la mis&#233;ricorde de Dieu, qui est, comme l'enseigne l'&#201;glise dans la sainte Liturgie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oratio Dominicae X post Pentecosten. Deus, qui omnipot&#233;ntiam tuam parc&#233;ndo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'attribut supr&#234;me de sa puissance, peut op&#233;rer un tel prodige, et elle l'op&#232;re chaque fois qu'un p&#233;cheur est converti. A ce mouvement de l'auguste Trinit&#233; qui daigne ainsi descendre de nouveau dans le c&#339;ur de l'homme repentant, une joie immense, nous dit l'&#201;vangile, s'empare des Anges et des Saints jusque dans les hauteurs du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, XV, 10.&#034; id=&#034;nh5-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; car le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit ont signal&#233; leur amour et cherch&#233; leur gloire en rendant juste celui qui avait &#233;t&#233; p&#233;cheur, en venant habiter en cette brebis nagu&#232;re &#233;gar&#233;e, en ce prodigue employ&#233; la veille &#224; la garde des animaux immondes, en ce larron qui tout &#224; l'heure, sur la croix, insultait encore avec son compagnon l'innocent crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soient donc adoration et amour &#224; vous, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, Trinit&#233; parfaite qui avez daign&#233; vous r&#233;v&#233;ler aux mortels, Unit&#233; &#233;ternelle et incommensurable qui avez d&#233;livr&#233; nos p&#232;res du joug des faux dieux. Gloire &#224; vous comme il &#233;tait au commencement, avant tous les &#234;tres cr&#233;&#233;s ; comme il est maintenant, &#224; cette heure o&#249; nous attendons la vraie vie qui consiste &#224; vous contempler face &#224; face ; comme il sera dans les si&#232;cles des si&#232;cles, lorsque l'&#233;ternit&#233; bienheureuse nous aura r&#233;unis dans votre sein infini. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, selon le rit romain, ce dimanche qui suivait la veill&#233;e nocturne &#224; Saint-Pierre, &#233;tait consacr&#233; au repos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En raison de la c&#233;l&#233;bration de la longue vigile des Quatre-Temps la veille.&#034; id=&#034;nh5-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;Dominica vacat&lt;/i&gt;. Mais vers le VIIIe si&#232;cle, les calendriers romains commencent &#224; noter une octave de la Pentec&#244;te &#8212; &#224; l'imitation certainement du dimanche &lt;i&gt;in Albis&lt;/i&gt; &#8212; avec la lecture &#233;vang&#233;lique du colloque du Seigneur et de Nicod&#232;me (Joan., III, 1-16) o&#249; il est question de l'efficacit&#233; de l'action du Saint-Esprit dans la r&#233;g&#233;n&#233;ration baptismale. Presque en m&#234;me temps appara&#238;t en usage la le&#231;on actuelle de l'&#233;vangile selon saint Luc (VI, 36-42). Toutefois en 1334, l'un et l'autre passages devinrent &#224; peu pr&#232;s inutiles, en raison de la f&#234;te nouvelle de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, qui fut introduite par Jean XXII dans le rit romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une solennit&#233; sp&#233;ciale en l'honneur de ce myst&#232;re, fondement de notre foi chr&#233;tienne, est belle, et le moment de sa c&#233;l&#233;bration, &#224; l'expiration du temps pascal, est heureusement choisi. On sentait comme le besoin de manifester toute notre reconnaissance &#224; l'Auguste Triade, qui a daign&#233; accomplir avec tant de mis&#233;ricorde et tant d'honneur pour nous, l'&#339;uvre de notre R&#233;demption. Pour l'amour de nous, le P&#232;re &#233;ternel a daign&#233; nous donner comme hostie et victime d'expiation son Fils unique lui-m&#234;me ; J&#233;sus nous a aim&#233;s in finem, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; s'immoler lui-m&#234;me pour nous ; l'Esprit Saint s'est donn&#233; &#224; nous si intimement qu'il est appel&#233; donum, le don, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il nous atteste l'amour du P&#232;re et du Fils &#224; notre &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la r&#233;v&#233;lation du dogme de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; est un de ces secrets que les H&#233;breux avaient seulement entrevus myst&#233;rieusement, mais qui ne fut express&#233;ment r&#233;v&#233;l&#233; que dans la Nouvelle Loi. Il regarde la vie intime de Dieu ; or, les choses intimes ne se disent pas &#224; tous, mais seulement aux amis. La connaissance de Dieu trine dans les Personnes et un dans son essence, marque le plus haut sommet de la science th&#233;ologique et conf&#232;re au peuple chr&#233;tien une perfection et une dignit&#233; si grandes qu'on peut bien dire qu'en ce dogme r&#233;side l'honneur, la gloire et le salut de l'&#201;glise. C'est donc fort &#224; propos, apr&#232;s que l'Esprit Saint est venu instruire le troupeau des fid&#232;les, les initiant &#224; la possession int&#233;grale de la v&#233;rit&#233; divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Docebit vos omnem veritatem : II vous enseignera toute la v&#233;rit&#233;. &#187; Ioan., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que la famille chr&#233;tienne s'&#233;l&#232;ve &#224; la contemplation et &#224; l'adoration in Spiritu et veritate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ioan., IV, 23 : &#171; Dans l'esprit et dans la v&#233;rit&#233; &#187;.&#034; id=&#034;nh5-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'auguste Triade, qui constitue la fin premi&#232;re et essentielle de l'Incarnation du Sauveur et de la r&#233;demption du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, tr&#232;s opportun&#233;ment, la f&#234;te de la sainte Trinit&#233; termine le cycle de la liturgie sot&#233;riologique, ainsi sommes-nous baptis&#233;s nous-m&#234;mes avec l'invocation trinitaire, et dans la m&#234;me invocation, r&#233;p&#233;t&#233;e par le pr&#234;tre &#224; notre lit de mort et pr&#232;s de notre cercueil, nous cl&#244;turons le cours de notre vie mortelle : &#171; Proficiscere... de hoc mundo in nomine Dei Patris etc. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pars de ce monde, &#226;me chr&#233;tienne, au nom de Dieu le P&#232;re, etc. &#187; Ordo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#171; insignitus est signaculo Sanct&#230; Trinitatis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pendant sa vie il fut orn&#233; du sceau de la sainte Trinit&#233;. &#187; Ordo exequiarum.&#034; id=&#034;nh5-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise s'est inspir&#233;e de ces nobles motifs quand elle a institu&#233; la pr&#233;sente f&#234;te. Il est vrai que la liturgie catholique n'est qu'une hymne ininterrompue &#224; la louange de l'auguste Trinit&#233; ; en sorte qu'une f&#234;te &#233;tablie pour c&#233;l&#233;brer exclusivement et sp&#233;cialement ce myst&#232;re semblerait presque l'abaisser au niveau d'une simple d&#233;votion. Mais tel n'est pas le concept de la solennit&#233; de ce jour, laquelle n'est pas tant la f&#234;te de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; que la confession annuelle et solennelle, humble et reconnaissante, du plus grand de tous les dogmes, du myst&#232;re principal de la foi catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour le psaume d'intro&#239;t s'inspire, dans sa derni&#232;re partie, du livre de Tobie (XII, 6). C'est un hymne de louange &#224; Dieu Un et Trine, lequel refl&#232;te sur la cr&#233;ation, moyennant l'effusion de sa gr&#226;ce, les splendeurs de cette unit&#233; d'essence dans la trinit&#233; des Personnes. En effet, c'est la puissance du P&#232;re qui communique l'&#234;tre &#224; toutes choses, selon l'arch&#233;type id&#233;al qu'il en con&#231;oit dans son Verbe. Or, quelle est la fin dont Dieu s'inspire en cr&#233;ant ? Il cr&#233;e par son Esprit, c'est-&#224;-dire par amour, comme le chanta si bien le po&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Amor che muove il sole e l'altre stelle.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'amour qui meut le soleil et les autres &#233;toiles. (Dante).&#034; id=&#034;nh5-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le psaume d'intro&#239;t est le 8e, o&#249; sont exalt&#233;s le beau et le bien divins, r&#233;pandus avec tant de magnificence dans la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte manque de la saveur classique ; elle est un peu trop longue, la p&#233;riode est peu m&#233;lodieuse ; mais en revanche, sa signification est tr&#232;s profonde. On y rappelle au commencement que Dieu a &#233;lev&#233; le peuple chr&#233;tien seul &#224; la dignit&#233; de conna&#238;tre la gloire de l'Auguste Triade et de lui rendre l'adoration convenable dans l'unit&#233; de son essence ; c'est pourquoi on demande que le m&#233;rite de cette in&#233;branlable foi catholique nous vaille la gr&#226;ce d'&#233;chapper &#224; tout p&#233;ril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re rendons-nous &#224; l'Auguste Trinit&#233; le culte que nous lui devons, c'est-&#224;-dire le culte parfait, convenant &#224; une si grande majest&#233; ? Les P&#232;res r&#233;pondent : per Christum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par le Christ.&#034; id=&#034;nh5-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le pontife et l'adorateur par excellence : in Spiritu Sancto&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'Esprit-Saint.&#034; id=&#034;nh5-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans sa gr&#226;ce, dans sa saintet&#233;, qu'il communique &#224; l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit un passage de l'&#233;p&#238;tre aux Romains (XI, 33-36) o&#249; l'Ap&#244;tre, ayant touch&#233; le probl&#232;me de la pr&#233;destination humaine s'&#233;l&#232;ve en un vol rapide jusqu'&#224; la contemplation de la sublimit&#233; et de la transcendance de la nature divine, qui contient v&#233;ritablement la raison derni&#232;re de toutes choses. Le dernier verset exprime la confession du myst&#232;re trinitaire, dont il &#233;claire les attributs : Ex ipso&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Lui.&#034; id=&#034;nh5-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; c'est la puissance du P&#232;re ; per ipsum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PAr Lui.&#034; id=&#034;nh5-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se rapporte au Verbe &#233;ternel ; in ipso&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour Lui.&#034; id=&#034;nh5-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;signe le Saint-Esprit, l'Esprit d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel &#8212; que le soliste ex&#233;cutait jadis sur les degr&#233;s de l'ambon &#8212; est tir&#233; de Daniel ; c'est comme la continuation de celui qui a suivi la lecture du m&#234;me proph&#232;te durant la pr&#233;c&#233;dente veill&#233;e &#224; Saint-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y loue Dieu qui, si &#233;lev&#233; qu'il soit, puisqu'il est assis sur les plus hautes ailes des Ch&#233;rubins, p&#233;n&#232;tre jusque dans la profondeur des ab&#238;mes par la grandeur de sa sagesse, de sa puissance et de sa bont&#233;. De m&#234;me qu'au ciel les saints Anges forment le tr&#244;ne de la saintet&#233; de Dieu, ainsi, sur la terre, ces Ch&#233;rubins sur lesquels si&#232;ge, pacifique, le Tout-Puissant, ce sont les pr&#234;tres &#224; qui le Seigneur se confie tout entier, et remet le soin de ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; B&#233;ni soit Dieu, tant au ciel par les ch&#339;urs des anges, qu'ici-bas sur la terre, o&#249; la marche de l'univers &#224; travers les si&#232;cles est tout un chant &#224; sa gloire. &#187; M&#234;me le p&#233;ch&#233;, m&#234;me le mal qui se commet dans le monde, ne peut se soustraire &#224; cette loi universelle de la louange de Dieu. Il entre dans le plan du divin conseil, soit parce que sa sanction vengeresse dans l'enfer glorifie grandement la justice et la saintet&#233; de Dieu offens&#233;es par l'impie, soit encore parce que le mal, loin de faire obstacle aux desseins de Dieu, peut, entre ses mains, se changer en cause de bien ; c'est ainsi que l'impi&#233;t&#233; des pers&#233;cuteurs remplissait le ciel de martyrs, et que les &#233;garements du jeune Augustin pr&#233;paraient le futur p&#233;nitent qui &#233;crirait par la suite le livre de ses &#233;mouvantes confessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est le m&#234;me que celui de la nuit pr&#233;c&#233;dente, apr&#232;s la lecture de Daniel. Le Seigneur est appel&#233; le Dieu de nos p&#232;res, pour indiquer que leurs &#226;mes vivent pr&#232;s de Lui &#8212; Il n'est pas le Dieu des morts mais des vivants &#8212; et qu'il est l'auteur des magnifiques promesses messianiques faites aux Patriarches et aux Proph&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le court passage &#233;vang&#233;lique contient la r&#233;v&#233;lation claire et explicite du myst&#232;re de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, faite par J&#233;sus quand il enseigna &#224; ses ap&#244;tres la formule baptismale (Matth., XXVIII, 18-20). C'est la condamnation anticip&#233;e de toutes les erreurs anciennes et modernes relativement &#224; la divinit&#233; de J&#233;sus et du Saint-Esprit. Administrer le bapt&#234;me au nom du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit &#233;quivaut &#224; reconna&#238;tre que ces trois Personnes divines, nous adoptant pour fils, nous conf&#232;rent une identique gr&#226;ce et ont une m&#234;me puissance et une m&#234;me nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire, tout comme l'intro&#239;t, s'inspire du livre de Tobie ; c'est une b&#233;n&#233;diction &#224; l'auguste Trinit&#233;, laquelle, nous adoptant pour fils et pour h&#233;ritiers, a exalt&#233; &#224; notre &#233;gard sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re d'introduction &#224; l'anaphore contient une phrase qui demande &#224; &#234;tre m&#233;dit&#233;e profond&#233;ment. On prie Dieu de sanctifier par l'invocation de son saint Nom l'offrande eucharistique, et de faire que, gr&#226;ce &#224; elle, nous devenions nous-m&#234;mes par notre vie sainte, une oblation perp&#233;tuelle &#224; l'auguste Trinit&#233;. C'est l&#224; le v&#233;ritable esprit de la liturgie eucharistique : en revivre le contenu, participant ainsi &#224; la saintet&#233; de ce sacrifice dont l'Ap&#244;tre a &#233;crit : Una enim oblatione consummavit in sempiternum sanctificatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par une seule oblation, Il a amen&#233; &#224; la perfection pour toujours ceux qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion provient &#233;galement du passage du livre de Tobie cit&#233; plus haut. Nous publions la gloire de la sainte Trinit&#233; devant tous les hommes, alors que, dans notre intelligence, dans notre m&#233;moire, dans notre volont&#233;, dans nos actes, nous conservons resplendissante l'image divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte d'action de gr&#226;ces, nous supplions le Seigneur de faire que la sainte Communion que nous avons re&#231;ue comme le sceau de notre profession de foi envers la divine Trinit&#233;, nous fasse &#233;chapper &#224; tout p&#233;ril de l'&#226;me et du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer soigneusement la d&#233;votion des d&#233;votions. La d&#233;votion, selon sa signification &#233;tymologique, est la cons&#233;cration enti&#232;re et irr&#233;vocable du chr&#233;tien &#224; l'auguste Triade, &#224; l'honneur et &#224; la gloire de laquelle doivent &#234;tre dirig&#233;es toutes ses affections, ses paroles et ses actions. Les d&#233;votions, au contraire, consistent en des actes particuliers de pi&#233;t&#233;, moyennant lesquels se r&#233;v&#232;le, s'&#233;panche et se nourrit la d&#233;votion. Celle-l&#224; est essentielle et n&#233;cessaire, celles-ci sont relatives et tr&#232;s souvent de caract&#232;re libre. La d&#233;votion du chr&#233;tien est solennellement affirm&#233;e pr&#232;s des fonts baptismaux, et elle commence par la possession que la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; prend de l'&#226;me du fid&#232;le, pour y demeurer comme en un temple. Malheur &#224; qui profane ce temple, et qui, par le p&#233;ch&#233;, en chasse l'auguste Triade !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois l'&#201;glise romaine, &#224; l'imitation des &#201;glises orientales, c&#233;l&#233;brait aujourd'hui la f&#234;te comm&#233;morative de tous les saints : Dominica in nativitate Sanctorum. Mais vers le VIIIe si&#232;cle, la grande vigile nocturne &#224; Saint-Pierre, avec le dimanche aliturgique qui la suivait, d&#233;plac&#232;rent cette solennit&#233; qui finalement, sous Gr&#233;goire IV, fut assign&#233;e au Ier novembre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PREMIER DIMANCHE APR&#200;S LA PENTEC&#212;TE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article175' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te&lt;/a&gt; nous fait entrer dans le &#171; tempus per annum &#187;, le temps pendant l'ann&#233;e, un temps qui n'est pas festival. Par ailleurs, cependant, les premiers dimanches sont tant&#244;t supprim&#233;s par des f&#234;tes, tant&#244;t influenc&#233;s par elles. Tout d'abord, nous ne pouvons pas c&#233;l&#233;brer le premier dimanche parce que l'&#201;glise a fix&#233;, d'une mani&#232;re permanente, ce jour-l&#224;, la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;. Le dimanche est simplement comm&#233;mor&#233; par les oraisons et le dernier &#201;vangile. Dans les trois premiers jours de la semaine, quand il n'y a pas de f&#234;te ou qu'il n'y a qu'une f&#234;te de degr&#233; inf&#233;rieur, on peut en reprendre la c&#233;l&#233;bration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#202;TE DE LA SAINTE TRINIT&#201;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;nie soit la Tr&#232;s-Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes et les temps que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;s jusqu'ici se rapportaient &#224; l'histoire du salut et, particuli&#232;rement, &#224; la vie de J&#233;sus-Christ. Ainsi, de No&#235;l jusqu'&#224; P&#226;ques, nous avons parcouru toute la vie du Seigneur. La Sainte Eucharistie que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;e durant ces f&#234;tes &#233;tait, pour ainsi dire, l'accomplissement par la gr&#226;ce de ces faits du salut. Maintenant, viennent quelques f&#234;tes qui sont d'un genre tout diff&#233;rent. Ce sont des f&#234;tes de la foi. Un myst&#232;re de la foi en est l'objet. Dans ces f&#234;tes de la foi, la relation avec le sacrifice de la messe est moins &#233;troite. C'est &#224; l'occasion et en l'honneur du myst&#232;re de ces f&#234;tes que l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre la Sainte Eucharistie. La premi&#232;re f&#234;te de cette s&#233;rie est celle de la Sainte Trinit&#233;, qui a pour objet le myst&#232;re le plus imp&#233;n&#233;trable de notre foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Pens&#233;es de la f&#234;te.&lt;/strong&gt; &#8212; La v&#233;rit&#233; de foi que c&#233;l&#232;bre cette f&#234;te est la suivante : Il n'y a qu'un seul Dieu, et ce Dieu unique est en trois Personnes ; le P&#232;re est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; cependant, il n'y a pas trois dieux, mais un seul Dieu, &#233;ternel, infini, incompr&#233;hensible. Le P&#232;re n'est pas plus Dieu que le Fils et le Saint-Esprit. Le P&#232;re est la premi&#232;re Personne divine ; le Fils est la seconde Personne divine, &#233;ternellement engendr&#233;e de la substance du P&#232;re ; le Saint-Esprit est la troisi&#232;me Personne divine, proc&#233;dant &#233;ternellement du P&#232;re et du Fils. Ce profond myst&#232;re ne peut &#234;tre approfondi par aucun esprit cr&#233;&#233;. Nous nous contenterons de nous incliner humblement et de dire : Seigneur, nous croyons ; aidez notre faible foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi c&#233;l&#232;bre-t-on cette f&#234;te pr&#233;cis&#233;ment maintenant ? Cette f&#234;te est la conclusion de celles que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;es jusqu'ici. Les trois divines Personnes ont coop&#233;r&#233; &#224; l'&#339;uvre de la R&#233;demption. Le P&#232;re a envoy&#233; son Fils sur la terre : &#171; Dieu a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique &#187;. Le P&#232;re nous a aussi appel&#233;s &#224; la foi. Le Fils, notre Sauveur J&#233;sus-Christ, s'est fait Homme ; il est mort pour nous ; il nous a rachet&#233;s et faits enfants de Dieu. Quant au Saint-Esprit, il est, apr&#232;s le d&#233;part du Seigneur, notre docteur, notre chef, notre guide, notre consolateur. Pour tant de bienfaits, nous chantons volontiers un Te Deum. Or, la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233; est comme un Te Deum apr&#232;s les grandes f&#234;tes de l'&#201;glise ; elle r&#233;sume No&#235;l, l'&#201;piphanie, P&#226;ques, l'Ascension, la Pentec&#244;te. Mais, en pla&#231;ant cette f&#234;te le premier dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, l'&#201;glise veut nous rappeler que chaque dimanche, &#224; proprement parler, est une f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;. Chaque dimanche est consacr&#233; &#224; la Sainte Trinit&#233;. Chaque dimanche, nous devons nous rappeler, avec reconnaissance, les bienfaits que nous a accord&#233;s la Sainte Trinit&#233;. Le P&#232;re nous a cr&#233;&#233;s, il nous a appel&#233;s. Le Fils nous a rachet&#233;s ; le dimanche est le &#171; jour du Seigneur &#187;, le jour de sa R&#233;surrection. Le Saint-Esprit nous a sanctifi&#233;s, il a fait de nous ses temples ; c'est un dimanche que le Saint-Esprit est descendu sur la jeune &#201;glise. Le dimanche est donc bien un jour de la Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons encore consid&#233;rer que notre vie est enti&#232;rement p&#233;n&#233;tr&#233;e par la Sainte Trinit&#233;, que les sacrements et les b&#233;n&#233;dictions sont conf&#233;r&#233;s au nom de la Sainte Trinit&#233;. Songeons seulement au bapt&#234;me (&#171; Je te baptise au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;), au sacrement de p&#233;nitence &#171; Je t'absous au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;). La vie des chr&#233;tiens commence et s'ach&#232;ve au nom de la Sainte Trinit&#233;. C'est pourquoi commen&#231;ons et achevons chaque &#339;uvre, chaque pri&#232;re, par le signe de la croix, avec ces paroles : &#171; Au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parcourons maintenant les nombreuses pri&#232;res de l'&#201;glise adress&#233;es &#224; la Sainte Trinit&#233;. Il y a, d'abord, le Gloria Patri &#171; Gloire au P&#232;re et au Fils et au Saint-Esprit. Comme il &#233;tait au commencement, il l'est maintenant et toujours et dans les si&#232;cles des si&#232;cles &#187;. Cette pri&#232;re est, de toutes, la plus fr&#233;quemment employ&#233;e dans l'&#201;glise. Chaque psaume se termine par le Gloria, et chaque Heure de l'Office commence par le Gloria. On peut dire que le Gloria est comme le son de cloche r&#233;gulier qui retentit constamment dans la sainte &#201;glise. Il est certain que le pr&#234;tre le r&#233;cite une cinquantaine de fois par jour. Le Gloria Patri est la petite doxologie ; la grande doxologie est le Gloria in excelsis, qui est un sublime chant de louange &#224; la Sainte Trinit&#233;. Le magnifique &#171; Te Deum &#187; est, lui aussi, un chant de louange et d'action de gr&#226;ces au Dieu unique en trois Personnes. L'&#201;glise le r&#233;cite presque tous les jours &#224; la fin des matines. Il y a encore un grand nombre de pri&#232;res &#224; la Sainte Trinit&#233; ; nous les trouvons r&#233;unies &#224; la messe. Il y a encore la profession de foi, le Credo de la messe, qui est &#224; la fois une pri&#232;re et une solennelle profession de foi &#224; la Trinit&#233;. La plus belle pri&#232;re est la sainte messe elle-m&#234;me ; c'est une pri&#232;re de louange, d'action de gr&#226;ces et de demande au Dieu unique en trois personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe (Benedicta sit).&lt;/strong&gt; &#8212; La messe est facile &#224; comprendre. L'Intro&#239;t exprime les pens&#233;es et les sentiments du pr&#234;tre quand il s'avance vers l'autel, du peuple quand il entre dans l'&#233;glise. Quand nous p&#233;n&#233;trons aujourd'hui dans l'&#233;glise, nous voyons devant nous, dans sa puissance, sa grandeur et sa beaut&#233; infinies, la Sainte Trinit&#233;. C'est pourquoi nous chantons : &#171; B&#233;nie soit la Sainte Trinit&#233;, car elle nous a t&#233;moign&#233; de la mis&#233;ricorde &#187;. Le psaume de l'Intro&#239;t est un cantique de la nature ; le nom de Dieu (un en trois Personnes) y est c&#233;l&#233;br&#233; parce qu'il est admirable dans tout l'univers, dans les yeux de l'enfant et dans les &#233;toiles du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Oraison, l'&#201;glise parle d'une double grandeur : une puissante unit&#233; et une harmonieuse pluralit&#233; dans la Trinit&#233;. Cela doit &#234;tre le mod&#232;le de notre vie, de notre caract&#232;re, o&#249; l'on doit trouver un reflet de la Trinit&#233;. Notre vie doit poss&#233;der une forte unit&#233;, en m&#234;me temps qu'une belle et aimable harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;p&#238;tre, saint Paul est rempli d'&#233;tonnement quand sa grande foi ose p&#233;n&#233;trer dans les profondeurs de la divinit&#233; : &#171; O profondeur de la richesse... &#187; C'est &#224; peine s'il trouve des mots pour d&#233;crire le myst&#232;re infini et imp&#233;n&#233;trable de la Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Graduel et &#224; l'All&#233;luia, nous entendons un triple &#171; Benedictus &#187;. Quand nous examinons de plus pr&#232;s ces textes, il nous faut parcourir un chemin immense : d'abord, nous contemplons Dieu dans les profondeurs de la mer, et, en m&#234;me temps, nous le voyons tr&#244;ner au-dessus des ch&#233;rubins. Nous le consid&#233;rons, aussi, dans le destin de nos p&#232;res. Dans le sort des g&#233;n&#233;rations, dans les voies des hommes la Sainte Trinit&#233; s'est montr&#233;e admirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, nous lisons le passage principal de la Sainte &#201;criture o&#249; les trois divines Personnes sont nomm&#233;es c&#244;te &#224; c&#244;te. Le Christ donne &#224; ses Ap&#244;tres l'ordre de baptiser : &#171; Allez, baptisez-les au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous rendons &#224; l'Offrande, notre propre personne doit &#234;tre la victime que nous offrirons &#224; la Sainte Trinit&#233;. Quand nous recevons la sainte communion, l'&#201;glise nous dit encore : le pain du ciel est un don d'amour de la Sainte Trinit&#233;. Le Christ m'a rachet&#233; ; le P&#232;re, par mon &#233;lection, a particip&#233; &#224; ma r&#233;demption ; le Saint-Esprit y a coop&#233;r&#233;. &#8212; Quand nous rentrerons chez nous et pendant toute la journ&#233;e, que cette pens&#233;e retentisse dans notre &#226;me : B&#233;nie soit la Sainte Trinit&#233;, car elle nous a t&#233;moign&#233; de la mis&#233;ricorde !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XXVIII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De feriis. Cap. Quoniam. Celte d&#233;cr&#233;tale a &#233;t&#233; attribu&#233;e par erreur &#224; Alexandre III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Tim., VI, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen., I, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., VI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., I, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., III, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XI, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., XVII, 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., IX, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., I, I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette rubrique fut supprim&#233;e en 1955 : d&#233;sormais le symbole de St Athanase ne se r&#233;cite que le dimanche de la Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc, XVI, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rubrique supprim&#233;e en 1955. &lt;br class='manualbr' /&gt;Suite du saint &#201;vangile selon saint Luc.&lt;br class='manualbr' /&gt;En ce temps l&#224;, J&#233;sus dit &#224; ses disciples : Soyez mis&#233;ricordieux, comme votre P&#232;re est mis&#233;ricordieux. Ne jugez point, et vous ne serez point jug&#233;s : ne condamnez point, et vous ne serez point condamn&#233;s. Remettez, et on vous remettra. Donnez, et on vous donnera ; on versera dans votre sein une bonne mesure, press&#233;e et remu&#233;e, et r&#233;pandant pardessus les bords. De la m&#234;me mesure dont vous aurez mesur&#233;, il sera mesure pour vous. Il leur faisait aussi cette comparaison : Un aveugle peut il conduire un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse ? Le disciple n'est pas au-dessus du ma&#238;tre ; mais tout disciple est parfait, s'il est comme son ma&#238;tre. Pourquoi vois-tu un f&#233;tu dans l'&#339;il de ton fr&#232;re, et ne consid&#232;res-tu pas la poutre qui est dans ton &#339;il ? Ou comment peux-tu dire &#224; ton fr&#232;re : &#171; Fr&#232;re, laisse-moi &#244;ter de ton &#339;il ce f&#233;tu &#187; ; tandis que tu ne vois pas toi-m&#234;me la poutre qui est dans ton &#339;il ? Hypocrite, retire d'abord la poutre de ton &#339;il, et apr&#232;s tu songeras &#224; extraire le f&#233;tu de l'&#339;il de ton fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXX, 2-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXV, 10 ; II Cor., IV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., VI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXV, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dan., VII, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan, X, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 8-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., III, 17 ; II Petr., I, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., III, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., III, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom., VIII, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., VIII, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. II, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., I, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap., VII, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIII, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Col. I, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVI, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVI, 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Petr., I, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, I, 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., XI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, IV, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XII, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVI, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XXVIII, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., I, 13 ; IV, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gal., v, 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor., VI, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hymn. Pentecost. (Veni Creator).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., IV, 14 ; VII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Non amplius quam tria sunt : unus diligens eum qui de illo est, et unus diligens eum de quo est, et ipsa dilectio. AUGUSTINUS, de Trinitate. Lib. VI, cap. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen., I, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan, II, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oratio Dominicae X post Pentecosten.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus, qui omnipot&#233;ntiam tuam parc&#233;ndo m&#225;xime et miser&#225;ndo manif&#233;stas : mult&#237;plica super nos miseric&#243;rdiam tuam ; ut, ad tua prom&#237;ssa curr&#233;ntes, c&#230;l&#233;stium bon&#243;rum f&#225;cias esse cons&#243;rtes. Per D&#243;minum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, vous montrez particuli&#232;rement votre toute puissance en pardonnant et en compatissant : multipliez sur nous votre mis&#233;ricorde ; afin qu'apr&#232;s avoir recherch&#233; les biens que vous avez promis, nous soyons rendus participants de ces biens dans le ciel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, XV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En raison de la c&#233;l&#233;bration de la longue vigile des Quatre-Temps la veille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Docebit vos omnem veritatem : II vous enseignera toute la v&#233;rit&#233;. &#187; Ioan., XVI, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ioan., IV, 23 : &#171; Dans l'esprit et dans la v&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Pars de ce monde, &#226;me chr&#233;tienne, au nom de Dieu le P&#232;re, etc. &#187; Ordo Commend. anim&#230;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Pendant sa vie il fut orn&#233; du sceau de la sainte Trinit&#233;. &#187; Ordo exequiarum.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'amour qui meut le soleil et les autres &#233;toiles. (Dante).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PAr Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par une seule oblation, Il a amen&#233; &#224; la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifi&#233;s. &#187; Hebr., X, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Dimanche de la Pentec&#244;te</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article166</link>
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		<dc:date>2026-04-20T12:19:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Commentaires de Dom Gu&#233;ranger sur la Pentec&#244;te forment un v&#233;ritable trait&#233; du Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre le myst&#232;re m&#234;me de la f&#234;te expliqu&#233; ici pour le jour de la Pentec&#244;te, on trouvera : Le Saint-Esprit pour faire conna&#238;tre au monde le Christ Sauveur : Lundi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, &#201;pouse du Christ : Mardi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise unique, notre M&#232;re : Mercredi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/rouge-10-41895.gif?1776687580' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les Commentaires de Dom Gu&#233;ranger sur la Pentec&#244;te forment un v&#233;ritable trait&#233; du Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le myst&#232;re m&#234;me de la f&#234;te expliqu&#233; ici pour le jour de la Pentec&#244;te, on trouvera : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit pour faire conna&#238;tre au monde le Christ Sauveur : Lundi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, &#201;pouse du Christ : Mardi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise unique, notre M&#232;re : Mercredi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, V&#233;rit&#233; du Christ et Sainte : Jeudi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit dans le c&#339;ur du chr&#233;tien : Vendredi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les op&#233;rations du Saint-Esprit dans l'&#226;me, le Saint-Esprit et Marie : Samedi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les dons du Saint-Esprit, expliqu&#233;s chaque jour de l'Octave&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La grande journ&#233;e qui consomme l'&#339;uvre divine sur la race humaine a lui enfin sur le monde. &#171; Les jours de la Pentec&#244;te, comme parle saint Luc, sont accomplis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act II, 1.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis la P&#226;que, nous avons vu se d&#233;rouler sept semaines ; voici le jour qui fait suite et am&#232;ne le nombre myst&#233;rieux de cinquante. Ce jour est le Dimanche, consacr&#233; par les augustes souvenirs de la cr&#233;ation de la lumi&#232;re et de la r&#233;surrection du Christ ; son dernier caract&#232;re lui va &#234;tre impos&#233;, et par lui nous allons recevoir &#171; la pl&#233;nitude de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ephes. III, 19.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne des figures, le Seigneur marqua d&#233;j&#224; la gloire future du cinquanti&#232;me jour. Isra&#235;l avait op&#233;r&#233;, sous les auspices de l'agneau de la P&#226;que, son passage &#224; travers les eaux de la mer Rouge. Sept semaines s'&#233;coul&#232;rent dans ce d&#233;sert qui devait conduire &#224; la terre promise, et le jour qui suivit les sept semaines fut celui o&#249; l'alliance fut scell&#233;e entre Dieu et son peuple. La Pentec&#244;te (le cinquanti&#232;me jour) fut marqu&#233;e par la promulgation des dix pr&#233;ceptes de la loi divine, et ce grand souvenir resta dans Isra&#235;l avec la comm&#233;moration annuelle d'un tel &#233;v&#233;nement. Mais ainsi que la P&#226;que, la Pentec&#244;te &#233;tait proph&#233;tique : il devait y avoir une seconde Pentec&#244;te pour tous les peuples, de m&#234;me qu'une seconde P&#226;que pour le rachat du genre humain. Au Fils de Dieu, vainqueur de la mort, la P&#226;que avec tous ses triomphes ; &#224; l'Esprit-Saint, la Pentec&#244;te, qui le voit entrer comme l&#233;gislateur dans le monde plac&#233; d&#233;sormais sous sa loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle dissemblance entre les deux Pentec&#244;tes ! La premi&#232;re sur les rochers sauvages de l'Arabie, au milieu des &#233;clairs et des tonnerres, intimant une loi grav&#233;e sur des tables de pierre ; la seconde en J&#233;rusalem, sur laquelle la mal&#233;diction n'a pas &#233;clat&#233; encore, parce qu'elle contient dans son sein jusqu'&#224; cette heure les pr&#233;mices du peuple nouveau sur lequel doit s'exercer l'empire de l'Esprit d'amour. En cette seconde Pentec&#244;te, le ciel ne s'assombrit pas, on n'entend pas le roulement de la foudre ; les c&#339;urs des hommes ne sont pas glac&#233;s d'effroi comme autour du Sina&#239; ; ils battent sous l'impression du repentir et de la reconnaissance. Un feu divin s'est empar&#233; d'eux, et ce feu embrasera la terre enti&#232;re. J&#233;sus avait dit : &#171; Je suis venu apporter le feu sur la terre, &#171; et quel est mon v&#339;u, sinon de le voir s'&#233;prendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XII, 49.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; L'heure est venue, et celui qui en Dieu est l'Amour, la flamme &#233;ternelle et incr&#233;&#233;e, descend du ciel pour remplir l'intention mis&#233;ricordieuse de l'Emmanuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment o&#249; le recueillement plane sur le C&#233;nacle tout entier, J&#233;rusalem est remplie de p&#232;lerins accourus de toutes les r&#233;gions de la gentilit&#233;, et quelque chose d'inconnu se remue au fond du c&#339;ur de ces hommes. Ce sont des Juifs venus pour les f&#234;tes de la P&#226;que et de la Pentec&#244;te de tous les lieux o&#249; Isra&#235;l est all&#233; &#233;tablir ses synagogues. L'Asie, l'Afrique, Rome elle-m&#234;me, ont fourni leur contingent. M&#234;l&#233;s &#224; ces Juifs de pure race, on aper&#231;oit des gentils qu'un mouvement de pi&#233;t&#233; a port&#233;s &#224; embrasser la loi de Mo&#239;se et ses pratiques : on les appelle Pros&#233;lytes. Cette population mobile qui doit se disperser sous peu de jours, et que le seul d&#233;sir d'accomplir la loi a rassembl&#233;e dans J&#233;rusalem, repr&#233;sente, par la diversit&#233; des langages, la confusion de Babel ; mais ceux qui la composent sont moins influenc&#233;s que les habitants de la Jud&#233;e par l'orgueil et les pr&#233;jug&#233;s. Arriv&#233;s d'hier, ils n'ont pas, comme ces derniers, connu et repouss&#233; le Messie, ni blasph&#233;m&#233; ses &#339;uvres qui rendaient t&#233;moignage de lui. S'ils ont cri&#233; devant Pilate avec les autres Juifs pour demander que le Juste f&#251;t crucifi&#233;, c'est qu'ils &#233;taient entra&#238;n&#233;s par l'ascendant des pr&#234;tres et des magistrats de cette J&#233;rusalem vers laquelle leur pi&#233;t&#233; et leur docilit&#233; &#224; la loi les avaient amen&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure est venue, l'heure de Tierce, l'heure pr&#233;destin&#233;e de toute &#233;ternit&#233;, et le dessein des trois divines personnes con&#231;u et arr&#234;t&#233; avant tous les temps se d&#233;clare et s'accomplit. De m&#234;me que le P&#232;re, sur l'heure de minuit, envoya en ce monde pour y prendre chair au sein de Marie, son propre Fils qu'il engendre &#233;ternellement : ainsi, le P&#232;re et le Fils envoient &#224; cette heure de Tierce sur la terre l'Esprit-Saint qui proc&#232;de de tous deux, pour y remplir jusqu'&#224; la fin des temps la mission de former l'&#201;glise &#233;pouse et empire du Christ, de l'assister, de la maintenir, de sauver et de sanctifier les &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain un vent violent qui venait du ciel se fait entendre ; il mugit au dehors et remplit le C&#233;nacle de son souffle puissant. Au dehors il convoque autour de l'auguste &#233;difice que porte la montagne de Sion une foule d'habitants de J&#233;rusalem et d'&#233;trangers ; au dedans il &#233;branle tout, il soul&#232;ve les cent vingt disciples du Sauveur, et montre que rien ne lui r&#233;siste. J&#233;sus avait dit de lui : &#171; C'est un vent qui souffle o&#249; il veut, et vous entendez retentir sa voix &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan III, 8.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; puissance invisible qui creuse jusqu'aux ab&#238;mes dans les profondeurs de la mer, et lance les vagues jusqu'aux nues. D&#233;sormais ce vent parcourra la terre en tous sens, et rien ne pourra l'arr&#234;ter dans son domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'assembl&#233;e sainte qui &#233;tait assise tout enti&#232;re dans l'extase de l'attente, a conserv&#233; la m&#234;me attitude. Passive sous l'effort du divin envoy&#233;, elle s'abandonne &#224; lui. Mais le souffle n'a &#233;t&#233; qu'une pr&#233;paration pour le dedans du C&#233;nacle, en m&#234;me temps qu'il est un appel pour le dehors. Tout &#224; coup une pluie silencieuse se r&#233;pand dans l'int&#233;rieur de l'&#233;difice ; pluie de feu, dit la sainte &#201;glise, &#171; qui &#233;claire sans br&#251;ler, qui luit sans consumer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1er R&#233;pons du Jeudi de la Pentec&#244;te.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; des flocons enflamm&#233;s avant la forme de langues, viennent se poser sur la t&#234;te de chacun des cent vingt disciples. C'est l'Esprit divin qui prend possession de l'assembl&#233;e dans chacun de ses membres. L'&#201;glise n'est plus seulement en Marie ; elle est aussi dans les cent vingt disciples. Tous sont maintenant &#224; l'Esprit qui est descendu sur eux ; son r&#232;gne est ouvert, il est d&#233;clar&#233;, et de nouvelles conqu&#234;tes se pr&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais admirons le symbole sous lequel une si divine r&#233;volution s'op&#232;re. Celui qui nagu&#232;re se montra au Jourdain sous la forme gracieuse d'une colombe, appara&#238;t aujourd'hui sous celle du feu. Dans l'essence divine il est amour ; or, l'amour n'est pas tout entier dans la douceur et la tendresse ; il est ardent comme le feu. Maintenant donc que le monde est livr&#233; &#224; l'Esprit-Saint, il faut qu'il br&#251;le, et l'incendie ne s'arr&#234;tera plus. Et pourquoi cette forme de langues ? Sinon parce que la parole sera le moyen par lequel se propagera le divin incendie. Ces cent vingt disciples n'auront qu'&#224; parler du Fils de Dieu fait homme et r&#233;dempteur de tous, de l'Esprit-Saint qui renouvelle les &#226;mes, du P&#232;re c&#233;leste qui les aime et les adopte : leur parole sera accueillie d'un grand nombre. Tous ceux qui l'auront re&#231;ue seront unis dans une m&#234;me foi, et l'ensemble qu'ils formeront s'appellera l'&#201;glise catholique, universelle, r&#233;pandue en tous les temps et en tous les lieux. Le Seigneur J&#233;sus avait dit : &#171; Allez, enseignez toutes les nations ; &#187; l'Esprit divin apporte du ciel sur la terre et la langue qui fera retentir cette parole, et l'amour de Dieu et des hommes qui l'inspirera. Cette langue et cet amour se sont arr&#234;t&#233;s sur ces hommes, et par le secours de l'Esprit divin, ces hommes les transmettront &#224; d'autres jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un obstacle cependant semble se dresser &#224; l'encontre d'une telle mission. Depuis Babel, le langage humain est divis&#233;, et la parole ne circule pas d'un peuple &#224; l'autre. Comment donc la parole pourra-t elle &#234;tre l'instrument de la conqu&#234;te de tant de nations, et r&#233;unir en une seule famille tant de races qui s'ignorent ? Ne craignez pas : le tout-puissant Esprit y a pourvu. Dans l'ivresse sacr&#233;e qu'il inspire aux cent vingt disciples, il leur a conf&#233;r&#233; le don d'entendre toutes langues et de se faire entendre eux-m&#234;mes en toute langue. A l'instant m&#234;me, dans un transport sublime, ils s'essayent &#224; parler tous les idiomes de la terre, et leur langue, comme leur oreille, se pr&#234;te non seulement sans effort, mais avec d&#233;lices, &#224; cette pl&#233;nitude de la parole qui va r&#233;tablir la communion des hommes entre eux. L'Esprit d'amour a fait cesser en un moment la s&#233;paration de Babel, et la fraternit&#233; premi&#232;re repara&#238;t dans l'unit&#233; du langage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que vous &#234;tes belle, &#244; &#201;glise de Dieu, rendue sensible dans cet auguste prodige de l'Esprit divin qui agit d&#233;sormais sans limites ! Vous nous retracez le magnifique spectacle qu'offrait la terre, lorsque la race humaine ne parlait qu'un seul langage. Et cette merveille ne sera pas seulement pour la journ&#233;e de la Pentec&#244;te, et elle ne durera pas seulement la vie de ceux en qui elle &#233;clate en ce moment. Apr&#232;s la pr&#233;dication des Ap&#244;tres, la forme premi&#232;re du prodige s'effacera peu &#224; peu, parce qu'elle cessera d'&#234;tre n&#233;cessaire ; mais jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles, &#244; &#201;glise, vous continuerez de parler toutes les langues ; car vous ne serez pas confin&#233;e dans un seul pays, mais vous habiterez tous les pays du monde. Partout on entendra exprimer une m&#234;me foi dans la langue de chaque peuple, et ainsi le miracle de la Pentec&#244;te, renouvel&#233; et transform&#233;, vous accompagnera toujours, &#244; &#201;glise ! et demeurera l'un de vos principaux caract&#232;res. C'est ce qui fait dire au grand docteur saint Augustin parlant aux fid&#232;les, ces paroles admirables : &#171; L'&#201;glise r&#233;pandue parmi les nations parle toutes les langues. Qu'est cette &#201;glise, sinon le corps du Christ ? Dans ce corps vous &#234;tes un membre. &#201;tant donc membre d'un corps qui parle toutes les langues, vous avez droit de vous consid&#233;rer vous-m&#234;me comme participant au m&#234;me don &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Johan. Tract. XXII.&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant les si&#232;cles de foi, la sainte &#201;glise, source unique de tout v&#233;ritable progr&#232;s dans l'humanit&#233;, avait fait plus encore ; elle &#233;tait parvenue &#224; r&#233;unir dans une m&#234;me forme de langage les peuples qu'elle avait conquis. La langue latine fut longtemps le lien du monde civilis&#233;. En d&#233;pit des distances, les relations de peuple &#224; peuple, les communications de la science, les affaires m&#234;me des particuliers lui &#233;taient confi&#233;es ; l'homme qui parlait cette langue n'&#233;tait &#233;tranger nulle part dans tout l'Occident et au del&#224;. La grande h&#233;r&#233;sie du XVIe si&#232;cle &#233;mancipa les nations de ce bienfait comme de tant d'autres, et l'Europe, scind&#233;e pour longtemps, cherche, sans le trouver, ce centre commun que l'&#201;glise seule et sa langue pouvaient lui offrir. Mais retournons au C&#233;nacle dont les portes ne se sont pas encore ouvertes, et continuons &#224; y contempler les merveilles du divin Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos yeux tout d'abord cherchent respectueusement Marie, Marie plus que jamais &#171; pleine de gr&#226;ce &#187;. Il e&#251;t sembl&#233; qu'apr&#232;s les dons immenses qui lui furent prodigu&#233;s dans sa conception immacul&#233;e, apr&#232;s les tr&#233;sors de saintet&#233; que versa en elle la pr&#233;sence du Verbe incarn&#233; durant les neuf mois qu'elle le poss&#233;da dans son sein, apr&#232;s les secours sp&#233;ciaux quelle re&#231;ut pour agir et souffrir en union avec son fils dans l'&#339;uvre de la R&#233;demption, apr&#232;s les faveurs dont J&#233;sus la combla au milieu des splendeurs de la r&#233;surrection, le Ciel avait &#233;puis&#233; la mesure des dons qu'il avait &#224; r&#233;pandre sur une simple cr&#233;ature, si &#233;lev&#233;e qu'elle p&#251;t &#234;tre dans le plan &#233;ternel. Il n'en est pas ainsi. Une nouvelle mission s'ouvre pour Marie : &#224; cette heure, la sainte &#201;glise est enfant&#233;e par elle ; Marie vient de mettre au jour l'&#201;pouse de son Fils, et de nouveaux devoirs l'appellent. J&#233;sus est mont&#233; seul dans les cieux ; il l'a laiss&#233;e sur la terre, afin qu'elle prodigue &#224; son tendre fruit ses soins maternels. Qu'elle est touchante, mais aussi qu'elle est glorieuse cette enfance de notre &#201;glise bien-aim&#233;e, re&#231;ue dans les bras de Marie, allait&#233;e par elle, soutenue de son appui d&#232;s les premiers pas de sa carri&#232;re en ce monde ! Il faut donc &#224; la nouvelle &#200;ve, &#224; la v&#233;ritable &#171; M&#232;re des vivants &#187;, un surcro&#238;t de gr&#226;ces pour r&#233;pondre &#224; une telle mission : aussi est-elle l'objet premier des faveurs de l'Esprit-Saint. Il la f&#233;conda autrefois pour &#234;tre la m&#232;re du Fils de Dieu ; en ce moment il forme en elle la m&#232;re des chr&#233;tiens. &#171; Le fleuve de la gr&#226;ce, comme parle le Roi-proph&#232;te, submerge de ses eaux cette Cit&#233; de Dieu qui les re&#231;oit avec d&#233;lices &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLV.&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; l'Esprit d'amour accomplit &#224; ce moment l'oracle divin du R&#233;dempteur mourant sur la croix. Il avait dit, en d&#233;signant l'homme : &#171; Femme, voil&#224; votre fils &#187; ; l'heure est arriv&#233;e, et Marie a re&#231;u avec une pl&#233;nitude merveilleuse cette gr&#226;ce maternelle qu'elle commence &#224; appliquer d&#232;s aujourd'hui, et qui l'accompagnera jusque sur son tr&#244;ne de reine, lorsqu'enfin la sainte &#201;glise ayant pris un accroissement suffisant, sa c&#233;leste nourrice pourra quitter la terre, monter aux cieux et ceindre le diad&#232;me qui l'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemplons cette nouvelle beaut&#233; qui &#233;clate dans les traits de celle en qui le Seigneur vient de d&#233;clarer une seconde maternit&#233; : cette beaut&#233; est le chef-d'&#339;uvre de l'Esprit-Saint en cette journ&#233;e. Un feu divin transporte Marie, un amour nouveau s'est allum&#233; dans son c&#339;ur ; elle est tout enti&#232;re &#224; cette autre mission pour laquelle elle avait &#233;t&#233; laiss&#233;e ici-bas. La gr&#226;ce apostolique est descendue en elle. La langue de feu qu'elle a re&#231;ue ne parlera pas dans les pr&#233;dications publiques ; mais elle parlera aux Ap&#244;tres, les dirigera, les consolera dans leurs labeurs. Elle s'&#233;noncera, cette langue b&#233;nie, avec autant de douceur que de force, &#224; l'oreille des fid&#232;les qui sentiront l'attraction vers celle en qui le Seigneur a fait l'essai de toutes ses merveilles. Comme un lait g&#233;n&#233;reux, la parole irr&#233;sistible de cette m&#232;re universelle donnera aux premiers enfants de l'&#201;glise la vigueur qui les fera triompher des assauts de l'enfer ; et c'est en partant d'aupr&#232;s d'elle qu'Etienne ira ouvrir la noble carri&#232;re des martyrs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons maintenant le coll&#232;ge apostolique. Ces hommes que quarante jours de relations avec leur Ma&#238;tre ressuscit&#233; avaient relev&#233;s, et que nous trouvions d&#233;j&#224; si diff&#233;rents d'eux-m&#234;mes, que sont-ils devenus depuis l'instant o&#249; l'Esprit divin les a saisis ? Ne sentez-vous pas qu'ils sont transform&#233;s, qu'un feu divin &#233;clate dans leur poitrine, et que dans un moment ils vont s'&#233;lancer &#224; la conqu&#234;te du monde ? Tout ce que le Ma&#238;tre leur avait annonc&#233; est accompli en eux ; et c'est v&#233;ritablement la Vertu d'en haut qui est descendue pour les armer au combat. O&#249; sont-ils ceux qui tremblaient devant les ennemis de J&#233;sus, ceux qui doutaient de sa r&#233;surrection &#238; La v&#233;rit&#233; que le Ma&#238;tre leur a enseign&#233;e brille aux regards de leur intelligence ; ils voient tout, ils comprennent tout. L'Esprit-Saint leur a infus le don de la foi dans un degr&#233; sublime, et leur c&#339;ur br&#251;le du d&#233;sir de r&#233;pandre au plus t&#244;t cette foi dans le monde entier. Loin de craindre d&#233;sormais, ils n'aspirent qu'&#224; affronter tous les p&#233;rils en pr&#234;chant, comme J&#233;sus le leur a command&#233;, &#224; toutes les nations son nom et sa gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemplez Pierre. Vous le reconnaissez ais&#233;ment &#224; cette majest&#233; douce que temp&#232;re une ineffable humilit&#233;. Hier son aspect &#233;tait imposant mais tranquille ; aujourd'hui, sans rien perdre de leur dignit&#233;, ses traits ont pris une expression d'enthousiasme que nul n'avait encore vue en lui. L'Esprit divin s'est empar&#233; puissamment du Vicaire de J&#233;sus ; car Pierre est le prince de la parole et le ma&#238;tre de la doctrine. Pr&#232;s de Pierre, c'est Andr&#233; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, qui con&#231;oit en ce moment cette passion ardente pour la croix qui sera son type &#224; jamais glorieux ; c'est Jean dont les traits semblaient nagu&#232;re ne respirer que la douceur, et qui subitement ont pris l'expression forte et inspir&#233;e du proph&#232;te de Pathmos ; &#224; ses c&#244;t&#233;s, c'est Jacques son fr&#232;re, l'autre &#171; fils du tonnerre &#187;, se dressant avec toute la vigueur du vaillant chevalier qui s'&#233;lancera bient&#244;t &#224; la conqu&#234;te de l'Ib&#233;rie. Le second Jacques, celui qui est aim&#233; sous le nom de &#171; fr&#232;re du Seigneur &#187;, puise dans la vertu du divin Esprit qui le transporte, un nouveau degr&#233; de charme et de b&#233;atitude. Matthieu est illumin&#233; d'une splendeur qui fait pressentir en lui le premier des &#233;crivains du nouveau Testament. Thomas sent en son c&#339;ur la foi qu'il a re&#231;ue au contact des membres de son Ma&#238;tre ressuscit&#233;, prendre un accroissement sans mesure : il est pr&#234;t &#224; partir pour ses laborieuses missions dans l'extr&#234;me Orient ; tous, en un mot, sont un hymne vivant &#224; la gloire de l'Esprit tout-puissant, qui s'annonce avec un tel empire d&#232;s les premiers instants de son arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rang inf&#233;rieur apparaissent les disciples, moins favoris&#233;s dans cette visite que les douze princes du coll&#232;ge apostolique, mais p&#233;n&#233;tr&#233;s du m&#234;me feu ; car eux aussi marcheront &#224; la conqu&#234;te du monde et fonderont de nombreuses chr&#233;tient&#233;s. Le groupe des saintes femmes n'a pas moins ressenti que le reste de l'assembl&#233;e la descente du Dieu qui s'annonce sous l'embl&#232;me du feu. L'amour qui les retint au pied de la croix de J&#233;sus et qui les conduisit les premi&#232;res &#224; son s&#233;pulcre au matin de la P&#226;que, s'est enflamm&#233; d'une ardeur nouvelle. La langue de feu s'est arr&#234;t&#233;e sur chacune d'elles, et elles seront &#233;loquentes &#224; parler de leur Ma&#238;tre aux Juifs et aux gentils. En vain la synagogue expulsera Madeleine et ses compagnes ; la Gaule m&#233;ridionale les &#233;coutera &#224; son tour, et ne sera pas rebelle &#224; leur parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la foule des Juifs qui avait entendu le bruit de la temp&#234;te annon&#231;ant la venue de l'Esprit divin, s'est amass&#233;e en grand nombre autour du myst&#233;rieux C&#233;nacle. Ce m&#234;me Esprit qui agit au dedans avec tant de magnificence, les pousse &#224; faire le si&#232;ge de cette maison qui contient dans ses murs l'&#201;glise du Christ dont la naissance vient d'&#233;clater. Leurs clameurs retentissent, et bient&#244;t le z&#232;le apostolique qui vient de na&#238;tre pour ne plus s'&#233;teindre, ne peut plus tenir dans de si &#233;troites limites. En un moment l'assembl&#233;e inspir&#233;e se pr&#233;cipite aux portes du C&#233;nacle, et se met en rapport avec cette multitude avide de conna&#238;tre le nouveau prodige que vient d'op&#233;rer le Dieu d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#244; merveille ! La foule compos&#233;e de toutes les nations, qui s'attendait &#224; entendre le parler grossier des Galil&#233;ens, est tout &#224; coup saisie de stupeur. Ces Galil&#233;ens n'ont fait encore que s'&#233;noncer en paroles confuses et inarticul&#233;es, et chacun les entend parler dans sa propre langue. Le symbole de l'unit&#233; appara&#238;t dans toute sa splendeur. L'&#201;glise chr&#233;tienne est montr&#233;e &#224; tous les peuples repr&#233;sent&#233;s dans cette multitude. Elle sera une, cette &#201;glise ; car les barri&#232;res que Dieu pla&#231;a autrefois, dans sa justice, pour isoler les nations, viennent de s'&#233;crouler. Voici les messagers de la foi du Christ ; ils sont pr&#234;ts, ils vont partir, leur parole fera le tour de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foule cependant, quelques hommes, insensibles au prodige, se scandalisent de l'ivresse divine dans laquelle ils voient les Ap&#244;tres : &#171; Ces hommes, disent-ils, sont pleins de vin. &#187; C'est le langage du rationalisme qui veut tout expliquer par des raisons humaines. Et pourtant ces Galil&#233;ens pr&#233;tendus ivres abattront &#224; leurs pieds le monde entier, et l'Esprit divin qui est en eux, ils le communiqueront avec son ivresse &#224; toutes les races du genre humain. Les saints Ap&#244;tres sentent que le moment est venu ; il faut que la seconde Pentec&#244;te soit proclam&#233;e en ce jour anniversaire de la premi&#232;re. Mais dans cette proclamation de la loi de mis&#233;ricorde et d'amour qui vient remplacer la loi de la justice et de la crainte, quel sera le Mo&#239;se ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Emmanuel, avant de monter au ciel, l'avait d&#233;sign&#233; : c'est Pierre, le fondement de l'&#201;glise. Il est temps que tout ce peuple le voie et l'entende ; le troupeau va se former, il est temps que le pasteur se montre. &#201;coutons l'Esprit-Saint qui va s'&#233;noncer par son principal organe, en pr&#233;sence de cette multitude ravie et silencieuse ; chaque mot que va dire l'Ap&#244;tre qui ne parle qu'une seule langue est compris de chacun des auditeurs, &#224; quelque idiome, &#224; quelque pays de la terre qu'il appartienne. Un tel discours est &#224; lui seul la d&#233;monstration de la v&#233;rit&#233; et de la divinit&#233; de la loi nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hommes juifs, s'&#233;crie dans la plus haute &#233;loquence le p&#234;cheur du lac de G&#233;n&#233;sareth, hommes juifs et vous tous qui habitez en ce moment J&#233;rusalem, apprenez ceci et pr&#234;tez l'oreille &#224; mes paroles. Non, ces hommes que vous voyez ne sont pas ivres comme vous l'avez pens&#233; ; car il n'est encore que l'heure de tierce ; mais en ce moment s'accomplit ce qu'avait pr&#233;dit le proph&#232;te Jo&#235;l : &#171; Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je r&#233;pandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles proph&#233;tiseront, et vos jeunes gens seront favoris&#233;s de visions, et vos vieillards auront des songes proph&#233;tiques. Et dans ces jours, je r&#233;pandrai mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils proph&#233;tiseront &#187;. Hommes Isra&#233;lites, &#233;coutez ceci. Vous vous rappelez J&#233;sus de Nazareth, que Dieu m&#234;me avait accr&#233;dit&#233; au milieu de vous par les prodiges au moyen desquels il op&#233;rait par lui, ainsi que vous le savez vous-m&#234;mes. Or, ce J&#233;sus, selon le d&#233;cret divin r&#233;solu &#224; l'avance, a &#233;t&#233; livr&#233; &#224; ses ennemis, et vous-m&#234;mes vous l'avez fait mourir par la main des impies. Mais Dieu l'a ressuscite, en l'arrachant &#224; l'humiliation du tombeau qui ne pouvait le retenir. David n'avait-il pas dit de lui : &#171; Ma chair reposera dans l'esp&#233;rance ; car vous ne permettrez pas, Seigneur, que celui qui est votre Saint &#233;prouve la corruption du tombeau &#187; ? Ce n'&#233;tait pas en son propre nom que David parlait ; car il est mort, et son s&#233;pulcre est encore sous nos yeux ; mais il annon&#231;ait la r&#233;surrection du Christ qui n'a point &#233;t&#233; laiss&#233; dans le tombeau, et dont la chair n'a pas connu la corruption. Ce J&#233;sus, Dieu lui-m&#234;me l'a ressuscit&#233;, et nous en sommes tous t&#233;moins. &#201;lev&#233; &#224; la droite de Dieu, il a, selon la promesse qu'en avait faite le P&#232;re, r&#233;pandu sur la terre le Saint-Esprit, ainsi que vous le voyez et l'entendez. Sachez donc, maison d'Isra&#235;l, et sachez-le avec toute certitude, que ce J&#233;sus crucifi&#233; par vous, Dieu en a fait le Seigneur et le Christ. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II.&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi fut accomplie la promulgation de la loi nouvelle par la bouche du nouveau Mo&#239;se. Comment les auditeurs n'eussent-ils pas accueilli le don inestimable de cette seconde Pentec&#244;te, qui venait dissiper les ombres de l'ancienne et produire au grand jour les divines r&#233;alit&#233;s ? Dieu se r&#233;v&#233;lait, et, comme toujours, il le faisait par les miracles. Pierre rappelle les prodiges de J&#233;sus dont la Synagogue n'a pas voulu tenir compte, et qui rendaient t&#233;moignage de lui. Il annonce la descente de l'Esprit-Saint, et en preuve il all&#232;gue le prodige inou&#239; que les auditeurs ont sous les yeux, dans le don des langues d&#233;parti aux habitants du C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant son &#339;uvre sublime, l'Esprit-Saint qui planait sur cette foule, f&#233;conde par son action divine ces c&#339;urs pr&#233;destin&#233;s. La foi na&#238;t et se d&#233;veloppe tout d'un coup dans ces disciples du Sina&#239; accourus de tous les points du monde pour une P&#226;que et une Pentec&#244;te d&#233;sormais st&#233;riles. Saisis de crainte et de regret d'avoir demand&#233; la mort du Juste, dont ils confessent la r&#233;surrection et l'ascension au ciel, ces Juifs de toute nation poussent un cri p&#233;n&#233;trant vers Pierre et ses compagnons : &#171; Qu'avons-nous donc &#224; faire, &#244; vous qui &#234;tes nos fr&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 37.&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Admirable disposition pour recevoir la foi ! Le d&#233;sir de croire, et le dessein arr&#234;t&#233; de conformer ses actes &#224; sa croyance. Pierre reprend son discours : &#171; Repentez-vous, leur dit-il, et que chacun de vous soit baptis&#233; au nom de J&#233;sus-Christ, et vous aurez part, vous aussi, au don du Saint-Esprit. La promesse a &#233;t&#233; faite pour vous et pour vos fils et &#233;galement pour ceux qui sont loin, c'est-&#224;-dire les gentils : en un mot, pour tous ceux qu'appelle le Seigneur notre Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 38-39.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque parole du nouveau Mo&#239;se, la Pentec&#244;te juda&#239;que s'efface, et la Pentec&#244;te chr&#233;tienne resplendit d'une lumi&#232;re toujours plus splendide &#224; l'horizon. Le r&#232;gne de l'Esprit divin est inaugur&#233; dans J&#233;rusalem, &#224; la face du temple condamn&#233; &#224; s'&#233;crouler sur lui-m&#234;me. Pierre parla encore ; mais le livre sacr&#233; des Actes n'a recueilli que ces paroles qui retentirent comme le dernier appel au salut : &#171; Sauvez-vous, enfants d'Isra&#235;l, sauvez-vous de cette g&#233;n&#233;ration perverse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 40.&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait rompre, en effet, avec les siens, m&#233;riter par le sacrifice les faveurs de la nouvelle Pentec&#244;te, passer de la Synagogue dans l'&#201;glise. Plus d'un combat se livra dans les c&#339;urs de ces hommes ; mais le triomphe de l'Esprit-Saint fut complet en ce premier jour. Trois mille personnes se d&#233;clar&#232;rent disciples de J&#233;sus, et furent marqu&#233;es aujourd'hui m&#234;me du sceau de l'adoption. O &#201;glise du Dieu vivant, qu'ils sont beaux vos progr&#232;s sous le souffle du divin Esprit ! D'abord vous avez r&#233;sid&#233; en Marie l'immacul&#233;e, pleine de gr&#226;ce et m&#232;re de Dieu ; votre second pas vous a donn&#233; les cent vingt disciples du C&#233;nacle ; et voici que le troisi&#232;me vous dote de trois mille &#233;cus, nos anc&#234;tres, qui vont bient&#244;t quitter J&#233;rusalem la r&#233;pudi&#233;e, et porter dans les pays d'o&#249; ils sont partis les pr&#233;mices du peuple nouveau. Demain c'est au temple m&#234;me que Pierre parlera, et &#224; sa voix cinq mille personnes se d&#233;chireront &#224; leur tour disciples de J&#233;sus de Nazareth. Salut donc, &#244; &#201;glise, noble et derni&#232;re cr&#233;ation de l'Esprit-Saint, soci&#233;t&#233; immortelle qui militez ici-bas, en m&#234;me temps que vous triomphez dans les cieux. O Pentec&#244;te, jour sacr&#233; de notre naissance, vous ouvrez avec gloire la s&#233;rie des si&#232;cles que doit parcourir en ce monde l'&#201;pouse de l'Emmanuel. Vous nous donnez l'Esprit divin qui vient &#233;crire, non plus sur la pierre, mais dans nos c&#339;urs, la loi qui r&#233;gira les disciples de J&#233;sus. O Pentec&#244;te promulgu&#233;e dans J&#233;rusalem, mais qui devez &#233;tendre vos bienfaits &#224; ceux &#171; qui sont au loin &#187;, c'est-&#224;-dire aux peuples de la gentilit&#233;, vous venez remplir les esp&#233;rances que nous fit concevoir le touchant myst&#232;re de l'&#201;piphanie. Les mages venaient de l'Orient ; nous les suiv&#238;mes au berceau de l'Entant divin, et nous savions que notre tour viendrait. Votre gr&#226;ce, &#244; Esprit-Saint, les avait secr&#232;tement attir&#233;s &#224; Bethl&#233;hem ; mais dans cette Pentec&#244;te qui d&#233;clare votre souverain empire avec tant d'&#233;nergie, vous nous appelez tous ; l'&#233;toile est transform&#233;e en langues de feu, et la face de la terre va &#234;tre renouvel&#233;e. Puissent nos c&#339;urs conserver les dons que vous nous apportez, ces dons que le P&#232;re et le Fils qui vous envoient nous ont destin&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du myst&#232;re de la Pentec&#244;te &#233;tant si principale dans l'&#233;conomie du christianisme, on ne doit pas s'&#233;tonner que l'&#201;glise lui ait assign&#233; dans la sainte Liturgie un rang aussi distingu&#233; que celui qu'elle attribue &#224; la P&#226;que elle-m&#234;me. La P&#226;que est le rachat de l'homme par la victoire du Christ : dans la Pentec&#244;te l'Esprit-Saint prend possession de l'homme rachet&#233; ; l'Ascension est le myst&#232;re interm&#233;diaire. D'un c&#244;t&#233;, elle consomme la P&#226;que en &#233;tablissant l'Homme-Dieu, vainqueur de la mort et chef de ses fid&#232;les, &#224; la droite du P&#232;re ; de l'autre, elle d&#233;termine l'envoi de l'Esprit-Saint sur la terre. Cet envoi ne pouvait avoir lieu avant la glorification de J&#233;sus, comme nous dit saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VII, 39.&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et de nombreuses raisons all&#233;gu&#233;es par les P&#232;res nous aident &#224; le comprendre. Il fallait que le Fils de Dieu, qui avec le P&#232;re est le principe de la procession du Saint-Esprit dans l'essence divine, envoy&#226;t personnellement aussi cet Esprit sur la terre. La mission ext&#233;rieure de l'une des divines personnes n'est qu'une suite et une manifestation de la production myst&#233;rieuse et &#233;ternelle qui a lieu au sein de la divinit&#233;. Ainsi le P&#232;re n'est envoy&#233; ni par le Fils ni par le Saint-Esprit, parce qu'il n'est pas produit par eux. Le Fils a &#233;t&#233; envoy&#233; aux hommes par le P&#232;re, &#233;tant engendr&#233; par lui &#233;ternellement. Le Saint-Esprit est envoy&#233; par le P&#232;re et par le Fils, parce qu'il proc&#232;de de l'un et de l'autre. Mais pour que la mission du Saint-Esprit s'accomplit de mani&#232;re &#224; donner plus de gloire au Fils, il &#233;tait juste qu'elle n'e&#251;t lieu qu'apr&#232;s l'intronisation du Verbe incarn&#233; &#224; la droite du P&#232;re, et il &#233;tait souverainement glorieux pour la nature humaine qu'au moment de cette mission elle f&#251;t indissolublement unie &#224; la nature divine dans la personne du Fils de Dieu, en sorte qu'il f&#251;t vrai de dire que l'Homme-Dieu a envoy&#233; le Saint-Esprit sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette auguste mission ne devait &#234;tre donn&#233;e &#224; L'Esprit divin que lorsque les hommes auraient perdu la vue de l'humanit&#233; de J&#233;sus. Ainsi que nous l'avons dit, il fallait d&#233;sormais que les yeux et les c&#339;urs des fid&#232;les poursuivissent le divin absent d'un amour plus pur et tout spirituel. Or, &#224; qui appartenait-il d'apporter aux hommes cet amour nouveau, sinon &#224; l'Esprit tout-puissant qui est le lien du P&#232;re et du Fils dans un amour &#233;ternel ? Cet Esprit qui embrase et qui unit est appel&#233; dans les saintes &#201;critures le &#171; don de Dieu &#187; ; et c'est aujourd'hui que le P&#232;re et le Fils nous envoient ce don ineffable. Rappelons-nous la parole de notre Emmanuel &#224; la femme de Samarie, au bord du puits de Sichar : &#171; Oh ! Si tu connaissais le don de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. IV, 10.&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Il n'&#233;tait pas descendu encore ; il ne se manifestait jusqu'alors aux hommes que par des bienfaits partiels. A partir d'aujourd'hui, c'est une inondation de feu qui couvre la terre : l'Esprit divin anime tout, agit en tous lieux. Nous connaissons le don de Dieu ; nous n'avons plus qu'&#224; l'accepter, qu'&#224; lui ouvrir l'entr&#233;e de nos c&#339;urs, comme les trois mille auditeurs fid&#232;les que vient de rencontrer la parole de Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voyez &#224; quel moment de l'ann&#233;e l'Esprit divin vient prendre possession de son domaine. Nous avons vu notre Emmanuel, Soleil de justice, s'&#233;lever timidement du sein des ombres du solstice d'hiver et monter d'une course lente &#224; son z&#233;nith. Dans un sublime contraste, l'Esprit du P&#232;re et du Fils a cherche d'autres harmonies. Il est feu, feu qui consume&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deut. IV, 24.&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il &#233;clate sur le monde au moment o&#249; le soleil brille de toute sa splendeur, o&#249; cet astre contemple couverte de fleurs et de fruits naissants la terre qu'il caresse de ses rayons. Accueillons de m&#234;me la chaleur vivifiante du divin Esprit, et demandons humblement qu'elle ne se ralentisse plus en nous. A ce moment de l'Ann&#233;e liturgique, nous sommes en pleine possession de la v&#233;rit&#233; par le Verbe incarn&#233; ; veillons &#224; entretenir fid&#232;lement l'amour que l'Esprit-Saint vient nous apportera son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e sur un pass&#233; de quatre mille ans quant aux figures, la Pentec&#244;te chr&#233;tienne, le vrai quinquag&#233;naire, est du nombre des f&#234;tes institu&#233;es par les Ap&#244;tres eux-m&#234;mes. Nous avons vu qu'elle partagea avec la P&#226;que, dans l'antiquit&#233;, l'honneur de conduire les cat&#233;chum&#232;nes &#224; la fontaine sacr&#233;e, et de les en ramener n&#233;ophytes et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Son Octave, comme celle de P&#226;ques, ne d&#233;passe pas le samedi par une raison identique. Le bapt&#234;me se conf&#233;rait dans la nuit du samedi au dimanche, et pour les n&#233;ophytes la solennit&#233; de la Pentec&#244;te s'ouvrait au moment m&#234;me de leur bapt&#234;me. Comme ceux de la P&#226;que, ils rev&#234;taient alors les habits blancs, et ils les d&#233;posaient le samedi suivant, qui &#233;tait compt&#233; pour le huiti&#232;me jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge donna &#224; la f&#234;te de la Pentec&#244;te le gracieux nom de P&#226;que des roses ; nous avons vu celui de Dimanche des roses impos&#233; dans les m&#234;mes si&#232;cles de foi au Dimanche dans l'Octave de l'Ascension. La couleur vermeille de la rose et son parfum rappelaient &#224; nos p&#232;res ces langues enflamm&#233;es qui descendirent dans le C&#233;nacle sur chacun des cent vingt disciples, comme les p&#233;tales effeuill&#233;s de la rose divine qui r&#233;pandait l'amour et la pl&#233;nitude de la gr&#226;ce sur l'&#201;glise naissante. La sainte Liturgie est entr&#233;e dans la m&#234;me pens&#233;e en choisissant la couleur rouge pour le saint Sacrifice durant toute l'Octave. Durand de Mende, dans son rational si pr&#233;cieux pour la connaissance des usages liturgiques du moyen &#226;ge, nous apprend qu'au treizi&#232;me si&#232;cle, dans nos &#233;glises, &#224; la Messe de la Pentec&#244;te, on l&#226;chait des colombes qui voltigeaient au-dessus des fid&#232;les en souvenir de la premi&#232;re manifestation de l'Esprit-Saint au Jourdain, et que l'on r&#233;pandait de la vo&#251;te des &#233;toupes enflamm&#233;es et des fleurs en souvenir de la seconde au C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Pierre. Il &#233;tait juste de rendre hommage au prince des Ap&#244;tres en ce jour o&#249; son &#233;loquence inspir&#233;e par l'Esprit-Saint conquit &#224; l'&#201;glise les trois mille chr&#233;tiens dont nous sommes les descendants. Actuellement, la Station demeure toujours fix&#233;e &#224; Saint-Pierre avec les indulgences qui s'y rapportent ; mais le Souverain Pontife et le sacr&#233; Coll&#232;ge se rendent pour la Fonction &#224; la Basilique du Latran, M&#232;re et Chef de toutes les &#233;glises de la ville et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A TIERCE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise c&#233;l&#232;bre aujourd'hui l'heure de Tierce avec une solennit&#233; particuli&#232;re, afin de se maintenir dans un rapport plus intime avec les heureux habitants du C&#233;nacle. Elle a m&#234;me choisi cette heure, dans tout le cours de l'ann&#233;e, comme la plus propice pour l'offrande du saint Sacrifice, auquel pr&#233;side l'Esprit-Saint dans toute la puissance de son op&#233;ration. Cette heure de Tierce, qui r&#233;pond &#224; neuf heures du matin selon notre mani&#232;re de compter, est remarquable chaque jour par une invocation au Saint-Esprit formul&#233;e dans une Hymne de saint Ambroise ; mais aujourd'hui ce n'est pas l'Hymne ordinaire de Tierce que l'&#201;glise adresse au divin Paraclet ; c'est le cantique si myst&#233;rieux et si grandiose que le IXe si&#232;cle nous a l&#233;gu&#233;, en nous transmettant la tradition qui donne Charlemagne pour auteur de cette &#339;uvre sublime.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e d'en enrichir l'Office de Tierce au jour de la Pentec&#244;te appartient &#224; saint Hugues, abb&#233; de Cluny au XIe si&#232;cle ; et cette pratique a sembl&#233; si belle, que l'&#201;glise Romaine a fini par l'adopter dans sa Liturgie. De l&#224; est venu que dans les &#201;glises m&#234;me o&#249; l'on ne c&#233;l&#232;bre pas l'Office canonial, on chante du moins le &lt;i&gt;Veni creator&lt;/i&gt; avant la Messe du jour de la Pentec&#244;te. A cette heure si solennelle, aux accents inspir&#233;s de cette Hymne si tendre &#224; la fois et si imposante, l'assembl&#233;e des fid&#232;les se recueille ; elle adore et appelle l'Esprit divin. A ce moment, il plane sur tous les temples de la chr&#233;tient&#233;, et descend invisiblement dans tous les c&#339;urs qui l'attendent avec ferveur. Exprimons-lui le besoin que nous &#233;prouvons de sa pr&#233;sence, le suppliant de demeurer en nous, et de ne jamais s'en &#233;loigner. Montrons-lui notre &#226;me marqu&#233;e de son sceau ineffa&#231;able dans le Bapt&#234;me et dans la Confirmation ; prions-le de veiller sur son &#339;uvre. Nous sommes sa propri&#233;t&#233; ; qu'il daigne faire en nous ce que nous le prions d'y accomplir ; mais que notre bouche parle avec sinc&#233;rit&#233;, et souvenons-nous que pour recevoir et conserver l'Esprit-Saint, il faut renoncer &#224; l'esprit du monde ; car le Seigneur a dit : &#171; Nul ne peut servir deux ma&#238;tres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. VI, 24.&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re strophe de cette Hymne v&#233;n&#233;rable se chante toujours &#224; genoux ; on se l&#232;ve ensuite, et l'on chante debout les strophes suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment de c&#233;l&#233;brer le saint Sacrifice est arriv&#233;. Remplie de l'Esprit divin, l'&#201;glise va payer le tribut auguste de sa reconnaissance en offrant la victime qui nous a m&#233;rit&#233; un tel don par son immolation. D&#233;j&#224; l'Intro&#239;t retentit avec un &#233;clat et une m&#233;lodie non pareils. Le chant gr&#233;gorien s'&#233;l&#232;ve rarement &#224; un tel enthousiasme. Les paroles contiennent un oracle du livre de la Sagesse, qui re&#231;oit son accomplissement aujourd'hui. C'est l'Esprit divin se r&#233;pandant sur le monde, et comme gage de sa pr&#233;sence donnant aux saints Ap&#244;tres la science de la parole dont il est la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Collecte nous fournit l'expression de nos v&#339;ux pour un si grand jour. Elle nous avertit en m&#234;me temps que l'Esprit divin nous apporte deux dons principaux : le go&#251;t des choses divines et la consolation du c&#339;ur ; demandons que l'un et l'autre demeurent en nous, afin que nous devenions parfaits chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre grands &#233;v&#233;nements signalent l'existence de la race humaine sur la terre, et tous les quatre t&#233;moignent de la bont&#233; infinie de Dieu envers nous. Le premier est la cr&#233;ation de l'homme et sa vocation &#224; l'&#233;tat surnaturel, qui lui donne pour fin derni&#232;re la vision et la possession &#233;ternelle de Dieu. Le second est l'incarnation du Verbe divin qui, unissant la nature humaine &#224; la nature divine dans le Christ, &#233;lev&#233; l'&#234;tre cr&#233;&#233; &#224; la participation de la divinit&#233;, et fournit en m&#234;me temps la victime n&#233;cessaire pour racheter Adam et sa race de leur pr&#233;varication. Le troisi&#232;me &#233;v&#233;nement est la descente du Saint-Esprit, dont nous c&#233;l&#233;brons l'anniversaire en ce jour. Enfin le quatri&#232;me est le second av&#232;nement du Fils de Dieu qui viendra d&#233;livrer l'&#201;glise son &#233;pouse, et l'emm&#232;nera au ciel pour c&#233;l&#233;brer avec elle les noces &#233;ternelles. Ces quatre op&#233;rations divines, dont la derni&#232;re n'est pas accomplie encore, sont la clef de l'histoire humaine ; rien n'est en dehors d'elles ; mais l'homme animal ne les voit m&#234;me pas, il n'y songe pas. &#171; La lumi&#232;re a lui dans les t&#233;n&#232;bres, et les t&#233;n&#232;bres ne l'ont pas comprise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 5.&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;ni soit donc le Dieu de mis&#233;ricorde qui &#171; nous a appel&#233;s des t&#233;n&#232;bres &#224; l'admirable lumi&#232;re de la foi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 9.&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il nous a faits enfants de cette g&#233;n&#233;ration &#171; qui n'est ni de la chair et du sang, ni de la volont&#233; de l'homme, mais de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 13.&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cette gr&#226;ce, nous voici aujourd'hui attentifs &#224; la troisi&#232;me des op&#233;rations divines sur ce monde, &#224; la descente de l'Esprit-Saint, et nous avons entendu le r&#233;cit &#233;mouvant de sa venue. Cette temp&#234;te myst&#233;rieuse, ce feu, ces langues, cette ivresse sacr&#233;e, tout nous transporte au centre m&#234;me des divins conseils, et nous nous &#233;crions : &#171; Dieu a-t-il donc tant aim&#233; ce monde ? &#187; J&#233;sus, quand il &#233;tait avec nous sur la terre, nous le disait : &#171; Oui, Dieu a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. III, 16.&#034; id=&#034;nh6-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui il nous faut compl&#233;ter cette sublime parole et dire : &#171; Le P&#232;re et le Fils ont tant aim&#233; le monde, qu'ils lui ont donn&#233; leur Esprit-Saint. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acceptons un tel don, et comprenons enfin ce qu'est l'homme. Le rationalisme, le naturalisme, pr&#233;tendent le grandir en s'effor&#231;ant de le captiver sous le joug de l'orgueil et de la sensualit&#233; ; la foi chr&#233;tienne nous impose l'humilit&#233; et le renoncement ; mais pour prix elle nous montre Dieu lui-m&#234;me se donnant &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Verset all&#233;luiatique est form&#233; des paroles de David o&#249; L'Esprit-Saint est montr&#233; comme l'auteur d'une cr&#233;ation nouvelle, comme le r&#233;novateur de la terre. Le second est la touchante pri&#232;re par laquelle la sainte &#201;glise appelle sur ses enfants l'Esprit d'amour. On la chante toujours &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la S&#233;quence, &#339;uvre d'enthousiasme et en m&#234;me temps d'une ineffable tendresse pour celui qui vit et r&#232;gne &#233;ternellement dans la soci&#233;t&#233; du P&#232;re et du Fils, et qui va d&#233;sormais &#233;tablir son empire dans nos c&#339;urs. Cette pi&#232;ce est de la fin du XIIe si&#232;cle, et on l'attribue, avec vraisemblance, au grand Pape Innocent III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La venue de l'Esprit-Saint n'est pas seulement un &#233;v&#233;nement qui int&#233;resse la race humaine consid&#233;r&#233;e en g&#233;n&#233;ral ; chaque homme est appel&#233; &#224; recevoir cette m&#234;me visite qui aujourd'hui &#171; renouvelle la face de la terre enti&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIII, 30.&#034; id=&#034;nh6-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le dessein mis&#233;ricordieux du souverain Seigneur de toutes choses s'&#233;tend jusqu'&#224; vouloir contracter une alliance individuelle avec chacun de nous. J&#233;sus ne demande de nous qu'une seule chose : il veut que nous l'aimions et que nous gardions sa parole. A cette condition, il nous promet que son P&#232;re nous aimera, et viendra avec lui habiter notre &#226;me. Mais ce n'est pas tout encore. Il nous annonce la venue de l'Esprit-Saint, qui par sa pr&#233;sence compl&#233;tera l'habitation de Dieu en nous. L'auguste Trinit&#233; tout enti&#232;re se fera comme un nouveau ciel de cette humble demeure, en attendant que nous soyons transport&#233;s apr&#232;s cette vie au s&#233;jour m&#234;me o&#249; nous contemplerons l'h&#244;te divin, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, qui a tant aim&#233; sa cr&#233;ature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus nous enseigne encore dans ce passage, tir&#233; du discours qu'il adressa &#224; ses disciples apr&#232;s la C&#232;ne, que le divin Esprit qui descend sur nous aujourd'hui est envoy&#233; par le P&#232;re, mais par le P&#232;re &#171; au nom du Fils &#187; ; de m&#234;me que dans un autre endroit J&#233;sus dit que &#171; c'est lui-m&#234;me qui enverra l'Esprit-Saint &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 26.&#034; id=&#034;nh6-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces diverses mani&#232;res de s'exprimer ont pour but de nous r&#233;v&#233;ler les relations qui existent dans la Trinit&#233; divine entre les deux premi&#232;res personnes et le Saint-Esprit. Ce divin Esprit est du P&#232;re, mais il est aussi du Fils ; c'est le P&#232;re qui l'envoie ; mais le Fils l'envoie aussi ; car il proc&#232;de de l'un et de l'autre comme d'un m&#234;me principe. En ce grand jour de la Pentec&#244;te, notre reconnaissance doit donc &#234;tre la m&#234;me envers le P&#232;re qui est la Puissance, et envers le Fils qui est la Sagesse ; car le don qui nous arrive du ciel vient de tous les deux. &#201;ternellement le P&#232;re a engendr&#233; son Fils, et quand la pl&#233;nitude des temps fut venue, il l'a donn&#233; aux hommes pour &#234;tre dans la nature humaine leur m&#233;diateur et leur sauveur ; &#233;ternellement le P&#232;re et le Fils ont produit l'Esprit-Saint, et, &#224; l'heure marqu&#233;e, ils l'ont envoy&#233; ici-bas pour &#234;tre dans les hommes le principe d'amour, comme il l'est entre le P&#232;re et le Fils. J&#233;sus nous enseigne que la mission de l'Esprit est post&#233;rieure &#224; la sienne, parce qu'il a fallu que les hommes fussent d'abord initi&#233;s &#224; la v&#233;rit&#233; par celui qui est la Sagesse. En effet, ils n'auraient pu aimer ce qu'ils ne connaissaient pas. Mais lorsque J&#233;sus a consomm&#233; son &#339;uvre tout enti&#232;re, qu'il a fait asseoir son humanit&#233; sur le tr&#244;ne de Dieu son P&#232;re, de concert avec le P&#232;re il envoie l'Esprit divin pour conserver en nous cette parole qui est &#171; esprit et vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. VI, 64.&#034; id=&#034;nh6-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui est en nous la pr&#233;paration de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est form&#233; des paroles du Psaume LXVII, o&#249; David proph&#233;tise l'arriv&#233;e de l'Esprit dont la mission est de confirmer ce que J&#233;sus a op&#233;r&#233;. Le C&#233;nacle efface toutes les splendeurs du temple de J&#233;rusalem : d&#233;sormais il n'y a plus que l'&#201;glise catholique qui recevra bient&#244;t dans son sein les rois et les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence des dons sacr&#233;s qui vont &#234;tre offerts et qui reposent sur l'autel, l'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, demande que la venue du divin Esprit soit pour les fid&#232;les un feu qui consume leurs souillures, et une lumi&#232;re qui &#233;claire leur esprit par une plus compl&#232;te intelligence des enseignements du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne de la Communion c&#233;l&#232;bre par les paroles du texte sacr&#233; le moment de l'av&#232;nement de l'Esprit divin. Le Seigneur J&#233;sus s'est donn&#233; &#224; ses fid&#232;les dans l'aliment eucharistique ; mais c'est l'Esprit qui les a pr&#233;par&#233;s &#224; une telle faveur, lui qui a change sur l'autel le pain et le vin en le corps et le sang de la victime sainte, lui qui les aidera &#224; conserver en eux l'aliment sacr&#233; qui garde les &#226;mes pour la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en possession de son &#201;poux par le sacr&#233; Myst&#232;re, l'&#201;glise, dans la Postcommunion, implore pour ses fid&#232;les la permanence de l'Esprit-Saint dans leurs &#226;mes, en m&#234;me temps qu'elle nous r&#233;v&#232;le une des pr&#233;rogatives de ce divin Esprit, qui, trouvant nos &#226;mes arides et incapables de fructifier par elles-m&#234;mes, se transforme en ros&#233;e pour les f&#233;conder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande journ&#233;e avance dans son cours, et remplis du Saint-Esprit comme nous l'avons &#233;t&#233; &#224; l'heure de Tierce, nous ne pouvons nous d&#233;tacher du sublime spectacle dont J&#233;rusalem est t&#233;moin Du c&#339;ur des saints Ap&#244;tres le feu divin a pass&#233; dans la foule qui les entoure. Le regret d'avoir crucifi&#233; &#171; le Seigneur de gloire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. II, 8.&#034; id=&#034;nh6-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a dompt&#233; l'orgueil juif dans ces hommes qui avaient accompagn&#233; la victime de leurs clameurs et de leurs mal&#233;dictions sur la Voie douloureuse. Que leur manque-t-il maintenant pour &#234;tre chr&#233;tiens ? Conna&#238;tre et croire, puis &#234;tre baptis&#233;s. Du milieu du tourbillon de l'Esprit-Saint qui les enveloppe, la voix de Pierre et de ses fr&#232;res retentit : &#171; Celui qui a souffert sur la croix et qui est ressuscit&#233; d'entre les morts est le propre Fils de Dieu engendre &#233;ternellement du P&#232;re ; l'Esprit qui se manifeste en ce moment est la troisi&#232;me personne dans l'unique et divine essence. &#187; La Trinit&#233;, l'Incarnation, la R&#233;demption, resplendissent aux yeux de ces disciples de Mo&#239;se, les ombres s'effacent et font place au jour radieux de la nouvelle alliance. Il est temps que s'accomplisse la parole de Jean-Baptiste au bord du Jourdain, cette parole dont plusieurs des assistants ont gard&#233; m&#233;moire, &#171; Au milieu de vous est quelqu'un que vous ne connaissez pas, dont je ne suis pas m&#234;me digne de d&#233;lier la chaussure. Moi, je vous baptise dans l'eau ; mais lui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 26.&#034; id=&#034;nh6-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois ce bapt&#234;me de feu, c'est par l'eau qu'il doit s'administrer. L'Esprit qui est feu op&#232;re par l'eau, et il est appel&#233; lui-m&#234;me &#171; la fontaine d'eau vive &#187;. L'antique proph&#232;te &#201;z&#233;chiel avait salu&#233; de loin cette heure solennelle, lorsqu'il rendait en ces termes l'oracle divin : &#171; Voici que je r&#233;pandrai sur vous une eau pure, et vous serez lav&#233;s de toutes vos souillures, et je vous purifierai de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un &#171; c&#339;ur nouveau, et je placerai au milieu de vous un esprit nouveau. Et j'&#244;terai de votre poitrine votre c&#339;ur de pierre, et je vous donnerai un c&#339;ur de chair. Et je placerai mon Esprit au milieu de vous, et je vous ferai marcher dans la voie de mes commandements. Et vous garderez ma loi sainte ; et vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;zech. XXXVI, 25-28.&#034; id=&#034;nh6-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proph&#233;tie &#233;tait claire, et l'heure &#224; laquelle l'Esprit arrivait &#233;tait la m&#234;me o&#249; l'eau allait couler. Cet &#233;l&#233;ment sur lequel planait l'Esprit divin &#224; la premi&#232;re origine de ce monde, nous l'avons vu, dans l'&#201;piphanie, recevoir au Jourdain le contact de la chair sacr&#233;e du Verbe incarn&#233;, et la c&#233;leste colombe unir son action sanctifiante &#224; celle du Fils de Dieu. R&#233;cemment nous v&#238;mes la main du Pontife, au Samedi saint, dans la cons&#233;cration de la fontaine baptismale, plonger le cierge, type du Christ, dans les eaux, et nous l'entend&#238;mes faire cette pri&#232;re : &#171; Qu'elle descende dans cette fontaine, la gr&#226;ce et la vertu de l'Esprit-Saint ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la source purifiante r&#233;pand ses eaux dans J&#233;rusalem ; la main de Pierre et celles de ses fr&#232;res plongent dans l'&#233;l&#233;ment sacr&#233; ces fils d'Isra&#235;l, et trois mille hommes ont relev&#233; un front chr&#233;tien et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Qu'ils sont beaux, ces anc&#234;tres de notre foi, en qui nous v&#233;n&#233;rons les pr&#233;mices de l'accomplissement des proph&#233;ties ! Plus beaux encore que les trois Mages que nous v&#238;mes autrefois avec tant de joie descendre de leurs chameaux et p&#233;n&#233;trer dans l'&#233;table, pour d&#233;poser aux pieds du divin Roi des Juifs les offrandes mystiques de l'Orient. Maintenant toute la s&#233;rie des myst&#232;res est accomplie ; nous sommes rachet&#233;s, J&#233;sus est assis &#224; la droite de son P&#232;re, et l'Esprit divin, envoy&#233; par lui, vient de nous arriver, et il doit demeurer avec nous jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles. Voil&#224; pourquoi les sources des Sacrements sont ouvertes. A cette heure, l'Esprit du P&#232;re et du Fils a lev&#233; le premier des sceaux, et l'eau baptismale coule pour ne plus s'arr&#234;ter dans son cours, jusqu'&#224; ce qu'elle ait r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; le dernier des chr&#233;tiens qui doit passer sur cette terre. Mais le divin Esprit est le &#171; Don du Dieu Tr&#232;s-Haut &#187; ; les saints Ap&#244;tres sont en possession de ce don fait aux hommes : ils ne doivent pas le retenir pour eux. Un second sceau est donc lev&#233;, et le sacrement de Confirmation fait descendre sur les n&#233;ophytes l'Esprit qui a &#233;clat&#233; dans le C&#233;nacle. Par la vertu qui est en eux, Pierre et ses fr&#232;res, pontifes de la loi nouvelle, communiquent &#224; ces hommes, dans le Saint-Esprit, la force divine qui leur sera d&#233;sormais n&#233;cessaire pour confesser ce J&#233;sus de Nazareth dont ils sont pour jamais les heureux membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils ne sont pas assez divinis&#233;s encore, ces nouveau-n&#233;s &#224; la gr&#226;ce c&#233;leste, marqu&#233;s d&#233;j&#224; d'un double caract&#232;re ; il leur reste &#224; communier au Christ, au divin instituteur des Sacrements, au m&#233;diateur et r&#233;dempteur qui a r&#233;uni Dieu et l'homme. Il faut qu'un troisi&#232;me sceau soit lev&#233;, que le sacerdoce nouveau agissant pour la premi&#232;re fois par les Ap&#244;tres, produise J&#233;sus, le Pain de vie, et que cette multitude saintement affam&#233;e go&#251;te cette manne qui ne nourrit pas seulement le corps comme celle du d&#233;sert, &#171; mais qui donne la vie au monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 33.&#034; id=&#034;nh6-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auguste C&#233;nacle, tout embaum&#233; encore du souvenir de la merveille que le Christ y op&#233;ra la veille de sa Passion, revoit le sublime prodige dont il fut t&#233;moin. Entour&#233; de ses fr&#232;res, Pierre consacre le pain et le vin par les paroles divines que sa bouche n'avait pas prononc&#233;es encore, et l'op&#233;ration de l'Esprit d'amour produit entre ses mains le corps et le sang de J&#233;sus. Le Sacrifice nouveau est inaugur&#233;, et d&#233;sormais il sera offert chaque jour jusqu'&#224; la consommation des si&#232;cles. Les n&#233;ophytes s'approchent, et par les mains des saints Ap&#244;tres ils entrent en possession de l'aliment c&#233;leste qui consomme leur union avec Dieu, par J&#233;sus Pontife &#233;ternel selon l'ordre de Melchis&#233;dech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'oublions pas en ce grand jour, &#224; ce premier Sacrifice offert par Pierre, assist&#233; de ses coll&#232;gues dans l'apostolat, la participation de Marie &#224; cette chair divine dont son sein virginal a &#233;t&#233; la source. Embras&#233;e des feux de l'Esprit-Saint qui est venu confirmer en elle cette maternit&#233; &#224; l'&#233;gard des hommes que J&#233;sus lui confia sur la croix, elle s'unit dans le myst&#232;re d'amour &#224; ce fils bien-aim&#233; qui s'en est all&#233; aux cieux, et qui l'a charg&#233;e de veiller sur son &#201;glise naissante. D&#233;sormais le Pain de vie lui rendra son fils chaque jour, jusqu'&#224; ce qu'elle-m&#234;me soit enlev&#233;e &#224; son tour dans les cieux pour jouir &#233;ternellement de sa vue, recevoir ses caresses et lui prodiguer les siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel ne fut pas le bonheur de ceux des n&#233;ophytes auxquels il fut donn&#233;, en cette heureuse journ&#233;e, d'approcher d'une si auguste reine, de la Vierge-M&#232;re, &#224; qui il avait &#233;t&#233; donn&#233; de porter dans ses chastes flancs celui qui &#233;tait l'esp&#233;rance d'Isra&#235;l ! Ils contempl&#232;rent les traits de la nouvelle &#200;ve, ils entendirent sa voix, ils &#233;prouv&#232;rent le sentiment filial qu'elle inspire &#224; tous les disciples de J&#233;sus. Dans une autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortun&#233;s ; nous ne rappelons en ce moment leur bonheur que pour montrer combien fut grande et compl&#232;te cette journ&#233;e qui vit le commencement de la sainte &#201;glise. La hi&#233;rarchie sacr&#233;e apparut dans Pierre, Vicaire du Christ, dans les Ap&#244;tres ses fr&#232;res, dans les disciples choisis par J&#233;sus lui-m&#234;me. La semence de la parole divine fut jet&#233;e dans la bonne terre, l'eau baptismale r&#233;g&#233;n&#233;ra l'&#233;lite des enfants d'Isra&#235;l, l'Esprit-Saint leur fut communiqu&#233; dans sa force, le Verbe divin les nourrit de sa chair qui est vraiment une nourriture et de son sang qui est vraiment un breuvage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 56.&#034; id=&#034;nh6-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et Marie les re&#231;ut &#224; leur nouvelle naissance dans ses bras maternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous maintenant &#224; la sainte &#201;glise, et chantons avec elle les louanges du divin Esprit qui, descendu &#224; l'heure de Tierce, a rempli de tant de merveilles ce premier jour o&#249; il d&#233;bute dans sa divine mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des V&#234;pres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir plus haut.&#034; id=&#034;nh6-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'ouvre par la proclamation du nombre quinquag&#233;naire qui r&#233;unit les deux Pentec&#244;tes. L'Antienne nous montre en m&#234;me temps les disciples au C&#233;nacle dans l'attente de l'arriv&#233;e du Don promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume CIX que l'&#201;glise chante sous cette Antienne repr&#233;sente le triomphe du Christ dans son Ascension. Il s'assied &#224; la droite du P&#232;re, et c'est de l&#224; que, Dieu et homme, il consolide son r&#232;gne sur la terre, en envoyant aujourd'hui son Esprit pour habiter avec nous jusqu'&#224; ce que lui-m&#234;me redescende, vengeur de son &#201;glise, qu'il affranchira du joug de ses ennemis, et emm&#232;nera avec lui dans la gloire &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente des disciples a &#233;t&#233; combl&#233;e, l'Esprit divin est descendu sur eux, mais il ne s'est pas born&#233; &#224; visiter leurs &#226;mes ; d&#232;s aujourd'hui, c'est le monde tout entier qu'il vient conqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second Psaume, CX, c&#233;l&#232;bre les bienfaits de Dieu envers son peuple : l'alliance promise, qui se consomme aujourd'hui, la r&#233;demption de l'homme et la fid&#233;lit&#233; du Seigneur &#224; ses promesses. La mission du Saint-Esprit avait &#233;t&#233; annonc&#233;e par les Proph&#232;tes et par J&#233;sus lui-m&#234;me : le Seigneur a daign&#233; d&#233;gager sa parole en ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit divin s'empare des disciples, il les rend aptes &#224; parler ; car c'est par la parole qu'ils feront la conqu&#234;te du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume, CXI, chante la f&#233;licit&#233; de l'homme juste et ses esp&#233;rances. La lumi&#232;re qui s'&#233;lance du sein des t&#233;n&#232;bres, c'est J&#233;sus, le Fils &#233;ternel de Dieu ; c'est ensuite l'Esprit-Saint qui &#233;clate tout &#224; coup aujourd'hui. Le p&#233;cheur qui s'irrite &#224; la vue des dons de Dieu, c'est le Juif incr&#233;dule qui ferme les yeux &#224; la lumi&#232;re et repousse le divin Esprit, comme il avait repouss&#233; le Fils du P&#232;re c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son all&#233;gresse la pens&#233;e des trois mille n&#233;ophytes de ce jour, la sainte &#201;glise chante la fontaine d'eau vive que l'Esprit divin a fait jaillir pour leur r&#233;g&#233;n&#233;ration ; elle nous les montre comme d'heureux poissons qui s'agitent dans les ondes du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume, CXII, est un chant de louange au Seigneur qui, du haut du ciel, a pris piti&#233; de la nature humaine, et qui, pour la relever de l'abaissement o&#249; elle languissait, lui a d'abord envoy&#233; son propre Fils, et aujourd'hui fait descendre vers elle son divin Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce grand jour, l'Esprit-Saint a conquis le monde ; mais c'est par la parole des Ap&#244;tres qu'il s'en est rendu le ma&#238;tre, cette parole d'une &#233;loquence miraculeuse qu'il a form&#233;e en eux, et &#224; laquelle il a joint sa toute-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me Psaume, CXIII, rappelle d'abord la premi&#232;re P&#226;que, la sortie de l'&#201;gypte et les prodiges qui l'accompagn&#232;rent et la suivirent. On y voit ensuite les nations devenues esclaves de leurs idoles ; mais aujourd'hui le divin Esprit suscite des conqu&#233;rants qui abattront ces vains simulacres. La maison d'Isra&#235;l et la maison d'Aaron ne se vanteront plus d'&#234;tre les seules &#224; servir le vrai Dieu. Instruits par les hommes &#224; la langue de l'eu, tous les peuples acquerront la crainte du Seigneur et esp&#233;reront en lui. Nous ne sommes plus au nombre de ces morts qui ne louent pas Dieu ; mais nous vivons de la vie surnaturelle que le Fils de Dieu a conquise pour nous par sa Passion et par sa R&#233;surrection, et que l'Esprit-Saint fait p&#233;n&#233;trer en nous par le divin myst&#232;re de ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne est celle que nous avons d&#233;j&#224; chant&#233;e &#224; Tierce, &#224; l'heure m&#234;me o&#249; le divin Esprit descendit dans le C&#233;nacle. La grandeur des pens&#233;es et l'onction du sentiment forment le caract&#232;re de ce sublime cantique, toujours nouveau et toujours in&#233;puisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le Cantique de Marie, partie essentielle de l'Office du soir, accompagn&#233; du solennel encensement de l'autel. L'accent de cet hymne divin s'est enrichi encore. Ce n'est plus seulement la Vierge portant en elle le Fils &#233;ternel du P&#232;re que l'on entend &#233;pancher les &#233;motions de son &#226;me ; c'est la M&#232;re de Dieu inond&#233;e des feux de l'Esprit-Saint, et pr&#233;par&#233;e pour le nouveau minist&#232;re qui l'attend. Le cantique est harmonis&#233; pour la f&#234;te au moyen de la magnifique Antienne qui le pr&#233;c&#232;de : &#171; Aujourd'hui sont accomplis les jours de la Pentec&#244;te, all&#233;luia. Aujourd'hui l'Esprit-Saint a apparu aux disciples sous la forme du feu, et il a r&#233;pandu en eux les dons de ses gr&#226;ces. Il les a envoy&#233;s dans le monde entier pr&#234;cher et rendre t&#233;moignage. Celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233;, all&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon notre usage, nous ach&#232;verons une si sainte journ&#233;e en r&#233;unissant, comme dans un concert, les voix de toutes les &#201;glises c&#233;l&#233;brant le glorieux myst&#232;re de la Pentec&#244;te chr&#233;tienne. Nous nous sommes unis &#224; la sainte &#201;glise Romaine dans tous les cantiques de ce jour ; il nous faut entendre maintenant la voix de l'&#201;glise grecque. Saint Jean Damasc&#232;ne est autour de l'Hymne qui suit, et que nous empruntons au Pentecostarion.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du nuage divin, le proph&#232;te dont la langue &#233;tait tardive promulgua la loi &#233;crite par le doigt de Dieu ; gu&#233;ri de son infirmit&#233;, il avait contempl&#233; de l'&#339;il de l'&#226;me celui qui est, et il c&#233;l&#233;bra dans de sacres cantiques la science de l'Esprit qu'il avait re&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grave et auguste Ma&#238;tre avait dit &#224; ses disciples : &#171; Ne vous s&#233;parez point, &#244; mes amis ! Lorsque je serai assis sur le tr&#244;ne sublime de mon P&#232;re, je r&#233;pandrai la gr&#226;ce infinie de l'Esprit dans tout son &#233;clat sur vous qui d&#233;sirez la conna&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa carri&#232;re &#233;tant termin&#233;e, le Verbe, fid&#232;le &#224; sa promesse, remplit leurs c&#339;urs d'un doux recueillement. Ayant achev&#233; son &#339;uvre, il r&#233;pand sur ses amis d'abord un souffle violent, bient&#244;t des langues enflamm&#233;es ; lui le Christ, il leur donne l'Esprit et d&#233;gage ainsi sa parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir divin d&#233;passe toute borne ; de gens illettr&#233;s il fait des orateurs, leur parole r&#233;duira les sophistes au silence, et semblable &#224; un &#233;clair &#233;blouissant, l'Esprit enl&#232;vera &#224; leur nuit profonde des peuples innombrables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet Esprit tout-puissant, splendide, incorruptible, proc&#233;dait de la lumi&#232;re incr&#233;&#233;e, de la substance que le P&#232;re transmet au Fils ; aujourd'hui, langue de feu dans Sion, il manifeste aux nations cette lumi&#232;re qu'il puise dans la divinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi, &#244; Fils de Dieu qui as r&#233;uni deux natures, tu pr&#233;pares le bain divin de la r&#233;g&#233;n&#233;ration ; l'eau d'un tel bain s'est &#233;panch&#233;e de ton c&#244;t&#233;, &#244; Verbe, et l'ardeur puissante de l'Esprit en est le sceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes les vrais serviteurs du Dieu souverain, vous qui adorez l'essence trois lois lumineuse. Le Christ met aujourd'hui la derni&#232;re main &#224; son bienfait surnaturel, envoyant pour notre salut celui qu'exprime le feu, versant sur nous la gr&#226;ce universelle de l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfants de l'&#201;glise, fils de la lumi&#232;re, recevez la ros&#233;e enflamm&#233;e de l'Esprit, et par elle la r&#233;mission et l'affranchissement de vos p&#233;ch&#233;s ; car aujourd'hui la loi est sortie de Sion, la gr&#226;ce du Saint-Esprit, sous a forme d'une langue de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois on entendit un concert d'instruments qui conviait les hommes &#224; adorer la statue d'or inanim&#233;e ; maintenant, c'est la gr&#226;ce lumineuse du Paraclet qui les rend dignes de s'&#233;crier : O Trinit&#233; unique, &#233;gale en pouvoir, sans commencement, nous te b&#233;nissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubliant l'oracle du Proph&#232;te, des insens&#233;s disaient que l'ivresse des Ap&#244;tres &#233;tait produite par le vin ; on entendait retentir tous les langages &#233;trangers ; pour nous, nous n'avons qu'un cri : Toi qui renouvelles divinement l'univers, sois b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de Tierce fut choisie pour l'effusion d'une telle gr&#226;ce ; elle signifiait que l'on devait adorer trois personnes dans l'unit&#233; de puissance ; en ce jour du Dimanche, le premier des jours, &#244; P&#232;re, o Fils, &#244; Esprit, soyez b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise arm&#233;nienne m&#233;rite d'&#234;tre &#233;cout&#233;e &#224; son tour. Les strophes suivantes si majestueuses et si remplies de myst&#232;re remontent au cinqui&#232;me si&#232;cle. La tradition les attribue &#224; Mo&#239;se de Khor&#232;ne, ou &#224; Jean Matagouni.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;CANON PRIMAE DIEI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colombe envoy&#233;e aux hommes est descendue des cieux, annonc&#233;e par un grand bruit ; voil&#233;e sous l'embl&#232;me d'une lumi&#232;re &#233;clatante, elle a couvert d'une armure de feu, sans qu'ils en fussent br&#251;l&#233;s, les disciples qui &#233;taient encore assis dans le sacr&#233; c&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la colombe immat&#233;rielle, insondable, qui p&#233;n&#232;tre les profondeurs de Dieu, qui annonce le second et terrible av&#232;nement, qui proc&#232;de du P&#232;re, et que l'on nous enseigne lui &#234;tre consubstantielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire au plus haut des cieux, &#224; l'Esprit-Saint qui proc&#232;de du P&#232;re ! Les Ap&#244;tres ont &#233;t&#233; enivr&#233;s &#224; son calice immortel, et ils ont invit&#233; la terre &#224; s'unir au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esprit divin et vivifiant, rempli de bont&#233; pour les hommes, tu as &#233;clair&#233; par les langues de feu ceux qui &#233;taient rassembl&#233;s par le lien d'un mutuel amour ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saints Ap&#244;tres ont &#233;t&#233; combl&#233;s de d&#233;lices &#224; ton arriv&#233;e ; en parlant diverses langues ils ont attir&#233; des disciples qu'aucun lien n'aurait r&#233;unis ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu t'es servi d'eux pour embellir, par le saint et spirituel bapt&#234;me, la terre enti&#232;re ; tu l'as couverte de v&#234;tements nouveaux d'une blancheur &#233;clatante ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui reposes sur le char des ch&#233;rubins, Esprit-Saint, tu es descendu aujourd'hui des cieux sur le ch&#339;ur apostolique : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui t'avances sur l'aile des vents, Esprit-Saint, tu t'es partag&#233; en langues de feu, et tu t'es repos&#233; sur les Ap&#244;tres : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui prends soin de toutes les cr&#233;atures dans ta providence, Esprit-Saint, tu es venu aujourd'hui pour affermir ton &#201;glise : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La Liturgie ambrosienne nous donne cette belle Pr&#233;face qui, dans sa concision, r&#233;unit tous les myst&#232;res de la Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;quum et salutare, nos in hac pr&#230;cipua festivitate gaudere, qua sacratissimum Pascha quinquaginta dierum mysteriis tegitur, et mysticus numerus adimpletur, et dispersio linguarum, qu&#230; dudum per superbiam in confusione facta fuerat, nunc per Spiritum Sanctum adunatur. Hodie enim de c&#339;lis repente sonum audientes Apostoli unius fidei symbolum exceperunt, et linguis variis Evangelii tui gloriam cunctis gentibus tradiderunt. Per Christum Dominum nostrum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est juste et salutaire que nous nous laissions aller &#224; la joie, en cette illustre solennit&#233; qui vient ajouter &#224; la P&#226;que sacr&#233;e le myst&#232;re des cinquante jours et compl&#233;ter ainsi le nombre mystique. C'est pareillement en ce jour que la division des langues, qui avait &#233;t&#233; op&#233;r&#233;e autrefois pour humilier l'orgueil, fait place maintenant &#224; leur r&#233;union par le Saint-Esprit. C'est aujourd'hui que les Ap&#244;tres, apr&#232;s avoir entendu soudain un bruit qui venait du ciel, ont re&#231;u le symbole de la foi unique, et parlant diverses langues, ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; toutes les nations la gloire de votre &#201;vangile. Par le Christ notre Seigneur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise gothique d'Espagne proc&#232;de avec son abondance et son enthousiasme accoutum&#233;s, dans cette magnifique Illation que nous fournit son Missel mozarabe.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ILLATIO.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dignum et justum est, omnipotens Deus, pro possibilitate carnali munerum tuorum beneficia confiteri, et indultum hodierno die donum salutis &#230;tern&#230; anniversaria semper commemoratione celebrare. Etenim pro adventu Spiritus tui Sancti tacere quis audeat ? cum omnis per Apostolos tuos etiam gentium barbararum lingua non taceat. Quis enim enarrare valet hujus hodierno die ignis illapsum, sic distributa discipulis genera universa linguarum ; ut nec Latinus Hebr&#230;o, nec Gr&#230;cus &#198;gyptio, nec Scytha Indo, propria dum quisque et peregrina audiens loquitur lingua, detrimentum vel alienigeni fecerit, vel sui senserit intellectus ? Quaque virtute sit actum, quod dicentis veritatis pr&#230;conibus per spatia immensa terrarum unius atque indivisibilis donum doctrin&#230; c&#339;lestis pro potestate voluntaria partiretur ? Nihil agens unitati fidei dissonum, quamvis multiplicis scientia ; distributione pulcherrimum, et multimoda mirificum exstiterit varietate sermonum. Ostendens quod confessioni dominic&#230; non impedit diversitas linguas, nec interest quod vario quis sermone fateatur, dummodo unus sit ille qui creditur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est juste et raisonnable &#244; Dieu tout-puissant, que nous c&#233;l&#233;brions, dans la faiblesse de notre nature, vos dons et vos bienfaits, et que chaque ann&#233;e nous honorions particuli&#232;rement la m&#233;moire de celui que vous avez daign&#233; nous faire aujourd'hui pour notre &#233;ternel salut. Qui oserait garder le silence sur l'arriv&#233;e de votre Esprit-Saint, en ce jour o&#249; pas une seule langue des nations barbares n'est oubli&#233;e par vos Ap&#244;tres ? Mais qui pourrait raconter dignement le myst&#232;re de ce feu qui descend aujourd'hui, et les idiomes de tous les peuples inspir&#233;s aux disciples, en sorte que le Latin et l'H&#233;breu, le Grec et l'&#201;gyptien, le Scythe et l'Indien, s'exprimant dans une langue qui leur &#233;tait inconnue, n'alt&#232;rent en rien l'idiome qui leur est &#233;tranger, et entendent parler sans alt&#233;ration celui qui leur est propre ? Qui pourrait d&#233;crire le divin pouvoir qui vient &#224; son gr&#233; r&#233;pandre sur ceux qui devront pr&#234;cher la v&#233;rit&#233; parlante par toute la terre, le don d une doctrine c&#233;leste, une et indivisible ? Ni la science ainsi distribu&#233;e dans la plus riche vari&#233;t&#233;, ni la diversit&#233; merveilleuse des langages, n'enl&#232;vent rien &#224; l'unit&#233; de la foi. Nous apprenons ici que la dissemblance des idiomes n'arr&#234;te en rien la louange du Seigneur, et que peu importe la langue dont on se sert, si le m&#234;me Dieu est l'objet d'une m&#234;me foi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Obsecramus igitur, Domine, ut h&#230;c nostra confessio de cordibus filiorum promissionis emissa, tibi Pater glori&#230;, semper accepta sit, et ad speranda ac promerenda ea qu&#230; tuis fidelibus promisisti, sensus nostros divini Spiritus infusione benedicas atque sanctifices. Effusa etenim ad nostram indulgentiam tu&#230; glorias largitate inter innumera dona atque opera Sancti Spiritus, nihil sublimius Ecclesi&#230; exordiis collatum fuisse cognoscimus, quam ut pr&#230;conium Evangelii tui ora linguis universarum gentium loquerentur. Et hoc non nisi Sancti Spiritus tui gratia revelante, qui nobis post Resurrectionis Filii tui gloriam, transactis septem hebdomadibus venit : ostendens quod etsi septiformis est, tamen in uno gradu omnium concordantium sibi virtutum summa consistit. Ac sicut septem unum in numeris est, sic septem inveniuntur in singulis. Hi sunt sine dubio septem gradus templi tui, per quos ad c&#339;lorum regna conscenditur. Hic est quinquagesimus remissionis annus olim in legis tropologiis pr&#230;dicatus. Hic est fructus messis nov&#230;, qui hodie mandatur offerri. Qui
licet ante omnia s&#230;cula semper &#230;ternus sit : tamen nobis quum innotuit, tunc novus effectus est.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous vous supplions donc, Seigneur, P&#232;re de la gloire, d'agr&#233;er notre confession qui s'&#233;l&#232;ve vers vous du c&#339;ur des enfants de la promesse. Daignez par l'infusion du divin Esprit, b&#233;nir et sanctifier nos &#226;mes, les rendant capables d'esp&#233;rer et de m&#233;riter la r&#233;compense que vous avez promise &#224; vos fid&#232;les. Dans l'effusion que votre munificence pleine de gloire a faite pour notre salut, entre les &#339;uvres et les dons de votre Esprit-Saint, nous ne voyons rien d&#233;plus sublime, &#224; l'origine de l'&#201;glise, que la pr&#233;dication de votre &#201;vangile accomplie par des bouches qui parlaient les langues de toutes les nations Un tel prodige ne pouvait &#234;tre produit que par la gr&#226;ce de l'Esprit-Saint, qui est venu &#224; nous sept semaines apr&#232;s la glorieuse R&#233;surrection de votre Fils, montrant ainsi que s'il est septiforme, toutes ses puissances se concentrent dans une harmonieuse unit&#233;, et que de m&#234;me que sept est &#224; part dans les nombres, ainsi sept se retrouve en chacun d'eux. De l&#224; les sept degr&#233;s de votre temple par lesquels nous entrons au royaume des deux. De l&#224; la cinquanti&#232;me ann&#233;e, celle de la r&#233;mission si c&#233;l&#232;bre dans les myst&#232;res de la loi. C'est le fruit de la moisson nouvelle qu'il nous est command&#233; d'offrir aujourd'hui. Il est avant tous les si&#232;cles, il est &#233;ternel ; mais pour nous il est devenu nouveau, quand il nous a apparu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nec illud sine mysterio esse significans, quod post Ascensionem Filii tui decima nobis die hoc munus infunditur, ostendens quod cultoribus vine&#230; hic esset a patrefamilias denarius repromissus. Magnum autem et pr&#230; omnibus necessarium fuit hoc tibi divini muneris signum, quod quum super capita discipulorum ignea conscendisset forma linguarum, de cordibus credentium nec dissonum aliquid faceret prodire nec tepidum ; sed pr&#230;dicatores Verbi tui et intelligentia essent unanimes, et charitate ferventes. O ignis exurendo f&#339;cundans ! Hunc igitur omnipotentem esse Dominum omnis intellectualis creatura vivificatione fatetur, cujus etiam Cherubin et Seraphin, ferventes copiosius igne, speciali ejus vocabulo sanctitatis divin&#230; magnificantes &#230;qualitatem atque omnipotentiam Trinitatis, requiem non habentes, nec tali unquam officio lassescentes, c&#339;lestium exercituum pr&#230;cinentibus choris, perenni jubilatione decantant, adorant atque magnificant, ita dicentes : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus'&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ce n'est pas non plus sans myst&#232;re qu'un tel don est r&#233;pandu sur nous le dixi&#232;me jour apr&#232;s l'Ascension de votre Fils ; nous y reconnaissons ce denier promis par le P&#232;re de famille aux ouvriers de la vigne. Il nous fallait ce signe imposant de votre divine bont&#233; qui s'est montr&#233;e lorsque la forme des langues apparaissant en feu sur es t&#234;tes des disciples, elle fit produire aux c&#339;urs des croyants ces nouveaux accents dans lesquels ne paraissait rien de dissonant ni de ti&#232;de. Pr&#233;dicateurs de votre Verbe, on les vit unanimes dans l'intelligence et embras&#233;s de charit&#233;. O feu qui br&#251;les et f&#233;condes en m&#234;me temps ! Toute cr&#233;ature &#233;clair&#233;e par le principe de vie confesse que ce feu est le Seigneur tout-puissant. C'est lui dont l'ardeur embrase les Ch&#233;rubins et les ardents S&#233;raphins d&#233;sign&#233;s par son nom, et qui glorifiant avec transport l'&#233;galit&#233; de la saintet&#233; divine et la toute-puissance de la Trinit&#233;, n'ont pas de repos, et sans jamais se lasser chantent, adorent et glorifient dans une jubilation &#233;ternelle, disant en commun avec les ch&#339;urs des arm&#233;es c&#233;lestes : Saint ! Saint ! Saint !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge des &#201;glises latines a c&#233;l&#233;br&#233; le myst&#232;re de la Pentec&#244;te dans de magnifiques S&#233;quences. Nous en ins&#233;rons quelques-unes dans le cours de l'Octave. Aujourd'hui nous reproduisons celle qui fut longtemps attribu&#233;e au pieux roi Robert. Cette pi&#232;ce int&#233;ressante, dont Notker est le v&#233;ritable auteur, a disparu des Missels romains-fran&#231;ais au XVIIe si&#232;cle, et on l'y a remplac&#233;e par la S&#233;quence romaine, Veni, Sancte Spiritus. Nous avons pens&#233; que l'on ne devait pas laisser p&#233;rir ce noble cantique dont parlent nos anciens chroniqueurs, et que tous les historiens modernes confondent &#224; l'envi avec la S&#233;quence du Missel romain, qui n'a dans sa composition et dans son rythme aucun rapport avec les S&#233;quences du XIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sancti Spiritus&lt;br class='manualbr' /&gt;Adsit nobis gratia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que la gr&#226;ce de l'Esprit-Saint daigne nous assister !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qu&#230; corda nostra &lt;br class='manualbr' /&gt;Sibi faciat &lt;br class='manualbr' /&gt;Habitaculum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'elle fasse de nos c&#339;urs son habitation,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Expulsis inde &lt;br class='manualbr' /&gt;Cunctis vitiis &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritualibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'elle en expulse les vices de notre esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Spiritus alme, &lt;br class='manualbr' /&gt;Illustrator hominum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O vous qui &#233;clairez les hommes, Esprit plein de bont&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Horridas &lt;br class='manualbr' /&gt;Nostr&#230; mentis&lt;br class='manualbr' /&gt;Purga tenebras.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Chassez les sombres t&#233;n&#232;bres qui attristent notre &#226;me.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amator sancte &lt;br class='manualbr' /&gt;Sensatorum&lt;br class='manualbr' /&gt;Semper cogitatuum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui &#234;tes l'ami des sages pens&#233;es, bon et saint,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Infunde unctionem tuam&lt;br class='manualbr' /&gt;Clemens nostris sensibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;R&#233;pandez votre onction dans nos &#226;mes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, purificator &lt;br class='manualbr' /&gt;Omnium flagitiorum, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Esprit, c'est vous qui nous purifiez de tous nos p&#233;ch&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purifica nostri oculum&lt;br class='manualbr' /&gt;Interioris hominis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez en nous l'&#339;il de l'homme int&#233;rieur,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut videri &lt;br class='manualbr' /&gt;Supremus Genitor &lt;br class='manualbr' /&gt;Possit a nobis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin que nous puissions un jour contempler le P&#232;re supr&#234;me,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Mundi cordis &lt;br class='manualbr' /&gt;Quem soli cernere &lt;br class='manualbr' /&gt;Possunt oculi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'il n'est donn&#233; de voir qu'&#224; ceux qui ont le c&#339;ur pur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Prophetas tu inspirasti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ut pr&#230;conia Christi &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;cinuissent inclyta.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est vous qui avez inspir&#233; les Proph&#232;tes, et leur avez fait c&#233;l&#233;brer d'avance les louanges du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Apostolos confortasti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ut troph&#230;um Christi &lt;br class='manualbr' /&gt;Per totum mundum veherent.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez fortifi&#233; les Ap&#244;tres pour &#233;lever le troph&#233;e du Christ par le monde entier.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quando machinam &lt;br class='manualbr' /&gt;Per Verbum suum&lt;br class='manualbr' /&gt;Fecit Deus &lt;br class='manualbr' /&gt;C&#339;li, terr&#230;, marium,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Lorsque Dieu, par son Verbe, cr&#233;a le ciel, la terre et la mer,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, super aquas &lt;br class='manualbr' /&gt;Foturus eas, &lt;br class='manualbr' /&gt;Numen Tuum expandisti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous f&#238;tes planer votre divinit&#233; sur les eaux pour les f&#233;conder, &#244; Esprit !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu animabus &lt;br class='manualbr' /&gt;Vivificandis&lt;br class='manualbr' /&gt;Aquas f&#339;cundas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Maintenant vous donnez &#224; ces eaux la vertu de vivifier les &#226;mes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu aspirando &lt;br class='manualbr' /&gt;Das spiritales&lt;br class='manualbr' /&gt;Esse homines.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Votre souffle rend les hommes spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu divisum &lt;br class='manualbr' /&gt;Per linguas mundum et ritus &lt;br class='manualbr' /&gt;Adunasti, Domine.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le monde divis&#233; en diverses langues et en divers cultes, vous l'avez r&#233;uni en un seul, &#244; Seigneur !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Idololatras &lt;br class='manualbr' /&gt;Ad cultum Dei revocas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Magistrorum optime.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Docteur rempli de bont&#233;, c'est vous qui avez rappel&#233; les idol&#226;tres au culte du vrai Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ergo nos &lt;br class='manualbr' /&gt;Supplicantes tibi&lt;br class='manualbr' /&gt;Exaudi propitius, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sancte Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez donc, Esprit-Saint, exaucer nos supplications.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine quo preces omnes &lt;br class='manualbr' /&gt;Cass&#230; creduntur &lt;br class='manualbr' /&gt;Et indign&#230; Dei auribus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans vous toutes nos pri&#232;res seraient vaines et indignes de monter jusqu'&#224; l'oreille de Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu qui &lt;br class='manualbr' /&gt;Omnium s&#230;culorum sanctos&lt;br class='manualbr' /&gt;Tui numinis docuisti instinctu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Amplectendo Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est vous qui, par vos divines caresses, avez instruit et dirig&#233; les saints dans tous les si&#232;cles, &#244; Esprit !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipse hodie &lt;br class='manualbr' /&gt;Apostolos Christi&lt;br class='manualbr' /&gt;Donans munere insolito&lt;br class='manualbr' /&gt;Et cunctis inaudito s&#230;culis,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;D&#233;corant aujourd'hui les Ap&#244;tres de dons nouveaux et inconnus aux &#226;ges pr&#233;c&#233;dents,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hunc diem gloriosum fecisti.&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez rendu ce jour glorieux &#224; jamais. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Saint-Pierre.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En ce jour, moyennant l'effusion de l'Esprit Saint, J&#233;sus, ressuscit&#233; des morts et assis &#224; la droite du P&#232;re, communique aux membres de son corps mystique sa vie divine. Ainsi l'&#201;glise qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, vagissait comme en un berceau entre les murs &#233;troits du C&#233;nacle, ayant atteint son enti&#232;re perfection, toute rayonnante de saintet&#233; et de v&#233;rit&#233;, fait sa premi&#232;re apparition au monde. Le Saint-Esprit qui p&#233;n&#232;tre aujourd'hui ses membres vierges lui communique la vie de J&#233;sus, l'associant &#224; son id&#233;al et &#224; son &#339;uvre r&#233;demptrice ; aussi saint Paul a-t-il pu dire que les labeurs apostoliques des ouvriers de l'&#201;vangile font partie de l'&#339;uvre de la R&#233;demption ; bien plus, le Sauveur sur le chemin de Damas a d&#233;clar&#233; au m&#234;me Ap&#244;tre qu'il &#233;tait pers&#233;cut&#233; lui-m&#234;me et souffrait dans les membres de son &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protagoniste de la premi&#232;re Pentec&#244;te chr&#233;tienne est Pierre, autour de qui se serre le petit troupeau de Sion : il commence aujourd'hui l'exercice de la primaut&#233; pontificale en annon&#231;ant le premier la nouvelle &#233;vang&#233;lique aux repr&#233;sentants des diverses nations sans distinction de patrie ni d'origine, sans diff&#233;rence de fronti&#232;res, de royaumes ou de cit&#233;s ; au nom de l'&#201;glise enti&#232;re, c'est &#233;galement Pierre qui proteste contre la vulgaire calomnie d'&#233;bri&#233;t&#233; lanc&#233;e contre les ap&#244;tres ; c'est lui enfin qui, dans cette premi&#232;re pr&#233;dication, convertit et baptise les trois mille premiers n&#233;ophytes qui augmentent la famille du Nazar&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la station de ce jour, &#224; la diff&#233;rence de celle de P&#226;ques, est dans la basilique vaticane, o&#249;, autrefois, le Pape c&#233;l&#233;brait les premi&#232;res v&#234;pres, les vigiles nocturnes et la messe. Selon le rit romain des plus grandes solennit&#233;s de l'ann&#233;e, cette nuit l'office vigilial &#233;tait double : d'abord on en c&#233;l&#233;brait un dans l'hypog&#233;e o&#249; l'on v&#233;n&#233;rait la ch&#226;sse s&#233;pulcrale de l'Ap&#244;tre, puis un second &#224; l'autel majeur. En ce dernier office qui &#233;tait le plus solennel, les chanoines chantaient la premi&#232;re le&#231;on, les cardinaux la seconde et le Pape lui-m&#234;me la troisi&#232;me. Apr&#232;s la messe, le Pontife &#233;tait couronn&#233; du regnum et retournait processionnellement au Latran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t, emprunt&#233; &#224; la Sagesse (I, 7), demande &#224; &#234;tre go&#251;t&#233; &#224; travers la m&#233;lodie &#224; la fois majestueuse et joyeuse dont l'orna l'antique g&#233;nie musical gr&#233;gorien. On sait que tous les textes actuels du Missel et du Br&#233;viaire sont rev&#234;tus de riches m&#233;lodies. De m&#234;me que celui qui veut go&#251;ter une &#339;uvre th&#233;&#226;trale ne se borne pas &#224;-lire le livret du po&#232;te, mais doit entendre la musique et voir la mise en sc&#232;ne de l'&#339;uvre, ainsi, pour bien saisir la beaut&#233;, le g&#233;nie de la sainte liturgie, sa puissance d'action sur le peuple chr&#233;tien, faut-il la voir int&#233;gralement reproduite dans toute la splendeur que lui donnent l'&#233;difice, les ministres sacr&#233;s, leurs v&#234;tements, les chants, les harmonies et les rites, et ne pas se contenter d'en juger d'apr&#232;s quelque r&#233;duction amoindrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit de Dieu a rempli la terre, et ce cosmos qui contient tout dit des paroles de sagesse. &#187; Cela fut dit d'abord de la sagesse et de la bont&#233; dont Dieu a laiss&#233; de profondes traces dans la cr&#233;ation, mais convient beaucoup plus encore &#224; l'ordre surnaturel auquel Dieu nous a &#233;lev&#233;s. Le Seigneur a r&#233;pandu son Paraclet sur tous les chr&#233;tiens ; la pr&#233;dication &#233;vang&#233;lique, moyennant laquelle le Saint-Esprit initie les croyants aux intimes secrets de la Divinit&#233;, a retenti dans tous les royaumes, jusqu'aux derniers confins du monde ; et aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; son cat&#233;chisme, une pauvre vieille femme de village en sait plus sur Dieu et sur sa propre fin derni&#232;re que tous les anciens sages d'Ath&#232;nes et de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le beau psaume 67 suit l'antienne : &#171; Que Dieu se l&#232;ve et que ses adversaires soient mis en d&#233;route ; que ceux qui l'ont ha&#239; fuient devant lui. &#187; Cet hymne de guerre convient fort bien &#224; la manifestation sur terre du Paraclet. Il est venu venger l'innocence de J&#233;sus, et il le fait en comblant l'&#201;glise d'une telle transcendance de saintet&#233;, qu'elle forme comme un feu pr&#233;ludant au jugement final des ennemis de Dieu. Celui qui ne croit pas et n'aime pas a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233; par le Paraclet. Il s'est mis de lui-m&#234;me hors de la voie du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est la suivante : &#171; O Dieu qui, en ce jour, avez enseign&#233; les c&#339;urs de vos disciples par les lumi&#232;res du Paraclet, accordez-nous, gr&#226;ce &#224; son assistance, de penser avec rectitude, et ainsi d'avoir part &#233;galement &#224; ses consolations. &#187; L'&#201;glise demande ici deux gr&#226;ces : la premi&#232;re est le sens des choses de Dieu, ce qui d&#233;note une certaine sant&#233; spirituelle et est la cons&#233;quence de la vie int&#233;rieure que le Paraclet alimente dans notre &#226;me. La seconde est de recevoir le r&#233;confort de l'Esprit Saint qui s'appelle pr&#233;cis&#233;ment Paraclet parce que J&#233;sus nous l'a donn&#233; pour nous encourager &#224; soutenir les luttes de la vie chr&#233;tienne, par ses consolations spirituelles, et nous d&#233;tourner de chercher celles de la nature corrompue, lesquelles nous seraient nuisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres (II, 1-11) il est question du miracle de la descente du Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres. Il faut en remarquer les circonstances. Les Onze s'y &#233;taient pr&#233;par&#233;s par leur retraite de dix jours dans la compagnie et sous les auspices de la Tr&#232;s Sainte Vierge. Ils vivaient en commun, dans la paix et l'harmonie, sous l'ob&#233;issance de Pierre. Ils vaquaient &#224; la pri&#232;re durant l'heure de Tierce. L'Esprit Saint descendit sur eux sous la forme de langues de feu. Que doit nous enseigner tout cet ensemble de circonstances, sinon l'esprit de recueillement, une tendre d&#233;votion &#224; la sainte Vierge, une soumission absolue au Vicaire du Christ, un grand amour pour la concorde et pour la charit&#233; fraternelle, m&#234;me au prix de notre trop susceptible personnalit&#233;, et enfin une ardeur infatigable pour la pri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les meilleures conditions pour obtenir le don de l'amour de Dieu. C'est aussi ce qui nous est demand&#233;, afin que l'Esprit Saint nous transforme en ap&#244;tres, ce dont b&#233;n&#233;ficiera notre prochain &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est tir&#233; du psaume 103, pr&#233;cis&#233;ment comme l'&lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article945'&gt;offertoire de cette nuit&lt;/a&gt;. Le Saint-Esprit change l'aspect de la terre, puisque, de fils d'Adam p&#233;cheur il nous &#233;l&#232;ve &#224; la hauteur vertigineuse de fils de Dieu. Le r&#232;gne du p&#233;ch&#233; et le r&#233;gime de la douloureuse servitude &#233;tant d&#233;truits, l'&#232;re messianique commence dans le monde. La nature elle-m&#234;me semble se h&#226;ter de devancer par ses v&#339;ux ce jour o&#249; elle sera veng&#233;e de la honte o&#249; maintenant elle est retenue captive par le p&#233;cheur, alors que celui-ci se sert d'elle pour des fins d&#233;r&#233;gl&#233;es, et, malgr&#233; elle, la d&#233;flore et la prostitue &#224; ses propres passions. C'est saint Paul qui, dans une pens&#233;e pleine d'&#233;nergie, nous repr&#233;sente cette cr&#233;ation regardant au loin, dans l'attente de son lib&#233;rateur : Exspectatio enim creaturae revelationem filiorum Dei exspectat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aussi la cr&#233;ature attend-elle d'une vive attente la manifestation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin viendra le jour de la revanche, quand la nature tout enti&#232;re se l&#232;vera en armes avec son Cr&#233;ateur pour tirer vengeance de son injuste oppresseur : Et armabit creaturam ad ultionem inimicorum, et pugnabit pro illo or bis terrarum contra insensatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il armera les cr&#233;atures pour se venger de ses ennemis, et tout l'univers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois cette r&#233;habilitation de la cr&#233;ature commence d&#233;j&#224;, puisque, comme l'&#201;glise le dit au Martyrologe le jour de No&#235;l, J&#233;sus mundum volens adventu suo piissimo consecrare&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Voulant consacrer le monde par sa tr&#232;s sainte venue. &#187;&#034; id=&#034;nh6-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a d&#233;cid&#233; que la terre serait le th&#233;&#226;tre des myst&#232;res de sa vie, de sa passion et de sa mort. En outre, par les sacrements et les sacramentaux, il a &#233;lev&#233; la mati&#232;re &#224; la dignit&#233; de v&#233;hicule par quoi est transmise aux fid&#232;les la gr&#226;ce cm Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette nature qui, au commencement, par ses attraits, s&#233;duisit et &#233;gara l'homme, et fut envelopp&#233;e dans sa mal&#233;diction, est b&#233;nie par le Paraclet dans le Nouveau Testament, et concourt ainsi &#224; la sanctification de ceux qui s'en servent loyalement avec foi et avec une &#226;me reconnaissante envers Dieu qui nous l'a conc&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pr&#233;c&#233;dant l'&#201;vangile est, par le texte et par la m&#233;lodie, parmi les plus inspir&#233;s de tout l'Antiphonaire Gr&#233;gorien. La liturgie le r&#233;p&#232;te &#224; l'occasion de la cons&#233;cration des nouveaux autels, lorsque, sur la table encore humide de saint Chr&#234;me, on fait br&#251;ler cinq petits cierges pos&#233;s, en forme de croix, chacun sur un grain d'encens. Tout l'autel appara&#238;t alors envelopp&#233; de flammes rappelant le feu c&#233;leste qui dans l'Ancien Testament consumait parfois les victimes. &#171; All&#233;luia. Venez, &#244; divin Esprit, remplissez les c&#339;urs de vos fid&#232;les, et tous les chr&#233;tiens le sont, parce que le bapt&#234;me dans la Trinit&#233; les consacre d&#233;finitivement &#224; la gloire et &#224; la saintet&#233; du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit. Allumez en eux la flamme du divin amour, ou mieux, soyez vous-m&#234;me cette flamme inextinguible qui d&#233;truise dans notre c&#339;ur toutes les scories, toute la paille, tout ce qui n'est pas m&#233;tal &#233;lu et ne sert pas, comme dit saint Paul, &#224; la construction de l'&#233;difice spirituel du temple divin qui doit s'&#233;lever en nous. &#187; Il est prescrit par la rubrique que cette invocation &#224; l'Esprit Saint, pleine de tendresse, soit chant&#233;e &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence qui figure aujourd'hui au Missel est attribu&#233;e par quelques-uns &#224; Innocent III ; en tout cas, elle en remplace une autre qui &#233;tait fort belle : Sancti Spiritus adsit nobis gratia, mentionn&#233;e dans les Ordines Romani du XVe si&#232;cle et dont l'auteur est le fameux moine Notker. On raconte que, lorsqu'on 1215, Innocent III entendit cette composition m&#233;lodique pleine d'une si grande d&#233;votion, il s'&#233;tonna que son auteur n'ait pas encore &#233;t&#233; canonis&#233;. Voici ce texte c&#233;l&#232;bre qui, &#224; une &#233;poque trouva place, lui aussi, dans le Missel de Rome. Il faut remarquer que c'est une prose musicale et rythmique, &#224; l'imitation des compositions du m&#234;me genre d'origine byzantine. Le texte seul ne dit pas grand'chose, il faut tenir compte de son rev&#234;tement m&#233;lodique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger donne aussi ce texte dans son commentaire plus haut : mais il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sancti Spiritus&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De l'Esprit Saint&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Adsit nobis gratia,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que nous assiste la gr&#226;ce&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qu&#230; corda nostra sibi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour que nos c&#339;urs&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Faciat habitaculum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Deviennent son habitation,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Expulsis inde cunctis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;tant d'elle tous expuls&#233;s&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vitiis spiritualibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les vices spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Spiritus alme, illustrator hominum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Esprit Saint, lumi&#232;re des hommes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Horridas nostr&#230; mentis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Chassez de notre &#226;me&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purga tenebras.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les horribles t&#233;n&#232;bres.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amator sancte sensatorum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui aimez toujours&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Semper cogitatuum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les pens&#233;es judicieuses,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Infunde unctionem tuam&lt;/td&gt;&lt;td&gt;R&#233;pandez votre onction&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Clemens nostris sensibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Avec cl&#233;mence dans nos sens.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, purificator omnium&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous Esprit purificateur&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Flagitiorum, Spiritus,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De toutes les hontes,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purifica nostri oculum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez l'&#339;il&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Interioris hominis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De notre homme int&#233;rieur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut videri supremus&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin que puisse &#234;tre vu &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Genitor possit a nobis,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par nous, le P&#232;re&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Mundi cordis quem soli&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que seuls peuvent voir&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cernere possunt oculi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les yeux des c&#339;urs purs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Prophetas tu inspirasti, ut pr&#230;conia&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez inspir&#233; les Proph&#232;tes afin qu'ils c&#233;l&#233;brassent &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christi pr&#230;cinuissent inclita.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les louanges illustres du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Apostolos confortasti, ut troph&#230;um&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez r&#233;confort&#233; les Ap&#244;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christi per totum mundum veherent.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin qu'ils portent &#224; travers tout le monde le troph&#233;e du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quando machinam per Verbum suum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Quand Dieu fit par son Verbe&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fecit Deus c&#339;li, terr&#230;, maris,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le ciel, la terre, la mer,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, super aquas foturus eas, numen&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous, planant sur les eaux,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tuum expandisti, Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez &#233;tendu votre puissance &#244; Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu animabus vivificandis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour vivifier les &#234;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Aquas f&#339;cundas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous f&#233;condez les eaux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu adspirando da spiritales&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par votre souffle vous donnez&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Esse homines,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Aux hommes d'&#234;tre spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu divisum per linguas mundum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le monde divis&#233; par les langues&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et ritus adunasti, Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et par les m&#339;urs, vous l'avez r&#233;uni, &#244; Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Idololatras ad cultum Dei revocas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous appelez au culte de Dieu les idol&#226;tres.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Magistrorum optime,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O le meilleur des ma&#238;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ergo nos supplicantes tibi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous vous supplions donc,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Exaudi propitius, sancte Spiritus, &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Exaucez-nous favorablement, Esprit Saint,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine quo preces omnes cass&#230;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans qui toutes les pri&#232;res sont vaines,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Creduntur et indign&#230; Dei auribus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et indignes des oreilles de Dieu, nous le croyons.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu qui omnium s&#230;culorum sanctos&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui, dans tous les si&#232;cles, avez enseign&#233; les saints&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tui numinis docuisti instinctu,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par une impulsion de votre volont&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amplectendo spiritus,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les entourant de l'Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipse hodie Apostolos Christi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Aujourd'hui, aux Ap&#244;tres du Christ&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Donans munere insolito&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnant un pr&#233;sent inaccoutum&#233;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et cunctis inaudito s&#230;culis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et inou&#239; &#224; travers les si&#232;cles,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hunc diem gloriosum fecisti.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez fait ce jour glorieux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Voici le texte de la pieuse s&#233;quence qui a &#233;t&#233; accueillie dans le Missel Romain r&#233;form&#233; par saint Pie V :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Veni, Sancte Sp&#237;ritus,&lt;br class='manualbr' /&gt;et em&#237;tte c&#509;litus&lt;br class='manualbr' /&gt;lucis tu&#230; r&#225;dium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Venez &#244; Saint-Esprit,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et envoyez du ciel&lt;br class='manualbr' /&gt;Un rayon de votre lumi&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Veni, pater p&#225;uperum ;&lt;br class='manualbr' /&gt;veni, dator m&#250;nerum ;&lt;br class='manualbr' /&gt;veni, lumen c&#243;rdium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Venez, P&#232;re des pauvres,&lt;br class='manualbr' /&gt;Venez, distributeur des dons,&lt;br class='manualbr' /&gt;Venez, lumi&#232;re des c&#339;urs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Consol&#225;tor &#243;ptime,&lt;br class='manualbr' /&gt;dulcis hospes &#225;nim&#230;,&lt;br class='manualbr' /&gt;dulce refrig&#233;rium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tr&#232;s bon Consolateur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Doux h&#244;te de l'&#226;me,&lt;br class='manualbr' /&gt;Doux rafra&#238;chissement.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;In lab&#243;re r&#233;quies,&lt;br class='manualbr' /&gt;in &#230;stu temp&#233;ries,&lt;br class='manualbr' /&gt;in fletu sol&#225;cium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes le repos dans le labeur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Abri dans les ardeurs br&#251;lantes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Consolation dans les pleurs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O lux beat&#237;ssima,&lt;br class='manualbr' /&gt;reple cordis &#237;ntima&lt;br class='manualbr' /&gt;tu&#243;rum fid&#233;lium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O lumi&#232;re bienheureuse,&lt;br class='manualbr' /&gt;Remplissez jusqu'au plus intime les c&#339;urs&lt;br class='manualbr' /&gt;De vos fid&#232;les.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine tuo n&#250;mine&lt;br class='manualbr' /&gt;nihil est in h&#243;mine,&lt;br class='manualbr' /&gt;nihil est inn&#243;xium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans votre volont&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il n'est rien dans l'homme, &lt;br class='manualbr' /&gt;Rien d'innocent.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lava quod est s&#243;rdidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;riga quod est &#225;ridum,&lt;br class='manualbr' /&gt;sana quod est s&#225;ucium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez ce qui est souill&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Arrosez ce qui est aride,&lt;br class='manualbr' /&gt;Gu&#233;rissez ce qui est bless&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Flecte quod est r&#237;gidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;fove quod est fr&#237;gidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;rege quod est d&#233;vium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ployez ce qui est rigide,&lt;br class='manualbr' /&gt;R&#233;chauffez ce qui est froid,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ramenez ce qui est &#233;gar&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Da tuis fid&#233;libus,&lt;br class='manualbr' /&gt;in te confid&#233;ntibus,&lt;br class='manualbr' /&gt;sacrum septen&#225;rium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnez &#224; vos fid&#232;les,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui se confient en vous,&lt;br class='manualbr' /&gt;Vos sept dons sacr&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Da virt&#250;tis m&#233;ritum,&lt;br class='manualbr' /&gt;da sal&#250;tis &#233;xitum,&lt;br class='manualbr' /&gt;da per&#233;nne g&#225;udium.&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen. Allel&#250;ia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnez le m&#233;rite de la vertu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Donnez l'issue du salut,&lt;br class='manualbr' /&gt;Donnez la joie &#233;ternelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi soit-il. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;p&#232;te cette s&#233;quence pendant toute l'octave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique est emprunt&#233;e &#224; saint Jean (XIV, 23-31). Si quelqu'un aime vraiment J&#233;sus, si bien qu'en lui ce feu sacr&#233; de la charit&#233; ait d&#233;vor&#233; tout autre &#233;l&#233;ment terrestre d&#233;sordonn&#233;, alors le r&#232;gne de Dieu arrive dans son c&#339;ur &#224; son plein et stable d&#233;veloppement. C'est la divine Trinit&#233; qui vient &#233;tablir en lui sa mystique demeure, gr&#226;ce &#224; une union tr&#232;s forte et tr&#232;s intime de l'&#226;me avec Dieu. Le n&#339;ud de cette union entre l'&#226;me, fianc&#233;e &#224; J&#233;sus, et son virginal &#201;poux, c'est l'Esprit Saint, qui, avec une surabondance de ses charismes, dispose l'heureuse cr&#233;ature au jour fortun&#233; de ses noces d&#233;finitives avec Dieu. Un tel &#233;tat, observent les mystiques, est tr&#232;s &#233;lev&#233;, et rares sont les &#226;mes qui y arrivent, faute de g&#233;n&#233;rosit&#233; pour se donner tout enti&#232;res &#224; Dieu et se laisser emporter par son Esprit dans des r&#233;gions plus hautes que la pauvre nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus continue dans le saint &#201;vangile &#224; d&#233;crire la mission ordinaire du Paraclet au milieu des fid&#232;les. Il doit compl&#233;ter la formation des Ap&#244;tres et, moyennant l'ind&#233;fectible assistance qu'il pr&#234;te &#224; l'&#201;glise enseignante, il doit ainsi conf&#233;rer un caract&#232;re d'&#233;ternit&#233; &#224; cette joyeuse annonce de l'&#201;vangile du Royaume, ordonn&#233; au salut des &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ap&#244;tres s'attristent du d&#233;part imminent de J&#233;sus. Ils consid&#232;rent ce fait selon le jugement de la raison humaine, sans s'&#233;lever jusqu'aux r&#233;gions sup&#233;rieures de la foi, o&#249; l'on entrevoit la sainte humanit&#233; de J&#233;sus glorifi&#233;e par le P&#232;re. Cette glorification du Chef commence aussi celle des membres, en sorte que les Ap&#244;tres, au lieu de se lamenter, devraient se r&#233;jouir du d&#233;part du divin Ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'insister sur les circonstances qui accompagnent ce d&#233;part, c'est-&#224;-dire la haine de Satan, qui incite ses adeptes &#224; mettre J&#233;sus &#224; mort. Une feuille ne tombe pas sans que Dieu le veuille. J&#233;sus ne succombe pas &#224; la col&#232;re du d&#233;mon, qui effectivement n'a sur lui aucun droit ni aucun pouvoir. Si J&#233;sus mourut, ce ne fut pas par la volont&#233; des juifs et du diable leur p&#232;re, mais plut&#244;t parce que, librement, il daigna prendre sur lui les p&#233;ch&#233;s du genre humain, s'offrant &#224; Dieu sur l'autel de la Croix, Victime agr&#233;able et volontaire, hostie d'adoration glorifiant la saintet&#233; du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire est tir&#233;e du psaume 67. La sc&#232;ne survenue dans le C&#233;nacle de J&#233;rusalem &#8212; le premier temple chr&#233;tien &#8212; n'a pas un caract&#232;re transitoire ; elle inaugure une &#233;conomie stable d'amour et de salut, puisque, au moyen des Ap&#244;tres, Dieu donne encore aux fid&#232;les cette brillante &#963;&#966;&#961;&#945;&#947;&#943;&#962;, c'est-&#224;-dire ce sceau spirituel et pr&#233;cieux qui est le gage ind&#233;fectible de notre adoption comme fils de Dieu. Le peuple chr&#233;tien devient donc une famille de rois. Il offre au Seigneur les dons m&#234;mes qui lui conviennent &#8212; nous sommes au moment de l'offertoire. Ces dons sont justement symbolis&#233;s par les oblations qu'on pr&#233;sente &#224; l'autel, gr&#226;ce auxquelles le sacrifice du peuple est uni &#224; celui du Christ, tout comme dans le calice sacr&#233; l'eau est m&#233;lang&#233;e avec le suc de la vigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte sur les oblations est identique &#224; celle de cette nuit. On y demande deux choses au Seigneur : que le feu du Paraclet consume le sacrifice de notre c&#339;ur qui, gr&#226;ce au don de la pi&#233;t&#233;, se consacre tout &#224; Dieu et commence &#224; vibrer, holocauste perp&#233;tuel, uniquement pour lui ; et aussi que ce m&#234;me Paraclet descende sur l'offrande que nous venons de d&#233;poser sur le saint autel, afin que les sentiments d'intense d&#233;votion qu'il nous inspire fassent de l'Eucharistie un sacrement utile et efficace pour notre sanctification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute l'octave de la Pentec&#244;te on ins&#232;re dans le Canon cons&#233;cratoire les comm&#233;moraisons du Saint-Esprit que nous avons d&#233;j&#224; reproduites en parlant de la &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article945'&gt;messe de la vigile&lt;/a&gt;. Cette fois, de telles &#233;vocations de la primitive Pentec&#244;te chr&#233;tienne dans le C&#233;nacle sur la colline de Sion sont d'autant plus &#233;mouvantes qu'on pense &#224; la fonction sp&#233;ciale accomplie par le Saint-Esprit sur le Calvaire. Dans les ardeurs de son ineffable saintet&#233;, il consuma alors la divine Victime qui, per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit immaculatum Deo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par l'Esprit-Saint s'est offert Lui-m&#234;me sans tache &#224; Dieu &#187; &#187; Heb. 9, 14.&#034; id=&#034;nh6-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi les P&#232;res, invoquant le Paraclet dans les antiques &#233;picl&#232;ses eucharistiques, l'invitaient-ils &#224; descendre sur l'autel et &#224; couvrir de son ombre les oblations sacr&#233;es, &#224; titre de testis passionum Christi tui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; T&#233;moin des souffrances de votre Christ. &#187; Cf. I Petr. 5, 1.&#034; id=&#034;nh6-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est toujours la fonction du Saint-Esprit : Ille testimonium perhibebit de me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il rendra t&#233;moignage de moi. &#187; Jn. 15, 26.&#034; id=&#034;nh6-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lui qui connaissait bien l'ineffable martyre du Crucifi&#233;, puisqu'il l'avait sanctifi&#233; de ses ardeurs, doit maintenant en rendre t&#233;moignage au monde. Et de quelle mani&#232;re ? En assurant dans les &#226;mes les effets de la r&#233;demption au moyen de l'effusion des dons charismatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion est tir&#233;e de la lecture des Actes des Ap&#244;tres. On entendit une rumeur, comme le bruit d'un ouragan imp&#233;tueux. Les disciples furent remplis du Saint-Esprit et commenc&#232;rent &#224; publier les grandeurs de Dieu. Le vent imp&#233;tueux est l&#224; pour indiquer la force et en m&#234;me temps la suavit&#233; de la motion de l'Esprit Saint. La force, car qui peut r&#233;sister &#224; Dieu ? La suavit&#233;, parce que cette motion n'entra&#238;ne avec soi aucune violation de la libert&#233; de l'arbitre humain, mais c'est Dieu m&#234;me qui le forme et le dirige selon son bon plaisir. Il ne nous meut pas contre notre vouloir &#8212; ce serait nous faire violence &#8212; mais il nous donne de vouloir le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte eucharistique est celle de la messe de la vigile. L'Esprit Saint est compar&#233; &#224; une ros&#233;e d&#233;licieuse qui, tout en effa&#231;ant les taches de notre c&#339;ur, le rend f&#233;cond pour faire le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette ros&#233;e, notre pauvre c&#339;ur est comme un terrain br&#251;l&#233; par le soleil. Le feu impur de la concupiscence le dess&#232;che et en fait une masse pierreuse o&#249; ne peut germer aucune herbe. L'Esprit Saint survient et &#233;teint ces profanes ardeurs ; la terre dess&#233;ch&#233;e du c&#339;ur re&#231;oit alors la bienfaisante ros&#233;e c&#233;leste et le Saint-Esprit y d&#233;pose les germes des vertus les meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tertullien a d&#233;fini le Chr&#233;tien : un compos&#233; de corps, d'&#226;me et d'Esprit Saint. Cette phrase semble paradoxale, mais elle doit &#234;tre expliqu&#233;e dans le sens o&#249; l'entendait son auteur. C'est l'Esprit Saint qui, par sa gr&#226;ce, &#233;l&#232;ve int&#233;rieurement l'&#226;me &#224; l'&#234;tre surnaturel de fille adoptive de Dieu. La motion du Paraclet est donc ce qui d&#233;termine tous nos actes m&#233;ritoires ; en sorte que, quand nous invoquons J&#233;sus, quand nous g&#233;missons &#224; ses pieds, quand nous souffrons, quand nous agissons pour Dieu, c'est toujours le Saint-Esprit qui prie, g&#233;mit, op&#232;re en nous. En outre c'est lui qui testimonium reddit spiritui nostro quod sumus filii Dei&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'Esprit Lui-m&#234;me rend t&#233;moignage &#224; notre esprit que nous sommes enfants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; bien plus, c'est pr&#233;cis&#233;ment le Spiritum Filii sui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'Esprit de son Fils. &#187; Gal. 4, 6.&#034; id=&#034;nh6-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Dieu a r&#233;pandu en nous pour nous donner part, avec J&#233;sus, au caract&#232;re de fils de pr&#233;dilection. Ce m&#234;me Esprit qui, durant notre vie, habite en nous et nous imprime l'impulsion vers le ciel, ne termine pas son &#339;uvre &#224; notre mort. Au dernier jour, il exige la r&#233;&#233;dification du temple mystique qu'il s'est form&#233; dans l'&#226;me croyante, et cela propter inhabitantem Spiritum eius in nobis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par son Esprit qui habite en nous. &#187; Cf. Rom. 8, 11.&#034; id=&#034;nh6-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA GRANDE F&#202;TE DE LA PENTEC&#212;TE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pentec&#244;te (d'un mot grec qui veut dire le cinquanti&#232;me jour) est l'octave double et jubilaire de la f&#234;te de P&#226;ques (7 X 7 + 1). C'est en m&#234;me temps le second point culminant du cycle festival de P&#226;ques. La Pentec&#244;te n'est donc pas une f&#234;te ind&#233;pendante ; c'est l'ach&#232;vement et la conclusion de la f&#234;te de P&#226;ques. Nous pourrions peut-&#234;tre dire que la Pentec&#244;te est pour P&#226;ques ce que l'&#201;piphanie est pour No&#235;l. Il faut cependant tenir compte de la diff&#233;rence essentielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Tome Ier : &#171; Les deux cycles festivaux de l'ann&#233;e liturgique sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulions &#233;tablir un parall&#232;le, nous pourrions dire : A P&#226;ques, le Christ, le divin Soleil, s'est lev&#233; ; &#224; la Pentec&#244;te, il est &#224; son z&#233;nith, il chauffe, m&#251;rit et apporte la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien une autre comparaison. A P&#226;ques, le jardin de l'&#201;glise est dans sa plus riche floraison avec les nouveaux baptis&#233;s et les chr&#233;tiens renouvel&#233;s. A la Pentec&#244;te, les fleurs sont devenues des fruits qui chargent les branches des arbres. Le jardinier est le Sauveur J&#233;sus-Christ qui fait pousser les jeunes plantes ; le soleil qui a fait m&#251;rir les fruits, c'est le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une troisi&#232;me comparaison. A P&#226;ques, nous sommes n&#233;s de nouveau, comme enfants de Dieu. Comme des enfants nouveau-n&#233;s, nous ne demandions que le lait maternel de l'Eucharistie, nous grandissions dans la maison natale de l'&#201;glise, heureux et insouciants comme des enfants. Mais nous avons grandi. L'&#201;glise notre M&#232;re, n'a pas tard&#233; &#224; nous avertir que cet heureux temps passe, que nous sommes ici-bas des p&#232;lerins et des &#233;trangers, qu'il nous faudra souffrir et endurer des peines (elle nous a donn&#233; cet avertissement, &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article272' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le troisi&#232;me dimanche apr&#232;s P&#226;ques&lt;/a&gt;). A la Pentec&#244;te, nous sommes d&#233;clar&#233;s majeurs. C'est ce que signifie aussi le sacrement de la maturit&#233;, la Confirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien Testament avait d&#233;j&#224; sa f&#234;te de la Pentec&#244;te qu'on appelait aussi la f&#234;te des semaines. C'&#233;tait une f&#234;te d'action de gr&#226;ces pour la moisson, c'&#233;tait le m&#233;morial de la promulgation de la loi sur le mont Sina&#239;, dans le d&#233;sert. C'&#233;tait une figure de la f&#234;te chr&#233;tienne de la Pentec&#244;te. C'est maintenant aussi que commence la moisson, la moisson des &#226;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la Pentec&#244;te, commencent aussi le travail et l'action du Saint-Esprit. Le Sauveur a promis, avant de nous quitter, qu'il ne nous laisserait pas orphelins, mais qu'il nous enverrait un autre Paraclet ou consolateur qui nous enseignerait tout et nous rappellerait tout. C'est pourquoi la Pentec&#244;te est la f&#234;te du Saint-Esprit. Il importe de nous rappeler, de nouveau, son action dans l'&#201;glise et dans les &#226;mes. Pensons donc davantage au Saint-Esprit que nous rencontrons partout. Il demeure dans notre &#226;me et, depuis le bapt&#234;me, il fait de notre corps et de notre &#226;me son temple, la maison de Dieu ; &#171; Ne savez-vous pas que vos corps sont les temples du Saint-Esprit qui demeure en vous ? Portez donc et honorez Dieu dans votre corps &#187;. Quelle vie sainte nous m&#232;nerions si nous avions toujours conscience que le Saint-Esprit demeure en nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;glise, son action embrasse tout. Il nous sanctifie par les sacrements, surtout par la sainte Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ est au ciel. Il y participe au gouvernement du monde, il y est notre m&#233;diateur aupr&#232;s du P&#232;re. Mais son &#201;glise sur la terre est dirig&#233;e et conduite par le Saint Esprit. Dans l'Eucharistie, le Christ est assur&#233;ment pr&#233;sent, mais il ne veut pas y continuer son action telle qu'il l'exer&#231;a en Jud&#233;e. Dans l'Eucharistie, il veut seulement &#234;tre notre victime et notre nourriture. Bien plus, l'Eucharistie est un instrument dont se sert l'Esprit-Saint pour nous sanctifier et nous glorifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Saint-Esprit est l'&#226;me de l'&#201;glise. Nous avons souvent entendu dire que l'&#201;glise est le corps mystique du Christ ; mais ce corps est vivant et la vie suppose une &#226;me. Cette &#226;me, c'est le Saint-Esprit. Si nous pouvions bien saisir cette v&#233;rit&#233; ! Quelle est l'importance de l'&#226;me dans le corps ? Elle est le principe vital. D&#232;s que l'&#226;me se s&#233;pare du corps, le corps est mort, incapable de sensation, de pens&#233;e, de vouloir ; bref, le corps sans &#226;me se dissout. Or le Saint-Esprit est l'&#226;me du grand corps de l'&#201;glise. Il est le principe de vie pour l'&#201;glise et pour l'&#226;me ; c'est lui qui nous donne et nous conserve la vie divine. Ce n'est que par lui que nous pouvons prier, ce n'est que par lui que nous pouvons faire quelque chose de bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois lieux dans l'&#201;glise o&#249; le Saint-Esprit agit particuli&#232;rement : le confessionnal, la chaire et l'autel. Au-dessus de ces trois lieux, le Saint-Esprit plane invisiblement. C'est par le Saint-Esprit qu'est conf&#233;r&#233; aux pr&#234;tres le pouvoir de remettre les p&#233;ch&#233;s : &#171; Recevez le Saint-Esprit, les p&#233;ch&#233;s seront remis &#224; ceux &#224; qui vous les remettrez &#187;, dit le Sauveur au soir de sa R&#233;surrection. La r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s par le pr&#234;tre est une &#339;uvre du Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;dication aussi est une &#339;uvre du Saint-Esprit. Nous savons que la pr&#233;dication n'est pas le discours ordinaire d'un homme ; c'est la parole de Dieu. Le pr&#233;dicateur pr&#234;te &#224; Dieu sa langue et sa bouche. Mais c'est le Saint-Esprit qui donne au magist&#232;re de l'&#201;glise l'infaillibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est surtout la sainte messe qui est une &#339;uvre du Saint-Esprit. De m&#234;me qu'autrefois la sainte humanit&#233; du Christ fut form&#233;e par le Saint-Esprit (&#171; il a &#233;t&#233; con&#231;u du Saint-Esprit &#187;), de m&#234;me c'est le Saint-Esprit qui change le pain et le vin au corps et au sang de J&#233;sus-Christ. Aussi, au moment de l'Offertoire, on implore la descente du Saint-Esprit sur les oblats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;brons donc la grande f&#234;te de la Pentec&#244;te avec un triple sentiment. D'abord dans un sentiment de joie. Dans aucune autre f&#234;te, nous n'entendons des paroles comme celles de la pr&#233;face d'aujourd'hui : &#171; C'est pourquoi, dans une abondance de joies, le monde entier tressaille sur la surface de la terre &#187;. Comme le chr&#233;tien est donc heureux ! Ayons ensuite une foi forte et ferme &#224; la pr&#233;sence et &#224; l'action puissante du Saint-Esprit dans l'&#201;glise et dans l'&#226;me. Nous devons sentir formellement l'action du Saint-Esprit dans l'&#201;glise et dans notre &#226;me. Parce que l'&#201;glise et notre &#226;me ne sont pas encore parfaites, nous devons &#233;prouver un troisi&#232;me sentiment, un d&#233;sir ardent de la venue du Saint-Esprit qui nous portera &#224; implorer cette venue : &#171; Viens, Saint-Esprit, remplis les c&#339;urs de tes fid&#232;les. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons c&#233;l&#233;brer comme il faut la Pentec&#244;te, remplissons-nous de cette persuasion. Aujourd'hui se renouvelle mystiquement dans nos &#226;mes le miracle de la premi&#232;re Pentec&#244;te chr&#233;tienne. Au Saint-Sacrifice, le Saint-Esprit est &#171; vers&#233; sur les enfants de mis&#233;ricorde &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que nous c&#233;l&#232;brerons une belle et sainte f&#234;te de Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIMANCHE DE LA PENTEC&#212;TE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT PIERRE&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui est venu le jour de la Pentec&#244;te. All&#233;luia ; Aujourd'hui le Saint-Esprit est apparu aux disciples dans le feu, et leur a communiqu&#233; ses dons de gr&#226;ce : Il les a envoy&#233;s dans le monde entier pour pr&#234;cher et rendre t&#233;moignage : celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233;, All&#233;luia &#187; (Ant. Magn., IImes V&#234;pres). &#171; Le Jour de la Pentec&#244;te, dans lequel, &#224; J&#233;rusalem, le Saint-Esprit descendit sur les disciples sous la forme de langues de feu &#187; (Martyrologe.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes f&#234;tes doivent &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;es enti&#232;rement avec l'&#201;glise ; la journ&#233;e doit &#234;tre sanctifi&#233;e par la pri&#232;re des Heures qui est divis&#233;e selon le temps, mais le point culminant doit &#234;tre la messe. (Je suppose que les lecteurs poss&#232;dent l'office de la Pentec&#244;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;L'office des Heures.&lt;/strong&gt; &#8212; La Pentec&#244;te, comme toutes les grandes f&#234;tes, est encadr&#233;e par deux v&#234;pres, les premi&#232;res, au commencement, et les secondes la fin. Elles sont l'introduction et la conclusion de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux premi&#232;res v&#234;pres, nous entendons d&#233;j&#224; tous les th&#232;mes de la Pentec&#244;te. Nous c&#233;l&#233;brons l'action du Saint-Esprit ; on entend m&#234;me le th&#232;me du bapt&#234;me (4e antienne), mais nous chantons surtout l'Esprit Cr&#233;ateur qui r&#233;pand la vie (hymne). Au magnificat, nous c&#233;l&#233;brons joyeusement le retour du Christ dans son &#201;glise par le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est qu'indiqu&#233; d'une mani&#232;re th&#233;matique est d&#233;velopp&#233; et expos&#233; dans les matines de la f&#234;te. Les matines sont le drame de pri&#232;re d'une f&#234;te. Les matines de la Pentec&#244;te, comme celles de P&#226;ques, n'ont qu'un nocturne. En effet, dans la nuit de la Pentec&#244;te comme dans la nuit de P&#226;ques, avaient lieu les c&#233;r&#233;monies du bapt&#234;me et il ne restait plus qu'une veille de nuit pour la pri&#232;re nocturne. Les trois psaumes peuvent &#234;tre compar&#233;s &#224; un triptyque qui montre trois images : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; I&#232;re image : le fait historique et l'importance du miracle de la Pentec&#244;te : sous le voile du &lt;tt&gt;&lt;popup946|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, nous voyons l'action puissante de l'ouragan de la Pentec&#244;te. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2e image : L'action du Saint-Esprit dans son &#201;glise. Si difficile que soit le &lt;tt&gt;&lt;popup947|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; (c'est un des plus obscurs du psautier), il est cependant clair qu'il s'agit de la marche victorieuse de Dieu par l'arche d'alliance, de l'&#201;gypte &#224; travers le d&#233;sert jusqu'&#224; la terre promise et &#224; la-colline de Sion, d'o&#249; le Dieu d'alliance &#233;tend son empire sur le monde. Cet empire universel se d&#233;veloppe dans le Christ et son &#201;glise &#8212; sous l'action du Saint-Esprit. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3e image : La nouvelle cr&#233;ation par le Saint-Esprit, Le &lt;tt&gt;&lt;popup948|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; est une description tr&#232;s po&#233;tique de l'&#339;uvre des six jours. La magnificence de la Cr&#233;ation visible est une image et un symbole de ta Cr&#233;ation spirituelle et invisible, qui est l'&#339;uvre du Saint-Esprit dans l'&#226;me et dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les le&#231;ons de Matines sont tir&#233;es d'un sermon de saint Gr&#233;goire 1er, que ce grand pape pronon&#231;a, il y a plus de 1300 ans, dans une c&#233;r&#233;monie liturgique de la Pentec&#244;te, &#224; Saint-Pierre de Rome. (Ces le&#231;ons nous indiquent qu'&#224; cette &#233;poque (vers 600) et certainement aussi, longtemps avant, les deux lectures de la messe &#233;taient les m&#234;mes).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et mon P&#232;re l'aimera et nous viendrons &#224; lui et nous &#233;tablirons notre demeure chez lui. Consid&#233;rez, tr&#232;s chers fr&#232;res, quelle dignit&#233; c'est que de donner l'hospitalit&#233; &#224; Dieu dans son c&#339;ur ! Si un ami riche ou puissant venait dans notre maison, est-ce qu'on ne nettoierait pas en toute h&#226;te la maison, afin qu'il ne s'y trouv&#226;t rien qui p&#251;t d&#233;plaire &#224; l'ami au moment de son entr&#233;e ? Qu'il &#233;carte donc les souillures des mauvaises &#339;uvres, celui qui pr&#233;pare la maison de son c&#339;ur pour Dieu ! Mais observez bien ce que dit la divine v&#233;rit&#233; : &#171; Nous viendrons et nous &#233;tablirons notre demeure chez lui &#187;. Dieu vient sans doute dans le c&#339;ur de certains hommes, mais il ne prend pas demeure en eux, car bien qu'ils cherchent Dieu au temps de la componction, au temps de la tentation ils oublient tout ce qui les avait amen&#233;s &#224; la componction et ils reviennent &#224; leur ancienne vie de p&#233;ch&#233;, comme s'ils n'avaient jamais pleur&#233; leurs p&#233;ch&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les Laudes sont la pri&#232;re du matin, dans laquelle nous unissons la louange matinale de la Cr&#233;ation &#224; la c&#233;l&#233;bration de la nouvelle Cr&#233;ation spirituelle op&#233;r&#233;e par le Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les petites Heures (pri&#232;res du jour), l'Heure de tierce (qui se r&#233;cite vers 9 heures) a une importance particuli&#232;re, parce que c'est justement &#224; cette heure-l&#224; que le Saint-Esprit descendit, le jour de la Pentec&#244;te C'est pourquoi Tierce est consacr&#233;e, toute l'ann&#233;e, au Saint-Esprit (chaque jour, dans l'hymne, on implore sa descente). Pendant toute l'Octave, cette petite Heure est caract&#233;ris&#233;e par ce fait qu'on y chante la belle hymne : Veni Creator.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe (Spiritus Domini).&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#201;glise s'adapte encore d'une mani&#232;re pr&#233;cise &#224; la succession du temps. Cinquante jours apr&#232;s P&#226;ques, l'&#201;glise se r&#233;unit dans le &#171; C&#233;nacle &#187; de la maison de Dieu. Elle se r&#233;unit vers la &#171; troisi&#232;me heure &#187; (l'heure de tierce &#8212; 9 heures &#8212; est consacr&#233;e au Saint-Esprit ; c'est aussi, les jours de f&#234;tes, l'heure o&#249; l'&#201;glise d&#233;sire que l'on c&#233;l&#232;bre la messe), et attend la pl&#233;nitude du Saint-Esprit dans le sacrifice eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe de la f&#234;te est donc la c&#233;l&#233;bration du myst&#232;re de la descente du Saint-Esprit. Nous sommes &#224; Saint-Pierre, l'&#233;glise des peuples, comme jadis, le jour de la premi&#232;re Pentec&#244;te, les peuples de toutes langues se rassemblaient autour du C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intro&#239;t : L'Esprit vit d&#233;sormais dans les c&#339;urs des hommes de tous les peuples ; il unit les langues alors que le p&#233;ch&#233; les avait brouill&#233;es. Dans le psaume 67, nous chantons le triomphe de l'&#201;glise &#224; travers les temps. La le&#231;on d&#233;crit le miracle historique de la Pentec&#244;te. Ce miracle se renouvelle et, m&#234;me, se r&#233;alise d'une mani&#232;re plus compl&#232;te qu'alors. Et pourtant, le miracle de la Pentec&#244;te est loin d'&#234;tre achev&#233; en nous. Tant que nous vivons et tant que l'&#201;glise demeure sur la terre, il faut que les langues de feu descendent sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les textes contiennent de si instantes implorations : &#171; Veni &#8212; Viens. Saint-Esprit... &#187; (All&#233;luia et S&#233;quence) Ce Veni Sancte Spiritus n'est pas une parole de l'&#201;criture ; c'est un texte compos&#233; par l'&#201;glise. Mais il lui est si cher : qu'elle le chante et le r&#233;cite &#224; genoux. Il a quelque chose du Maranatha de la primitive &#201;glise. La S&#233;quence n'est qu'une m&#233;ditation sur cet imp&#233;rissable &#171; Veni Sancte Spiritus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;vangile, (le dernier passage du discours d'adieu qui parle du Saint-Esprit), le Seigneur lui-m&#234;me d&#233;crit l'action du Saint-Esprit : il fait de nous le temple de la Trinit&#233; (pens&#233;e ch&#232;re &#224; saint Paul et &#224; la primitive &#201;glise), il est notre docteur et notre inspirateur, il nous conf&#232;re le don de la paix, il nous insuffle l'esprit du martyre. Ce don, nous le recevons, aujourd'hui et chaque jour, dans le sacrifice eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pi&#232;ce d'une particuli&#232;re beaut&#233; est l'Offertoire. En tant que rois (nous avons &#233;t&#233; remplis de l'esprit des princes), nous faisons notre procession d'offrande vers J&#233;rusalem (c'est notre autel) ; nous portons nos pr&#233;sents et nous demandons le renouvellement de la Confirmation (confirma) et l'affermissement de l'&#339;uvre pascale en nous (la Pentec&#244;te est l'ach&#232;vement de P&#226;ques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communion est le renouvellement de l'envoi du Saint-Esprit et le miracle de la Pentec&#244;te s'accomplit en nous (Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Le miracle de la Pentec&#244;te.&lt;/strong&gt; &#8212; Racontons maintenant comment le Saint-Esprit descendit sur les Ap&#244;tres. Comme on le sait, apr&#232;s l'Ascension du Seigneur les Ap&#244;tres et les disciples retourn&#232;rent &#224; J&#233;rusalem. Ils demeur&#232;rent ensemble dans la salle du C&#233;nacle, dans ce lieu sacr&#233; o&#249; le Sauveur &#233;tait si souvent apparu, dans ce lieu qui fut la premi&#232;re &#233;glise chr&#233;tienne. Ils &#233;taient rassembl&#233;s, l&#224;, environ 120 personnes. C'est l&#224; qu'ils &#233;lurent Matthias Ap&#244;tre &#224; la place du malheureux Judas ; c'est l&#224; qu'ils pri&#232;rent et qu'ils attendirent le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours &#233;taient pass&#233;s depuis l'Ascension du Seigneur. C'&#233;tait un dimanche, un jour de R&#233;surrection ; vers 9 heures du matin, ils se trouvaient r&#233;unis et ils priaient avec ferveur. C'est alors que le Saint-Esprit descendit sur eux. Remarquons bien que tous les grands &#233;v&#233;nements, dans la vie du Christ, se produisirent pendant qu'il priait. Au moment o&#249; le Sauveur, apr&#232;s son bapt&#234;me, priait, le ciel s'ouvrit et le Saint-Esprit apparut sous la forme d'une colombe ; de m&#234;me, c'est pendant qu'il priait sur le mont Thabor que le Seigneur fut transfigur&#233;. Sans doute, c'est pendant qu'elle priait que la Sainte Vierge re&#231;ut le message de l'ange et fut couverte de l'ombre du Saint-Esprit. Il en est de m&#234;me ici. C'est par la pri&#232;re que la petite communaut&#233; pr&#233;para la voie &#224; l'Esprit qui descendit sur elle. Il en est de m&#234;me aujourd'hui &#224; la messe et, en d&#233;finitive, dans toutes les messes. Par la pri&#232;re, nous rendons notre &#226;me apte &#224; recevoir le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente du Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres fut, il est vrai, int&#233;rieure et invisible, mais elle fut accompagn&#233;e de manifestations ext&#233;rieures. Ces manifestations furent les suivantes : Il se fit un grand bruit, comme si avait souffl&#233; un vent violent. Ce bruit vint soudain du ciel ; ce n'&#233;tait pas une temp&#234;te qui faisait rage autour de la maison, mais ce bruit remplit toute la maison ; le C&#233;nacle o&#249; ils &#233;taient assis. Ce n'&#233;tait donc pas un vent naturel, mais un miracle de Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde manifestation consista en des langues de feu qui se repos&#232;rent sur chacun des Ap&#244;tres et des disciples. Ces langues &#233;taient le signe visible qui indiquait la venue du Saint-Esprit en eux. Quand nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui la sainte messe, surtout au moment de la Communion, la force du Saint-Esprit descend aussi sur nous. Sans doute nous ne voyons pas de langues de feu, mais nous recevons tout ce qu'indiquent les langues de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous parle encore d'un troisi&#232;me effet ext&#233;rieur de la descente du Saint-Esprit. Les Ap&#244;tres et les disciples purent parler en plusieurs langues. L'&#201;criture nous raconte encore qu'en entendant le grand bruit, de nombreux p&#232;lerins, venus pour la f&#234;te, se h&#226;t&#232;rent vers le C&#233;nacle. La Pentec&#244;te, en effet, &#233;tait une des trois grandes f&#234;tes juives pour lesquelles les Juifs devaient se rendre &#224; J&#233;rusalem. A ces f&#234;tes, venaient aussi, volontiers, des Juifs des pays &#233;trangers, et aussi des pa&#239;ens qui avaient adopt&#233; la religion juive. Il y avait donc l&#224; une multitude vari&#233;e de gens qui parlaient toutes sortes de langue. Ce furent ces gens qui vinrent. Alors, s'avanc&#232;rent les Ap&#244;tres. Ces hommes, jusque-l&#224; si timides et qui se renfermaient par peur, sortirent de la maison et chacun se mit &#224; parler dans une langue diff&#233;rente. Les &#233;trangers furent frapp&#233;s de stupeur. Les Ap&#244;tres n'&#233;taient pourtant que de simples Galil&#233;ens qui ne savaient que leur langue maternelle, et voil&#224; qu'ils parlaient dans toutes les langues du monde. Comment cela pouvait-il se faire ? Mais les juifs malveillants ne tard&#232;rent pas &#224; arriver &#224; leur tour. Ils voulurent d&#233;truire l'effet du miracle de la Pentec&#244;te. Tous ces Galil&#233;ens, dirent-ils, sont ivres et c'est dans l'ivresse qu'ils prononcent ces paroles. Mais Pierre fut prompt &#224; la riposte. Il dit imm&#233;diatement : Non, fr&#232;res, ce n'est pas cela ; nous ne sommes pas ivres. Il n'est que 9 heures du matin et les hommes ne sont pas ivres &#224; cette heure-l&#224;. Mais ce que vous voyez est l'accomplissement de la proph&#233;tie de Jo&#235;l qui dit : Aux jours du Messie, Dieu r&#233;pandra son Esprit sur les hommes et ils proph&#233;tiseront... Puis, Pierre reproche aux Juifs d'avoir mis J&#233;sus &#224; mort en le suspendant &#224; la Croix. Cependant, Dieu l'a ressuscit&#233;. Remont&#233; au ciel, il a envoy&#233; le Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres. &#8212; Quand les nombreux p&#232;lerins eurent entendu le premier sermon de Pentec&#244;te, ils rentr&#232;rent en eux-m&#234;mes et demand&#232;rent &#224; Pierre : Que devons-nous faire ? Pierre r&#233;pondit : Convertissez-vous, faites-vous baptiser, alors vous recevrez le don du Saint-Esprit. En ce m&#234;me jour, 3.000 personnes re&#231;urent le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demanderons peut-&#234;tre : quelle est l'importance du miracle des langues ? Rappelons-nous la tour de Babel. Les hommes, alors, voulurent, dans leur orgueil, &#233;lever une tour jusqu'au ciel. Dieu, pour les punir, brouilla leurs langages. Le p&#233;ch&#233; s&#233;para et d&#233;sunit les hommes. Mais le Christ est venu pour rassembler tous les hommes dans une seule &#201;glise et les unir avec lui. Il faut qu'il n'y ait plus d&#233;sormais qu'une seule famille de peuples. C'est ce que veut indiquer le miracle des langues. Nous aussi, chr&#233;tiens, nous avons re&#231;u un don des langues qui fait que tous les hommes nous comprennent. Ce don des langues, c'est la charit&#233; qui a &#233;t&#233; r&#233;pandue en nous par le Saint-Esprit. La charit&#233; unit tous les peuples ; par la charit&#233;, on peut se faire entendre de tous les hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act II, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ephes. III, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XII, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan III, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1er R&#233;pons du Jeudi de la Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Johan. Tract. XXII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 38-39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. IV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Deut. IV, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. VI, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIII, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. VI, 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. II, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;zech. XXXVI, 25-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 56.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Aussi la cr&#233;ature attend-elle d'une vive attente la manifestation des enfants de Dieu. &#187; Rom. 8, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il armera les cr&#233;atures pour se venger de ses ennemis, et tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s. &#187; Sap. 5, 18 &amp; 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Voulant consacrer le monde par sa tr&#232;s sainte venue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger donne aussi ce texte dans son commentaire plus haut : mais il y a quelques variantes et dans le texte latin et dans la traduction dans la version donn&#233;e par le Bhx Schuster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par l'Esprit-Saint s'est offert Lui-m&#234;me sans tache &#224; Dieu &#187; &#187; Heb. 9, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; T&#233;moin des souffrances de votre Christ. &#187; Cf. I Petr. 5, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il rendra t&#233;moignage de moi. &#187; Jn. 15, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; L'Esprit Lui-m&#234;me rend t&#233;moignage &#224; notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. &#187; Rom. 8, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; L'Esprit de son Fils. &#187; Gal. 4, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par son Esprit qui habite en nous. &#187; Cf. Rom. 8, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Tome Ier : &#171; Les deux cycles festivaux de l'ann&#233;e liturgique sont construits de la m&#234;me mani&#232;re : il y a d'abord une mont&#233;e qui est la pr&#233;paration, ensuite un cheminement sur les hauteurs pendant le temps des f&#234;tes, puis une descente dans la plaine pendant le temps o&#249; s'ach&#232;ve le cycle. Le temps de pr&#233;paration du cycle d'hiver est l'Avent que nous venons d'achever. Maintenant que ce temps est achev&#233;, nous restons &#233;tonn&#233;s devant les richesses de po&#233;sie symbolique et dramatique que l'&#201;glise a r&#233;unies. Intentionnellement nous avons laiss&#233; la liturgie elle-m&#234;me parler dans ses chants et ses le&#231;ons, afin de pouvoir admirer cette richesse. Nous pouvons affirmer qu'aucun temps de l'ann&#233;e liturgique ne poss&#232;de une telle surabondance de cantiques, de versets, de chants. Comme d'une corne d'abondance la liturgie nous verse la profusion vari&#233;e de ses chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant suit, sans solution de continuit&#233;, comme une &#233;manation naturelle de l'Avent, la f&#234;te de No&#235;l. Le temps festival des deux cycles a encore ceci de commun qu'il comprend, dans l'un et l'autre cas, deux grandes f&#234;tes, qui sont comme les piles du pont qui supportent tout le temps festival. Dans le cycle d'hiver, nous avons No&#235;l et l'&#201;piphanie ; dans le cycle d'&#233;t&#233;, P&#226;ques et la Pentec&#244;te. &lt;strong&gt;Il y a cependant une diff&#233;rence entre ces deux couples de f&#234;tes&lt;/strong&gt;. P&#226;ques et la Pentec&#244;te repr&#233;sentent un d&#233;veloppement organique de la m&#234;me pens&#233;e de salut, No&#235;l et l'&#201;piphanie sont la r&#233;p&#233;tition de la m&#234;me pens&#233;e. La c&#233;l&#233;bration de ces deux f&#234;tes ne s'explique que par des raisons historiques. No&#235;l est la f&#234;te de la Nativit&#233; de l'Occident et l'&#201;piphanie celle de l'Orient. L'Occident a adopt&#233; l'&#201;piphanie et l'Orient No&#235;l. Ces deux f&#234;tes de l'Orient et de l'Occident sont un monument v&#233;n&#233;rable de l'union qui r&#233;gnait autrefois entre les deux &#201;glises, union que nous voudrions voir rena&#238;tre, apr&#232;s une s&#233;paration mill&#233;naire. L'union malgr&#233; toute la diff&#233;rence d'id&#233;es et de sentiments !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances historiques qui ont fait de ces deux f&#234;tes des doublets nous aideront &#224; comprendre bien des particularit&#233;s et &#224; r&#233;soudre bien des difficult&#233;s qui r&#233;sultent de ce double emploi. Pour nous autres Occidentaux, la f&#234;te de No&#235;l para&#238;tra toujours plus importante que celle de l'&#201;piphanie, malgr&#233; le rang plus &#233;lev&#233; de cette derni&#232;re. No&#235;l est et demeure notre f&#234;te, l'&#201;piphanie nous touche de moins pr&#232;s. Apr&#232;s quatre semaines o&#249; le d&#233;sir a tendu fortement notre esprit, No&#235;l est le v&#233;ritable accomplissement de l'Avent. Il faut cependant avouer qu'entre l'Avent et l'&#201;piphanie la parent&#233; de pens&#233;es est plus &#233;troite. No&#235;l est cependant bien la cl&#244;ture de l'Avent. Il suffit de parcourir les textes de la Vigile. Nous reprenons toujours ce chant : Demain le p&#233;ch&#233; originel sera d&#233;truit. No&#235;l est la f&#234;te de la R&#233;demption. Par contre, il nous faut attendre jusqu'&#224; l'&#201;piphanie pour voir se r&#233;aliser la glorieuse visite du Roi dont la pens&#233;e domine l'Avent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs No&#235;l et l'&#201;piphanie ne sont pas de simples doublets. L'&#201;glise Occidentale a re&#231;u de l'&#201;glise Orientale sa f&#234;te de la Nativit&#233; avec son contenu spirituel oriental et elle l'a d&#233;velopp&#233;e selon son g&#233;nie propre. Elle l'a magnifiquement f&#233;cond&#233;e et enrichie. Son regard s'est &#233;lev&#233; du cercle historique &#233;troit de la naissance du Seigneur jusqu'&#224; la perspective de la royaut&#233; du Christ qui domine les temps. L'Avent de l'Occident et sa f&#234;te de No&#235;l ont b&#233;n&#233;fici&#233; de cet &#233;largissement de vues. Finalement les deux f&#234;tes de la Nativit&#233; sont devenues deux solennit&#233;s distinctes avec un objet ind&#233;pendant et une progression int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons d&#233;sormais quelque chose d'analogue &#224; ce que nous voyons dans le cycle de P&#226;ques&lt;/strong&gt;. A P&#226;ques le soleil de la R&#233;surrection se l&#232;ve et &#233;claire le monde de ses rayons brillants. A la Pentec&#244;te, ce soleil est &#224; son midi et sa chaude lumi&#232;re cr&#233;e la vie et la f&#233;condit&#233;. A No&#235;l, le soleil de la Nativit&#233; se l&#232;ve sur les plaines de Bethl&#233;em, &#224; l'&#201;piphanie &#171; la gloire du Seigneur &#187; rayonne sur J&#233;rusalem. A No&#235;l nous naissons et renaissons avec le Christ notre fr&#232;re, &#224; l'&#201;piphanie le Christ c&#233;l&#232;bre avec l'&#201;glise et l'&#226;me ses noces mystiques. A No&#235;l &#171; le Christ nous est n&#233; &#187; ; c'est comme une f&#234;te intime de famille &#224; laquelle ne participent que quelques privil&#233;gi&#233;s avec Marie et les bergers ; &#224; l'&#201;piphanie, &#171; le Christ nous est apparu &#187;, c'est-&#224;-dire il a manifest&#233; son apparition au monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Commentaires liturgiques du Jeudi de l'Ascension</title>
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		<dc:date>2026-03-27T13:28:23Z</dc:date>
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&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office ici Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique Le jour s'est lev&#233; radieux, la terre qui s'&#233;mut &#224; la naissance de l'Emmanuel &#233;prouve un tressaillement inconnu ; l'ineffable succession des myst&#232;res de l'Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier compl&#233;ment. Mais l'all&#233;gresse de la terre est mont&#233;e jusqu'aux cieux ; les hi&#233;rarchies ang&#233;liques s'appr&#234;tent &#224; recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-24-a1801.gif?1776687641' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article111' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jour s'est lev&#233; radieux, la terre qui s'&#233;mut &#224; la naissance de l'Emmanuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XCV, XCVI, XCVII.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;prouve un tressaillement inconnu ; l'ineffable succession des myst&#232;res de l'Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier compl&#233;ment. Mais l'all&#233;gresse de la terre est mont&#233;e jusqu'aux cieux ; les hi&#233;rarchies ang&#233;liques s'appr&#234;tent &#224; recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, pr&#234;ts &#224; les lever quand le signal de l'arriv&#233;e du triomphateur va retentir. Les &#226;mes saintes, d&#233;livr&#233;es des limbes depuis quarante jours, planent sur J&#233;rusalem, attendant l'heureux moment o&#249; la voie du ciel, ferm&#233;e depuis quatre mille ans par le p&#233;ch&#233;, s'ouvrant tout &#224; coup, elles vont s'y pr&#233;cipiter &#224; la suite de leur R&#233;dempteur. L'heure presse, il est temps que notre divin Ressuscit&#233; se montre, et qu'il re&#231;oive les adieux de ceux qui l'attendent d'heure en heure, et qu'il doit laisser encore dans cette vall&#233;e de larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup il appara&#238;t au milieu du C&#233;nacle. Le c&#339;ur de Marie a tressailli, les disciples et les saintes femmes adorent avec attendrissement celui qui se montre ici-bas pour la derni&#232;re fois. J&#233;sus daigne prendre place &#224; table avec eux ; il condescend jusqu'&#224; partager un dernier repas, non plus dans le but de les rendre certains de sa r&#233;surrection ; il sait qu'ils n'en doutent plus ; mais, au moment d'aller s'asseoir &#224; la droite du P&#232;re, il tient &#224; leur donner cette marque si ch&#232;re de sa divine familiarit&#233;. O repas ineffable, o&#249; Marie go&#251;te une derni&#232;re fois en ce monde le charme d'&#234;tre assise aux c&#244;t&#233;s de son fils, o&#249; la sainte &#201;glise repr&#233;sent&#233;e par les disciples et par les saintes femmes est encore pr&#233;sid&#233;e visiblement par son Chef et son &#201;poux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui pourrait exprimer le respect, le recueillement, l'attention des convives, peindre leurs regards fix&#233;s avec tant d'amour sur le Ma&#238;tre tant aim&#233; ? Ils aspirent &#224; entendre encore une fois sa parole ; elle leur sera si ch&#232;re &#224; ce moment du d&#233;part ! Enfin J&#233;sus ouvre la bouche ; mais son accent est plus grave que tendre. Il d&#233;bute en leur rappelant l'incr&#233;dulit&#233; avec laquelle ils accueillirent la nouvelle de sa r&#233;surrection&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XVI.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au moment de leur confier la plus imposante mission qui ait jamais &#233;t&#233; transmise &#224; des hommes, il veut les rappeler &#224; l'humilit&#233;. Sous peu de jours ils seront les oracles du monde, le monde devra croire sur leur parole, et croire ce qu'il n'a pas vu, ce qu'eux seuls ont vu. C'est la foi qui met les hommes en rapport avec Dieu ; et cette foi, eux-m&#234;mes ne l'ont pas eue tout d'abord : J&#233;sus veut recevoir d'eux une derni&#232;re r&#233;paration pour leur incr&#233;dulit&#233; pass&#233;e, afin que leur apostolat soit &#233;tabli sur l'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant ensuite le ton d'autorit&#233; qui convient &#224; lui seul, il leur dit : &#171; Allez dans le monde entier, pr&#234;chez l'&#201;vangile &#224; toute cr&#233;ature. Celui qui croira et sera baptis&#233;, sera sauv&#233; ; mais celui qui ne croira pas sera condamn&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et cette mission de pr&#234;cher l'&#201;vangile au monde entier, comment l'accompliront-ils ? Par quel moyen r&#233;ussiront-ils &#224; accr&#233;diter leur parole ? J&#233;sus le leur indique : &#171; Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les d&#233;mons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents avec la main ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront gu&#233;ris &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il veut que le miracle soit le fondement de son &#201;glise, comme il l'a choisi pour &#234;tre l'argument de sa mission divine. La suspension des lois de la nature annonce aux hommes que l'auteur de la nature va parler ; c'est &#224; eux alors d'&#233;couter et de croire humblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc ces hommes inconnus au monde, d&#233;pourvus de tout moyen humain, les voil&#224; investis de la mission de conqu&#233;rir la terre et d'y faire r&#233;gner J&#233;sus-Christ. Le monde ignore jusqu'&#224; leur existence ; sur son tr&#244;ne imp&#233;rial, Tib&#232;re, qui vit dans la frayeur des conjurations, ne soup&#231;onne en rien cette exp&#233;dition d'un nouveau genre qui va s'ouvrir, et dont l'empire romain doit &#234;tre la conqu&#234;te. Mais &#224; ces guerriers il faut une armure, et une armure de trempe c&#233;leste. J&#233;sus leur annonce qu'ils sont au moment de la recevoir. &#171; Demeurez dans la ville, leur dit-il, jusqu'&#224; ce que vous ayez &#233;t&#233; rev&#234;tus de la vertu d'en haut &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 49.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, quelle est cette armure ? J&#233;sus va le leur expliquer. Il leur rappelle la promesse du P&#232;re, &#171; cette promesse, dit-il, que vous avez entendue par ma bouche. Jean a baptis&#233; dans l'eau ; mais vous, sous peu de jours, vous serez baptis&#233;s dans le Saint-Esprit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. 1.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure de la s&#233;paration est venue. J&#233;sus se l&#232;ve, et l'assistance tout enti&#232;re se dispose &#224; suivre ses pas. Cent vingt personnes se trouvaient l&#224; r&#233;unies avec la m&#232;re du divin triomphateur que le ciel r&#233;clamait. Le C&#233;nacle &#233;tait situ&#233; sur la montagne de Sion, l'une des deux collines que renfermait l'enceinte de J&#233;rusalem. Le cort&#232;ge traverse une partie de la ville, se dirigeant vers la porte orientale qui ouvre sur la vall&#233;e de Josaphat. C'est la derni&#232;re fois que J&#233;sus parcourt les rues de la cit&#233; r&#233;prouv&#233;e. Invisible d&#233;sormais aux yeux de ce peuple qui l'a reni&#233;, il s'avance &#224; la t&#234;te des siens, comme autrefois la colonne lumineuse qui dirigeait les pas du peuple isra&#233;lite. Qu'elle est belle et imposante cette marche de Marie, des disciples et des saintes femmes, &#224; la suite de J&#233;sus qui ne doit plus s'arr&#234;ter qu'au ciel, &#224; la droite du P&#232;re ! La pi&#233;t&#233; du moyen &#226;ge la c&#233;l&#233;brait jadis par une solennelle procession qui pr&#233;c&#233;dait la Messe de ce grand jour. Heureux si&#232;cles, o&#249; les chr&#233;tiens aimaient &#224; suivre chacune des traces du R&#233;dempteur, et ne savaient pas se contenter, comme nous, de quelques vagues notions qui ne peuvent enfanter qu'une pi&#233;t&#233; vague comme elles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On songeait aussi alors aux sentiments qui durent occuper le c&#339;ur de Marie durant ces derniers instants qu'elle jouissait de la pr&#233;sence de son fils. On se demandait qui devait l'emporter dans ce c&#339;ur maternel, de la tristesse de ne plus voir J&#233;sus, ou du bonheur de sentir qu'il allait entrer enfin dans la gloire qui lui &#233;tait due. La r&#233;ponse venait promptement &#224; la pens&#233;e de ces v&#233;ritables chr&#233;tiens, et nous aussi, nous nous la ferons &#224; nous-m&#234;mes. J&#233;sus n'avait-il pas dit &#224; ses disciples : &#171; Si vous m'aimiez, vous vous r&#233;jouiriez de ce que je m'en vais &#224; mon P&#232;re ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 28.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, qui aima plus J&#233;sus que ne l'aima Marie ? Le c&#339;ur de la m&#232;re &#233;tait donc dans l'all&#233;gresse au moment de cet ineffable adieu. Marie ne pouvait songer &#224; elle-m&#234;me, quand il s'agissait du triomphe d&#251; &#224; son fils et &#224; son Dieu. Apr&#232;s les sc&#232;nes du Calvaire, pouvait-elle aspirer &#224; autre chose qu'&#224; voir glorifi&#233; enfin celui qu'elle connaissait pour le souverain Seigneur de toutes choses, celui qu'elle avait vu si peu de jours auparavant reni&#233;, blasph&#233;m&#233;, expirant dans toutes les douleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; a travers&#233; la vall&#233;e de Josaphat, il a pass&#233; le torrent de C&#233;dron, et il se dirige sur la pente du mont des Oliviers. Quels souvenirs se pressent &#224; la pens&#233;e ! Ce torrent, dont le Messie dans ses humiliations avait bu l'eau bourbeuse, est devenu aujourd'hui le chemin de la gloire pour ce m&#234;me Messie. Ainsi l'avait annonc&#233; David&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On laisse sur la gauche le jardin qui fut t&#233;moin de la plus terrible des agonies, cette grotte o&#249; le calice de toutes les expiations du monde fut pr&#233;sent&#233; &#224; J&#233;sus et accept&#233; par lui. Apr&#232;s avoir franchi un espace que saint Luc mesure d'apr&#232;s celui qu'il &#233;tait permis aux Juifs de parcourir le jour du Sabbat, on arrive sur le territoire de B&#233;thanie, cet heureux village o&#249; J&#233;sus, dans les jours de sa vie mortelle, recherchait l'hospitalit&#233; d&#233; Lazare et de ses s&#339;urs. De cet endroit de la montagne des Oliviers on avait la vue de J&#233;rusalem, qui apparaissait superbe avec son temple et ses palais. Cet aspect &#233;meut les disciples. La patrie terrestre fait encore battre le c&#339;ur de ces hommes ; un moment ils oublient la mal&#233;diction prononc&#233;e sur l'ingrate cit&#233; de David, et semblent ne plus se souvenir que J&#233;sus vient de les faire citoyens et conqu&#233;rants du monde entier. Le r&#234;ve de la grandeur mondaine de J&#233;rusalem les a s&#233;duits tout &#224; coup, et ils osent adresser cette question &#224; leur Ma&#238;tre : &#171; Seigneur, est-ce &#224; ce moment que vous r&#233;tablirez le royaume d'Isra&#235;l ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus r&#233;pond avec une sorte de s&#233;v&#233;rit&#233; &#224; cette demande indiscr&#232;te : &#171; Il ne vous appartient pas de savoir les temps et les moments que le P&#232;re a r&#233;serv&#233;s &#224; son pouvoir. &#187; Ces paroles n'enlevaient pas l'espoir que J&#233;rusalem f&#251;t un jour r&#233;&#233;difi&#233;e par Isra&#235;l devenu chr&#233;tien ; mais ce r&#233;tablissement de la cit&#233; de David ne devant avoir lieu que vers la fin des temps, il n'&#233;tait pas &#224; propos que le Sauveur f&#238;t conna&#238;tre le secret divin. La conversion du monde pa&#239;en, la fondation de l'&#201;glise, tels &#233;taient les objets qui devaient pr&#233;occuper les disciples. J&#233;sus les ram&#232;ne tout aussit&#244;t &#224; la mission qu'il leur donnait il y a peu d'instants : &#171; Vous allez recevoir, leur dit-il, la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez mes t&#233;moins dans J&#233;rusalem, dans toute la Jud&#233;e et la Samarie, et jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. 1, 6-8.&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une tradition qui remonte aux premiers si&#232;cles du christianisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constit. apost. lib. V, cap. XIX.&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il &#233;tait l'heure de midi, l'heure &#224; laquelle J&#233;sus avait &#233;t&#233; &#233;lev&#233; sur la croix, lorsque, jetant sur l'assistance un regard de tendresse qui dut s'arr&#234;ter avec une complaisance filiale sur Marie, il &#233;leva les mains et les b&#233;nit tous. A ce moment ses pieds se d&#233;tach&#232;rent de la terre, et il s'&#233;levait au ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 51.&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les assistants le suivaient du regard ; mais bient&#244;t il entra dans une nu&#233;e qui le d&#233;roba &#224; leurs yeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. I.&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en &#233;tait fait : la terre avait perdu son Emmanuel. Quarante si&#232;cles l'avaient attendu, et il s'&#233;tait rendu enfin aux soupirs des Patriarches et aux v&#339;ux enflamm&#233;s des Proph&#232;tes. Nous l'ador&#226;mes, captif de notre amour, dans les chastes flancs de la Vierge b&#233;nie. Bient&#244;t l'heureuse m&#232;re nous le pr&#233;senta sous l'humble toit d'une &#233;table &#224; Bethl&#233;hem. Nous le suiv&#238;mes en la terre d'&#201;gypte, nous l'accompagn&#226;mes au retour, et nous v&#238;nmes nous fixer avec lui &#224; Nazareth. Lorsqu'il partit pour exercer sa mission de trois ans dans sa patrie terrestre, nous nous attach&#226;mes &#224; ses pas, ravis des charmes de sa personne, &#233;coutant ses discours et ses paraboles, assistant &#224; ses prodiges. La malice de ses ennemis &#233;tant mont&#233;e &#224; son comble, et l'heure venue o&#249; il devait mettre le sceau &#224; cet amour qui l'avait attir&#233; du ciel en terre par la mort sanglante et ignominieuse de la croix, nous recueill&#238;mes son dernier soupir et nous f&#251;mes inond&#233;s de son sang divin. Le troisi&#232;me jour, il s'&#233;chappait de son s&#233;pulcre vivant et victorieux, et nous &#233;tions l&#224; encore pour applaudir &#224; son triomphe sur la mort, par lequel il nous assurait la gloire d'une r&#233;surrection semblable &#224; la sienne. Durant les jours qu'il a daign&#233; habiter encore cette terre, notre foi ne l'a pas quitt&#233; ; nous eussions voulu le conserver toujours ; et voici qu'&#224; cette heure m&#234;me il &#233;chappe &#224; nos regards, et notre amour n'a pu le retenir ! Plus heureuses que nous, les &#226;mes des justes qu'il avait d&#233;livr&#233;es des limbes l'ont suivi dans son vol rapide, et elles jouissent pour l'&#233;ternit&#233; des d&#233;lices de sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disciples tenaient encore les yeux fix&#233;s au ciel, lorsque soudain deux Anges v&#234;tus de blanc se pr&#233;sent&#232;rent &#224; eux et leur dirent : &#171; Hommes de Galil&#233;e, pourquoi vous arr&#234;tez-vous &#224; regarder au ciel ? Ce J&#233;sus qui vous a quitt&#233;s pour s'&#233;lever au ciel reviendra un jour en la m&#234;me mani&#232;re que vous l'avez vu monter &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. I.&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, le Sauveur est remont&#233;, et le juge doit un jour redescendre : toute la destin&#233;e de l'&#201;glise est comprise entre ces deux termes. Nous vivons donc pr&#233;sentement sous le r&#233;gime du Sauveur ; car notre Emmanuel nous a dit que &#171; le fils de l'homme n'est pas venu pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauv&#233; par lui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 17.&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est dans ce but mis&#233;ricordieux que les disciples viennent de recevoir la mission d'aller par toute la terre et de convier les hommes au salut, pendant qu'il en est temps encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle t&#226;che immense J&#233;sus leur a confi&#233;e ! Et au moment o&#249; il s'agit pour eux de s'y livrer, il les quitte ! Il leur faut descendre seuls cette montagne des Oliviers d'o&#249; il est parti pour le ciel. Leur c&#339;ur cependant n'est pas triste ; ils ont Marie avec eux, et la g&#233;n&#233;rosit&#233; de cette m&#232;re incomparable se communique &#224; leurs &#226;mes. Ils aiment leur Ma&#238;tre ; leur bonheur est d&#233;sormais de penser qu'il est entr&#233; dans son repos. Les disciples rentr&#232;rent dans J&#233;rusalem, &#171; remplis d'une &#171; vive all&#233;gresse &#187;, nous dit saint Luc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 52.&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, exprimant par ce seul mot l'un des caract&#232;res de cette ineffable f&#234;te de l'Ascension, de cette f&#234;te empreinte d'une si douce m&#233;lancolie, mais qui respire en m&#234;me temps plus qu'aucune autre la joie et le triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant son Octave, nous essayerons d'en p&#233;n&#233;trer les myst&#232;res et de la montrer dans toute sa magnificence ; aujourd'hui nous nous bornerons &#224; dire que cette solennit&#233; est le compl&#233;ment de tous les myst&#232;res de notre divin R&#233;dempteur, qu'elle est du nombre de celles qui ont &#233;t&#233; institu&#233;es par les Ap&#244;tres eux-m&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AUGUSTIN. Epist. ad Januar.&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; enfin qu'elle a rendu sacr&#233; pour jamais le jeudi de chaque semaine, jour rendu d&#233;j&#224; si auguste par l'institution de la divine Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons parl&#233; de la procession solennelle par laquelle on c&#233;l&#233;brait, au moyen &#226;ge, la marche de J&#233;sus et de ses disciples vers le mont des Oliviers ; nous devons rappeler aussi qu'en ce jour on b&#233;nissait solennellement du pain et des fruits nouveaux, en m&#233;moire du dernier repas que le Sauveur avait pris dans le C&#233;nacle. Imitons la pi&#233;t&#233; de ces temps o&#249; les chr&#233;tiens avaient &#224; c&#339;ur de recueillir les moindres traits de la vie de l'Homme-Dieu, et de se les rendre propres, pour ainsi dire, en reproduisant dans leur mani&#232;re de vivre toutes les circonstances que le saint &#201;vangile leur r&#233;v&#233;lait. J&#233;sus-Christ &#233;tait v&#233;ritablement aim&#233; et ador&#233; dans ces temps o&#249; les hommes se souvenaient sans cesse qu'il est le souverain Seigneur, comme il est le commun R&#233;dempteur. De nos jours, c'est l'homme qui r&#232;gne, &#224; ses risques et p&#233;rils ; J&#233;sus-Christ est refoul&#233; dans l'intime de la vie priv&#233;e. Et pourtant il a droit &#224; &#234;tre notre pr&#233;occupation de tous les jours et de toutes les heures ! Les Anges dirent aux Ap&#244;tres : &#171; En la mani&#232;re que vous l'avez vu monter, ainsi un jour il descendra. &#187; Puissions-nous l'avoir aim&#233; et servi durant son absence avec assez d'empressement, pour oser soutenir ses regards lorsqu'il appara&#238;tra tout &#224; coup !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne donnons point ici l'Office des premi&#232;res V&#234;pres de l'Ascension, parce que cette f&#234;te &#233;tant fixe au jeudi, sa Vigile ne peut jamais se rencontrer le dimanche, tandis qu'il en est autrement pour les solennit&#233;s auxquelles nous avons accord&#233; ce d&#233;veloppement. Au reste, sauf le Verset et l'Antienne de Magnificat, les premi&#232;res et les secondes V&#234;pres de l'Ascension sont enti&#232;rement semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise romaine indique aujourd'hui pour la Station la basilique de Saint-Pierre. C'est une belle pens&#233;e de r&#233;unir en un tel jour l'assembl&#233;e des fid&#232;les autour du glorieux tombeau d'un des principaux t&#233;moins de la triomphante Ascension de son Ma&#238;tre. Cette Station est toujours maintenue ; mais, depuis plusieurs si&#232;cles, le Pape se rend avec le sacr&#233; Coll&#232;ge des Cardinaux &#224; la basilique du Latran, afin de terminer dans cet antique sanctuaire, d&#233;di&#233; par Constantin au Sauveur des hommes, la s&#233;rie annuelle des myst&#232;res par lesquels le Fils de Dieu a op&#233;r&#233; et consomme aujourd'hui notre salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux augustes basiliques, comme dans les plus humbles &#233;glises de la chr&#233;tient&#233;, le symbole liturgique de la f&#234;te est le Cierge pascal, que nous v&#238;mes allumer dans la nuit de la r&#233;surrection, et qui &#233;tait destin&#233; &#224; figurer, par sa lumi&#232;re de quarante jours, la dur&#233;e du s&#233;jour de notre divin Ressuscit&#233; au milieu de ceux qu'il a daign&#233; appeler ses fr&#232;res. Les regards des fid&#232;les rassembl&#233;s s'arr&#234;tent avec complaisance sur sa flamme scintillante, qui semble briller d'un &#233;clat plus vif, &#224; mesure qu'approche l'instant o&#249; elle va succomber. B&#233;nissons notre m&#232;re la sainte &#201;glise &#224; qui l'Esprit-Saint a inspir&#233; l'art de nous instruire et de nous &#233;mouvoir &#224; l'aide de tant d'ineffables symboles, et rendons gloire au Fils de Dieu qui a daign&#233; nous dire : &#171; Je suis la lumi&#232;re du monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t annonce avec &#233;clat la grande solennit&#233; qui nous rassemble. Il est form&#233; des paroles des Anges aux Ap&#244;tres sur le mont des Oliviers. J&#233;sus est mont&#233; aux cieux ; J&#233;sus en doit redescendre un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise recueillant les v&#339;ux de ses enfants dans la Collecte, demande pour eux &#224; Dieu la gr&#226;ce de tenir leurs c&#339;urs attach&#233;s au divin R&#233;dempteur, que leurs d&#233;sirs doivent d&#233;sormais chercher jusqu'au ciel o&#249; il est mont&#233; le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'assister, en suivant cet admirable r&#233;cit, au d&#233;part de notre Emmanuel pour les cieux. Est-il rien de plus attendrissant que ce regard des disciples fix&#233; sur leur Ma&#238;tre divin qui s'&#233;l&#232;ve tout &#224; coup en les b&#233;nissant ? Mais un nuage vient s'interposer entre J&#233;sus et eux, et leurs yeux mouill&#233;s de larmes ont perdu la trace de son passage. Ils sont seuls d&#233;sormais sur la montagne ; J&#233;sus leur a enlev&#233; sa pr&#233;sence visible. Dans ce monde d&#233;sert, quel ne serait pas leur ennui, si sa gr&#226;ce ne les soutenait, si l'Esprit divin n'&#233;tait au moment de descendre sur eux et de cr&#233;er en eux un nouvel &#234;tre ? Ce n'est donc plus qu'au ciel qu'ils le reverront, celui qui, &#233;tant Dieu, daigna durant trois ann&#233;es &#234;tre leur Ma&#238;tre, et qui, &#224; la derni&#232;re C&#232;ne, voulut bien les appeler ses amis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le deuil n'est pas pour eux seulement. Cette terre qui recevait en fr&#233;missant de bonheur la trace des pas du Fils de Dieu, ne sera plus foul&#233;e par ses pieds sacr&#233;s. Elle a perdu cette gloire qu'elle attendit quatre mille ans, la gloire de servir d'habitation &#224; son divin auteur. Les nations sont dans l'attente d'un Lib&#233;rateur ; mais, hors de la Jud&#233;e et de la Galil&#233;e, les hommes ignorent que ce Lib&#233;rateur est venu et qu'il est remont&#233; aux cieux. L'&#339;uvre de J&#233;sus cependant n'en demeurera pas l&#224;. Le genre humain conna&#238;tra sa venue ; et, quant &#224; son Ascension au ciel en ce jour, &#233;coutez la voix de la sainte &#201;glise qui dans les cinq parties du monde retentit et proclame le triomphe de l'Emmanuel. Dix-huit si&#232;cles se sont &#233;coul&#233;s depuis son d&#233;part, et nos adieux pleins de respect et d'amour s'unissent encore &#224; ceux que lui adress&#232;rent ses disciples, pendant qu'il s'&#233;levait au ciel. Nous aussi nous pleurons son absence ; mais nous sommes heureux aussi de le voir glorifi&#233;, couronn&#233;, assis &#224; la droite de son P&#232;re. Vous &#234;tes entr&#233; dans votre repos, Seigneur ; nous vous adorons sur votre tr&#244;ne, nous qui sommes vos rachet&#233;s, votre conqu&#234;te. B&#233;nissez-nous, attirez-nous &#224; vous, et daignez faire que votre dernier av&#232;nement soit notre espoir et non notre crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux Versets de l'All&#233;luia r&#233;p&#232;tent les accents de David c&#233;l&#233;brant d'avance le Christ qui monte dans sa gloire, les acclamations des Anges, les sons &#233;clatants des trompettes c&#233;lestes, le superbe troph&#233;e que le vainqueur entra&#238;ne apr&#232;s lui dans ces heureux captifs qu'il a d&#233;livr&#233;s de la prison des limbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diacre ayant achev&#233; l'&#201;vangile, un acolyte monte &#224; l'ambon, et &#233;teint silencieusement le Cierge myst&#233;rieux qui nous rappelait la pr&#233;sence de J&#233;sus ressuscit&#233;. Ce rite expressif annonce le commencement du veuvage de la sainte &#201;glise, et avertit nos &#226;mes que pour contempler d&#233;sormais notre Sauveur, il nous faut aspirer au ciel o&#249; il r&#233;side. Que rapide a &#233;t&#233; son passage ici-bas ! Que de g&#233;n&#233;rations se sont succ&#233;d&#233;, que de g&#233;n&#233;rations se succ&#233;deront encore jusqu'&#224; ce qu'il se montre de nouveau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de lui, la sainte &#201;glise ressent les langueurs de l'exil ; elle pers&#233;v&#232;re n&#233;anmoins &#224; habiter cette vall&#233;e de larmes ; car c'est l&#224; qu'elle doit &#233;lever les enfants dont le divin &#201;poux l'a rendue m&#232;re par son Esprit ; mais la vue de son J&#233;sus lui manque, et si nous sommes chr&#233;tiens, elle doit nous manquer aussi &#224; nous-m&#234;mes. Oh ! Quand viendra le jour o&#249; de nouveau rev&#234;tus de notre chair, a nous nous &#233;lancerons dans les airs &#224; la rencontre du Seigneur, pour demeurer avec lui &#224; jamais ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Thess. IV, 16.&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est alors, et seulement alors, que nous aurons atteint la fin pour laquelle nous f&#251;mes cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les myst&#232;res du Verbe incarn&#233; que nous avons vu se d&#233;rouler jusqu'ici devaient aboutir &#224; son Ascension ; toutes les gr&#226;ces que nous recevons jour par jour doivent se terminer &#224; la n&#244;tre. &#171; Ce monde n'est qu'une figure qui passe &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. VII, 31.&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et nous sommes en marche pour aller rejoindre notre divin Chef. En lui est notre vie, notre f&#233;licit&#233; ; c'est en vain que nous voudrions les chercher ailleurs. Tout ce qui nous rapproche de J&#233;sus nous est bon ; tout ce qui nous en &#233;loigne est mauvais et funeste. Le myst&#232;re de l'Ascension est le dernier &#233;clair que Dieu fait luire &#224; nos regards pour nous montrer la voie. Si notre c&#339;ur aspire &#224; retrouver J&#233;sus, c'est qu'il vit de la vraie vie ; s'il est concentr&#233; dans les choses cr&#233;&#233;es, en sorte qu'il ne ressente plus l'attraction du c&#233;leste aimant qui est J&#233;sus, c'est qu'il serait mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levons donc les yeux comme les disciples, et suivons en d&#233;sir celui qui monte aujourd'hui et qui va nous pr&#233;parer une place. En haut les c&#339;urs ! Sursum corda ! C'est le cri d'adieu que nous envoient nos fr&#232;res qui montent &#224; la suite du divin Triomphateur ; c'est le cri des saints Anges accourus au-devant de l'Emmanuel, et qui nous invitent &#224; venir renforcer leurs rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois donc b&#233;ni, &#244; Cierge de la P&#226;que, colonne lumineuse, qui nous as r&#233;jouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante. Tu nous parlais de J&#233;sus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumi&#232;re &#233;teinte nous avertit qu'ici-bas on ne voit plus J&#233;sus, et que pour le voir d&#233;sormais, il faut s'&#233;lever au ciel. Symbole ch&#233;ri que la main maternelle de la sainte &#201;glise avait cr&#233;&#233; pour parler &#224; nos c&#339;urs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes &#233;motions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux Temps pascal que tu fus charg&#233; de nous annoncer, et qui &#224; peine te survivra de quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Antienne de l'Offertoire, l'&#201;glise emploie les m&#234;mes paroles de David qu'elle a fait retentir avant la lecture de l'&#201;vangile. Elle n'a qu'une pens&#233;e : le triomphe de son &#201;poux, la joie du ciel qu'elle veut voir partag&#233;e par les habitants de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrer &#224; la suite de J&#233;sus dans la vie &#233;ternelle, &#233;viter les obstacles qui peuvent se rencontrer dans la voie, tels doivent &#234;tre nos d&#233;sirs en ce jour, telle est aussi la demande que la sainte &#201;glise adresse pour nous &#224; Dieu dans l'oraison Secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau verset de David fournit l'Antienne de la Communion. Le roi-proph&#232;te y annonce, mille ans &#224; l'avance, que c'est &#224; l'Orient que l'Emmanuel s'&#233;l&#232;vera aux cieux. C'est en effet de la montagne des Oliviers situ&#233;e au Levant de J&#233;rusalem que nous avons vu aujourd'hui J&#233;sus partir pour le royaume de son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple fid&#232;le vient de sceller son alliance avec son divin Chef en participant &#224; l'auguste Sacrement ; l'&#201;glise demande &#224; Dieu que ce myst&#232;re, qui contient J&#233;sus d&#233;sormais invisible, op&#232;re en nous ce qu'il exprime &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tradition descendue des premiers si&#232;cles et confirm&#233;e par les r&#233;v&#233;lations des saints, nous apprend que l'heure de l'Ascension du Sauveur fut l'heure de midi. Les Carm&#233;lites de la r&#233;forme de sainte Th&#233;r&#232;se honorent d'un culte particulier ce pieux souvenir. A l'heure o&#249; nous sommes, elles sont r&#233;unies au ch&#339;ur, vaquant debout &#224; la contemplation du dernier des myst&#232;res de J&#233;sus, et suivant l'Emmanuel de la pens&#233;e et du c&#339;ur aussi haut que son vol divin l'emporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivons-le aussi nous-m&#234;mes ; mais avant de fixer nos regards sur le radieux midi qui &#233;claire son triomphe, revenons un moment par la pens&#233;e &#224; son point de d&#233;part. C'est &#224; minuit, au sein des t&#233;n&#232;bres, qu'il &#233;clata tout &#224; coup dans l'&#233;table de Bethl&#233;hem. Cette heure nocturne et silencieuse convenait au d&#233;but de sa mission. Son &#339;uvre tout enti&#232;re &#233;tait devant lui, et trente-trois ann&#233;es devaient &#234;tre employ&#233;es &#224; l'accomplir. Cette mission se d&#233;roula ann&#233;e par ann&#233;e, jour par jour, et elle allait touchant &#224; sa fin, lorsque les hommes, dans leur malice, se saisirent de lui et l'attach&#232;rent &#224; une croix. On &#233;tait au milieu du jour, lorsqu'il parut &#233;lev&#233; dans les airs ; mais son P&#232;re ne voulut pas que le soleil &#233;clair&#226;t ce qui &#233;tait une humiliation et non un triomphe. D'&#233;paisses t&#233;n&#232;bres couvrirent la terre enti&#232;re ; cette journ&#233;e fut sans midi. Quand le soleil reparut, il &#233;tait d&#233;j&#224; l'heure de None. Trois jours apr&#232;s, il sortait du tombeau aux premiers rayons de l'aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; ce moment m&#234;me, son &#339;uvre est consomm&#233;e. J&#233;sus a pay&#233; de son sang la ran&#231;on de nos p&#233;ch&#233;s, il a vaincu la mort en ressuscitant glorieux ; n'a-t-il pas le droit de choisir pour son d&#233;part l'heure o&#249; le soleil, son image, verse tous ses feux et inonde de lumi&#232;re cette terre que son R&#233;dempteur va &#233;changer pour le ciel ? Salut donc, heure de midi deux fois sacr&#233;e, puisque tu nous redis chaque jour et la mis&#233;ricorde et la victoire de notre Emmanuel ! Gloire &#224; toi pour la double aur&#233;ole que tu portes : le salut de l'homme par la croix, et rentr&#233;e de l'homme au royaume des cieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'&#234;tes-vous pas aussi vous-m&#234;me le Midi de nos &#226;mes, &#244; J&#233;sus, Soleil de justice ! Cette pl&#233;nitude de lumi&#232;re &#224; laquelle nous aspirons, cette ardeur de l'amour &#233;ternel qui seul peut nous rendre heureux, o&#249; les trouverons-nous, sinon en vous qui &#234;tes venu ici-bas &#233;clairer nos t&#233;n&#232;bres et fondre nos glaces ? Dans cette esp&#233;rance, nous &#233;coutons les m&#233;lodieuses paroles de Gertrude votre fid&#232;le &#233;pouse, et nous sollicitons la gr&#226;ce de pouvoir un jour les r&#233;p&#233;ter apr&#232;s elle : &#171; O amour, &#244; Midi dont l'ardeur est si douce, vous &#234;tes a l'heure du repos sacr&#233;, et la paix enti&#232;re que l'on go&#251;te en vous fait nos d&#233;lices. O mon Bien-Aim&#233;, &#233;lu et choisi au-dessus de toute cr&#233;ature, faites-moi savoir, montrez-moi le lieu o&#249; vous paissez votre troupeau, o&#249; vous prenez votre repos &#224; l'heure de midi. Mon c&#339;ur s'enflamme &#224; la pens&#233;e de vos doux loisirs &#224; ce moment. Oh ! S'il m'&#233;tait donn&#233; d'approcher de vous assez pr&#232;s pour n'&#234;tre plus seulement pr&#232;s de vous, mais en vous ! Par votre influence, &#244; Soleil de justice, toutes les fleurs des vertus sortiraient de moi qui ne suis que cendre et poussi&#232;re. F&#233;cond&#233;e par vos rayons, &#244; mon Ma&#238;tre et mon &#201;poux, mon &#226;me produirait les nobles fruits de toute perfection. Enlev&#233;e de cette vall&#233;e de mis&#232;re, admise &#224; contempler vos traits si d&#233;sir&#233;s, mon bonheur &#233;ternel serait de a penser que vous n'avez pas d&#233;daign&#233;, &#244; miroir sans tache, de vous unir &#224; une p&#233;cheresse telle que moi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exercitia S. Gertrudis. Die V.&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur J&#233;sus a disparu de la terre ; mais son souvenir et ses promesses sont demeur&#233;s au fond du c&#339;ur de la sainte &#201;glise. Elle suit par la pens&#233;e le triomphe si splendide de son &#201;poux, triomphe si m&#233;rit&#233; apr&#232;s l'&#339;uvre accomplie du salut des hommes. Elle ressent son veuvage ; mais elle attend d'une foi ferme le Consolateur promis. Cependant les heures s'&#233;coulent, le soir approche ; elle rassemble alors ses enfants, et dans l'Office des V&#234;pres, elle repasse avec eux le profond myst&#232;re de ce grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes des Psaumes reproduisent le r&#233;cit de l'&#233;v&#233;nement qui s'est accompli &#224; l'heure de midi ; elles sont m&#233;lodieuses, mais non sans une expression triste comme il convient au jour des adieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne, pleine de suavit&#233;, a pour auteur saint Ambroise ; mais elle a &#233;t&#233; retouch&#233;e plus ou moins heureusement au XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne qui accompagne le cantique de Marie est une invitation &#224; J&#233;sus de se souvenir de sa promesse, et de ne pas tarder &#224; consoler son &#201;pouse par l'envoi du divin Esprit. La sainte &#201;glise la r&#233;p&#233;tera chaque jour, jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du don c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendrons, dans tout le cours de l'Octave, le concert des antiques &#201;glises de la chr&#233;tient&#233;, c&#233;l&#233;brant sur des modes divers, mais dans un m&#234;me sentiment, le m&#233;diateur de Dieu et des hommes qui s'&#233;l&#232;ve aux cieux par sa propre vertu. Donnons aujourd'hui la parole &#224; l'&#201;glise grecque qui, dans son g&#233;nie pompeux, cherche &#224; rendre les magnificences du myst&#232;re. C'est l'Hymne de l'Office du soir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;IN ASSUMPTIONE DOMINI, AD VESPERAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tu fus arriv&#233;, &#244; Christ, sur le mont des Oliviers, afin d'accomplir la volont&#233; du P&#232;re, les Anges c&#233;lestes furent dans l'&#233;tonnement, et les esprits infernaux fr&#233;mirent. Les disciples &#233;prouvaient un sentiment de bonheur m&#234;l&#233; de crainte, tandis que tu leur parlais. En face, &#224; l'Orient, un nuage apparaissait semblable &#224; un tr&#244;ne pr&#233;pare ; le ciel dont les portes &#233;taient ouvertes se montrait dans toute sa beaut&#233; ; et la terre allait apprendre comment Adam, apr&#232;s sa chute, pourra remonter encore. Mais tout &#224; coup tes pieds s'&#233;l&#232;vent dans les airs, comme si une main les soutenait, &#244; Christ ! Ta bouche r&#233;p&#232;te des b&#233;n&#233;dictions aussi longtemps que ses accents se font entendre ; le nuage te re&#231;oit, et bient&#244;t le ciel lui-m&#234;me. Telle est l'&#339;uvre sublime que tu as op&#233;r&#233;e, Seigneur, pour accomplir le salut de nos &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature d'Adam qui &#233;tait tomb&#233;e jusque dans les profondeurs de la terre, cette nature que tu as renouvel&#233;e, &#244; Dieu, tu l'&#233;lev&#233;s aujourd'hui avec toi au-dessus des Principaut&#233;s et des Puissances. Dans ton amour pour elle, tu l'&#233;tablis l&#224; m&#234;me o&#249; tu r&#233;sides ; dans ta compassion, tu te l'&#233;tais unie, tu avais souffert en elle, toi qui es impassible : et &#224; cause de ses souffrances que tu as partag&#233;es, tu l'associes aujourd'hui &#224; ta gloire. Les esprits c&#233;lestes se sont &#233;cri&#233;s : &#171; Quel est cet homme &#233;clatant de beaut&#233;, et qui n'est pas seulement un homme, mais un Dieu-homme, ayant les deux natures ? &#187; Cependant, d'autres Anges au vol rapide et v&#234;tus de longues tuniques, descendaient vers les disciples et leur disaient : &#171; Hommes de Galil&#233;e, J&#233;sus, homme-Dieu, qui vient de vous quitter, reviendra Dieu-homme, pour juger les vivants et les morts, et pour faire part &#224; ceux qui croient en lui du pardon et de sa grande mis&#233;ricorde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tu fus enlev&#233; dans la gloire aux regards de tes disciples, &#244; Christ Dieu, un nuage re&#231;ut ton humanit&#233;, les portes du ciel s'&#233;lev&#232;rent, le ch&#339;ur des Anges tressaillit d'all&#233;gresse et les Vertus c&#233;lestes criaient avec transport : &#171; Princes, &#233;levez vos portes, et le Roi de gloire entrera. &#187; Cependant, tes disciples dans la stupeur disaient : &#171; Ne vous s&#233;parez pas de nous, &#244; bon Pasteur, mais envoyez-nous votre Esprit tr&#232;s saint, pour diriger et affermir nos &#226;mes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir accompli dans ta bont&#233;, Seigneur, le myst&#232;re qui avait &#233;t&#233; cach&#233; aux si&#232;cles et aux g&#233;n&#233;rations, tu es venu sur le mont des Oliviers avec tes disciples, ayant avec toi celle qui t'a enfant&#233;, &#244; cr&#233;ateur et auteur de toutes choses ! Il &#233;tait juste que celle qui, dans ta Passion, avait souffert plus que tout autre dans son c&#339;ur maternel, f&#251;t appel&#233;e &#224; jouir aussi plus que tout autre du triomphe de ton humanit&#233;. Nous donc qui entrons en participation de sa joie dans ton Ascension, Seigneur, nous glorifions ta grande mis&#233;ricorde envers nous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Terminons la journ&#233;e par cette belle pri&#232;re du Br&#233;viaire mozarabe.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ORATIO.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unigenite Dei Filius, qui devicta morte de terrenis ad c&#339;lestia
transitum faciens, quasi filius hominis apparens, in throno magnam claritatem habens, quem omnis militia c&#339;lestis exercitus Angelorum laudat : pr&#230;be nobis, ut nullis flagitiorum vinculis in corde hujus s&#230;culi illigemur, qui te ad Patrem ascendisse gloriosa fidei devotione concinimus ; ut illic indesinenter cordis nostri dirigatur obtutus, quo tu ascendisti post vulnera gloriosus. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Fils unique de Dieu, &#244; vous qui, vainqueur de la mort, avez pass&#233; de la terre au ciel ; Fils de l'Homme dans votre nature ext&#233;rieure, &#233;blouissant d'&#233;clat sur votre tr&#244;ne, objet continuel des louanges de toutes les milices c&#233;lestes, ne permettez pas que nous nous laissions encha&#238;ner par les liens coupables de ce monde, nous qui, dans les transports de notre foi, c&#233;l&#233;brons votre Ascension vers le P&#232;re. Faites que l'&#339;il de notre c&#339;ur soit &#224; jamais fixe l&#224; o&#249; vous &#234;tes mont&#233; plein de gloire, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bless&#233; ici-bas. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;O notre Emmanuel ! Vous &#234;tes donc enfin par-parvenu au terme de votre &#339;uvre, et c'est aujourd'hui m&#234;me que nous vous voyons entrer dans votre repos. Au commencement du monde, vous aviez employ&#233; six jours pour disposer toutes les parties de cet univers cr&#233;&#233; par votre puissance ; apr&#232;s quoi vous rentr&#226;tes dans votre repos. Plus tard, lorsque vous e&#251;tes r&#233;solu de relever votre &#339;uvre tomb&#233;e par la malice de l'ange rebelle, votre amour vous fit passer, durant le cours de trente-trois ann&#233;es, par une succession sublime d'actes &#224; l'aide desquels s'op&#233;raient notre r&#233;demption et notre r&#233;tablissement au degr&#233; de saintet&#233; et de gloire dont nous &#233;tions d&#233;chus. Vous n'avez rien oubli&#233;, &#244; J&#233;sus, de ce qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#233;ternellement dans les conseils de la glorieuse Trinit&#233;, de ce que les Proph&#232;tes avaient annonc&#233; de vous. Votre triomphante Ascension met le sceau &#224; la mission que vous avez daign&#233; accomplir dans votre mis&#233;ricorde. Pour la seconde fois vous entrez dans votre repos ; mais vous y entrez avec la nature humaine appel&#233;e d&#233;sormais aux honneurs divins. D&#233;j&#224; les justes de notre race que vous avez retir&#233;s des limbes prennent rang dans les ch&#339;urs ang&#233;liques, et en partant vous nous avez dit &#224; nous-m&#234;mes : &#171; Je vais vous pr&#233;parer une place &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 2.&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confiants dans votre parole, &#244; Emmanuel, r&#233;solus &#224; vous suivre dans tous vos myst&#232;res qui n'ont &#233;t&#233; accomplis que pour nous, &#224; vous accompagner dans l'humilit&#233; de votre Bethl&#233;hem, dans la participation aux douleurs de votre Calvaire, dans la r&#233;surrection de votre P&#226;que, nous aspirons &#224; imiter aussi, quand l'heure sera venue, votre triomphante Ascension. En attendant, nous nous unissons aux ch&#339;urs des saints Ap&#244;tres qui saluent votre arriv&#233;e, &#224; nos P&#232;res dont l'heureuse multitude vous accompagne et vous suit. Tenez vos regards divins fix&#233;s sur nous, &#244; divin Pasteur ! Le moment de la r&#233;union n'est pas arriv&#233; encore. Gardez vos brebis, et veillez &#224; ce que pas une ne s'&#233;gare et ne manque au rendez-vous. Instruits d&#233;sormais de la fin qui nous attend, fermes dans l'amour et la m&#233;ditation des myst&#232;res qui nous ont conduits &#224; celui d'aujourd'hui, nous l'adoptons en ce jour comme l'objet de notre attente, comme le terme de nos d&#233;sirs. C'est le but que vous vous &#234;tes propos&#233; en venant en ce monde, descendant jusqu'&#224; notre bassesse, pour nous enlever ensuite jusqu'&#224; vos grandeurs, vous faisant homme afin de faire de nous des dieux. Mais jusqu'au moment qui nous r&#233;unira &#224; vous, que ferions-nous ici-bas, si la Vertu du Tr&#232;s-Haut que vous nous avez promise ne descendait bient&#244;t sur nous, si elle ne nous apportait la patience dans l'exil, la fid&#233;lit&#233; dans l'absence, l'amour seul capable de soutenir un c&#339;ur qui soupire apr&#232;s la possession ? Venez donc, &#244; divin Esprit ! Ne nous laissez pas languir, afin que notre &#339;il demeure fix&#233; au ciel o&#249; J&#233;sus r&#232;gne et nous attend, et ne permettez pas que cet &#339;il mortel soit tent&#233;, dans sa lassitude, de s'abaisser sur un monde terrestre o&#249; J&#233;sus ne se laissera plus voir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Saint-Pierre.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La solennit&#233; liturgique de l'Ascension, moins antique que celle de la Pentec&#244;te, est toutefois parmi les plus anciennes du cycle, et bien qu'on ne la trouve pas dans les t&#233;moignages documentaires ant&#233;rieurs &#224; Eus&#232;be&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Sol. Pasch., c. v. P. G., XXIV, col. 699.&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette f&#234;te &#233;tait pourtant d&#233;j&#224; si universelle que saint Augustin put en attribuer la premi&#232;re institution aux ap&#244;tres eux-m&#234;mes. Dans l'antiquit&#233;, la caract&#233;ristique de la f&#234;te de ce jour &#233;tait une solennelle procession qui se faisait vers midi en souvenir des Ap&#244;tres accompagnant J&#233;sus hors de la ville sur le mont des Oliviers. A Rome, apr&#232;s les offices nocturnes et la messe c&#233;l&#233;br&#233;e sur l'autel de Saint-Pierre, le Pape &#233;tait couronn&#233; par les cardinaux et, vers l'heure de sexte, se rendait au Latran, accompagn&#233; par les &#233;v&#234;ques et par le clerg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui J&#233;sus s'est d&#233;rob&#233; &#224; la vue de ses fid&#232;les disciples, lesquels gardent toutefois leurs yeux lev&#233;s au ciel, s'effor&#231;ant de revoir encore une fois le divin Ma&#238;tre. Mais cette vie contemplative, toute absorb&#233;e dans la vision b&#233;atifique du Paradis, est r&#233;serv&#233;e aux &#233;lus de l'&#201;glise triomphante. Ceux-ci ont leur r&#233;compense in mercede contemplationis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans la r&#233;compense de la contemplation &#187;, St Augustin, Tract. 124 in Joan. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le dit saint Augustin dans une hom&#233;lie c&#233;l&#232;bre que la liturgie nous fait lire au Br&#233;viaire le jour de saint Jean l'&#201;vang&#233;liste. Notre vocation au contraire doit &#234;tre in opere actionis ; aussi, en ce jour, la liturgie, dans l'intro&#239;t, avec une m&#233;lodie qui est parmi les plus belles du recueil gr&#233;gorien, nous r&#233;p&#232;te-t-elle les paroles des Anges aux Ap&#244;tres : &#171; O Galil&#233;ens, que regardez-vous dans le ciel ? Ce J&#233;sus qui y est all&#233; sous vos yeux reviendra dans la m&#234;me majest&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ita veniet&lt;/i&gt;. Voil&#224; notre consolation dans les douleurs et l'isolement de la vie. J&#233;sus s'est &#233;loign&#233;, mais il reviendra certainement. Cette attente de J&#233;sus doit d&#233;terminer, pour ainsi dire, tout le rythme de notre vie int&#233;rieure, le c&#339;ur palpitant et les yeux de la foi fix&#233;s l&#224;-haut vers le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est pleine de beaut&#233;. Le Ma&#238;tre est mont&#233; au ciel pour nous y pr&#233;parer une place. Il est notre Chef, et c'est seulement par une esp&#232;ce de violence que ses membres mystiques sont contraints &#224; rester encore sur la terre. Ne pouvant tout de suite rejoindre J&#233;sus en paradis, nous devons du moins habiter dans le ciel par nos affections, nos pens&#233;es, nos d&#233;sirs, en sorte que, exil&#233;s ici-bas avec notre corps, nous puissions dire pourtant avec saint Paul : conversatio nostra in c&#230;lis est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Notre vie est dans les cieux &#187;, Philip. 3, 20.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est tir&#233;e des Actes (I, 1-11) ; c'est le r&#233;cit de l'Ascension. J&#233;sus s'&#233;l&#232;ve au ciel du mont des Oliviers, o&#249; pr&#233;cis&#233;ment il avait commenc&#233; la Passion, et par l&#224; il nous enseigne que la Croix est l'unique moyen d'arriver au paradis. Il promet aux Ap&#244;tres l'Esprit Saint, seulement apr&#232;s son entr&#233;e triomphale dans son royaume, parce qu'il convenait que la pl&#233;nitude de la gloire se r&#233;pand&#238;t du Chef dans les membres. Avant de se d&#233;rober &#224; leurs regards, J&#233;sus b&#233;nit les Ap&#244;tres, pour les assurer de sa continuelle assistance, intime et invisible, dans le secret du c&#339;ur. C'est l&#224; que J&#233;sus, par l'op&#233;ration du Saint-Esprit, &#233;tablit le temple o&#249; il vient r&#233;sider avec son Divin P&#232;re. Les Anges invitent les Ap&#244;tres &#224; d&#233;tourner du ciel leurs regards, parce que la vie pr&#233;sente est le temps du labeur et non celui du repos. Maintenant l'on s&#232;me ; ensuite on moissonnera. On s&#232;me dans les sueurs et dans la douleur, et l'on moissonnera dans la joie. C'est pourquoi nous devons travailler ; mais m&#234;me en ceci il y a une r&#232;gle &#224; observer. Nous devons travailler comme font les Anges, quand ils exercent leur fid&#232;le minist&#232;re de garde &#224; notre endroit. Ils nous assistent et se tiennent continuellement &#224; nos c&#244;t&#233;s, mais en m&#234;me temps leur regard est fix&#233; en paradis, extasi&#233; dans la contemplation de la splendeur du P&#232;re &#201;ternel in quem desiderant Angeli prospicere&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Que les Anges d&#233;sirent contempler &#224; fond &#187;, I Petr. 1, 12.&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le verset all&#233;luiatique tir&#233; du psaume 46 : Dieu s'est &#233;lev&#233; dans la jubilation et au son des trompettes des milices ang&#233;liques, qui l'acclament leur chef et sauveur, et lui rendent gr&#226;ces parce qu'au moyen de la r&#233;demption des hommes il comble dans leurs rangs les vides autrefois laiss&#233;s par les Anges apostats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre motif qui rendit plus belle l'Ascension de J&#233;sus fut le fait que, selon toute probabilit&#233;, le Sauveur fut accompagn&#233; dans son triomphe par ces saints Patriarches et Proph&#232;tes qui sortirent de leurs tombes au moment o&#249; J&#233;sus expira sur la croix, et qui, apr&#232;s sa r&#233;surrection, se montr&#232;rent visiblement &#224; de nombreuses personnes &#224; J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pr&#233;c&#233;dant l'&#201;vangile provient du psaume 67 : Dieu qui se montra sur le Sina&#239; s'&#233;l&#232;ve maintenant et entra&#238;ne avec lui esclave l'esclavage lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire qu'il triomphe du p&#233;ch&#233; et du d&#233;mon dont il foule aux pieds la puissance qu'il tient encha&#238;n&#233;e. Le chr&#233;tien ne doit donc pas craindre Satan. Il est comme un chien attach&#233;, qui ne peut mordre que ceux qui s'approchent imprudemment de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique avec le r&#233;cit de l'Ascension est tir&#233;e de saint Marc (XVI, 14-20), lequel, dans un unique tableau, recueille toute l'histoire des quarante jours pass&#233;s par J&#233;sus ressuscit&#233; avec ses Ap&#244;tres, et aussi l'histoire ult&#233;rieure de l'&#201;glise. Les disciples re&#231;oivent la puissance d'op&#233;rer des miracles, pour confirmer la divinit&#233; de leur mission, et ils vont pr&#234;cher sur tous les points de la terre. Du haut du ciel, J&#233;sus donne l'efficacit&#233; &#224; leur parole, et ainsi l'&#201;glise, &#224; l'image du Divin Ma&#238;tre dont elle continue l'&#339;uvre bienfaisante, passe &#224; travers le monde : pertransiit benefaciendo et sanando&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il est all&#233; de lieu en lieu en faisant le bien, et en gu&#233;rissant &#187;, Act. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne faut pas croire que ce tableau convient seulement &#224; l'&#226;ge apostolique. Non, l'&#201;glise est encore maintenant telle qu'elle &#233;tait alors. Il n'est aucun genre de bienfaisance corporelle et spirituelle auquel elle ne se consacre, encore &#224; pr&#233;sent, sp&#233;cialement au moyen de ses admirables corporations religieuses. Quant au don des miracles, lui aussi est un charisme qui n'a jamais manqu&#233; &#224; l'&#201;glise. Bien plus, il est en si intime relation avec sa note de saintet&#233;, que, dans sa sage prudence, l'&#201;glise, avant d'inscrire l'un de ses membres au catalogue des Saints, exige que les prodiges obtenus par son intercession soient d'abord juridiquement discut&#233;s, d&#233;montr&#233;s et approuv&#233;s. Et ces proc&#232;s apostoliques jug&#233;s par la Sacr&#233;e Congr&#233;gation des Rites, tribunal comp&#233;tent en la mati&#232;re, sont toujours tr&#232;s nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne de l'offertoire provient du psaume 46 : &#171; Dieu monte au ciel au milieu de la jubilation des anges qui soufflent dans les trompettes. &#187; Le jour de l'incarnation, ils annon&#231;aient la gloire seulement au ciel : Gloria in excelsis Deo ; sur la terre, tandis que le Sauveur s'humiliait, le don le plus &#224; propos &#233;tait celui de la paix entre Dieu et les hommes : et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Mais aujourd'hui qu'est accomplie la magnifique r&#233;demption, la gloire du ciel se refl&#232;te aussi sur la terre, puisque la barri&#232;re de division ayant &#233;t&#233; &#244;t&#233;e, des deux familles, ang&#233;lique et humaine, il ne s'en fait plus qu'une ; aussi, tandis que J&#233;sus, caput hominum et Angelorum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Chef des hommes et des Anges &#187;.&#034; id=&#034;nh7-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'assied glorieux &#224; la droite du P&#232;re, les membres de son corps mystique, en qui il vit et op&#232;re encore, se trouvent ici sur la terre. De m&#234;me donc que le Sauveur r&#233;unit ces deux attributions : le Chef est glorieux au ciel et les membres travaillent dans le monde, ainsi l'&#201;glise milite ici-bas, mais, dans la personne de son Chef, elle a d&#233;j&#224; commenc&#233; la vie glorieuse du Paradis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte sur les oblations, nous rappelons aujourd'hui au Seigneur que l'offrande des dons est consacr&#233;e &#224; comm&#233;morer l'immense gloire de l'Ascension du Christ, cons&#233;quence de sa Passion. C'est pourquoi nous le supplions d'aplanir aussi pour nous la voie du ciel, &#233;tant de devant nos pas toutes les pierres d'achoppement, en sorte que nous puissions s&#251;rement atteindre le but d&#233;sir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'ailleurs remarquer qu'ici nous ne demandons point que les soldats du Christ soient absolument soustraits au combat et maintenus dans les quartiers d'hiver ; &#8212; non, car la vie est le temps de la lutte &#8212; mais nous supplions Dieu d'&#233;carter de notre route l'unique vrai mal et p&#233;ril que nous puissions rencontrer, celui de l'offenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'anaphore eucharistique d'introduction au trisagion, selon l'usage romain dont parlait le pape Vigile &#233;crivant &#224; Profuturus de Braga, nous ins&#233;rons durant toute l'octave de l'Ascension la comm&#233;moration de ce sublime myst&#232;re : &#171; Qui (le Christ), apr&#232;s sa R&#233;surrection, apparut indiscutablement &#224; ses disciples, et, sous leurs yeux, s'&#233;leva au ciel, dans le but de nous donner part &#224; sa divinit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui post resurrecti&#243;nem suam &#243;mnibus disc&#237;pulis suis manif&#233;stus app&#225;ruit, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la signification de la f&#234;te de ce jour, et la fin que se propose le Christ en montant au ciel. Il atteint pleinement ce but le jour de la Pentec&#244;te, quand il nous donne avec l'Esprit Saint, sa vie divine elle-m&#234;me, le c&#339;ur m&#234;me de la divinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement des diptyques apostoliques, l'on fait aussi m&#233;moire de la solennit&#233; du jour : &#171; Comm&#233;morant le jour tr&#232;s sacr&#233; o&#249; votre Fils unique et notre Seigneur fit asseoir &#224; votre droite glorieuse notre fragile nature, qu'il avait voulu unir &#224; sa personne divine... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Diem sacrat&#237;ssimum celebr&#225;ntes quo D&#243;minus noster, unig&#233;nitus F&#237;lius tuus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion est tir&#233;e du psaume 67 : &#171; Chantez des hymnes au Seigneur qui, du c&#244;t&#233; de l'Orient, monte au plus haut des cieux. &#187; Le plus haut des cieux signifie ici le tr&#244;ne m&#234;me de la divinit&#233;, qu'aujourd'hui va occuper la sainte humanit&#233; de J&#233;sus. Il s'&#233;l&#232;ve du c&#244;t&#233; de l'Orient, parce que toutes les &#339;uvres de Dieu sont resplendissantes, lumineuses, sans que l'&#201;glise ait jamais eu, comme les th&#233;osophes modernes, deux doctrines, l'une cach&#233;e, r&#233;serv&#233;e aux initi&#233;s, et l'autre commune, pour le grand public. Dieu fait ses &#339;uvres &#224; la lumi&#232;re du soleil. Le Christ meurt sur une colline, en pr&#233;sence de tout un peuple, au grand jour de la Parasc&#232;ve de J&#233;rusalem ; J&#233;sus ressuscite et se fait voir, non seulement aux Ap&#244;tres mais aux saintes Femmes et m&#234;me &#224; cinq cents personnes rassembl&#233;es. Aujourd'hui il monte au ciel, mais sur une colline, en pr&#233;sence de onze personnes au moins, sans compter la Bienheureuse Vierge et les membres de sa parent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Eucharistie, ou pri&#232;re de remerciement, nous supplions la divine cl&#233;mence de faire que le signe visible de la gr&#226;ce, c'est-&#224;-dire le Sacrement, atteigne int&#233;rieurement la pl&#233;nitude de son effet. Nous demandons par l&#224; que l'incorporation mat&#233;rielle &#224; la Victime du sacrifice eucharistique nous unisse spirituellement &#224; J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La supr&#234;me glorification du Chef qui, aujourd'hui, va s'asseoir &#224; la droite du P&#232;re dans le ciel, se r&#233;pand dans les membres, &#224; l'&#233;gal de ce baume parfum&#233; qui, selon le psaume 132, descendit de la t&#234;te d'Aaron sur sa barbe et sur ses splendides v&#234;tements pontificaux. Cette onction spirituelle est le charisme du Saint-Esprit qu'en ce jour J&#233;sus, du ciel, obtient &#224; l'&#201;glise. Le lien est donc tr&#232;s intime, entre l'Ascension et la Pentec&#244;te. L'une ne s'explique pas sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;STATION A SAINT PIERRE&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'Ascension du Christ est notre &#233;l&#233;vation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le chant de l'&#201;vangile, le diacre &#233;teint le cierge pascal, le symbole de la R&#233;surrection. Par cette simple c&#233;r&#233;monie, la liturgie veut exprimer que le Christ est mont&#233; aujourd'hui au ciel. A chaque messe, le pr&#234;tre dit : &#171; Nous nous rappelons la bienheureuse Passion, la R&#233;surrection des morts et la glorieuse Ascension de ton Fils... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Canon Romain.&#034; id=&#034;nh7-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Premi&#232;res impressions.&lt;/strong&gt; &#8212; Quand des personnes ch&#232;res se s&#233;parent de nous, nous nous affligeons, m&#234;me si nous savons qu'elles rencontreront un sort meilleur. Aussi nous pourrions penser que l'&#201;glise assistera &#224; l'Ascension avec m&#233;lancolie. Il n'en est rien. La f&#234;te est exclusivement une f&#234;te de joie. Une double joie remplit nos c&#339;urs ; nous nous r&#233;jouissons pour le Seigneur et pour nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) La journ&#233;e de l'Ascension est un triomphe du Christ, une f&#234;te de victoire. Le Seigneur a bien m&#233;rit&#233; son triomphe. Rappelons-nous toutes les phases et toutes les &#233;tapes de sa vie terrestre. Il a quitt&#233; le tr&#244;ne de son P&#232;re et s'est abaiss&#233; dans le sein de la Vierge, il a &#233;t&#233; couch&#233; sur la rude paille de la Cr&#232;che de Bethl&#233;em, il a d&#251; fuir en &#201;gypte, fuir son propre peuple ; il a v&#233;cu dans l'obscurit&#233; &#224; Nazareth, comme un simple artisan ; puis il s'est fatigu&#233; &#224; parcourir la Galil&#233;e et la Jud&#233;e &#224; la recherche de la brebis perdue. Il a &#233;t&#233; m&#233;connu, il n'a pas &#233;t&#233; aim&#233; par ses fr&#232;res. Enfin, il a endur&#233; sa Passion r&#233;demptrice depuis le mont des Oliviers jusqu'au Golgotha. Pourquoi tout cela ? Parce qu'il nous a aim&#233;s. Quel but poursuivait-il ? Nous racheter du pouvoir du diable et nous introduire dans la patrie c&#233;leste. Et maintenant son &#339;uvre, &#224; laquelle il a consacr&#233; son amour et le sang de ses veines, est achev&#233;e. Il peut, aujourd'hui, jeter un regard joyeux sur sa vie &#233;coul&#233;e. &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article278'&gt;Hier, la liturgie nous a montr&#233; son Ascension en deux images&lt;/a&gt; : le vainqueur s'avance triomphant, il entra&#238;ne avec lui dans son triomphe les prisonniers, c'est-&#224;-dire nous-m&#234;mes, les enfants de Dieu rachet&#233;s par lui ; il fait part de son butin, c'est-&#224;-dire des gr&#226;ces de la R&#233;demption &#224; l'&#201;glise. Le Fils rentre dans la maison paternelle, il est re&#231;u avec joie par son P&#232;re ; mais il lui pr&#233;sente des nouveaux fr&#232;res et s&#339;urs, l'humanit&#233; rachet&#233;e. Nous pouvons dire que la f&#234;te de l'Ascension est, en m&#234;me temps, l'accession au tr&#244;ne et le couronnement du Christ comme Roi du ciel et de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Cette f&#234;te est aussi un jour de joie pour nous. La glorification du Seigneur dans son Ascension est aussi l'&#233;l&#233;vation de la nature humaine ; c'est notre glorification. C'est l&#224; une pens&#233;e qui a profond&#233;ment impressionn&#233; les P&#232;res. Notre nature humaine participe aux plus hauts honneurs divins. Le Christ. en effet, est entr&#233; au ciel avec son corps humain, avec sa nature humaine ; il est assis sur le tr&#244;ne de Dieu et il restera avec sa nature humaine &#233;ternellement. C'est l&#224; une distinction inou&#239;e pour les hommes. L'un des n&#244;tres, notre chef, est assis sur le tr&#244;ne de Dieu ; ainsi donc nous aussi, les membres de son corps, nous sommes divinis&#233;s. C'est pourquoi la pr&#233;face de la f&#234;te chante d'une mani&#232;re significative : &#171; Il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; pour nous faire participer &#224; sa divinit&#233; &#187;. C'est l&#224; une divine noblesse qui nous est communiqu&#233;e par l'Ascension. Mais cela constitue, pour nous, une imp&#233;rieuse exigence : Sursum corda. Le p&#233;ch&#233; ne monte pas au ciel avec le Christ. Le p&#233;ch&#233; est comme une cha&#238;ne qui nous lie &#224; la terre. Brisons ces liens du p&#233;ch&#233;. Nous devons d'abord monter au ciel avec la volont&#233; et le d&#233;sir (&#171; demeurer de c&#339;ur au ciel &#187;). Ensuite, nous y suivrons le Seigneur en corps et en &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Solennit&#233; du jour.&lt;/strong&gt; &#8212; Cette fois encore, c&#233;l&#233;brons cette f&#234;te enti&#232;rement avec l'&#201;glise, dans la pri&#232;re des Heures et &#224; la messe. Hier, nous avons r&#233;cit&#233; les Heures du soir en commun ou, tout au moins, nous avons r&#233;cit&#233; les v&#234;pres dans notre particulier. Dans les antiennes, nous voyons le Roi montant au ciel. L'image centrale, au br&#233;viaire comme &#224; la messe, est celle-ci : &#171; Hommes de Galil&#233;e, pourquoi regardez-vous vers le ciel ? Comme vous l'avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra, All&#233;luia &#187; (I. Ant. Intr.). L'hymne est d'un magnifique mouvement (Salutis humanae Sator) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Auteur du salut des humains, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;J&#233;sus, d&#233;lices de nos c&#339;urs, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Du monde rachet&#233; tu fus le Cr&#233;ateur &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et te chaste clart&#233; brille sur ceux qui t'aiment. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, vers le ciel, le guide et le sentier, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois l'id&#233;al de tous nos c&#339;urs, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, dans nos pleurs, le r&#233;confort, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, de la vie, la douce r&#233;compense.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;A l'antienne de Magnificat, nous voyons le Seigneur sur le seuil de la c&#233;leste maison paternelle : &#171; P&#232;re, j'ai annonc&#233; ton nom parmi les hommes que tu m'as donn&#233;s : maintenant, je te prie pour eux, non pour le monde, car je viens vers toi, All&#233;luia &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit ou de bonne heure le matin, nous r&#233;citons les Matines. C'est la r&#233;union des psaumes royaux. Les antiennes font ressortir avec pr&#233;dilection des expressions comme celle-ci : exalter, &#233;lever (exaltare, elevare). Les le&#231;ons du deuxi&#232;me et du troisi&#232;me nocturnes sont tr&#232;s riches de pens&#233;es et d'autant plus pr&#233;cieuses que toutes les deux furent prononc&#233;es comme hom&#233;lies par les papes saint L&#233;on 1er et saint Gr&#233;goire 1er. &#171; Il y avait vraiment une grande et ineffable cause de nous r&#233;jouir quand la nature humaine qui &#233;tait unie au Fils de Dieu s'&#233;leva devant les yeux de la sainte troupe des disciples, bien au-dessus de tous les Esprits c&#233;lestes, bien au-dessus des ch&#339;urs des anges et m&#234;me au-dessus des hauteurs des archanges. Elle devait d&#233;passer toutes les hi&#233;rarchies c&#233;lestes et ne s'arr&#234;ter qu'au tr&#244;ne de Dieu, o&#249; elle participerait &#224; sa gloire puisqu'elle est unie &#224; sa nature dans la Personne du Fils. Puisque l'Ascension du Christ est notre propre &#233;l&#233;vation, et puisque l&#224; o&#249; nous a pr&#233;c&#233;d&#233;s le Chef glorieux le corps (mystique) peut lui aussi diriger son esp&#233;rance, tressaillons, mes bien-aim&#233;s, d'une joie profonde et que de pieuses actions de gr&#226;ces s'unissent &#224; notre joie. Aujourd'hui, en effet, nous ne recouvrons pas seulement le paradis (perdu), mais nous avons p&#233;n&#233;tr&#233; dans les hauteurs du ciel. Nous avons beaucoup plus re&#231;u par la gr&#226;ce ineffable du Christ que nous n'avions perdu par l'envie du diable. Car les enfants d'Adam, que l'ennemi venimeux avait chass&#233;s du bonheur de leur premier s&#233;jour, le Fils de Dieu se les est incorpor&#233;s et les a plac&#233;s &#224; la droite du P&#232;re &#187; (Saint L&#233;on).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand nous lisons que les disciples ne crurent &#224; la R&#233;surrection du Seigneur qu'apr&#232;s une longue h&#233;sitation, pensons moins &#224; leur faiblesse qu'&#224; ce que je pourrais appeler notre future fermet&#233; dans la foi. Car, pr&#233;cis&#233;ment, par ce fait qu'ils dout&#232;rent, la R&#233;surrection fut d&#233;montr&#233;e par de nombreuses preuves. Et nous qui lisons maintenant ce r&#233;cit, nous sommes, par leur doute, affermis dans la foi. Assur&#233;ment Marie-Madeleine m'a moins servi que Thomas qui douta longtemps. Celui-ci, en effet, parce qu'il douta, toucha les cicatrices des blessures et, ainsi, gu&#233;rit les blessures du doute dans notre c&#339;ur &#187; (Saint Gr&#233;goire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conviendrait de r&#233;citer les Laudes sur une hauteur (de se transporter en esprit sur le mont des Oliviers). Notre &#226;me ressent aujourd'hui toute la fra&#238;cheur de la joie et tous les transports de l'all&#233;gresse. Quand le soleil se l&#232;ve, nous entendons le Sauveur qui nous quitte nous adresser ces paroles : &#171; Je monte vers mon P&#232;re et votre P&#232;re, vers mon Dieu et votre Dieu, All&#233;luia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;La messe (Viri Galil&#230;i).&lt;/strong&gt; &#8212; Apr&#232;s les petites Heures de Prime et de Tierce, nous c&#233;l&#233;brons la messe solennelle. C'est le point culminant de la f&#234;te et la r&#233;alisation mystique de son myst&#232;re. L'&#233;glise de station est Saint-Pierre. Nous nous r&#233;unissons dans la grande &#233;glise mondiale de Rome pour c&#233;l&#233;brer les saints myst&#232;res, dans cette &#233;glise o&#249; saint L&#233;on et saint Gr&#233;goire prononc&#232;rent les hom&#233;lies que nous avons lues au br&#233;viaire. Les f&#234;tes du Christ-Roi se c&#233;l&#232;brent &#224; Saint-Pierre (No&#235;l, &#201;piphanie). Mais Saint-Pierre est aujourd'hui, pour nous, J&#233;rusalem ; nous y prenons notre repas avec le Christ (Le&#231;on et &#201;vang.). C'est aussi le mont des Oliviers o&#249; nous accompagnons le Seigneur et d'o&#249; nous le voyons monter au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t nous pr&#233;sente une belle image. Les Ap&#244;tres l&#232;vent les yeux vers le ciel. C'est un symbole de l'&#201;glise. Depuis que le Christ est remont&#233; au ciel, elle ne cesse de regarder vers le ciel dans une ardente attente jusqu'&#224; ce qu'il &#171; revienne &#187; (Ici aussi, le d&#233;sir de parousie de l'&#201;glise se fait jour). Nous chantons le psaume proprement dit de l'Ascension (46) qui revient aujourd'hui dans presque tous les chants psalmodiques : &#171; Que tous les peuples battent des mains &#187; (nous sommes dans l'&#233;glise Saint-Pierre qui est l'&#233;glise des gentils).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oraison : Depuis que le Ma&#238;tre est au ciel, &#171; nous devons aussi demeurer de c&#339;ur au ciel &#187;. Dans la le&#231;on et l'&#201;vangile, nous prenons part aux derni&#232;res heures terrestres du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux lectures font remarquer que le Seigneur apparut aux siens &#171; pendant le repas &#187;. Il nous appara&#238;t aussi &#224; nous, maintenant, pendant le banquet eucharistique : Apr&#232;s le chant de l'&#201;vangile, on &#233;teint le cierge pascal, le symbole au Ressuscit&#233;. Dans la procession de l'Offrande, nous formons un cort&#232;ge de f&#234;te et nous accompagnons le Seigneur montant au ciel, avec des chants d'all&#233;gresse et au son des trompettes. A la procession de la Communion, nous nous dirigeons encore vers l'&#171; Est &#187; et nous voyons le Seigneur s'&#233;lever au-dessus de tous les cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;Le psaume de l'Ascension (ps. 46).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Le Roi de son peuple&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Vous tous, peuples, battez des mains, c&#233;l&#233;brez Dieu par des cris d'all&#233;gresse ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Car Dieu, le Tr&#232;s-Haut, est redoutable, le grand Roi du monde entier. &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est lui qui nous assujettit les peuples, qui met les nations sous nos pieds. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour nous, il nous a choisis pour son h&#233;ritage, il a aim&#233; le beau pays de Jacob.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;II. Le Roi des Gentils.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dieu s'&#233;l&#232;ve au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Louez notre Dieu, oui, louez-le, chantez notre Roi, chantez, &lt;br class='manualbr' /&gt;Car Dieu est le Roi de toute la terre ; jouez d'une main habile &lt;br class='manualbr' /&gt;Dieu r&#232;gne aussi sur les Gentils, il si&#232;ge sur son tr&#244;ne saint. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les princes des peuples se r&#233;unissent au Dieu d'Abraham ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Les puissants rois de la terre se sont &#233;lev&#233;s bien haut.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sens litt&#233;ral et construction. &#8212; Le psaume est court, d'une construction simple et facile &#224; comprendre. Ce cantique se divise en deux strophes de quatre vers (le dernier vers est peut-&#234;tre une addition post&#233;rieure.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demandons quelle fut l'occasion du psaume et quel fut son sens originaire. Le peuple juif &#233;tait en guerre avec les pa&#239;ens. On apporta l'arche d'alliance au-dessus de laquelle se manifestait la pr&#233;sence de Dieu dans la nu&#233;e sainte, car le Dieu d'alliance s'avan&#231;ait lui-m&#234;me au combat avec l'arm&#233;e de son peuple. L'objet du combat &#233;tait le saint &#171; h&#233;ritage &#187;, la &#171; gloire de Jacob &#187;, la terre promise. Isra&#235;l fut vainqueur de ses ennemis et le peuple, dans des chants de victoire et d'all&#233;gresse, accompagne le divin Roi, le Dieu de l'alliance qui tr&#244;ne sur l'arche d'alliance, jusque sur les hauteurs du mont Sion. &#8212; Maintenant, le psaume est intelligible : Tous les peuples sont invit&#233;s &#224; rendre hommage au Dieu vainqueur (le battement de mains &#233;tait un signe d'hommage, cf. IV Rois, XI, 12). Cette victoire est la continuation de celle de Josu&#233; qui prit possession de la terre promise. Il &#171; assujettit &#187; les peuples de Chanaan (&#171; les nations sous nos pieds &#187;). Depuis, le divin Roi a &#171; choisi Isra&#235;l pour son h&#233;ritage et a aim&#233; le beau pays de Jacob &#187;. Dans la seconde strophe, nous suivons le cort&#232;ge triomphal vers le mont Sion &#171; au milieu des acclamations et au son des trompettes &#187; ; le Roi monte. Les musiciens du temple sont invit&#233;s &#224; jouer de leurs instruments pour recevoir le Roi. Le psaume s'ach&#232;ve par une vue de l'avenir messianique. Le psalmiste voit, dans une vision proph&#233;tique, les gentils, sous la direction de leurs princes, entrer dans le royaume de Dieu et le Christ r&#233;gner sur l'&#201;glise unie des Gentils et des Juifs (le dernier verset est un peu obscur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Application liturgique. Pour nous, chr&#233;tiens, le Christ est le divin Roi. Lui aussi est entr&#233; en lutte avec les princes du monde. Ce fut le combat de la R&#233;demption ; sur le champ de bataille du Golgotha, l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire fut vaincu et le Christ conquit un butin (Psaume LXVII, 18-19) : Tu montes sur la hauteur, emmenant la foule des captifs, tu partages le butin parmi les hommes, et maintenant tu emm&#232;nes dans les hauteurs l'humanit&#233; rachet&#233;e, y compris les rebelles (les Gentils). Aujourd'hui, en la f&#234;te de l'Ascension, nous suivons le Christ dans son entr&#233;e triomphale au ciel &#171; avec des acclamations et au son des trompettes &#187;. Nous rendons hommage au Roi de tous les peuples, au P&#232;re de son peuple. Le verset typique de l'Ascension est celui-ci. &#171; Dieu s'&#233;l&#232;ve dans les hauteurs au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes &#187;. Nous entendons trois fois ce verset au cours de la messe, &#224; des moments profond&#233;ment impressionnants. La premi&#232;re fois, c'est au moment de l'entr&#233;e du pr&#234;tre (de l'&#233;v&#234;que) : L'&#201;glise voit dans le pr&#234;tre qui s'avance vers l'autel, rev&#234;tu de ses ornements de f&#234;te, le Christ-Roi faisant son entr&#233;e dans le sanctuaire du ciel (vers. ad repetendum). La seconde fois, c'est au moment de la procession de l'&#201;vangile : Le diacre porte l'&#201;vangile sur l'ambon &#8212; c'est encore l'image du Christ montant au ciel. La troisi&#232;me fois, c'est au moment de la procession de l'Offrande. Les fid&#232;les eux-m&#234;mes participent &#224; la procession d'Offrande du ciel avec le Christ, leur Roi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XCV, XCVI, XCVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XVI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. 1, 6-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Constit. apost. lib. V, cap. XIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AUGUSTIN. Epist. ad Januar.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Thess. IV, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. VII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exercitia S. Gertrudis. Die V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Sol. Pasch., c. v. P. G., XXIV, col. 699.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Dans la r&#233;compense de la contemplation &#187;, St Augustin, &lt;i&gt;Tract. 124 in Joan. Post med.&lt;/i&gt; : 7&#232;me le&#231;on des Matines du 27 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Notre vie est dans les cieux &#187;, Philip. 3, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Que les Anges d&#233;sirent contempler &#224; fond &#187;, I Petr. 1, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il est all&#233; de lieu en lieu en faisant le bien, et en gu&#233;rissant &#187;, Act. 10, 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Chef des hommes et des Anges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Qui post resurrecti&#243;nem suam&lt;br class='manualbr' /&gt;&#243;mnibus disc&#237;pulis suis manif&#233;stus app&#225;ruit,&lt;br class='manualbr' /&gt;et, ipsis cern&#233;ntibus, est elev&#225;tus in c&#230;lum,&lt;br class='manualbr' /&gt;ut nos divinit&#225;tis su&#230;&lt;br class='manualbr' /&gt;trib&#250;eret esse part&#237;cipes. &#187;, Pr&#233;face de l'Ascension.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Diem sacrat&#237;ssimum celebr&#225;ntes quo D&#243;minus noster, unig&#233;nitus F&#237;lius tuus, un&#237;tam sibi fragilit&#225;tis nostr&#230; subst&#225;ntiam in gl&#243;ri&#230; tu&#230; d&#233;xtera colloc&#225;vit &#187;, &lt;i&gt;Communic&#225;ntes&lt;/i&gt; de l'Ascension.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Canon Romain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Dimanche de P&#226;ques</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article28</link>
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		<dc:date>2026-03-24T08:49:16Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique AU MATIN. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s'&#233;puiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le c&#339;ur oppress&#233;, attend avec une courageuse patience le moment fortun&#233; qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veill&#233; toute la nuit, et ne tarderont pas &#224; se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l'&#226;me du divin R&#233;dempteur s'appr&#234;te &#224; donner le signal du d&#233;part &#224; ces myriades d'&#226;mes justes si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton146-9-11dee.gif?1774279524' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s'&#233;puiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le c&#339;ur oppress&#233;, attend avec une courageuse patience le moment fortun&#233; qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veill&#233; toute la nuit, et ne tarderont pas &#224; se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l'&#226;me du divin R&#233;dempteur s'appr&#234;te &#224; donner le signal du d&#233;part &#224; ces myriades d'&#226;mes justes si longtemps captives, qui l'entourent de leur respect et de leur amour. La mort plane en silence sur le s&#233;pulcre o&#249; elle retient sa victime. Depuis le jour o&#249; elle d&#233;vora Abel, elle a englouti d'innombrables g&#233;n&#233;rations ; mais jamais elle n'a tenu dans ses liens une si noble proie. Jamais la sentence terrible du jardin n'a re&#231;u un si effrayant accomplissement ; mais aussi jamais la tombe n'aura vu ses esp&#233;rances d&#233;jou&#233;es par un si cruel d&#233;menti. Plus d'une fois, la puissance divine lui a d&#233;rob&#233; ses victimes : le fils de la veuve de Na&#239;m, la fille du chef de la synagogue, le fr&#232;re de Marthe et de Madeleine lui ont &#233;t&#233; ravis ; mais elle les attend &#224; la seconde mort. Il en est un autre ce pendant, au sujet duquel il est &#233;crit : &#171; O mort, je sciai ta mort ; tombeau, je serai ta ruine. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Os&#233;e. XIII, 14.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Encore quelques instants : les deux adversaires vont se livrer combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'honneur de la divine Majest&#233; ne pouvait permettre que le corps uni &#224; un Dieu attend&#238;t dans la poussi&#232;re, comme celui des p&#233;cheurs, le moment o&#249; la trompette de l'Ange nous doit tous appeler au jugement supr&#234;me ; de m&#234;me il convenait que les heures durant lesquelles la mort devait pr&#233;valoir fussent abr&#233;g&#233;es. &#171; Cette g&#233;n&#233;ration perverse demande un prodige, avait dit le R&#233;dempteur ; il ne lui en sera accord&#233; qu'un seul : celui du proph&#232;te Jonas. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII, 39.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Trois jours de s&#233;pulture : la fin de la journ&#233;e du Vendredi, la nuit suivante, le Samedi tout entier avec sa nuit, et les premi&#232;res heures du Dimanche ; c'est assez : assez pour la justice divine d&#233;sormais satisfaite : assez pour certifier la mort de l'auguste victime et pour assurer le plus &#233;clatant des triomphes : assez pour le c&#339;ur d&#233;sol&#233; de la plus aimante des m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Personne ne m'&#244;te la vie ; c'est moi-m&#234;me qui la d&#233;pose ; j'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai aussi celui de la reprendre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. X, 18.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi parlait aux Juifs le R&#233;dempteur avant sa Passion : la mort sentira tout &#224; l'heure la force de cette parole de ma&#238;tre. Le Dimanche, jour de la Lumi&#232;re, commence &#224; poindre ; les premi&#232;res lueurs de l'aurore combattent d&#233;j&#224; les t&#233;n&#232;bres. Aussit&#244;t l'&#226;me divine du R&#233;dempteur s'&#233;lance de la prison des limbes, suivie de toute la foule des &#226;mes saintes qui l'environnaient. Elle traverse en un clin d'&#339;il l'espace, et p&#233;n&#233;trant dans le s&#233;pulcre, elle rentre dans ce corps qu'elle avait quitt&#233; trois jours auparavant au milieu des angoisses de l'agonie. Le corps sacr&#233; se ranime, se rel&#232;ve, et se d&#233;gage des linceuls, des aromates et des bandelettes dont il &#233;tait entour&#233;. Les meurtrissures ont disparu, le sang est revenu dans les veines ; et de ces membres lac&#233;r&#233;s par les fouets, de cette t&#234;te d&#233;chir&#233;e par les &#233;pines, de ces pieds et de ces mains perces par les clous, s'&#233;chappe une lumi&#232;re &#233;clatante qui remplit la caverne. Les saints Anges, qui ador&#232;rent avec attendrissement l'enfant de Bethl&#233;hem, adorent avec tremblement le vainqueur du tombeau. Ils plient avec respect et d&#233;posent sur la pierre o&#249; le corps immobile reposait tout &#224; l'heure, les linceuls dont la pi&#233;t&#233; des deux disciples et des saintes femmes l'avait envelopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Roi des si&#232;cles ne doit pas s'arr&#234;ter davantage sous cette vo&#251;te fun&#232;bre ; plus prompt que la lumi&#232;re qui p&#233;n&#232;tre le cristal, il franchit l'obstacle que lui opposait la pierre qui fermait l'entr&#233;e de la caverne, et que la puissance publique avait scell&#233;e et entour&#233;e de soldats arm&#233;s qui faisaient la garde. Tout est rest&#233; intact ; et il est libre, le triomphateur du tr&#233;pas ; ainsi, nous disent unanimement les saints Docteurs, parut-il aux yeux de Marie dans l'&#233;table, sans avoir fait ressentir aucune violence au sein maternel. Ces deux myst&#232;res de notre foi s'unissent, et proclament le premier et le dernier terme de la mission du Fils de Dieu : au d&#233;but, une Vierge-M&#232;re ; au d&#233;nouement, un tombeau scell&#233; rendant son captif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence le plus profond r&#232;gne encore, &#224; ce moment o&#249; l'Homme-Dieu vient de briser le sceptre de la mort. Son affranchissement et le n&#244;tre ne lui ont co&#251;t&#233; aucun effort. O Mort ! Que reste-t-il maintenant de ton empire ? Le p&#233;ch&#233; nous avait livr&#233;s &#224; toi ; tu te reposais sur ta conqu&#234;te ; et voici que ta d&#233;faite est au comble. J&#233;sus, que tu &#233;tais si fi&#232;re de tenir sous ta cruelle loi, t'a &#233;chapp&#233; ; et nous tous, apr&#232;s que tu nous auras poss&#233;d&#233;s, nous t'&#233;chapperons aussi. Le tombeau que tu nous creuses deviendra notre berceau pour une vie nouvelle ; carton vainqueur est le premier-n&#233; entre les morts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apoc. I, 5.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est aujourd'hui la P&#226;que, le Passage, la d&#233;livrance, pour J&#233;sus et pour tous ses fr&#232;res. La route qu'il a fray&#233;e, nous la suivrons tous ; et le jour viendra o&#249; toi qui d&#233;truis tout, toi l'ennemie, tu seras an&#233;antie &#224; ton tour par le r&#232;gne de l'immortalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XV, 26.&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais d&#232;s ce moment nous contemplons ta d&#233;faite, et nous r&#233;p&#233;tons, pour ta honte, ce cri du grand Ap&#244;tre : &#171; O Mort, qu'est devenue ta victoire ? Qu'as-tu fait de ton glaive ? Un moment tu as triomph&#233;, et te voil&#224; engloutie dans ton triomphe. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 55.&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le s&#233;pulcre ne doit pas rester toujours scell&#233; ; il faut qu'il s'ouvre, et qu'il t&#233;moigne au grand jour que celui dont le corps inanim&#233; l'habita quelques heures l'a quitt&#233; pour jamais. Soudain la terre tremble, comme au moment o&#249; J&#233;sus expirait sur la croix, mais ce tressaillement du globe n'indique plus l'horreur ; il exprime l'all&#233;gresse. L'Ange du Seigneur descend du ciel ; il arrache la pierre d'entr&#233;e, et s'assied dessus avec majest&#233; ; une robe &#233;blouissante de blancheur est son v&#234;tement, et ses regards lancent des &#233;clairs. A son aspect, les gardes tombent par terre &#233;pouvant&#233;s ; ils sont l&#224; comme morts, jusqu'&#224; ce que la bont&#233; divine apaisant leur terreur, ils se rel&#232;vent, et, quittant ce lieu redoutable, se dirigent vers la ville, pour rendre compte de ce qu'ils ont vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant J&#233;sus ressuscit&#233;, et dont nulle cr&#233;ature mortelle n'a encore contempl&#233; la gloire, a franchi l'espace, et en un moment il s'est r&#233;uni &#224; sa tr&#232;s sainte M&#232;re. Il est le Fils de Dieu, il est le vainqueur de la mort ; mais il est aussi le fils de Marie. Marie a assist&#233; pr&#232;s de lui jusqu'&#224; la fin de son agonie ; elle a uni le sacrifice de son c&#339;ur de m&#232;re &#224; celui qu'il offrait lui-m&#234;me sur la croix ; il est donc juste que les premi&#232;res joies de la r&#233;surrection soient pour elle. Le saint &#201;vangile ne raconte pas l'apparition du Sauveur &#224; sa M&#232;re, tandis qu'il s'&#233;tend sur toutes les autres ; la raison en est ais&#233;e &#224; saisir. Les autres apparitions avaient pour but de promulguer le fait de la r&#233;surrection ; celle-ci &#233;tait r&#233;clam&#233;e par le c&#339;ur d'un fils, et d'un fils tel que J&#233;sus. La nature et la gr&#226;ce exigeaient &#224; la fois cette entrevue premi&#232;re, dont le touchant myst&#232;re fait les d&#233;lices des &#226;mes chr&#233;tiennes. Elle n'avait pas besoin d'&#234;tre consign&#233;e dans le livre sacr&#233; ; la tradition des P&#232;res, &#224; commencer par saint Ambroise, suffisait &#224; nous la transmettre, quand bien m&#234;me nos c&#339;urs ne l'auraient pas pressentie ; et lorsque nous en venons &#224; nous demander pour quelle raison le Sauveur, qui devait sortir du tombeau le jour du Dimanche, voulut le faire d&#232;s les premi&#232;res heures de ce jour, avant m&#234;me que le soleil e&#251;t &#233;clair&#233; l'univers, nous adh&#233;rons sans peine au sentiment des pieux et savants auteurs qui ont attribu&#233; cette h&#226;te du Fils de Dieu &#224; l'empressement qu'&#233;prouvait son c&#339;ur, de mettre un terme &#224; la douloureuse attente de la plus tendre et de la plus afflig&#233;e des m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle langue humaine oserait essayer de traduire les &#233;panchements du Fils et de la M&#232;re, &#224; cette heure tant d&#233;sir&#233;e ? Les yeux de Marie, &#233;puis&#233;s de pleurs et d'insomnie, s'ouvrant tout &#224; coup &#224; la douce et vive lumi&#232;re qui lui annonce l'approche de son bien-aim&#233; ; la voix de J&#233;sus retentissant &#224; ses oreilles, non plus avec l'accent douloureux qui nagu&#232;re descendait de la croix et transper&#231;ait comme d'un glaive son c&#339;ur maternel, mais joyeuse et tendre, comme il convient &#224; un fils qui vient raconter ses triomphes &#224; celle qui lui a donn&#233; le jour ; l'aspect de ce corps qu'elle recevait dans ses bras, il y a trois jours, sanglant et inanim&#233;. maintenant radieux et plein de vie, lan&#231;ant comme les reflets de la divinit&#233; &#224; laquelle il est uni ; les caresses d'un tel fils, ses paroles de tendresse, ses embrassements qui sont ceux d'un Dieu ; pour rendre cette sc&#232;ne sublime, nous n'avons que le mot du pieux abb&#233; Rupert, qui nous d&#233;peint l'effusion de joie dont le c&#339;ur de Marie se trouve alors rempli, comme un torrent de bonheur qui l'enivre et lui enl&#232;ve le sentiment des douleurs si poignantes qu'elle a ressenties&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De divinis Officiis, lib. VII, cap. XXV.&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois cette invasion des d&#233;lices que le Fils divin avait pr&#233;par&#233;es &#224; sa m&#232;re ne fut pas aussi subite que les paroles de ce d&#233;vot auteur du XIIe si&#232;cle nous donneraient &#224; l'entendre. Notre Seigneur a bien voulu d&#233;crire lui-m&#234;me cette ineffable sc&#232;ne dans une r&#233;v&#233;lation qu'il fit &#224; la s&#233;raphique vierge sainte Th&#233;r&#232;se. Il daigna lui confier que l'accablement de la divine M&#232;re &#233;tait si profond, qu'elle n'e&#251;t pas tard&#233; &#224; succomber &#224; son martyre, et que lorsqu'il se montra &#224; elle au moment o&#249; il venait de sortir du tombeau, elle eut besoin de quelques moments pour revenir &#224; elle-m&#234;me avant d'&#234;tre en &#233;tat de go&#251;ter une telle joie ; et le Seigneur ajoute qu'il resta longtemps aupr&#232;s d'elle, parce que cette pr&#233;sence prolong&#233;e lui &#233;tait n&#233;cessaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vie de sainte Th&#233;r&#232;se &#233;crite par elle-m&#234;me, dans les Additions.&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, chr&#233;tiens, qui aimons notre M&#232;re, qui l'avons vue sacrifier pour nous son propre fils sur le Calvaire, partageons d'un c&#339;ur filial la f&#233;licit&#233; dont J&#233;sus se pla&#238;t &#224; la combler en ce moment, et apprenons en m&#234;me temps &#224; compatir aux douleurs de son c&#339;ur maternel. C'est ici la premi&#232;re manifestation de J&#233;sus ressuscit&#233; : r&#233;compense de la foi qui veilla toujours au c&#339;ur de Marie, pendant m&#234;me la sombre &#233;clipse qui avait dur&#233; trois jours. Mais il est temps que le Christ se montre &#224; d'autres, et que la gloire de sa r&#233;surrection commence &#224; briller sur le monde. Il s'est fait voir d'abord &#224; celle de toutes les cr&#233;atures qui lui &#233;tait la plus ch&#232;re, et qui seule &#233;tait digne d'un tel bonheur ; maintenant, dans sa bont&#233;, il va r&#233;compenser, par sa vue pleine de consolation, les &#226;mes d&#233;vou&#233;es qui sont demeur&#233;es fid&#232;les &#224; son amour, dans un deuil trop humain peut-&#234;tre, mais inspir&#233; par une reconnaissance que ni la mort, ni le tombeau n'avaient d&#233;courag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, Madeleine et ses compagnes, lorsque le coucher du soleil vint annoncer que, selon l'usage des Juifs, le grand Samedi faisait place au Dimanche, sont all&#233;es par la ville acheter des parfums, pour embaumer de nouveau le corps de leur cher ma&#238;tre, aussit&#244;t que la lumi&#232;re du jour leur permettra d'aller lui rendre ce pieux devoir. La nuit s'est pass&#233;e sans sommeil ; et les ombres ne sont pas encore totalement dissip&#233;es, que Madeleine, avec Marie, m&#232;re de Jacques, et Salom&#233;, est d&#233;j&#224; sur le chemin qui conduit au Calvaire, pr&#232;s duquel est le s&#233;pulcre o&#249; repose J&#233;sus. Dans leur pr&#233;occupation, elles ne s'&#233;taient pas m&#234;me demand&#233; quels bras elles emploieraient pour d&#233;ranger la pierre qui ferme l'entr&#233;e de la grotte ; moins encore ont-elles song&#233; au sceau de la puissance publique qu'il faudrait auparavant briser, et aux gardes qu'elles vont rencontrer pr&#232;s du tombeau. Aux premiers rayons du jour, elles arrivent au terme de leur pieux voyage ; et la premi&#232;re chose qui frappe leurs regards, c'est la pierre qui fermait l'entr&#233;e, &#244;t&#233;e de sa place, et laissant p&#233;n&#233;trer le regard dans les profondeurs de la chambre s&#233;pulcrale. L'Ange du Seigneur, qui avait eu mission de d&#233;ranger cette pierre et qui s'&#233;tait assis dessus comme sur un tr&#244;ne, ne les laisse pas longtemps dans la stupeur qui les a saisies : &#171; Ne craignez pas, leur dit-il ; je sais que vous cherchez J&#233;sus ; il n'est plus ici ; il est ressuscit&#233;, comme il l'avait dit ; p&#233;n&#233;trez vous-m&#234;mes dans le tombeau, et reconnaissez la place o&#249; il a repos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait trop pour ces &#226;mes que l'amour de leur ma&#238;tre transportait, mais qui ne le connaissaient pas encore par l'esprit. Elles demeurent &#171; constern&#233;es &#187;, nous dit le saint &#201;vangile. C'est un mort qu'elles cherchent, un mort ch&#233;ri ; on leur dit qu'il est ressuscit&#233; ; et cette parole ne r&#233;veille chez elles aucun souvenir. Deux autres Anges se pr&#233;sentent &#224; elles dans la grotte tout illumin&#233;e de l'&#233;clat qu'ils r&#233;pandent. &#201;blouies de cette lumi&#232;re inattendue, Madeleine et ses compagnes, nous dit saint Luc, abaissent vers la terre leurs regards mornes et &#233;tonn&#233;s. &#171; Pourquoi cherchez-vous chez les morts, leur disent les Anges, celui qui est vivant ? Rappelez-vous donc ce qu'il vous disait en Galil&#233;e : qu'il serait crucifi&#233;, et que, le troisi&#232;me jour, il ressusciterait. &#187; Ces paroles font quelque impression sur les saintes femmes ; et au milieu de leur &#233;motion, un l&#233;ger souvenir du pass&#233; semble rena&#238;tre dans leur m&#233;moire. &#171; Allez donc, continuent les Anges ; dites aux disciples et &#224; Pierre qu'il est ressuscit&#233;, et qu'il les devancera en Galil&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sortent en h&#226;te du tombeau et se dirigent vers la ville, partag&#233;es entre la terreur et un sentiment de joie int&#233;rieure qui les p&#233;n&#232;tre comme malgr&#233; elles. Cependant elles n'ont vu que les Anges, et un s&#233;pulcre ouvert et vide. A leur r&#233;cit, les Ap&#244;tres, loin de se laisser aller &#224; la confiance, attribuent, nous dit encore saint Luc, &#224; l'exaltation d'un sexe faible tout ce merveilleux qu'elles s'accordent &#224; raconter. La r&#233;surrection pr&#233;dite si clairement, et &#224; plusieurs reprises, par leur ma&#238;tre, ne leur revient pas non plus en m&#233;moire. Madeleine s'adresse en particulier &#224; Pierre et &#224; Jean ; mais que sa foi &#224; elle est faible encore ! Elle est partie pour embaumer le corps de son cher ma&#238;tre, et elle ne l'a pas trouv&#233; ; sa d&#233;ception douloureuse s'&#233;panche encore devant les deux Ap&#244;tres : &#171; Ils ont enlev&#233;, dit-elle, le Seigneur du tombeau ; et nous ne savons pas o&#249; ils l'ont mis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre et Jean se d&#233;terminent &#224; se rendre sur le lieu. Ils p&#233;n&#232;trent dans la grotte ; ils voient les linceuls dispos&#233;s en ordre sur la table de pierre qui a re&#231;u le corps de leur ma&#238;tre ; mais les Esprits c&#233;lestes qui font la garde ne se montrent point &#224; eux. Jean cependant, et c'est lui-m&#234;me qui nous en rend t&#233;moignage, re&#231;oit en ce moment la foi : d&#233;sormais il croit &#224; la r&#233;surrection de J&#233;sus. Nous ne faisons que passer rapidement sur des r&#233;cits que nous aurons occasion de m&#233;diter plus tard, lorsque la sainte Liturgie les ram&#232;nera sous nos yeux. En ce moment, il s'agit seulement de suivre dans leur ensemble les &#233;v&#233;nements de ce jour, le plus grand des jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; cette heure, J&#233;sus n'a encore apparu qu'&#224; sa M&#232;re : les femmes n'ont vu que des Anges qui leur ont parl&#233;. Ces bienheureux Esprits leur ont command&#233; d'aller annoncer la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre aux disciples et &#224; Pierre. Elles ne re&#231;oivent pas cette commission pour Marie ; il est ais&#233; d'en saisir la raison : le fils s'est d&#233;j&#224; r&#233;uni a sa m&#232;re ; et la myst&#233;rieuse et touchante entrevue se poursuit encore durant ces pr&#233;ludes. Mais d&#233;j&#224; le soleil brille de tous ses feux, et les heures de la matin&#233;e avancent : c'est l'Homme-Dieu qui va proclamer lui-m&#234;me le triomphe que le genre humain vient de remporter en lui sur la mort. Suivons avec un saint respect l'ordre de ces manifestations, et effor&#231;ons-nous respectueusement d'en d&#233;couvrir les myst&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Madeleine, apr&#232;s le retour des deux Ap&#244;tres, n'a pu r&#233;sister au d&#233;sir de visiter de nouveau la tombe de son ma&#238;tre. La pens&#233;e de ce corps qui a disparu, et qui, peut-&#234;tre, devenu le jouet des ennemis de J&#233;sus, git sans honneurs et sans s&#233;pulture, tourmente son &#226;me ardente et boulevers&#233;e. Elle est repartie, et bient&#244;t elle arrive &#224; la porte du s&#233;pulcre. L&#224;, dans son inconsolable douleur, elle se livre a ses sanglots ; puis bient&#244;t, se penchant vers l'int&#233;rieur de la grotte, elle aper&#231;oit les deux Anges assis chacun &#224; une des extr&#233;mit&#233;s de la table de pierre sur laquelle le corps de J&#233;sus fut &#233;tendu sous ses veux. Elle ne les interroge pas ; ce sont eux qui lui parlent : &#171; Femme, disent-ils, pourquoi pleures-tu ? &#187; &#8212; &#171; Ils ont enlev&#233; mon ma&#238;tre, et je ne sais o&#249; ils l'ont mis. &#187; Et apr&#232;s ces paroles, elle sort brusquement du s&#233;pulcre, sans attendre la r&#233;ponse des Anges. Tout &#224; coup, &#224; l'entr&#233;e de la grotte, elle se voit en face d'un homme, et cet homme est J&#233;sus. Madeleine ne le reconna&#238;t pas ; elle est &#224; la recherche du corps mort de son ma&#238;tre ; elle veut l'ensevelir de nouveau. L'amour la transporte, mais la foi n'&#233;claire pas cet amour ; elle ne sent pas que celui dont elle cherche la d&#233;pouille inanim&#233;e est l&#224;, vivant, pr&#232;s d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus, dans son ineffable condescendance, daigne lui faire entendre sa voix : &#171; Femme, lui dit-il, pourquoi pleures-tu ? Que cherches-tu ? &#187; Madeleine n'a pas reconnu cette voix ; son c&#339;ur est comme engourdi par une excessive et aveugle sensibilit&#233; ; elle ne conna&#238;t pas encore J&#233;sus par l'esprit. Ses veux se sont pourtant arr&#234;t&#233;s sur lui ; mais son imagination qui l'entra&#238;ne lui fait voir dans cet homme le jardinier charg&#233; de cultiver le jardin qui entoure le s&#233;pulcre. Peut-&#234;tre, se dit-elle, est-ce lui qui a d&#233;rob&#233; le tr&#233;sor que je cherche ; et sans r&#233;fl&#233;chir plus longtemps, elle s'adresse &#224; lui-m&#234;me sous cette impression : &#171; Seigneur, dit-elle humblement &#224; l'inconnu, si c'est vous qui l'avez enlev&#233;, dites-moi o&#249; vous l'avez mis, et je vais l'emporter. &#187; C'&#233;tait trop pour le c&#339;ur du R&#233;dempteur des hommes, pour celui qui daigna louer hautement chez le Pharisien l'amour de la pauvre p&#233;cheresse ; il ne peut plus tarder &#224; r&#233;compenser cette na&#239;ve tendresse ; il va l'&#233;clairer. Alors, avec cet accent qui rappelle &#224; Madeleine tant de souvenirs de divine familiarit&#233;, il parle ; mais il ne dit que ce seul mot : &#171; Marie ! &#187; &#8212; &#171; Cher ma&#238;tre ! &#187; r&#233;pond avec effusion l'heureuse et humble femme, illumin&#233;e tout &#224; coup des splendeurs du myst&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'&#233;lance, et voudrait coller ses l&#232;vres &#224; ces pieds sacr&#233;s, dans l'embrassement desquels elle re&#231;ut autrefois son pardon. J&#233;sus l'arr&#234;te ; le moment n'est pas venu de se livrer &#224; de tels &#233;panchements. Il faut que Madeleine, premier t&#233;moin de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu, soit &#233;lev&#233;e, pour prix de son amour, au plus haut degr&#233; de l'honneur. Il ne convient pas que Marie r&#233;v&#232;le &#224; d'autres les secrets sublimes de son c&#339;ur maternel ; c'est &#224; Madeleine de t&#233;moigner de ce qu'elle a vu, de ce qu'elle a entendu dans le jardin. C'est elle qui sera, comme disent les saints Docteurs, l'Ap&#244;tre des Ap&#244;tres eux-m&#234;mes. J&#233;sus lui dit : &#171; Va trouver mes fr&#232;res et dis-leur que je monte vers mon P&#232;re et le leur, vers mon Dieu et le leur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la seconde apparition de J&#233;sus ressuscit&#233;, l'apparition &#224; Marie-Madeleine, la premi&#232;re dans l'ordre du t&#233;moignage. Nous la m&#233;diterons de nouveau, le jour o&#249; la sainte &#201;glise nous donnera &#224; lire le passage de saint Jean o&#249; elle est rapport&#233;e. Mais adorons d&#232;s ce moment l'infinie bont&#233; du Seigneur, qui, avant de songer &#224; &#233;tablir la foi de sa r&#233;surrection dans ceux qui devaient la pr&#234;cher jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde, daigne d'abord r&#233;compenser l'amour de cette femme qui l'a suivi jusqu'&#224; la croix, jusqu'au-del&#224; du tombeau, et qui, &#233;tant plus redevable que les autres, a su aussi aimer plus que les autres. En se montrant d'abord &#224; Madeleine, J&#233;sus a voulu satisfaire avant tout l'amour de son c&#339;ur divin pour la cr&#233;ature, et nous apprendre que le soin de sa gloire ne vient qu'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine, empress&#233;e de remplir l'ordre de son ma&#238;tre, se dirige vers la ville et ne tarde pas &#224; se trouver en pr&#233;sence des disciples. &#171; J'ai vu le Seigneur, leur dit-elle, et il m'a dit ceci. &#187; Mais la foi n'est pas encore entr&#233;e dans leurs &#226;mes ; le seul Jean a re&#231;u ce don au s&#233;pulcre, bien que ses yeux n'aient vu que le tombeau d&#233;sert. Souvenons-nous qu'apr&#232;s avoir fui comme les autres, il s'est retrouv&#233; au Calvaire pour recevoir le dernier soupir de J&#233;sus, et que l&#224; il est devenu le fils adoptif de Marie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les compagnes de Madeleine, Marie m&#232;re de Jacques, et Salom&#233;, qui l'ont suivie de loin sur la route du saint tombeau, reviennent seules &#224; J&#233;rusalem. Soudain J&#233;sus se pr&#233;sente &#224; leurs regards, et arr&#234;te leur marche lente et silencieuse. &#171; Je vous salue &#187;, leur dit-il. A cette parole leur c&#339;ur se fond de tendresse et d'admiration elles se pr&#233;cipitent avec ardeur &#224; ses pieds sacr&#233;s, elles les embrassent, et lui prodiguent leurs adorations. C'est la troisi&#232;me apparition du Sauveur ressuscit&#233;, moins intime mais plus famili&#232;re que celle dont Madeleine fut favoris&#233;e. J&#233;sus n'ach&#232;vera pas la journ&#233;e sans se manifester &#224; ceux qui son appel&#233;s &#224; devenir les h&#233;rauts de sa gloire : mais il veut, avant tout, honorer aux yeux de tous les si&#232;cles &#224; venir ces g&#233;n&#233;reuses femmes qui, bravant le p&#233;ril et triomphant de la faiblesse de leur sexe, l'ont consol&#233; sur la croix par une fid&#233;lit&#233; qu'il ne rencontra pas dans ceux qu'il avait choisis et combl&#233;s de ses faveurs. Autour de la cr&#232;che o&#249; il se montrait pour la premi&#232;re fois aux hommes, il convoqua de pauvres bergers par la voix des Anges, avant d'appeler les rois par le minist&#232;re d'un astre mat&#233;riel ; aujourd'hui qu'il est arriv&#233; au comble de sa gloire, qu'il a mis par sa r&#233;surrection le sceau &#224; toutes ses &#339;uvres et rendu certaine sa divine origine, en assurant notre foi par le plus irr&#233;fragable de tous les prodiges, il attend, avant d'instruire et d'&#233;clairer ses Ap&#244;tre que d'humbles femmes aient &#233;t&#233; par lui instruites, consol&#233;es, combl&#233;es enfin des marques de son amour. Quelle grandeur dans cette conduite si suave et si forte du Seigneur notre Dieu, et qu'il a raison de nous dire par le Proph&#232;te : &#171; Mes pens&#233;e ne sont pas vos pens&#233;es ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isaie, LV, 8.&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il e&#251;t &#233;t&#233; &#224; notre disposition d'ordonner les circonstances de sa venue en ce monde, quel bruit n'eussions-nous pas fait pour appeler le genre humain tout entier, rois et peuples, autour de son berceau ? Avec quel fracas eussions-nous promulgu&#233; devant toutes les nations le miracle des miracles, la R&#233;surrection du crucifie, la mort vaincue et l'immortalit&#233; reconquise ? Le Fils de Dieu, qui est &#171; la Force et la Sagesse du P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. 1, 24.&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'y est pris autrement. Au moment de sa naissance, il n'a voulu pour premiers adorateurs que des hommes simples et rustiques, dont les r&#233;cits ne devaient pas retentir au-del&#224; des confins de Bethl&#233;hem ; et voil&#224; qu'aujourd'hui la date de cette naissance est l'&#232;re de tous les peuples civilis&#233;e. Pour premiers t&#233;moins de sa R&#233;surrection, il n'a voulu que de faibles femmes ; et voil&#224; qu'en ce jour m&#234;me, &#224; l'heure o&#249; nous sommes, la terre enti&#232;re c&#233;l&#232;bre l'anniversaire de cette R&#233;surrection ; tout est remu&#233;, un &#233;lan inconnu le reste de l'ann&#233;e se fait sentir aux plus indiff&#233;rents ; l'incr&#233;dule qui coudoie le croyant sait du moins que c'est aujourd'hui P&#226;ques ; et du sein m&#234;me des nations infid&#232;les, d'innombrables voix chr&#233;tiennes s'unissent aux n&#244;tres, afin que s'&#233;l&#232;ve de tous les points du globe vers notre divin ressuscite l'acclamation joyeuse qui nous r&#233;unit tous en un seul peuple, le divin All&#233;luia. &#171; O Seigneur &#187;, devons-nous nous &#233;crier avec Mo&#239;se, quand le peuple &#233;lu c&#233;l&#233;bra la premi&#232;re P&#226;que et traversa &#224; pied sec la mer Rouge, &#171; &#244; Seigneur, qui d'entre les forts est semblable &#224; vous ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exode, XV, 11.&#034; id=&#034;nh8-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendons le r&#233;cit des &#233;v&#233;nements de cette solennelle journ&#233;e, et n'anticipons pas sur les heures. Il est temps de s'unir &#224; la sainte &#201;glise qui, apr&#232;s avoir consacr&#233; la plus grande partie de la nuit &#224; l'enfantement du nouveau peuple qui lui est n&#233;, s'appr&#234;te &#224; rendre au Seigneur le tribut accoutum&#233; de sa louange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DES MATINES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque Dimanche de l'ann&#233;e, le divin Service de la nuit se compose de trois partitions d&#233;sign&#233;es sous le nom de Nocturnes. Chacune de ces sections est form&#233;e de trois Psaumes accompagn&#233;s d'Antiennes, et suivis de Lectures entrecoup&#233;es de R&#233;pons. Cet ensemble majestueux de chants sacr&#233;s que pr&#233;c&#232;de, en forme de pr&#233;lude, le Psaume appel&#233; Invitatoire, et que termine l'Hymne Ambrosien, commence apr&#232;s le milieu de la nuit, et doit &#234;tre achev&#233; aux premiers rayons de l'aurore, o&#249; il fait place &#224; l'Office plus solennel encore des Laudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette nuit a &#233;t&#233; occup&#233;e presque tout enti&#232;re par la sublime fonction du Bapt&#234;me ; et quand le sacrifice s'achevait, le lever du soleil &#233;tait d&#233;j&#224; proche. Il est donc n&#233;cessaire d'abr&#233;ger aujourd'hui le service ordinaire de la nuit, afin que les cantiques par lesquels l'&#201;glise salue le retour de la lumi&#232;re, &#339;uvre et figure de son c&#233;leste &#201;poux, se rapprochent, autant qu'il est possible, de l'instant o&#249; l'astre radieux qui la verse sur la terre aura commenc&#233; sa course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'Office de la nuit, appel&#233; improprement Matines dans les temps modernes, parce qu'on ne le c&#233;l&#232;bre plus gu&#232;re que le matin, est r&#233;duit aujourd'hui &#224; un seul Nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise d&#233;bute par la supplication qui ouvre le cours de ses solennelles pri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite, avec son glorieux refrain qui annonce la R&#233;surrection du Christ, le cantique Invitatoire par lequel, chaque nuit, l'&#201;glise convie ses enfants &#224; venir adorer le Seigneur. En ce moment, ce sont les Anges eux-m&#234;mes qui, s'adressant &#224; nous en la personne de Marie-Madeleine et de ses compagnes, proclament la victoire de notre R&#233;dempteur sur la mort.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Invitatorium&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Invitatoire&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Surr&#233;xit D&#243;minus vere,&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Allel&#250;ia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;,&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Invitatoire est toujours suivi d'une Hymne ; mais dans la f&#234;te de P&#226;ques et les jours qui la suivent, l'&#201;glise d&#233;sirant, par respect pour une si grande solennit&#233;, y garder la forme la plus antique de ses Offices, n'admet pas ce genre de composition, qui ne fut re&#231;u dans la Liturgie qu'&#224; une &#233;poque post&#233;rieure. On passe de suite au chant des trois Psaumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier (&lt;tt&gt;&lt;popup842|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) c&#233;l&#232;bre les vertus et le bonheur de l'homme juste, et se rapporte au Christ, selon l'interpr&#233;tation des saints P&#232;res. Le Christ est l'homme nouveau descendu du ciel ; il a suivi fid&#232;lement la loi du Seigneur que le premier homme avait transgress&#233;e ; et le Seigneur l'a combl&#233; de gloire en ce jour de la R&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (&lt;tt&gt;&lt;popup878|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) nous montre le complot de la Synagogue contre J&#233;sus. Les Juifs ont pu immoler le Messie qui venait les sauver ; mais ils n'ont pu l'encha&#238;ner dans le s&#233;pulcre. Fils de l'homme, il est aussi le Fils de Dieu ; aujourd'hui m&#234;me, il inaugure son empire sur la race humaine tout enti&#232;re ; et malheur &#224; Isra&#235;l qui n'a pas connu le temps de sa visite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (&lt;tt&gt;&lt;popup909|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est une proph&#233;tie de la r&#233;surrection du Christ. Ses ennemis l'ont cru abandonn&#233; de Dieu. Il s'est endormi dans le tombeau ; mais le Seigneur l'a r&#233;veill&#233; ; et maintenant il est vainqueur de ceux qui s'&#233;lev&#232;rent contre lui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur, du haut de l'Ambon, lit le commencement de l'&#201;vangile de la Messe de P&#226;ques ; apr&#232;s quoi ouvrant le livre des Hom&#233;lies du pape saint Gr&#233;goire le Grand, il extrait de la vingt et uni&#232;me quelques passages qui sont le commentaire du texte sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des &#201;glises de l'Occident, au moyen &#226;ge, apr&#232;s la lecture de la troisi&#232;me Le&#231;on, avant d'entonner l'Hymne Ambrosien, le clerg&#233; se rendait en procession solennelle &#224; la chapelle o&#249; l'on conservait la sainte Eucharistie depuis le Jeudi saint, et qui &#233;tait appel&#233;e la Chapelle du S&#233;pulcre. Dans le cort&#232;ge, qui s'avan&#231;ait en chantant un R&#233;pons, on remarquait trois clercs v&#234;tus d'aubes qui repr&#233;sentaient Madeleine et les deux autres saintes femmes. Lorsque le cort&#232;ge &#233;tait entr&#233; dans la chapelle, deux diacres v&#234;tus de dalmatiques blanches, et qui se tenaient &#224; la t&#234;te et au pied du tombeau, apercevant les trois clercs en aubes, leur disaient :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quem qu&#230;ritis in sepulcro, o christicol&#230; ?&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui cherchez-vous dans le s&#233;pulcre, amis du Christ ?&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les clercs r&#233;pondaient au nom des saintes femmes :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Jesum Nazarenum, o christicol&#230; !&lt;/td&gt;&lt;td&gt;J&#233;sus de Nazareth, habitants des cieux !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors les Diacres :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non est hic ; surrexit sicut pr&#230;dixerat : ite, nuntiate quia surrexit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il n'est plus ici ; il est ressuscit&#233;, comme il l'avait pr&#233;dit ; allez annoncer qu'il est vivant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les trois clercs montaient alors &#224; l'autel, et soulevant les nappes, ils baisaient respectueusement la pierre ; puis se tournant vers l'&#201;v&#234;que entour&#233; de son clerg&#233;, ils chantaient :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Alleluia ! Resurrexit Dominus hodie : resurrexit Leo fortis, Christus Filius Dei.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;All&#233;luia ! Aujourd'hui, le Seigneur est ressuscit&#233; ; le Lion fort est ressuscit&#233;, le Christ, le Fils de Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors deux chantres se d&#233;tachaient ; et s'approchant de l'autel, sur les degr&#233;s duquel se tenaient les trois clercs, ils leur adressaient cette strophe de la S&#233;quence de la Messe de P&#226;ques :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dic nobis, Maria,
&lt;p&gt;Quid vidisti in via ?&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'avez-vous vu en allant au tombeau ? &lt;p&gt;Marie, dites-le-nous.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le premier des clercs, repr&#233;sentant Madeleine, r&#233;pondait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sepulcrum Christi viventis,
&lt;p&gt;Et gloriam vidi resurgentis.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;J'ai vu le tombeau du Christ qui &#233;tait vivant ; &lt;p&gt;j'ai vu la gloire du Christ ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le second clerc, repr&#233;sentant Marie, m&#232;re de Jacques, ajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Angelicos testes,
&lt;p&gt;Sudarium et vestes.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les Anges &#233;taient t&#233;moins, &lt;p&gt;avec le suaire et les linceuls.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me clerc, figurant Salom&#233;, achevait en disant :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Surrexit Christus spes mea,
&lt;p&gt;Pr&#230;cedet vos in Galil&#230;am.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est ressuscit&#233;, le Christ mon esp&#233;rance ; &lt;p&gt;il vous pr&#233;c&#233;dera en Galil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les deux chantres reprenaient par cette protestation de foi :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Crededum est magis soli
&lt;p&gt;Mari&#230; veraci,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quam Jud&#230;orum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prav&#230; cohorti.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Croyons plut&#244;t &#224; &lt;p&gt;Marie seule et v&#233;ridique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'&#224; la tourbe perverse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le clerg&#233; tout entier, s'unissant dans une acclamation commune, chantait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Scimus Chistus surrexisse
&lt;p&gt;a mortuis vere :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu nobis, victor Rex,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miserere.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous aussi, nous savons que le Christ &lt;p&gt;est vraiment ressuscit&#233; des morts ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais vous, &#244; Roi vainqueur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avez piti&#233; de nous.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce dialogue si dramatique, les deux diacres, ouvrant le tabernacle secret o&#249; l'on gardait la divine Eucharistie, prenaient le vase qui la renfermait, le pla&#231;aient sur un brancard ; et la procession triomphale se dirigeait, au milieu d'un nuage d'encens, vers l'autel majeur. Pendant la marche, on chantait avec enthousiasme ce beau R&#233;pons, dont le chant est aussi m&#233;lodieux que les paroles en sont belles. Le corps du R&#233;pons est emprunt&#233; &#224; saint Paul, et le Verset se trouve tout entier dans la Liturgie de l'&#201;glise grecque.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Christus resurgens ex mortuis, jam non moritur ; mors illi ultra non dominabitur ; quod enim mortuus est peccato mortuus est semel :&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Quod autem vivit, vivit Deo, alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Le Christ ressuscit&#233; d'entre les morts ne meurt plus ; la mort n'aura plus sur lui d'empire ; car ce qui est mort au p&#233;ch&#233; ne meurt qu'une fois :&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Ce qui vit, vit &#224; Dieu, All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Que les Juifs nous disent donc comment les soldats, qui gardaient le s&#233;pulcre, ont perdu le Roi, en pla&#231;ant la pierre ; pourquoi ils ne gardaient pas mieux celui qui est la Pierre de justice. Qu'ils nous rendent le corps qui fut enseveli, ou qu'avec nous ils l'adorent ressuscit&#233;, en disant aussi :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Dicant nunc Jud&#230;i, quomodo milites custodientes sepulcrum perdiderunt Regem, ad lapidis positionem ; quare non servabant Petram justiti&#230; ? Aut sepultum reddant, aut resurgentem adorent nobiscum dicentes :&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Quod autem vivit, vivit Deo, alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Ce qui vit, vit &#224; Dieu, All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; &#233;tant arriv&#233; au sanctuaire, les diacres d&#233;posaient la sainte Eucharistie sur l'autel ; et l'&#201;v&#234;que, apr&#232;s l'avoir solennellement encens&#233;e, entonnait l'Hymne Ambrosien, en action de gr&#226;ces de la r&#233;surrection du R&#233;dempteur des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce drame touchant, qui a peut-&#234;tre donn&#233; origine aux Myst&#232;res que l'on repr&#233;senta longtemps dans nos &#201;glises, n'appartenait point aux traditions de la Liturgie romaine ; mais il rendait avec bonheur la foi vive et simple du moyen-&#226;ge. Au XVIe et au XVIIe si&#232;cle, on le vit successivement tomber en d&#233;su&#233;tude ; l'antique simplicit&#233; allait s'effa&#231;ant ; et les hommes devenaient avides de notions tout autres que celles que l'on avait puis&#233;es si longtemps dans les affections tranquilles et pieuses dont les myst&#232;res de la foi sont la source. Quant aux formes de la sc&#232;ne admirable que nous venons de d&#233;crire, elles variaient plus ou moins, selon les lieux ; nous nous sommes born&#233; &#224; en recueillir les traits principaux, tels qu'on les trouve dans les anciens Ordinaires de nos cath&#233;drales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;glises de la Boh&#232;me, de la Hongrie et de la Pologne, ont retenu jusqu'&#224; nos jours l'usage, emprunt&#233; aux Orientaux, de passer la nuit de P&#226;ques en pri&#232;res, et d'attendre ainsi le moment de la R&#233;surrection. Au point du jour, on l&#232;ve du tombeau le tr&#232;s saint Sacrement, un Salut solennel est chant&#233;, et le Christ vainqueur de la mort r&#233;pand ses b&#233;n&#233;dictions sur son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagu&#232;re encore, dans certaines villes d'Espagne, deux processions sortaient de l'&#233;glise principale, avant le lever du soleil : l'une faisait cort&#232;ge &#224; la statue de la sainte Vierge port&#233;e sur un brancard et couverte d'un cr&#234;pe ; l'autre s'avan&#231;ait majestueusement, avec le dais, sous lequel le c&#233;l&#233;brant tenait dans ses mains la divine hostie. Les deux processions parcouraient en silence les rues de la cit&#233;, jusqu'au moment o&#249;, le soleil venant &#224; para&#238;tre, elles se rencontraient &#224; un endroit d&#233;termin&#233;. Aussit&#244;t on enlevait le sombre voile qui couvrait l'image de la M&#232;re de Dieu ; et pour c&#233;l&#233;brer les joies ineffables de Marie dans la visite que daigna lui faire, a cette m&#234;me heure, le m&#234;me J&#233;sus que l'on avait l&#224; pr&#233;sent r&#233;ellement dans l'adorable myst&#232;re, mille voix entonnaient et poursuivaient avec transport l'Antienne Regina c&#339;li, l&#339;tare. Alors les deux processions s'unissaient en une seule, et la pompe sacr&#233;e rentrait triomphante dans l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre d&#233;monstration de la joie pascale &#233;tait le baiser fraternel que les fid&#232;les se donnaient dans l'&#233;glise au moment o&#249; l'on annon&#231;ait l'heure de la R&#233;surrection. Cet usage venu de l'Orient s'est conserv&#233; dans nos &#233;glises occidentales jusqu'au XVIe si&#232;cle. En certains lieux, c'&#233;tait au commencement des Matines qu'avait lieu cette d&#233;monstration de joyeuse charit&#233;, que l'on accompagnait de ces paroles : Surrexit Christus ! le Christ est ressuscit&#233; ! En d'autres, l'accolade avait lieu &#224; la suite de la sc&#232;ne religieuse que nous venons de d&#233;crire. Dans la Liturgie grecque, &#224; l'office du matin, les strophes suivantes donnent le signal aux fid&#232;les :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La P&#226;que joyeuse, la P&#226;que du Seigneur, la P&#226;que, la P&#226;que sacr&#233;e, a lui sur nous. P&#226;ques ! Donnons-nous avec joie le saint baiser, O P&#226;que, qui viens r&#233;compenser les saintes tristesses ! Aujourd'hui le Christ sort radieux du tombeau, comme l'&#233;poux de la chambre nuptiale. Il a combl&#233; les saintes femmes d'une douce all&#233;gresse, en leur disant : &#171; Allez porter la nouvelle aux Ap&#244;tres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour de la R&#233;surrection ; soyons radieux et faisons f&#234;te ; donnons-nous le baiser. Appelons fr&#232;res ceux m&#234;mes qui nous ha&#239;ssent ; pardonnons tout &#224; cause de la R&#233;surrection ; crions tous : Le Christ est ressuscit&#233; d'entre les morts : par la mort il a bris&#233; la mort ; &#224; ceux qui gisaient dans les tombeaux, il a rendu les droits &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sublime et nouvelle fraternit&#233; que nous avons avec J&#233;sus-Christ, premier-n&#233; entre les morts, comme parle l'Ap&#244;tre ! En lui, prenant notre nature dans son incarnation, nous &#233;tions fr&#232;res ; en lui, nous frayant &#224; travers le tombeau le chemin de l'immortalit&#233;, nous le devenons une seconde fois. Il est notre a&#238;n&#233; dans la vie nouvelle qui ne conna&#238;tra plus la mort ; en c&#233;l&#233;brant sa victoire, unissons-nous dans la charit&#233; mutuelle ; c'est son v&#339;u, c'est la P&#226;que, c'est le jour du banquet fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES LAUDES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour de l'ann&#233;e, la sainte &#201;glise offre &#224; Dieu un service sp&#233;cial, dont l'heure r&#233;guli&#232;re correspond au lever de l'aurore. Cet Office s'appelle les Laudes, parce qu'il est, en grande partie, compos&#233; de cantiques de louange. Le myst&#232;re que l'&#201;glise honore &#224; cette heure matinale est la R&#233;surrection du Christ ; il est ais&#233; de comprendre, d'apr&#232;s cette donn&#233;e, combien l'Office des Laudes est rempli de myst&#232;res, lorsqu'on le c&#233;l&#232;bre au jour m&#234;me de P&#226;ques. Unissons-nous &#224; la joie de notre M&#232;re, qui tressaille de bonheur en celui qui est son divin Soleil, dont la lumi&#232;re lui est d'autant que depuis trois jours elle avait cess&#233; de briller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes (&lt;tt&gt;&lt;popup871|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) nous montre le Seigneur qui se l&#232;ve du tombeau comme un roi &#233;clatant de gloire, et comme un guerrier rev&#234;tu de force. Par sa R&#233;surrection, il r&#233;tablit la nature humaine dans ses droits &#224; l'immortalit&#233;. La voix des grandes eaux est imposante ; mais la puissance du Dieu ressuscit&#233; est plus irr&#233;sistible encore. Marchons en sa pr&#233;sence, dans une saintet&#233; digne de sa Maison qu'il est venu nous ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant (&lt;tt&gt;&lt;popup872|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) convoque tous les habitants de la terre &#224; entrer dans la maison du Seigneur, pour c&#233;l&#233;brer la Solennit&#233; des solennit&#233;s, la F&#234;te des f&#234;tes. Il est le souverain Pasteur, et nous sommes ses brebis Bien qu'il soit le Dieu fort et triomphant, il est doux et mis&#233;ricordieux : c&#233;l&#233;brons sa victoire dans l'all&#233;gresse et la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant (&lt;tt&gt;&lt;popup870|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est le cri de l'&#226;me fid&#232;le vers le Seigneur, au moment o&#249; l'aurore para&#238;t au ciel. D&#232;s son r&#233;veil, le chr&#233;tien a soif du grand Dieu qui l'a cr&#233;&#233; et qui l'a d&#233;livr&#233; de ses ennemis. En ce jour, il le contemple dans la gloire qui l'environne, et dont les rayons &#233;clairent le monde entier. Tous les peuples sont unis dans un sentiment commun ; tous f&#234;tent la P&#226;que ; il n'est pas de nation o&#249; elle soit inconnue. Demandons que tous les hommes l'aiment, la comprennent et participent &#224; nos joies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cantique (&lt;tt&gt;&lt;popup874|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) dans lequel les trois enfants de la fournaise de Babylone appelaient toutes les cr&#233;atures de Dieu &#224; b&#233;nir son nom, est chant&#233; par l'&#201;glise &#224; l'Office des Laudes dans toutes les solennit&#233;s. Il pr&#234;te une voix &#224; toute la nature, et convie l'&#339;uvre de Dieu tout enti&#232;re &#224; louer son auteur. Aujourd'hui il est bien juste que les cieux et la terre s'unissent pour rendre hommage au grand Dieu qui a daign&#233;, par sa mort et par sa r&#233;surrection, relever son &#339;uvre tomb&#233;e par le p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise r&#233;unissait ici autrefois en un seul les trois derniers Psaumes du Psautier, qui renferment plus sp&#233;cialement la louange du Seigneur, et convoquent toutes les cr&#233;atures &#224; le c&#233;l&#233;brer. Celui qui demeure (&lt;tt&gt;&lt;popup873|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est semblable au Cantique des trois enfants ; comme faisaient avec lui les deux autres, il appelle les Saints &#224; chanter le Seigneur, qui les a glorifi&#233;s et associ&#233;s &#224; sa r&#233;surrection ; il invite tout ce qui respire &#224; former, en l'honneur de cet Homme-Dieu, le plus brillant et le plus harmonieux concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le chant des Psaumes, on entonne imm&#233;diatement l'Antienne pascale : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports d'une sainte joie. &#187; Vient ensuite le Cantique de Zacharie (&lt;tt&gt;&lt;popup876|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), par lequel l'&#201;glise salue, chaque matin, le lever du soleil. Il c&#233;l&#232;bre la visite du Seigneur, l'accomplissement des promesses de Dieu, l'apparition du divin Orient au milieu de nos t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chant des Laudes &#233;tant termin&#233;, la foule des fid&#232;les s'&#233;coule, pour revenir plus nombreuse encore, &#224; l'heure o&#249; le Sacrifice solennel du divin Agneau pascal la convoquera de nouveau. En nous reportant aux premiers si&#232;cles de notre foi, comme nous l'avons fait tous ces derniers jours, afin de mieux saisir le sens et la port&#233;e des rites de la sainte Liturgie, nous continuerons &#224; nous repr&#233;senter une de ces c&#233;l&#232;bres &#201;glises des IVe et Ve si&#232;cles o&#249; les pompes sacr&#233;es se d&#233;veloppaient dans tout leur &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233; a re&#231;u, en ces jours, un accroissement nouveau et subit de population. Les pr&#234;tres des campagnes sont venus s'unir &#224; leur &#201;v&#234;que pour les solennit&#233;s du Chr&#234;me, du Bapt&#234;me et de la P&#226;que, et ils ont amen&#233; avec eux de nombreux fid&#232;les. Les habitants de la ville ont suspendu tout voyage, pour ne pas manquer &#224; la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res ; les canons des Conciles interdisent m&#234;me aux grands la libert&#233; de sortir des murs, tant que la solennit&#233; pascale n'a pas achev&#233; son cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conciles d'Agde, d'Orl&#233;ans I et IV, d'Epaone, etc.&#034; id=&#034;nh8-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces prescriptions ne doivent pas &#233;tonner, si l'on se rappelle ce que nous avons rapport&#233;, &#224; propos du Dimanche des Palmes, que les illustres solitaires de l'Orient, qui, sortis du monast&#232;re avec la permission de leur abb&#233;, s'&#233;taient enfonc&#233;s dans le d&#233;sert, au commencement du Car&#234;me, pour vaquer sous l'&#339;il de Dieu seul &#224; la p&#233;nitence et &#224; la contemplation, venaient se r&#233;unir &#224; la communaut&#233; pour c&#233;l&#233;brer la P&#226;que. Saint Pac&#244;me qui, le premier, organisa, dans les d&#233;serts de l'Orient, une sorte de conf&#233;d&#233;ration monastique form&#233;e de toutes les maisons qui &#233;taient issues de son c&#233;l&#232;bre monast&#232;re de Tabenne, exigeait que tous ses disciples se r&#233;unissent, chaque ann&#233;e, au monast&#232;re central pour f&#234;ter la R&#233;surrection du Sauveur ; et plus d'une fois l'on vit camper autour de Tabenne jusqu'&#224; cinquante mille moines, r&#233;unis de toutes ces cit&#233;s spirituelles dont le d&#233;sert &#233;tait parsem&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours encore, au sein de nos villes dont un si grand nombre ont perdu le cachet du christianisme, les &#233;glises sont remplies en cette f&#234;te de P&#226;ques. Les plus vastes ne suffisent pas &#224; contenir la foule qui les assi&#232;ge. Beaucoup d'hommes qui, dans tout le cours de l'ann&#233;e, passent indiff&#233;rents devant le seuil de la maison de Dieu, le franchissent en ce jour. Derni&#232;re trace du christianisme universel qui a surv&#233;cu &#224; tant de faux syst&#232;mes, &#224; tant de calculs mat&#233;riels ; disons aussi, derni&#232;re attraction de cet aimant vainqueur qui r&#233;side en notre divin ressuscit&#233;. Beaucoup, au moment de quitter cette vie, &#233;viteront le naufrage, en criant vers J&#233;sus, que la P&#226;que annuelle, si incompl&#232;tement f&#234;t&#233;e par eux, les avait du moins emp&#234;ch&#233;s d'oublier ; mais beaucoup aussi, h&#233;las ! feront naufrage, parce que n'ayant pas, en ce jour, accompli la justice envers leur lib&#233;rateur, ils ont contraint de se montrer juste celui qui, tant de fois, en cette f&#234;te de P&#226;ques, les convia &#224; sa mis&#233;ricorde. Prions Dieu qu'elle ne s'&#233;teigne pas, &#171; cette m&#232;che qui fume encore &#187; ; qu'il n'ach&#232;ve pas de se rompre, &#171; ce roseau d&#233;j&#224; &#233;clat&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XLII, 3.&#034; id=&#034;nh8-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et reposons nos regards sur les beaux spectacles que nous offre la foi antique, cette foi pr&#233;cieuse qui vit en nous, par la divine mis&#233;ricorde, et qui trouvera des fid&#232;les, et des fid&#232;les nombreux, jusqu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de nous r&#233;unir &#224; l'assembl&#233;e sainte, donnons un souvenir aux Martyrs de la P&#226;que. Un jour, la grande solennit&#233; fut consacr&#233;e par le sang des fid&#232;les ; et la sainte &#201;glise en garde la m&#233;moire dans les fastes du Martyrologe. En 459, on c&#233;l&#233;brait la P&#226;que le cinq d'Avril ; c'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; les &#201;glises d'Afrique &#233;taient ravag&#233;es par les Vandales, h&#233;r&#233;tiques ariens conduits par leurs rois Gens&#233;ric et Hunn&#233;ric. Les fid&#232;les de la ville de R&#233;gia s'&#233;taient rassembl&#233;s dans l'&#233;glise pour c&#233;l&#233;brer la R&#233;surrection du Christ ; et afin d'&#233;viter le contact des h&#233;r&#233;tiques, ils en avaient ferm&#233; les portes. Les ariens, conduits par un de leurs pr&#234;tres, forcent l'entr&#233;e du saint temple et se pr&#233;cipitent en armes sur la multitude des fid&#232;les. A ce moment, un Lecteur, du haut de l'Ambon, ex&#233;cutait la m&#233;lodie de l'All&#233;luia ; une fl&#232;che meurtri&#232;re, lanc&#233;e sur lui par l'un de ces barbares, l'atteint &#224; la gorge ; il tombe, et va achever au ciel le chant joyeux qu'il avait commenc&#233; sur la terre. Les Vandales font main basse sur les catholiques ; l'&#233;glise est inond&#233;e de leur sang ; un grand nombre sont entra&#238;n&#233;s par les h&#233;r&#233;tiques hors du temple ; mais c'est pour &#234;tre immol&#233;s ensuite par ordre du conqu&#233;rant ; il n'y eut que les enfants d'&#233;pargn&#233;s. Unissons-nous &#224; la sainte &#201;glise qui, chaque ann&#233;e, le cinq Avril, glorifie ces nobles victimes de la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de Tierce a rassembl&#233; dans la Basilique tout le peuple de la cit&#233;. Le soleil, qui s'est lev&#233; joyeux, semble verser une lumi&#232;re plus vive ; le pav&#233; de l'&#233;glise est jonch&#233;, de fleurs. Au-dessous des mosa&#239;ques de l'abside, dont les &#233;maux scintillent d'un &#233;clat nouveau, les murs sont tapiss&#233;s de draperies pr&#233;cieuses ; des guirlandes de feuillage pendant en festons de l'arc triomphal, courent le long des colonnes de la grande nef, et de l&#224; se r&#233;pandent sous les nefs lat&#233;rales. De nombreuses lampes, aliment&#233;es de l'huile la plus pure, br&#251;lent autour de l'autel, suspendues au ciborium. Port&#233; sur son &#233;l&#233;gante colonne, le Cierge pascal, qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;teint depuis les premi&#232;res heures de la soir&#233;e d'hier, lance sa flamme toujours vive, et embaume le lieu saint des parfums dont sa m&#232;che est impr&#233;gn&#233;e. Symbole myst&#233;rieux du Christ-Lumi&#232;re, il r&#233;jouit les regards des fid&#232;les, et semble dire &#224; tous : &#171; All&#233;luia ! Le Christ est ressuscit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui, plus que tout le reste, int&#233;resse l'assembl&#233;e sainte, c'est le groupe nombreux des n&#233;ophytes couverts de leurs robes blanches, comme les Anges qui ont apparu au s&#233;pulcre ; c'est en ces jeunes et nobles recrues que se r&#233;fl&#233;chit le plus vivement le myst&#232;re du Christ sortant du tombeau. Hier encore ils &#233;taient morts par le p&#233;ch&#233; ; maintenant ils sont pleins de vie, d'une vie nouvelle qui est le fruit de la victoire du R&#233;dempteur sur la mort. Heureuse pens&#233;e de la sainte &#201;glise, d'avoir choisi pour le jour de leur r&#233;g&#233;n&#233;ration celui-l&#224; m&#234;me o&#249; l'Homme-Dieu a conquis pour nous l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station &#233;tait autrefois dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure. Cette reine des nombreuses &#233;glises d&#233;di&#233;es &#224; la M&#232;re de Dieu dans la ville sainte, &#233;tait d&#233;sign&#233;e pour la fonction de ce jour par une admirable d&#233;licatesse. Rome faisait hommage de la solennit&#233; pascale &#224; celle qui, plus que toute cr&#233;ature, eut droit d'en ressentir les joies, et pour les angoisses que son c&#339;ur maternel avait endur&#233;es, et pour sa fid&#233;lit&#233; &#224; conserver la foi de la r&#233;surrection durant les longues et cruelles heures que son divin Fils dut passer dans l'humiliation du tombeau. Depuis, la solennit&#233; de la Messe papale a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e dans la Basilique de Saint-Pierre, plus vaste et plus en rapport avec l'immense concours de fid&#232;les que le monde chr&#233;tien tout entier d&#233;pute aux solennit&#233;s pascales de Rome. N&#233;anmoins le Missel romain continue d'indiquer Sainte-Marie-Majeure comme l'&#233;glise de la Station d'aujourd'hui ; et les indulgences sont demeur&#233;es les m&#234;mes en faveur de ceux qui prennent part aux fonctions qui s'y c&#233;l&#232;brent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'heure de Tierce (neuf heures du matin) ; on commence aussit&#244;t l'Office qui correspond &#224; cet instant de la journ&#233;e, et qui pr&#233;c&#232;de toujours la Messe solennelle. Mais en ce jour, et pendant toute la semaine, la sainte &#201;glise, jalouse de conserver la forme antique &#224; l'Office de P&#226;ques, omet l'Hymne qui pr&#233;c&#232;de ordinairement les Psaumes, et n'admet ni le Capitule, ni le R&#233;pons bref. La psalmodie &#233;tant termin&#233;e, on ajoute sur un mode grave et m&#233;lodieux la triomphante Antienne que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te sans cesse durant toute cette solennelle Octave : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'all&#233;gresse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office de Tierce se termine par la Collecte de la Messe, ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des autres dimanches de l'ann&#233;e, on ne b&#233;nit pas l'eau aujourd'hui pour l'Aspersion. Il y a quelques heures &#224; peine, le Pontife a sanctifi&#233; cet &#233;l&#233;ment avec les rites les plus sublimes, avant de l'employer &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration de nos n&#233;ophytes. L'eau qui va servir &#224; purifier l'assembl&#233;e sainte a &#233;t&#233; puis&#233;e dans la fontaine m&#234;me dont ils sont sortis tout &#233;clatants de blancheur. Pendant qu'on la r&#233;pand sur les fid&#232;les, le ch&#339;ur chante l'Antienne Vidi aquam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#201;glises des Gaules et des autres contr&#233;es occidentales, on chanta longtemps, &#224; la Procession qui pr&#233;c&#233;dait la Messe, d'admirables strophes de saint Venance Fortunat, &#233;v&#234;que de Poitiers. Nous les donnerons ici, persuad&#233; qu'elles seront agr&#233;ables au pieux lecteur, et qu'elles l'aideront &#224; entrer dans l'esprit de la grande solennit&#233; &#224; laquelle elles servaient &#224; pr&#233;parer nos p&#232;res. On y retrouve l'enthousiasme qui a dict&#233; le Vexilla regis et l'Hymne du saint Chr&#234;me ; c'est la m&#234;me diction, ferme, &#233;nergique, un peu rude ; mais c'est aussi la m&#234;me pi&#233;t&#233;, le m&#234;me enthousiasme et la m&#234;me richesse d'images et de sentiment. Le chant qui accompagnait ces paroles est venu jusqu'&#224; nous sur les manuscrits, et respire la majest&#233; et l'onction.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Salve Festa Dies&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;CHANT PASCAL DES &#201;GLISES DES GAULES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Salve, festa dies, toto venar&#225;bilis &#230;vo
&lt;p&gt;Qua Deus inf&#233;rnum vincit, et astra tenet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, jour solennel, v&#233;n&#233;rable dans tous les &#226;ges ! &lt;p&gt;Jour o&#249; un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ecce renasc&#233;ntis test&#225;tur gr&#225;tia m&#250;ndi &lt;p&gt;Omnia cum D&#243;mino dona red&#237;sse suo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;La terre, qui reprend son &#233;clat et sa beaut&#233;, &lt;p&gt;annonce que toute cr&#233;ature rena&#238;t aujourd'hui avec son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;On r&#233;p&#232;te : Salve, festa dies.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;On r&#233;p&#232;te : Salut, jour solennel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Namque triumph&#225;nti post tr&#237;stia t&#225;rtara Chr&#237;sto &lt;p&gt;Undique fr&#243;nde nemus, gr&#225;mina flore favent.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour applaudir au triomphe du Christ sortant du tombeau, les for&#234;ts se couvrent de feuillage, les plantes &#233;talent leur floraison.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Legibus inferni oppressis, super astra meantem,
&lt;p&gt;Laudant rite Deum lux, polus, arva, fretum.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;La lumi&#232;re, les cieux, les campagnes, les mers, c&#233;l&#232;brent de concert &lt;p&gt;le Dieu qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus des astres, vainqueur de la loi du tr&#233;pas.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui crucifixus erat Deus, ecce per omnia regnat ;
&lt;p&gt;Dantque creatori cuncta creata precem.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Dieu crucifi&#233; nagu&#232;re r&#232;gne maintenant sur l'univers ; &lt;p&gt;la cr&#233;ation enti&#232;re adresse d'humbles v&#339;ux &#224; son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christe salus rerum, bone conditor, atque redemptor ;
&lt;p&gt;Unica progenies ex deitate Patris.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Christ, Sauveur de l'univers, cr&#233;ateur plein de bont&#233;, &lt;p&gt;r&#233;dempteur de ton &#339;uvre, Fils unique d'un P&#232;re qui est Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui genus humanum cernens mersum esse profundo,
&lt;p&gt;Ut hominem eriperes, es quoque factus homo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Toi qui, voyant le triste naufrage du genre humain, &lt;p&gt;daignas te faire homme pour d&#233;livrer l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nec voluisti etenim tantum te corpore nasci,
&lt;p&gt;Sed caro quae nasci pertulit, atque mori.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Toi qui, non content de na&#238;tre dans un corps, voulus d&#233;vouer &lt;p&gt;&#224; la mort cette chair en laquelle tu pris une humble naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Funeris exequias pateris, vit&#230; auctor et orbis,
&lt;p&gt;Intrans mortis iter,dando salutis opem.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Auteur de la vie artisan du monde, tu t'es abaiss&#233; jusqu'au s&#233;pulcre ; &lt;p&gt;pour nous assurer le salut, tu t'es engag&#233; dans la voie du tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tr&#237;stia cess&#233;runt inf&#233;rn&#230; v&#237;ncula legis, Expav&#237;tque ch&#225;os l&#250;minis ore premi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais voici que les cha&#238;nes lugubres des r&#233;gions souterraines se sont rompues ; &lt;p&gt;l'ab&#238;me &#233;pouvant&#233; a senti dans son sein p&#233;n&#233;trer une lumi&#232;re puissante.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Depereunt tenebr&#230; Christi fulgore fugat&#230;,
&lt;p&gt;&#198;tern&#230; noctis pallia crassa cadunt.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;A la pr&#233;sence du Christ rayonnant, les t&#233;n&#232;bres s'effacent ; &lt;p&gt;les ombres &#233;paisses de l'&#233;ternelle nuit ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Poll&#237;citam sed redde fidem, precor, alma potestas : &lt;p&gt;Tertia lux rediit, surge sep&#250;lte meus.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ce n'est pas tout encore, &#244; puissant Roi ! Il est temps de d&#233;gager ta promesse ; &lt;p&gt;le troisi&#232;me jour est venu ; l&#232;ve-toi, mon Dieu enseveli !&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non decet ut vili tumulo tua membra tegantur,
&lt;p&gt;Nec pretium mundi vilia saxa premant.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tes membres sacr&#233;s ne doivent pas plus longtemps reposer sous une vile pierre ; &lt;p&gt;la roche grossi&#232;re ne doit plus retenir la ran&#231;on du monde.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lintea tolle, precor, sudaria linque sepulchro ;
&lt;p&gt;Tu satis es nobis, et sine te nihil est.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;coute ma pri&#232;re, secoue ces linceuls, laisse ce suaire au fond du s&#233;pulcre ; &lt;p&gt;n'es-tu pas notre bien unique, celui sans lequel tout est n&#233;ant ?&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;S&#243;lve caten&#225;tas inf&#233;rni c&#225;rceris umbras, &lt;p&gt;Et r&#233;voca sursum quidquid ad ima ruit.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;D&#233;lie ces g&#233;n&#233;rations captives dans leurs prisons souterraines ; &lt;p&gt;ram&#232;ne dans les hauteurs tout ce qui avait croul&#233; dans les ab&#238;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Redde tuam faciem, v&#237;deant ut s&#509;cula l&#250;men ; &lt;p&gt;Redde diem qui nos, te mori&#233;nte, fugit.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Rends-nous ton visage b&#233;ni, afin que le monde revoie la lumi&#232;re ; &lt;p&gt;rends-nous le jour qui s'est &#233;clips&#233;, au moment o&#249; tu expirais.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed plane implesti remeans, pie victor, ad orbem ;
&lt;p&gt;Tartara pressa jacent , nec sua jura tenent.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais tu as &#233;t&#233; fid&#232;le, &#244; vainqueur plein de bont&#233; ! le monde t'a vu repara&#238;tre ; &lt;p&gt;la mort est &#233;cras&#233;e sous tes pieds ; ils sont abrog&#233;s, les droits dont elle osait se pr&#233;valoir.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Inferus insaturabiliter cava guttura pandens,
&lt;p&gt;Qui rapuit semper, fit tua pr&#230;da, Deus.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Monstre au gosier b&#233;ant et insatiable, elle engloutissait notre race ; &lt;p&gt;la voil&#224; maintenant devenue ta proie, &#244; Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Evomit absorptam trepide fera bellua plebem,
&lt;p&gt;Et de fauce lupi subtrahit Agnus oves.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Elle revomit avec terreur ces g&#233;n&#233;rations qu'elle avait englouties dans sa f&#233;rocit&#233; ; &lt;p&gt;et c'est l'Agneau qui arrache les brebis de la gueule loup.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Rex sacer, ecce tui radiat pars magna triumphi,
&lt;p&gt;Cum puras animas sacra lavacra beant.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En ce jour, &#244; divin Roi, le triomphe que tu remportas alors renouvelle une partie de sa splendeur ; &lt;p&gt;aujourd'hui que le lavoir sacr&#233; comble la f&#233;licit&#233; des &#226;mes qu'il a rendues pures.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Candidus egreditur nitidis exercitus undis, &lt;p&gt;Atque vetus vitium purgat in amne novo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Une blanche arm&#233;e s'&#233;lance du sein des eaux limpides, &lt;p&gt;et les &#226;mes ont lav&#233; la tache du p&#233;ch&#233; dans les flots renouvel&#233;s par la b&#233;n&#233;diction.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fulgentes animas vestis quoque candida signat,
&lt;p&gt;Et grege de niveo gaudia pastor habet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Un v&#234;tement sans souillure exprime l'&#233;clat dont elles brillent ; &lt;p&gt;et le pasteur se r&#233;jouit &#224; la vue de son troupeau plus blanc que la neige.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Salve, festa dies, toto venar&#225;bilis &#230;vo
&lt;p&gt;Qua Deus inf&#233;rnum vincit, et astra tenet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, jour solennel, v&#233;n&#233;rable dans tous les &#226;ges ! &lt;p&gt;Jour o&#249; un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Tous les pr&#233;ludes au Sacrifice &#233;tant termin&#233;s, la voix des chantres se fait entendre avec &#233;clat et m&#233;lodie. Ils ex&#233;cutent le solennel Intro&#239;t, durant lequel le Pontife, entour&#233; des Pr&#234;tres, des Diacres et des ministres inf&#233;rieurs, se dirige vers l'autel. Ce chant d'entr&#233;e est le cri de l'Homme-Dieu sortant du tombeau, et adressant &#224; son P&#232;re c&#233;leste l'hommage de sa reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, la sainte &#201;glise c&#233;l&#232;bre le bienfait de l'immortalit&#233; rendue &#224; l'homme par la victoire que le R&#233;dempteur a remport&#233;e sur la mort ; et elle demande que les v&#339;ux de ses enfants s'&#233;l&#232;vent toujours plus haut vers cette sublime destin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu avait ordonn&#233; aux Isra&#233;lites de manger l'Agneau pascal avec du pain azyme, c'est-&#224;-dire sans levain ; leur enseignant, sous ce symbole, qu'ils devaient, avant de prendre ce repas myst&#233;rieux, renoncer &#224; la vie pass&#233;e, dont les imperfections &#233;taient figur&#233;es par le levain. Nous chr&#233;tiens, qui sommes entra&#238;n&#233;s par le Christ vers cette vie nouvelle dont il nous a ouvert la voie en ressuscitant le premier, il nous faut d&#233;sormais ne plus tendre qu'&#224; des &#339;uvres pures, &#224; des actions saintes, azyme destin&#233; &#224; accompagner notre divin Agneau pascal, qui devient notre nourriture aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel est form&#233; de ces joyeuses paroles que l'&#201;glise a extraites du Psaume CXVII, et qu'elle r&#233;p&#232;te &#224; toutes les heures du jour en cette solennit&#233; de la P&#226;que. Aujourd'hui, l'all&#233;gresse est un devoir pour tout chr&#233;tien ; tout nous y engage, et le triomphe de notre bien-aim&#233; R&#233;dempteur, et les grands biens qu'il a conquis pour nous. La tristesse aujourd'hui serait une protestation coupable contre les bienfaits dont Dieu a daign&#233; nous combler en son Fils, qui non seulement a daign&#233; mourir pour nous, mais encore a voulu pour nous ressusciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset All&#233;luiatique nous donne un des motifs de la joie qui doit nous faire tressaillir aujourd'hui. Un festin est dress&#233; pour nous ; l'Agneau est pr&#234;t ; cet Agneau est J&#233;sus immol&#233;, et d&#233;sormais vivant : immol&#233;, afin que nous soyons rachet&#233;s dans son sang ; vivant, pour nous communiquer l'immortalit&#233; qu'il a conquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour accro&#238;tre la joie des fid&#232;les, la sainte &#201;glise ajoute &#224; ses chants ordinaires une &#339;uvre lyrique dans laquelle respire le plus vif enthousiasme envers le R&#233;dempteur sortant du tombeau. Cette composition a re&#231;u le nom de S&#233;quence, parce qu'elle est comme une suite et un prolongement du chant de l' All&#233;luia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise emprunte aujourd'hui &#224; saint Marc, de pr&#233;f&#233;rence &#224; tout autre &#201;vang&#233;liste, le r&#233;cit de la R&#233;surrection. Saint Marc fut disciple de saint Pierre ; il &#233;crivit son &#201;vangile &#224; Rome, sous les yeux du Prince des Ap&#244;tres. Il est convenable que, dans une telle solennit&#233;, on entende, en quelque sorte, la voix de celui que le divin ressuscit&#233; a proclam&#233; la Pierre fondamentale de son &#201;glise, et le Pasteur supr&#234;me des brebis et des agneaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est ressuscit&#233; ; il n'est plus ici &#187; : un mort que des mains pieuses avaient &#233;tendu l&#224;, sur cette table de pierre, dans cette grotte ; il s'est lev&#233;, et tout &#224; coup, sans m&#234;me d&#233;ranger la pierre qui fermait l'entr&#233;e, il s'est &#233;lanc&#233; dans une vie qui ne doit plus finir. Personne ne lui a port&#233; secours ; nul proph&#232;te, nul envoy&#233; de Dieu ne s'est pench&#233; sur le cadavre pour le rappeler &#224; la vie. C'est lui-m&#234;me qui, par sa propre vertu, s'est ressuscit&#233;. Pour lui la mort n'a pas &#233;t&#233; une n&#233;cessit&#233; ; il l'a subie, parce qu'il l'a voulu ; il l'a bris&#233;e, quand il l'a voulu. O J&#233;sus qui vous jouez de la mort, vous &#234;tes le Seigneur notre Dieu ! Nous fl&#233;chissons le genou devant ce s&#233;pulcre vide, que votre s&#233;jour de quelques heures a rendu sacr&#233; pour jamais. &#171; Voici le lieu o&#249; ils vous avaient mis. &#187; Voici les linceuls, les bandelettes, qui n'ont pu vous retenir, et qui attestent votre passage volontaire sous le joug de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ange dit encore aux femmes : &#171; Vous cherchez J&#233;sus de Nazareth qui a &#233;t&#233; crucifi&#233;. &#187; Souvenir plein de larmes ! Avant-hier, on apporta ici sa d&#233;pouille meurtrie, d&#233;chir&#233;e, sanglante. Cette grotte dont la pierre a &#233;t&#233; arrach&#233;e violemment par la main de l'Ange, et que cet Esprit c&#233;leste illumine d'une &#233;blouissante clart&#233;, couvrit de son ombre s&#233;pulcrale la plus &#233;plor&#233;e des m&#232;res ; elle retentissait des sanglots de Jean et des deux disciples, des lamentations de Madeleine et de ses compagnes. Le soleil disparaissait &#224; l'horizon, et le premier jour de la s&#233;pulture de J&#233;sus allait commencer. Mais le Proph&#232;te avait pr&#233;dit : &#171; Au soir r&#233;gneront les pleurs ; mais au matin &#233;clatera l'all&#233;gresse. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. XXIX, 6.&#034; id=&#034;nh8-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous sommes &#224; cet heureux matin ; et notre joie est grande, &#244; R&#233;dempteur, de voir que ce m&#234;me tombeau o&#249; nous vous accompagn&#226;mes avec une douleur sinc&#232;re n'est plus que le troph&#233;e de votre victoire. Elles sont donc gu&#233;ries, ces plaies sacr&#233;es que nous baisions avec amour, en nous reprochant de les avoir caus&#233;es. Vous vivez plus glorieux que jamais, immortel ; et parce que nous avons voulu mourir &#224; nos p&#233;ch&#233;s, pendant que vous mouriez pour les expier, vous voulez que nous vivions avec vous &#233;ternellement, que votre victoire soit la n&#244;tre, que la mort, pour nous comme pour vous, ne soit qu'un passage, cl qu'elle nous rende un jour intact et radieux ce corps que la tombe ne recevra plus d&#233;sormais que comme un d&#233;p&#244;t. Gloire soit donc &#224; vous, honneur et amour, &#244; Fils &#233;ternel de Dieu, qui avez daign&#233; non seulement mourir, mais encore ressusciter pour nous ! L'Offertoire reproduit les paroles dans lesquelles David annonce le tremblement de terre qui signala l'instant de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu. Ce globe a &#233;t&#233; t&#233;moin des plus sublimes manifestations de la puissance et de la bont&#233; de Dieu ; et le souverain ma&#238;tre a voulu plus d'une fois qu'il s'associ&#226;t, par des mouvements en dehors des lois communes, aux sc&#232;nes divines dont il &#233;tait le th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple saint tout entier va s'asseoir au banquet pascal ; l'Agneau divin convie tous les fid&#232;les &#224; se nourrir de sa chair ; l'autel est tout charg&#233; des hosties qu'ils ont pr&#233;sent&#233;es ; la sainte &#201;glise, dans la Secr&#232;te, implore pour ces heureux convives les gr&#226;ces qui leur assureront l'immortalit&#233; bienheureuse dont ils vont recevoir le gage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Messe papale, au moyen &#226;ge, pendant que le Pontife r&#233;citait cette oraison secr&#232;te, les deux plus jeunes Cardinaux-diacres se d&#233;tachaient de leurs coll&#232;gues, et, couverts de leurs dalmatiques blanches, venaient se placer chacun &#224; l'une des extr&#233;mit&#233;s de l'autel, la face tourn&#233;e vers le peuple. Ils repr&#233;sentaient les deux Anges qui gardaient le tombeau du Sauveur, et qui apparurent aux saintes femmes et leur annonc&#232;rent la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre. Ces deux diacres demeuraient &#224; cette place en silence, jusqu'au moment o&#249; le Pontife quittait l'autel &#224; l'Agnus Dei, pour remonter &#224; son tr&#244;ne, sur lequel il devait accomplir la sainte communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observait encore un autre usage non moins touchant, &#224; Sainte-Marie-Majeure. Lorsque le Pape, apr&#232;s la fraction de l'hostie, adressait &#224; l'assistance le souhait de la paix par les paroles accoutum&#233;es : Pax Domini sit semper vobiscum, le ch&#339;ur ne r&#233;pondait pas, comme aux jours ordinaires : Et cum spiritu tuo. La tradition racontait que, dans cette m&#234;me solennit&#233; et dans cette m&#234;me Basilique, saint Gr&#233;goire le Grand c&#233;l&#233;brant un jour le divin sacrifice, et ayant prononc&#233; ces m&#234;mes paroles qui font descendre l'Esprit de paix sur l'assembl&#233;e sainte, un ch&#339;ur d'Anges lui r&#233;pondit avec une si suave m&#233;lodie, que les voix de la terre se turent, n'osant s'unir au concert c&#233;leste. L'ann&#233;e suivante, on attendit, sans oser r&#233;pondre au Pontife, que les voix ang&#233;liques se fissent entendre de nouveau ; cette attente dura plusieurs si&#232;cles ; mais le prodige que Dieu avait fait une fois pour son serviteur Gr&#233;goire ne se renouvela pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin le moment o&#249; la foule des fid&#232;les va participer au divin banquet est arriv&#233;. L'antique &#201;glise des Gaules faisait retentir alors un appel sublime, qu'elle adressait &#224; toute cette multitude d&#233;sireuse du pain de vie. Cette Antienne lyrique se conserva dans nos cath&#233;drales, apr&#232;s m&#234;me l'introduction de la Liturgie romaine par P&#233;pin et Charlemagne ; et elle n'a succomb&#233; totalement que par suite des innovations du si&#232;cle dernier. Le chant qui l'accompagnait respire la majest&#233; des myst&#232;res : nous pla&#231;ons ici les paroles, comme pouvant aider les fid&#232;les &#224; s'approcher avec plus de respect de cette table sacr&#233;e o&#249; le divin Agneau pascal est au moment de se donner &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;APPEL DU PEUPLE A LA COMMUNION.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Venite, populi, ad sacrum et immortale mysterium, et libamen agendum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Peuples, venez ; approchez-vous de l'immortel myst&#232;re : venez go&#251;ter la libation sacr&#233;e.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cum timore et fide accedamus manibus mundis, p&#339;nitentias munus communicemus, quoniam propter nos Agnus Dei Patris sacrificium propositum est.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Avan&#231;ons avec crainte, avec foi, les mains pures ; venons nous unir &#224; celui qui est le prix de notre p&#233;nitence : l'Agneau offert en sacrifice &#224; Dieu son P&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipsum solum adoremus, ipsum glorificemus : cum Angelis clamantes Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Adorons-le, glorifions-le, et avec les Anges, chantons All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les ministres du festin pascal distribuent la nourriture sacr&#233;e, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre, dans l'Antienne de la communion, le v&#233;ritable Agneau pascal, dont l'immolation mystique a eu lieu sur l'autel et qui demande &#224; ceux qui se nourrissent de lui la puret&#233; du c&#339;ur, figur&#233;e sous l'apparence de l'azyme qui le d&#233;robe &#224; nos regards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pri&#232;re de l'&#201;glise en faveur de son peuple qui vient de se nourrir de Dieu, implore pour tous les convives du festin sacr&#233; l'esprit de charit&#233; fraternelle, qui est l'esprit de la P&#226;que. En prenant notre nature par l'incarnation, le Fils de Dieu nous a rendus ses fr&#232;res ; en versant son sang pour nous tous sur la croix, il nous a unis tous ensemble par le lien de la R&#233;demption ; en ressuscitant aujourd'hui, il nous unit encore dans l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la b&#233;n&#233;diction du Pontife, la foule s'&#233;coule b&#233;nissant Dieu, dans l'attente de la solennit&#233; des V&#234;pres qui, par sa pompe inaccoutum&#233;e, va mettre le comble &#224; toutes les magnificences de cette solennelle journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, le Pape descend les degr&#233;s de son tr&#244;ne ; le front ceint de la triple couronne, il s'assied sur la sedia gestatoria, et, majestueusement port&#233; sur les &#233;paules des serviteurs du palais, il s'avance vers la grande nef. A un endroit marqu&#233;, il descend et s'agenouille humblement. Alors, du haut des tribunes de la coupole, des pr&#234;tres rev&#234;tus de l'&#233;tole montrent au Pontife et au peuple le bois sacr&#233; de la Croix, et le voile appel&#233; la V&#233;ronique, sur lequel sont empreints les traits d&#233;figur&#233;s du Sauveur marchant au Calvaire. Ce souvenir des douleurs et des humiliations de l'Homme-Dieu, &#233;voque au moment m&#234;me o&#249; son triomphe sur la mort vient d'&#234;tre proclam&#233; avec tant d'&#233;clat, rel&#232;ve encore la gloire et la puissance du divin ressuscit&#233;, et rappelle &#224; tous avec quel amour et quelle fid&#233;lit&#233; il a daigne remplir la mission qu'il avait accept&#233;e pour notre salut. Ne dit-il pas lui-m&#234;me, aujourd'hui, aux disciples d'Emma&#252;s : &#171; Il fallait que le Christ souffr&#238;t, et qu'il entr&#226;t dans sa gloire par le chemin de la souffrance ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 46.&#034; id=&#034;nh8-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La Chr&#233;tient&#233;, en la personne de son auguste chef, rend hommage en ce moment &#224; ces souffrances et &#224; cette gloire. Apr&#232;s une humble adoration, le Pontife re&#231;oit de nouveau la triple couronne, remonte sur la sedia, et est port&#233; vers la galerie du haut de laquelle il va r&#233;pandre sur le peuple immense qui couvre la place de Saint-Pierre la b&#233;n&#233;diction apostolique, avec le rite imposant que nous avons d&#233;crit au Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps o&#249; le Pontife romain avait sa r&#233;sidence au palais de Latran, et c&#233;l&#233;brait la fonction pascale &#224; Sainte-Marie-Majeure, il se rendait &#224; la Basilique mont&#233; sur une haquen&#233;e capara&#231;onn&#233;e de blanc, couvert du pluvial et la tiare en t&#234;te. Au retour de la Messe, il se rendait dans la salle des festins, appel&#233;e le Triclinium leonianum, vaste pi&#232;ce construite et d&#233;cor&#233;e par saint L&#233;on III, et dont les mosa&#239;ques retra&#231;aient les images du Christ et de saint Pierre, de Constantin et de Charlemagne. L&#224; une table &#233;tait dress&#233;e, &#224; laquelle &#233;taient convi&#233;s, pour s'asseoir pr&#232;s du Pontife, cinq Cardinaux, cinq Diacres et le Primicier de la Basilique de Latran. Non loin de la table particuli&#232;re du Pape, il y avait une douzi&#232;me escabelle qui devait &#234;tre occup&#233;e par le prieur appel&#233; Basilicaire. Les serviteurs apportaient alors l'Agneau pascal &#233;tendu sur un plat somptueux. Le Pape b&#233;nissait ce mets, dont la pr&#233;sence annon&#231;ait que la loi s&#233;v&#232;re de l'abstinence avait cess&#233;. C'&#233;tait le Pontife lui-m&#234;me qui servait et envoyait &#224; ses convives les portions de l'animal r&#244;ti ; mais il en d&#233;tachait d'abord un morceau qu'il mettait dans la bouche du prieur Basilicaire, dont la place &#224; part n'&#233;tait pas la plus honorable, en lui disant avec une allusion qui e&#251;t sembl&#233; dure, si elle n'e&#251;t &#233;t&#233; promptement corrig&#233;e : &#171; Ce que vous avez &#224; faire, faites-le vite ; toutefois cette parole qui fut dite pour la condamnation, c'est pour la r&#233;mission que je vous l'adresse. &#187; Une gaiet&#233; grave et douce pr&#233;sidait &#224; ce repas solennel qui commen&#231;ait sans lecture ; mais vers le milieu du festin, l'archidiacre avant fait un signe, un diacre s'avan&#231;ait, et lisait pendant quelque temps. On introduisait ensuite les chantres de la cour, et ils ex&#233;cutaient, avec toutes les traditions de la musique romaine, quelqu'une des belles S&#233;quences dont on se d&#233;lectait alors ; le Pape d&#233;signait lui-m&#234;me celle qu'il voulait entendre. Le concert termin&#233;, les musiciens baisaient les pieds du Pontife, qui daignait verser &#224; chacun une rasade du vin de sa table ; et tous recevaient en gratification un besant par les mains du sacellaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles &#233;taient les m&#339;urs na&#239;ves du moyen &#226;ge ; mais l'usage de faire b&#233;nir et de manger la chair d'un agneau, le jour de P&#226;ques, s'est conserv&#233; jusqu'&#224; nos jours dans les contr&#233;es o&#249; la loi de l'abstinence a surv&#233;cu au rel&#226;chement que nous voyons s'&#233;tendre d'ann&#233;e en ann&#233;e d'une mani&#232;re si d&#233;plorable. On aurait mauvaise gr&#226;ce, en effet, de ramener en triomphe sur nos tables un mets qui en a &#233;t&#233; banni &#224; peine durant quelques jours. N&#233;anmoins nous donnerons ici, comme compl&#233;ment des rites de la P&#226;que chr&#233;tienne, la pri&#232;re que l'&#201;glise emploie pour la b&#233;n&#233;diction de l'Agneau pascal. Le pieux fid&#232;le verra avec plaisir cette formule antique qui nous reporte &#224; d'autres m&#339;urs, et il demandera &#224; Dieu le retour de cette simplicit&#233; et de cette foi pratique qui donnaient un sens si profond et une si solide grandeur aux moindres circonstances de la vie de nos a&#239;eux.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;B&#201;N&#201;DICTION DE L'AGNEAU PASCAL.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus, qui per famulum tuum Moysen in liberatione populi tui de Egypto agnum occidi jussisti in similitudinem Domini nostri Jesu Christi, et utrosque postes domorum de sanguine ejusdem agni perungi pr&#230;cepisti : ita benedicere, et sanctificare digneris hanc creaturam carnis, quam nos famuli tui ad laudem tuam sumere desideramus, per resurrectionem ejusdem Domini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit et regnat in s&#230;cula s&#230;culorum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, qui, au jour de la d&#233;livrance de votre peuple du joug de l'&#201;gyptien, avez ordonn&#233; par votre serviteur Mo&#239;se que l'on immol&#226;t un agneau en figure de notre Seigneur J&#233;sus-Christ, et qui avez command&#233; que l'on marqu&#226;t du sang de cet agneau les portes des maisons ; daignez b&#233;nir et sanctifier cette cr&#233;ature de chair, dont nous, vos serviteurs, d&#233;sirons faire usage &#224; votre gloire, pour f&#234;ter la r&#233;surrection du m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur, qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;La chair des animaux n'est pas le seul mets qu'interdit aux chr&#233;tiens la loi quadrag&#233;simale ; cette loi prohibe &#233;galement les &#339;ufs, en leur qualit&#233; de nourriture animale. Cette prescription est toujours en vigueur ; et il est n&#233;cessaire que, chaque ann&#233;e, une dispense plus ou moins &#233;tendue vienne l&#233;gitimer l'usage d'un aliment qui, de tout temps, a &#233;t&#233; proscrit pendant la sainte quarantaine. Les &#201;glises de l'Orient ont mieux conserv&#233; leur discipline, et ne connaissent pas ces dispenses. Dans leur joie simple de recouvrer un aliment dont la suspension leur avait &#233;t&#233; p&#233;nible, les fid&#232;les ont demand&#233; &#224; l'&#201;glise de b&#233;nir les premiers &#339;ufs qui para&#238;tront sur la table pascale : et voici la pri&#232;re que l'&#201;glise emploie pour r&#233;pondre &#224; leur d&#233;sir :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;B&#201;N&#201;DICTION DES &#338;UFS DE P&#194;QUES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Subveniat, qu&#230;sumus O Domine, tu&#230; benedictionis gratia huic ovorum creatur&#230; : ut cibus salutaris fiat fidelibus tuis in tuarum gratiarum actione sumentibus, ob resurrectionem Domini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit et regnat in s&#230;cula s&#230;culorum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez, Seigneur, r&#233;pandre la gr&#226;ce de votre b&#233;n&#233;diction sur ces &#339;ufs, qui sont vos cr&#233;atures ; afin qu'ils soient une nourriture salubre aux fid&#232;les qui vont s'en nourrir en action de gr&#226;ces de vos bienfaits, en ce jour de la r&#233;surrection de notre Seigneur J&#233;sus-Christ, qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit donc joyeux le festin pascal, b&#233;ni par l'&#201;glise notre M&#232;re, et qu'il accroisse, par sa sainte libert&#233;, l'all&#233;gresse de ce grand jour ! Les f&#234;les de la religion doivent &#234;tre des f&#234;tes de famille chez les chr&#233;tiens ; mais, dans tout le Cycle, il n'en est aucune qui soit comparable &#224; celle-ci, que nous avons attendue si longtemps, &#224; travers tant de tristesses, et qui nous a apport&#233; dans un m&#234;me moment les mis&#233;ricordes du Seigneur qui pardonne et les esp&#233;rances de l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'APR&#200;S-MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e s'avance dans son cours, et J&#233;sus ne s'est pas montr&#233; encore &#224; ses disciples. Les saintes femmes sont tout enti&#232;res &#224; la joie et &#224; la reconnaissance que leur inspire la faveur dont elles ont &#233;t&#233; l'objet. Elles ont rendu leur t&#233;moignage aux Ap&#244;tres : ce ns sont plus seulement des Anges qui leur ont apparu ; J&#233;sus lui-m&#234;me s'est montr&#233; ; il a daign&#233; leur parler ; elles ont embrass&#233; ses pieds sacr&#233;s ; elles sont fermes dans leurs affirmations, n&#233;anmoins elles ne parviennent pas &#224; vaincre le d&#233;couragement de ces hommes que les sc&#232;nes de la Passion de leur ma&#238;tre ont profond&#233;ment abattus. Quelque r&#233;cit qu'ils entendent, ils sont tristes comme des gens qui ont &#233;prouv&#233; une cruelle d&#233;ception. Ce sont eux cependant que l'on verra bient&#244;t affronter les supplices et la mort, en t&#233;moignage de la r&#233;surrection de ce ma&#238;tre dont le souvenir est en ce moment pour eux comme une humiliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons nous faire l'id&#233;e des impressions auxquelles ils sont en proie, en &#233;coutant la conversation de deux hommes qui ont pass&#233; avec eux une partie du jour, et qui eux-m&#234;mes avaient des relations avec J&#233;sus. Ce soir m&#234;me, sur le chemin d'Emma&#252;s, ils exprimeront ainsi l'&#233;tat de leur &#226;me d&#233;&#231;ue : &#171; Nous avions esp&#233;r&#233; en lui comme en celui qui devait racheter Isra&#235;l ; et voil&#224; d&#233;j&#224; trois jours que la catastrophe a eu lieu. Il y a bien eu quelques femmes qui sont des n&#244;tres, et qui, &#233;tant all&#233;es au tombeau avant le jour, nous ont caus&#233; par leurs r&#233;cits une certaine &#233;motion. N'ayant pas trouv&#233; son corps, elles sont revenues disant avoir vu des Anges qui leur auraient raconte qu'il vit maintenant. Quelques-uns d'entre nous sont all&#233;s au tombeau, et ils ont constat&#233; ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas trouv&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose &#233;tonnante ! L'annonce de sa r&#233;surrection que, tant de fois, J&#233;sus avait faite devant eux, m&#234;me en pr&#233;sence des Juifs, ne leur revenait pas en m&#233;moire : tant le spectacle et le souvenir de la mort &#233;touffent, chez les hommes charnels, le sentiment de cette nouvelle naissance que notre corps doit puiser au sein du tombeau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant que J&#233;sus ressuscit&#233; se manifeste &#224; ceux qui doivent porter jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde le t&#233;moignage de sa divinit&#233;. Jusqu'&#224; cette heure, il n'a apparu encore que pour satisfaire sa tendresse filiale pour sa m&#232;re, et son infinie bont&#233; envers les &#226;mes qui avaient r&#233;pondu, selon leur pouvoir, &#224; ses bienfaits. Le moment semble venu pour lui de songer &#224; sa gloire ; du moins serions-nous port&#233;s &#224; le penser. Attendons encore cependant. J&#233;sus a voulu d'abord r&#233;compenser l'amour ; niais, avant de proclamer son triomphe, il &#233;prouve le besoin de signaler sa g&#233;n&#233;rosit&#233;. Le coll&#232;ge apostolique, dont tous les membres ont fui au moment du p&#233;ril, a vu son chef s'oublier jusqu'&#224; renier, &#224; la parole d'une servante, le ma&#238;tre qui l'avait combl&#233; d'honneurs ; mais depuis le regard de reproche et de pardon que lui a lanc&#233; J&#233;sus chez le Grand-Pr&#234;tre. Pierre n'a cess&#233; de d&#233;plorer sa l&#226;chet&#233; avec les larmes les plus am&#232;res. J&#233;sus veut, avant tout, consoler l'humble p&#233;nitent, l'assurer de vive voix qu'il lui pardonne, et confirmer de nouveau, par cette marque de pr&#233;dilection divine, les sublimes pr&#233;rogatives qu'il lui a conf&#233;r&#233;es nagu&#232;re devant tous les autres. Pierre doute encore de la r&#233;surrection ; il ne s'est pas rendu au t&#233;moignage de Madeleine ; mais il ne tardera pas &#224; reconna&#238;tre le divin ressuscit&#233; dans la personne de ce ma&#238;tre offens&#233;, qui s'appr&#234;te &#224; se montrer &#224; lui sous les traits d'un ami qui pardonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, d&#232;s ce matin, par le commandement d'un ma&#238;tre si g&#233;n&#233;reux, l'Ange a dit aux femmes : &#171; Allez, et dites &#224; ses disciples et &#224; Pierre qu'il vous pr&#233;c&#233;dera en Galil&#233;e. &#187; Pourquoi Pierre est-il nomm&#233; ici par son nom, si ce n'est afin qu'il sache que, s'il a eu le malheur de renier J&#233;sus, J&#233;sus ne l'a pas reni&#233; ? Pourquoi n'est il pas nomm&#233;, cette fois, &#224; la t&#234;te des autres, si ce n'est afin de lui &#233;pargner l'humiliation qu'offrirait le contraste de sa haute dignit&#233; avec la faiblesse indigne qu'il a commise ? Mais cette mention sp&#233;ciale indique aussi qu'il n'a cesse d'&#234;tre pr&#233;sent au c&#339;ur de son ma&#238;tre, et que bient&#244;t il sera &#224; port&#233;e d'expier par ses regrets, par son amende honorable aux pieds de ce ma&#238;tre si glorieux et si rempli de bont&#233;, le malheur qu'il a eu de lui &#234;tre infid&#232;le. Pierre est lent &#224; croire ; mais son repentir est sinc&#232;re et m&#233;rite r&#233;compense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tour &#224; coup, &#224; l'une des heures de cette apr&#232;s-midi, l'Ap&#244;tre voit para&#238;tre devant lui ce m&#234;me J&#233;sus qu'il vit, il y a trois jours, garrott&#233; et tra&#238;n&#233; par les valets de Ca&#239;phe, et dont il craignit d'avoir &#224; partager le sort. Mais ce J&#233;sus, alors si humili&#233;, brille maintenant de toutes les splendeurs de sa r&#233;surrection : c'est un vainqueur, un Messie glorieux ; mais ce qui rayonne le plus vivement aux yeux de l'Ap&#244;tre, c'est l'ineffable bont&#233; de ce divin Roi, qui rassure le p&#233;cheur plus encore que son &#233;clat ne l'&#233;blouit. Qui oserait essayer de rendre ce colloque entre le coupable et le divin offens&#233; : les regrets de l'Ap&#244;tre, qu'une telle g&#233;n&#233;rosit&#233; couvre de la plus profonde confusion ; l'assurance du pardon descendant de cette bouche sacr&#233;e et remplissant de la joie pascale ce c&#339;ur si abattu ? Soyez b&#233;ni, &#244; J&#233;sus, qui avez relev&#233; de son abaissement celui que vous nous laisserez pour Chef et pour P&#232;re, lorsque vous remonterez au ciel pour n'en plus redescendre qu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rendu hommage &#224; cette infinie mis&#233;ricorde qui r&#233;side dans le C&#339;ur de notre Sauveur ressuscit&#233;, avec non moins de puissance et d'expansion qu'il la daigna manifester dans les jours de sa vie mortelle, admirons la sublime sagesse avec laquelle il continue d'accomplir en saint Pierre le myst&#232;re de l'unit&#233; de l'&#201;glise, myst&#232;re qui doit r&#233;sider en cet Ap&#244;tre et dans ses successeurs. J&#233;sus lui a dit en pr&#233;sence des autres, &#224; la derni&#232;re C&#232;ne : &#171; J'ai pri&#233; pour toi, Pierre, afin que ta foi ne d&#233;faille pas : lorsque tu seras converti, tu confirmeras tes fr&#232;res. &#187; Le moment est venu d'&#233;tablir en Pierre cette foi qui ne doit jamais manquer : J&#233;sus la lui donne &#224; l'heure m&#234;me. C'est lui qu'il instruit d'abord par lui-m&#234;me, afin de poser le fondement. Bient&#244;t il va se montrer aux autres Ap&#244;tres ; mais Pierre y sera pr&#233;sent avec ses fr&#232;res ; en sorte que si cet Ap&#244;tre obtient des faveurs auxquelles les autres ne participent pas, ceux-ci n'en re&#231;oivent jamais qu'il n'y ait sa part. C'est &#224; eux de croire sur la parole de Pierre, comme ils le firent ; par le t&#233;moignage de Pierre, ils re&#231;oivent la foi de la r&#233;surrection et ils la proclament, ainsi que nous le verrons bient&#244;t. J&#233;sus ensuite leur appara&#238;tra &#224; eux-m&#234;mes ; car il les aime, il les appelle ses fr&#232;res, il les destine &#224; pr&#234;cher sa gloire par toute la terre ; mais il trouvera d&#233;j&#224; &#233;tablie en eux la foi de sa r&#233;surrection, parce qu'ils ont cru au t&#233;moignage de Pierre ; et le t&#233;moignage de Pierre a op&#233;r&#233; en eux le myst&#232;re de l'unit&#233;, qu'il op&#233;rera dans l'&#201;glise jusqu'au dernier jour du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de J&#233;sus au Prince des Ap&#244;tres est appuy&#233;e sur l'&#201;vangile de saint Luc et sur la premi&#232;re &#201;p&#238;tre de saint Paul aux Corinthiens, et elle est la quatri&#232;me de celles qui eurent lieu le jour de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES V&#202;PRES PASCALES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office du soir, qui, pour cette raison, est appel&#233; les V&#234;pres, a r&#233;uni &#224; l'&#233;glise l'immense concours des fid&#232;les. Nous continuons &#224; exposer les fonctions sacr&#233;es de ce grand jour, dans la forme qu'elles avaient autrefois, afin que le lecteur chr&#233;tien soit plus &#224; m&#234;me de saisir l'esprit de la f&#234;te. L'administration solennelle du bapt&#234;me ayant cess&#233; de faire partie essentielle des pompes pascales, les rites antiques qui s'y rapportaient, surtout &#224; l'Office des V&#234;pres, sont tomb&#233;s successivement en d&#233;su&#233;tude presque partout. Nous essaierons d'en donner une id&#233;e, en mariant les formes antiques avec celles qui sont en usage aujourd'hui, et qui, dans la plupart des lieux, rendent les V&#234;pres pascales fort peu diff&#233;rentes de celles des autres solennit&#233;s de l'ann&#233;e. Il n'en &#233;tait pas ainsi il y a huit si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que, en habits pontificaux, et entour&#233; de tout le clerg&#233;, se rendait d'abord en face du Crucifix qui s'&#233;levait sur une poutre richement orn&#233;e, au-dessous de l'arc triomphal de la Basilique ; et tout aussit&#244;t les chantres entonnaient le Kyrie eleison, qui se r&#233;p&#233;tait neuf fois. La psalmodie des V&#234;pres commen&#231;ait ensuite. Les Antiennes des Psaumes &#233;taient diff&#233;rentes de celles que nous chantons actuellement, et qui sont celles des Laudes ; mais il est juste de nous conformer &#224; l'usage actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois premiers Psaumes (&lt;tt&gt;&lt;popup844|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &lt;tt&gt;&lt;popup845|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &lt;tt&gt;&lt;popup846|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) &#233;tant achev&#233;s, l'Office des V&#234;pres &#233;tait suspendu ; et l'assembl&#233;e des fid&#232;les tressaillait dans l'attente du sublime spectacle qui allait s'offrir &#224; ses regards. Chacun se rappelait les &#233;motions qu'il avait &#233;prouv&#233;es, lorsque, n&#233;ophyte encore, il avait pris part au triomphe qui se pr&#233;parait pour les nouveaux chr&#233;tiens. En attendant, les chantres ex&#233;cutaient la m&#233;lodie de l'All&#233;luia, qui avait tant r&#233;joui l'oreille des fid&#232;les, ce matin m&#234;me, entre l'&#201;p&#238;tre et l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chantait ensuite le Cantique &lt;tt&gt;&lt;popup875|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, qui &#233;tait suivi de la Collecte solennelle que r&#233;citait le Pontife. Imm&#233;diatement apr&#232;s, une imposante procession se formait ; elle devait conduire les n&#233;ophytes au bord de la fontaine sacr&#233;e o&#249; cette nuit m&#234;me ils &#233;taient descendus charg&#233;s de leurs p&#233;ch&#233;s, et d'o&#249; ils &#233;taient remont&#233;s, comme le Christ du tombeau, tout &#233;clatants de lumi&#232;re et d'immortalit&#233;. L &#201;glise voulait, par cette religieuse visite au th&#233;&#226;tre de leur d&#233;livrance, imprimer en eux plus profond&#233;ment encore le sentiment qu'ils devaient conserver toujours, du bienfait qu'ils avaient re&#231;u dans cette eau purifiante, et de la ressemblance qu'ils avaient contract&#233;e alors avec le Christ ressuscit&#233; qui ne meurt plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cierge pascal, descendu de la colonne de l'Ambon, &#233;tait port&#233; &#224; la t&#232;te du cort&#232;ge sacr&#233;. Comme hier, dans la marche nocturne vers le Baptist&#232;re, il figurait cette colonne de lumi&#232;re qui frayait la route aux Isra&#233;lites &#224; travers les t&#233;n&#232;bres de l'&#201;gypte. Pr&#232;s du Cierge myst&#233;rieux, un diacre couvert de la dalmatique blanche portait respectueusement l'ampoule d'argent qui contenait le saint Chr&#234;me, dans l'onction duquel, cette nuit m&#234;me, les n&#233;ophytes avaient re&#231;u l'Esprit divin et ses dons merveilleux. Venait ensuite la croix accompagn&#233;e des sept acolytes portant les sept chandeliers d'or que saint Jean a vus dans le ciel. La longue suite des ministres sacr&#233;s, et des pr&#234;tres se d&#233;ployait sous le divin &#233;tendard, et &#233;tait termin&#233;e par l'&#201;v&#234;que, qui exprimait dans ses traits la joie c&#233;leste que lui avaient apport&#233;e le triomphe du Christ et la f&#233;condit&#233; de la sainte &#201;glise. A la suite du Pontife, les n&#233;ophytes s'avan&#231;aient deux &#224; deux, attirant tous les regards par leur modestie et par l'&#233;clatante blancheur de leur v&#234;tement. Le peuple fid&#232;le se pressait respectueusement sur leurs pas ; et la voix des chantres ex&#233;cutait en ch&#339;ur cette Antienne :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;In die resurrectionis meae dicit Dominus, All&#233;luia : congregabo gentes, et colligam regna, et effundam super vos aquam mundam. All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Au jour de ma r&#233;surrection, dit le Seigneur, All&#233;luia : je r&#233;unirai les nations et je rassemblerai les royaumes ; et je r&#233;pandrai sur vous une eau pure. All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne &#233;tant achev&#233;e, on entonnait le quatri&#232;me Psaume des V&#234;pres (&lt;tt&gt;&lt;popup847|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), qui c&#233;l&#232;bre avec tant de magnificence la grandeur du Nom du Seigneur, et qui exprime les joies de la m&#232;re dont il a daign&#233; remplir les v&#339;ux, en lui donnant des fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procession, ayant travers&#233; la grande nef, descendait les marches du portique de la Basilique, et se d&#233;veloppant sur la place, se dirigeait vers le Baptist&#232;re. Elle p&#233;n&#233;trait sous sa vaste coupole, o&#249; le Pontife prenait place avec le clerg&#233;. Au centre, le bassin qu'environnait une balustrade r&#233;fl&#233;chissait, dans ses eaux limpides, les derniers rayons du jour qui p&#233;n&#233;traient par les nombreuses fen&#234;tres, et &#224; travers les colonnes de l'&#233;l&#233;gante rotonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heureux essaim des n&#233;ophytes formait un large cercle autour de la fontaine ; et leurs yeux attendris se reposaient sur cette eau sainte dans laquelle ils avaient laiss&#233; tous leurs p&#233;ch&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Psaume &#233;tant achev&#233;, le Pontife descendait de l'estrade o&#249; il &#233;tait assis, et prenant dans ses mains l'encensoir, faisait le tour du bassin, r&#233;pandant les nuages myst&#233;rieux de l'encens sur cette eau qu'il avait sanctifi&#233;e la nuit derni&#232;re par des rites si augustes, et &#224; laquelle il &#233;tait redevable d'&#234;tre devenu p&#232;re de tant de nouveau-n&#233;s &#224; la gr&#226;ce. Lorsqu'il &#233;tait remont&#233; &#224; son tr&#244;ne, deux voix faisaient entendre ce Verset :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Apud te, Domine, est fons vit&#230;, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;En vous, Seigneur, est la fontaine de vie, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Et in lumine tuo videbimus lumen. Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Et dans votre lumi&#232;re, nous verrons la lumi&#232;re. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pontife :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oremus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Prions &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pr&#230;sta , qu&#230;sumus omnipotens Deus, ut qui resurrectionis Dominic&#230; solemnia colimus, ereptionis nostrae suscipere l&#230;titiam mereamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez, Dieu tout-puissant, nous accorder, &#224; nous qui c&#233;l&#233;brons la solennit&#233; de la r&#233;surrection du Seigneur, de m&#233;riter la joie de notre d&#233;livrance. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Oraison, on entonnait l'Antienne suivante qui c&#233;l&#232;bre le salut donn&#233; &#224; l'homme par les eaux :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;ANT. Vidi aquam egredientem de templo a latere dextro, alleluia : et omnes, ad quos pervenit aqua ista, salvi facti sunt et dicent : Alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;ANT. J'ai vu une eau qui sortait du temple au c&#244;t&#233; droit, all&#233;luia ; et tous ceux que cette eau a touch&#233;s ont &#233;t&#233; sauv&#233;s, et ils diront : All&#233;luia, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne &#233;tait suivie du cinqui&#232;me Psaume des V&#234;pres du dimanche (&lt;tt&gt;&lt;popup848|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), qui c&#233;l&#232;bre Isra&#235;l sortant de l'&#201;gypte &#224; travers les flots suspendus de la mer Rouge, et se dirigeant vers la Terre promise. La procession repartait alors pour rentrer dans la Basilique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant les strophes de ce Psaume qui pr&#233;sente tant d'allusions, aux faveurs divines dont les n&#233;ophytes avaient &#233;t&#233; l'objet, la procession &#233;tait arriv&#233;e au portique du temple ; elle en franchissait le seuil et s'avan&#231;ait par la grande nef vers la croix qui s'&#233;levait sur l'arc triomphal. L&#224;, les n&#233;ophytes se tenaient en station, rendant hommage au divin lib&#233;rateur qui les avait sauv&#233;s par sa croix et par son s&#233;pulcre, et deux chantres faisaient entendre ce Verset :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Dicite in nationibus, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Allez dire parmi les nations, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Quia Dominus regnavit a ligno. Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Que le Seigneur est roi par le bois. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pontife adressait &#224; Dieu cette oraison :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oremus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Prions &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pr&#230;sta , qu&#230;sumus omnipotens Deus, ut qui gratiam Dominic&#230; resurrectionis agnovimus, ipsi per amorem Sancti Spiritus a morte anim&#230; resurgamus. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Faites, s'il vous pla&#238;t, Dieu tout-puissant, que nous qui avons reconnu la gr&#226;ce de la r&#233;surrection du Seigneur, nous soyons ressuscit&#233;s de la mort de l'&#226;me par l'amour dont le Saint-Esprit est la source. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se terminait, durant les huit premiers si&#232;cles du christianisme, la fonction des V&#234;pres pascales. Il y avait quelques vari&#233;t&#233;s, selon les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines &#201;glises, on chantait deux fois le Magnificat ; en d'autres, trois fois, et m&#234;me jusqu'&#224; quatre. Le rite essentiel de ces V&#234;pres &#233;tait la procession au Baptist&#232;re, accompagn&#233;e des Antiennes que nous avons reproduites et du chant du Laudate, pueri, et de l'in exitu. Dans la plupart des dioc&#232;ses de France, cette procession aux Fonts s'est conserv&#233;e jusqu'&#224; nos jours ; mais il est &#224; regretter que les anciennes formules aient &#233;t&#233; remplac&#233;es, depuis environ deux si&#232;cles, par d'autres qui varient selon les dioc&#232;ses, et qui n'ont plus le m&#234;me parfum d'antiquit&#233;. Nous allons maintenant reprendre l'Office des V&#234;pres &#224; l'endroit o&#249; nous l'avons laiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq Psaumes ordinaires &#233;tant achev&#233;s, on commence la solennelle Antienne que l'&#201;glise emploie &#224; chaque Heure de l'Office dans tout le cours de cette Octave. &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'all&#233;gresse. &#187; Vient ensuite le Cantique de Marie, qui fait partie essentielle de l'Office du soir, et pendant le chant duquel le c&#233;l&#233;brant encense l'autel avec pompe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour marqu&#233; par le plus grand des prodiges s'avance rapidement vers son terme ; et bient&#244;t la nuit va descendre avec ses ombres. Quatre fois, dans le cours de cette journ&#233;e, la plus solennelle qui se soit lev&#233;e sur le monde depuis la cr&#233;ation de la lumi&#232;re, J&#233;sus a daign&#233; manifester sa r&#233;surrection. Il lui reste maintenant &#224; se faire voir aux Ap&#244;tres rassembl&#233;s, et &#224; les mettre en mesure de joindre leur exp&#233;rience personnelle au t&#233;moignage qu'ils ont accept&#233; de la bouche de Pierre. Mais telle est la condescendance de notre divin ressuscit&#233; envers ceux qui s'attach&#232;rent &#224; lui dans les jours de sa vie mortelle, que, laissant pour quelques moments encore ceux qu'il nomme ses fr&#232;res et qui maintenant ne doutent plus de son triomphe, il songe d'abord &#224; consoler deux c&#339;urs qui sont afflig&#233;s &#224; son sujet, mais dont l'affliction n'a cependant d'autre cause que leur peu de foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de J&#233;rusalem &#224; Emma&#252;s cheminent lentement et tristement deux voyageurs. A leur ext&#233;rieur abattu, on juge ais&#233;ment qu'une cruelle d&#233;ception les a atteints ; qui sait m&#234;me s'ils ne s'&#233;loignent pas de la ville par un sentiment d'inqui&#233;tude ? Ils &#233;taient disciples de J&#233;sus, lorsqu'il vivait ; mais la mort honteuse et violente de ce ma&#238;tre en qui ils avaient cru leur a caus&#233; une d&#233;solation aussi am&#232;re que profonde. Humili&#233;s d'avoir compromis leur honneur en suivant un homme qui n'&#233;tait pas ce qu'ils avaient pens&#233;, ils s'&#233;taient tenus cach&#233;s durant les premi&#232;res heures qui suivirent son supplice ; mais tout &#224; coup on a parl&#233; de s&#233;pulcre ouvert et forc&#233;, de la disparition d'un corps enseveli. Les ennemis de J&#233;sus sont puissants, et sans doute en ce moment ils informent contre les violateurs d'un tombeau dont la pierre &#233;tait scell&#233;e du sceau de l'autorit&#233; publique. Il est &#224; croire que l'enqu&#234;te am&#232;nera devant leur tribunal ceux qui s'&#233;taient attach&#233;s &#224; la suite d'un Messie que la Synagogue a crucifi&#233; entre deux voleurs. Tel &#233;tait sans doute le sujet du dialogue de nos deux voyageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici qu'ils sont joints par un troisi&#232;me, et ce troisi&#232;me voyageur est J&#233;sus lui-m&#234;me. La concentration de leurs pens&#233;es sur l'objet lugubre qui les occupe leur a enlev&#233; la libert&#233; de reconna&#238;tre ses traits ; ainsi, lorsque nous nous laissons aller &#224; une douleur trop humaine, nous arrive-t-il de perdre de vue le divin compagnon qui vient se placer pr&#232;s de nous, pour cheminer avec nous et raffermir nos esp&#233;rances. J&#233;sus interroge ces deux hommes sur le sujet de leur tristesse ; ils le lui avouent avec simplicit&#233; ; et ce Roi de gloire, ce vainqueur de la mort en ce jour m&#234;me, daigne balbutier avec eux, et leur expliquer, chemin faisant, toute la s&#233;rie des divins oracles qui annon&#231;aient les humiliations, la mort et le triomphe final du R&#233;dempteur d'Isra&#235;l. Les deux voyageurs sont &#233;mus ; ils sentent, comme ils l'avou&#232;rent plus tard, leur c&#339;ur br&#251;ler d'un feu inconnu, &#224; mesure que cette voix, qu'ils ne savent pas reconna&#238;tre encore, fait retentir &#224; leurs oreilles ces touchantes v&#233;rit&#233;s qu'ils avaient jusqu'alors m&#233;connues. J&#233;sus feint de vouloir les quitter ; ils le retiennent. &#171; Oh ! restez avec nous, lui disent-ils ; le jour baisse, et vous accepterez notre hospitalit&#233;. &#187; Ils introduisent leur ma&#238;tre inconnu dans la maison d'Emma&#252;s ; ils le font asseoir &#224; table avec eux ; et, chose merveilleuse ! ils n'ont pas devin&#233; encore quel est ce c&#233;leste docteur qui vient de r&#233;soudre leurs doutes avec tant de sagesse et d'&#233;loquence. Tels sommes-nous nous-m&#234;mes, lorsque nous laissons les pens&#233;es humaines dominer en nous ; J&#233;sus est pr&#232;s de nous, il nous parle, il nous instruit, il nous console ; et il nous faut souvent beaucoup de temps pour reconna&#238;tre que c'est J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le moment est venu o&#249; le ma&#238;tre de la lumi&#232;re va se r&#233;v&#233;ler &#224; ces deux disciples si lents &#224; croire. Ils l'ont invit&#233; &#224; pr&#233;sider &#224; leur table ; c'est &#224; lui de rompre le pain. Il le prend entre ses mains sacr&#233;es, comme il fit &#224; la C&#232;ne ; et &#224; l'instant o&#249; il en op&#232;re la fraction pour le leur partager, soudain leurs yeux s'ouvrent, et ils ont reconnu J&#233;sus lui-m&#234;me, J&#233;sus ressuscit&#233;. Ils vont tomber &#224; ses pieds ; mais &#224; peine s'est-il d&#233;voil&#233; &#224; leurs regards qu'il dispara&#238;t, les laissant en proie &#224; la stupeur, mais en m&#234;me temps inond&#233;s d'une joie qui d&#233;passe tout ce qu'ils ont jamais go&#251;t&#233; de bonheur dans toute leur vie. C'est ici la cinqui&#232;me apparition du Sauveur dans la journ&#233;e de P&#226;ques. Saint Luc nous en donne le r&#233;cit ; et elle sera le sujet de la lecture du saint &#201;vangile &#224; la messe de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux disciples ne peuvent plus demeurer davantage &#224; Emma&#252;s ; malgr&#233; l'heure avanc&#233;e, ils ne songent d&#233;sormais qu'&#224; rentrer au plus t&#244;t dans J&#233;rusalem. Il leur tarde d'annoncer aux Ap&#244;tres, dont ils ont partag&#233; ce matin l'abattement, que leur ma&#238;tre est vivant, qu'ils lui ont parl&#233;, qu'ils l'ont vu. Ils franchissent rapidement l'espace qui s&#233;pare le village o&#249; ils comptaient passer la nuit, de la grande cit&#233; dont, il y a peu d'instants, ils fuyaient les p&#233;rils. Bient&#244;t ils sont au milieu des Ap&#244;tres, auxquels ils s'appr&#234;tent &#224; raconter leur bonheur ; mais ils ont &#233;t&#233; pr&#233;venus ; la foi de la R&#233;surrection est vivante dans le coll&#232;ge apostolique. Avant qu'ils aient ouvert la bouche, on leur dit tout d'une voix : &#171; Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;, et il a apparu &#224; Pierre. &#187; Les deux disciples racontent alors aux Ap&#244;tres qu'eux aussi ont &#233;t&#233; favoris&#233;s de l'entretien et de la vue de leur ma&#238;tre commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversation continuait entre ces hommes simples et droits, ces hommes si obscurs alors, et dont le monde entier devait plus tard conna&#238;tre les noms immortels. Les portes de la maison &#233;taient ferm&#233;es cependant ; car la petite troupe craignait une surprise. Les gardes du tombeau avaient fait leur rapport aux princes des pr&#234;tres dans la matin&#233;e ; ceux-ci avaient cherch&#233; &#224; les suborner, et leur avaient m&#234;me donn&#233; de l'argent pour les engager &#224; dire que, pendant leur sommeil, les disciples de J&#233;sus &#233;taient venus d&#233;rober te corps. Ce syst&#232;me d&#233;loyal des autorit&#233;s juives pouvait amener quelque r&#233;action populaire contre les Ap&#244;tres, et ceux-ci avaient jug&#233; devoir prendre des pr&#233;cautions. A ce moment, ils se trouvaient dix rassembl&#233;s ; car Thomas, qui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent au moment de l'entr&#233;e des disciples d'Emma&#252;s, &#233;tait sorti plus tard dans la ville, &#224; la faveur des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les Ap&#244;tres repassaient entre eux les &#233;motions de cette m&#233;morable journ&#233;e, voici J&#233;sus qui para&#238;t devant eux, et les portes ne se sont pas ouvertes pour lui donner passage. C'est bien lui, ce sont bien ses traits ; c'est sa voix pleine de bont&#233;. &#171; La paix soit avec vous ! &#187; leur dit-il avec tendresse. Toutefois ils demeurent interdits ; cette entr&#233;e myst&#233;rieuse et inattendue les a boulevers&#233;s. Ils ignorent encore les pr&#233;rogatives d'un corps glorieux ; et sans douter de la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre, ils ne savent s'ils ne sont point en pr&#233;sence d'un fant&#244;me. J&#233;sus, qui, dans toute cette journ&#233;e, semble avoir plus souci de t&#233;moigner son amour aux siens que de proclamer sa gloire, daigne leur donner &#224; toucher ses membres divins ; il fait plus, et pour leur prouver la r&#233;alit&#233; de son corps, il leur demande &#224; manger et mange devant eux. Qui pourrait dire la joie dont leurs c&#339;urs sont remplis &#224; la vue de cette ineffable familiarit&#233;, les larmes d'attendrissement qui coulent de leurs veux ? Avec quelle all&#233;gresse na&#239;ve ils disent &#224; Thomas, lorsque cet Ap&#244;tre est de retour aupr&#232;s d'eux : &#171; Nous avons vu le Seigneur ! &#187; Ainsi se passa la sixi&#232;me apparition de J&#233;sus ressuscit&#233;, en ce jour de P&#226;ques. Elle nous est rapport&#233;e par saint Luc, dont la sainte &#201;glise nous donnera &#224; lire le r&#233;cit &#224; la Messe de l'un des jours de l'Octave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyez donc b&#233;ni et glorifi&#233;, vainqueur de la mort, qui en ce seul jour avez daign&#233; vous montrer aux hommes jusqu'&#224; six fois, pour satisfaire votre amour et pour appuyer notre foi en votre divine R&#233;surrection. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir consol&#233;, par votre ch&#232;re pr&#233;sence et vos douces caresses, le c&#339;ur si oppress&#233; de votre M&#232;re et la n&#244;tre. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir calm&#233; la d&#233;solation de la pauvre Madeleine par une seule parole de votre amour. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir essuy&#233; en un moment les larmes des saintes femmes par votre vue soudaine, et de leur avoir donn&#233; &#224; baiser vos pieds sacr&#233;s. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir donn&#233; &#224; Pierre de votre propre bouche l'assurance de son pardon, et d'avoir confirm&#233; en lui les dons de la Primaut&#233;, en lui r&#233;v&#233;lant, &#224; lui avant tous, le dogme fondamental de notre foi. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir rassur&#233; avec tant de douceur le c&#339;ur chancelant des deux disciples, sur la route d'Emma&#252;s, et d'avoir mis le comble &#224; cette faveur, en vous d&#233;voilant &#224; eux. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; de n'avoir pas achev&#233; cette journ&#233;e sans visiter vos Ap&#244;tres, et sans leur avoir donn&#233; de si touchantes preuves de votre adorable condescendance &#224; leur faiblesse. Soyez enfin b&#233;ni et glorifi&#233;, &#244; J&#233;sus, de ce que vous daignez aujourd'hui, par l'organe de votre sainte &#201;glise, nous faire entrer en participation, apr&#232;s tant de si&#232;cles, des joies si pures et si enivrantes que go&#251;t&#232;rent &#224; pareil jour et Marie, votre m&#232;re, et Madeleine avec ses compagnes, et Pierre, et les disciples d'Emma&#252;s, et les Ap&#244;tres rassembl&#233;s. Rien ici n'est effac&#233; ; tout est vivant, tout est renouvel&#233; ; vous &#234;tes le m&#234;me, et notre P&#226;que aujourd'hui est aussi la m&#234;me que celle qui vous vit sortir du tombeau. Tous les temps sont &#224; vous ; et le monde des &#226;mes vit par vos myst&#232;res, comme le monde mat&#233;riel se soutient par votre pouvoir, depuis le moment o&#249;, &#224; pareil jour, il vous plut de commencer votre &#339;uvre, en cr&#233;ant la lumi&#232;re visible qui doit &#233;clairer ce monde, jusqu'&#224; ce qu'elle p&#226;lisse et s'efface devant l'&#233;ternelle clart&#233; que vous nous avez conquise aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;brons en ce jour le premier des six jours de la cr&#233;ation, celui qui vit la lumi&#232;re sortir des t&#233;n&#232;bres &#224; l'appel souverain du Verbe de Dieu. Il est la lumi&#232;re incr&#233;&#233;e du P&#232;re, et il a d&#233;but&#233; dans son &#339;uvre en produisant du n&#233;ant cette image mat&#233;rielle de sa propre splendeur ; et il a voulu que les justes fussent appel&#233;s enfants de la lumi&#232;re, et les p&#233;cheurs enfants des t&#233;n&#232;bres. Lorsqu'il s'est montr&#233; aux hommes dans la chair, il leur a dit : &#171; Je suis la Lumi&#232;re du monde : celui qui me suit ne marche point dans les t&#233;n&#232;bres ; mais il aura la lumi&#232;re de vie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.)&#034; id=&#034;nh8-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Enfin, pour montrer la parfaite harmonie et le lien sacr&#233; de l'ordre de nature et de l'ordre de gr&#226;ce, il s'est &#233;lanc&#233; des ombres du tombeau le jour m&#234;me o&#249; il fit sortir du chaos la lumi&#232;re visible qui nous &#233;claire, et qui est pour nous le premier des biens dans l'ordre mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise Gothique d'Espagne exprimait la reconnaissance de l'humanit&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e pour le double bienfait qui se rattache &#224; ce grand jour, dans cette belle pri&#232;re que nous empruntons &#224; son Br&#233;viaire.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;CAPITULA.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;DEUS, cujus unum hunc ex omnibus diximus diem, in quo creatis rebus omnibus voluisti esse et pr&#230;sentis lucis indicem, et &#230;terni luminis testem, ut in eo exsurgeret illuminatio temporum, atque resurgeret illuminatio animarum : quique Dominic&#230; et operationis primus, et resurrectionis idoneus revolutus in circulo, et redactus in calculo, Paschalis solemnitatis inciperet mysterium, et concluderet sacramentum ; respice in hoc tempore acceptabili, et in hac die salutis super servos tuos, Domine, quos redemisti de captivitate nequiti&#230; spirituali troph&#230;o Dominic&#230; passionis : quos Agni tui sanguine tinctos, ne vastator l&#230;deret, liberasti ; esto nobis pr&#230;vius in solitudine vit&#230; hujus, quo et in die calorem tentationis nostr&#230; quasi nubes protegens obumbres, et in nocte a tenebris peccatorum nos quasi columna ignis inlumines : ut, dum ades ad salutem, perducas ad requiem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, &#224; qui nous devons ce jour, le premier de tous, dans lequel vous avez voulu manifester &#224; tous les &#234;tres cr&#233;&#233;s la lumi&#232;re visible et celui qui est la forme de l'invisible lumi&#232;re, faisant jaillir dans un m&#234;me jour le flambeau qui &#233;claire le monde, et la splendeur divine qui illumine les &#226;mes ; vous qui par un calcul c&#233;leste avez joint ensemble le dimanche, premier jour de votre labeur, et le moment de la r&#233;surrection, afin que le m&#234;me myst&#232;re ouvrit et termin&#226;t la solennit&#233; pascale ; jetez un regard, dans ce temps favorable et dans ces jours de salut, sur vos serviteurs que vous avez rach&#232;tes. Seigneur, de la captivit&#233; des esprits de malice par le troph&#233;e de la passion de votre Fils ; que vous avez d&#233;livr&#233;s en les couvrant du sang de votre Agneau, afin qu'ils ne fussent pas atteints du glaive exterminateur. Dans le d&#233;sert de cette vie, daignez marcher devant nous, comme un nuage qui nous couvre de son ombre durant le jour, et temp&#232;re l'ardeur de nos tentations ; comme une colonne de feu qui, durant la nuit, nous pr&#233;serve par sa lumi&#232;re d&#232;s t&#233;n&#232;bres du p&#233;ch&#233; ainsi vous serez notre Sauveur par votre pr&#233;sence, et vous nous conduirez au lieu de notre repos.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Il serait beau d'entendre retentir, &#224; la fin de cette journ&#233;e, le concert des voix de toutes les &#201;glises dans leurs Liturgies, &#224; la louange du divin &#201;poux ressuscit&#233; ; mais d&#233;j&#224; nous avons d&#233;pass&#233;, dans ce commentaire des saints Offices de P&#226;ques, les limites auxquelles nous avons coutume de nous arr&#234;ter dans les autres solennit&#233;s. Nous r&#233;serverons donc pour les jours de l'Octave ces richesses liturgiques ; et nous nous bornerons &#224; ins&#233;rer ici quelques-unes des strophes que l'&#201;glise grecque emploie &#224; c&#233;l&#233;brer la R&#233;surrection, dans son Office du matin au jour de P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;IN DOMINICA RESURRECTIONIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour de la R&#233;surrection ! Peuples, rayonnons de joie. C'est la P&#226;que du Seigneur, le Passage : le Christ-Dieu nous a fait passer de la mort &#224; la vie, de la terre au ciel : chantons un cantique de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Purifions nos sens, et nous verrons le Christ tout brillant de l'ineffable lumi&#232;re de sa r&#233;surrection ; nous l'entendrons aussi nous dire : &#171; Je vous salue ! &#187; Chantons un cantique de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cieux, soyez dans la joie ; terre, glorifie-toi ; monde visible et invisible, c&#233;l&#232;bre la f&#234;te solennelle ; le Christ est ressuscit&#233;, joie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venez boire le breuvage nouveau qui nous fortifie : il n'a point jailli par un prodige de la roche aride du d&#233;sert : il coule du s&#233;pulcre du Christ, comme la fontaine de l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers tout entier est inond&#233; de lumi&#232;re, le ciel, la terre et le monde inf&#233;rieur ; que toute cr&#233;ature c&#233;l&#232;bre avec empressement la r&#233;surrection du Christ ; car c'est elle qui donne la consistance &#224; tous les &#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, &#244; Christ, j'&#233;tais enseveli avec toi ; aujourd'hui avec toi je ressuscite : hier, j'&#233;tais avec toi attach&#233; &#224; la croix ; fais-moi part de ta gloire, &#244; Sauveur, dans ton royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David, l'anc&#234;tre de Dieu, dansait avec transport devant l'arche figurative ; nous, peuple sanctifi&#233; de Dieu, qui voyons l'accomplissement des figures, r&#233;jouissons-nous, anim&#233;s d'un souffle divin ; car le Christ est ressuscit&#233;, et il a montr&#233; qu'il est le Tout-Puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons d&#232;s le point du jour ; pour myrrhe offrons une hymne au Seigneur, et nous verrons le Christ, soleil de justice, qui r&#233;pand &#224; son lever la vie sur tous les &#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils contempl&#232;rent ton infinie mis&#233;ricorde, ceux que leurs liens retenaient dans la r&#233;gion des Limbes ; d'un pied joyeux ils s'&#233;lanc&#232;rent &#224; la lumi&#232;re ; ils applaudissaient &#224; la P&#226;que &#233;ternelle, &#244; Christ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons avec nos lampes au-devant du Christ qui sort du tombeau comme un &#233;poux ; et que nos groupes joyeux c&#233;l&#232;brent la P&#226;que par laquelle un Dieu nous sauve.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Sainte-Marie-Majeure.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Durant cette semaine pascale, la liturgie romaine est toute occup&#233;e de deux grandes pens&#233;es : celle de la r&#233;surrection de J&#233;sus, et celle du bapt&#234;me administr&#233; aux n&#233;ophytes. Ce sont deux myst&#232;res qui se compl&#232;tent et s'&#233;clairent r&#233;ciproquement ; l'un symbolise l'autre ; l'un est le prototype, l'autre est l'image, et on ne les comprend pas si on les s&#233;pare, car la r&#233;g&#233;n&#233;ration des &#226;mes &#224; la gr&#226;ce par le bapt&#234;me, en un sens spirituel mais pourtant plein de r&#233;alit&#233;, est une nouvelle r&#233;surrection du Christ dans ses membres mystiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes stationnales elles-m&#234;mes de cette semaine ont un caract&#232;re quelque peu diff&#233;rent des solennit&#233;s quadrag&#233;simales. On n'y parle plus de je&#251;nes ni de p&#233;nitences corporelles, et l'on visite en revanche les grandes basiliques romaines, y conduisant comme en triomphe la blanche th&#233;orie des n&#233;ophytes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la vigile pascale c&#233;l&#233;br&#233;e au Latran, la premi&#232;re visite est pour la basilique de l'Esquilin d&#233;di&#233;e &#224; la M&#232;re de Dieu, parce qu'&#224; celle-ci avant tout autre, doivent &#234;tre annonc&#233;es les joies de la r&#233;surrection ; &#224; Marie qui, plus intimement qu'aucune cr&#233;ature ; eut part &#224; la passion de J&#233;sus. En outre, les fatigues de la nuit pr&#233;c&#233;dente et le long office vesp&#233;ral qui devait se c&#233;l&#233;brer de nouveau pr&#232;s des fonts baptismaux du Latran, auraient difficilement permis au Pape de s'&#233;loigner par trop du patriarchium en se rendant en procession &#224; Saint-Pierre, o&#249; aurait d&#251;, r&#233;guli&#232;rement, &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e la messe stationnale en ce jour solennel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t est tir&#233; du psaume 138 qui c&#233;l&#232;bre en g&#233;n&#233;ral la science et la pr&#233;sence de Dieu p&#233;n&#233;trant jusqu'au plus intime de notre &#234;tre. Toutefois l'antienne a &#233;t&#233; adapt&#233;e &#224; la solennit&#233; pascale. En effet, J&#233;sus s'est endormi sur la croix, confiant au P&#232;re son esprit. Maintenant il se r&#233;veille entre les bras aimants de Dieu, lequel a accept&#233; l'innocente Victime qui s'est offerte spontan&#233;ment &#224; lui. Il l'a serr&#233;e sur son c&#339;ur et l'a r&#233;chauff&#233;e de sa propre chaleur. J&#233;sus est ressuscit&#233;. &#171; Je me l&#232;ve et me retrouve toujours avec toi ; All&#233;luia ; tu tiens sur moi ta main ; All&#233;luia ; trop &#233;lev&#233;e est devenue pour moi ta science ; All&#233;luia, All&#233;luia. &#187; Ps. &#171; Seigneur, tu me scrutes, tu me connais bien ; tu connais mon repos et mon lever. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la splendide collecte. La r&#233;surrection du Christ est une anticipation de la r&#233;surrection de l'humanit&#233;. Voyant en ce jour leur Chef mystique ressuscit&#233; des morts, les membres sont confirm&#233;s dans l'esp&#233;rance qu'un jour eux aussi obtiendront le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est tir&#233;e de la Ire &#201;p&#238;tre aux Corinthiens (V, 7-8). Il faut rejeter l'aigreur de l'antique ferment, pour c&#233;l&#233;brer la P&#226;que avec les azymes de l'innocence et de la sinc&#233;rit&#233;. Le Christ est notre P&#226;que, parce que, par son immolation, Il a mis fin &#224; l'Ancien Testament et a donn&#233; naissance au Nouveau. Nous devons donc, comme Lui-m&#234;me, marcher devant Dieu dans la candeur et la simplicit&#233; des enfants, n'ayant plus rien de commun avec la vieille nature corrompue. Comme le Fils de Dieu refl&#232;te purement la beaut&#233; du P&#232;re, ainsi encore chaque chr&#233;tien est appel&#233; &#224; refl&#233;ter la bont&#233; et la beaut&#233; divine. C'est justement ce que disait l'Ap&#244;tre en une autre circonstance : Estote imitatores Dei, sicut filii charissimi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., V, 1 : &#171; Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le r&#233;pons-graduel, tir&#233; du psaume pascal 117 : &#171; C'est le jour qu'a fait le Seigneur, en lui exultons et r&#233;jouissons-nous. &#187; Si, en effet, nous avons chant&#233; avec tant de joie, le jour de No&#235;l, que J&#233;sus s'&#233;tait incarn&#233; de Spiritu Sancto ex Maria Virgine et &#233;tait n&#233; pour souffrir et pour mourir, combien plus la joie sied-elle &#224; ce jour o&#249;, sans aucune coop&#233;ration humaine, Dieu seul rend la vie &#224; J&#233;sus, et, pour ainsi dire, l'engendre &#224; nouveau &#224; sa propre gloire. Une si grande faveur fait &#233;clater J&#233;sus en vives actions de gr&#226;ces : &#171; All&#233;luia, parce qu'il est bon ; &#233;ternelle est sa mis&#233;ricorde. &#187; Il est particuli&#232;rement bon avec chacun de nous, &#224; ce point qu'il n'a pas &#233;pargn&#233; son Fils, pour ne nous r&#233;server, &#224; nous, que les tr&#233;sors magnifiques de sa bont&#233;. Vis-&#224;-vis de J&#233;sus, il a fait triompher son inexorable justice ; vis-&#224;-vis des hommes, sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique s'inspire des paroles de l'Ap&#244;tre : &#171; Notre P&#226;que a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; immol&#233;e : le Christ. &#187; J&#233;sus est dit : Pascha nostrum, parce qu'il s'est donn&#233; enti&#232;rement &#224; nous. Il ne veut pas c&#233;l&#233;brer seul la P&#226;que, mais il veut la faire avec nous, afin que nous aussi nous associions &#224; sa passion, et, par suite, &#224; sa triomphale r&#233;surrection. Il ne s'appelle pas simplement Pascha, mais Pascha nostrum, parce que, si sa mort et sa r&#233;surrection ne deviennent pas intimement n&#244;tres ; si nous ne revivons pas, si nous ne nous approprions pas ses myst&#232;res dans notre vie spirituelle, ses peines et ses gloires ne nous seront pas profitables, tout comme il ne sert de rien au malade d'avoir le rem&#232;de s'il ne le prend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine de la s&#233;quence (acolutia) doit probablement &#234;tre recherch&#233;e &#224; Byzance, d'o&#249;, par l'interm&#233;diaire de moines grecs, elle parvint &#224; l'abbaye de Saint-Gall en Suisse. Les tr&#232;s longs neumes orientaux sur l'All&#233;luia, d'ex&#233;cution difficile, ennuyaient les chantres latins, aussi le moine Notker pensa-t-il &#224; remplacer toutes ces vocalises &#224; la suite de l'All&#233;luia par des textes rythm&#233;s auxquels s'adapteraient les neumes du iubilus all&#233;luiatique. Telle est l'origine de la s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle de P&#226;ques est attribu&#233;e &#224; Wipon (+ 1050), chapelain &#224; la cour de Conrad II et de Henri III. Le texte donn&#233; par le Missel est mutil&#233;, car on y a supprim&#233; toute la cinqui&#232;me strophe, laissant ainsi en l'air celle qui lui correspond.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ve strophe.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Credendum est magis soli
&lt;p&gt;Mari&#230; veraci&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quam iudeorum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Turb&#230; fallaci.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il vaut mieux croire &#224; la seule
&lt;p&gt;Marie sinc&#232;re,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#224; la foule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menteuse d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les mots : pr&#230;cedet suos, du texte primitif, furent chang&#233;s &#224; l'&#233;poque de la r&#233;vision du missel sous saint Pie V, en pr&#230;cedet vos, probablement par suite d'une erreur de transcription. L'Amen et l'All&#233;luia sont des additions post&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence, tout comme l'hymnodie de l'office, introduit dans la liturgie un &#233;l&#233;ment po&#233;tique extra-scripturaire et d'inspiration priv&#233;e, raison pour laquelle Rome ne l'admit que tardivement dans ses livres officiels. Dans le c&#233;r&#233;monial de la cour papale au XIIe si&#232;cle, la place accord&#233;e &#224; la s&#233;quence &#233;tait extra-liturgique ; on l'ex&#233;cutait durant le repas du clerg&#233; dans le triclinium l&#233;onien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence pascale, en particulier, introduite au cours de la messe, en guise d'hymne avant l'&#201;vangile, a perdu beaucoup de son ancien caract&#232;re dramatique qui, en France, la rendait si ch&#232;re au peuple, quand, au matin de ce jour, elle &#233;tait chant&#233;e alternativement par le groupe des Ap&#244;tres, par Marie de Magdala et enfin par le ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de l'&#201;vangile, avec le r&#233;cit du message de l'ange aux saintes Femmes, est prise en saint Marc (XVI, 1-7). La r&#233;surrection de J&#233;sus-Christ est un fait dogmatique solidement prouv&#233;. Il s'est produit dans un milieu en grande partie hostile, &#8212; les juifs, &#8212; en partie se refusant &#224; y croire, et c'&#233;tait non seulement les hommes, les Ap&#244;tres, mais les femmes elles-m&#234;mes. On ne peut donc parler de l'autosuggestion de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration chr&#233;tienne, qui aurait attribu&#233; au Christ historique ce qui aurait &#233;t&#233;, au contraire, une d&#233;ception de leurs esp&#233;rances. Non, la r&#233;surrection de J&#233;sus fut crue par eux, malgr&#233; eux ; ils n'&#233;taient pas dispos&#233;s &#224; l'admettre, et ils durent s'incliner devant l'&#233;vidence. Ils crurent, mais parce qu'ils virent, parce qu'ils touch&#232;rent sensiblement, parce qu'ils mang&#232;rent et burent avec lui, qui &#233;tait mort et ressuscita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset de l'offertoire est tir&#233; du psaume 75. &#171; La terre fr&#233;mit et fut constern&#233;e, quand le Seigneur ressuscita pour venir juger le monde. &#187; Comme la nature a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la mal&#233;diction de Dieu contre le p&#233;ch&#233; d'Adam, ainsi, au dire de saint Paul, est-elle en attente impatiente du jour qui verra sa revanche et son affranchissement de l'&#233;tat de d&#233;gradant esclavage o&#249; la tient le p&#233;cheur. A la premi&#232;re annonce de la parousie du Christ ressuscit&#233;, la terre s'agite et fr&#233;mit parce que le jugement de Dieu sur le monde infid&#232;le commence d&#233;j&#224; ; puis lorsque, au dernier jour, J&#233;sus viendra juger d&#233;finitivement les vivants et les morts, la cr&#233;ation tout enti&#232;re sentira la pr&#233;sence du Cr&#233;ateur, et s'unira &#224; lui pour combattre les impies, comme le dit la Sagesse : et pugnabit cum illo orbis terrarum contra insensatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap., V, 21 : &#171; tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s &#187;.&#034; id=&#034;nh8-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte sur les offrandes et celle pour l'action de gr&#226;ces sont les m&#234;mes que lors de la pr&#233;c&#233;dente vigile, sans doute parce que cette seconde messe n'existait pas primitivement, et que le sacrifice pascal mettait fin &#224; la solennit&#233; du bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiation au myst&#232;re pascal, comme le dit l'oraison sur les oblations, ne doit pas se terminer avec le cycle liturgique de P&#226;ques. La P&#226;que du Christ est &#233;ternelle, parce que, une fois entr&#233; dans sa gloire, Il ne peut plus descendre de ce sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chr&#233;tien est appel&#233; lui aussi &#224; participer &#224; ce caract&#232;re de perp&#233;tuit&#233; de la r&#233;surrection, puisqu'il doit exprimer &#224; son tour, dans sa vie spirituelle, une P&#226;que stable et continuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;lude &#224; l'anaphore cons&#233;cratoire, et au commencement des diptyques, on fait m&#233;moire de la r&#233;surrection du Seigneur, comme durant la nuit pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion provient du texte de saint Paul, d&#233;j&#224; lu dans l'&#201;p&#238;tre : le Christ est notre P&#226;que. Il a &#233;t&#233; immol&#233;. Faisons donc festin, mais avec les azymes de la v&#233;rit&#233; et de la sinc&#233;rit&#233; ; nourrissons-nous de Lui. Toute autre nourriture, tout autre assaisonnement profanerait notre P&#226;que. Le Christ immol&#233;, aliment des fid&#232;les, indique que nous devons imprimer la passion de J&#233;sus dans notre esprit ; le pain azyme non ferment&#233; ni gonfl&#233; par le levain signifie l'esprit de mortification qui doit assaisonner la vie chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte apr&#232;s la Communion, on rappelle que l'Eucharistie est le gage de la Communion des Saints, qui r&#233;unit en un m&#234;me esprit les c&#339;urs de tous les fid&#232;les. C'est pourquoi dans l'antiquit&#233;, les fid&#232;les, recevant de leur &#233;v&#234;que la sainte Communion, lui donnaient le baiser de paix, dont le dernier souvenir est conserv&#233; dans ce baiser qu'ils impriment maintenant sur son anneau &#233;piscopal. Pour la m&#234;me raison, les pr&#234;tres s'envoyaient r&#233;ciproquement en cadeau la sainte Eucharistie parce que J&#233;sus dans son Sacrement nous communique son propre Esprit, en sorte que la multitude de ceux qui le re&#231;oivent forme vraiment, gr&#226;ce &#224; J&#233;sus dont ils vivent, cor unum et anima una.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la divine Eucharistie est le m&#233;morial de la mort du Seigneur, mais elle nous le pr&#233;sente &#233;galement glorieux. Elle d&#233;pose donc en nous les germes de mort, pour que nous ayons part &#224; la mort du Christ, et en m&#234;me temps elle nous met en contact avec la r&#233;surrection du Seigneur et nous y fait participer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour qu'a cr&#233;&#233; le Seigneur, r&#233;jouissons-nous et tressaillons en lui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La montagne est gravie, la victoire est remport&#233;e. Ce que nous avons attendu avec d'ardents d&#233;sirs pendant les quarante jours de Car&#234;me, ce qui depuis l'Avent nous apparaissait comme notre but, est enfin r&#233;alis&#233; : la Lumi&#232;re a triomph&#233; des t&#233;n&#232;bres. Maintenant, le divin soleil brille au-dessus de nous avec toute sa chaleur et tout son &#233;clat. Pendant l'Avent, c'&#233;tait la nuit et nous soupirions vers la lumi&#232;re. A No&#235;l, la Lumi&#232;re est soudain &#171; venue dans ce monde &#187; et a fond&#233; son royaume de lumi&#232;re. La gloire de la Lumi&#232;re s'est &#171; lev&#233;e au-dessus de la ville sainte &#187; (l'&#201;glise). Tel &#233;tait le message du cycle de No&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; travers les chants qui c&#233;l&#233;braient joyeusement la Lumi&#232;re ; se faisait entendre un accent de tristesse : &#171; Et la Lumi&#232;re a brill&#233; dans les t&#233;n&#232;bres et les t&#233;n&#232;bres ne l'ont pas reconnue &#187;, c'&#233;tait le th&#232;me de la Passion. Cet accent est devenu sans cesse plus fort ; nous l'avons d&#233;j&#224; entendu dans la semaine de No&#235;l et, depuis, il n'a pas cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Septuag&#233;sime, c'est le chant dominant qui surpasse tous les autres ; le premier dimanche du Car&#234;me, nous voyons le divin David partir au combat contre le g&#233;ant Goliath. Tout le temps de Car&#234;me pourrait s'intituler un combat : combat de la Lumi&#232;re contre les t&#233;n&#232;bres, combat historique du Christ contre le juda&#239;sme (th&#232;me de la Passion), combat du Christ dans l'&#226;me de ceux qui doivent venir &#224; la lumi&#232;re (th&#232;me du bapt&#234;me et de la P&#233;nitence). Il fallait, sans doute, que la Lumi&#232;re dispar&#251;t un moment : le Christ meurt sur la Croix. Mais soudain, comme &#224; No&#235;l, la Lumi&#232;re brille dans les t&#233;n&#232;bres. Apr&#232;s les tristesses de la Semaine Sainte, le soleil de la R&#233;surrection se l&#232;ve victorieux pour briller &#233;ternellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est P&#226;ques, c'est la f&#234;te des f&#234;tes, le point culminant de l'ann&#233;e liturgique. Il n'y a plus qu'une pens&#233;e : la joie, l'all&#233;gresse. Autrefois, la f&#234;te &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e par les fid&#232;les pendant trois jours. Les n&#233;ophytes, rev&#234;tus de leurs v&#234;tements blancs, la c&#233;l&#233;braient pendant toute une semaine (c'est pourquoi il y a chaque jour une messe propre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA SEMAINE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on se p&#233;n&#232;tre avec amour de l'esprit de la liturgie, on se rend mieux compte, chaque ann&#233;e, que les messes de la semaine de P&#226;ques sont parmi les plus belles et les plus dramatiques du missel. Elles sont domin&#233;es par deux th&#232;mes : les &#233;v&#233;nements de la R&#233;surrection et l'&#233;glise de station. Je serais tent&#233; d'appeler ces messes pascales un myst&#232;re liturgique pascal, dans lequel nous avons notre r&#244;le &#224; jouer. Plus nous entrerons dans ce drame sacr&#233; et mieux nous comprendrons la liturgie. Tant&#244;t l'&#201;glise s'en tient &#224; la succession historique des &#233;v&#233;nements, tant&#244;t elle suit sa propre voie, mais, toujours, les images et les sc&#232;nes sont choisies en vertu d'un motif int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame commence aux premi&#232;res heures du jour de P&#226;ques (messe du Samedi Saint). Nous repr&#233;sentons Marie-Madeleine et les saintes femmes et nous nous rendons, au lever du jour (qu&#230; lucescit), au tombeau. Nous entendons le tremblement de terre, nous voyons l'ange rouler la pierre du tombeau, nous voyons les gardes s'enfuir. L'ange nous apporte le message pascal et nous renvoie chez nous annoncer le joyeux message aux disciple du Christ (aux autres fid&#232;les). Le myst&#232;re se continue au matin de P&#226;ques, &#171; quand le soleil est d&#233;j&#224; lev&#233; &#187; (orto jam sole). Nous repr&#233;sentons encore les saintes femmes ; de nouveau, l'ange nous apporte le message pascal et nous donne cette assurance : &#171; Vous le verrez, comme il vous l'a dit &#187;. Nous nous en retournons avec cette promesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons ensuite &#224; six apparitions du Ressuscit&#233;. Le lundi, nous tenons la place des disciples d'Emma&#252;s qui reconnurent le Seigneur &#224; la fraction du pain ; le mardi, nous sommes les Ap&#244;tres et les disciples qui, le soir du premier jour de P&#226;ques, &#171; touchent &#187; le Seigneur et mangent avec lui jusqu'ici les sc&#232;nes &#233;taient dispos&#233;es dans l'ordre chronologique). Le mercredi, nous sommes les sept Ap&#244;tres auxquels le Seigneur apparut sur les bords du lac de G&#233;n&#233;sareth et qu'il invita &#224; un repas (poisson et pain). L'&#201;vangile dit express&#233;ment : &#171; Pour la troisi&#232;me fois, J&#233;sus se montra &#224; ses disciples &#187;. Remarquons que ces trois apparitions (lundi, mardi et mercredi) &#233;taient toujours accompagn&#233;es d'un repas (symboles eucharistiques). Le jeudi, nous sommes Marie-Madeleine qui, dans l'amour et le d&#233;sir, cherche le Seigneur et le trouve. Nous aussi, &#224; la messe, nous pouvons dire : &#171; J'ai vu le Seigneur &#187;. Le vendredi, avec les nombreux disciples, nous voyons le Seigneur sur la montagne (c'est-&#224;-dire l'autel). C'est l'apparition d'adieu pour les n&#233;ophytes v&#234;tus de blanc. La derni&#232;re parole de J&#233;sus est une consolation : &#171; Je suis avec vous tous les jours... &#187; Le samedi ach&#232;ve le myst&#232;re pascal pour les n&#233;ophytes ; il n'y a plus d'apparition, c'est le myst&#232;re de la robe baptismale. La liturgie nous montre la course des deux Ap&#244;tres, Pierre, et Jean, au tombeau. Cet &#233;v&#233;nement appartient sans doute au d&#233;but de la semaine pascale, mais on le place &#224; la fin &#224; cause du symbole de la robe baptismale (les linges au tombeau) et &#224; cause de l'&#233;glise de station (Saint-Jean). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche, nous assistons &#224; une sixi&#232;me apparition : &#171; Apr&#232;s huit jours, les Ap&#244;tres &#233;taient encore dans salle et Thomas &#233;tait avec eux... &#187; Chacun de nous est, en ce moment, Thomas &#224; qui il est permis de lever la main et de toucher le Seigneur. Ainsi s'ach&#232;ve le myst&#232;re de la semaine pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de voir le th&#232;me des apparitions ; l'&#233;glise de station a exerc&#233;, elle aussi, son influence sur les textes. Nous devons, de quelque fa&#231;on, nous mettre &#224; la place du titulaire de cette &#233;glise. Nous vivons, dans les saints, la R&#233;surrection du Seigneur. Dans la nuit de P&#226;ques, nous sommes dans 1'&#201;glise du &#171; Tr&#232;s Saint R&#233;dempteur &#187; ; l&#224;, &#171; nous ressuscitons avec le Christ &#187;, et les cat&#233;chum&#232;nes ont, dans saint Jean-Baptiste, leur patron. Au matin de P&#226;ques, nous sommes &#224; Sainte-Marie Majeure. Le texte n'a aucune relation avec la Sainte Vierge (tout au plus le fait que l'&#201;vangile parle de son homonyme Marie-Madeleine). N&#233;anmoins, la liturgie veut que nous c&#233;l&#233;brions P&#226;ques en nous associant aux sentiments et &#224; la joie de Marie. C'est &#224; cette &#233;glise qu'il faut rattacher l'origine du Regina c&#230;li. (D'apr&#232;s une l&#233;gende relativement r&#233;cente, les anges auraient chant&#233; le Regina c&#230;li au moment de la cons&#233;cration de Sainte-Marie-Majeure). Le lundi, nous c&#233;l&#233;brons P&#226;ques avec saint Pierre. Le texte parle quelquefois de lui ou fait allusion &#224; lui. Dans la le&#231;on, &#171; Pierre se tient au milieu du peuple &#187; et nous parle ; l'&#201;vangile nous raconte que le Seigneur &#171; est apparu &#224; Simon &#187;. A la Communion, l'&#201;glise chante que le Seigneur &#171; est apparu &#224; Pierre &#187; (nous participons &#224; son privil&#232;ge). Le mardi, nous nous rendons aupr&#232;s de saint Paul. Quelle impression n'a pas faite sur lui la R&#233;surrection ! Le texte contient quelques allusions &#224; lui. &#171; Paul se leva et parla &#187; (le&#231;on). C'est donc de sa bouche que nous entendons la le&#231;on. L'&#201;vangile ne peut, naturellement, raconter aucune apparition &#224; Paul ; c'est pourquoi on a choisi l'apparition aux Ap&#244;tres, dont Paul fera bient&#244;t partie. D'ailleurs, les derni&#232;res paroles le concernent plus que personne : &#171; annoncer la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s &#224; tous les pa&#239;ens &#187;. Le mercredi, les n&#233;ophytes se rendent aupr&#232;s de leur parrain, saint Laurent. Sa f&#234;te de P&#226;ques, &#224; lui, fut la mort sur le gril ; d'o&#249; l'&#233;vangile du poisson r&#244;ti sur le feu. Le jeudi, nous allons visiter les douze Ap&#244;tres, les p&#232;res de notre foi. Le vendredi doit &#234;tre un tendre souvenir du Vendredi Saint ; c'est pourquoi l'&#233;glise de station est celle de la Reine des martyrs. Le samedi, nous revenons au lieu de notre bapt&#234;me pour d&#233;poser notre blanche robe baptismale. Les &#233;glises de station de la semaine de P&#226;ques sont les sanctuaires les plus v&#233;n&#233;r&#233;s de Rome et de la chr&#233;tient&#233;. &#8212; Je n'h&#233;site pas &#224; dire que la liturgie des messes pascales est la plus parfaite, la plus suggestive, la plus riche et la plus profonde de toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIMANCHE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINTE-MARIE MAJEURE &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'Agneau et le Lion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Les matines de P&#226;ques.&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;, All&#233;luia &#187;. C'est ainsi que l'Invitatoire proclame le joyeux message &#224; toute la chr&#233;tient&#233; rachet&#233;e. Les matines de P&#226;ques sont courtes, ce sont les plus courtes de l'ann&#233;e. Au reste, la liturgie de P&#226;ques, dans sa beaut&#233; classique, est d'une concision presque s&#233;v&#232;re. Dans les tr&#232;s grandes &#233;motions, l'homme ne trouve pas d'expression, c'est pourquoi la liturgie renonce &#224; tout moyen artistique. Dans la pri&#232;re des Heures, elle &#233;carte les hymnes et ne choisit pas de psaumes sp&#233;ciaux. Nous sommes presque d&#233;&#231;us de cette simplicit&#233;. Les matines n'ont qu'un nocturne, car la plus grande partie de la nuit a &#233;t&#233; occup&#233;e par l'office de la nuit de P&#226;ques. La liturgie nous fait r&#233;citer les trois premiers psaumes. On est un peu &#233;tonn&#233;, car il nous semble qu'il y a des psaumes adapt&#233;s &#224; la f&#234;te de P&#226;ques. Les raisons de ce choix sont vraisemblablement les suivantes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. L'&#201;glise veut nous dire : A P&#226;ques, nous recommen&#231;ons au commencement : nous sommes, pour ainsi dire, des hommes nouveaux qui commen&#231;ons une nouvelle &#339;uvre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. La seconde raison est celle qui nous fait laisser de c&#244;t&#233; les hymnes ; en ces jours de la plus grande joie festivale, l'&#201;glise renonce &#224; toute expression ext&#233;rieure de son &#233;motion ; elle prend les trois premiers psaumes &#224; la suite. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Enfin, les trois premiers psaumes repr&#233;sentent tout le psautier ; l'&#201;glise veut nous dire : tous les psaumes louent le Ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Gr&#233;goire nous fait entendre &#224; matines un sermon qu'il pronon&#231;a, le dimanche de P&#226;ques, &#171; dans la basilique de la Sainte Vierge Marie &#187; : &#171; Vous avez entendu, tr&#232;s chers fr&#232;res, que les saintes femmes qui avaient suivi le Seigneur vinrent au tombeau avec des aromates, afin d'entourer de soins pieux, m&#234;me apr&#232;s sa mort, celui qu'elles avaient aim&#233; pendant sa vie. Cette action nous indique qu'il doit se faire quelque chose dans la sainte &#201;glise. Nous devons, en effet, entendre l'histoire sainte en nous demandant ce que nous devons en imiter. Nous aussi qui croyons au Mort, nous pouvons, en v&#233;rit&#233;, venir &#224; son tombeau avec des aromates, si, remplis du parfum des vertus, nous cherchons le Seigneur avec la foi des bonnes &#339;uvres. Or, les femmes qui vinrent avec des aromates virent des anges. En effet, les c&#339;urs qui, dans le parfum des vertus, se h&#226;tent par de saints d&#233;sirs vers le Seigneur, arrivent &#224; voir les habitants du ciel. Nous devons maintenant examiner ce que signifie le fait que l'ange est aper&#231;u assis &#224; droite. Que signifie la gauche sinon la vie pr&#233;sente, et que signifie la droite sinon la vie &#233;ternelle ? C'est pourquoi il est dit dans le Cantique des cantiques : &#171; Sa gauche soutient ma t&#234;te et sa droite m'embrasse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant., II, 6.&#034; id=&#034;nh8-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, comme notre R&#233;dempteur avait d&#233;j&#224; triomph&#233; de la corruptibilit&#233; de la vie pr&#233;sente, il convenait que l'ange qui &#233;tait venu pour annoncer sa vie &#233;ternelle f&#251;t assis &#224; droite. Il apparut en v&#234;tement blanc, car il annon&#231;ait la joie de notre f&#234;te. La blancheur &#233;clatante du v&#234;tement d&#233;signe, en effet, l'&#233;clat brillant de notre solennit&#233;. Devons-nous dire : la n&#244;tre ou la sienne ? Pour &#234;tre tout &#224; fait exacts, nous devons dire : la sienne et la n&#244;tre, &#224; la fois. La R&#233;surrection de notre R&#233;dempteur est notre f&#234;te, parce qu'il nous a rappel&#233;s &#224; l'immortalit&#233; ; mais c'est aussi la f&#234;te des anges parce que, par le rappel des hommes au ciel, le nombre des anges a &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;. Ainsi donc l'ange est paru en v&#234;tement blanc au jour de sa f&#234;te et de notre f&#234;te parce que, par la R&#233;surrection de Notre Seigneur, nous avons &#233;t&#233; rappel&#233;s au ciel et parce que, par cette R&#233;surrection, les pertes de la patrie c&#233;leste ont &#233;t&#233; r&#233;par&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Les Laudes de P&#226;ques.&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#201;glise a, dans son livre de pri&#232;res : le br&#233;viaire, deux pri&#232;res du matin, chaque jour : les laudes et prime. Les laudes sont la joyeuse pri&#232;re du matin de la Cr&#233;ation ; &#224; prime, l'homme p&#233;cheur se pr&#233;pare s&#233;rieusement au jour qui commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les laudes sont, &#224; proprement parler le cantique de l'&#201;glise en l'honneur de la R&#233;surrection ; dans cette pri&#232;re, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre chaque jour P&#226;ques et la R&#233;surrection. C'est peut-&#234;tre la plus belle Heure de toute la journ&#233;e ; son symbolisme est saisissant. Le jour commence &#224; poindre, l'aurore rougit l'horizon, la nuit est vaincue. C'est l'heure o&#249; la nature c&#233;l&#232;bre sa r&#233;surrection, les fleurs s'ouvrent, les oiseaux font entendre leur chant matinal ; c'est l'heure aussi o&#249; le Seigneur triompha de la mort et ressuscita. L'homme se l&#232;ve de sa couche ; le Seigneur ressuscit&#233; et la nature qui se r&#233;veille lui pr&#234;chent la r&#233;surrection spirituelle. &#171; Si vous &#234;tes ressuscit&#233;s avec le Christ, cherchez ce qui est en haut &#187;. Tel est donc le symbolisme des laudes : r&#233;surrection du Christ, r&#233;veil de la nature, r&#233;surrection spirituelle de l'homme. Nous comprendrons mieux d&#233;sormais les laudes ; nous comprendrons pourquoi on y trouve tant de textes qui chantent la nature et pourquoi, &#224; laudes, on chante si volontiers l'All&#233;luia. C'est la f&#234;te quotidienne de la R&#233;surrection. Chaque dimanche &#233;tant un &#233;cho de la f&#234;te de P&#226;ques, la pens&#233;e de la R&#233;surrection est encore plus accus&#233;e aux laudes du dimanche ; de l&#224;, les nombreux All&#233;luia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dirons-nous, alors, des laudes de P&#226;ques ? La pens&#233;e de la R&#233;surrection est &#224; son plus haut degr&#233;. Aux matines des grandes f&#234;tes, les psaumes sont sp&#233;cialement choisis. Par contre, les psaumes de laudes sont les m&#234;mes pour toutes les f&#234;tes et tous les dimanches. C'est que si les matines sont la m&#233;ditation, le drame de pri&#232;re de la f&#234;te, les laudes sont la pri&#232;re du matin. Les psaumes sont des cantiques de louange qui n'ont aucun rapport particulier avec la f&#234;te ; ils ne servent qu'&#224; la pens&#233;e de l'heure. Le r&#244;le des antiennes est de rappeler sans cesse, &#224; celui qui prie, les pens&#233;es de la f&#234;te. Au reste, aux laudes, les antiennes ont une tout autre importance qu'aux matines. Aux matines, elles sont la clef du psaume ; ce que le psaume doit signifier pour nous dans cette f&#234;te nous est indiqu&#233; par l'antienne. Aux laudes, par contre, les antiennes, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, n'ont aucun rapport avec le psaume qu'elles encadrent. Aux matines, les antiennes sont des bouquets de fleurs qui couronnent les psaumes ; aux laudes, elles ont pour t&#226;che d'unir la pens&#233;e de la f&#234;te &#224; la pens&#233;e de l'heure. Il en r&#233;sulte une merveilleuse mosa&#239;que ; nous c&#233;l&#233;brons joyeusement notre r&#233;surrection spirituelle ; la nature c&#233;l&#232;bre avec nous sa r&#233;surrection. A cette joie de la r&#233;surrection, nous joignons, apr&#232;s chaque psaume, la joie de la f&#234;te du jour. Aux laudes de P&#226;ques, cette union des pens&#233;es de la f&#234;te et des pens&#233;es de l'heure sera d'autant plus facile que c'est toujours la m&#234;me pens&#233;e de r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antiennes de laudes sont, aujourd'hui, le r&#233;cit dramatique des premiers &#233;v&#233;nements de la R&#233;surrection, qui eurent lieu &#224; l'heure des laudes. Elles constituent donc l'action. Les psaumes sont comme le ch&#339;ur de l'&#201;glise et de la Cr&#233;ation qui chantent leurs impressions. C'est un peu comme les r&#233;pons entre les le&#231;ons. Les laudes de P&#226;ques sont donc le chant de louange de toute la Cr&#233;ation en l'honneur de la R&#233;surrection et, en m&#234;me temps, sa pri&#232;re du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;La messe de P&#226;ques (Resurrexi).&lt;/strong&gt; &#8212; La grand-messe de P&#226;ques est le point culminant de l'all&#233;gresse pascale. Tous les &#233;v&#233;nements que nous avons vus se d&#233;rouler, toutes les paroles que nous avons entendues pendant le saint triduum doivent &#234;tre maintenant une r&#233;alit&#233; myst&#233;rieuse et pr&#233;sente : Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233;. La messe pr&#233;sente une grande unit&#233; de pens&#233;es et le m&#234;me th&#232;me revient sans cesse. Le leitmotiv est cette parole de saint Paul que nous venons de citer : Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233; (&#201;p., Grad., Seq., Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;glise de station est Sainte-Marie Majeure. Dans notre joie pascale, nous nous rendons, tout d'abord, aupr&#232;s de la M&#232;re de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Intro&#239;t, le Ressuscit&#233; se tient d&#233;j&#224; devant nous et nous adresse lui-m&#234;me la parole : &#171; Resurrexi &#8212; je suis ressuscit&#233; &#187;. C'est le chant du Christ &#224; son entr&#233;e dans le monde, sa pri&#232;re du matin au jour de la R&#233;surrection. Quelles sont ses premi&#232;res pens&#233;es ? L'abandon complet &#224; son P&#232;re, l'union la plus &#233;troite avec lui. Mais, aujourd'hui, il n'est plus seul ; en tant que chef de l'humanit&#233; rachet&#233;e, il offre &#224; son P&#232;re tous les membres de son corps mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gloria est aujourd'hui le cantique pascal au sens propre. Nous c&#233;l&#233;brons l' &#171; Agneau qui enl&#232;ve les p&#233;ch&#233;s du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oraison exprime les pens&#233;es de la f&#234;te en deux images oppos&#233;es : le vainqueur du Golgotha a triomph&#233; de la mort et a ouvert les portes du paradis ; c'est pourquoi nous demandons la victoire sur le p&#233;ch&#233; et la mort en nous, et l'acc&#232;s au paradis (gr&#226;ce et gloire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;p&#238;tre, saint Paul nous pr&#233;sente la f&#234;te de la P&#226;que de l'Ancien Testament comme la figure de notre f&#234;te pascale. Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233; et pr&#234;t &#224; &#234;tre mang&#233;. C'est pourquoi les chr&#233;tiens doivent rejeter pour toujours le levain du p&#233;ch&#233;. Au Graduel, nous chantons : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait, r&#233;jouissons-nous et tressaillons d'all&#233;gresse en lui &#187;. Ce chant est r&#233;p&#233;t&#233; &#224; toutes les Heures, pendant la semaine de P&#226;ques. Ce chant veut dire : le langage humain est trop pauvre pour c&#233;l&#233;brer la grande f&#234;te de P&#226;ques ; c'est pourquoi nous nous contentons de dire, en ces quelques mots, notre gratitude et nos louanges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'All&#233;luia est tr&#232;s impressionnant. On y entend le leitmotiv de la messe qui est d&#233;velopp&#233; par la s&#233;quence qui suit. La s&#233;quence n'a &#233;t&#233; introduite dans la messe que depuis le Moyen Age. Elle est ce qu'elle doit &#234;tre, une paraphrase du verset de l'All&#233;luia. C'est un dialogue entre l'&#201;glise et Madeleine. Elle a donn&#233; naissance aux &#171; myst&#232;res &#187; de P&#226;ques, si aim&#233;s jadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, le disciple de Pierre a l'honneur de nous annoncer le message pascal. Dans le drame sacr&#233;, nous tenons la place des saintes femmes qui viennent au tombeau &#171; quand le soleil est d&#233;j&#224; lev&#233; &#187;, nous entendons de la bouche de l'ange (repr&#233;sent&#233; par le diacre) la joyeuse nouvelle, et dans le sacrifice eucharistique, que nous c&#233;l&#233;brons en union avec la M&#232;re de Dieu, nous verrons le Ressuscit&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Offrande, nous nous rendons avec les saintes femmes, des aromates dans les mains, au tombeau du Christ ; le tremblement de terre (Off.) nous annonce la R&#233;surrection. La liturgie nous peint ce tremblement de terre d'une mani&#232;re concise et &#233;nergique : &#171; Terra tremuit. &#8212; La terre trembla et se tut &#187;. Dans le saint sacrifice, l'Agneau est immol&#233; et pr&#234;t &#224; &#234;tre mang&#233; (Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. L'&#201;vangile de P&#226;ques. &#8212; Cette semaine, l'&#201;glise ne nous offre pas de lecture d'&#201;criture proprement dite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux Matines, on ne lit pas d'&#201;criture occurrente, mais chaque jour un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ami de la liturgie s'efforcera, pendant cette semaine, d'approfondir l'&#171; &#201;vangile des 40 jours &#187;, c'est-&#224;-dire les &#233;v&#233;nements qui concernent la R&#233;surrection du Seigneur. Il n est pas facile de ramener les r&#233;cits des quatre &#233;vang&#233;listes, surtout ceux qui ont trait aux apparitions, &#224; une concordance chronologique parfaite. Nous allons, dans l'expos&#233; chronologique suivant, nous en tenir &#224; l'opinion de la majorit&#233; des commentateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;surrection elle-m&#234;me n'eut aucun t&#233;moin mortel. Elle eut, sans doute, lieu de tr&#232;s bonne heure. Pour attester ext&#233;rieurement le fait de la R&#233;surrection, un ange roula la pierre qui fermait le tombeau ; les gardes s'enfuirent. &#8212; Puis, les saintes femmes, avec Madeleine, viennent au tombeau et le trouvent vide. Madeleine, la plus d&#233;cid&#233;e de toutes, retourne en h&#226;te avertir Pierre et Jean. Pendant ce temps, les autres saintes femmes voient l'ange qui les envoie vers les disciples ; mais elles se cachent. Puis, Jean, Pierre et Madeleine viennent au tombeau en courant (Jean, XX, 1 sq.). Ils trouvent le tombeau vide, mais d&#233;couvrent des signes de la R&#233;surrection (les linges pli&#233;s). Les disciples s'en vont, mais Madeleine demeure et est favoris&#233;e de la premi&#232;re apparition du Ressuscit&#233;. Pendant que les autres saintes femmes s'en retournent, J&#233;sus se montre &#224; elles (Math., XXIII, 8 ; seconde apparition) ; dans le cours de la journ&#233;e, J&#233;sus appara&#238;t &#224; Pierre qui, plus que les autres, avait besoin de consolation (troisi&#232;me apparition). Dans l'apr&#232;s-midi, a lieu l'apparition aux disciples d'Emma&#252;s qui est racont&#233;e tout au long (quatri&#232;me apparition ; Luc., XXIV. 13 sq.). Ce r&#233;cit est un des plus touchants de l'&#201;criture. Le soir, le Ressuscit&#233; appara&#238;t &#224; dix Ap&#244;tres et &#224; beaucoup d'autres disciples dans la salle du C&#233;nacle (Luc, XXIV, 36 sq ; Jean, XXI, 19 ; cinqui&#232;me apparition). Huit jours apr&#232;s, a lieu une nouvelle apparition aux disciples, en pr&#233;sence de Thomas (sixi&#232;me apparition). Les disciples s'en vont alors en Galil&#233;e o&#249; le Seigneur appara&#238;t &#224; sept d'entre eux, sur les bords du lac de G&#233;n&#233;sareth, pendant une p&#234;che ; Pierre est institu&#233; pasteur supr&#234;me (Jean, XXI, 1 sq. ; septi&#232;me apparition). Enfin, le Seigneur donne rendez-vous &#224; tous ses disciples (saint Paul parle de 500) sur une montagne en Galil&#233;e ; il leur appara&#238;t et leur donne l'ordre de mission (huiti&#232;me apparition). La derni&#232;re apparition eut lieu au moment de l'Ascension. Nous ne savons pas si le Seigneur apparut d'autres fois &#224; tous ses disciples ou &#224; quelques-uns d'entre eux. Saint Paul signale encore une apparition &#224; Jacques le Mineur. La plupart des commentateurs admettent que le Seigneur apparut tout d'abord &#224; sa sainte M&#232;re. L'&#201;criture n'en dit rien, mais le sentiment naturel semble l'exiger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Os&#233;e. XIII, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. X, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apoc. I, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De divinis Officiis, lib. VII, cap. XXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vie de sainte Th&#233;r&#232;se &#233;crite par elle-m&#234;me, dans les Additions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isaie, LV, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. 1, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exode, XV, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conciles d'Agde, d'Orl&#233;ans I et IV, d'Epaone, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XLII, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ps. XXIX, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., V, 1 : &#171; Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aim&#233;s &#187;, &#233;p&#238;tre du 3&#232;me dimanche de Car&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap., V, 21 : &#171; tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant., II, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aux Matines, on ne lit pas d'&#201;criture occurrente, mais chaque jour un commentaire patristique de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Samedi Saint</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article18</link>
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		<dc:date>2026-03-22T15:17:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Les commentaires donn&#233;s par Dom Gu&#233;ranger et le Bhx Schuster d&#233;crivent l'ancienne Vigile Pascale (avant 1951) &lt;br class='autobr' /&gt;
Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique A l'OFFICE DE LA NUIT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres, ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera, en t&#234;te de L'Office de la nuit du Jeudi saint. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/violetblanc-2-2e270.gif?1774192642' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Les commentaires donn&#233;s par Dom Gu&#233;ranger et le Bhx Schuster d&#233;crivent l'ancienne Vigile Pascale (avant 1951)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A l'OFFICE DE LA NUIT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres, ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera, en t&#234;te de L'Office de la nuit du Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU PREMIER NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (4) est un de ceux que l'&#201;glise emploie chaque jour dans l'Office des Complies, parce qu'il exprime la confiance avec laquelle Le chr&#233;tien se livre au sommeil. Aujourd'hui il est destin&#233; &#224; rappeler le repos du Christ dans le s&#233;pulcre, o&#249; il dort assur&#233; de son prochain r&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (14) c&#233;l&#232;bre le bonheur r&#233;serv&#233; &#224; l'homme juste, et le repos qui sera sa r&#233;compense, apr&#232;s son labeur. L'&#201;glise en fait l'application au Christ, le Juste par excellence, qui a pass&#233; en faisant le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (15), compos&#233; par David, durant son exil, au temps de Saul, est une proph&#233;tie de la r&#233;surrection du Messie ; et il fut cit&#233;, en cette qualit&#233;, aux Juifs par saint Pierre, le jour de la Pentec&#244;te. Celui qui parle dans ce divin Cantique dit que sa chair reposera dans l'esp&#233;rance, et que le Seigneur ne lui laissera point &#233;prouver la corruption du tombeau. Ces circonstances, qui ne se v&#233;rifient pas en David, n'ont rapport qu'au Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne continuent d'&#234;tre emprunt&#233;es aux Lamentations de J&#233;r&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re a rapport au Christ. Elle exprime sa fid&#233;lit&#233; &#224; Dieu et sa touchante r&#233;signation. Les soufflets qu'il re&#231;ut durant sa Passion, y sont pr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me Le&#231;on reprend le ton de l'&#233;l&#233;gie sur les malheurs de J&#233;rusalem. La gravit&#233; des crimes de cette cit&#233; ingrate y est exprim&#233;e dans les termes les plus &#233;nergiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me Le&#231;on est form&#233;e d'une partie de la pri&#232;re que J&#233;r&#233;mie adresse &#224; Dieu pour le peuple Juif, apr&#232;s l'avoir vu emmener en captivit&#233;. Rien n'&#233;gale la d&#233;solation du tableau qu'elle retrace des infortunes auxquelles est en proie la nation d&#233;icide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume (23) annonce d&#233;j&#224; l'entr&#233;e triomphante que doit faire au ciel le Fils de Dieu, lorsqu'il se sera r&#233;veill&#233; du sommeil de la tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me Psaume (26) que l'&#201;glise a chant&#233; hier pour exprimer le sentiment de confiance qui n'a point abandonn&#233; le Messie, durant les &#233;preuves de sa Passion, revient aujourd'hui pour annoncer sa prochaine d&#233;livrance. L'&#201;glise ne choisit plus pour Antienne le Verset o&#249; le Christ se plaint des faux t&#233;moins qui ont d&#233;pos&#233; contre lui ; elle insiste sur celui o&#249; il montre l'esp&#233;rance d'&#234;tre bient&#244;t arriv&#233; dans la terre des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me Psaume (29) annonce que le divin captif de la mort ne tardera pas &#224; sortir des lieux sombres. Le Proph&#232;te nous montre le deuil se prolongeant encore jusqu'au soir, et l'all&#233;gresse qui doit &#233;clater au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise continue de lire, au deuxi&#232;me Nocturne, les Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes proph&#233;tiques de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume (53) que l'&#201;glise chantait hier, en songeant aux poursuites des Juifs contre le Messie, revient aujourd'hui pour annoncer que le triomphe du Fils de David ne tardera pas &#224; &#233;clater, parce que Dieu a pris en main sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le huiti&#232;me Psaume (75) a &#233;t&#233; employ&#233; par l'&#201;glise le Jeudi saint ; il exprimait la prochaine vengeance de Dieu sur les ennemis de son Fils. Il repara&#238;t aujourd'hui, et nous montre le Messie endormi d'un sommeil de paix en Sion. Tout &#224; l'heure il va sortir du tombeau. A leur r&#233;veil, ses adversaires qui croyaient le tenir en leur puissance, vont se trouver les mains vides. La terre tremblera, et le Seigneur se l&#232;vera pour &#234;tre la terreur de ses adversaires et le salut des humbles, qui reconna&#238;tront sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuvi&#232;me Psaume (87), qui hier faisait partie de l'Office de la nuit, est employ&#233; de nouveau aujourd'hui. On y entend le Christ demander &#224; son P&#232;re qu'il daigne le retirer d'entre les morts. Assez longtemps il a &#233;t&#233; plong&#233; dans les t&#233;n&#232;bres du tombeau ; il est temps qu'il revienne &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me Nocturne, la sainte &#201;glise continue de lire, dans l'&#201;p&#238;tre aux H&#233;breux, la doctrine de saint Paul sur la vertu du sang divin. L'Ap&#244;tre explique comment le Testament du Christ en notre laveur n'a pu avoir d'effet que par sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A LAUDES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes est le Miserere (50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (91), indiqu&#233; par son titre au Psautier comme devant &#234;tre chant&#233; le jour du sabbat, c&#233;l&#232;bre la magnificence du Seigneur en ses ouvrages, la vanit&#233; des desseins des p&#233;cheurs, le triomphe assur&#233; du juste par excellence, la bienheureuse esp&#233;rance de ceux qui le suivent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le deuxi&#232;me Psaume(42), compos&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (63) est celui-l&#224; m&#234;me dont saint Augustin nous donne au nom de l'&#201;glise le commentaire officiel dans les Le&#231;ons du deuxi&#232;me Nocturne, en ces jours du Vendredi et du Samedi saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cantique d'&#201;z&#233;chias, que l'&#201;glise emploie le Mardi &#224; Laudes, est substitu&#233; aujourd'hui &#224; celui du Deut&#233;ronome qui est propre au Samedi, mais qui n'aurait aucune relation avec le myst&#232;re de ce jour. &#201;z&#233;chias implorant de Dieu, sur sa couche, le retour &#224; la vie, est le type du Christ dans le tombeau, suppliant son P&#232;re de le rendre promptement &#224; la lumi&#232;re du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier Psaume (150) des Laudes est aussi le dernier du Psautier, r&#233;sumant dans la louange le dernier mot de toutes choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Verset, on chante le Cantique Benedictus, sous l'Antienne suivante : &#171; Les femmes &#233;taient assises pr&#232;s du tombeau ; elles se lamentaient, elles pleuraient le Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;p&#233;tition de cette Antienne, le ch&#339;ur chante, sur un mode m&#233;lodieux et touchant, les paroles suivantes que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te, en ces jours, &#224; la fin de tous ses Offices ; mais aujourd'hui elle ne se borne plus &#224; annoncer la mort du Christ. Elle compl&#232;te le discours de l'Ap&#244;tre, en ajoutant le reste du texte, dans lequel est pr&#233;dite la gloire de l'Homme-Dieu, vainqueur des ombres du tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Christ s'est fait ob&#233;issant pour nous jusqu'&#224; la mort, et &#224; la mort de la Croix ;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi Dieu l'a exalt&#233;, et lui a donn&#233; un nom qui est au-dessus de tout nom. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit ensuite &#224; voix basse Pater noster, suivi du Miserere, qui est r&#233;cit&#233; &#224; deux ch&#339;urs. Enfin celui qui pr&#233;side prononce pour conclusion l'Oraison suivante : &#171; Daignez, Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici pr&#233;sente, pour laquelle notre Seigneur J&#233;sus-Christ a bien voulu &#234;tre livr&#233; aux mains des m&#233;chants, et souffrir le supplice de la Croix : Lui qui vit et r&#232;gne avec vous, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit a pass&#233; sur le s&#233;pulcre o&#249; repose le corps de l'Homme-Dieu. Mais si la mort triomphe au fond de cette grotte silencieuse, si elle tient dans ses liens celui qui donne la vie &#224; tous les &#234;tres, son triomphe sera court. Les soldats ont beau veiller &#224; l'entr&#233;e du tombeau, ils ne retiendront pas le divin captif, quand il prendra son essor. Les saints Anges adorent, dans un respect profond, le corps inanim&#233; de celui dont le sang va &#171; pacifier le ciel et la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coloss. I, 20. 3.&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce corps s&#233;par&#233; de l'&#226;me pour un court intervalle est demeur&#233; uni au Verbe divin ; l'&#226;me qui a cess&#233; un moment de l'animer, n'a point non plus perdu son union avec la personne du Fils de Dieu. La divinit&#233; reste unie m&#234;me au sang &#233;panch&#233; sur le Calvaire, et qui doit rentrer dans les veines de l'Homme-Dieu, au moment de sa prochaine r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, approchons de ce tombeau, et v&#233;n&#233;rons &#224; notre tour la froide d&#233;pouille du Fils de Dieu. Nous comprenons maintenant les effets du p&#233;ch&#233;. &#171; C'est par le p&#233;ch&#233; que la mort est entr&#233;e dans le monde et qu'elle a pass&#233; dans tous les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. V, 12.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; J&#233;sus, &#171; qui n'a point connu le p&#233;ch&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. V, 21.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, a cependant permis &#224; la mort d'&#233;tendre jusque sur lui son empire, afin d'en diminuer pour nous les horreurs et de nous rendre, en ressuscitant, cette immortalit&#233; que le p&#233;ch&#233; nous avait ravie. Adorons dans toute notre reconnaissance ce dernier an&#233;antissement du Fils de Dieu. Il avait daign&#233;, dans son incarnation, prendre &#171; la forme d'esclave&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philipp. II, 7.&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; en ce moment, il est descendu plus bas encore. Le voil&#224; sans vie et glac&#233; dans un tombeau ! Si ce spectacle nous r&#233;v&#232;le l'affreux pouvoir de la mort, il nous montre bien plus encore l'immense et incompr&#233;hensible amour de Dieu pour l'homme. Cet amour n'a recul&#233; devant aucun exc&#232;s ; et nous pouvons dire que si le Fils de Dieu s'est abaiss&#233; outre mesure, nous avons &#233;t&#233; d'autant plus glorifi&#233;s par ses abaissements. Qu'elle nous soit donc ch&#232;re cette tombe sacr&#233;e qui doit nous enfanter &#224; la vie ; et apr&#232;s avoir rendu gr&#226;ces au Fils de Dieu de ce qu'il a daign&#233; mourir pour nous sur la Croix, remercions-le aussi d'avoir accept&#233; pour nous l'humiliation du s&#233;pulcre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendons maintenant dans J&#233;rusalem, et visitons humblement la M&#232;re des douleurs. La nuit aussi a pass&#233; sur son c&#339;ur afflig&#233; ; et les sc&#232;nes lamentables de la journ&#233;e n'ont cess&#233; d'assi&#233;ger sa m&#233;moire. Le fils de sa tendresse a &#233;t&#233; foul&#233; sous les pieds des hommes, elle a vu couler son sang par torrents ; et maintenant il est dans le tombeau, comme le dernier des mortels ! Que de larmes a vers&#233;es d&#233;j&#224; la fille de David durant ces longues heures ; et son fils ne lui est pas rendu encore ! Pr&#232;s d'elle, Madeleine, toute bris&#233;e des secousses qu'elle a ressenties dans les rues de J&#233;rusalem et sur le Calvaire, &#233;clate en sanglots, muette de douleur. Elle aspire au lever du jour suivant pour retourner au tombeau, et revoir les restes de son cher ma&#238;tre. Les autres femmes, moins aim&#233;es que Madeleine, mais cependant ch&#232;res &#224; J&#233;sus, elles qui ont brav&#233; les Juifs et les soldats pour l'assister jusqu'&#224; la fin, entourent avec discr&#233;tion l'inconsolable m&#232;re, et songent aussi &#224; soulager leur propre douleur, en allant avec Madeleine lorsque le Sabbat sera &#233;coul&#233;, de poser dans le s&#233;pulcre le tribut de leur amour et de leurs parfums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean, le fils d'adoption, le bien-aim&#233; de J&#233;sus, pleure sur le Fils et sur la m&#232;re. D'autres ap&#244;tres, des disciples, Joseph d'Arimathie, Nicod&#232;me, visitent tour &#224; tour cette maison de deuil. Pierre, dans l'humilit&#233; de son repentir, n'a pas craint de repara&#238;tre aux regards de la M&#232;re de mis&#233;ricorde. On s'entretient &#224; voix basse du supplice de J&#233;sus, de l'ingratitude de J&#233;rusalem. La sainte &#201;glise, dans l'Office de cette nuit, nous sugg&#232;re quelques traits des entretiens de ces hommes qu'une si terrible catastrophe a &#233;branl&#233;s jusqu'au fond de l'&#226;me. &#171; C'est donc ainsi, disent-ils, que meurt le juste, et personne ne s'en &#233;meut ! Il a disparu devant l'iniquit&#233; ; semblable &#224; l'agneau, il n'a pas ouvert la bouche ; il a &#233;t&#233; enlev&#233; au milieu des angoisses ; mais son souvenir est un souvenir de paix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;pons VIe de l'Office de la nuit.&#034; id=&#034;nh9-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlent ces hommes fid&#232;les, pendant que les femmes, en proie &#224; leur douleur, songent aux soins des fun&#233;railles. La saintet&#233;, la bont&#233;, la puissance, les douleurs et la mort de J&#233;sus, tout est pr&#233;sent &#224; leur pens&#233;e ; mais sa r&#233;surrection qu'il a annonc&#233;e et qui ne doit pas tarder, ne leur revient pas en souvenir. Marie seule vit dans cette attente certaine. L'Esprit-Saint dit de la femme forte : &#171; Durant la nuit, sa lampe ne s'&#233;teint jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXXI, 18.&#034; id=&#034;nh9-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; cette parole s'accomplit aujourd'hui en la M&#232;re de J&#233;sus. Son c&#339;ur ne succombe pas, parce qu'elle sait que bient&#244;t la tombe doit rendre son fils &#224; la vie. La foi de la r&#233;surrection du Sauveur, cette foi sans laquelle, comme dit l'Ap&#244;tre, notre religion serait vaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XV, 17.&#034; id=&#034;nh9-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est, pour ainsi dire, concentr&#233;e dans l'&#226;me de Marie. La M&#232;re de la Sagesse conserve ce d&#233;p&#244;t pr&#233;cieux ; et de m&#234;me qu'elle a tenu dans ses chastes flancs celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, ainsi aujourd'hui, par sa croyance ferme et constante aux paroles de son fils, elle r&#233;sume en elle-m&#234;me toute l'&#201;glise. Sublime journ&#233;e du Samedi qui, au milieu de toutes ses tristesses, vient encore ajouter aux grandeurs de Marie ! La sainte &#201;glise en garde &#224; jamais le souvenir ; et c'est pour cela que, d&#233;sirant consacrer &#224; sa grande Reine un jour sp&#233;cial chaque semaine, elle lui a d&#233;die pour toujours le Samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure est venue de se rendre &#224; la maison de Dieu. Les cloches ne retentiront pas encore ; mais les myst&#232;res de la sainte Liturgie qui doivent remplir cette matin&#233;e n'en appellent pas moins les fid&#232;les aux plus touchantes &#233;motions. Conservons le souvenir de celles que nous venons de ressentir au s&#233;pulcre et aux pieds de la M&#232;re des douleurs, et disposons nos &#226;mes aux saintes jouissances que la foi nous pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Vigile Pascale se c&#233;l&#233;brait dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute antiquit&#233;, la journ&#233;e d'aujourd'hui, comme celle d'hier, s'est pass&#233;e sans l'offrande du divin Sacrifice. Hier, l'&#201;glise ne la c&#233;l&#233;brait pas, parce que l'anniversaire de la mort du Christ lui semblait remplir de ses souvenirs le jour tout entier, et qu'une sainte terreur lui interdisait d'appeler sur ses autels la victime du Calvaire. La m&#234;me raison la porte &#224; se priver aujourd'hui encore de la c&#233;l&#233;bration du Sacrifice. La s&#233;pulture du Christ est la suite de sa Passion ; et pendant que son corps repose inanim&#233; dans le tombeau, il ne convient pas de renouveler le divin myst&#232;re dans lequel il est offert glorieux et ressuscit&#233;. L'&#201;glise grecque elle-m&#234;me qui, dans le cours du Car&#234;me, affecte de ne pas je&#251;ner le Samedi, imite l'&#201;glise latine, en &#233;tendant &#224; cette journ&#233;e ses plus aust&#232;res pratiques ; elle s'abstient m&#234;me de c&#233;l&#233;brer aujourd'hui la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis environ huit si&#232;cles, une modification importante s'est introduite, en ce jour, dans les &#201;glises de l'Occident, relativement &#224; la c&#233;l&#233;bration de la Messe. On n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la coutume antique qui omet au Samedi saint l'offrande du Sacrifice ; mais on a cru devoir anticiper &#224; cette journ&#233;e la Messe qui se c&#233;l&#233;brait durant la nuit prochaine, vers l'heure de la r&#233;surrection du Sauveur. L'adoucissement du je&#251;ne a amen&#233; insensiblement ce changement dans la Liturgie. Dans les premiers si&#232;cles, les fid&#232;les veillaient toute la nuit &#224; l'&#201;glise, en attendant le moment o&#249; le Christ triomphant de la mort s'&#233;chappa du s&#233;pulcre. Ils prenaient part en m&#234;me temps, comme t&#233;moins, &#224; l'administration solennelle du Bapt&#234;me conf&#233;r&#233; aux cat&#233;chum&#232;nes ; fonction sublime dans laquelle se manifestait le passage de la mort spirituelle &#224; la vie de la gr&#226;ce. De toutes les Veilles saintes de l'ann&#233;e, aucune n'&#233;tait fr&#233;quent&#233;e avec autant d'affluence et d'enthousiasme ; mais on comprend ais&#233;ment qu'elle dut perdre une grande partie de son int&#233;r&#234;t, lorsque le christianisme ayant triomph&#233; partout o&#249; il avait &#233;t&#233; pr&#234;ch&#233;, il n'y eut plus d'adultes &#224; baptiser. Les Orientaux ont continu&#233; cependant jusqu'&#224; nos jours &#224; suivre l'antique tradition ; mais dans l'Occident, &#224; partir du XIe si&#232;cle, on a peu &#224; peu anticip&#233; l'heure de la Messe nocturne de la R&#233;surrection, jusqu'&#224; ce qu'enfin on l'ait d&#233;finitivement avanc&#233;e jusqu'au matin m&#234;me du Samedi saint. Durand de Mende, qui &#233;crivait son Rational des divins Offices vers la fin du XIIIe si&#232;cle, atteste que, de son temps, quelques &#201;glises &#224; peine &#233;taient rest&#233;es fid&#232;les &#224; la coutume primitive ; et elles ne tard&#232;rent pas &#224; se r&#233;unir &#224; la pratique g&#233;n&#233;rale de l'&#201;glise latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de cette modification une sorte de contradiction entre le myst&#232;re de cette journ&#233;e et le service divin que l'on y c&#233;l&#232;bre. Le Christ est encore dans le tombeau, et l'on c&#233;l&#232;bre sa r&#233;surrection ; les heures qui pr&#233;c&#232;dent la Messe sont encore donn&#233;es &#224; la tristesse, et d&#232;s le milieu du jour l'all&#233;gresse pascale a d&#233;j&#224; rempli les c&#339;urs des fid&#232;les. Nous nous conformerons &#224; ces formes actuelles de la sainte Liturgie, entrant ainsi dans l'esprit de l'&#201;glise, qui a jug&#233; &#224; propos de donner &#224; ses enfants, d&#232;s aujourd'hui, un avant-go&#251;t des joies chr&#233;tiennes qui devront &#233;clater demain. Nous allons d'abord tracer le plan de l'auguste fonction qui va s'accomplir ; nous en exposerons ensuite toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration du Bapt&#234;me aux cat&#233;chum&#232;nes est le grand objet de cette vaste c&#233;r&#233;monie ; elle est le point central auquel tout aboutit. Les fid&#232;les doivent donc l'avoir sans cesse pr&#233;sente &#224; la pens&#233;e, s'ils veulent suivre avec intelligence et utilit&#233; ce drame aussi sacr&#233; qu'imposant. Il y a d'abord la b&#233;n&#233;diction du feu nouveau et de l'encens ; vient ensuite l'inauguration du Cierge Pascal. Elle est suivie des lectures proph&#233;tiques, qui font corps avec ce qui pr&#233;c&#232;de et ce qui suit. Quand elles sont achev&#233;es, a lieu le d&#233;part pour le Baptist&#232;re, o&#249; se fait la b&#233;n&#233;diction de l'eau. La mati&#232;re du bapt&#234;me &#233;tant pr&#233;par&#233;e, les cat&#233;chum&#232;nes re&#231;oivent le sacrement de la r&#233;g&#233;n&#233;ration. La Confirmation leur est ensuite administr&#233;e par l'&#201;v&#234;que. Aussit&#244;t apr&#232;s, commence le divin Sacrifice en l'honneur de la R&#233;surrection du Christ, et les n&#233;ophytes y participent aux saints Myst&#232;res. Enfin, l'Office joyeux des V&#234;pres vient promptement terminer la plus longue et la plus laborieuse fonction que l'&#201;glise latine ait &#224; accomplir dans tout le cours de son Cycle liturgique. Pour donner au lecteur la clef de ce magnifique ensemble, nous remonterons avec lui mille ans en arri&#232;re ; et nous supposerons qu'il prend part &#224; la Veille solennelle du Samedi saint, dans quelqu'une des antiques &#233;glises de l'Italie ou des Gaules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est &#224; Saint-Jean-de-Latran, l'&#201;glise m&#232;re et ma&#238;tresse ; et le sacrement de la r&#233;g&#233;n&#233;ration est administr&#233; dans le Baptist&#232;re de Constantin. Les grands souvenirs du IVe si&#232;cle planent encore aujourd'hui sur ces antiques sanctuaires ; chaque ann&#233;e y voit c&#233;l&#233;brer le bapt&#234;me de quelque adulte ; et une nombreuse ordination ajoute encore par ses pompes aux splendeurs de la plus grande journ&#233;e liturgique que Rome ait &#224; c&#233;l&#233;brer dans l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DU FEU NOUVEAU ET DE L'ENCENS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi dernier, les cat&#233;chum&#232;nes furent convoqu&#233;s pour aujourd'hui &#224; l'heure de tierce (neuf heures du matin). C'est le dernier Scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;tres y pr&#233;sident ; on demande le Symbole &#224; ceux qui ne l'ont pas rendu encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison Dominicale et les attributs bibliques des quatre &#201;vang&#233;listes ayant &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;s aussi, l'un des pr&#234;tres cong&#233;die les aspirants au bapt&#234;me, apr&#232;s leur avoir recommand&#233; de se maintenir dans le recueillement et la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure de None (trois heures de l'apr&#232;s-midi), l'&#201;v&#234;que se rend avec tout le clerg&#233; &#224; l'&#201;glise, et c'est &#224; ce moment que commence la Veille du Samedi saint. Le premier rite &#224; accomplir est la b&#233;n&#233;diction du feu nouveau, dont la lumi&#232;re doit &#233;clairer la fonction durant toute la nuit qui va suivre. Dans les premiers si&#232;cles, c'&#233;tait l'usage, chaque jour, de tirer le feu d'un caillou avant les V&#234;pres, pour en allumer les lampes et les cierges, durant cet office ; et cette lumi&#232;re br&#251;lait dans l'&#233;glise jusqu'aux V&#234;pres du jour suivant. L'&#201;glise de Rome pratiquait cet usage avec une plus grande solennit&#233; le Jeudi saint, au matin ; et ce jour-l&#224; le feu nouveau recevait une b&#233;n&#233;diction sp&#233;ciale. D'apr&#232;s un renseignement donn&#233; par le Pape saint Zacharie dans une lettre &#224; saint Boniface, Archev&#234;que de Mayence au VIIIe si&#232;cle, on allumait trois lampes avec ce feu, et on les tenait dans un lieu secret, o&#249; elles &#233;taient entretenues avec soin. C'&#233;tait &#224; ces lampes que l'on empruntait la lumi&#232;re pour la nuit du Samedi saint. D&#232;s le si&#232;cle suivant, sous le Pape saint L&#233;on IV, qui &#233;tait sur le Saint-Si&#232;ge en 847, l'&#201;glise de Rome avait fini par &#233;tendre m&#234;me au Samedi saint l'usage des autres jours de l'ann&#233;e, qui consistait &#224; tirer d'un caillou le feu nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de cet usage symbolique, qui ne se pratique plus qu'en ce jour dans l'&#201;glise latine, est aussi profond qu'il est facile &#224; saisir. Le Christ a dit : &#171; Je suis la Lumi&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.&#034; id=&#034;nh9-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; la lumi&#232;re mat&#233;rielle est donc la figure du Fils de Dieu. La Pierre est aussi l'un des types sous lesquels le Sauveur du monde appara&#238;t dans les &#201;critures. &#171; Le Christ est la Pierre angulaire &#187;, nous disent d'un commun accord saint Pierre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 6.&#034; id=&#034;nh9-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et saint Paul&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ephes. 11, 20.&#034; id=&#034;nh9-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui ne font que lui appliquer les paroles de la proph&#233;tie d'Isa&#239;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XXVIII, 16.&#034; id=&#034;nh9-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais en ce moment l'&#233;tincelle vive qui s'&#233;chappe de la pierre pr&#233;sente un symbole plus complet encore. C'est J&#233;sus-Christ s'&#233;lan&#231;ant hors du s&#233;pulcre taill&#233; dans la roche, &#224; travers la pierre qui en ferme l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc juste que ce feu myst&#233;rieux, appel&#233; &#224; fournir la lumi&#232;re au Cierge pascal, et plus tard &#224; l'autel lui-m&#234;me, re&#231;oive une b&#233;n&#233;diction particuli&#232;re, et qu'il soit accueilli avec triomphe par le peuple chr&#233;tien. Dans l'&#233;glise, toutes les lampes ont &#233;t&#233; &#233;teintes ; autrefois m&#234;me, les fid&#232;les &#233;teignaient le feu dans leurs maisons, avant de se rendre &#224; l'&#233;glise ; et il ne se rallumait dans toute la cit&#233; que par la communication de ce feu qui avait re&#231;u la b&#233;n&#233;diction, et qui &#233;tait confi&#233; ensuite aux fid&#232;les comme un gage de la divine R&#233;surrection. N'oublions pas de remarquer ici un nouveau symbole non moins expressif que les autres. L'extinction de toute lumi&#232;re en ce moment figure l'abrogation de la loi ancienne, qui a pris fin au moment o&#249; le voile du Temple s'est d&#233;chir&#233; ; et l'arriv&#233;e du feu nouveau repr&#233;sente la publication mis&#233;ricordieuse de la loi nouvelle que J&#233;sus-Christ, Lumi&#232;re du monde, vient apporter, en dissipant toutes les ombres de la premi&#232;re alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du myst&#232;re du feu nouveau est telle que Dieu a daign&#233;, durant plusieurs si&#232;cles, op&#233;rer chaque ann&#233;e, en ce jour, un prodige dans l'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, &#224; J&#233;rusalem, pour produire la pr&#233;sence de ce feu sous les yeux du peuple fid&#232;le rassembl&#233;. Le clerg&#233; et le peuple se tenaient en silence devant le saint tombeau, attendant la manifestation de la faveur c&#233;leste. Tout &#224; coup, l'une des lampes &#233;teintes qui &#233;taient suspendues au-dessus de ce monument sacr&#233; de la victoire du Christ, s'allumait d'elle-m&#234;me. Sa lumi&#232;re, apr&#232;s avoir servi &#224; allumer les autres lampes et les flambeaux de l'&#233;glise, &#233;tait communiqu&#233;e aux fid&#232;les, qui s'en servaient avec foi pour renouveler le feu dans leurs habitations. Ce prodige annuel para&#238;t avoir commenc&#233; &#224; se manifester &#224; J&#233;rusalem, apr&#232;s la conqu&#234;te de cette ville par les Sarrasins ; afin qu'il servit aux yeux de ces infid&#232;les comme d'un signe de la divinit&#233; de la religion chr&#233;tienne. Il est attest&#233; unanimement par les historiens contemporains, qui nous ont laiss&#233; le r&#233;cit des &#233;v&#233;nements du royaume latin de J&#233;rusalem ; et lorsque le Pape Urbain II vint en France pour y pr&#234;cher la premi&#232;re croisade, entre autres motifs qui devaient rendre cher aux chr&#233;tiens de l'Occident l'honneur du s&#233;pulcre du Christ, il ne manqua pas d'insister sur ce prodige de chaque ann&#233;e comme attest&#233; par tous les p&#232;lerins de la ville sainte. Lorsque le Seigneur, dans les desseins de son imp&#233;n&#233;trable justice, eut abandonn&#233; de nouveau au pouvoir des infid&#232;les la ville o&#249; se sont accomplis les myst&#232;res de notre salut, le prodige cessa, et ne s'est plus renouvel&#233; depuis. On conna&#238;t les sc&#232;nes grossi&#232;res et sacril&#232;ges qui souillent, tous les ans, L'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, lorsque, sous les yeux d'un peuple ignorant et enthousiaste, le clerg&#233; grec cherche en ce jour &#224; reproduire, par une supercherie odieuse, le miracle qui a cess&#233; depuis tant de si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le feu nouveau, la sainte &#201;glise b&#233;nit aussi de l'encens aujourd'hui. Cet encens repr&#233;sente les parfums que Madeleine et les autres saintes femmes ont pr&#233;par&#233;s pour embaumer le corps du R&#233;dempteur. Il est en cinq larmes ou grains ; et nous verrons tout &#224; l'heure l'emploi auquel il est destin&#233;. L'Oraison que l'&#201;v&#234;que prononce sur cet encens nous apprend d&#233;j&#224; les rapports qu'il doit avoir avec la lumi&#232;re ; en m&#234;me temps qu'elle nous instruit sur la puissance de ces divers &#233;l&#233;ments sacr&#233;s contre les emb&#251;ches des esprits de t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que et son cort&#232;ge sortent de l'&#201;glise pour se rendre au lieu o&#249; est la cr&#233;dence, sur laquelle sont d&#233;pos&#233;s le feu nouveau et l'encens. Ce feu repr&#233;sente le Christ, ainsi que nous venons de le dire ; or, le tombeau du Christ, le lieu d'o&#249; il doit ressusciter, est situ&#233; hors des portes de J&#233;rusalem. Les saintes femmes et les Ap&#244;tres devront sortir de la ville pour se rendre au s&#233;pulcre et constater la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pontife, &#233;tant arriv&#233; en pr&#233;sence des symboles, b&#233;nit d'abord le feu. L'&#201;v&#234;que b&#233;nit ensuite l'encens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces Oraisons, un Acolyte met dans l'encensoir quelques charbons du feu b&#233;nit. L'&#201;v&#234;que avant jet&#233; de l'encens sur ces charbons, fait fumer l'encensoir sur le feu et sur l'encens myst&#233;rieux, apr&#232;s les avoir d'abord asperg&#233;s de l'eau sainte. Un autre Acolyte allume un cierge aux charbons du feu nouveau ; c'est ce cierge qui doit introduire dans l'&#201;glise la lumi&#232;re nouvelle. En m&#234;me temps, le Diacre rev&#234;t une dalmatique de couleur blanche qui vient contraster avec le pluvial violet de l'&#201;v&#234;que. Cette parure de joie s'expliquera bient&#244;t par la fonction toute d'all&#233;gresse dont le Diacre est charge. En attendant, il prend dans sa main droite un roseau, au haut duquel est fix&#233; un cierge en trois branches. Ce roseau est un souvenir de la Passion du Sauveur et de la faiblesse de la nature humaine qu'il a daign&#233; s'unir par l'incarnation ; il est surmont&#233; d'un triple cierge qui est appel&#233; &#224; signifier la glorieuse Trinit&#233; &#224; laquelle participe le Verbe incarne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; rentre dans l'&#233;glise. Apr&#232;s avoir fait quelques pas, le Diacre incline le roseau, et l'Acolyte qui porte la lumi&#232;re nouvelle allume une des trois branches du cierge. Le Diacre alors se met &#224; genoux, et tous imitent son exemple. &#201;levant dans les airs la lumi&#232;re qu'il vient de recevoir, il chante d'un ton de voix ordinaire : &#171; La lumi&#232;re du Christ ! &#187; Toutes les voix r&#233;pondent : &#171; Rendons gr&#226;ces &#224; Dieu ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re ostension de la lumi&#232;re proclame la divinit&#233; du P&#232;re qui nous a &#233;t&#233; manifest&#233;e par J&#233;sus- Christ. &#171; Nul ne conna&#238;t le P&#232;re, nous dit-il, sinon le Fils, et celui &#224; qui il aura plu au Fils de le r&#233;v&#233;ler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XI, 27.&#034; id=&#034;nh9-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On se rel&#232;ve, et on continue d'avancer dans l'&#233;glise. A l'endroit marqu&#233;, le Diacre incline une seconde fois le roseau, et l'Acolyte allume la seconde branche du cierge. Le Diacre observe les m&#234;mes c&#233;r&#233;monies que la premi&#232;re fois, en chantant d'un ton de voix plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde ostension de la lumi&#232;re annonce la divinit&#233; du Fils, qui s'est montr&#233; lui-m&#234;me aux hommes dans l'Incarnation, et leur a r&#233;v&#233;l&#233; son &#233;galit&#233; de nature avec le P&#232;re. On se rel&#232;ve encore, et l'on arrive en face de l'autel. Le Diacre incline encore le roseau, et l'Acolyte allume la troisi&#232;me branche du cierge. Alors le Diacre chante une derni&#232;re fois, mais sur un ton de voix toujours plus &#233;clatant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me ostension proclame la divinit&#233; du Saint-Esprit qui nous a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par J&#233;sus-Christ, lorsqu'il a donne &#224; ses Ap&#244;tres le pr&#233;cepte solennel que l'&#201;glise se dispose &#224; accomplir en cette nuit m&#234;me : &#171; Enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVIII, 19.&#034; id=&#034;nh9-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est donc par le Fils, qui est &#171; la Lumi&#232;re du monde &#187;, que les hommes ont connu la glorieuse Trinit&#233; dont le Pontife va demander la confession aux cat&#233;chum&#232;nes, avant de les plonger dans la fontaine sacr&#233;e, et dont le cierge &#224; trois branches doit rappeler le myst&#232;re durant toute cette sainte fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le premier emploi du feu nouveau : annoncer les splendeurs de la Trinit&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il va servir &#224; la gloire du Verbe incarn&#233;, en donnant son compl&#233;ment au magnifique symbole qui doit d&#233;sormais attirer nos regards. L'&#201;v&#234;que est mont&#233; &#224; son tr&#244;ne ; le Diacre, ayant d&#233;pos&#233; le roseau, vient s'agenouiller &#224; ses pieds, demandant la b&#233;n&#233;diction pour le solennel minist&#232;re qu'il va remplir. Le Pontife lui adresse ces paroles : &#171; Que Le Seigneur soit dans votre c&#339;ur et sur vos l&#232;vres ; afin que vous accomplissiez comme il convient la proclamation de la P&#226;que &#187;. Le Diacre se rel&#232;ve et se dirige vers l'ambon. Les clercs qui portent le roseau surmont&#233; du cierge &#224; trois branches et les cinq larmes d'encens, l'accompagnent. Sur l'ambon s'&#233;l&#232;ve une colonne de marbre, et cette colonne est surmont&#233;e d'une colonne de cire : c'est le Cierge pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LE CIERGE PASCAL.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil descend &#224; l'horizon, et bient&#244;t il aura c&#233;d&#233; la place aux ombres de la nuit. La sainte &#201;glise a pr&#233;par&#233;, pour luire avec &#233;clat durant la longue Veille qui d&#233;j&#224; commence, un flambeau sup&#233;rieur en poids et en grosseur &#224; tous ceux que l'on allume dans les autres solennit&#233;s. Ce flambeau est unique ; il a la forme d'une colonne ; et il est appel&#233; &#224; repr&#233;senter le Christ. Avant qu'il ait &#233;t&#233; allum&#233;, son type est dans la colonne de nu&#233;e qui couvrit le d&#233;part des H&#233;breux, au sortir de L'&#201;gypte ; sous cette premi&#232;re forme, il figure le Christ dans le tombeau, inanim&#233;, sans vie. Lorsqu'il aura re&#231;u la flamme, nous verrons en lui la colonne de feu qui &#233;claire les pas du peuple saint ; et aussi la figure du Christ tout radieux des splendeurs de sa r&#233;surrection. La majest&#233; de ce symbole est si grande, que la sainte &#201;glise emploie toutes les magnificences de son langage inspire, pour exciter &#224; son endroit l'enthousiasme des fid&#232;les. D&#232;s le commencement du Ve si&#232;cle, on voit le Pape saint Zozime &#233;tendre &#224; toutes les &#233;glises de la ville de Rome le privil&#232;ge de b&#233;nir aujourd'hui ce Cierge, bien que le bapt&#234;me ne f&#251;t conf&#233;r&#233; qu'au seul Baptist&#232;re du Latran. Le but de cette concession &#233;tait de mettre tous les fid&#232;les &#224; port&#233;e de jouir des saintes impressions que ce grand rite est appel&#233; &#224; produire. C'est dans la m&#234;me intention que la c&#233;r&#233;monie du Cierge pascal peut s'accomplir aujourd'hui dans toutes les &#233;glises, m&#234;me dans celles qui ne poss&#232;dent pas de fonts baptismaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la P&#226;que retentit au milieu des &#233;loges que le Diacre prodigue &#224; ce Cierge glorieux ; et c'est en c&#233;l&#233;brant le divin flambeau dont celui-ci est l'embl&#232;me, qu'il remplit sa noble fonction de h&#233;raut de la R&#233;surrection de l'Homme-Dieu. Seul v&#234;tu de blanc, &#224; cette heure o&#249; le Pontife lui-m&#234;me porte encore les couleurs du deuil quadrag&#233;simal, il fait &#233;clater sa voix dans la b&#233;n&#233;diction du Cierge, avec une libert&#233; qui d'ordinaire n'est pas accord&#233;e au Diacre en pr&#233;sence du Pr&#234;tre, et moins encore de l'&#201;v&#234;que. Les interpr&#232;tes de la sainte Liturgie nous enseignent que le Diacre repr&#233;sente en ce moment Madeleine et les autres saintes femmes qui eurent l'honneur d'&#234;tre initi&#233;es les premi&#232;res par le Christ lui-m&#234;me au myst&#232;re de sa r&#233;surrection, et lurent charg&#233;es par lui, malgr&#233; l'inf&#233;riorit&#233; de leur sexe, d'annoncer aux Ap&#244;tres qu'il &#233;tait sorti du tombeau, et qu'il les pr&#233;c&#233;derait en Galil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est temps d'examiner les accents torts et m&#233;lodieux de ce chant sacr&#233; qui vient faire battre nos c&#339;urs, et nous donner un avant-go&#251;t des all&#233;gresses que nous r&#233;serve cette nuit merveilleuse. Le Diacre d&#233;bute par un exorde lyrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le Diacre s'interrompt, et prenant successivement les cinq grains d'encens, il les enfonce dans le Cierge, et les y dispose de mani&#232;re &#224; figurer une croix. Le nombre de ces grains d'encens ainsi ins&#233;r&#233;s dans la masse du Cierge, repr&#233;sente les cinq plaies du Christ sur la croix ; en m&#234;me temps que leur emploi signifie celui des parfums que Madeleine et ses compagnes avaient pr&#233;par&#233;s, pendant que le Christ reposait dans le tombeau. Jusqu'ici, comme nous l'avons dit plus haut, le Cierge pascal est le symbole de l'Homme-Dieu que sa r&#233;surrection n'a pas encore glorifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir repris le chant, le Diacre s'interrompt de nouveau, et prenant des mains de l'Acolyte le roseau qui porte la triple lumi&#232;re, il allume le Cierge pascal &#224; une des branches. Cette action symbolique signifie l'instant de la r&#233;surrection du Christ, lorsque la vertu divine vint tout &#224; coup ranimer son corps, en lui r&#233;unissant l'&#226;me sainte que la mort en avait s&#233;par&#233;e. D&#233;sormais le flambeau sacr&#233;, image du Christ-Lumi&#232;re, est inaugur&#233; ; et la sainte &#201;glise se r&#233;jouit dans la pens&#233;e de revoir bient&#244;t son c&#233;leste &#201;poux, triomphant de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, on allume avec le feu nouveau les lampes qui sont suspendues dans l'&#233;glise. Cette illumination n'a lieu que quelque temps apr&#232;s celle du Cierge pascal, parce que la connaissance de la r&#233;surrection du Sauveur ne s'est r&#233;pandue que successivement, jusqu'&#224; ce qu'enfin elle ait &#233;clair&#233; tous les fid&#232;les. Cette succession nous avertit aussi que notre r&#233;surrection sera la suite et l'imitation de celle de J&#233;sus-Christ, qui nous ouvre la voie par laquelle nous devons rentrer en possession de l'immortalit&#233;, apr&#232;s avoir comme lui travers&#233; le tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre ayant termin&#233; cette pri&#232;re, se d&#233;pouille de la dalmatique blanche, et apr&#232;s avoir rev&#234;tu la couleur violette, revient aupr&#232;s du Pontife. Alors commencent les lectures puis&#233;es dans les livres de l'Ancien Testament, et qui doivent occuper l'attention des fid&#232;les durant une partie de cette nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES LECTURES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flambeau de la r&#233;surrection r&#233;pand maintenant sa lumi&#232;re du haut de l'ambon par toute l'&#233;glise, et son &#233;clat r&#233;jouit saintement le c&#339;ur des fid&#232;les. Apr&#232;s cet imposant pr&#233;lude d'une sc&#232;ne qui s'annonce avec tant de grandeur, tout l'int&#233;r&#234;t se r&#233;unit d&#233;sormais sur les heureux cat&#233;chum&#232;nes dont nous suivons, depuis quarante jours, l'instruction et le progr&#232;s dans la foi et les bonnes &#339;uvres. Ils sont en ce moment rassembl&#233;s sous le portique ext&#233;rieur de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pr&#234;tres accomplissent sur eux les rites pr&#233;paratoires au bapt&#234;me qui ont &#233;t&#233; institu&#233;s par les Ap&#244;tres, et sont remplis d'un sens si profond. D'abord les pr&#234;tres tracent sur le front de chacun d'eux le signe de la croix ; puis, imposant la main sur sa t&#234;te, ils adjurent Satan de sortir de cette &#226;me et de ce corps, et de c&#233;der la place au Christ. A l'exemple du Sauveur, ils touchent de leur salive les oreilles et les narines du n&#233;ophyte, en disant aux oreilles : &#171; Ouvrez-vous ; &#187; aux narines : &#171; Respirez la douceur des parfums. &#187; Le n&#233;ophyte re&#231;oit ensuite l'onction de l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes sur la poitrine et entre les &#233;paules ; mais avant cette c&#233;r&#233;monie, qui doit le d&#233;signer d&#233;j&#224; comme l'athl&#232;te de Dieu, le pr&#234;tre l'a fait renoncer &#224; Satan, &#224; ses pompes et &#224; ses &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rites s'accomplissent d'abord sur les hommes, ensuite sur les femmes. Les enfants des fid&#232;les, quoique en bas &#226;ge, sont admis &#224; leur rang, selon leur sexe ; et si, parmi les cat&#233;chum&#232;nes, il en est qui soient atteints de maladie, et cependant aient voulu se faire porter &#224; l'&#233;glise pour recevoir, en cette nuit, la gr&#226;ce de la r&#233;g&#233;n&#233;ration, les pr&#234;tres prononcent sur eux une touchante Oraison, dans laquelle on demande &#224; Dieu qu'il daigne les secourir et confondre la malice de Satan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de rites, qui se nomme la Cat&#233;chisation, exige un long temps, &#224; raison du grand nombre des aspirants au bapt&#234;me. C'est pour cette raison que l'&#201;v&#234;que s'est rendu &#224; l'&#233;glise d&#232;s l'heure de None et que l'on a commenc&#233; si t&#244;t la grande Veille. Afin de tenir attentive toute l'assembl&#233;e, durant les heures n&#233;cessaires &#224; l'accomplissement de tous les rites, on lit du haut de l'ambon les passages des &#201;critures les plus analogues &#224; cette solennelle circonstance. Cet ensemble de lectures compl&#232;te le cours d'instruction dont nous avons suivi le d&#233;veloppement, durant tout le Car&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons qui doivent &#234;tre lues s'&#233;l&#232;vent jusqu'au nombre de douze ; et dans l'&#201;glise de Rome, o&#249; on les lit successivement en latin et en grec, leur nombre &#233;quivaut &#224; vingt-quatre. Afin de ranimer l'attention et de r&#233;sumer la doctrine et les sentiments des Proph&#232;tes, une Oraison vient apr&#232;s chaque Le&#231;on servir d'expression aux v&#339;ux de la sainte &#201;glise. De temps en temps, des Cantiques emprunt&#233;s &#224; l'Ancien Testament et amen&#233;s par les lectures elles-m&#234;mes, r&#233;unissent toutes les voix sur le mode touchant et m&#233;lodieux des Traits. Les aspirants au bapt&#234;me sur lesquels les rites de la Cat&#233;chisation sont accomplis, ont la libert&#233; d'entrer dans l'&#233;glise, et d'y occuper leur place ordinaire. Ils ach&#232;vent de se pr&#233;parer au bain sacr&#233;, en &#233;coutant les Lectures, et en s'unissant aux Pri&#232;res. Toutefois l'ensemble de la fonction pr&#233;sente encore un aspect de gravit&#233; aust&#232;re : on sent que l'heure d&#233;sir&#233;e n'a pas sonn&#233; encore. De fr&#233;quentes g&#233;nuflexions, la couleur sombre des parements sacr&#233;s continuent de faire contraste avec la splendeur du Cierge myst&#233;rieux, qui r&#233;pand silencieusement sa lumi&#232;re sur l'assembl&#233;e sainte, encore &#233;mue des accents de triomphe que le Diacre a fait retentir, et avide de voir arriver l'heure o&#249; le Christ va ressusciter dans ses n&#233;ophytes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re lecture retrace le r&#233;cit de la cr&#233;ation, l'Esprit de Dieu port&#233; sur les eaux, la lumi&#232;re s&#233;par&#233;e des t&#233;n&#232;bres, l'homme cr&#233;e &#224; l'image de Dieu. L'&#339;uvre de Dieu avait &#233;t&#233; troubl&#233;e et d&#233;form&#233;e par la malice de Satan. Le moment est venu o&#249; elle va revivre dans toute sa beaut&#233;. L'Esprit-Saint se pr&#233;pare &#224; op&#233;rer la r&#233;g&#233;n&#233;ration par les eaux, le Christ-Lumi&#232;re va sortir des ombres du tombeau, et la ressemblance de Dieu repara&#238;tre en l'homme purifi&#233; par le sang de son R&#233;dempteur, nouvel Adam descendu du ciel, pour r&#233;tablir dans ses droits l'ancien qui avait &#233;t&#233; form&#233; de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, l'&#201;v&#234;que dit : &#171; Prions &#187;. Le Diacre s'adressant &#224; l'assembl&#233;e : &#171; Fl&#233;chissons les genoux. &#187; Puis le Sous-Diacre : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que dit alors cette Oraison : &#171; O Dieu, qui avez cr&#233;&#233; l'homme d'une mani&#232;re admirable, et l'avez rachet&#233; d'une fa&#231;on plus admirable encore ; donnez-nous, s'il vous pla&#238;t, de r&#233;sister par la vigilance de l'esprit aux attraits du p&#233;ch&#233;, afin que nous m&#233;ritions d'arriver aux joies &#233;ternelles. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit du d&#233;luge fait l'objet de la deuxi&#232;me lecture. Nous y voyons Dieu faisant servir &#224; sa justice les eaux qui, par J&#233;sus-Christ, vont devenir l'instrument de sa mis&#233;ricorde ; l'arche, figure de l'&#201;glise, asile de salut pour ceux qui ne veulent pas p&#233;rir sous les flots vengeurs ; le genre humain se r&#233;g&#233;n&#233;rant par une seule famille qui repr&#233;sentait les disciples du Christ, d'abord faibles en nombre, et bient&#244;t r&#233;pandus par toute la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, puissance invariable et lumi&#232;re &#233;ternelle, jetez un regard favorable sur les merveilles de votre &#201;glise, et daignez op&#233;rer le salut du genre humain par l'effet de votre &#233;ternelle r&#233;solution ; en sorte que le monde entier &#233;prouve et voie que ce qui &#233;tait abattu est relev&#233;, que ce qui &#233;tait envieilli est renouvel&#233;, et que tout est r&#233;tabli dans son int&#233;grit&#233; premi&#232;re par celui qui est le commencement de tout : notre Seigneur J&#233;sus-Christ votre Fils. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROISI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. XXII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi ferme et courageuse d'Abraham, P&#232;re des croyants, est offerte ici pour mod&#232;le &#224; nos cat&#233;chum&#232;nes. Ils y re&#231;oivent une le&#231;on sur la d&#233;pendance dans laquelle l'homme doit vivre &#224; l'&#233;gard de Dieu, et sur la fid&#233;lit&#233; qu'il doit lui garder. L'ob&#233;issance d'Isaac retrace celle dont le Fils de Dieu vient de nous donner le gage dans le sacrifice du Calvaire. Le bois port&#233; sur les &#233;paules du fils d'Abraham jusque sur la montagne, rappelle le souvenir de la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, souverain P&#232;re des fid&#232;les, qui, r&#233;pandant par toute fa terre la gr&#226;ce de l'adoption, y multipliez les enfants de la promesse ; et qui, par le sacrement conf&#233;r&#233; dans la P&#226;que, rendez p&#232;re des nations, selon votre serment, Abraham votre serviteur : accordez &#224; vos peuples d'entrer dignement dans la gr&#226;ce de votre appel. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUATRI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Exode. Chap. XIV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici le grand symbole du Bapt&#234;me. Le peuple de Dieu, &#233;chapp&#233; au dur esclavage de Pharaon, trouve son salut dans les eaux, tandis que l'&#201;gyptien y est englouti. Les cat&#233;chum&#232;nes, apr&#232;s avoir traverse la fontaine baptismale, vont en sortir affranchis de la servitude de Satan, laissant leurs p&#233;ch&#233;s submerg&#233;s pour jamais dans les eaux qui sont devenues leur salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, la sainte &#201;glise entonne le Cantique de Mo&#239;se, qui fut chant&#233; sur les bords de la mer Rouge, par sa s&#339;ur Marie, assist&#233;e du ch&#339;ur des jeunes filles d'Isra&#235;l, &#224; la vue des cadavres flottants des &#201;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui nous faites revoir de nos jours vos antiques merveilles, en op&#233;rant pour le salut de toutes les nations, par l'eau de la r&#233;g&#233;n&#233;ration, ce que vous op&#233;r&#226;tes autrefois par la puissance de votre bras, en d&#233;livrant un seul peuple de la pers&#233;cution des &#201;gyptiens ; faites que le monde tout entier parvienne &#224; la dignit&#233; des enfants d'Abraham et aux honneurs du peuple d'Isra&#235;l. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CINQUI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Isa&#239;e. Chap. LIV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus sublime des Proph&#232;tes, Isa&#239;e, invite nos cat&#233;chum&#232;nes &#224; s'approcher des eaux, pour y &#233;tancher leur soif ; il les engage &#224; venir apaiser leur faim par le mets le plus d&#233;licieux ; il vante l'h&#233;ritage que le Seigneur leur a pr&#233;par&#233;, et rassure leur pauvret&#233;, en promettant que le Dieu souverainement riche les comblera gratuitement de tous ses biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, multipliez, pour la gloire de votre nom, cette post&#233;rit&#233; que vous avez promise &#224; la loi de nos p&#232;res ; et par une adoption sainte, augmentez le nombre des enfants de la promesse ; afin que votre &#201;glise connaisse que vous avez d&#233;j&#224; accompli au milieu d'elle, en grande partie, ce que les premiers saints ont connu devoir arriver. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Baruch. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce beau passage du proph&#232;te Baruch, Dieu rappelle &#224; nos &#233;lus du saint Bapt&#234;me leurs &#233;garements pass&#233;s qui les rendaient indignes du pardon ; mais, dans sa mis&#233;ricorde toute gratuite, il a daign&#233; r&#233;pandre sur eux sa divine Sagesse, et ils sont venus &#224; lui. Le Seigneur leur parle ensuite de tous ces hommes de la gentilit&#233;, riches, puissants et industrieux, qui ont laiss&#233; leur nom dans les annales de la terre. Ils ont p&#233;ri, et leur sagesse mondaine avec eux. Le peuple nouveau que le Seigneur se forme aujourd'hui ne s'&#233;garera pas ainsi. Il aura la vraie Sagesse en partage. Dieu avait autrefois parl&#233; myst&#233;rieusement &#224; Jacob ; mais cette parole ne parvint pas &#224; tous les hommes : aujourd'hui il est venu en personne sur la terre ; il a habit&#233; avec nous ; voil&#224; pourquoi le peuple qu'il se cr&#233;e aujourd'hui lui demeurera fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui multipliez sans cesse votre &#201;glise par la vocation des Gentils, daignez accorder votre continuelle assistance &#224; ceux que vous allez purifier dans l'eau du bapt&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SEPTI&#200;ME PROPH&#200;TE. &#201;z&#233;chiel. Chap. XXXVII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture a pour objet de proclamer devant les cat&#233;chum&#232;nes le grand dogme de la r&#233;surrection des corps, pour lequel l'esprit superbe et sensuel de la gentilit&#233; avait tant de r&#233;pugnance. C'est le moment de rappeler la promesse que Dieu a daign&#233; nous faire &#224; ce sujet, quand l'heure est proche o&#249; le Christ, sortant du tombeau, va nous en montrer en sa personne le gage et l'accomplissement. Nos cat&#233;chum&#232;nes sont aussi figur&#233;s par ces ossements arides que le souffle du Seigneur va faire revivre tout &#224; l'heure ; et qui, par toute la terre, vont lui former, cette nuit m&#234;me, un grand peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui par les pages des deux Testaments, nous mettez en &#233;tat de c&#233;l&#233;brer dignement le Myst&#232;re Pascal, donnez-nous de comprendre les desseins de votre mis&#233;ricorde ; afin que les gr&#226;ces que nous recevons en cette vie nous soient un motif d'esp&#233;rer fermement les biens futurs. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUITI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Isa&#239;e. Chap. IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sept femmes d&#233;livr&#233;es de l'opprobre et purifi&#233;es de leurs souillures, repr&#233;sentent ici les &#226;mes des cat&#233;chum&#232;nes sur lesquelles la mis&#233;ricorde du Seigneur va descendre. Elles d&#233;sirent porter le nom de leur lib&#233;rateur ; ce d&#233;sir sera exauc&#233;. Tous ceux qui remonteront de la fontaine sacr&#233;e s'appelleront Chr&#233;tiens, nom form&#233; de celui du Christ. Elles se reposeront d&#233;sormais sur la montagne sainte, &#224; l'abri des orages. Ce s&#233;jour de lumi&#232;re et de rafra&#238;chissement que leur promet le proph&#232;te est l'&#201;glise, o&#249; elles habiteront avec l'&#201;poux c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, on chante un Trait emprunt&#233; aussi &#224; Isa&#239;e, dans lequel le Proph&#232;te c&#233;l&#232;bre les faveurs que le Christ a prodigu&#233;es &#224; son &#201;glise, qui est sa Vigne ch&#233;rie, l'objet de son amour et de tous ses soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui avez d&#233;clar&#233; par la bouche de vos saints Proph&#232;tes que, dans les enfants de votre &#201;glise, c'est vous qui semez la bonne semence et qui cultivez le plant choisi, en tous lieux de votre empire ; accordez &#224; vos peuples qui sont d&#233;sign&#233;s dans vos &#201;critures sous le nom de Vignes et de Moissons, d'arracher par votre secours les ronces et les &#233;pines, afin de produire des fruits en abondance. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur, Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEUVI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Exode. Chap. XII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par le sang de l'Agneau figuratif que le peuple d'Isra&#235;l a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233; contre le glaive de l'Ange exterminateur, qu'il a pu sortir de l'&#201;gypte et se mettre en marche vers la terre promise ; c'est par le sang de l'Agneau v&#233;ritable dont ils seront marqu&#233;s, que nos cat&#233;chum&#232;nes vont &#234;tre d&#233;livr&#233;s des terreurs de la mort &#233;ternelle et de la servitude de Satan. Bient&#244;t ils prendront part au festin o&#249; l'on mange la chair de cet Agneau divin ; car nous touchons &#249; la P&#226;que du Seigneur, et ils doivent la c&#233;l&#233;brer avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, qui vous montrez admirable dans la disposition de toutes vos &#339;uvres : faites comprendre &#224; ceux que vous avez rachet&#233;s, que la cr&#233;ation du monde qui a eu lieu au commencement n'est pas une plus grande merveille que l'immolation du Christ, notre P&#226;que, qui a signal&#233; la derni&#232;re partie des temps. Lui qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Jonas. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ninive est la gentilit&#233; couverte de crimes et aveugl&#233;e par toutes les erreurs. Dieu a eu piti&#233; d'elle et lui a envoy&#233; les Ap&#244;tres au nom de son Fils. A leur voix, elle a abjur&#233; son idol&#226;trie et ses vices, elle a fait p&#233;nitence ; et le Seigneur s'est mis &#224; choisir ses &#233;lus dans le sein m&#234;me de cette cit&#233; abandonn&#233;e. Nos cat&#233;chum&#232;nes &#233;taient enfants de Ninive ; et bient&#244;t ils vont &#234;tre compt&#233;s au nombre des enfants de J&#233;rusalem. La gr&#226;ce du Seigneur et les &#339;uvres de leur p&#233;nitence ont pr&#233;pare cette merveilleuse adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui avez r&#233;uni tant de nations diverses dans la confession de votre nom, donnez-nous la volont&#233; et le pouvoir de faire ce que vous commandez ; afin que, au sein de votre peuple qui est appel&#233; &#224; la gloire &#233;ternelle, tous soient unis par une m&#234;me foi et par la m&#234;me saintet&#233; dans les &#339;uvres. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ONZI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Deut&#233;ronome. Chap. XXXI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise, par la lecture de ce passage de Mo&#239;se, avertit les cat&#233;chum&#232;nes de la grandeur des obligations qu'ils sont pr&#232;s de contracter avec Dieu. La gr&#226;ce de r&#233;g&#233;n&#233;ration va leur &#234;tre conf&#233;r&#233;e sur la promesse solennelle qu'ils feront de renoncer &#224; Satan, l'ennemi de Dieu. Qu'ils se montrent fid&#232;les &#224; cette promesse, et qu'ils n'oublient jamais que Dieu est le vengeur de la foi viol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, on entonne les premi&#232;res strophes du sublime Cantique que Mo&#239;se r&#233;cita en pr&#233;sence d'Isra&#235;l, avant de quitter la terre ; et dans lequel il exprime avec tant de vigueur les ch&#226;timents que Dieu exerce sur ceux qui ont os&#233; rompre l'alliance qu'il avait daign&#233; contracter avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu qui &#234;tes la grandeur des humbles et la force des justes ; vous qui, par Mo&#239;se votre saint serviteur, avez voulu instruire votre peuple dans ce sacr&#233; Cantique, qui est tout &#224; la fois une r&#233;p&#233;tition de votre loi et une instruction pour nous : faites &#233;clater votre puissance sur toutes les nations que vous avez sanctifi&#233;es par vos myst&#232;res ; apaisez les craintes, r&#233;pandez la joie : afin que les p&#233;ch&#233;s &#233;tant effac&#233;s par votre mis&#233;ricorde, la menace de vos vengeances se transforme en une assurance de salut. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOUZI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Daniel. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re instruction est offerte &#224; nos cat&#233;chum&#232;nes, avant qu'ils descendent &#224; la fontaine du salut. Il faut qu'ils sachent &#224; quoi ils s'engagent en donnant leurs noms &#224; la milice du Christ. Peut-&#234;tre un jour seront-ils appel&#233;s &#224; confesser leur Dieu devant les puissances de la terre. Sont-ils r&#233;solus &#224; souffrir les tourments, &#224; mourir plut&#244;t que de trahir sa cause ? N'y a-t-il pas eu, plus d'une fois, des apostats dans les rangs de ceux dont le bapt&#234;me avait le plus r&#233;joui l'&#201;glise ? Il leur est donc n&#233;cessaire de conna&#238;tre les &#233;preuves qui peuvent les attendre. La sainte &#201;glise va relire en leur pr&#233;sence l'histoire des trois jeunes Juifs qui, plut&#244;t que d'adorer la statue du roi de Babylone, pr&#233;f&#233;r&#232;rent se laisser jeter dans une fournaise ardente. Depuis la publication de la loi chr&#233;tienne, des millions de martyrs ont imit&#233; leur exemple. A chaque pas, dans les Catacombes romaines, des peintures retracent l'image de ces trois h&#233;ros du vrai Dieu. La paix a &#233;t&#233; rendue &#224; l'&#201;glise ; mais le monde est toujours l'ennemi de J&#233;sus-Christ, et qui sait si Julien l'Apostat ne doit pas succ&#233;der &#224; Constantin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette derni&#232;re lecture, l'&#201;v&#234;que prononce l'Oraison, &#224; l'ordinaire ; mais le Diacre n'avertit point l'assembl&#233;e de se mettre &#224; genoux. L'&#201;glise omet la g&#233;nuflexion &#224; cet endroit, pour apprendre aux cat&#233;chum&#232;nes combien ils doivent d&#233;tester l'idol&#226;trie des Babyloniens, qui fl&#233;chirent le genou devant la statue de Nabuchodonosor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, unique esp&#233;rance du monde.qui par la voix de vos Proph&#232;tes avez annonc&#233; les myst&#232;res qui s'accomplissent en notre temps ; daignez accro&#238;tre encore l'ardeur des v&#339;ux de votre peuple : parce que nul de vos fid&#232;les ne peut faire de progr&#232;s dans les vertus, si vous ne l'inspirez vous-m&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DE L'EAU BAPTISMALE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces longues lectures, ces pri&#232;res et ces chants, le soleil a d&#232;s longtemps disparu, et la nuit a avanc&#233; dans son cours. Toutes les pr&#233;parations sont achev&#233;es, et le moment est venu de se mettre en marche vers le Baptist&#232;re. D&#233;j&#224; sept Sous-Diacres s'y sont rendus pendant les lectures proph&#233;tiques, et y ont fait entendre la Litanie, r&#233;p&#233;tant ses invocations d'abord sept fois, puis cinq fois, enfin trois fois. Le cort&#232;ge sacr&#233; se dirige vers le lieu o&#249; est l'eau. C'est un &#233;difice d&#233;tach&#233; de l'&#233;glise, construit en rotonde ou de forme octogone. Au centre est un vaste bassin o&#249; l'on descend et d'o&#249; l'on remonte par plusieurs marches. Des canaux y am&#232;nent une eau pure, qu'un cerf en m&#233;tal y verse par sa bouche. Au-dessus de la fontaine s'&#233;l&#232;ve une coupole, au centre de laquelle plane l'image de l'Esprit-Saint, les ailes &#233;tendues, f&#233;condant les eaux. Une balustrade entoure le bassin, afin que l'enceinte demeure libre pour les baptises, et pour leurs parrains et marraines, qui seuls v p&#233;n&#233;treront avec l'&#201;v&#234;que et ses pr&#234;tres. A peu de distance, on a dresse deux tentes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes ; c'est l&#224; que se retireront un moment les nouveaux baptises, au sortir de la fontaine, pour s'essuyer et changer d'habits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'ordre de la marche vers le Baptist&#232;re. Le Cierge pascal, repr&#233;sentant la colonne lumineuse qui dirigea Isra&#235;l, &#224; travers les ombres de la nuit, vers la mer Rouge, dans les flots de laquelle il devait trouver son salut, s'avance d'abord &#224; la t&#234;te du corps des cat&#233;chum&#232;nes. Ceux-ci viennent &#224; la suite, avant &#224; leur droite, les hommes leur parrain, les femmes leur marraine ; car c'est sur la pr&#233;sentation d'un chr&#233;tien de son sexe que chacun d'eux est admis &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration. Deux Acolytes portent, l'un le saint Chr&#234;me, l'autre l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes : et &#224; la suite du clerg&#233;, l'&#201;v&#234;que s'avance entour&#233; de ses ministres. Cette marche s'accomplit &#224; la lueur des flambeaux ; les &#233;toiles brillent au ciel de tout leur &#233;clat, et les airs retentissent de chants m&#233;lodieux. On r&#233;p&#232;te les strophes du Psaume dans lequel David, soupirant apr&#232;s son Dieu, compare son ardeur &#224; celle du cerf qui aspire &#224; l'eau de la fontaine. Le cerf, dont l'image a &#233;t&#233; plac&#233;e dans le Baptist&#232;re, est la figure de l'ardent cat&#233;chum&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On arrive bient&#244;t au lieu du bapt&#234;me : et l'&#201;v&#234;que, en pr&#233;sence de la fontaine dont les eaux limpides appellent ses b&#233;n&#233;dictions, prononce d'abord l'Oraison suivante, dans laquelle il emploie, &#224; son tour, la comparaison du cerf alt&#233;r&#233;, pour exprimer devant Dieu l'ardeur de son nouveau peuple vers la vie nouvelle dont le Christ est la source. Il dit : &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, regardez favorablement la d&#233;votion de ce peuple qui va prendre une nouvelle naissance, et aspire, comme le cerf, &#224; la fontaine de vos eaux salutaires ; daignez faire que la soif que lui inspire sa foi sanctifie les &#226;mes et les corps, dans le myst&#232;re sacr&#233; du Bapt&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La b&#233;n&#233;diction de l'eau pour le bapt&#234;me est d'institution apostolique ; et l'antiquit&#233; de cette pratique nous est attest&#233;e par les plus grands docteurs, entre-autres par saint Cyprien, saint Ambroise, saint Cyrille de J&#233;rusalem, et saint Basile. Il est juste, en effet, que cette eau, instrument de la plus divine des merveilles, soit entour&#233;e de tout ce qui peut, en glorifiant Dieu qui a daign&#233; l'associer &#224; ses desseins de mis&#233;ricorde sur l'humanit&#233;, la glorifier elle-m&#234;me &#224; la face du ciel et de la terre. Les chr&#233;tiens sont sortis de l'eau ; ils sont, comme disaient nos p&#232;res des premiers si&#232;cles, les heureux Poissons du Christ ; rien donc d'&#233;tonnant qu'ils tressaillent de joie, en pr&#233;sence de l'&#233;l&#233;ment auquel ils doivent la vie, et qu'ils rendent &#224; cet &#233;l&#233;ment des honneurs qui se rapportent &#224; l'auteur m&#234;me des prodiges de gr&#226;ce qui vont s'op&#233;rer. La pri&#232;re dont le Pontife va se servir pour b&#233;nir l'eau nous ram&#232;ne au berceau de notre foi, par la noblesse et l'&#233;nergie du style de sa r&#233;daction, par l'autorit&#233; de son langage, et par les rites antiques et primitifs dont elle est accompagn&#233;e. Elle est sur le mode pompeux de la Pr&#233;face, et empreinte d'un lyrisme inspir&#233;. Le Pontife pr&#233;lude par une simple Oraison, a la suite de laquelle &#233;clate l'enthousiasme de la sainte &#201;glise, qui, pour s'assurer de l'attention de tous ses enfants, provoque leurs acclamations, et les avertit de tenir leurs c&#339;urs en haut : Sursum corda !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le Pontife s'arr&#234;te un moment, et plongeant sa main dans les eaux, il les divise en forme de croix, montrant par ce signe que c'est par la vertu de la Croix qu'elles ont acquis le pouvoir de r&#233;g&#233;n&#233;rer les &#226;mes. Jusqu'&#224; la mort du Christ sur la croix, cette puissance merveilleuse leur &#233;tait seulement promise ; il fallait l'effusion du sang divin pour qu'elle leur f&#251;t conf&#233;r&#233;e c'est ce sang qui op&#232;re dans l'eau sur les &#226;mes, avec la vertu de l'Esprit-Saint que le Pontife rappellera tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les paroles, par lesquelles l'&#201;v&#234;que demande &#224; Dieu qu'il daigne &#233;loigner de ces eaux l'influence des esprits mauvais qui cherchent &#224; infecter toute la cr&#233;ation, il &#233;tend la main sur elles et les touche. Le caract&#232;re auguste du Pontife et du Pr&#234;tre est une source de sanctification ; et le contact de leur main sacr&#233;e op&#232;re d&#233;j&#224; &#224; lui seul sur les cr&#233;atures, quand il s'exerce en vertu du sacerdoce de J&#233;sus-Christ qui r&#233;side en eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pronon&#231;ant les paroles suivantes, l'&#201;v&#234;que b&#233;nit par trois fois les eaux de la fontaine, en produisant sur elles le signe de la croix : &#171; Je te b&#233;nis donc, cr&#233;ature d'eau, par le Dieu vivant, par le Dieu v&#233;ritable, parle Dieu saint ; par le Dieu qui, au commencement, te s&#233;para de la terre d'une seule parole, et dont l'Esprit &#233;tait port&#233; sur toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici l'&#201;v&#234;que, nous montrant les eaux appel&#233;es d&#233;j&#224; &#224; f&#233;conder le Paradis terrestre, qu'elles parcouraient en quatre fleuves, les divise encore avec sa main, et les r&#233;pand vers les quatre parties du monde qui plus tard devaient recevoir la pr&#233;dication du saint bapt&#234;me. Il accomplit ce rite si expressif, en prof&#233;rant les paroles qui suivent : &#171; Par le Dieu qui te fit jaillir de la fontaine du Paradis, et te divisa en quatre fleuves, en te commandant d'arroser toute la terre ; qui dans le d&#233;sert t'enleva ton amertume, et te restituant ta douceur, te rendit potable, et qui plus tard te fit sortir de la pierre pour apaiser la soif de son peuple. Je te b&#233;nis aussi par J&#233;sus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui, &#224; Cana de Galil&#233;e, par un signe admirable de son pouvoir, te changea en vin ; qui marcha sur toi &#224; pied sec ; qui fut baptis&#233; en toi par Jean, dans le Jourdain ; qui te fit sortir, avec le sang, de son c&#244;t&#233; ouvert ; et qui commanda &#224; ses disciples de baptiser en toi ceux qui croiraient, leur disant Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, l'&#201;v&#234;que suspend le mode triomphant de la Pr&#233;face, et prononce les paroles qui vont suivre sur un ton plus simple. Apr&#232;s avoir marqu&#233; les eaux du signe de la croix, il invoque sur elles l'action f&#233;condante de l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit-Saint porte un nom qui signifie Souffle ; il est le souffle divin, ce vent violent qui se lit entendre dans le C&#233;nacle. Le Pontife exprime ce divin caract&#232;re de la troisi&#232;me personne divine, en soufflant trois fois sur les eaux de la fontaine en forme de croix ; puis il continue, sans reprendre encore le mode de la Pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant ensuite le Cierge pascal, il en plonge l'extr&#233;mit&#233; int&#233;rieure dans le bassin. Ce rite exprime le myst&#232;re du bapt&#234;me du Christ dans le Jourdain, au jour o&#249; les eaux re&#231;urent les arrhes de leur divin pouvoir. Le Fils de Dieu &#233;tait descendu dans le fleuve, et l'Esprit-Saint reposait sur sa t&#234;te en forme de colombe. Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les arrhes qui sont donn&#233;es ; l'eau re&#231;oit v&#233;ritablement la vertu promise, par l'action des deux divines personnes. C'est pour cela que l'&#201;v&#234;que, reprenant le ton de la Pr&#233;face, s'&#233;crie en plongeant dans l'eau le Cierge myst&#233;rieux, symbole du Christ, sur lequel plane la c&#233;leste Colombe : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces paroles, le Pontife retire le Cierge de l'eau, puis le replongeant plus avant, il r&#233;p&#232;te d'un ton de voix plus &#233;lev&#233; : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant encore retir&#233; le Cierge, il le plonge une troisi&#232;me fois jusqu'au fond du bassin, chantant d'une voix plus &#233;clatante encore ces m&#234;mes paroles : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, avant de retirer le Cierge de l'eau, l'&#201;v&#234;que se penche sur la fontaine ; et, pour unir dans un symbole visible la puissance de l'Esprit-Saint &#224; la vertu du Christ, il fait une nouvelle insufflation sur les eaux, non plus en forme de croix, mais en tra&#231;ant avec son souffle cette lettre de l'alphabet grec, &#968; qui est la premi&#232;re du mot Esprit en cette langue ; puis il reprend sa solennelle pri&#232;re par ces paroles : &#171; Qu'elle donne la f&#233;condit&#233; &#224; cette eau, et la rende capable de r&#233;g&#233;n&#233;rer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On enl&#232;ve alors le Cierge pascal de la fontaine, et l'&#201;v&#234;que termine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que le peuple a r&#233;pondu Amen, un des Pr&#234;tres asperge rassembl&#233;e avec l'eau de la fontaine, et un des clercs inf&#233;rieurs vient y plonger un vase qu'il retire plein de cette eau, et qui est destin&#233; pour le service de l'&#233;glise et pour l'aspersion des maisons des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pri&#232;res de la b&#233;n&#233;diction de l'eau sont achev&#233;es ; et cependant la sainte &#201;glise n'a pas accompli encore, en faveur de cet &#233;l&#233;ment, tout ce qu'elle a r&#233;solu de faire. Jeudi dernier, elle a &#233;t&#233; mise de nouveau en possession des gr&#226;ces de l'Esprit-Saint par le don des Huiles sacr&#233;es ; et elle veut aujourd'hui honorer la fontaine du salut, en &#233;panchant dans ses eaux les pr&#233;cieuses liqueurs dont le renouvellement a &#233;t&#233; accueilli avec tant de joie. Le peuple fid&#232;le apprendra &#224; v&#233;n&#233;rer toujours davantage la source purifiante du salut des hommes, dans laquelle se r&#233;unissent tous les symboles de l'adoption divine. L'&#201;v&#234;que, prenant l'ampoule qui contient l'Huile des cat&#233;chum&#232;nes, en r&#233;pand sur les eaux, disant ces paroles : &#171; Que cette fontaine soit sanctifi&#233;e et rendue f&#233;conde par l'infusion de l'huile du salut, pour donner la vie &#233;ternelle &#224; ceux qui rena&#238;tront de son sein. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, prenant le vase du Saint-Chr&#234;me, il en verse aussi dans la fontaine, en disant : &#171; Que l'infusion du Chr&#234;me de notre Seigneur J&#233;sus-Christ et du Saint-Esprit Consolateur s'op&#232;re au nom de la sainte Trinit&#233;. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tenant dans sa main droite le Chr&#234;me et dans sa main gauche l'Huile des cat&#233;chum&#232;nes, il verse des deux fioles &#224; la fois sur les eaux, et dit en accomplissant cette libation sacr&#233;e qui exprime la surabondance de la gr&#226;ce baptismale : &#171; Que le m&#233;lange du Chr&#234;me de sanctification et de l'Huile d'onction avec l'Eau baptismale s'op&#232;re, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces paroles, l'&#201;v&#234;que &#233;tend avec la main les Huiles saintes sur la surface de l'eau, afin qu'elle participe tout enti&#232;re &#224; ce dernier degr&#233; de sanctification ; et apr&#232;s avoir essuy&#233; ses mains, il se retire un moment &#224; l'&#233;cart, pour d&#233;pouiller ceux des v&#234;tements sacr&#233;s qui pourraient g&#234;ner son action dans l'administration du bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LE BAPT&#202;ME.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pontife repara&#238;t bient&#244;t au bord de la fontaine sacr&#233;e, et l'on appelle successivement les &#233;lus. Ils s'avancent un &#224; un, conduits, les hommes par le parrain, et les femmes par la marraine. L'&#201;v&#234;que se place sur une estrade d'o&#249; il domine la fontaine. Le cat&#233;chum&#232;ne, d&#233;pouill&#233; de ses habits en la partie sup&#233;rieure, descend les degr&#233;s du bassin et p&#233;n&#232;tre dans l'eau, &#224; port&#233;e de la main du Pontife. Alors celui-ci, &#233;levant la voix, l'interroge : &#171; Croyez-vous, lui dit-il, en Dieu P&#232;re tout-puissant, cr&#233;ateur du ciel et de la terre ? &#8212; J'y crois, r&#233;pond le cat&#233;chum&#232;ne. &#8212; Croyez-vous en J&#233;sus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est n&#233; et a souffert ? &#8212;J'y crois. &#8212; Croyez-vous au Saint-Esprit, la sainte &#201;glise catholique, la communion des saints, la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s, la r&#233;surrection de la chair et la vie &#233;ternelle ? &#8212; J'y crois. &#187; Apr&#232;s avoir re&#231;u la confession de la foi, le Pontife adresse &#224; l'&#233;lu cette demande : &#171; Voulez-vous &#234;tre baptis&#233; ? &#8212; Je le veux, &#187; r&#233;pond l'&#233;lu. Alors le Pontife, &#233;tendant la main sur la t&#234;te du cat&#233;chum&#232;ne, la plonge par trois fois dans les eaux de la fontaine, en disant : &#171; Je vous baptise, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois fois l'&#233;lu a disparu enti&#232;rement sous les eaux ; elles se sont referm&#233;es au-dessus de lui, et le d&#233;robaient &#224; tous les regards. Le grand Ap&#244;tre nous explique cette partie du myst&#232;re. Les eaux ont &#233;t&#233; pour l'&#233;lu le tombeau o&#249; il s'est trouv&#233; enseveli avec le Christ ; et comme le Christ, il en sort rendu &#224; la vie. La mort qu'il vient de subir est la mort au p&#233;ch&#233; ; la vie qu'il poss&#232;de d&#233;sormais est la vie de la gr&#226;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VI, 4.&#034; id=&#034;nh9-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le myst&#232;re complet de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu se reproduit ainsi dans le chr&#233;tien baptis&#233;. Mais avant que l'&#233;lu sorte de l'eau, un rite profond vient compl&#233;ter en lui la ressemblance avec le Fils de Dieu. J&#233;sus &#233;tait encore dans les eaux du Jourdain, lorsque la divine Colombe descendit sur sa t&#234;te ; avant que le n&#233;ophyte soit sorti de la fontaine, un pr&#234;tre r&#233;pand aussi sur sa t&#234;te le Chr&#234;me, don de l'Esprit-Saint. Cette onction indique dans l'&#233;lu le caract&#232;re royal et sacerdotal du chr&#233;tien qui, par son union avec J&#233;sus-Christ son chef, participe, dans un certain degr&#233;, &#224; la Royaut&#233; et au Sacerdoce de ce divin M&#233;diateur. Combl&#233; ainsi des faveurs du Verbe &#233;ternel et de l'Esprit-Saint, adopt&#233; par le P&#232;re qui voit en lui un membre de son propre Fils, le n&#233;ophyte sort de la fontaine par les degr&#233;s du bord oppos&#233;, semblable &#224; ces brebis du divin Cantique qui remontent du lavoir o&#249; elles ont purifi&#233; leur blanche toison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. IV, 2.&#034; id=&#034;nh9-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le parrain l'attend sur le bord ; il lui donne la main pour remonter, et s'empresse de le couvrir d'un linge et d'essuyer l'eau sainte qui ruisselle de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que continue sa noble fonction ; autant de fois qu'il plonge un p&#233;cheur dans les eaux, autant de fois un juste rena&#238;t de la fontaine. Mais il ne peut continuer longtemps d'op&#233;rer &#224; lui seul un minist&#232;re dans lequel les pr&#234;tres peuvent le suppl&#233;er. Lui seul peut conf&#233;rer aux n&#233;ophytes l'auguste sacrement qui doit les confirmer par le don de l'Esprit-Saint ; et s'il attendait pour exercer ce pouvoir divin le moment o&#249; tous les cat&#233;chum&#232;nes auront &#233;t&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, on arriverait au grand jour avant d'avoir accompli tous les myst&#232;res de cette sainte nuit. Il se borne donc &#224; conf&#233;rer par lui-m&#234;me le saint bapt&#234;me &#224; quelques &#233;lus, hommes, femmes et enfants, et laisse aux pr&#234;tres le soin de recueillir le reste de la moisson du P&#232;re de famille. Dans le baptist&#232;re, est un lieu sp&#233;cial appel&#233; Chrismarium, parce que c'est l&#224; que le Pontife doit conf&#233;rer le sacrement du Chr&#234;me ; il s'y rend, et monte sur le tr&#244;ne qui lui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;. On le rev&#234;t de nouveau des ornements sacr&#233;s qu'il avait d&#233;pos&#233;s pour descendre &#224; la fontaine ; et tout aussit&#244;t on am&#232;ne &#224; ses pieds les n&#233;ophytes qu'il vient de baptiser, et successivement ceux qui sont r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s par le minist&#232;re des pr&#234;tres. Il remet &#224; chacun d'eux une robe blanche qu'ils porteront jusqu'au Samedi suivant, et il leur dit : &#171; Recevez le v&#234;tement blanc, saint et immacul&#233; ; et portez-le au tribunal de notre Seigneur J&#233;sus-Christ pour avoir la vie &#233;ternelle. &#187; Les n&#233;ophytes, ayant re&#231;u cet &#233;loquent symbole, se retirent sous les tentes qui ont &#233;t&#233; dress&#233;es dans le Baptist&#232;re ; ils y d&#233;pouillent leurs v&#234;tements tremp&#233;s d'eau, en prennent d'autres qui leur ont &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s, et avec l'aide de leurs parrains ou de leurs marraines, se rev&#234;tent pardessus de la robe blanche qu'ils ont re&#231;ue de l'&#201;v&#234;que. Ils retournent alors au Chrismarium, o&#249; le sacrement de la Confirmation va leur &#234;tre conf&#233;r&#233; solennellement par le Pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA CONFIRMATION.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, au milieu des solennit&#233;s de la cons&#233;cration du Chr&#234;me, le Pontife rappelait &#224; Dieu lui-m&#234;me, dans un langage sublime, que lorsque les eaux eurent accompli leur minist&#232;re, en purifiant la terre, la Colombe parut sur le monde renouvel&#233;, portant en son bec le rameau d'olivier qui annon&#231;ait la paix et le r&#232;gne de celui qui a emprunt&#233; &#224; l'Onction le nom sacr&#233; qu'il porte &#224; jamais. Nos n&#233;ophytes, purifi&#233;s aussi dans l'eau, attendent maintenant aux pieds du Pontife les faveurs de la divine Colombe, et le gage de paix dont l'olive est le symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le Chr&#234;me sacr&#233; a &#233;t&#233; r&#233;pandu sur leur t&#232;te ; mais il n'&#233;tait alors que le signe de la dignit&#233; &#224; laquelle ils venaient d'&#234;tre &#233;lev&#233;s A ce moment, il ne signifie plus seulement la gr&#226;ce, il l'op&#232;re dans les &#226;mes ; mais il n'est pas au pouvoir du Pr&#234;tre de donner cette onction qui confirme le chr&#233;tien ; elle r&#233;clame la main sacr&#233;e du Pontife, de qui seul aussi proc&#232;de la cons&#233;cration du Chr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant lui sont rang&#233;s les n&#233;ophytes : les hommes d'un c&#244;t&#233;, les femmes de l'autre ; les enfants entre les bras de leurs parrains et de leurs marraines. Les adultes appuient leur pied droit sur le pied droit de ceux qui leur ont servi de p&#232;re ou de m&#232;re, marquant par ce signe d'union la filiation de la gr&#226;ce dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la vue de ce troupeau tendre et fid&#232;le r&#233;uni autour de lui, le Pasteur se r&#233;jouit dans son c&#339;ur, et se levant bient&#244;t de son tr&#244;ne, il s'&#233;crie : &#171; Que l'Esprit-Saint descende en vous, et que la vertu du Tr&#232;s-Haut vous garde de tout p&#233;ch&#233; ! &#187; Puis imposant les mains, il appelle sur eux l'Esprit aux sept dons, &#224; qui seul appartient de confirmer dans les n&#233;ophytes les gr&#226;ces qu'ils ont re&#231;ues dans les eaux del&#224; divine fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conduits parleurs r&#233;pondants, ils s'approchent ensuite du Pontife, les uns apr&#232;s les autres, saintement avides de recevoir la pl&#233;nitude du caract&#232;re de chr&#233;tien. L'&#201;v&#234;que ayant plong&#233; son pouce dans le vase qui contient le Chr&#234;me, marque chacun d'eux au front du sceau ineffa&#231;able, en disant : &#171; Je vous marque du signe de la Croix, et je vous confirme du Chr&#234;me du salut, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187; Et donnant sur leur joue un l&#233;ger soufflet, qui &#233;tait chez les anciens le signe de l'affranchissement d'un esclave, il les introduit dans la libert&#233; compl&#232;te des enfants de Dieu, en leur disant : &#171; La paix soit avec vous ! &#187; Les ministres du Pontife entourent la t&#234;te des nouveaux confirm&#233;s d'une bandelette destin&#233;e &#224; garantir de tout contact profane la partie du front qui a re&#231;u l'impression du Chr&#234;me sacr&#233;. Le n&#233;ophyte doit garder durant sept jours ce bandeau, et ne le d&#233;poser qu'avec la robe blanche dont il vient de se rev&#234;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant au milieu de tous ces sublimes myst&#232;res, les heures de la nuit se sont succ&#233;d&#233; ; et le moment approche de c&#233;l&#233;brer, par un sacrifice de joie, l'instant supr&#234;me o&#249; le Christ va sortir du tombeau. Il est temps que le Pasteur reconduise au temple saint son heureux troupeau qui vient de prendre un si glorieux accroissement. Il est temps de donnera ces ch&#232;res brebis la nourriture divine &#224; laquelle elles ont droit d&#233;sormais. Les portes du Baptist&#232;re s'ouvrent, et la procession se met en marche vers la Basilique. Le Cierge pascal, colonne de feu, pr&#233;c&#232;de l'essaim des n&#233;ophytes, dont les robes blanches re&#231;oivent les premiers rayons de l'aurore. Le peuple fid&#232;le suit le Pontife et le clerg&#233;, qui rentrent triomphants dans l'&#233;glise. Durant la marche, on chante de nouveau le cantique de Mo&#239;se, apr&#232;s le passage de la mer Rouge. L'&#201;v&#234;que se rend au Secretarium, o&#249; il se rev&#234;t des habits sacr&#233;s, tout resplendissants de la pompe pascale ; et durant cet intervalle, les chantres ex&#233;cutent la derni&#232;re Litanie, dont les invocations se r&#233;p&#232;tent trois fois. Dans la liturgie actuelle, on ne chante plus qu'une seule fois la Litanie, dans tout le cours de cette Fonction ; elle accompagne le retour du clerg&#233; au ch&#339;ur, apr&#232;s la b&#233;n&#233;diction des Fonts, et les invocations ne s'y r&#233;p&#232;tent que deux fois. Dans les &#233;glises qui ne poss&#232;dent pas de Fonts baptismaux, on chante cette Litanie apr&#232;s l'Oraison qui suit la douzi&#232;me Proph&#233;tie ; et jusqu'&#224; l'invocation qui commence par le mot Peccatores, le C&#233;l&#233;brant et ses ministres se tiennent prostern&#233;s sur les marches de l'autel, implorant la b&#233;n&#233;diction c&#233;leste pour les n&#233;ophytes que l'&#201;glise enfante aujourd'hui, sur les divers points de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Litanie solennelle tire &#224; sa fin ; et d&#233;j&#224; le ch&#339;ur des chantres est arriv&#233; au cri d'invocation qui la termine : Kyrie eleison ! Le Pontife s'avance du Secretarium vers l'autel, avec la majest&#233; des plus grands jours. A sa vue, les chantres prolongent la m&#233;lodie sur les paroles de supplication, et les r&#233;p&#232;tent trois fois, trois fois ils y ajoutent la pri&#232;re au Fils de Dieu : Christe eleison ! Et enfin trois fois l'invocation &#224; l'Esprit-Saint : Kyrie eleison ! Pendant qu'ils ex&#233;cutent ces chants, l'&#201;v&#234;que a pr&#233;sent&#233; &#224; Dieu, au pied de l'autel, ses premiers hommages et offert l'encens au Tr&#232;s-Haut ; en sorte que l'Antienne ordinaire, qui porte le nom d'Intro&#239;t, n'a point &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour accompagner la marche sacr&#233;e du Secretarium &#224; l'autel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Basilique commence &#224; s'illuminer des premi&#232;res lueurs de l'aurore ; et l'&#233;toile du matin qui, selon les paroles du Diacre, est venue m&#234;ler sa clart&#233; &#224; la flamme du Cierge pascal, p&#226;lit d&#233;j&#224; devant l'astre du jour, figure du divin Soleil de justice. L'assembl&#233;e des fid&#232;les, partag&#233;e en diverses sections, les hommes sous la galerie &#224; droite, les femmes sous la galerie &#224; gauche, a re&#231;u dans ses rangs les nouvelles recrues. Pr&#232;s des portes, la place des cat&#233;chum&#232;nes est vide ; et sous les nefs lat&#233;rales, aux places d'honneur, on distingue les n&#233;ophytes &#224; leur robe blanche, &#224; leur bandeau, au cierge allum&#233; qu'ils tiennent dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encensement de l'autel est termin&#233;. Tout &#224; coup, &#244; triomphe du Fils de Dieu ressuscit&#233; ! La voix du Pontife entonne avec transport l'Hymne Ang&#233;lique : &#171; Gloire &#224; Dieu au plus haut des cieux ; et sur la terre paix aux hommes de bonne volont&#233; ! &#187; A ces accents, les cloches, muettes depuis trois jours, retentissent en vol&#233;e dans le Campanile a&#233;rien de la Basilique ; et l'enthousiasme de notre sainte foi fait palpiter tous les c&#339;urs. Le peuple saint continue avec ardeur le Cantique c&#233;leste ; et lorsqu'il est achev&#233;, l'&#201;v&#234;que r&#233;sume dans l'Oraison suivante les v&#339;ux de toute l'&#201;glise en faveur de ses nouveaux enfants : &#171; Dieu, qui illuminez cette nuit sacr&#233;e des splendeurs de la R&#233;surrection du Seigneur, conservez dans ces nouveaux enfants de votre famille l'Esprit d'adoption que vous leur avez donn&#233; ; afin que, renouvel&#233;s de corps et d'esprit, ils vous servent dans la puret&#233;. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Collecte, le Sous-Diacre monte &#224; l'ambon de l'&#201;p&#238;tre, et lit les imposantes paroles que le grand Ap&#244;tre adresse aux n&#233;ophytes en ce moment m&#234;me o&#249; ils viennent de ressusciter avec J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture si br&#232;ve, mais dont tous les mots sont si profonds, &#233;tant achev&#233;e, le Sous-Diacre descend de l'ambon, et vient s'arr&#234;ter devant le tr&#244;ne de l'&#201;v&#234;que. Apr&#232;s avoir salu&#233; la majest&#233; du Pontife par une profonde inclination, il prononce d'une voix &#233;clatante ces paroles qui retentissent dans toute la Basilique, et vont r&#233;veiller de nouveau l'all&#233;gresse dans toutes les &#226;mes : &#171; V&#233;n&#233;rable P&#232;re, je vous annonce une grande joie : c'est l'All&#233;luia ! &#187; L'Ev&#234;que se l&#232;ve, et plein d'un feu divin, il chante All&#233;luia ! sur un mode joyeux. Le ch&#339;ur r&#233;p&#232;te apr&#232;s lui All&#233;luia ! et deux fois encore l'&#233;change de ce cri c&#233;leste a lieu entre le ch&#339;ur et le Pontife, A ce moment, toutes les tristesses pass&#233;es s'&#233;vanouissent ; on sent que les expiations de la sainte Quarantaine ont &#233;t&#233; agr&#233;&#233;es par la majest&#233; divine, et que le P&#232;re des si&#232;cles, par les m&#233;rites de son Fils ressuscit&#233;, pardonne &#224; la terre, puisqu'il lui rend le droit de faire entendre le cantique de l'&#233;ternit&#233;. Le ch&#339;ur ajoute ce verset du Roi-Proph&#232;te, qui c&#233;l&#232;bre la mis&#233;ricorde de J&#233;hovah : &#171; C&#233;l&#233;brez le Seigneur, parce qu'il est bon ; parce que sa mis&#233;ricorde est &#224; jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque cependant quelque chose encore aux joies de cette journ&#233;e. J&#233;sus est sorti du tombeau ; mais &#224; l'heure o&#249; nous sommes, il ne s'est pas encore manifest&#233; &#224; tous. Sa sainte M&#232;re, Madeleine et les autres saintes femmes, sont seules &#224; l'avoir vu ; ce soir seulement, il se montrera &#224; ses Ap&#244;tres. Nous sommes donc encore &#224; l'aurore de la R&#233;surrection ; c'est pourquoi l'&#201;glise exprime une derni&#232;re fois la louange du Seigneur, sous la forme quadrag&#233;simale du Trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le ch&#339;ur chante ce cantique de David sur un mode qui retient encore quelque accent de tristesse, le Diacre se dirige vers l'ambon, d'o&#249; il doit faire entendre les paroles du saint &#201;vangile. Les Acolytes ne l'accompagnent pas avec leurs flambeaux ; mais le thurif&#233;raire le pr&#233;c&#232;de avec l'encens. C'est encore ici une allusion aux &#233;v&#233;nements de cette grande matin&#233;e. Les femmes soin venues au tombeau avec des parfums ; mais la foi de la r&#233;surrection ne brillait pas dans leurs &#226;mes. L'encens figure leurs parfums ; l'absence des flambeaux signifie que cette foi n'&#233;tait pas encore en elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture de l'&#201;vangile, le Pontife n'entonne point le majestueux Symbole de la foi. La sainte &#201;glise le r&#233;serve pour la Messe solennelle qui r&#233;unira de nouveau le peuple fid&#232;le. Elle suit heure par heure les phases du divin myst&#232;re, et veut rappeler en ce moment l'intervalle qui s'&#233;coula avant que les Ap&#244;tres, qui devaient annoncer partout la foi de la r&#233;surrection, lui eussent eux-m&#234;mes rendu hommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir donne le salut au peuple, le Pontife se pr&#233;pare &#224; offrir &#224; la majest&#233; divine le pain et le vin qui vont servir au Sacrifice ; et par une d&#233;rogation &#224; l'usage observ&#233; dans toutes les Messes, le ch&#339;ur des chantres n'ex&#233;cute pas la solennelle Antienne connue sous le nom d'Offertoire. Chaque jour, cette Antienne accompagne la marche des fid&#232;les vers l'autel, lorsqu'ils vont pr&#233;senter le pain et le vin qui doivent leur &#234;tre rendus, dans la communion, transform&#233;s au corps et au sang de J&#233;sus-Christ. Mais la fonction s'est d&#233;j&#224; beaucoup prolong&#233;e ; si l'ardeur des &#226;mes est toujours la m&#234;me, la fatigue des corps se fait sentir, et les petits enfants que l'on tient &#224; jeun pour la communion annoncent d&#233;j&#224; par leurs cris la souffrance qu'ils &#233;prouvent. Le pain et le vin, mati&#232;re du divin Sacrifice, seront aujourd'hui fournis par l'&#201;glise ; et les n&#233;ophytes n'en viendront pas moins s'asseoir &#224; la table du Seigneur, bien qu'ils n'aient pas pr&#233;sent&#233; eux-m&#234;mes le pain et le vin &#224; la barri&#232;re sacr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir fait l'offrande, et encens&#233; le pain et le vin pr&#233;par&#233;s, puis l'autel lui-m&#234;me, le Pontife r&#233;sume les v&#339;ux de l'assistance dans la Secr&#232;te, qui est suivie de la Pr&#233;face pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canon s'ouvre, et le myst&#232;re divin s'op&#232;re. Rien n'est chang&#233; dans l'ordre des c&#233;r&#233;monies sacr&#233;es, jusqu'au moment qui pr&#233;c&#232;de la Communion. C'est un usage qui remonte aux temps apostoliques, que les fid&#232;les, avant de participer au corps et au sang du Seigneur, se donnent mutuellement le baiser fraternel, en pronon&#231;ant ces paroles : &#171; La paix soit avec vous ! &#187; A cette premi&#232;re Messe pascale, on omet cette touchante coutume. Ce n'est qu'au soir du jour de sa r&#233;surrection que J&#233;sus adressa ces m&#234;mes paroles &#224; ses disciples rassembl&#233;s. La sainte &#201;glise, pleine de respect pour les moindres circonstances de la vie de son c&#233;leste &#201;poux, aime &#224; les retracer dans sa conduite. C'est par le m&#234;me motif qu'elle omet aujourd'hui le chant de l'Agnus Dei, qui, du reste, ne date que du VIIe si&#232;cle, et qui pr&#233;sente &#224; sa troisi&#232;me r&#233;p&#233;tition ces paroles : &#171; Donnez-nous la paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le moment est venu auquel les n&#233;ophytes vont, pour la premi&#232;re fois, go&#251;ter le pain de vie et boire le breuvage c&#233;leste que le Christ a institues &#224; la derni&#232;re C&#232;ne. Initi&#233;s par l'eau et l'Esprit-Saint, ils ont d&#233;sormais le droit de s'asseoir au banquet sacr&#233; ; et la tunique blanche qui les couvre annonce assez que leur &#226;me a rev&#234;tu la robe nuptiale exig&#233;e des convives au festin de l'Agneau. Ils s'approchent du saint autel avec joie et respect. Le Diacre leur donne le corps du Seigneur, et leur pr&#233;sente ensuite le calice du sang divin. Les petits enfants sont admis aussi ; et le Diacre, plongeant son doigt dans la coupe sacr&#233;e, fait tomber dans leur bouche innocente quelques gouttes de la divine liqueur. Enfin, pour montrer que, dans ces premi&#232;res heures de leur bapt&#234;me, tous sont &#171; semblables &#224; de tendres enfants qui viennent de na&#238;tre, &#187; comme parle le prince des Ap&#244;tres, on donne &#224; tous, apr&#232;s la Communion sainte, un peu de lait et un peu de miel, symboles de l'enfance, et en m&#234;me temps souvenir de la terre promise par le Seigneur &#224; son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tout &#233;tant accompli, l'&#201;v&#234;que ach&#232;ve les pri&#232;res du Sacrifice, en demandant au Seigneur l'esprit de concorde entre tous les fr&#232;res qu'une m&#234;me P&#226;que a r&#233;unis dans la participation aux m&#234;mes myst&#232;res. La m&#234;me &#201;glise les a port&#233;s dans son sein maternel, la m&#234;me fontaine les a enfant&#233;s &#224; la vie ; ils sont les membres d'un m&#234;me Chef divin ; le m&#234;me Esprit les a marqu&#233;s de son sceau, le m&#234;me P&#232;re c&#233;leste les r&#233;unit dans son adoption. Le signal ayant &#233;t&#233; donn&#233; par le Diacre au nom du Pontife, l'assembl&#233;e se s&#233;pare, et les fid&#232;les, sortant de l'&#201;glise, se retirent dans leurs maisons, en attendant que l'heure du Sacrifice solennel les rassemble de nouveau, pour c&#233;l&#233;brer avec plus de pompe encore la f&#234;te des f&#234;tes, la P&#226;que de la R&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES V&#202;PRES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les si&#232;cles o&#249; l'&#201;glise c&#233;l&#233;brait la grande Veille de P&#226;ques, dont nous venons de donner la description, le Samedi saint n'avait pas l'Office de V&#234;pres. La Veille commen&#231;ait vers l'heure de None, et se poursuivait, comme on l'a vu, jusqu'aux premi&#232;res heures de la matin&#233;e du lendemain. Ce ne fut que plus tard, lorsque la coutume eut autoris&#233; l'anticipation de la Messe de la nuit de P&#226;ques &#224; la matin&#233;e du Samedi saint, que l'on songea &#224; disposer un Office des V&#234;pres pour ce dernier jour de la Semaine sainte. La matin&#233;e &#233;tant enti&#232;rement remplie par les grands rites que nous avons expos&#233;s, l'&#201;glise r&#233;solut d'adopter pour cet Office une forme tr&#232;s br&#232;ve, et empreinte en m&#234;me temps du caract&#232;re joyeux qui convient apr&#232;s le retour de l'All&#233;luia. Ces V&#234;pres furent dispos&#233;es de mani&#232;re &#224; faire corps avec la Messe. On les entonne apr&#232;s la Communion, et la Postcommunion sert pour conclure &#224; la fois la Messe et les V&#234;pres. C'est cette m&#234;me Oraison qui terminait autrefois la grande Veille pascale, et que nous avons rappel&#233;e tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C&#233;l&#233;brant encense l'autel &#224; l'ordinaire pendant le Cantique &#233;vang&#233;lique ; et lorsque l'Antienne a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e, il chante &#224; l'autel l'Oraison suivante : &#171; R&#233;pandez sur nous, Seigneur, l'Esprit de votre charit&#233; ; afin que ceux qui ont &#233;t&#233; nourris par vous dans le myst&#232;re pascal conservent d&#233;sormais entre eux, par votre secours, une pareille concorde. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison termin&#233;e, le Diacre, en donnant aux fid&#232;les le signal de se retirer, ajoute &#224; la formule ordinaire deux All&#233;luias ; et cette pratique s'observe &#224; la fin de toutes les Messes, jusqu'&#224; samedi prochain inclusivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe se conclut par la b&#233;n&#233;diction du C&#233;l&#233;brant, et par la lecture accoutum&#233;e de l'&#201;vangile de saint Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la fonction de ce grand jour, qui n'a presque rien perdu sous le rapport des pri&#232;res et des c&#233;r&#233;monies, mais qui n&#233;anmoins, avec l'anticipation actuelle des heures et l'absence de la c&#233;l&#233;bration du bapt&#234;me, avait besoin d'&#234;tre rapproch&#233;e, comme nous l'avons fait, des usages de l'antiquit&#233;, pour recouvrer toute sa grandeur et toute sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le courant de l'apr&#232;s-midi, selon l'usage des lieux, le Cur&#233; visite toutes les maisons de sa paroisse, et les asperge avec l'eau baptismale qui a &#233;t&#233; tir&#233;e des Fonts, avant l'infusion de l'Huile sainte. Cette pieuse coutume, qui s'exerce peu dans nos contr&#233;es, rappelle le commandement que Dieu fit &#224; son peuple, en la premi&#232;re P&#226;que, de sanctifier par le sang de l'Agneau leurs maisons pour le passage de l'Ange ; et elle attire sur nos demeures une protection particuli&#232;re de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description des pompes baptismales nous a distraits de la pens&#233;e du Christ renferm&#233; dans le tombeau ; cependant l'heure de sa r&#233;surrection n'est pas arriv&#233;e ; et il nous est utile de m&#233;diter quelques instants encore sur le myst&#232;re des trois jours durant lesquels l'&#226;me du R&#233;dempteur demeura s&#233;par&#233;e de son corps. Ce matin nous sommes all&#233;s visiter le s&#233;pulcre au sein duquel repose la d&#233;pouille mortelle du Fils de Dieu ; nous avons ador&#233; ce sacr&#233; corps, auquel Madeleine et ses compagnes se pr&#233;parent &#224; aller rendre demain, d&#232;s le grand matin, de nouveaux devoirs. En ce moment, il convient d'offrir nos hommages &#224; l'&#226;me sainte de J&#233;sus. Elle n'habite point le tombeau o&#249; son corps est &#233;tendu ; suivons-la dans les lieux o&#249; elle r&#233;side, en attendant qu'elle vienne ranimer les membres sacr&#233;s dont la mort l'a s&#233;par&#233;e pour un temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre de la terre s'&#233;tendent quatre vastes r&#233;gions o&#249; nul homme vivant ne p&#233;n&#233;trera jamais ; la r&#233;v&#233;lation divine nous a seule renseign&#233;s sur leur existence. La plus &#233;loign&#233;e de nous est l'enfer des damn&#233;s, s&#233;jour &#233;pouvantable o&#249; Satan et ses anges sont vou&#233;s, avec les r&#233;prouv&#233;s de la race humaine, aux flammes vengeresses de l'&#233;ternit&#233;. C'est l'affreuse cour du prince des t&#233;n&#232;bres, au sein de laquelle il ne cesse de former contre Dieu et contre son &#339;uvre des plans pervers et sans cesse d&#233;jou&#233;s. Plus pr&#232;s de nous est le limbe o&#249; sont d&#233;tenues les &#226;mes des enfants qui sortirent de ce monde avant d'avoir &#233;t&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Selon la doctrine la plus autoris&#233;e dans l'&#201;glise, les h&#244;tes de ce s&#233;jour ne souffrent aucun tourment, et quoiqu'ils ne soient point appel&#233;s &#224; voir jamais l'essence divine, ils ne sont pas incapables d'un bonheur naturel et proportionn&#233; &#224; leurs d&#233;sirs. Une troisi&#232;me r&#233;gion au-dessus de celle qu'habitent les &#226;mes de ces enfants, est le lieu des expiations o&#249; les &#226;mes sorties de ce monde avec le don de la gr&#226;ce ach&#232;vent de purifier leurs souillures, pour &#234;tre admises &#224; la r&#233;compense &#233;ternelle. Enfin, plus pr&#232;s de nous encore, est le limbe o&#249; le peuple entier des saints qui sont morts depuis le juste Abel jusqu'au moment o&#249; le Christ a expir&#233; sur la croix, est retenu captif sous les ombres. L&#224; sont nos premiers parents, No&#233;, Abraham, Mo&#239;se, David, les Proph&#232;tes anciens ; Job, le saint Arabe, et les autres justes de la gentilit&#233; ; les saints personnages dont la vie tient d&#233;j&#224; &#224; celle du Christ : Joachim, p&#232;re de Marie, et Anne sa m&#232;re ; Joseph, l'&#201;poux de la Vierge et le P&#232;re nourricier de J&#233;sus ; Jean, son pr&#233;curseur, avec ses vertueux parents Zacharie et &#201;lisabeth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que la porte du ciel ait &#233;t&#233; ouverte par le sang r&#233;dempteur, aucun juste ne peut monter vers Dieu. Au sortir de ce monde, les &#226;mes les plus saintes ont d&#251; descendre dans les entrailles de la terre. Mille endroits de l'Ancien Testament d&#233;signent les enfers comme le s&#233;jour des justes qui ont le mieux servi et honor&#233; Dieu ; et c'est seulement dans le Nouveau qu'il est parl&#233; du Royaume des Cieux. Cette demeure temporaire ne conna&#238;t cependant pas d'autres peines que celles de l'attente et de la captivit&#233;. Les &#226;mes qui l'habitent sont pour toujours dans la gr&#226;ce, assur&#233;es d'un bonheur sans fin ; elles supportent avec r&#233;signation cette rel&#233;gation s&#233;v&#232;re, suite du p&#233;ch&#233; ; mais elles voient avec une joie toujours croissante approcher le moment de leur d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fils de Dieu ayant accept&#233; toutes les conditions de l'humanit&#233;, et ne devant triompher que par sa r&#233;surrection, et n'ouvrir les portes du ciel que par son Ascension, son &#226;me, s&#233;par&#233;e du corps par le glaive de la mort, devait descendre aussi dans ces lieux bas de la terre, et partager un moment le s&#233;jour des justes exil&#233;s. &#171; Le Fils de l'homme, avait-il dit, sera trois jours dans le c&#339;ur de la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII. 40.&#034; id=&#034;nh9-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Mais autant son entr&#233;e dans ces lieux sombres devait &#234;tre salu&#233;e par les acclamations du peuple saint, autant devait-elle d&#233;ployer de majest&#233;, et montrer la force et la gloire de l'Emmanuel. Au moment o&#249; J&#233;sus a rendu sur la croix son dernier soupir, le limbe des justes s'est vu tout &#224; coup illumin&#233; des splendeurs du ciel. L'&#226;me du R&#233;dempteur unie &#224; la divinit&#233; du Verbe est descendue en un instant au milieu de ces ombres, et du lieu de l'exil elle a fait un paradis. C'est la promesse du Christ mourant au voleur repentant : &#171; Aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pourrait dire le bonheur des justes, &#224; ce moment attendu depuis tant de si&#232;cles ; leur admiration et leur amour &#224; la vue de cette &#226;me divine qui vient &#224; la fois partager et dissiper leur exil ? Quels regards de bont&#233; l'&#226;me de J&#233;sus arr&#234;te sur cet immense troupeau d'&#233;lus que quarante si&#232;cles lui ont fourni, sur cette portion de son &#201;glise qu'il a acquise par son sang, et &#224; qui les m&#233;rites de ce sang divin furent appliqu&#233;s par la mis&#233;ricorde du P&#232;re, avant m&#234;me qu'il f&#251;t verse ! Nous qui, au sortir de ce monde, avons l'espoir de monter vers celui qui est all&#233; nous pr&#233;parer une place dans les cieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 2.&#034; id=&#034;nh9-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, unissons-nous aux joies de nos p&#232;res, et adorons la condescendance de notre Emmanuel, qui daigne s'arr&#234;ter trois jours dans ces demeures souterraines, pour ne laisser rien dans les destin&#233;es, m&#234;me passag&#232;res, de l'humanit&#233;, qu'il n'ait accept&#233; et sanctifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans cette visite aux lieux infernaux, le Fils de Dieu vient aussi manifester son pouvoir. Sans descendre substantiellement au s&#233;jour de Satan, il y fait sentir sa pr&#233;sence ; et il faut &#224; ce moment que le superbe prince de ce monde fl&#233;chisse le genou et s'humilie. Dans ce J&#233;sus qu'il a fait crucifier par les Juifs, il reconna&#238;t maintenant le propre Fils de Dieu. L'homme est sauv&#233;, la mort est d&#233;truite, le p&#233;ch&#233; est effac&#233; ; d&#233;sormais ce n'est plus au sein d'Abraham que descendront les &#226;mes des justes : c'est au ciel, avec les Anges fid&#232;les, qu'elles s'&#233;l&#232;veront pour y r&#233;gner avec le Christ, leur divin Chef. Le r&#232;gne de l'idol&#226;trie va succomber ; les autels sur lesquels Satan recevait l'encens de la terre sont &#233;branl&#233;s et crouleront partout. La maison du fort arm&#233; est forc&#233;e par son adversaire divin ; ses d&#233;pouilles lui sont enlev&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII, 29.&#034; id=&#034;nh9-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la c&#233;dille de notre condamnation est arrach&#233;e au serpent, et la croix qu'il avait vu s'&#233;lever pour le Juste, avec tant de joie, a &#233;t&#233; pour lui, selon l'&#233;nergique expression de saint Antoine, comme un hame&#231;on meurtrier que l'on pr&#233;sente sous un app&#226;t au monstre marin qui meurt en se d&#233;battant, apr&#232;s l'avoir avale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;me de J&#233;sus fait sentir aussi sa pr&#233;sence aux justes qui soupirent dans les feux de l'expiation. Sa mis&#233;ricorde all&#232;ge leurs souffrances et abr&#232;ge le temps de leur &#233;preuve. Plusieurs d'entre eux voient finir leurs peines durant ces trois jours, et se joignent &#224; la foule des saints, pour entourer de leurs v&#339;ux et de leur amour celui qui ouvre les portes du ciel. Il n'est pas contraire &#224; la foi chr&#233;tienne de penser, avec de doctes th&#233;ologiens, que le s&#233;jour de l'Homme-Dieu dans la r&#233;gion voisine du limbe des enfants leur apporta aussi quelque consolation ; et qu'ils connurent alors qu'un jour ils reprendront leurs corps, et verront s'ouvrir pour eux une demeure moins sombre et plus riante que celle o&#249; la divine justice les retient captifs jusqu'au jour du grand jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous saluons et nous vous adorons, &#226;me de notre R&#233;dempteur, durant ces heures que vous daignez passer avec nos p&#232;res, dans les entrailles de la terre. Nous glorifions votre bont&#233; ; nous admirons votre tendresse envers vos &#233;lus dont vous avez daign&#233; faire vos fr&#232;res. Nous vous rendons gr&#226;ces d'avoir humili&#233; notre redoutable ennemi ; daignez l'abattre toujours sous nos pieds. Mais, &#244; Emmanuel, assez longtemps vous avez habit&#233; la tombe, il est temps de r&#233;unir votre &#226;me &#224; son corps. Le ciel et la terre attendent votre r&#233;surrection, et d&#233;j&#224; votre &#201;glise impatiente de revoir son &#201;poux a prononc&#233; l'All&#233;luia ! Sortez du s&#233;pulcre, auteur de la vie ! Triomphez de la mort et r&#233;gnez &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Missel ambrosien nous donnera, pour terminer cette journ&#233;e et ce volume, l'une de ses plus belles pi&#232;ces liturgiques. C'est la Pr&#233;face pour la b&#233;n&#233;diction du Cierge pascal, dans laquelle le myst&#232;re de cette derni&#232;re nuit est traite avec une onction touchante et un accent po&#233;tique digne d'un si grand sujet.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vere, quia dignum et justum est, &#230;quum et salutare, nos tibi semper hic, et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, &#230;terne Deus. Qui populorum Pascha cunctorum, non pecudum cruore, nec adipe, sed Unigeniti tui Domini nostri Jesu Christi sanguine, corporeque dedicasti ; ut supploso ritu gentis ingrat&#230;, legi gratia succederet, et una victima, per semetipsam tu&#230; Majestati semel oblata, mundi totius expiaret offensam.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est digne et juste, &#233;quitable et salutaire que nous vous rendions de continuelles actions de gr&#226;ces, ici et en tout lieu, Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, qui avez consacr&#233; la P&#226;que &#224; laquelle vous conviez tous les peuples, non par le sang et la graisse des agneaux, mais par le sang et par le corps de votre Fils unique J&#233;sus-Christ Notre-Seigneur. En abolissant le rite d'une nation ingrate, vous avez fait succ&#233;der la gr&#226;ce &#224; la loi ; et une victime unique offerte une seule fois et par elle-m&#234;me &#224; votre Majest&#233;, a suffi &#224; la r&#233;paration des offenses du monde entier.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hic est Agnus lapideis pr&#230;figuratus in tabulis : non abductus e gregibus, sed evectus e c&#339;lo : non pastore indigens, sed Pastor bonus ipse tantummodo : qui animam suam pro suis posuit ovibus, et rursus assumpsit ; ut nobis et humilitatem divina dignatio, et spem resurrectio corporalis ostenderet. Qui coram tondente se non vocem queruli balatus emisit, sed evangelico proclamavit oraculo, dicens : Amodo videbitis Filium hominis sedentem ad dexteram Majestatis. Ipse nobis et te reconciliet, Pater omnipotens, et pari tecum Majestate fultus indulgeat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est l&#224; cet Agneau figur&#233; sur les tables de pierre ; non tir&#233; d'un troupeau, mais venu du ciel ; non conduit par un pasteur, mais lui-m&#234;me le bon et unique Pasteur qui a donn&#233; sa vie pour ses brebis, et qui l'a reprise de nouveau ; la bont&#233; divine nous donnant en lui la le&#231;on de l'humilit&#233; et l'esp&#233;rance de la r&#233;surrection pour nos corps. Cet agneau ne fit point entendre son b&#234;lement plaintif &#224; celui qui le tondait ; mais il pronon&#231;a alors cet oracle &#233;vang&#233;lique : Un jour vous verrez le Fils de l'homme assis &#224; la droite de la Majest&#233; divine. Qu'il daigne donc nous r&#233;concilier avec vous, P&#232;re tout-puissant ; et qu'il nous soit propice lui-m&#234;me dans sa Majest&#233; &#233;gale &#224; la v&#244;tre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nam qu&#230; patribus in figura contingebant, nobis in veritate proveniunt. Ecce jam ignis columna resplendet, qu&#230; plebem Domini beat&#230; noctis tempore ad salutaria fluenta pr&#230;ibat : in quibus persecutor mergitur, et Christi populus liberatus emergit. Nam Sancti Spiritus unda conceptus, per Adam natus ad mortem, per Christum regignitur ad vitam. Solvamus igitur voluntarie celebrata jejunia, quia Pascha nostrum immolatus est Christus ; nec solum corpore epulemur Agni, sed etiam inebriemur et sanguine. Hujus enim tantummodo cruor non creat piaculum bibentibus, sed salutem. Ipso quoque vescamur et Azymo, quoniam non desolo pane vivit homo, sed de omni verbo Dei. Siquidem hic est Panis, qui descendit e c&#339;lo, longe pr&#230;stantior illo quondam mann&#230; imbre frugifluo, quo tunc Israel epulatus interiit. Hoc vero qui vescitur corpore, vitas perennis possessor existit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Voici maintenant que s'accomplit pour nous en r&#233;alit&#233; ce qui arriva en figure &#224; nos p&#232;res. D&#233;j&#224; resplendit la colonne de feu qui guida, durant la nuit sacr&#233;e, le peuple du Seigneur vers les eaux dans lesquelles il devait trouver son salut ; vers ces eaux qui engloutissent le pers&#233;cuteur, et du sein desquelles le peuple du Christ remonte d&#233;livr&#233;. Con&#231;u de nouveau dans l'eau f&#233;cond&#233;e par le Saint-Esprit, le fils d'Adam, n&#233; pour la mort, rena&#238;t &#224; la vie par le Christ. H&#226;tons-nous donc de rompre notre je&#251;ne solennel ; car le Christ notre P&#226;que a &#233;t&#233; immol&#233;. Non seulement nous sommes convi&#233;s au festin du corps de l'Agneau, mais nous devons encore nous enivrer de son sang. Ce breuvage n'est point imput&#233; &#224; crime pour ceux qui le boivent, mais il est en eux le principe du salut. Nourrissons-nous aussi de celui qui est l'Azyme ; car l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. Le Christ est le pain descendu du ciel, bien sup&#233;rieur &#224; celui qui pleuvait du ciel dans la manne, et dont Isra&#235;l fit son festin pour mourir ensuite. Celui dont ce corps sacr&#233; est l'aliment devient possesseur de l'&#233;ternelle vie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ecce vetera transierunt : facta sunt omnia nova. Nam Circumcisionis Mosaic&#230; mucro jam scabruit, et Jesu Nave acuta lapidum obsolevit asperitas ; Christi vero populus insignitur in fronte, non inguine : lavacro, non vulnere : Chrismate, non cruore.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les choses anciennes ont disparu, tout est devenu nouveau : le couteau de la circoncision mosa&#239;que est &#233;mouss&#233;, et le rude tranchant de la pierre employ&#233;e par Josu&#233; est hors d'usage. C'est au front et non en secret, que le peuple du Christ re&#231;oit sa marque glorieuse ; c'est par un bain et non par une blessure, par le Chr&#234;me et non par le sang.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Decet ergo in hoc Domini Salvatoris nostri vespertin&#230; Resurrectionis adventu ceream nos adolere pinguedinem, cui suppetit candor in specie, suavitas in odore, splendor in lumine : qu&#230; nec marcescenti liquore defluit, nec offensam tetri nidoris exhalat. Quid enim magis accommodum, magis festivum, quam ut Jesseico flori floreis excubemus et t&#230;dis ? Pr&#230;sertim cum et Sapientia de semetipsa cecinerit : Ego sum flos agri, et lilium convallium. Ceras igitur nec pinus exusta desudat, nec crebris sauciata bipennibus cedrus illacrymat ; sed est illis arcana de virginitate creatio ; et ips&#230; transfiguratione nivei candoris albescunt. Eamdem vero papyrum liquida fontis unda producit : qu&#230; instar insontis anim&#230; nullis articulatur sinuata compagibus ; sed virginali circumsepta materie fit hospitalis ignibus alumna rivorum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il convient donc, en cette nuit de la r&#233;surrection de notre Seigneur et Sauveur, d'allumer un flambeau dont la blancheur flatte les regards, dont le parfum r&#233;jouisse l'odorat, dont l'&#233;clat illumine, dont la mati&#232;re ne cause pas de d&#233;go&#251;t, dont la flamme n'exhale pas une noire fum&#233;e. Quoi, en effet, de plus convenable, de plus joyeux, que de c&#233;l&#233;brer les veilles de la nuit en l'honneur de celui qui est la fleur de Jess&#233;, avec des torches dont la mati&#232;re est emprunt&#233;e aux fleurs ? La Sagesse a chant&#233;, parlant d'elle-m&#234;me : Je suis la fleur des champs et le lis des vallons. La cire n'est point une sueur arrach&#233;e au pin par le feu ; elle n'est point une larme enlev&#233;e au c&#232;dre par les coups r&#233;p&#233;t&#233;s de la hache ; sa source est myst&#233;rieuse et virginale ; et si elle &#233;prouve une transformation, c'est en prenant la blancheur de la neige. Devenue liquide par la fusion, sa surface est unie comme le papyrus ; pareille &#224; l'&#226;me innocente, aucune division ne vient la briser, et sa substance, toujours pure, descend en ruisseaux pour devenir l'aliment de la flamme.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Decet ergo adventum Sponsi dulcatis Ecclesiam luminaribus opperiri : et largitatem sanctitatis acceptam quanta valet devotionis dote, pensare : nec sanctas interpolare tenebris excubias ; sed t&#230;dam sapienter perpetuis pr&#230;parare luminibus : ne, dum oleum candelis adjungitur, adventum Domini tardo prosequamur obsequio : qui certe in ictu oculi, ut coruscus, adveniet.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il convient que l'&#201;glise attende l'arriv&#233;e de son &#201;poux &#224; la lueur de si doux flambeaux, et qu'elle reconnaisse par ses d&#233;monstrations le don si abondant de saintet&#233; qu'elle en a re&#231;u. Il convient que les t&#233;n&#232;bres n'aient aucune part dans une si sainte veille, et que cette Vierge sage pr&#233;pare son flambeau, pour pr&#233;luder &#224; l'&#233;ternelle lumi&#232;re ; de peur que si nous avions encore &#224; verser l'huile dans nos lampes, nous ne fussions tardifs dans nos hommages, &#224; l'av&#232;nement du Seigneur qui doit arriver en un clin d'&#339;il, et semblable &#224; l'&#233;clair.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Igitur in hujus diei vespere cuncta venerabilis sacramenti plenitudo colligitur : et, qu&#230; diversis sunt pr&#230;figurata, vel gesta temporibus, hujus noctis curriculo devoluta supplentur. Nam primum hoc vespertinum lumen, sicut illa dux Magorum stella, pr&#230;cedit. Deinde mysticas regenerationis unda subsequitur, velut dignante Domino fluenta Jordanis. Tertio resurrectionem Christi vox apostolica Sacerdotis annuntiat. Tum ad totius mysterii supplementum, Christo vescitur turba fidelium. Qu&#230; summi Sacerdotis, et Antistitis tui Ambrosii oratione sanctificata et meritis, resurrectionis Dominic&#230; diem, Christo in omnibus prosperante, suscipiat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le soir de ce jour recueille &#224; lui seul la pl&#233;nitude des plus augustes myst&#232;res. Tout ce qui fut figur&#233; ou accompli en divers temps est rassembl&#233; dans la solennit&#233; de la nuit qui va suivre. Ce flambeau du soir ouvre d'abord la f&#234;te, semblable &#224; l'&#233;toile qui conduisit les Mages. La fontaine myst&#233;rieuse de r&#233;g&#233;n&#233;ration parait ensuite, semblable au Jourdain, th&#233;&#226;tre de la mis&#233;ricorde du Seigneur. Vient apr&#232;s la voix apostolique du pr&#234;tre, annon&#231;ant la R&#233;surrection du Christ. Enfin, pour compl&#233;ment du myst&#232;re tout entier, la foule des fid&#232;les se nourrit de la chair du Sauveur. Rendue sainte par la pri&#232;re et les m&#233;rites de votre grand Pr&#234;tre et Pontife Ambroise, qu'elle re&#231;oive donc, par le secours du Christ, toutes les faveurs du grand jour de la r&#233;surrection.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DANS LA JOURN&#201;E.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Collecte au Latran pour les Cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le samedi pascal comportait dans l'antiquit&#233; un je&#251;ne si rigoureux qu'il se prolongeait du vendredi soir jusqu'&#224; l'aurore de la r&#233;surrection. A Rome, les enfants eux-m&#234;mes n'en &#233;taient pas dispens&#233;s. C'est pour cette raison qu'on ne c&#233;l&#233;brait pas aujourd'hui le banquet eucharistique, puisque toute l'&#201;glise &#233;tait comme dans la pieuse attente de l'arriv&#233;e de la nuit sacr&#233;e o&#249; l'on solenniserait le myst&#232;re de la r&#233;surrection du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Samedi saint de grand matin, au Latran, l'archidiacre faisait fondre de la cire ; il y r&#233;pandait du chr&#234;me, la b&#233;nissait et la versait en de petits moules ovales sur lesquels &#233;tait imprim&#233;e l'image du mystique Agneau de Dieu. Ces Agnus Dei &#233;taient ensuite distribu&#233;s aux fid&#232;les &#224; la messe du samedi in Albis, comme eulogies et souvenirs de la solennit&#233; pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors de Rome, l&#224; o&#249; &#233;tait en vigueur l'ancien rite du Lucernaire du soir et de la b&#233;n&#233;diction du cierge pascal, la cire dont se tiraient les Agnus Dei &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celle qui restait du grand cierge destin&#233; &#224; &#233;clairer l'ambon dans la nuit de P&#226;ques. Toutefois Rome consentit plus tard seulement &#224; adopter ce rite du Lucernaire pascal et pour s'adapter &#224; l'usage r&#233;pandu depuis le Ve si&#232;cle, de distribuer au peuple des Agnus Dei de cire, elle en attribua la confection &#224; l'archidiacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer en effet qu'&#224; Rome, &#224; la diff&#233;rence des autres &#201;glises, ces eulogies papales &#233;taient sans relation avec le cierge pascal. Durant le bas moyen &#226;ge, la signification et l'efficacit&#233; de ces Agnus Dei furent d&#233;crites dans les vers l&#233;onins suivants :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymnus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymne &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Balsamus et munda cera cum chrismatis unda,&lt;br class='manualbr' /&gt;ConficiuntAgnum, quod munus do tibi magnum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fonte velut natum, per mystica sanctificatum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fulgura desursum pellit et omne malignum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Peccatum frangit, ut Christi sanguis et angit,&lt;br class='manualbr' /&gt;Pregnans servatur, simul et partus liberatur.&lt;br class='manualbr' /&gt;Munera fert dignis, virtutem destruit ignis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Portatus munde, de fluctibus eripit und&#230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Morte repentina servat, Satan&#230;que ruina,&lt;br class='manualbr' /&gt;Si quis honorat eum retinet super hostem troph&#230;um.	&lt;br class='manualbr' /&gt;Parsque minor tantum, tota valet integra quantum.	&lt;br class='manualbr' /&gt;Agnus Dei, miserere mei ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui crimina tollis, miserere nobis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le baume et la cire pure joints &#224; la liqueur du chr&#234;me,&lt;br class='manualbr' /&gt;Composent l'Agneau que je t'offre comme un don pr&#233;cieux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme n&#233; de la fontaine, sanctifi&#233; par des myst&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il &#233;loigne la foudre et tout mal.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il brise le p&#233;ch&#233;, et le d&#233;truit, tout comme le fait le sang du Christ,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il conserve la m&#232;re, et lui vaut une heureuse d&#233;livrance.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il apporte des dons &#224; ceux qui en sont dignes, il d&#233;truit la force du feu ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Port&#233; dignement, il arrache aux flots de l'onde.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il pr&#233;serve de la mort subite, et des malheurs sataniques ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si quelqu'un l'honore, il aura la victoire sur l'ennemi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un fragment vaut autant que l'Agnus entier.&lt;br class='manualbr' /&gt;Agneau de Dieu, ayez piti&#233; de moi ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous qui effacez les p&#233;ch&#233;s, ayez piti&#233; de nous.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans les si&#232;cles plus rapproch&#233;s de nous, la b&#233;n&#233;diction des Agnus Dei fut r&#233;serv&#233;e aux pontifes romains, qui ont l'habitude de l'accomplir solennellement au commencement de leur pontificat, puis tous les cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani, le Samedi saint, vers l'heure de tierce, les cat&#233;chum&#232;nes se r&#233;unissaient une avant-derni&#232;re fois au Latran dans la basilique du Sauveur. Les gar&#231;ons se rangeaient &#224; droite, et les filles &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre commen&#231;ait par tracer sur leur front le signe de la r&#233;demption ; puis, imposant les mains sur la t&#234;te de chacun, il r&#233;citait l'exorcisme : Nec te lateat, Satana, qui fait encore partie du rituel baptismal pour les adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'injonction faite &#224; Satan de se retirer et de faire place &#224; l'Esprit Saint, pour &#233;voquer le souvenir du Sauveur qui, d'un peu de salive et au commandement : Ephpheta gu&#233;rissait les aveugles, les sourds et les muets, le pr&#234;tre touchait, de son doigt humect&#233; de salive, le nez et les oreilles des cat&#233;chum&#232;nes, leur disant encore &#224; chacun : &#171; Ouvre-toi &#224; la gr&#226;ce du Saint-Esprit. Et toi, d&#233;mon, va-t'en, car le jugement de Dieu est imminent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, alors que le monde demeurait en grande partie corrompu et idol&#226;tre, le bapt&#234;me des adultes comportait vraiment une conversion d&#233;cisive &#224; Dieu, et &#233;tait le r&#233;sultat d'une lutte supr&#234;me entre l'&#226;me et le d&#233;mon. L'&#226;me voulait s'affranchir de la servitude honteuse de Satan, qui, par les s&#233;ductions du vice et la force des passions, faisait tout pour ne pas laisser &#233;chapper sa proie. L'instant o&#249; le cat&#233;chum&#232;ne descendait dans la piscine baptismale &#233;tait le moment d&#233;cisif de la lutte ; aussi, &#224; l'imitation de ce qu'avaient coutume de faire les athl&#232;tes dans le stade, o&#249;, avant de commencer &#224; lutter, ils oignaient d'huile leurs membres, la sainte M&#232;re &#201;glise oignait ses athl&#232;tes avec l'huile b&#233;nite des cat&#233;chum&#232;nes, afin de les fortifier pour le combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment &#233;tait solennel. A la demande du Pontife : &#171; Renonces-tu &#224; Satan ? &#187; chacun des aspirants, l'index tendu vers l'Occident, r&#233;gion des ombres, du couchant et des t&#233;n&#232;bres nocturnes, disait : &#171; Je renonce &#224; toi, &#244; Satan, &#224; ta gloire, &#224; tes &#339;uvres. &#187; Puis, se tournant vers l'Orient, le candidat pronon&#231;ait la formule sainte de sa cons&#233;cration : &#171; Je me d&#233;die &#224; toi, &#244; Lumi&#232;re incr&#233;&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une nouvelle imposition des mains du pr&#234;tre et un nouvel exorcisme, venait la c&#233;r&#233;monie tr&#232;s solennelle de la redditio Symboli, dans laquelle les cat&#233;chum&#232;nes devaient faire leur profession de foi chr&#233;tienne, selon la formule qui leur avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment expliqu&#233;e par le Pontife, dans la station &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article204' class=&#034;spip_in&#034;&gt;in aperitione aurium, le mercredi pr&#233;c&#233;dant le dimanche de la Passion&lt;/a&gt;. Les Ordines Romani qui nous d&#233;crivent les rites de l'initiation chr&#233;tienne en usage au VIIIe si&#232;cle simplifient beaucoup ici la c&#233;r&#233;monie, et font r&#233;citer le Credo &#8212; et c'est l&#224; la premi&#232;re destination liturgique du symbole : une formule pr&#233;baptismale de foi catholique &#8212; par le pr&#234;tre seul ; pendant qu'il imposait les mains sur les aspirants. Mais saint Augustin, nous d&#233;crivant dans ses Confessions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Confess., lib. VII, 11.&#034; id=&#034;nh9-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la conversion du rh&#233;teur Victorin, nous dit qu'&#224; Rome il &#233;tait d'usage que les cat&#233;chum&#232;nes eux-m&#234;mes, chacun &#224; son tour, r&#233;citassent le symbole &#224; l'ambon, en pr&#233;sence du peuple, d&#233;clarant ainsi publiquement leur foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand arriva le tour de Victorin, ajoute le saint, les pr&#234;tres par &#233;gard &#224; la c&#233;l&#233;brit&#233; de sa r&#233;putation, lui offrirent de recevoir en particulier sa profession de foi, lui &#233;pargnant ainsi cette comparution en public ; mais le pieux converti ne voulut pas accepter cette exception faite en sa faveur, observant que, de m&#234;me qu'autrefois il n'avait pas &#233;prouv&#233; de difficult&#233; &#224; tenir publiquement &#233;cole d'&#233;loquence, ainsi ne pouvait-il se dispenser maintenant d'annoncer devant la multitude du peuple sa foi chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il monta donc &#224; l'ambon. En le voyant, la foule poussa un cri de joie et d'admiration tout ensemble : Victorin ! Victorin ! Et Victorin, intr&#233;pide &#224; l'ambon, r&#233;cita au milieu de l'&#233;motion de l'assembl&#233;e son Credo, ce Credo qui, sur ses l&#232;vres et en ce moment, rev&#234;tait une signification sp&#233;ciale, puisqu'il repr&#233;sentait une nouvelle victoire de la folie de la Croix sur tout l'orgueil de la sagesse charnelle. C'&#233;tait une nouvelle apologie du christianisme, un triomphe de la Foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une derni&#232;re pri&#232;re, les cat&#233;chum&#232;nes &#233;taient cong&#233;di&#233;s : Catechumeni recedant. Filii charissimi, revertimini in locis vestris, expectantes horam qua possit circa vos Dei gratia baptismum operari&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que les cat&#233;chum&#232;nes se retirent. Fils tr&#232;s chers, retournez chez vous, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le Christ, durant toute la journ&#233;e du sabbat, avait repos&#233; dans le s&#233;pulcre, ainsi, en ce m&#234;me jour, les fid&#232;les, je&#251;nant et priant, avaient coutume d'attendre que l'astre des nuits appar&#251;t au ciel, pour se rendre alors au baptist&#232;re apostolique de la via Salaria ou du Vatican, o&#249;, primitivement, l'on administrait le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les anciens Ordines on ne parle pas d'Office divin le Samedi saint. Outre un mobile de sage discr&#233;tion, eu &#233;gard au je&#251;ne et aux fatigues de la vigile pascale qui allait commencer, il semblait, tant que le Christ &#233;tait retenu dans le s&#233;pulcre, que la pri&#232;re priv&#233;e s'adaptait mieux au pieux symbolisme de cette attente. Le psautier nous apprend tr&#232;s heureusement &#224; p&#233;n&#233;trer ce myst&#232;re, puisqu'un grand nombre de psaumes d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment les sentiments de J&#233;sus qui, dans l'obscurit&#233; de la tombe, supplie le P&#232;re de lui accorder le triomphe de sa r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au soir de la parasc&#232;ve, le terrible artisan, qui avait accompli son &#339;uvre r&#233;paratrice pour trente deniers, &#8212; et qui, par la bouche de J&#233;r&#233;mie avait m&#234;me d&#233;fi&#233; Isra&#235;l de trouver quelque chose &#224; reprendre &#224; son travail et &#224; l'&#233;quit&#233; du salaire, &#8212; cet artisan inflexible s'&#233;tait pourtant &#233;tendu sur son lit de repos, et les disciples, portant son cadavre au tombeau, avaient chant&#233;, selon le rituel fun&#233;raire des H&#233;breux, le beau psaume : Qui habitat in adiutorio Altissimi, avec le verset fatidique : In pace, in idipsum dormiam et requiescam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. 9 : &#171; Qui demeure &#224; l'abri du Tr&#232;s-Haut &#187; et Ps. 4 : &#171; En paix, je me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant l'humiliation et le sacrifice devaient &#234;tre complets, et tandis que l'&#226;me de J&#233;sus annon&#231;ait la R&#233;demption d&#233;j&#224; accomplie aux tr&#233;pass&#233;s se trouvant dans les Limbes, son corps, &#224; l'&#233;gal d'un grain de bl&#233; d&#233;pos&#233; dans le sein de la terre, devait subir l'humiliation du tombeau ; personne ne pourrait, de la sorte, douter de la v&#233;rit&#233; de sa mort, et, par suite, de sa r&#233;surrection future. Bien plus, pour exclure toute possibilit&#233; de doute, tous les amis de J&#233;sus sont &#233;loign&#233;s de sa tombe, et les Juifs sont eux-m&#234;mes charg&#233;s par la sagesse de Dieu d'ex&#233;cuter la reconnaissance juridique des faits qui se d&#233;roulent &#224; l'int&#233;rieur de la caverne s&#233;pulcrale. Le Sanh&#233;drin y appose donc ses sceaux, et place ses gardes en faction afin que personne n'ose toucher, d'aucune fa&#231;on, &#224; ce tombeau... Mais quoi ?... A l'aube du troisi&#232;me jour, le Christ ressuscite triomphant de la mort ; les ap&#244;tres, et, durant plus de dix-neuf si&#232;cles l'&#201;glise, le pr&#234;chent vraiment vivant &#224; toutes les nations croyantes, qui, gr&#226;ce &#224; la foi, ont part, elles aussi, &#224; sa r&#233;surrection. Et Isra&#235;l ? Tandis que l'humanit&#233; tout enti&#232;re, en une P&#226;que sans fin, c&#233;l&#232;bre son propre triomphe sur la mort et sur l'enfer, la Synagogue se tient encore, en armes, au s&#233;pulcre du Crucifi&#233;, pr&#234;te &#224; mettre la main &#224; l'&#233;p&#233;e si le Christ osait briser les sceaux du Sanh&#233;drin et sortir libre de sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps o&#249; J&#233;sus demeure au tombeau d&#233;signe fort bien celui de notre vie pr&#233;sente, qui n'est qu'une attente de notre future et compl&#232;te r&#233;surrection. Maintenant, nous commen&#231;ons &#224; ressusciter &#224; la gr&#226;ce, et c'est pourquoi cette nuit, c&#233;l&#233;brant la solennit&#233; pascale, nous ne disons pas la P&#226;que du Christ, mais bien Pascha nostrum immolatus est, notre P&#226;que a &#233;t&#233; immol&#233;e. Toutefois la f&#234;te n'est pas compl&#232;te ; trop de choses demeurent en nous inertes dans le s&#233;pulcre de la nature corrompue, ou sont encore envelopp&#233;es dans les ombres de l'ignorance. La Foi cependant nous soutient, et l'esp&#233;rance se porte garante pour nous aussi. Mais, en attendant, nous devons nous r&#233;signer &#224; passer, dans une pieuse attente, notre mystique Samedi saint. Cette r&#233;surrection partielle de l'&#226;me nous est accord&#233;e comme par anticipation &#8212; de m&#234;me que la discipline eccl&#233;siastique actuelle anticipe la c&#233;l&#233;bration de la r&#233;surrection de J&#233;sus au dernier jour du Car&#234;me. Mais il s'agit d'un simple acompte. Il demeure toujours vrai qu'aujourd'hui c'est le temps de la passion et du car&#234;me. Elle viendra, elle viendra, la P&#226;que v&#233;ritable et compl&#232;te dans sa plus vaste signification. Et quand ? Lorsque le Christ, lui aussi, cessera d'offrir quotidiennement, par la main de ses pr&#234;tres, les myst&#232;res eucharistiques comm&#233;morant sa mort, et inaugurera sur l'autel du ciel une liturgie nouvelle, celle de l'universelle et &#233;ternelle P&#226;que de r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VEILL&#201;E SACR&#201;E&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Station au Latran &lt;br class='manualbr' /&gt;(primitivement &#224; Saint-Pierre).&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Avant-hier, le Christ crucifi&#233; s'est rev&#234;tu pour nous de mal&#233;diction ; il est mort sur un gibet d'infamie, abandonn&#233; comme un coupable &#224; l'inexorable justice de Dieu, non moins qu'&#224; la rage de l'enfer et &#224; la haine de ses ennemis. Il est mort, et avec lui est morte toute l'humanit&#233; ; comme elle mourut une premi&#232;re fois &#224; la saintet&#233; et &#224; l'innocence originelle &#224; cause du p&#233;ch&#233; d'Adam, ainsi, dans le Christ et par le Christ, elle meurt maintenant au p&#233;ch&#233; et &#224; l'ancienne Loi, se rendant, par le moyen de la foi, solidaire de l'expiation et du sacrifice de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le moment est enfin arriv&#233; o&#249; cette pauvre humanit&#233; bris&#233;e, meurtrie, d&#233;chir&#233;e dans le divin Crucifi&#233;, mais qui a toutefois donn&#233; &#224; Dieu une satisfaction proportionn&#233;e &#224; son erreur, va &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;e dans son ancien honneur. Sur la croix, J&#233;sus s'abandonne et se livre au P&#232;re. Le P&#232;re agr&#233;e cette offrande et, recevant dans son c&#339;ur ce don, &#8212; un froid cadavre, tout couvert de crachats et de blessures, &#8212; il le r&#233;chauffe et lui communique sa vie. J&#233;sus ressuscite &#224; l'aube du troisi&#232;me jour, mais comme il avait associ&#233; &#224; son expiation toute l'humanit&#233;, ainsi unit-il &#224; son triomphe son corps mystique tout entier, sur lequel il r&#233;pand, en qualit&#233; de Chef, la gloire de sa r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc mort comme l'enseigne l'Ap&#244;tre, &#224; cause de nos p&#233;ch&#233;s, et il est ressuscit&#233; pour en d&#233;truire les effets, nous restituant, avec la gr&#226;ce et la justice, le droit &#224; la gloire. La P&#226;que de J&#233;sus est donc notre P&#226;que, puisque, si au soir de la Parasc&#232;ve nous sommes tous morts en lui sur la Croix, cette nuit, en lui encore, nous ressuscitons &#224; une vie nouvelle selon Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le motif pour lequel l'&#201;glise, sp&#233;cialement en Occident, a r&#233;serv&#233; &#224; la f&#234;te pascale, d&#232;s l'antiquit&#233; la plus recul&#233;e, l'administration solennelle du bapt&#234;me, par lequel, comme l'explique saint Paul, nous descendons dans la piscine comme pour y &#234;tre ensevelis avec le Christ, et de l&#224;, ressusciter &#224; l'image de sa saintet&#233;, &#224; une vie nouvelle de gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un lien intime entre le bapt&#234;me et la f&#234;te de P&#226;ques ; aussi l'&#201;glise, dans la solennelle liturgie de cette semaine, entrelace-t-elle et fond ensemble ces deux concepts, ces deux r&#233;surrections, pour chanter les gloires d'une unique P&#226;que, celle de J&#233;sus Chef et de son corps mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ancienne tradition orientale rapportait que la venue finale du Christ &#8212; laquelle, gr&#226;ce &#224; la r&#233;surrection universelle des corps, peut vraiment &#234;tre regard&#233;e comme l'ach&#232;vement et la pl&#233;nitude de la P&#226;que chr&#233;tienne &#8212; devait arriver durant la nuit anniversaire de la r&#233;surrection du Seigneur. C'est pourquoi le peuple se r&#233;unissait dans l'&#233;glise et veillait en attente de la Parousie ; apr&#232;s minuit, rien n'&#233;tant apparu du ciel, on en concluait que cette ann&#233;e encore le monde ne finirait pas, et l'on c&#233;l&#233;brait la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'usage de passer en pri&#232;re la nuit du samedi au dimanche pascal est fort ancien. Tertullien en parle comme d'une loi dont on ignore l'institution, et de laquelle personne ne pouvait s'exempter. Ce ne fut que dans le bas moyen &#226;ge que la c&#233;r&#233;monie fut anticip&#233;e d&#233;finitivement et c&#233;l&#233;br&#233;e l'apr&#232;s-midi, et plus tard, avanc&#233;e m&#234;me jusqu'&#224; la matin&#233;e du samedi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus ancienne description de la veill&#233;e pascale nous est fournie par le martyr Justin dans son Apologie ; le bapt&#234;me suivi de la messe doit, d'apr&#232;s son texte, repr&#233;senter pr&#233;cis&#233;ment les rites que nous retra&#231;ons, puisqu'ils succ&#233;daient &#224; un je&#251;ne solennel et public, non seulement des cat&#233;chum&#232;nes, mais de toute la communaut&#233; chr&#233;tienne ; je&#251;ne qui, &#224; cette &#233;poque, ne pourrait &#234;tre identifi&#233; qu'avec le je&#251;ne pr&#233;c&#233;dant la solennit&#233; de la r&#233;surrection du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque classique de la sainte liturgie &#224; Rome, c'est-&#224;-dire apr&#232;s le temps de saint Gr&#233;goire, toute la c&#233;r&#233;monie de la vigile de P&#226;ques se d&#233;roulait magnifiquement au Latran, ainsi que nous la d&#233;crivent les plus anciens Ordines Romani. A l'origine pourtant, le bapt&#234;me &#224; Rome &#233;tait mis en relation avec Pierre, puisqu'on l'administrait dans le cimeti&#232;re ad Nymphas ubi Petrus baptizabat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ad Nymphas l&#224; o&#249; Pierre baptisait.&#034; id=&#034;nh9-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre la voie Nomentane et la voie Salaria, ou dans le sanctuaire apostolique ad Catacumbas, et plus particuli&#232;rement dans le baptist&#232;re damasien &#224; Saint-Pierre. C'est en effet &#224; ce dernier que, selon toute probabilit&#233;, l'on doit rapporter l'inscription lue et recopi&#233;e dans les anciens recueils romains, et que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;e ailleurs : Auxit Apostolic&#230; geminatum Sedis honorem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge Apostolique. Cf. Liber (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importance de ces vers r&#233;side dans le lien qu'ils &#233;tablissent entre le bapt&#234;me romain et les Princes des ap&#244;tres Pierre et Paul. Ce si&#232;ge, dit le po&#232;te anonyme, est d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre parce que fond&#233; par les deux Chefs du Coll&#232;ge apostolique ; mais le Christ a voulu l'exalter encore plus, car celui &#224; qui Il confia la porte du royaume c&#233;leste, jouit aussi dans ce temple de la seconde clef, qui ouvre les vestibules du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie qui va se d&#233;rouler sous nos yeux, et qui exprime en des couleurs si suggestives et si vives une sainte et terrible r&#233;alit&#233;, nous voulons dire la r&#233;surrection du Christ et de l'&#201;glise, se compose de trois parties distinctes : d'abord l'office de la vigile, auquel sert de pr&#233;lude le rite de la b&#233;n&#233;diction du lucernaire, puis le bapt&#234;me et enfin la messe. A l'origine, sauf le bapt&#234;me, l'habituelle pannuchis qui, au IIIe si&#232;cle, sanctifiait, chaque semaine, la nuit du samedi au dimanche, ne devait pas comprendre des rites bien diff&#233;rents de ce que le Missel romain actuel prescrit pour la vigile pascale. Bien plus, avant que la pi&#233;t&#233; monastique e&#251;t cr&#233;&#233;, vers le Ve si&#232;cle, le type de l'office nocturne contenu dans nos Br&#233;viaires, l'antiquit&#233; chr&#233;tienne la plus recul&#233;e, en ses ordinaires veill&#233;es dominicales et aux anniversaires des martyrs dans les cryptes des cimeti&#232;res et les Titres urbains, ne connaissait d'autre forme d'office vigilial que celle qui a servi de mod&#232;le pour la r&#233;daction de la solennelle pr&#233;paration liturgique &#224; la f&#234;te de P&#226;ques ; il se trouve ainsi que la c&#233;r&#233;monie actuelle du Missel in Vigiliis Pasch&#230; repr&#233;sente et conserve intact le type de l'office nocturne primitif selon l'usage romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de la c&#233;r&#233;monie actuelle a pour objet la b&#233;n&#233;diction du feu et du cierge pascal. Elle constitue une alt&#233;ration de la primitive Eucharistia lucernaris, et, comme telle, elle est tout &#224; fait &#233;trang&#232;re &#224; l'antique tradition liturgique du Si&#232;ge apostolique, au point d'&#234;tre absente des plus anciens Ordines Romani. Le m&#233;rite de l'avoir introduite &#224; Rome revient &#224; cette esp&#232;ce de compromis entre les usages gallicans et la liturgie romaine qui fut conclu durant la premi&#232;re p&#233;riode carolingienne ; en sorte que le r&#233;sultat de cette fusion, gr&#226;ce aux nouveaux dominateurs francs, finit par obtenir droit de cit&#233; m&#234;me dans la Ville aux sept collines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Eucharistia lucernaris, en tant qu'elle se rapporte en particulier &#224; cette premi&#232;re partie de la liturgie romaine de la vigile pascale, il faut observer que toute la b&#233;n&#233;diction actuelle du feu, avec ses quatre collectes de rechange, quelque inspir&#233;es et &#233;mouvantes qu'elles soient vraiment, repr&#233;sente une curieuse &#233;quivoque dans l'interpr&#233;tation de la rubrique et de la terminologie m&#233;di&#233;vale. Il n'y &#233;tait, en effet, question ni de feu ni de brasier, et moins encore de larmes d'encens, l'objet du rite sacr&#233; &#233;tait le Lucernaire ou le fait d'allumer, au d&#233;but de la sainte veill&#233;e, le cierge qui devait br&#251;ler &#224; c&#244;t&#233; du lutrin, comme une sorte de po&#233;tique sacrifice de lumi&#232;re, la cire se d&#233;truisant comme pour rendre hommage &#224; Celui qui est lumi&#232;re de lumi&#232;re, et qui, venu dissiper les t&#233;n&#232;bres du monde, entend &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment ce claritatis tu&#230; ignem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le feu de votre splendeur.&#034; id=&#034;nh9-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont parle la premi&#232;re oraison, c'est-&#224;-dire ce lumen quod a te sanctificatum atque benedictum est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette lumi&#232;re que vous avez sanctifi&#233;e et b&#233;nite&#034; id=&#034;nh9-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien plus, la collecte elle-m&#234;me que maintenant la rubrique du Missel attribue &#224; la b&#233;n&#233;diction des grains d'encens, se rapporte en r&#233;alit&#233; au nocturnum splendorem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Splendeur nocturne&#034; id=&#034;nh9-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui doit briller, afin que arcana luminis tui admixtione refulgeat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il brille par ses rayons myst&#233;rieux de votre lumi&#232;re&#034; id=&#034;nh9-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En un mot, il s'agit du cierge pascal, dont les fid&#232;les des premiers temps, comme nous l'apprend Ennodius et comme l'atteste encore la pri&#232;re elle-m&#234;me du Missel, avaient coutume d'emporter chez eux de petits fragments &#224; titre d'eulogies : In quocumque loco ex huius sanctificationis mysterio aliquid fuerit deportatum, expulsa diabolica fraudis nequitia, virtus tu&#230; maiestatis assistat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;qu'en tout lieu o&#249; le myst&#232;re de cette b&#233;n&#233;diction sera apport&#233;, les ruses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il subsiste encore quelque chose de cet usage. De nos jours en de nombreux endroits de l'Italie, le peuple conserve une grande d&#233;votion pour les fragments, non plus du cierge pascal, mais de la cire du Lumen Christi que l'on enferme dans de petits sachets de soie pour &#234;tre suspendus au cou des enfants. Nous ne savons comment la pens&#233;e s'est &#224; ce point &#233;cart&#233;e du cierge de la vigile, qu'elle a fini par aboutir aux larmes r&#233;sineuses de l'encens, alors que les mots incensum, incensi sacrificium, incensum lucern&#230; exprimaient sans aucun doute, d&#232;s le Ve si&#232;cle, et visaient le rite de l'allumage du cierge qui, plac&#233; aupr&#232;s de l'ambon, devait &#233;clairer l'&#233;glise durant ces saintes veilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triple cierge que le diacre allume au chant des mots : Lumen Christi, para&#238;t &#234;tre un autre rite de rechange pour le Lucernaire. Peut-&#234;tre, de la lointaine liturgie hispanique, est-il venu &#224; Rome par l'interm&#233;diaire des rits gallicans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit une troisi&#232;me formule de l'Eucharistia lucernaris, mais cette fois elle est classique, et on l'a attribu&#233;e &#224; saint Augustin. En tout cas, elle date au moins du IVe si&#232;cle, alors que commen&#231;a toute cette floraison de compositions liturgiques en forme d'anaphores, dont le Sacramentaire l&#233;onien nous conserve &#231;a et l&#224; de curieux exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint J&#233;r&#244;me d&#233;plore l'inspiration presque profane que plusieurs diacres de son temps donnaient au pr&#230;conium pascal, citant Virgile &#224; propos des abeilles laborieuses et chastes. De tels th&#232;mes furent d&#233;velopp&#233;s durant plusieurs si&#232;cles encore, &#224; l'occasion de la vigile de P&#226;ques ; le rouleau de l'Exsultet de Bari, du XIIIe si&#232;cle, en est la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule romaine se distingue par sa sobri&#233;t&#233; et son onction. Elle n'est pas d&#233;pourvue d'&#233;lan lyrique, et parfois l'inspiration en est si v&#233;h&#233;mente qu'elle semble transporter l'auteur dans les r&#233;gions les plus sublimes de la mystique chr&#233;tienne, par exemple quand il veut &#233;tablir les avantages qui ont r&#233;sult&#233;, pour l'humanit&#233;, de la pr&#233;sente &#233;conomie de la r&#233;demption du monde, perdu jadis par le p&#233;ch&#233;. Sans doute, le plan actuel choisi par Dieu pour atteindre sa glorification gr&#226;ce &#224; J&#233;sus, Sauveur du genre humain, est, entre tous, le plus digne de la Divinit&#233;, le plus glorieux pour le Christ, le plus utile pour nous. En ce sens, l'on peut dire avec l'&#201;glise : O felix culpa, o certe necessarium Ad&#230; peccatum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O bienheureuse faute, &#244; vraiment n&#233;cessaire p&#233;ch&#233; d'Adam.&#034; id=&#034;nh9-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisque, dans la sagesse de Dieu, ces maux ont &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment les causes occasionnelles d'un si grand bien. Partant, un esprit &#233;troit, qui s'arr&#234;te au simple concept du p&#233;ch&#233; et de l'offense de Dieu, et n'&#233;tend pas ses consid&#233;rations &#224; tout le plan grandiose de la r&#233;paration du monde &#8212; Dieu sachant tirer du mal le plus grand bien &#8212; peut seul trouver &#224; redire &#224; cette formule. Prise en dehors de son contexte, elle surprendrait sans doute une &#226;me pieuse &#8212; et c'est ainsi qu'&#224; Cluny on la supprima &#8212; mais entendue au sens qui ressort de toute la composition, elle exprime avec v&#233;rit&#233; le cri d'enthousiasme et de gratitude qui jaillit de l'&#226;me croyante, quand elle contemple le myst&#232;re de sa r&#233;demption. De m&#234;me, en face du Jugement dernier de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine, un esprit sentant moins fortement que le grand artiste le fr&#233;missement du Dies ir&#230;, dies illa, pourra-t-il trouver exag&#233;r&#233;e et &#233;trange toute cette sc&#232;ne, o&#249;, devant le Juge redoutable, il semble que tremble m&#234;me sa Divine M&#232;re ! Pour comprendre certains puissants effets du g&#233;nie, il faut d'abord les ressentir et cela est vrai par-dessus tout pour la sainte liturgie ; pour bien la go&#251;ter, il est n&#233;cessaire de la vivre en son &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIGILE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; I. L' &#171; Eucharistia lucernaris &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre salue le peuple et r&#233;cite plusieurs formules euchologiques de rechange, qui, primitivement, se rapportaient au cierge allum&#233; au d&#233;but de la vigile et, plus tard seulement, ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es &#224; la b&#233;n&#233;diction du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pri&#232;re s'inspire du fameux hymne lucernaire de Prudence, o&#249; l'&#233;tincelle jaillie de la pierre s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; symboliser notre &#226;me, qui tire du Christ, pierre mystique, le feu de la charit&#233; et la vie de la gr&#226;ce : &#171; O Dieu qui par votre Fils, pierre angulaire, avez accord&#233; &#224; vos fid&#232;les le feu de votre splendeur, sanctifiez pour nos usages cette flamme nouvellement tir&#233;e du silex, et faites que cette solennit&#233; pascale nous enflamme &#224; ce point de c&#233;lestes d&#233;sirs, que nous puissions arriver avec un c&#339;ur pur &#224; la f&#234;te &#233;ternelle de votre lumi&#232;re. Par le m&#234;me Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re suivante elle aussi, plut&#244;t qu'au feu, s'applique &#224; la b&#233;n&#233;diction de la lumi&#232;re du soir, selon le rite primitif : &#171; O Seigneur Dieu, P&#232;re tout-puissant, lumi&#232;re ind&#233;fectible, qui &#234;tes l'auteur de toute autre lumi&#232;re ; Vous qui avez illumin&#233; le monde entier, b&#233;nissez aussi cette lumi&#232;re d&#233;j&#224; consacr&#233;e et sanctifi&#233;e par Vous, afin que sa flamme nous r&#233;chauffe et que nous m&#233;ritions d'&#234;tre &#233;clair&#233;s par les rayons de votre splendeur. Et comme vous &#233;clair&#226;tes (la route de) Mo&#239;se sortant d'&#201;gypte, ainsi illuminez nos sens et notre c&#339;ur, pour que nous m&#233;ritions d'arriver &#224; la vie et &#224; la lumi&#232;re &#233;ternelle. Par le Christ, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quivoque liturgique et le d&#233;sordre que nous trouvons dans ces collectes de rechange prouvent une fois de plus qu'elles n'appartiennent pas &#224; la primitive tradition liturgique romaine, et repr&#233;sentent des interpolations &#233;trang&#232;res qui, toutes v&#233;n&#233;rables qu'elles soient, d&#233;figurent n&#233;anmoins la solennelle simplicit&#233; de cette sorte d'&#233;difice que constitue la liturgie de l'&#201;glise de Rome : &#171; Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, daignez coop&#233;rer avec nous, tandis qu'en votre nom, en celui de votre Fils unique, notre Seigneur J&#233;sus-Christ, et du Saint-Esprit, nous b&#233;nissons cette flamme. Aidez-nous contre les traits embras&#233;s de l'adversaire et &#233;clairez-nous par votre c&#233;leste gr&#226;ce. Vous qui vivez, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pri&#232;re, qui maintenant se r&#233;cite pour la b&#233;n&#233;diction des grains d'encens que l'on fixe ensuite en forme de croix dans le cierge pascal, repr&#233;sentait primitivement elle aussi une autre formule de rechange pour la b&#233;n&#233;diction de la lumi&#232;re du soir. L'&#233;quivoque s'est introduite tr&#232;s tardivement, caus&#233;e par le mot incensum, qui, &#224; l'origine, signifiait la lumi&#232;re du cierge, et, par la suite, d&#233;signa la r&#233;sine parfum&#233;e : &#171; Que votre abondante b&#233;n&#233;diction, Seigneur tout-puissant, descende sur ce cierge ; Vous, invisible r&#233;g&#233;n&#233;rateur, allumez ce flambeau nocturne, afin que ses rayons symboliques &#233;clairent le sacrifice qui est offert en cette nuit, et qu'en outre, partout o&#249; sera introduite une parcelle de ce cierge sacr&#233;, soient &#233;loign&#233;es toute fraude et malice de Satan, et qu'on ressente la puissance de votre majest&#233;. Par le Christ, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pri&#232;re fait allusion &#224; l'ancien usage de partager parmi le peuple les restes du cierge pascal, en guise d'eulogie ou d'objet b&#233;nit. A Rome, au VIIe si&#232;cle, comme nous l'avons dit, l'archidiacre, le matin du samedi saint, faisait un m&#233;lange de cire fondue et d'huile b&#233;nite, et, au moyen d'un moule, y d&#233;coupait de petits disques portant grav&#233;e l'image de l'Agnus Dei. Ces objets &#233;taient distribu&#233;s aux fid&#232;les durant l'octave de P&#226;ques, pour qu'ils les fissent br&#251;ler dans leurs demeures en cas de maladie ou de temp&#234;te. C'est l&#224; l'origine de ce qu'on appelle les Agnus Dei, que b&#233;nit maintenant, &#224; des &#233;poques d&#233;termin&#233;es, le Souverain Pontife lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture des quatre premi&#232;res formules de cette Eucharistia lucernaris, qui actuellement sont r&#233;cit&#233;es par le pr&#234;tre sur le seuil de l'&#233;glise, devant un brasier allum&#233; et un plateau contenant les grains d'encens, le diacre se rev&#234;t de la blanche dalmatique pascale, et le cort&#232;ge s'avance processionnellement vers l'autel. Pour &#233;clairer la route, &#8212; car tel est le sens primitif de la c&#233;r&#233;monie, &#8212; le diacre allume successivement, les trois cierges plac&#233;s &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'un roseau, disant chaque fois, comme dans le rit mozarabe du Lucernaire quotidien : &#171; La lumi&#232;re du Christ. &#187; R/. : &#171; Rendons gr&#226;ces &#224; Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, au VIIIe si&#232;cle, avant que le clerg&#233; entr&#226;t dans l'&#233;glise pour la c&#233;l&#233;bration de la vigile, on allumait le cierge sur l'ambon, et l'on commen&#231;ait la lecture des Proph&#232;tes. A une &#233;poque post&#233;rieure, le diacre, apr&#232;s avoir demand&#233; la b&#233;n&#233;diction du pr&#234;tre, saluait le peuple et chantait lui-m&#234;me la collecte qui servait comme de pr&#233;ambule &#224; la b&#233;n&#233;diction du cierge ou, ainsi que l'on disait, sa sanctificatio. Apr&#232;s la collecte, venait le chant de la splendide pri&#232;re eucharistique, d&#233;sign&#233;e aussi sous le nom g&#233;n&#233;ral de pr&#233;face. Les Sacramentaires en contiennent diff&#233;rentes formules, mais roulant toutes, depuis le temps de saint J&#233;r&#244;me, sur le m&#234;me th&#232;me oblig&#233;, car le concept en est toujours identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au diacre qu'il appartient d'allumer le cierge pour la veill&#233;e. Par suite le chant qui, &#224; l'occasion de la vigile pascale, accompagne le rite symbolique de cette soir&#233;e du sabbat lui est &#233;galement r&#233;serv&#233;. Il est inutile de dire que ce rite du lucernaire provient lui aussi des traditions de la Synagogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre : &#171; De gr&#226;ce, Seigneur, b&#233;nissez-moi. &#187; Le Pr&#234;tre : &#171; Que le Seigneur soit dans votre c&#339;ur et sur vos l&#232;vres, afin que vous accomplissiez dignement et comme il convient, la proclamation de sa P&#226;que. Au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187; Suit la fameuse formule d'Eucharistia lucernaris. Cette composition diaconale a un caract&#232;re tout particulier et la tradition liturgique voulait que le texte en f&#251;t lu sur un rouleau de parchemin, que le diacre d&#233;roulait peu &#224; peu du haut de l'ambon. Il &#233;tait g&#233;n&#233;ralement histori&#233;, mais les sc&#232;nes &#233;taient peintes &#224; l'envers du texte pour &#234;tre vues du peuple &#224; mesure que le lecteur d&#233;roulait le volumen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment, le diacre fixe dans le cierge, en forme de croix, les cinq grains d'encens. Puis il poursuit : &#171; A l'occasion de cette nuit, accueillez, &#244; P&#232;re saint, le sacrifice nocturne de cette lumi&#232;re que vous offre la sainte &#201;glise, vous pr&#233;sentant solennellement, par la main des l&#233;vites, le cierge provenant du travail des abeilles... Et maintenant que nous connaissons les significations de cette colonne, voici qu'&#224; l'honneur de Dieu elle s'allume au moyen de l'&#233;tincelle enflamm&#233;e. &#187; Il est &#233;vident qu'il y a ici une lacune, puisque le sens pr&#233;sente une coupure. On a en effet supprim&#233; tout ce qui &#233;tait dit ici de la chastet&#233; des abeilles et de leur amour du travail, passage que nous trouvons dans d'autres Exsultet, hors de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;II. Les saintes Vigiles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand a pris fin l'Eucharistia lucernaris (qui correspondait en partie, comme heure canonique et comme signification, au pr&#233;lude des v&#234;pres), commencent imm&#233;diatement les Vigiles, lesquelles, durant les trois premiers si&#232;cles &#224; Rome, consistaient exclusivement en une s&#233;rie de lectures scripturaires, s&#233;par&#233;es par des collectes et par le chant responsorial des psaumes. Plus tard seulement l'influence monastique a donn&#233; &#224; l'Office divin un plan et un type tout diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s ancienne tradition r&#233;servait aussi &#224; l'office du matin le chant d'une s&#233;rie d'odes proph&#233;tiques, pass&#233;es de la Synagogue &#224; l'&#201;glise. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, dans la veill&#233;e pascale, apr&#232;s les lectures, les chants responsoriaux ne sont pas emprunt&#233;s au Psautier mais &#224; l'antique recueil des Odes matutinales. En somme, la vigile pascale d&#233;crite dans le Missel Romain a une importance capitale, puisqu'elle conserve encore, presque intact, le type primitif de la vigile dominicale romaine, suivie du sacrifice eucharistique, selon l'usage en vigueur aux premiers si&#232;cles de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Gr&#233;goire r&#233;duisit &#224; six le nombre des lectures ; mais quelque temps apr&#232;s, l'antique tradition duod&#233;naire du Sacramentaire G&#233;lasien, si r&#233;pandu en Italie et en France, pr&#233;valut &#224; Rome &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les collectes qui suivent les lectures sont remarquables : avec la bri&#232;vet&#233; du style lapidaire, elles font ressortir leur signification mystique, en les mettant en relation avec le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re le&#231;on est tir&#233;e de la Gen&#232;se (I, 1-31 et II, 1-2) ; l'&#339;uvre de la cr&#233;ation y est d&#233;crite. Le monde est le chef-d'&#339;uvre de la sagesse de Dieu, et tout ce qui a l'&#234;tre est beau, parce qu'il est sorti de ses mains. Par suite le monde est comme un temple immense que Dieu lui-m&#234;me a &#233;lev&#233; &#224; sa propre gloire ; et nous qui nous servons, par concession de Dieu, des cr&#233;atures inf&#233;rieures, nous le devons faire avec de grands &#233;gards et avec respect, usant d'elles toujours pour la fin que Dieu s'est propos&#233;e en nous les conc&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Saints aimaient toutes les cr&#233;atures, parce qu'ils reconnaissaient en elles une certaine fraternit&#233; &#8212; rappelons-nous &#171; le fr&#232;re feu, le fr&#232;re loup, le fr&#232;re soleil &#187;, de saint Fran&#231;ois &#8212; par rapport &#224; Dieu qui est notre commun P&#232;re. Quand, d'autre part, l'&#201;criture met dans la bouche du Seigneur les paroles : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image et &#224; notre ressemblance &#187;, les saints P&#232;res expliquent que cette image et cette ressemblance ont une signification tr&#232;s profonde et tr&#232;s exacte, puisqu'on les peut entendre de l'&#233;l&#233;vation de la cr&#233;ature raisonnable &#224; l'&#233;tat surnaturel au moyen de la gr&#226;ce. Celle-ci &#233;l&#232;ve intrins&#232;quement la nature cr&#233;&#233;e et lui conf&#232;re, autant qu'il est possible &#224; une cr&#233;ature, une sublime conformit&#233; avec la nature divine. C'est en ce sens que l'ap&#244;tre saint Pierre nous d&#233;clare Divin&#230; natur&#230; consortes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Participants de la nature divine.&#034; id=&#034;nh9-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, toute l'assembl&#233;e, &#224; l'invitation du diacre, ployait les genoux et se recueillait pour m&#233;diter quelques instants ; puis le pr&#234;tre prenait la parole et r&#233;citait la collecte. Le Diacre : &#171; Fl&#233;chissons les genoux. &#187; R/. : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu qui avez merveilleusement cr&#233;&#233; l'homme, et plus merveilleusement encore l'avez rachet&#233; ; faites qu'&#224; l'attrait sensible du p&#233;ch&#233; nous opposions le refus de l'esprit, afin d'arriver aux joies &#233;ternelles. Par notre Seigneur, etc. &#187; On peut comparer la r&#233;demption &#224; une seconde cr&#233;ation, puisque par elle l'homme, qui s'&#233;tait livr&#233; comme esclave au d&#233;mon, est rendu &#224; sa premi&#232;re dignit&#233; de fils de Dieu. Les app&#226;ts dont Satan se sert pour nous attirer au p&#233;ch&#233; sont sp&#233;cialement les sens ; mais la raison, illumin&#233;e par la foi, dissipe le charme et la fascination de cette fantasmagorie sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde lecture (Gen., V, VI, VII et VIII) est en intime relation avec la premi&#232;re, et, par suite, avec l'&#339;uvre de la R&#233;demption. Comme au d&#233;but Dieu avait tir&#233; du n&#233;ant l'univers, ainsi maintenant, au moyen de l'arche de No&#233; qui abrite les r&#233;serves de la cr&#233;ation, il le renouvelle. Saint Pierre donne une explication profonde de ce symbolisme de l'arche qui flotte sur les eaux du d&#233;luge universel : elle figure l'&#201;glise, c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; de tous ceux qui, gr&#226;ce &#224; l'eau du bapt&#234;me, sont &#233;lus pour constituer le temple spirituel du vrai Dieu. De m&#234;me que l'arche de No&#233; renouvela la vie du monde entier, ainsi maintenant le saint bapt&#234;me submerge un &#233;tat de choses d&#233;sormais intol&#233;rable et y met fin, en inaugurant le Testament Nouveau de paix et d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture vient la collecte suivante, qui est d'une profondeur de doctrine asc&#233;tique vraiment digne de l'&#226;ge d'or de la liturgie romaine. En g&#233;n&#233;ral, et il faut le dire une fois pour toutes, les collectes qui, en cette veill&#233;e pascale, servent de conclusion aux lectures, sont parmi les plus admirables de la liturgie et pourraient servir de th&#232;me &#224; tout un trait&#233; d'asc&#232;se sur l'&#339;uvre de la R&#233;demption humaine. &#171; O Dieu, force immuable et lumi&#232;re &#233;ternelle, regardez avec bont&#233; le myst&#232;re sacr&#233; de votre &#201;glise, et par votre action continuelle et paisible, conduisez &#224; bonne fin l'&#339;uvre du salut humain. Que le monde entier voie et exp&#233;rimente en lui-m&#234;me que vous le relevez de toute la profondeur de son abaissement, que vous le rajeunissez de toute sa vieillesse, et que vous le rendez &#224; son int&#233;grit&#233; premi&#232;re par Celui qui est principe de tout, J&#233;sus-Christ, notre Seigneur, qui vit et r&#232;gne, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas en Dieu succession de plans. Artiste g&#233;nial, il a con&#231;u le monde d'un seul jet, &#224; ce point que saint Augustin lui dit : mutans opera, sed non mutans consilium&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Changeant toute chose, mais au dessein immuable. Cf. Confession, Lib. I, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Tout l'ensemble des choses entre donc dans un plan unique et magnifique, o&#249; se manifeste la gloire de la bont&#233; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me lecture (Gen., XXII, 1-19) traite d'Abraham sacrifiant Isaac, et, par sa foi, m&#233;ritant la gr&#226;ce de devenir le prototype et le patriarche d'un peuple innombrable de croyants, auquel il transmettra en h&#233;ritage sa propre b&#233;n&#233;diction. Ce peuple descendra d'Abraham, non par une g&#233;n&#233;ration charnelle, comme la nation juive, mais par les m&#233;rites de la foi en Celui auquel le patriarche chald&#233;en avait cru, adorant de loin le Christ qui devait venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sacrifice d'Isaac, fils premier-n&#233; d'Abraham, symbolise aussi celui de J&#233;sus, que l'&#201;ternel livre &#224; la mort pour l'amour de nous. J&#233;sus, comme Isaac, accepte par ob&#233;issance volontaire ; il se laisse donc charger sur les &#233;paules le bois du sacrifice, et il gravit la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte suivante explique le lien symbolique qui existe entre la lecture et la r&#233;g&#233;n&#233;ration pascale du monde au moyen de la foi et du bapt&#234;me sacramentel : &#171; O Dieu, souverain P&#232;re des fid&#232;les, vous qui, r&#233;pandant largement la gr&#226;ce de votre adoption, multipliez sur toute la terre les enfants de votre promesse ; vous qui, au moyen du Sacrement pascal, avez fait que votre serviteur Abraham dev&#238;nt p&#232;re de tous les peuples, selon ce que vous lui prom&#238;tes avec serment ; ah ! faites que ces m&#234;mes peuples puissent maintenant arriver dignement &#224; la gr&#226;ce d'&#234;tre appel&#233;s par vous (&#224; faire partie de la famille chr&#233;tienne). Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me lecture, tir&#233;e de l'Exode (XIV, 24-31 et XV, 1) a &#233;t&#233; plac&#233;e ici, soit pour servir de pr&#233;ambule au Cantique de Mo&#239;se, qui autrefois faisait partie de la collection des Odes &#224; chanter dans l'Office matutinal, soit parce que le passage prodigieux des Isra&#233;lites &#224; travers la mer Rouge est l'un des symboles du saint bapt&#234;me. Cet &#233;pisode faisait partie de tout ce cycle scripturaire &#233;voqu&#233; dans les pri&#232;res juda&#239;ques, qui a fourni leur premi&#232;re inspiration tant au r&#233;dacteur de notre Commendatio anim&#230;, qu'aux artistes des catacombes. La mer Rouge symbolise le bapt&#234;me chr&#233;tien dans la mort sanglante de J&#233;sus. En ces eaux sont submerg&#233;s le d&#233;mon et le p&#233;ch&#233;, tandis qu'au contraire le nouveau peuple croyant en sort sain et sauf et rajeuni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le fameux cantique compos&#233; par Mo&#239;se lorsque le peuple h&#233;breu fut sorti de la mer Rouge. La main de Dieu s'est montr&#233;e terrible avec les &#201;gyptiens idol&#226;tres et obstin&#233;s, tandis qu'elle a &#233;t&#233; d'une tendresse vraiment maternelle vis-&#224;-vis du peuple qui s'abandonnait &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte qui suit met en &#233;vidence le contenu symbolique de la narration pr&#233;c&#233;dente, laquelle, gr&#226;ce &#224; cette signification spirituelle, rev&#234;t un caract&#232;re d'&#233;ternelle actualit&#233;. Nous voulons dire que les sc&#232;nes scripturaires qu'on lit ici ne sont pas seulement le r&#233;cit historique de faits pass&#233;s, mais symbolisent ce qui, dans un sens bien plus &#233;lev&#233; et plus r&#233;el, se v&#233;rifie encore de nos jours, en faveur du peuple chr&#233;tien : &#171; O Dieu, dont les miracles resplendissent de nos temps comme autrefois, car ce que votre droite op&#233;ra alors en faveur d'un seul peuple qui devait &#234;tre d&#233;livr&#233; de la pers&#233;cution &#233;gyptienne, vous l'accomplissez aujourd'hui en faveur de toutes les nations au moyen de l'eau r&#233;g&#233;n&#233;ratrice ; ah ! faites que l'humanit&#233; tout enti&#232;re puisse arriver &#224; la gr&#226;ce de la filiation d'Abraham et &#224; la dignit&#233; d'appartenir &#224; la race d'Isra&#235;l. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cinqui&#232;me lecture est tir&#233;e d'Isa&#239;e (LIV, 17 et LV, 1-11) et se rapporte &#224; la vocation des Gentils, gr&#226;ce &#224; la foi et au bain baptismal. Pour arriver &#224; un si grand bien, la justice l&#233;gale et la parent&#233; charnelle avec Isra&#235;l ne sont pas n&#233;cessaires, comme dans l'Ancien Testament ; il suffit d'une foi vive dans le Christ R&#233;dempteur, guide et ma&#238;tre universel de tous les peuples. La mission du Saint-Esprit, m&#233;rit&#233;e par le Divin Crucifi&#233;, sera d&#233;cisive et fructueuse, &#224; l'&#233;gal de la pluie et de la ros&#233;e qui descend pour rafra&#238;chir et f&#233;conder les champs. J&#233;sus &#233;lev&#233; de terre sur la croix attirera tout le monde &#224; Lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte on insiste sur les relations existant entre l'Ancien et le Nouveau Testament. L'Ancien &#233;tait une consolante promesse. Le Nouveau, par l'universalit&#233; de la filiation messianique, en est le splendide accomplissement : &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, multipliez pour l'honneur de votre Nom ce que vous avez promis &#224; la foi de nos P&#232;res ; et par votre sainte adoption, augmentez les fils de la promesse, afin que tout ce que les saints d'autrefois esp&#233;r&#232;rent fermement devoir arriver, votre &#201;glise maintenant le reconnaisse comme d&#233;j&#224; en grande partie accompli. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sixi&#232;me lecture est tir&#233;e de Baruch (III, 9-38) et elle est parmi les pages les plus profondes de la Bible. C'est comme un examen de conscience fait avec soin. Qu'a gagn&#233; Isra&#235;l &#224; marcher &#224; la suite de la puissance, de la gloire, de la civilisation pa&#239;enne ? Celle-ci s'est &#233;croul&#233;e ; ses repr&#233;sentants ont donn&#233; la preuve de leur impuissance &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes les plus pressants pour l'esprit humain, tandis qu'Isra&#235;l est appel&#233; &#224; tirer sa sagesse spirituelle de Celui-l&#224; m&#234;me &#224; qui la cr&#233;ation ob&#233;it en tremblant. Il est descendu pour converser parmi les hommes, et il a confi&#233; &#224; l'&#201;glise, symbolis&#233;e par la race d'Isra&#235;l, le d&#233;p&#244;t de la r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte insiste sur le caract&#232;re cosmopolite de la famille d'Isra&#235;l selon l'esprit. Ce caract&#232;re &#233;tait mis en &#233;vidence par le fait qu'&#224; Rome, au moment o&#249; toutes ces formules &#233;taient r&#233;dig&#233;es, les cat&#233;chum&#232;nes qui descendaient dans la vasque baptismale &#233;taient r&#233;ellement les repr&#233;sentants des nations les plus vari&#233;es de la terre : &#171; O Dieu qui multipliez votre &#201;glise en appelant sans cesse &#224; elle de nouveaux peuples ; faites que tous ceux que vous purifiez maintenant dans les eaux du bapt&#234;me, soient aussi toujours d&#233;fendus par votre protection. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La septi&#232;me lecture d&#233;crit la tragique vision d'&#201;z&#233;chiel (XXXVII, 1-14). Isra&#235;l est mort, et ses ossements sont diss&#233;min&#233;s sur un vaste champ. Il se lamente sur sa condition actuelle, mais le Seigneur est fid&#232;le dans l'accomplissement de ses promesses. Par l'entremise du Proph&#232;te, il donnera mouvement, esprit et vie &#224; ces squelettes, et en suscitera une arm&#233;e immense qui formera le nouveau peuple de sa pr&#233;dilection, le peuple de Dieu. Cette transformation a un sens enti&#232;rement spirituel. Dieu r&#233;parera les ruines de Sion au moyen des Gentils, qui, au bapt&#234;me, recevront la gr&#226;ce du Saint-Esprit et formeront la race spirituelle d'Abraham. Cette r&#233;surrection mystique des peuples par l'effusion du don du Paraclet figure &#224; son tour le miracle de la finale r&#233;surrection des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte exprime l'accord des deux Testaments pour faire du myst&#232;re de la r&#233;demption pascale comme le point central de toute la pr&#233;sente &#233;conomie divine en vue du salut du monde. C'est pourquoi P&#226;ques est la plus grande de toutes les solennit&#233;s de l'ann&#233;e et le point de d&#233;part qui engage le d&#233;veloppement du cycle de la liturgie chr&#233;tienne tout entier. &#171; O Dieu qui, au moyen des Livres des deux Testaments, nous enseignez &#224; c&#233;l&#233;brer le Sacrement Pascal ; faites que nous p&#233;n&#233;trions dans les secrets de votre mis&#233;ricorde, afin que les dons pr&#233;sents dont nous jouissons fortifient notre esp&#233;rance d'obtenir aussi la r&#233;compense future. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la huiti&#232;me lecture, emprunt&#233;e &#224; Isa&#239;e (IV, 1-6) et qui sert d'introduction &#224; la c&#233;l&#232;bre Ode matutinale tir&#233;e des chants du m&#234;me proph&#232;te, il est question du rejet de l'Ancien Pacte et de la promulgation du Nouveau. Le Seigneur punira Isra&#235;l pr&#233;varicateur &#224; ce point que les hommes venant &#224; manquer, sept femmes proposeront &#224; un seul homme de les prendre pour &#233;pouses, sans s'obliger pour autant &#224; assurer leur subsistance. Quand le royaume d'Isra&#235;l sera d&#233;truit et que les nations commenceront &#224; se fiancer &#224; un unique &#233;poux, J&#233;sus-Christ, Dieu restaurera, au sens spirituel, les ruines de l'ancien empire de Juda. Il effacera les souillures de ceux qui croiront en lui, et les purifiera dans le feu du Saint-Esprit. Ainsi sont annonc&#233;s en termes expr&#232;s le Bapt&#234;me et la Confirmation chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le cantique d'Isa&#239;e (V, 1, 2, 7), apostrophe &#224; la vigne du Seigneur, vigne st&#233;rile et ingrate, qui, aux soins du vigneron qui la cultivait, a r&#233;pondu en produisant des &#233;pines et des fruits d'amertume. Cette vigne de r&#233;probation est la maison d'Isra&#235;l. &#171; O Dieu qui, par la bouche de vos saints proph&#232;tes, avez annonc&#233; que dans le c&#339;ur de chacun des fils de votre &#201;glise, r&#233;pandus dans le monde entier, vous jetteriez la semence de la gr&#226;ce divine, les cultivant comme autant de palmiers choisis ; accordez au peuple que vous avez vous-m&#234;me compar&#233; &#224; la vigne et &#224; la moisson, qu'ayant extirp&#233; la d&#233;solation des ronces et des &#233;pines, il puisse produire une abondante r&#233;colte. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la neuvi&#232;me lecture (Ex. XII, 1-11) sont d&#233;crits les rites mosa&#239;ques de l'immolation de l'agneau et du repas pascal. L'agneau symbolise J&#233;sus lavant dans son sang les p&#233;ch&#233;s du monde. L'agneau est immol&#233; puis servi au cours d'un banquet religieux, pour signifier notre incorporation et notre union au R&#233;dempteur par le moyen du Sacrement. La posture des H&#233;breux, tandis qu'ils mangeaient l'agneau, &#233;tait celle de gens pr&#234;ts &#224; entreprendre un long voyage, parce que l'Eucharistie est le viatique de notre p&#232;lerinage mortel, pour traverser la terre et arriver au ciel. &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel qui vous montrez admirable dans la disposition de toutes vos &#339;uvres, faites que les &#226;mes rachet&#233;es par vous comprennent que l'ordre &#233;tabli au d&#233;but de la cr&#233;ation n'est point plus merveilleux que notre P&#226;que, laquelle fut immol&#233;e au terme des si&#232;cles, c'est-&#224;-dire J&#233;sus-Christ, notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dixi&#232;me lecture, du livre de Jonas (III, 1-10) est identique &#224; celle de la messe du &lt;a href='https://www.introibo.fr/spip.php?article211' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lundi apr&#232;s le dimanche de la Passion&lt;/a&gt;. Comme J&#233;sus lui-m&#234;me eut &#224; le faire remarquer dans l'&#201;vangile, Jonas est le symbole du Sauveur enseveli dans les entrailles de la terre et revenu ensuite &#224; la vie et &#224; la lumi&#232;re. Jonas pr&#234;che la p&#233;nitence aux Ninivites, et ceux-ci pr&#234;tant foi &#224; la parole du Proph&#232;te, s'imposent un je&#251;ne collectif auquel devront participer non seulement la population, mais m&#234;me les b&#234;tes de somme. Cette forme paradoxale est propre &#224; l'esprit s&#233;mite ; toutefois elle nous r&#233;v&#232;le que non seulement l'individu mais aussi la soci&#233;t&#233;, comme telle, et en corps, doit exprimer sa d&#233;votion &#224; Dieu. La sainte liturgie accomplit admirablement ce devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chr&#233;tien ne doit jamais oublier les relations qui l'unissent au Christ et &#224; son corps mystique qui est l'&#201;glise. L'exag&#233;ration de l'individualisme dans la pi&#233;t&#233; appartient aux protestants. Le catholique, tout en ne n&#233;gligeant rien pour sa pr&#233;paration personnelle &#224; la gr&#226;ce de Dieu, se sanctifie dans l'&#201;glise, par l'&#201;glise et avec l'&#201;glise, et cela surtout au moyen du culte liturgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la collecte, o&#249; est mise en relief l'unit&#233; mystique de l'&#201;glise, dans une foi identique et dans un m&#234;me amour, sans barri&#232;re de nationalit&#233;s ni division de castes. Pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est catholique, l'&#201;glise ne peut &#234;tre nationale. &#171; O Dieu, qui avez uni les diverses nations dans l'unique confession de votre Nom, donnez-nous la gr&#226;ce de vouloir et de pouvoir tout ce que vous nous commandez, afin que le peuple choisi par vous pour obtenir l'&#233;ternit&#233; bienheureuse nourrisse en son c&#339;ur une unique foi, et, dans ses &#339;uvres, s'inspire d'une identique pi&#233;t&#233;. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La onzi&#232;me lecture (Deut., XXXI, 22-30) contient comme le testament de Mo&#239;se, dans lequel il renie le peuple juif &#224; cause de ses infid&#233;lit&#233;s envers le Seigneur. Il fait cette protestation dans une forme tr&#232;s solennelle, en pr&#233;sence des anciens et les menace de toutes sortes de maux. Mais de quel horrible crime s'&#233;tait donc rendu coupable le peuple juif ? Toute cette sc&#232;ne est symbolique. Mo&#239;se d&#233;clare savoir que l'infid&#233;lit&#233; arrivera apr&#232;s sa mort, bien plus : in extremo tempore, c'est-&#224;-dire aux derniers &#226;ges du monde, quand les H&#233;breux renieront J&#233;sus-Christ, le Proph&#232;te par excellence, annonc&#233; par Mo&#239;se en personne, qui avait ordonn&#233; &#224; Isra&#235;l de l'&#233;couter comme il l'avait &#233;cout&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le c&#233;l&#232;bre cantique de Mo&#239;se (Deut., XXXII) qui, dans la liturgie h&#233;bra&#239;que, &#233;tait justement destin&#233; &#224; la solennit&#233; sabbatique. Mo&#239;se prend le ciel et la terre &#224; t&#233;moin de ses mal&#233;dictions, pour n'&#234;tre pas solidaire d'un peuple qui va consommer un d&#233;icide. &#171; O Dieu qui &#233;levez les humbles et soutenez les bons, vous qui, au moyen des m&#233;lodies du Cantique sacr&#233; de votre fid&#232;le serviteur Mo&#239;se avez voulu instruire votre peuple, en sorte que cette seconde promulgation de la loi nous serv&#238;t aussi de r&#232;gle ; exercez votre puissance en faveur de tous les peuples appel&#233;s par vous &#224; la gr&#226;ce ; accordez-leur la joie, calmez leurs terreurs, afin que, dans votre mis&#233;ricorde, pardonnant &#224; tous leurs p&#233;ch&#233;s, ce qui fut annonc&#233; comme un ch&#226;timent devienne une occasion de salut. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient la douzi&#232;me lecture, avec l'histoire des trois jeunes gens jet&#233;s dans la fournaise de Babylone en punition de leur refus d'adorer la statue d'or de Nabuchodonosor (Dan., III, 1-24). Cette sc&#232;ne &#233;tait tr&#232;s famili&#232;re aux artistes des catacombes qui la reproduisaient sur les arcosolia et sur les sarcophages. Elle symbolisait la force h&#233;ro&#239;que des martyrs chr&#233;tiens. &#171; Dieu &#233;ternel et tout-puissant, unique esp&#233;rance de l'humanit&#233;, qui, par les pr&#233;dictions de vos proph&#232;tes, avez annonc&#233; les myst&#232;res s'accomplissant de nos jours ; augmentez dans votre bont&#233; la d&#233;votion de votre peuple, puisque tout accroissement de la vertu de vos fid&#232;les ne peut venir que de votre inspiration. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'on descend au baptist&#232;re &#8212; c'est le mot consacr&#233; par la tradition romaine repr&#233;sent&#233;e par le Missel : le baptist&#232;re papal de la voie Salaria, et sans doute aussi celui du Vatican se trouvaient &#224; un niveau assez bas &#8212; on chante le psaume suivant (XLI, 2-4) : &#171; Comme le cerf aspire &#224; la source d'eau, ainsi mon &#226;me a soif de vous, Seigneur. V/. Mon &#226;me est assoiff&#233;e du Dieu vivant. Quand viendrai-je et para&#238;trai-je devant Dieu ? V/. Les larmes furent ma nourriture jour et nuit, tandis qu'on me r&#233;p&#233;tait continuellement : O&#249; est ton Dieu ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symbolisme de l'eau, qui figure la gr&#226;ce int&#233;rieure, est fort commun dans l'antiquit&#233;. De m&#234;me que l'eau lave, rafra&#238;chit, f&#233;conde la terre, ainsi la gr&#226;ce du Saint-Esprit produit spirituellement tous ces effets dans l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le psaume, suivant un usage de l'antiquit&#233;, le pr&#234;tre chante une collecte o&#249; est expliqu&#233;e la signification spirituelle du psaume lui-m&#234;me. Dans les anciens psautiers, on trouve tr&#232;s souvent cette sorte d'oraisons, mais dans le Missel il ne subsiste que celle qui suit ici le psaume XLI : &#171; Dieu &#233;ternel et tout-puissant, regardez favorablement la d&#233;votion du peuple qui attend sa renaissance, &#224; l'&#233;gal d'un cerf aspirant &#224; la source d'eau ; accordez-lui que la m&#234;me soif de la sainte Foi, gr&#226;ce au Sacrement du bapt&#234;me, sanctifie les &#226;mes et les corps. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se termine le rite de la vigile. L'aurore, heure de la r&#233;surrection du Christ, s'est lev&#233;e. Il est donc temps d'administrer aux cat&#233;chum&#232;nes le saint Bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;III. B&#233;n&#233;diction de la fontaine baptismale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une collecte d'introduction, l'anaphore cons&#233;cratoire des saintes eaux baptismales commence aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la pri&#232;re, le pr&#234;tre divise l'eau en forme de croix, comme pour la f&#233;conder par le contact de ses mains consacr&#233;es, ainsi qu'autre fois l'Esprit de Dieu se posait sur les eaux du chaos primitif. Puis il &#233;tend &#224; nouveau sa main sur les eaux, comme pour les exorciser. Il trace trois signes de croix sur l'eau et la divise l'eau en forme de croix, pour rappeler le fleuve qui, jailli de l'&#201;den, se divisait en quatre branches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre souffle trois fois en forme de croix sur les eaux, comme autrefois l'Esprit Saint soufflait sur les eaux primitives et plonge trois fois le cierge pascal dans l'eau, selon un rite qui appara&#238;t &#224; Rome vers le VIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'eau b&#233;nite de la fontaine baptismale, les pr&#234;tres aspergent le peuple et les habitations des fid&#232;les. Pendant ce temps on verse dans la fontaine l'huile des cat&#233;chum&#232;nes, rite qui n'a rien d'antique ni de primitif dans la liturgie romaine et qui s'introduisit peu &#224; peu lorsque les cat&#233;chum&#232;nes adultes ne se pr&#233;sentant plus, la notion exacte de la signification sp&#233;ciale de l'huile qui porte leur nom vint &#224; s'effacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verse dans l'eau baptismale le saint Chr&#234;me, pour exprimer la gr&#226;ce de l'Esprit Saint qui la f&#233;conde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me fois, on verse ensemble le chr&#234;me et l'huile des cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bapt&#234;me est alors administr&#233; selon le rite habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, sans doute parce que le bapt&#234;me &#233;tait ordinairement conf&#233;r&#233; aux adultes, la confirmation (dont le nom m&#234;me indique l'&#233;troite relation qu'elle a avec le bapt&#234;me) et la premi&#232;re Communion suivaient imm&#233;diatement le sacrement de la R&#233;g&#233;n&#233;ration spirituelle. Par la suite, &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devint chr&#233;tienne, et que l'on pr&#233;senta au bapt&#234;me presque exclusivement des nouveau-n&#233;s, l'administration des sacrements qui marquent la virilit&#233; chr&#233;tienne fut retard&#233;e jusqu'&#224; un &#226;ge plus m&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Ordines Romani du VIIIe si&#232;cle, il est prescrit que le Pape, apr&#232;s avoir baptis&#233; lui-m&#234;me quelques cat&#233;chum&#232;nes, remette les autres au clerg&#233;, et se retire dans l'oratoire contigu d&#233;di&#233; &#224; la sainte Croix, pour y consignare avec le saint Chr&#234;me, les n&#233;ophytes, &#224; mesure qu'ils remontent de la fontaine. On sait que, selon l'ancien usage romain, il faut distinguer une double onction de chr&#234;me : la premi&#232;re (chrismatio) &#233;tait faite par un pr&#234;tre sur la t&#234;te du n&#233;ophyte &#224; peine sorti des fonts baptismaux ; la seconde, au contraire (consignatio chrismalis), &#233;tait accomplie par le Pape lui-m&#234;me sur le front du n&#233;ophyte et &#233;tait proprement le Sacrement de la Confirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute cette longue c&#233;r&#233;monie, la grande masse du peuple demeurait dans l'&#233;glise avec les clercs inf&#233;rieurs et la schola des chantres. Elle ne s'&#233;tait pas transport&#233;e au baptist&#232;re o&#249; elle n'aurait pu trouver place ; et d'ailleurs les convenances ne l'auraient pas permis, le bapt&#234;me &#233;tant administr&#233; alors par immersion. Pour ce motif on tendait voiles et rideaux, usant d'une souveraine r&#233;serve pour que la pudeur chr&#233;tienne ne puisse &#234;tre offens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour employer saintement le temps, la foule des fid&#232;les chantait trois fois les litanies, de mani&#232;re cependant que chaque invocation f&#251;t r&#233;p&#233;t&#233;e d'abord sept fois, puis cinq fois, et enfin trois fois. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, lorsque la procession revient du baptist&#232;re, on chante les litanies en r&#233;p&#233;tant deux fois chaque invocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de ces litanies, ins&#233;r&#233; dans le Missel, est un peu plus bref que celui fix&#233; pour les Rogations. Outre la grande libert&#233; liturgique qui, en fait de litanies, r&#233;gna dans l'&#201;glise jusqu'au XIIIe si&#232;cle, la raison en est que les litanies des Rogations sont un vrai chant populaire processionnel &#224; refrains, et qui, pour cette raison, peut &#234;tre allong&#233; en proportion du trajet &#224; parcourir ; tandis qu'au contraire ces litanies du samedi saint, qu'aujourd'hui encore les ministres sacr&#233;s r&#233;citent, prostern&#233;s devant l'autel, sont une vraie et propre supplicatio litanica et donc, normalement, pas trop longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;IV. Le Sacrifice dans la Nuit Pascale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi saint nous conserve encore sans trop d'alt&#233;rations le type primitif de la messe matinale qui, dans les trois premiers si&#232;cles, mettait fin &#224; la vigile dominicale. L'on peut m&#234;me dire que l'office vigilial du dimanche per annum a pris naissance de la solennelle vigile pascale, la seule qui f&#251;t de caract&#232;re vraiment g&#233;n&#233;ral et obligatoire pour tous les fid&#232;les sans distinction au temps de Tertullien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe n'a pas d'intro&#239;t comme non plus, d'ailleurs, les autres messes de vigiles, du moins &#224; l'origine, car l'intro&#239;t est, &#224; Rome, d'introduction tr&#232;s post&#233;rieure et remonte seulement au temps de C&#233;lestin Ier environ, quand la messe eut cess&#233; d'&#234;tre ordinairement pr&#233;c&#233;d&#233;e par l'office de la Vigile. Ceci explique qu'aujourd'hui, apr&#232;s la pri&#232;re litanique, le pr&#234;tre chante imm&#233;diatement la collecte, qui est comme la conclusion naturelle de tout le pr&#233;c&#233;dent rite vigilial. Ce qui suit n'a plus un caract&#232;re cat&#233;ch&#233;tique, mais formellement eucharistique. Comme d'autre part, depuis le VIe si&#232;cle au moins, on oublia les relations d'origine qui existent entre les douze le&#231;ons de la vigile et les deux petites lectures tir&#233;es des &#233;p&#238;tres et de l'&#201;vangile (celles-ci repr&#233;sentant la derni&#232;re forme des pri&#232;res vigiliales qui, dans l'antiquit&#233;, pr&#233;c&#233;daient la messe), &#224; une &#233;poque post&#233;rieure, mais en tout cas, ant&#233;rieurement au VIIe si&#232;cle, on voulut ajouter &#224; la collecte les deux lectures habituelles de l'Ap&#244;tre et de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'hymne matutinal Gloria in excelsis qui avait, &#224; Rome, un sens pascal caract&#233;ris&#233;, on chante la collecte, qui devrait, conform&#233;ment &#224; sa signification primitive, servir de conclusion &#224; la pri&#232;re litanique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, toute la liturgie pascale a un caract&#232;re &#233;minemment baptismal. Ce sont les n&#233;ophytes qui, gr&#226;ce au bain sacr&#233;, sont admis &#224; ressusciter avec le Christ. Aussi, pour bien comprendre l'esprit de la liturgie durant cette semaine, il faut avoir toujours pr&#233;sent &#224; l'esprit ce lien qui unit la P&#226;que du Christ se levant du s&#233;pulcre, avec la P&#226;que de l'&#201;glise qui sort de la fontaine baptismale, ressuscit&#233;e spirituellement &#224; une nouvelle vie : &#171; O Dieu qui faites resplendir cette nuit tr&#232;s sainte de l'&#233;clat de la r&#233;surrection de notre Seigneur, conservez dans les nouveaux enfants de votre famille cet Esprit d'adoption que vous leur avez conf&#233;r&#233; ; afin que, renouvel&#233;s dans le corps et dans l'esprit, ils puissent vous servir en toute puret&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est emprunt&#233;e &#224; la lettre de saint Paul aux Colossiens (III, 1-4). La vie chr&#233;tienne est &#224; la fois mort, et vie en J&#233;sus-Christ : Mort &#224; la nature corrompue, r&#233;surrection &#224; la gr&#226;ce, en sorte que le fid&#232;le, ressuscit&#233; avec le Christ, doit nourrir des go&#251;ts et des d&#233;sirs c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant de longs si&#232;cles, l'All&#233;luia fut tellement propre &#224; la solennit&#233; pascale, qu'&#224; Rome, au temps de Sozom&#232;ne, c'&#233;tait une formule de mal&#233;diction que de souhaiter &#224; quelqu'un de ne pas arriver &#224; entendre le chant all&#233;luiatique de la future f&#234;te de P&#226;ques. Saint Augustin atteste que de son temps on r&#233;p&#233;tait l'All&#233;luia durant les cinquante jours qui aboutissent &#224; la Pentec&#244;te. A Rome, ce fut probablement saint Gr&#233;goire le Grand qui &#233;tendit ce chant &#224; tous les dimanches hors du Car&#234;me. Il est toutefois possible qu'au IVe si&#232;cle, m&#234;me &#224; Rome, l'All&#233;luia suiv&#238;t le chant de l'&#201;vangile, comme chez les Grecs, et que saint Gr&#233;goire l'ait fait ex&#233;cuter apr&#232;s l'&#201;p&#238;tre, &#224; cause de ses hom&#233;lies &#233;vang&#233;liques. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'All&#233;luia que le pr&#234;tre entonne aujourd'hui si solennellement, aurait sa place logique et naturelle, plut&#244;t qu'apr&#232;s l'&#201;p&#238;tre, &#224; la suite du r&#233;cit &#233;vang&#233;lique de la r&#233;surrection du Sauveur. C'&#233;tait l&#224; sans doute sa place primitive et sp&#233;ciale durant la solennelle vigile pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; All&#233;luia, louez Le Seigneur &#187; (trois fois). &#171; C&#233;l&#233;brez le Seigneur qui est bon, parce que sa mis&#233;ricorde est &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le psaume all&#233;luiatique 116, qui, &#224; Rome, se chante toujours, en toutes les pannuchis dominicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Louez le Seigneur, tous autant que vous &#234;tes, &#244; Gentils ; toutes les nations, louez-le ensemble. Parce que sa bont&#233; pr&#233;vaut sur nous, et la v&#233;rit&#233; du Seigneur est &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, on ne porte pas de lumi&#232;res ; les liturgistes du moyen &#226;ge ont attribu&#233; &#224; ce rite un sens symbolique. Quelle que soit son origine, le cierge pascal, qui se dresse &#224; c&#244;t&#233; de l'ambon, dispensait cette nuit d'autres lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;ricope &#233;vang&#233;lique est tir&#233;e de saint Matthieu (XXVIII, 1-7). Au lever de l'aurore du dimanche apr&#232;s le sabbat pascal, les pieuses femmes, disciples du Sauveur, vont &#224; son s&#233;pulcre pour accomplir avec plus de soin l'embaumement du cadavre de J&#233;sus, qu'on avait d&#251; h&#226;ter dans la soir&#233;e de la Parasc&#232;ve, &#224; cause de la proximit&#233; du repos sabbatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles trouvent renvers&#233;e la pierre qui fermait l'ouverture de la grotte s&#233;pulcrale, et entr&#233;es &#224; l'int&#233;rieur, elles apprennent d'un ange que le Crucifi&#233; est ressuscit&#233;. Ce ne sont point les ap&#244;tres, mais de simples femmes qui, sans tenir compte ni de la col&#232;re du sanh&#233;drin, ni des soldats qui gardent la tombe, ni de la pierre qui fermait la caverne, rendues hardies par leur foi et leur amour, forment le dessein courageux de parachever l'embaumement de J&#233;sus. Souvent J&#233;sus, pour confondre nos jugements humains, se sert des instruments les moins adapt&#233;s et fait trouver au milieu du peuple, en des &#226;mes simples, des vertus que l'on chercherait &#224; grand-peine parmi ceux qui occupent les places les plus &#233;lev&#233;es dans la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Ap&#244;tres re&#231;urent-ils des femmes la premi&#232;re annonce de la r&#233;surrection du Seigneur. D'ailleurs, cette pr&#233;f&#233;rence, donn&#233;e &#224; la fid&#233;lit&#233; aimante de la femme, &#233;tait juste. Elle avait &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; pleurer, elle devait &#234;tre la premi&#232;re &#224; recouvrer la joie. Elle avait port&#233; &#224; Adam l'annonce de la mort, elle devait &#234;tre pour l'&#201;glise le premier h&#233;raut de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne chante pas d'offertoire, parce que la messe de la vigile pascale est beaucoup plus ancienne que l'introduction de ce chant &#224; Rome ; mais on pr&#233;pare sur le corporal l'hostie et le calice, et l'on accomplit les rites et les encensements habituels sur les oblations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte de pr&#233;paration &#224; l'anaphore cons&#233;cratoire, on supplie le Seigneur d'accueillir favorablement les pri&#232;res de son peuple avec l'offrande des hosties, en sorte que, initi&#233; au Sacrement pascal par le Bapt&#234;me et par la Communion, il trouve dans celle-ci un rem&#232;de efficace pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte de l'anaphore, avant les diptyques o&#249; se lisent les noms des ap&#244;tres et des &#233;v&#234;ques de Rome, on ins&#232;re la mention suivante : &#171; ... c&#233;l&#233;brant la nuit tr&#232;s sacr&#233;e de la r&#233;surrection de notre Seigneur J&#233;sus-Christ selon son humanit&#233;, et v&#233;n&#233;rant avant tout la m&#233;moire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, M&#232;re du m&#234;me J&#233;sus-Christ, notre Dieu et Seigneur ; v&#233;n&#233;rant en outre, etc. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sacrifice eucharistique qui aujourd'hui vient comme parfaire le rite de l'initiation chr&#233;tienne, est offert d'une fa&#231;on sp&#233;ciale pour les n&#233;ophytes. C'est pourquoi, dans la pri&#232;re que le Pape Innocent Ier aurait appel&#233;e Commendatio oblationum, on comm&#233;more en ce jour les nouveaux baptis&#233;s. Tenant les mains ouvertes sur les oblations, le pr&#234;tre dit : &#171; Nous vous prions donc, Seigneur, d'accueillir favorablement cette offrande de notre coll&#232;ge sacerdotal, et de toute votre famille ; nous vous la pr&#233;sentons aussi au nom de ceux que vous avez daign&#233; r&#233;g&#233;n&#233;rer au moyen de l'eau et du Saint-Esprit, leur accordant la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s ; afin que, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne r&#233;cite ni l'Agnus Dei, ni le psaume de la Communion, qui sont d'origine post&#233;rieure. L'absence du verset : Dona nobis pacem doit avoir contribu&#233;, durant le bas moyen &#226;ge, &#224; faire supprimer avant la Communion le baiser de paix que, selon le rit romain, on &#233;changeait toujours avant de s'approcher de la sainte Table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, quand toute cette messe vigiliale fut anticip&#233;e &#224; l'apr&#232;s-midi du samedi saint, on lui joignit &#233;trangement les v&#234;pres, en sorte que, apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; durant plusieurs heures cons&#233;cutives, la nuit de la R&#233;surrection du Seigneur, le rite actuel nous ram&#232;ne tout d'un coup en arri&#232;re d'au moins douze heures. Le fait est devenu encore plus sensible depuis que, &#224; force d'avancer la vigile pascale, on en est arriv&#233; &#224; l'anticiper jusqu'au matin du jour pr&#233;c&#233;dent. Toutes ces stratifications successives sont relev&#233;es ici, faut-il le dire, simplement pour leur int&#233;r&#234;t historique, sans que cela implique la moindre critique contre le rite actuel de l'&#201;glise : aucun de ses enfants, en effet, ne pourrait oser bl&#226;mer la prudente condescendance de cette tendre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Communion, on chante en guise de v&#234;pres : Ant. &#171; All&#233;luia, all&#233;luia, all&#233;luia. &#187; Ps. &#171; Louez le Seigneur, vous tous &#244; Gentils, etc. &#187; Ant. &#171; All&#233;luia, etc. &#187; Le capitule, l'hymne et le verset &#233;tant omis, le pr&#234;tre entonne imm&#233;diatement l'Antienne suivante : &#171; Dans la nuit du samedi *, &#224; l'aube du jour suivant, Marie de Magdala et l'autre Marie all&#232;rent voir le tombeau. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le cantique &#233;vang&#233;lique : Magnificat, durant lequel s'accomplit comme &#224; l'ordinaire, l'encensement de l'autel et du ch&#339;ur. Puis on r&#233;p&#232;te le chant de l'antienne ; pour finir, en guise de collecte vesp&#233;rale, le pr&#234;tre r&#233;cite l'antique pri&#232;re eucharistique : &#171; R&#233;pandez en nous, Seigneur, l'Esprit de votre amour, afin que, rassasi&#233;s par le Sacrement pascal, nous soyons aussi &#233;tablis par votre bont&#233; dans une concorde mutuelle. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit de dilection est un des fruits de la sainte Communion. Il nous pousse &#224; nous unir intimement tant au Christ personnel qu'au Christ mystique qui est l'&#201;glise, de fa&#231;on &#224; &#233;touffer en nous tous les germes d'&#233;go&#239;sme d&#233;sordonn&#233; qui nous font rechercher qu&#230; sua sunt, et &#224; ne plus vivre que de l'esprit de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Vigile pascale est le symbole de l'attente du divin Juge. Celui-ci nous a avertis qu'il viendra, tel un voleur, la nuit. Et comme l'affaire qui est en jeu, le salut de notre &#226;me, importe plus pour nous que quoi que ce soit au monde, aucune pr&#233;caution n'est de trop quand il s'agit de nous bien disposer &#224; ce redoutable moment d'o&#249; d&#233;pend notre &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens, durant la vigile pascale, s'attendaient &#224; l'accomplissement de la parousie tant d&#233;sir&#233;e du R&#233;dempteur. Nous ne savons pas quand elle arrivera ; nous savons seulement que ce sera au moment o&#249; le monde y pensera le moins. Mais ce n'est pas la seule parousie qui sera soudaine et pour laquelle il nous faut &#234;tre toujours en attente. Durant la journ&#233;e chr&#233;tienne, J&#233;sus vient &#224; nous si souvent, &#224; l'improviste, avec ses gr&#226;ces ! Prenons garde &#224; ne pas les laisser &#233;chapper. Elles ne reviennent plus, si nous avons manqu&#233; d'y correspondre. Une bonne occasion que Dieu nous offre et que nous laissons fuir est comme un pr&#233;cieux tr&#233;sor, flottant tout pr&#232;s de notre barque. Si nous ne le saisissons pas imm&#233;diatement, le courant l'emportera au loin, et nous ne le retrouverons que dans l'oc&#233;an de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matines du Samedi Saint.&lt;/strong&gt; &#8212; C'est la troisi&#232;me partie de la grande trilogie. Voici quelle est l'action : Le Christ est couch&#233; dans son tombeau ; l'&#201;glise s'assied pr&#232;s de ce tombeau et fait entendre sa plainte fun&#232;bre. Il repose dans la paix apr&#232;s son dur combat ; nous voyons sur son corps les traces de ses grandes souffrances. Alors qu'hier les r&#233;pons &#233;taient des plaintes sorties de la bouche de J&#233;sus, ce sont d'ordinaire, aujourd'hui, des plaintes de l'&#201;glise. Les Lamentations respirent d&#233;j&#224; l'esp&#233;rance ; tout est, aujourd'hui, plus calme, plus clair. Vers la fin, cependant, les matines reviennent &#224; une impression de tristesse profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas nous &#233;tonner : les matines, en effet, doivent exprimer le deuil de l'&#201;glise priv&#233;e de son &#201;poux. Les blessures mortelles sont encore visibles sur le divin cadavre et crient continuellement vengeance contre Isra&#235;l infid&#232;le ; les ennemis de J&#233;sus sont encore pleins de rage ; par le mensonge et la calomnie, ils essaient d'effacer jusqu'au souvenir du Seigneur ; Marie et les disciples sont encore plong&#233;s dans le deuil, et l'&#201;glise doit avouer douloureusement que beaucoup de ses enfants quittent le Golgotha, le c&#339;ur froid et sec, pour s'en retourner chez eux. Quand on pense &#224; tout cela, il semble que les blessures du grand Mort recommencent &#224; saigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Matines, &#224; la diff&#233;rence des deux jours pr&#233;c&#233;dents, on remarque un progr&#232;s dans l'action. Ce progr&#232;s est marqu&#233;, surtout, par les antiennes et les psaumes correspondants. Les r&#233;pons ne suivent pas l'action. On pourrait peut-&#234;tre distinguer six actes dans ce drame. Pendant que l'&#201;glise est assise pr&#232;s du tombeau, six tableaux passent devant ses yeux : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er Tableau : Le repos du tombeau (Ier Nocturne) : &#171; Dans la paix je m'endors et me repose &#187;. &#171; Il se reposera sur la montagne sainte &#187;. &#171; Mon corps repose dans l'esp&#233;rance &#187; (Psaumes). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2e Tableau : L'entr&#233;e de l'&#226;me de J&#233;sus dans les Limbes (IIe Nocturne) : &#171; Levez-vous, portes &#233;ternelles, que le Roi de gloire fasse son entr&#233;e !!) (Ps. 23). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3e Tableau : L'esp&#233;rance de la R&#233;surrection : &#171; Je crois que je verrai le Seigneur dans la terre des vivants &#187;. &#171; Tu as tir&#233; mon &#226;me des enfers &#187; (Ps. 26, 29). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4e Tableau : Le sceau appos&#233; sur le tombeau : Les le&#231;ons du second nocturne. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5e Tableau : J&#233;sus vainqueur de ses ennemis (me Nocturne, Ps. 53, 75). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6e Tableau (retour &#224; l'impression fondamentale) : Tristesse profonde et plainte : &#171; Comme un homme sans secours livr&#233; aux morts &#187; (Ps. 87) ; en outre, les r&#233;pons l, 2, 3,4, 5, 6, 7 ; le dernier r&#233;pons nous donne l'image finale du Samedi Saint : J&#233;sus au tombeau et les gardes autour de sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons encore que, dans ces matines, les antiennes jouent un grand r&#244;le, et que certains psaumes ont &#233;t&#233; choisis non pas &#224; cause de leur contenu complet, mais &#224; cause d'un seul verset, comme, par exemple, les psaumes 4, 14, 23. L'action se poursuit sans arr&#234;t jusqu'au seuil de la R&#233;surrection. Et au moment o&#249; nous attendrions le joyeux all&#233;luia, elle revient &#224; la plainte fun&#232;bre, comme si l'&#201;glise voulait nous dire : Arr&#234;tez, revenez en arri&#232;re, le Seigneur est encore au tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ces matines un charme tout particulier que l'on peut &#233;prouver quand on vit vraiment ces matines. Ce charme tient peut-&#234;tre en partie &#224; ce m&#233;lange de tristesse, d'esp&#233;rance et de joie contenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;r&#233;monies du Samedi Saint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT-JEAN DE LATRAN&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le Samedi Saint est le Jour sacr&#233; du repos du Seigneur ; on pourrait l'appeler le second sabbat apr&#232;s la cr&#233;ation. La liturgie l'appelle Sabbatum sanctum &#8212; le saint Sabbat. Ce jour est et devrait &#234;tre le jour le plus silencieux de l'ann&#233;e liturgique. On ne devrait y c&#233;l&#233;brer aucune fonction liturgique. R&#233;jouissons-nous que cela soit aujourd'hui possible de nouveau. Le Souverain Pontife Pie XII, par son d&#233;cret du 8 f&#233;vrier 1951, a r&#233;tabli l'ancienne c&#233;l&#233;bration de la nuit de P&#226;ques et r&#233;gl&#233; le rite de cette c&#233;l&#233;bration. Il a fait de nouveau de ce jour le plus silencieux de l'ann&#233;e. Nous pouvons consid&#233;rer cette nouveaut&#233; en partie comme le fruit de nos efforts durant bien des ann&#233;es. Il y a vingt-cinq ans que nous frappions &#224; la porte du P&#232;re de la chr&#233;tient&#233; et aujourd'hui nous sommes exauc&#233;s. Dans la pr&#233;c&#233;dente &#233;dition de notre ouvrage, nous &#233;crivions encore : &#171; La grande t&#226;che du renouveau liturgique sera de rendre au monde catholique sa seconde nuit sainte, la nuit de P&#226;ques, la &#171; m&#232;re de toutes les vigiles &#187; comme l'appelle saint Augustin. L'absence d'esprit et de sens liturgiques des quatre derniers si&#232;cles nous a ravi la plus sainte de toutes les nuits, l'esprit liturgique de notre si&#232;cle r&#233;parera ce d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant exposer et d&#233;crire la liturgie du Samedi Saint d'apr&#232;s le nouveau rite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de d&#233;crire la c&#233;l&#233;bration de la nuit pascale elle-m&#234;me, il nous faut parler des modifications apport&#233;es &#224; l'office des heures du Samedi Saint. Le premier changement r&#233;side dans le fait que les matines qui &#233;taient habituellement chant&#233;es le soir du Vendredi Saint en grande solennit&#233; doivent &#234;tre r&#233;cit&#233;es non plus la veille, mais le matin du Samedi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des heures, le seul office de la journ&#233;e, doit &#234;tre r&#233;parti &#224; l'heure convenable (hora competenti) au cours de la journ&#233;e, sans solennit&#233;. Donc d&#232;s le matin on r&#233;citera matines et laudes. Aux laudes il y a d&#233;j&#224; une modification. Apr&#232;s l'antienne &#171; Christus factus est obediens &#187; on ne r&#233;cite plus comme les jours pr&#233;c&#233;dents le psaume Miserere, mais on ajoute imm&#233;diatement une nouvelle Oraison : &#171; Accordez-nous, Dieu Tout-Puissant, &#224; nous qui c&#233;l&#233;brons &#224; l'avance, par une pieuse attente, la r&#233;surrection de votre Fils que nous obtenions la gloire de sa r&#233;surrection &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Oraison termine aujourd'hui toutes les, heures qui doivent &#234;tre r&#233;cit&#233;es &#233;galement &#224; l'heure fix&#233;e (sans le psaume 50). Les V&#234;pres sont dites l'apr&#232;s-midi. (Ce sont les V&#234;pres du Jeudi Saint) avec une Ire antienne ainsi modifi&#233;e : &#171; Aujourd'hui je suis tr&#232;s opprim&#233;, mais demain je me d&#233;barrasserai de mes liens &#187; et avec une nouvelle antienne de Magnificat : &#171; Les princes des pr&#234;tres et les pharisiens firent garder le s&#233;pulcre par des gardes et scell&#232;rent la pierre &#187;. Jadis les V&#234;pres &#233;taient jointes &#224; la Communion de la messe de la vigile, &#224; pr&#233;sent elles sont c&#233;l&#233;br&#233;es l'apr&#232;s-midi. Les Complies aussi sont r&#233;cit&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e est donc un jour silencieux qui n'est interrompu que par l'office des heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle Vigile Pascale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du samedi au dimanche de P&#226;ques, on c&#233;l&#232;bre la nuit pascale. On commence vers dix heures de sorte que la messe solennelle de la vigile puisse commencer &#224; minuit. L'autel qui, depuis le Jeudi Saint, &#233;tait d&#233;nud&#233;, est recouvert de nappes, mais les cierges ne seront allum&#233;s que plus tard avec le feu nouveau. Entre-temps, &#224; la porte de l'&#233;glise, on a tir&#233; du feu de la pierre et allum&#233; les charbons. Le pr&#234;tre, rev&#234;tu des ornements violets, b&#233;nit le feu nouveau, en disant : &#171; Dieu, qui par votre Fils, v&#233;ritable pierre angulaire, avez allum&#233; en vos fid&#232;les le feu de votre lumi&#232;re, sanctifiez ce feu nouveau tir&#233; de la pierre et qui doit servir &#224; notre usage, et faites-nous la gr&#226;ce d'&#234;tre tellement enflamm&#233;s de c&#233;lestes d&#233;sirs, durant ces f&#234;tes de P&#226;ques, que nous puissions par la puret&#233; de nos c&#339;urs, arriver &#224; ces f&#234;tes &#233;ternelles o&#249; nous jouirons d'une lumi&#232;re sans fin. &#187; Le feu est asperg&#233; trois fois avec de l'eau b&#233;nite. L'acolyte prend des charbons b&#233;nits et les met dans l'encensoir. Le pr&#234;tre y d&#233;pose de l'encens et encense le feu. Un cierge est allum&#233; au feu nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clerg&#233; se pr&#233;sente ensuite &#224; la porte de l'&#233;glise ; l'acolyte porte le cierge pascal devant le pr&#234;tre. Ce cierge est b&#233;nit avec de solennelles c&#233;r&#233;monies. Le pr&#234;tre trace sur le cierge pascal des signes symboliques qui doivent signifier que le cierge repr&#233;sente le Sauveur ressuscit&#233;. Le pr&#234;tre trace avec un stylet une croix sur le cierge pascal et dit en tra&#231;ant la barre verticale : &#171; Le Christ hier et aujourd'hui &#187;, puis en tra&#231;ant la barre horizontale &#171; le commencement et la fin &#187;. Il trace ensuite au-dessus et au-dessous de la croix les lettres grecques alpha et omega. Dans les quatre angles de la croix il &#233;crit les chiffres de l'ann&#233;e (par exemple 1952) et dit &#224; chacun de ces chiffres : &#171; A Lui les temps &#187;, &#171; et l'&#233;ternit&#233; &#187;, &#171; &#224; Lui la gloire et l'empire &#187;, &#171; pour tous les si&#232;cles, &#233;ternellement Amen &#187;. Ensuite le diacre pr&#233;sente au pr&#234;tre les cinq grains d'encens qui sont asperg&#233;s &#224; trois reprises avec de l'eau b&#233;nite puis encens&#233;s. Ces grains d'encens repr&#233;sentent les plaies transfigur&#233;es du Ressuscit&#233;, c'est ce qu'expriment clairement les paroles du pr&#234;tre, lorsqu'il les enfonce dans le cierge pascal : &#171; Que par ses saintes plaies glorieuses, le Christ Notre-Seigneur nous garde et nous conserve. Amen. &#187; Puis le diacre pr&#233;sente le cierge b&#233;nit au pr&#234;tre qui allume le cierge pascal, en disant : &#171; Que la lumi&#232;re du Christ ressuscitant glorieusement dissipe les t&#233;n&#232;bres du c&#339;ur et de l'esprit &#187;. Le pr&#234;tre b&#233;nit ensuite le cierge pascal allum&#233; en disant cette Oraison : &#171; qu'une effusion abondante de votre b&#233;n&#233;diction se r&#233;pande sur ce cierge allum&#233;, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, et r&#233;g&#233;n&#233;rateur invisible, allumez vous-m&#234;me ce feu qui doit nous &#233;clairer pendant cette nuit, afin que le sacrifice offert cette nuit re&#231;oive les impressions secr&#232;tes de votre lumi&#232;re et qu'en tout lieu o&#249; l'on portera l'une des choses que nous b&#233;nissons ici, les artifices et la malice du d&#233;mon soient expuls&#233;s et la puissance de votre majest&#233; y r&#233;side.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on &#233;teint toutes les lumi&#232;res de l'&#233;glise, afin qu'elle soit &#233;clair&#233;e par le cierge pascal. A pr&#233;sent a lieu avec le cierge pascal, &#224; travers l'&#233;glise, une procession solennelle qui constitue un des moments les plus impressionnants de toute la c&#233;r&#233;monie. A l'entr&#233;e de l'&#233;glise le diacre, portant la dalmatique blanche, h&#233;raut pascal, re&#231;oit le cierge pascal allum&#233;. La procession se compose ainsi : le thurif&#233;raire, le sous-diacre portant la croix et les deux acolytes, le diacre avec le cierge pascal, le pr&#234;tre, le clerg&#233; et les servants, ensuite des d&#233;l&#233;gations des fid&#232;les. Le diacre s'arr&#234;te &#224; trois reprises dans l'&#233;glise, &#233;l&#232;ve le cierge pascal, reste debout et chante chaque fois Lumen Christi. La premi&#232;re fois, le pr&#234;tre allume son cierge au cierge pascal, la seconde fois le clerg&#233; fait de m&#234;me et la troisi&#232;me fois c'est le tour des fid&#232;les. A chaque fois, tous s'agenouillent et chantent Deo gratias. Finalement, tous les assistants ont allum&#233; leurs cierges au cierge pascal. Toute l'&#233;glise est illumin&#233;e de centaines de cierges. Le diacre pose alors le cierge pascal devant l'autel sur un petit chandelier. Tous gagnent leurs places et &#233;coutent debout (comme pour l'&#233;vangile) leur cierge allum&#233; &#224; la main, l'hymne pascal, premier hommage au Ressuscit&#233;. Le diacre demande la b&#233;n&#233;diction du pr&#234;tre qui dit : &#171; Que le Seigneur soit dans ton c&#339;ur et sur tes l&#232;vres, pour que tu annonces dignement et comme il convient la proclamation pascale &#187;. Le diacre encense le livre et le cierge pascal, en en faisant le tour. Alors, le diacre chante le c&#233;l&#232;bre Exultet que nous ne cessons pas d'admirer. Vers la fin de l'Exultet il faut noter un petit changement. Autrefois on y nommait l'empereur romain et on priait pour lui, &#224; pr&#233;sent cette oraison est &#233;tendue &#224; tous les chefs d'&#233;tat : &#171; Jetez &#233;galement un regard sur ceux qui ont autorit&#233; pour nous gouverner, et par l'inexprimable vertu de votre mis&#233;ricorde paternelle, orientez leurs pens&#233;es vers la justice et la paix, afin que leurs efforts d'ici-bas les fassent parvenir &#224; la patrie c&#233;leste avec tout votre peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Exultet, le diacre &#244;te la dalmatique blanche, les cierges des fid&#232;les sont &#233;teints, tous s'assoient et l'ancienne vigile se c&#233;l&#232;bre devant le cierge pascal. Autrefois il y avait douze le&#231;ons ; elles sont maintenant r&#233;duites &#224; quatre, on a choisi, en plus de la premi&#232;re, celles qui sont suivies d'un Trait. I&#232;re Le&#231;on : Gen&#232;se 1,1-2,2 (l'&#339;uvre des six jours) ; 2e Le&#231;on, Exode 14,24-15,1 (Passage de la mer Rouge) avec le cantique de Mo&#239;se. 3e Le&#231;on, Isa&#239;e 4,1-6 (Splendeur du royaume messianique) avec le cantique de la vigne. 4e Le&#231;on, Deut&#233;ronome 31,22-3 (derni&#232;re exhortation de Mo&#239;se &#224; garder la fid&#233;lit&#233; envers Dieu avec le c&#233;l&#232;bre cantique de Mo&#239;se. A la fin de chaque Le&#231;on, tous se l&#232;vent pour l'Oraison. Le pr&#234;tre dit : &#171; Prions ! &#187; Le diacre ajoute : &#171; Fl&#233;chissons les genoux ! &#187; (Il invite &#224; prier en silence). Au bout d'un instant, le diacre dit : &#171; Levez-vous ! &#187; A pr&#233;sent seulement le pr&#234;tre r&#233;cite &#224; haute voix l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les Le&#231;ons a lieu la b&#233;n&#233;diction de l'eau baptismale qui, d'apr&#232;s les nouvelles rubriques, est encadr&#233;e par les litanies des saints. On commence par l'invocation des Saints, puis a lieu la b&#233;n&#233;diction de l'eau, non pas aux fonts baptismaux, mais au milieu de l'&#233;glise, sous les yeux des fid&#232;les ; ensuite a lieu la c&#233;r&#233;monie nouvelle, la r&#233;novation des promesses baptismales, en langue vulgaire. Les fid&#232;les pendant ce temps portent leur cierge allum&#233; ; puis &#224; la fin ils peuvent recevoir l'aspersion de l'eau b&#233;nite. Songeons &#224; la profonde impression que produirait cette c&#233;r&#233;monie, si des adultes recevaient le bapt&#234;me et faisaient leur premi&#232;re communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chante ensuite la seconde partie des litanies des Saints tandis que le clerg&#233; se rend &#224; la sacristie pour rev&#234;tir les ornements blancs. Le cierge pascal est plac&#233; sur le grand chandelier de l'ambon &#8212; pour y br&#251;ler durant quarante jours comme image du Ressuscit&#233;. La messe n'a que quelques modifications, mais tr&#232;s significatives. Il n'y a ni pri&#232;res au bas de l'autel ni dernier &#233;vangile, donc disparaissent les parties de la messe qui n'ont &#233;t&#233; introduites que dans le bas moyen &#226;ge et ne sont pas essentielles. Apr&#232;s la Communion sont supprim&#233;es les V&#234;pres en abr&#233;g&#233; comme nous l'avons remarqu&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le nouvel office de la nuit pascale dont les chr&#233;tiens amis de la liturgie ont le droit de se r&#233;jouir de tout c&#339;ur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le deuxi&#232;me Psaume(42), compos&#233; par David en exil, exprime son ardent d&#233;sir de revoir sa patrie, et l'esp&#233;rance qu'il a du retour ; c'est la figure du Christ au tombeau, aspirant &#224; la lumi&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Coloss. I, 20. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. V, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. V, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philipp. II, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;pons VIe de l'Office de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXXI, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XV, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Vigile Pascale se c&#233;l&#233;brait dans la matin&#233;e du Samedi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ephes. 11, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XXVIII, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XI, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVIII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. VI, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. IV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Confess., lib. VII, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Que les cat&#233;chum&#232;nes se retirent. Fils tr&#232;s chers, retournez chez vous, attendant l'heure o&#249; la gr&#226;ce de Dieu pourra op&#233;rer en vous le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ps. 9 : &#171; Qui demeure &#224; l'abri du Tr&#232;s-Haut &#187; et Ps. 4 : &#171; En paix, je me couche et je m'endors. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ad Nymphas l&#224; o&#249; Pierre baptisait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge Apostolique. Cf. Liber Sacramentorum, t. Ier, p. 32, et t. II, ch. Ier, p. 18 :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sumite perpetuam sancto de gurgite vitam ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cursus hic fidei, mors ubi sola perit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Roborat hic animos divino fonte lavacrum,&lt;br class='manualbr' /&gt;et dum membra madent, mens solidatur aquis. &lt;br class='manualbr' /&gt;Auxit apostolic&#230; geminatum sedis honorem&lt;br class='manualbr' /&gt;Christus, et ad c&#339;los hanc dedit esse viam ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Nam cui siderei commisit limina regni,&lt;br class='manualbr' /&gt;Hic habet in templis altera claustra poli.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Puisez dans l'eau sainte la vie &#233;ternelle :&lt;br class='manualbr' /&gt;Ici la foi prend son cours, o&#249; seule p&#233;rit la mort ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ici le bain jaillissant d'une source divine fortifie les &#226;mes,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et l'onde qui baigne les membres affermit l'esprit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge apostolique&lt;br class='manualbr' /&gt;Et Il lui a donn&#233; d'&#234;tre la voie menant aux cieux ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi celui &#224; qui Il confia l'entr&#233;e du royaume divin,&lt;br class='manualbr' /&gt;Garde dans ce temple une autre porte du ciel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le sens de l'&#233;pigraphe n'est pas parfaitement clair. Le double honneur conf&#233;r&#233; au Si&#232;ge apostolique est &#233;videmment l'&#233;vang&#233;lisation, le martyre et le s&#233;pulcre des deux Princes des Ap&#244;tres. Le privil&#232;ge, par suite, conc&#233;d&#233; en plus &#224; l'&#201;glise romaine, serait cette circonstance, que le Porte-Clefs du ciel gard&#226;t une seconde porte du paradis dans son propre baptist&#232;re. Pourtant, afin que ce dernier privil&#232;ge puisse constituer un honneur sp&#233;cial pour le Si&#232;ge apostolique, il ne suffit pas que le Bapt&#234;me ouvre d'une fa&#231;on quelconque la porte du Paradis &#8212; toutes les &#233;glises du monde avaient aussi leur baptist&#232;re, &#8212; mais il est requis que ce Bapt&#234;me soit en relation historique sp&#233;ciale avec l'ap&#244;tre Pierre, lequel aurait, ou inaugur&#233; lui-m&#234;me le baptist&#232;re, &#8212; si l'&#233;pigraphe se rapporte au cimeti&#232;re ad nymphas beati Petri ubi baptizabat, &#8212; ou bien il l'aurait consacr&#233; soit par son martyre, soit encore parce que les Pontifes, ses successeurs, l'administrent en son nom ; toutes circonstances qui se v&#233;rifient au Vatican, dans le baptist&#232;re damasien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le feu de votre splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette lumi&#232;re que vous avez sanctifi&#233;e et b&#233;nite&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Splendeur nocturne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qu'il brille par ses rayons myst&#233;rieux de votre lumi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;qu'en tout lieu o&#249; le myst&#232;re de cette b&#233;n&#233;diction sera apport&#233;, les ruses de la malice diabolique soient d&#233;jou&#233;es et que l&#224; aussi la puissance de votre majest&#233; &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;O bienheureuse faute, &#244; vraiment n&#233;cessaire p&#233;ch&#233; d'Adam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Participants de la nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Changeant toute chose, mais au dessein immuable. Cf. Confession, Lib. I, cap. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Vendredi Saint</title>
		<link>https://www.introibo.fr/spip.php?article17</link>
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		<dc:date>2026-03-22T15:11:09Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique A L'OFFICE DE LA NUIT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera en t&#234;te de l'Office de la nuit du Jeudi saint. &lt;br class='autobr' /&gt;
AU PREMIER NOCTURNE. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier Psaume (2) annonce proph&#233;tiquement la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle du Fils de Dieu, sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton220-4ca21.gif?1774192296' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A L'OFFICE DE LA NUIT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera en t&#234;te de l'Office de la nuit du Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU PREMIER NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (2) annonce proph&#233;tiquement la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle du Fils de Dieu, sa royaut&#233; sur les nations, et la vengeance qu'il exercera, au dernier jour, contre ses ennemis. Comme ce magnifique Cantique parle aussi de la r&#233;volte des puissants du monde contre le Christ, l'&#201;glise l'emploie en ce jour o&#249; les complots de la Synagogue ont produit la mort du R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (21) est, &#224; proprement parler, le Psaume de la Passion. Le premier verset contient une des derni&#232;res paroles de J&#233;sus-Christ sur la croix. Ses pieds et ses mains perc&#233;es, l'extension violente de ses membres, ses v&#234;tements partag&#233;s, sa robe jou&#233;e au sort, les langueurs de son agonie, les insultes de ceux qui l'ont crucifi&#233;, sont autant de traits qui font de ce divin Cantique comme un r&#233;cit anticip&#233; des faits &#233;vang&#233;liques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (26) fut compos&#233; par David, lorsqu'il fuyait la pers&#233;cution de Saul. Il offre un contraste frappant entre les p&#233;rils qui environnent le serviteur de Dieu, et la confiance inalt&#233;rable qu'il conserve dans le Seigneur. David est ici la figure du Christ au milieu des &#233;preuves de sa Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne continuent d'&#234;tre emprunt&#233;es aux Lamentations de J&#233;r&#233;mie. Nous avons expliqu&#233; le Jeudi Saint, les motifs qui ont port&#233; l'&#201;glise &#224; lire, en ces trois jours, cette triste &#233;l&#233;gie. Les deux premi&#232;res Le&#231;ons ont rapport &#224; la ruine de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me Le&#231;on, J&#233;r&#233;mie change de sujet. Selon l'usage de tous les Proph&#232;tes, il s'interrompt pour parler du Messie, la grande pr&#233;occupation d'Isra&#235;l. Mais ce n'est pas le Messie triomphant qu'il offre &#224; nos regards : c'est le Fils de l'homme, objet du courroux de Dieu, parce qu'il porte sur lui les p&#233;ch&#233;s du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quatri&#232;me Psaume (37) , David, apr&#232;s son p&#233;ch&#233;, en butte &#224; la r&#233;volte d'Absalon, se livre au regret des fautes qui ont d&#233;cha&#238;n&#233; sur lui les vengeances c&#233;lestes. Il est la figure du Messie qui, dans son agonie, confesse aussi que les iniquit&#233;s dont il s'est charg&#233; l'accablent, que son c&#339;ur est dans le trouble que ses forces l'ont abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David pers&#233;cut&#233; est encore, dans ce cinqui&#232;me Psaume (39), la figure du Messie ; mais ce divin Cantique renferme un trait qui n'est applicable qu'au Christ : c'est l'endroit o&#249; celui qui parle dit &#224; Dieu : &#171; Vous n'avez pas agr&#233;&#233; les victimes, ni les offrandes ; alors j'ai dit : &#171; Voici que je viens pour &#171; faire votre volont&#233;. &#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sixi&#232;me Psaume (53), David, poursuivi par les emb&#251;ches de Sa&#252;l, repr&#233;sente le Christ en butte &#224; la Synagogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise continue de lire, au deuxi&#232;me Nocturne, les Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes proph&#233;tiques de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume (58) fut aussi compos&#233; par David, dans le temps o&#249; il &#233;tait l'objet des poursuites de Sa&#252;l. Le Proph&#232;te d&#233;crit la rage de ses pers&#233;cuteurs, et trace en m&#234;me temps le portrait des ennemis du Messie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le huiti&#232;me Psaume (87), le Messie est en face de la mort qui va le d&#233;vorer ; il fait entendre ses plaintes, et se lamente sur l'abandon de ses disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuvi&#232;me Psaume (93) appelle la vengeance de Dieu sur ces juges pervers qui versent le sang innocent, comme si le juste n'avait pas au ciel un t&#233;moin de son immolation. Les princes des pr&#234;tres, les docteurs de la loi, le l&#226;che Ponce-Pilate, y sont d&#233;sign&#233;s sous les traits des juges iniques que le Psalmiste voue &#224; la col&#232;re c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me Nocturne, la sainte &#201;glise lit un passage de l'&#201;p&#238;tre aux H&#233;breux, dans lequel saint Paul nous montre le Fils de Dieu devenu Pontife et intercesseur pour les hommes aupr&#232;s de son P&#232;re, au moyen de l'effusion de son sang, par lequel il efface nos p&#233;ch&#233;s, et nous ouvre le ciel que la pr&#233;varication d'Adam nous avait ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A LAUDES.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes est le Miserere (Ps. 50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (142) est aussi du nombre de ceux que David composa au temps de la r&#233;volte d'Absalon. Il est affect&#233; &#224; l'Office des Laudes du Vendredi pendant l'ann&#233;e, et convient au myst&#232;re d'aujourd'hui, en ce qu'il exprime l'abandon de la part des hommes et la confiance en Dieu, sentiments qu'&#233;prouva le Messie sur la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (84) ordinaire des Laudes du Vendredi c&#233;l&#232;bre le grand myst&#232;re de la R&#233;demption accompli en ce jour, la fin du p&#233;ch&#233;, la col&#232;re divine apais&#233;e. On le chante sous l'Antienne suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cantique du Proph&#232;te Habacuc fait partie chaque semaine, de l'Office du Vendredi &#224; Laudes. Il c&#233;l&#232;bre avec magnificence la victoire du Christ sur ses ennemis, au jour o&#249; il viendra juger le monde, et forme un contraste sublime avec les humiliations auxquelles l'Homme-Dieu est en proie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier Psaume (147) est le psaume habituel des Laudes au Vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Verset, on chante la Cantique Benedictus, sous l'Antienne suivante : &#171; Ils plac&#232;rent au-dessus de sa t&#234;te cette inscription pour expliquer sa condamnation : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;p&#233;tition de cette Antienne, le ch&#339;ur chante sur un mode m&#233;lodieux et touchant les paroles suivantes que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te, en ces jours, &#224; la fin de tous ses Offices ; mais elle ajoute aujourd'hui que la mort &#224; laquelle le Fils de Dieu a daign&#233; se soumettre a &#233;t&#233; la mort de la Croix, c'est-&#224;-dire la plus honteuse et la plus cruelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Christ s'est fait ob&#233;issant pour nous jusqu'&#224; la mort, et &#224; la mort de la Croix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit ensuite &#224; voix basse Pater noster, suivi du Miserere, qui est r&#233;cit&#233; &#224; deux ch&#339;urs, sans chanter. Enfin, celui qui pr&#233;side prononce pour conclusion l'Oraison suivante : &#171; Daignez Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici pr&#233;sente, pour laquelle notre Seigneur J&#233;sus-Christ a bien voulu &#234;tre livr&#233; aux mains des m&#233;chants, et souffrir le supplice de la Croix : Lui qui vit et r&#232;gne avec vous, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil s'est lev&#233; sur J&#233;rusalem ; mais les pontifes et les docteurs de la loi n'ont pas attendu sa lumi&#232;re pour satisfaire leur haine contre J&#233;sus. Anne, qui avait d'abord re&#231;u l'auguste prisonnier, l'a fait conduire chez son gendre Ca&#239;phe. L'indigne pontife a os&#233; faire subir un interrogatoire au Fils de Dieu. J&#233;sus, d&#233;daignant de r&#233;pondre, a re&#231;u un soufflet d'un des valets. De faux t&#233;moins avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s ; ils viennent d&#233;poser leurs mensonges &#224; la face de celui qui est la V&#233;rit&#233; ; mais leurs t&#233;moignages ne s'accordent pas. Alors le grand-pr&#234;tre, voyant que le syst&#232;me qu'il a adopt&#233; pour convaincre J&#233;sus de blasph&#232;me n'aboutit qu'&#224; d&#233;masquer les complices de sa fraude, veut tirer de la bouche m&#234;me du Sauveur le d&#233;lit qui doit le rendre justiciable de la Synagogue. &#171; Je vous adjure, parle Dieu vivant, de r&#233;pondre. &#202;tes-vous le Christ Fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 63.&#034; id=&#034;nh10-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Telle est l'interpellation que le pontife adresse au Messie. J&#233;sus, voulant nous apprendre les &#233;gards qui sont dus &#224; l'autorit&#233;, aussi longtemps qu'elle en conserve les titres, sort de son silence, et r&#233;pond avec fermet&#233; : &#171; Vous l'avez dit : je le suis ; au reste, je vous d&#233;clare qu'un jour vous verrez le Fils de l'homme assis &#224; la droite de la Vertu de Dieu, et venant sur les nu&#233;es du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 64 ; Marc. XIV, 62.&#034; id=&#034;nh10-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; A ces mots, le pontife sacril&#232;ge se l&#232;ve, il d&#233;chire ses v&#234;tements, et s'&#233;crie : &#171; Il a blasph&#233;m&#233; ! Qu'avons-nous besoin de t&#233;moins ? Vous venez d'entendre le blasph&#232;me, que vous en semble ? &#187; De toutes parts, dans la salle, on crie : &#171; Il m&#233;rite la mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 65, 66.&#034; id=&#034;nh10-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le propre Fils de Dieu est descendu sur la terre pour rappeler &#224; la vie l'homme qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la mort ; et par le plus affreux renversement, c'est l'homme qui, en retour d'un tel bienfait, ose traduire &#224; son tribunal ce Verbe &#233;ternel, et le juge digne de mort. Et J&#233;sus garde le silence, et il n'an&#233;antit pas dans sa col&#232;re ces hommes aussi audacieux qu'ils sont ingrats ! R&#233;p&#233;tons en ce moment ces touchantes paroles par lesquelles l'&#201;glise Grecque interrompt souvent aujourd'hui la lecture du r&#233;cit de la Passion : &#171; Gloire &#224; votre patience, Seigneur ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine ce cri &#233;pouvantable : &#171; Il m&#233;rite la mort ! &#187; s'est-il fait entendre, que les valets du grand-pr&#234;tre se jettent sur J&#233;sus. Ils lui crachent au visage, et lui ayant ensuite band&#233; les yeux, ils lui donnent des soufflets, en lui disant : &#171; Proph&#232;te, devine qui t'a frapp&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 64.&#034; id=&#034;nh10-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Tels sont les hommages de la Synagogue au Messie dont l'attente la rend si fi&#232;re. La plume h&#233;site &#224; r&#233;p&#233;ter le r&#233;cit de tels outrages faits au Fils de Dieu ; et cependant ceci n'est que le commencement des indignit&#233;s qu'a d&#251; subir le R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, une sc&#232;ne plus affligeante encore pour le c&#339;ur de J&#233;sus se passe hors de la salle, dans la cour du grand-pr&#234;tre. Pierre, qui s'y est introduit, se trouve aux prises avec les gardes et les gens de service, qui l'ont reconnu pour un Galil&#233;en de la suite de J&#233;sus. L'Ap&#244;tre, d&#233;concert&#233; et craignant pour sa vie, abandonne l&#226;chement son ma&#238;tre, et va jusqu'&#224; affirmer par serment qu'il ne le conna&#238;t m&#234;me pas. Triste exemple du ch&#226;timent r&#233;serv&#233; &#224; la pr&#233;somption ! Mais, o mis&#233;ricorde de J&#233;sus ! Les valets du grand-pr&#234;tre l'entra&#238;nent vers le lieu o&#249; se tenait l'Ap&#244;tre ; il lance sur cet infid&#232;le un regard de reproche et de pardon ; Pierre s'humilie et pleure. Il sort &#224; ce moment de ce palais maudit ; et d&#233;sormais tout entier &#224; ses regrets, il ne se consolera plus qu'il n'ait revu son ma&#238;tre ressuscit&#233; et triomphant. Qu'il soit donc notre mod&#232;le, ce disciple p&#233;cheur et converti, en ces heures de compassion o&#249; la sainte &#201;glise veut que nous soyons t&#233;moins des douleurs toujours croissantes de notre Sauveur ! Pierre se retire ; car il craint sa faiblesse ; restons, nous, jusqu'&#224; la fin ; nous n'avons rien &#224; redouter ; et daigne le regard de J&#233;sus, qui fond les c&#339;urs les plus durs, se diriger vers nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les princes des pr&#234;tres, voyant que le jour commence &#224; luire, se disposent &#224; traduire J&#233;sus devant le gouverneur romain. Ils ont instruit sa cause comme celle d'un blasph&#233;mateur, mais il n'est pas en leur pouvoir de lui appliquer la loi de Mo&#239;se, selon laquelle il devrait &#234;tre lapid&#233;. J&#233;rusalem n'est plus libre, et ses propres lois ne la r&#233;gissent plus. Le droit de vie et de mort n'est plus exerc&#233; que par les vainqueurs, et toujours au nom de C&#233;sar. Comment ces pontifes et ces docteurs ne se rappellent-ils pas en ce moment l'oracle de Jacob mourant, qui d&#233;clara que le Messie viendrait, lorsque le sceptre serait enlev&#233; &#224; Juda ? Mais une noire jalousie les a &#233;gar&#233;s ; et ils ne sentent pas non plus que le traitement qu'ils vont faire subir &#224; ce Messie se trouve d&#233;crit par avance dans les proph&#233;ties qu'ils lisent et dont ils sont les gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bruit qui se r&#233;pand dans la ville que J&#233;sus a &#233;t&#233; saisi cette nuit, et qu'on se dispose &#224; le traduire devant le gouverneur, arrive aux oreilles du tra&#238;tre Judas. Ce mis&#233;rable aimait l'argent ; mais il n'avait aucun motif de d&#233;sirer la mort de son ma&#238;tre. Il connaissait le pouvoir surnaturel de J&#233;sus, et se flattait peut-&#234;tre que les suites de sa trahison seraient promptement arr&#234;t&#233;es par celui &#224; qui la nature et les &#233;l&#233;ments ne r&#233;sistaient jamais. Maintenant qu'il voit J&#233;sus aux mains de ses plus cruels ennemis, et que tout annonce un d&#233;nouement tragique, un remords violent s'empare de lui ; il court au Temple, et va jeter aux pieds des princes des pr&#234;tres ce fatal argent qui a &#233;t&#233; le prix du sang. On dirait que cet homme est converti, et qu'il va implorer son pardon. H&#233;las ! Il n'en est rien. Le d&#233;sespoir est le seul sentiment qui lui reste, et il a h&#226;te d'aller mettre fin &#224; ses jours. Le souvenir de tous les appels que J&#233;sus fit &#224; son c&#339;ur, hier encore, durant la C&#232;ne et jusque dans le jardin, loin de lui donner confiance, ne sert qu'&#224; l'accabler ; et pour avoir dout&#233; d'une mis&#233;ricorde qu'il devrait cependant conna&#238;tre, il se pr&#233;cipite dans l'&#233;ternelle damnation, au moment m&#234;me o&#249; le sang qui lave tous les crimes a d&#233;j&#224; commenc&#233; d&#233;couler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les princes des pr&#234;tres, conduisant avec eux J&#233;sus encha&#238;n&#233;, se pr&#233;sentent au gouverneur Pilate, demandant d'&#234;tre entendus sur une cause criminelle. Le gouverneur para&#238;t, et leur dit avec une sorte d'ennui : &#171; Quelle accusation apportez-vous contre cet homme ? &#8212; Si ce n'&#233;tait pas un malfaiteur, r&#233;pondent-ils, nous ne vous l'aurions pas livr&#233;. &#187; Le m&#233;pris et le d&#233;go&#251;t se trahissent d&#233;j&#224; dans les paroles du gouverneur, et l'impatience dans la r&#233;ponse que lui adressent les princes des pr&#234;tres. On voit que Pilate se soucie peu d'&#234;tre le ministre de leurs vengeances : &#171; Prenez-le, leur dit-il, et jugez-le selon votre loi. &#8212; Mais, r&#233;pondent ces hommes de sang, il ne nous est pas permis de faire mourir personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVIII, 20-32.&#034; id=&#034;nh10-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pilate, qui &#233;tait sorti du Pr&#233;toire pour parler aux ennemis du Sauveur, y rentre et fait introduire J&#233;sus. Le Fils de Dieu et le repr&#233;sentant du monde pa&#239;en sont en pr&#233;sence. &#171; &#202;tes-vous donc le roi des Juifs ? demande Pilate. &#8212; Mon royaume n'est pas de ce monde, r&#233;pond J&#233;sus ; il n'a rien de commun avec ces royaumes form&#233;s par la violence ; sa source est d'en haut. Si mon royaume &#233;tait de ce monde, j'aurais des soldats qui ne m'eussent pas laiss&#233; tomber au pouvoir des Juifs. Bient&#244;t, &#224; mon tour, j'exercerai l'empire terrestre ; mais &#224; cette heure mon royaume n'est pas d'ici bas. &#8212; Vous &#234;tes donc roi, enfin ? reprend Pilate. &#8212; Oui, je suis roi, &#187; dit le Sauveur. Apr&#232;s avoir confess&#233; sa dignit&#233; auguste, l'Homme-Dieu fait un effort pour &#233;lever ce Romain au-dessus des int&#233;r&#234;ts vulgaires de sa fortune ; il lui propose un but plus digne de l'homme que la recherche des honneurs de la terre. &#171; Je suis venu en ce monde, lui dit-il, pour rendre t&#233;moignage &#224; la V&#233;rit&#233; ; quiconque est de la V&#233;rit&#233; &#233;coute ma voix. &#8212; Et qu'est-ce que la V&#233;rit&#233; ? &#187; reprend Pilate ; et sans attendre la r&#233;ponse &#224; sa question, press&#233; d'en finir, il laisse J&#233;sus, et va retrouver les accusateurs. &#171; Je ne reconnais en cet homme aucun crime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVIII, 33-38.&#034; id=&#034;nh10-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#187; leur dit-il. Ce pa&#239;en avait cru rencontrer en J&#233;sus un docteur de quelque secte juive dont les enseignements ne valaient pas la peine d'&#234;tre &#233;cout&#233;s, mais en m&#234;me temps un homme inoffensif dans lequel on ne pouvait, sans injustice, chercher un homme dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine Pilate a-t-il exprim&#233; son avis favorable sur J&#233;sus, qu'un amas d'accusations est produit contre ce Roi des Juifs par les princes des pr&#234;tres. Le silence de J&#233;sus, au milieu de tant d'atroces mensonges, &#233;meut le gouverneur : &#171; Mais n'entendez-vous pas, lui dit-il, tout ce qu'ils disent contre vous ? &#187; Cette parole, d'un int&#233;r&#234;t visible, n'enl&#232;ve point J&#233;sus &#224; son noble silence ; mais elle provoque de la part de ses ennemis une nouvelle explosion de fureur. &#171; Il agite le peuple, s'&#233;crient les princes des pr&#234;tres ; il va pr&#234;chant dans toute la Jud&#233;e, depuis la Galil&#233;e jusqu'ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 13-14 ; Luc. XXIII, 5.&#034; id=&#034;nh10-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Dans ce mot de Galil&#233;e, Pilate croit voir un trait de lumi&#232;re. H&#233;rode, t&#233;trarque de Galil&#233;e, est en ce moment &#224; J&#233;rusalem. Il faut lui remettre J&#233;sus ; il est son sujet ; et cette cession d'une cause criminelle d&#233;barrassera le gouverneur, en m&#234;me temps qu'elle r&#233;tablira la bonne harmonie entre H&#233;rode et lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sauveur est donc tra&#238;n&#233; dans les rues de J&#233;rusalem, du Pr&#233;toire au palais d'H&#233;rode. Ses ennemis l'y poursuivent avec la m&#234;me rage, et J&#233;sus garde le m&#234;me silence. Il ne recueille l&#224; que le m&#233;pris du mis&#233;rable H&#233;rode, du meurtrier de Jean-Baptiste ; et bient&#244;t les habitants de J&#233;rusalem le voient repara&#238;tre sous la livr&#233;e d'un insens&#233;, entra&#238;n&#233; de nouveau vers le Pr&#233;toire. Ce retour inattendu de l'accus&#233; contrarie Pilate ; cependant il croit avoir trouv&#233; un nouveau moyen de se d&#233;barrasser de cette cause qui lui est odieuse. La f&#234;te de P&#226;que lui fournit occasion de gracier un coupable ; il va essayer de faire tomber cette faveur sur J&#233;sus. Le peuple est ameut&#233; aux portes du Pr&#233;toire ; il n'y a qu'&#224; mettre en parall&#232;le J&#233;sus, ce m&#234;me J&#233;sus que la ville a vu conduire en triomphe il y a quelques jours, avec Barabbas, ce malfaiteur qui est un objet d'horreur pour J&#233;rusalem ; le choix du peuple ne peut manquer d'&#234;tre favorable &#224; J&#233;sus. &#171; Qui voulez-vous que je vous d&#233;livre, leur dit-il, de J&#233;sus ou de Barabbas ? &#187; La r&#233;ponse ne se fait pas attendre ; des voix tumultueuses s'&#233;crient : &#171; Non J&#233;sus, mais Barabbas ! &#8212; Que faire donc de J&#233;sus ? reprend le gouverneur interdit. &#8212; Crucifiez-le ! &#8212; Mais quel mal a-t-il fait ? Je vais le ch&#226;tier, et je le renverrai ensuite. &#8212; Non, non ; crucifiez-le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII ; Luc. XXIII.&#034; id=&#034;nh10-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve n'a pas r&#233;ussi ; et la situation du l&#226;che gouverneur est devenue plus critique qu'auparavant. En vain il a cherch&#233;e ravaler l'innocent au niveau d'un malfaiteur ; la passion d'un peuple ingrat et soulev&#233; n'en a tenu aucun compte. Pilate est r&#233;duit &#224; promettre qu'il va faire ch&#226;tier J&#233;sus d'une mani&#232;re assez barbare pour &#233;tancher un peu la soif de sang qui d&#233;vore cette populace ; mais il n'a fait que provoquer un nouveau cri de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'allons pas plus loin sans offrir au Fils de Dieu une r&#233;paration pour l'indigne outrage dont il vient d'&#234;tre l'objet. Mis en balance avec un homme inf&#226;me, c'est ce dernier qu'on lui pr&#233;f&#232;re. Si Pilate essaie par piti&#233; de lui sauver la vie, c'est &#224; condition de lui faire subir cette ignoble comparaison, et c'est en pure perte. Les voix qui chantaient Hosannah au fils de David, il y a quelques jours, ne font plus entendre que des hurlements f&#233;roces ; et le gouverneur, qui craint une s&#233;dition, a os&#233; promettre de punir celui dont il a tout &#224; l'heure confess&#233; l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est livr&#233; aux soldats pour &#234;tre flagell&#233; par eux. On le d&#233;pouille avec violence de ses v&#234;tements, et on l'attache &#224; la colonne qui servait pour ces ex&#233;cutions. Les fouets les plus cruels sillonnent son corps tout entier, et le sang coule par ruisseaux le long de ses membres divins. Recueillons cette seconde effusion du sang de notre R&#233;dempteur, par laquelle J&#233;sus expie pour l'humanit&#233; tout enti&#232;re les complaisances et les crimes de la chair. C'est par la main des Gentils que ce traitement lui est inflige ; les Juifs l'ont livr&#233;, et les Romains sont les ex&#233;cuteurs ; tous nous avons tremp&#233; dans l'affreux d&#233;icide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette soldatesque est lasse enfin de frapper ; les bourreaux d&#233;tachent leur victime, en auront-ils enfin piti&#233; ? Non, ils vont faire succ&#233;der &#224; tant de cruaut&#233; une d&#233;rision sacril&#232;ge. J&#233;sus a &#233;t&#233; appel&#233; le Roi des Juifs ; les soldats prennent occasion de ce titre pour donner une forme nouvelle &#224; leurs outrages. Un roi porte la couronne ; les soldats vont en imposer une au fils de David. Tressant &#224; la h&#226;te un horrible diad&#232;me avec des branches d'arbrisseaux &#233;pineux, ils la lui enfoncent sur la t&#234;te, et pour la troisi&#232;me fois, le sang de J&#233;sus coule avec abondance. Puis, afin de compl&#233;ter l'ignominie, les soldats lui jettent sur les &#233;paules un manteau de pourpre, et placent dans sa main un roseau, en guise de sceptre. Alors ils se mettent a genoux devant lui, et disent : &#171; Roi des Juifs, salut ! &#187; Et cet hommage insultant est accompagn&#233; de soufflets sur le visage de l'Homme-Dieu, et d'inf&#226;mes crachats ; et de temps en temps on lui arrache le roseau des mains pour l'en frapper sur la t&#234;te, afin d'enfoncer toujours davantage les cruelles &#233;pines dont elle est ceinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce spectacle, le chr&#233;tien se prosterne dans un douloureux respect, et dit &#224; son tour. &#171; Roi des Juifs, salut ! Oui, vous &#234;tes le fils de David, et &#224; ce titre, notre Messie et notre R&#233;dempteur. Isra&#235;l renie votre royaut&#233; qu'il proclamait nagu&#232;re ; la gentilit&#233; n'y trouve qu'une occasion de plus pour vous outrager ; mais vous n'en r&#233;gnerez pas moins par la justice sur J&#233;rusalem, qui ne tardera pas &#224; sentir le poids de votre sceptre vengeur ; par la mis&#233;ricorde sur les Gentils, que bient&#244;t vos Ap&#244;tres am&#232;neront &#224; vos pieds. En attendant, recevez notre hommage et notre soumission. R&#233;gnez d&#232;s aujourd'hui sur nos c&#339;urs et sur notre vie tout enti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conduit J&#233;sus &#224; Pilate dans l'affreux &#233;tat o&#249; l'a mis la cruaut&#233; des soldats. Le gouverneur ne doute pas qu'une victime r&#233;duite aux abois n'obtienne gr&#226;ce devant le peuple ; et faisant monter avec lui le Sauveur &#224; une galerie du palais, il le montre &#224; la multitude, en disant : &#171; Voil&#224; l'homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 5.&#034; id=&#034;nh10-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Cette parole &#233;tait plus profonde que ne le croyait Pilate. Il ne disait pas : Voil&#224; J&#233;sus, ni voil&#224; le Roi des Juifs ; il se servait d'une expression g&#233;n&#233;rale dont il n'avait pas la clef, mais dont le chr&#233;tien poss&#232;de l'intelligence. Le premier homme, dans sa r&#233;volte contre Dieu, avait boulevers&#233;, par son p&#233;ch&#233;, l'&#339;uvre enti&#232;re du Cr&#233;ateur ; en punition de son orgueil et de sa convoitise, la chair avait asservi l'esprit ; et la terre elle-m&#234;me, en signe de mal&#233;diction, ne produisait plus que des &#233;pines. Le nouvel homme qui porte, non la r&#233;alit&#233;, mais la ressemblance du p&#233;ch&#233;, para&#238;t ; et l'&#339;uvre du Cr&#233;ateur reprend en lui son harmonie premi&#232;re ; mais c'est par la violence. Pour montrer que la chair doit &#234;tre asservie &#224; l'esprit, la chair en lui est bris&#233;e sous les fouets ; pour montrer que l'orgueil doit c&#233;der la place &#224; l'humilit&#233;, s'il porte une couronne, ce sont les &#233;pines de la terre maudite qui la forment sur sa t&#234;te. Triomphe de l'esprit sur les sens, abaissement de la volont&#233; superbe sous le joug de la sentence : voil&#224; l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l est comme le tigre ; la vue du sang irrite sa soif ; il n'est heureux qu'autant qu'il s'y baigne. A peine a-t-il aper&#231;u sa victime ensanglant&#233;e, qu'il s'&#233;crie avec une nouvelle fureur : &#171; Crucifiez-le ! crucifiez-le ! &#8212;Eh bien ! dit Pilate, prenez-le vous-m&#234;mes, et crucifiez-le ; pour moi, je ne trouve aucun crime en lui. &#187; Et cependant on l'a mis, par son ordre, dans un &#233;tat qui, &#224; lui seul, peut lui causer la mort. Sa l&#226;chet&#233; sera encore d&#233;jou&#233;e. Les Juifs r&#233;pliquent en invoquant le droit que les Romains laissaient aux peuples conquis : &#171; Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir ; car il s'est dit le Fils de Dieu. &#187; A cette r&#233;clamation. Pilate se trouble ; il rentre dans la salle avec J&#233;sus, et lui dit : &#171; D'o&#249; &#234;tes-vous ? &#187; J&#233;sus se tait ; Pilate n'&#233;tait pas digne d'entendre le Fils de Dieu lui rendre raison de sa divine origine. Il s'irrite cependant : &#171; Vous ne me r&#233;pondez pas ? dit-il ; ne savez-vous pas que j'ai le pouvoir de vous crucifier, et le pouvoir de vous absoudre ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus daigne parler ; et c'est pour nous apprendre que tome puissance de gouvernement, m&#234;me chez les infid&#232;les, vient de Dieu, et non de ce qu'on appelle le pacte social : &#171; Vous n'auriez pas ce pouvoir, r&#233;pondit-il, s'il ne vous avait &#233;t&#233; donn&#233; d'en haut : c'est pour cela que le p&#233;ch&#233; de celui qui m'a livr&#233; &#224; vous est d'autant plus grand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX.&#034; id=&#034;nh10-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La noblesse et la dignit&#233; de ces paroles subjuguent le gouverneur ; et il veut encore essayer de sauver J&#233;sus. Mais les cris du peuple p&#233;n&#232;trent de nouveau jusqu'&#224; lui : &#171; Si vous le laissez aller, lui dit-on, vous n'&#234;tes pas l'ami de C&#233;sar. Quiconque se fait roi, se d&#233;clare contre C&#233;sar. &#187; A ces paroles, Pilate, essayant une derni&#232;re fois de ramener &#224; la piti&#233; ce peuple furieux, sort de nouveau, et monte sur un si&#232;ge en plein air ; il s'assied et fait amener J&#233;sus : &#171; Le voil&#224;, dit-il, votre roi ; voyez si C&#233;sar a quelque chose &#224; craindre de lui. &#187; Mais les cris redoublent : &#171; &#212;tez-le ! &#212;tez-le ! Crucifiez-le ! &#8212; Mais, dit le gouverneur, qui affecte de ne pas voir la gravite du p&#233;ril, crucifierai-je donc votre roi ? &#187; Les Pontifes r&#233;pondent : &#171; Nous n'avons point d'autre roi que C&#233;sar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh10-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Parole indigne qui, lorsqu'elle sort du sanctuaire, annonce aux peuples que la foi est en p&#233;ril : eu m&#234;me temps parole de r&#233;probation pour J&#233;rusalem ; car si elle n'a pas d'autre roi que C&#233;sar, le sceptre n'est plus dans Juda, et l'heure du Messie est arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pilate, voyant que la s&#233;dition est au comble, et que sa responsabilit&#233; de gouverneur est menac&#233;e, se r&#233;sout &#224; abandonner J&#233;sus &#224; ses ennemis. Il porte enfin quoique &#224; contrec&#339;ur, cette sentence qui doit produire en sa conscience un affreux remords dont bient&#244;t il cherchera la d&#233;livrance dans le suicide. Il trace lui-m&#234;me sur une tablette, avec un pinceau, l'inscription qui doit &#234;tre plac&#233;e au-dessus de la t&#234;te de J&#233;sus. Il accorde m&#234;me &#224; la haine des ennemis du Sauveur que, pour une plus grande ignominie, deux voleurs seront crucifies avec lui. Ce trait &#233;tait n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement de l'oracle proph&#233;tique : il sera mis au rang des sc&#233;l&#233;rats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. LIII, 12.&#034; id=&#034;nh10-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Puis, lavant ses mains publiquement, &#224; ce moment o&#249; il souille son &#226;me du plus odieux forfait, il s'&#233;crie en pr&#233;sence du peuple : &#171; Je suis innocent du sang de ce juste : cela vous regarde. &#187; Et tout le peuple r&#233;pond par ce souhait &#233;pouvantable : &#171; Que son sang soit sur nous et sur nos enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 24-25.&#034; id=&#034;nh10-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce fut le moment o&#249; le signe du parricide vint s'empreindre sur le front du peuple ingrat et sacril&#232;ge, comme autrefois sur celui de Ca&#239;n ; dix-huit si&#232;cles de servitude, de mis&#232;re et de m&#233;pris ne l'ont pas effac&#233;. Pour nous, enfants de la gentilit&#233;, sur lesquels ce sang divin est descendu comme une ros&#233;e mis&#233;ricordieuse, rendons gr&#226;ce &#224; la bont&#233; du P&#232;re c&#233;leste, qui &#171; a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 16.&#034; id=&#034;nh10-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; rendons gr&#226;ces &#224; l'amour de ce Fils unique de Dieu, qui, voyant que nos souillures ne pouvaient &#234;tre lav&#233;es que dans son sang, nous le donne aujourd'hui jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici commence la Voie douloureuse, et le Pr&#233;toire de Pilate, o&#249; fut prononc&#233;e la sentence de J&#233;sus, en est la premi&#232;re Station. Le R&#233;dempteur est abandonn&#233; aux Juifs par l'autorit&#233; du gouvernent. Les soldais s,'empare m de lui et l'emm&#232;nent hors de la cour du Pr&#233;toire. Ils lui enl&#232;vent le manteau de pourpre, et le rev&#234;tent de ses v&#234;tements qu'ils lui avaient &#244;t&#233;s pour le flageller ; enfin ils chargent la croix sur ses &#233;paules d&#233;chir&#233;es. Le lieu o&#249; le nouvel Isaac re&#231;ut ainsi le bois de son sacrifice est d&#233;sign&#233; comme la seconde Station. La troupe des soldats, renforc&#233;e des ex&#233;cuteurs, des princes des pr&#234;tres, des docteurs de la loi, d'un peuple immense, se met en marche. J&#233;sus s'avance sous le fardeau de sa croix ; mais bient&#244;t, &#233;puis&#233; par le sang qu'il a perdu et par les souffrances de tout genre, il ne peut plus se soutenir, et tombant sous le faix, il marque par sa chute la troisi&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats rel&#232;vent avec brutalit&#233; le divin captif qui succombait plus encore sous le poids de nos p&#233;ch&#233;s que sous celui de l'instrument de son supplice. Il vient de reprendre sa marche chancelante, lorsque tout &#224; coup sa m&#232;re &#233;plor&#233;e se pr&#233;sente &#224; ses regards. La femme forte, dont l'amour maternel est invincible, s'est rendue sur le passage de son fils ; elle veut le voir, le suivre, s'attacher &#224; lui, jusqu'&#224; ce qu'il expire. Sa douleur est au-dessus de toute parole humaine ; les inqui&#233;tudes de ces derniers jours ont d&#233;j&#224; &#233;puis&#233; ses forces ; toutes les souffrances de son fils lui ont &#233;t&#233; divinement manifest&#233;es ; elle s'y est associ&#233;e, et elle les a toutes endur&#233;es une &#224; une. Mais elle ne peut plus demeurer loin du regard des hommes ; le sacrifice avance dans son cours, la consommation est proche ; il lui faut &#234;tre avec son fils, et rien ne la pourrait retenir en ce moment. La fid&#232;le Madeleine est pr&#232;s d'elle, noy&#233;e dans ses pleurs ; Jean. Marie m&#232;re de Jacques avec Salom&#233;, l'accompagnent aussi ; ils pleurent sur leur ma&#238;tre ; mais elle, c'est sur son fils qu'elle pleure. J&#233;sus la voit, et il n'est pas en son pouvoir de la consoler, car tout ceci n'est encore que le commencement des douleurs. Le sentiment des angoisses qu'&#233;prouve en ce moment le c&#339;ur de la plus tendre des m&#232;res vient oppresser d'un nouveau poids le c&#339;ur du plus aimant des fils. Les bourreaux n'accorderont pas un moment de retard dans la marche, en faveur de cette m&#232;re d'un condamn&#233; ; elle peut se tra&#238;ner, si elle le veut, &#224; la suite du funeste convoi : c'est beaucoup pour eux qu'ils ne la repoussent pas ; mais la rencontre de J&#233;sus et de Marie sur le chemin du Calvaire d&#233;signera pour jamais la quatri&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route est longue encore ; car, selon la loi, les criminels devaient subir leur supplice hors des portes de la ville. Les Juifs en sont &#224; craindre que la victime n'expire avant d'&#234;tre arriv&#233;e au lieu du sacrifice. Un homme qui revenait de la campagne, nomm&#233; Simon de Cyr&#232;ne, rencontre le douloureux cort&#232;ge ; on l'arr&#234;te, et, par un sentiment cruellement humain envers J&#233;sus, on oblige cet homme &#224; partager avec lui l'honneur et la fatigue de porter l'instrument du salut du monde. Cette rencontre de J&#233;sus avec Simon de Cyr&#232;ne consacre la cinqui&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques pas de l&#224;, un incident inattendu vient frapper d'&#233;tonnement et de stupeur jusqu'aux bourreaux eux-m&#234;mes. Une femme fend la foule, &#233;carte les soldats et se pr&#233;cipite jusqu'aupr&#232;s du Sauveur Elle tient entre ses mains son voile qu'elle a d&#233;tache, et elle en essuie d'une main tremblante le visage de J&#233;sus, que le sang, la sueur et les crachats avaient rendu m&#233;connaissable. Elle l'a reconnu cependant, parce qu'elle l'a aim&#233; ; et elle n'a pas craint d'exposer sa vie pour lui offrir ce l&#233;ger soulagement. Son amour sera r&#233;compens&#233; : la face du R&#233;dempteur, empreinte par miracle sur ce voile, en fera d&#233;sormais son plus cher tr&#233;sor ; et elle aura eu la gloire de d&#233;signer, par son acte courageux, la sixi&#232;me Station de la Voie douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les forces de J&#233;sus s'&#233;puisent de plus en plus, &#224; mesure que l'on approche du terme fatal. Une subite d&#233;faillance abat une seconde fois la victime, et marque la septi&#232;me Station. J&#233;sus est bient&#244;t relev&#233; avec violence par les soldats, et se tra&#238;ne de nouveau sur le sentier qu'il arrose de son sang. Tant d'indignes traitements excitent des cris et des lamentations dans un groupe de femmes qui, &#233;mues de compassion pour le Sauveur, s'&#233;taient mises &#224; la suite des soldats et avaient brav&#233; leurs insultes. J&#233;sus, touch&#233; de l'int&#233;r&#234;t courageux de ces femmes qui, dans la faiblesse de leur sexe, montraient plus de grandeur d'&#226;me que le peuple entier de J&#233;rusalem, leur adresse un regard de bont&#233;, et reprenant toute la dignit&#233; de son langage de proph&#232;te, il leur annonce, en pr&#233;sence des princes des pr&#234;tres et des docteurs de la loi, l'&#233;pouvantable ch&#226;timent qui suivra bient&#244;t l'attentat dont elles sont t&#233;moins, et qu'elles d&#233;plorent avec tant de larmes. &#171; Filles de J&#233;rusalem, leur dit-il, &#224; cet endroit m&#234;me qui est compt&#233; pour la huiti&#232;me Station ; filles de J&#233;rusalem ! Ce n'est pas sur moi qu'il faut pleurer ; c'est sur vous et sur vos enfants ; car il viendra des jours o&#249; l'on dira : Heureuses les st&#233;riles, et les entrailles qui n'ont point port&#233;, et les mamelles qui n'ont point allait&#233; ! Alors ils diront aux montagnes : Tombez sur nous ; et aux collines : Couvrez-nous ; mais si l'on traite ainsi le bois vert aujourd'hui, comment alors sera trait&#233; le bois sec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 27-31.&#034; id=&#034;nh10-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin on est arriv&#233; au pied de la colline du Calvaire, et J&#233;sus doit encore la gravir avant d'arriver au lieu de son sacrifice. Une troisi&#232;me fois son extr&#234;me fatigue le renverse sur la terre, et sanctifie la place o&#249; les fid&#232;les v&#233;n&#233;reront la neuvi&#232;me Station. La soldatesque barbare intervient encore pour faire reprendre &#224; J&#233;sus sa marche p&#233;nible, et apr&#232;s bien des coups il parvient enfin au sommet de ce monticule qui doit servir d'autel au plus sacr&#233; et au plus puissant de tous les holocaustes. Les bourreaux s'emparent de la croix et vont l'&#233;tendre sur la terre, en attendant qu'ils y attachent la victime. Auparavant, selon l'usage des Romains, qui &#233;tait aussi pratiqu&#233; par les Juifs, on offre &#224; J&#233;sus une coupe qui contenait du vin m&#234;l&#233; de myrrhe. Ce breuvage, qui avait l'amertume du fiel, &#233;tait un narcotique destin&#233; &#224; engourdir jusqu'&#224; un certain point les sens du patient, et &#224; diminuer les douleurs de son supplice. J&#233;sus touche un moment de ses l&#232;vres cette potion que la coutume, plut&#244;t que l'humanit&#233;, lui faisait offrir ; mais il refuse d'en boire, voulant rester tout entier aux souffrances qu'il a daign&#233; accepter pour le salut des hommes. Alors les bourreaux lui arrachent avec violence ses v&#234;tements colles &#224; ses plaies, et s'appr&#234;tent &#224; le conduire au lieu o&#249; la croix l'attend. L'endroit du Calvaire o&#249; J&#233;sus fut ainsi d&#233;pouill&#233;, et o&#249; on lui pr&#233;senta le breuvage amer, est d&#233;sign&#233; comme la dixi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Les neuf premi&#232;res sont encore visibles dans les rues de J&#233;rusalem, de l'emplacement du Pr&#233;toire jusqu'au pied du Calvaire ; mais cette derni&#232;re, ainsi que les quatre suivantes, sont dans l'int&#233;rieur de l'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, qui renferme dans sa vaste enceinte le th&#233;&#226;tre des derni&#232;res sc&#232;nes de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il nous faut suspendre ce r&#233;cit ; d&#233;j&#224; m&#234;me nous avons devance un peu les heures de cette grande journ&#233;e, et nous avons &#224; revenir plus tard sur le Calvaire. Il est temps de nous unir &#224; la sainte &#201;glise dans la lugubre fonction par laquelle elle s'appr&#234;te &#224; c&#233;l&#233;brer le tr&#233;pas de son divin &#201;poux. L'airain sacr&#233; ne convoquera pas aujourd'hui les fid&#232;les &#224; la maison de Dieu ; la foi et la componction seules les invitent &#224; franchir au plus t&#244;t les degr&#233;s du temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Passion se c&#233;l&#233;brait dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service divin de cette matin&#233;e se divise en quatre parties, dont nous allons expliquer successivement les myst&#232;res. Il va d'abord les Lectures ; elles sont suivies des Pri&#232;res : vient ensuite l'adoration de la Croix, et enfin la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Ces rites solennels et inaccoutum&#233;s annoncent au peuple fid&#232;le la grandeur de cette journ&#233;e, en m&#234;me temps qu'ils font sentir la suspension du Sacrifice quotidien dont ils occupent la place. L'autel est nu ; la croix voil&#233;e de noir s'&#233;l&#232;ve entre les chandeliers qui ne portent plus que des flambeaux d'une cire grossi&#232;re ; le pupitre de l'&#201;vangile est sans tapis ; tout annonce la d&#233;solation. L'Heure de None ayant &#233;t&#233; r&#233;cit&#233;e, le C&#233;l&#233;brant s'avance avec ses ministres ; leurs ornements noirs expriment le deuil de la sainte &#201;glise. Arriv&#233;s au pied de l'autel, ils se prosternent sur les degr&#233;s et prient quelque temps en silence. En m&#234;me temps, les acolytes &#233;tendent sur la table de l'autel une seule nappe, en place de trois qui sont n&#233;cessaires pour offrir le Sacrifice. Le C&#233;l&#233;brant s'&#233;tant relev&#233; de sa prostration, on commence aussit&#244;t les Lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES LECTURES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de cet Office est employ&#233;e &#224; lire d'abord deux passages des Proph&#233;ties, et ensuite le r&#233;cit de la Passion. On commence par un fragment du proph&#232;te Os&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Os&#233;e, Chap. VI.&#034; id=&#034;nh10-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans lequel le Seigneur annonce ses vues de mis&#233;ricorde envers son peuple nouveau, le peuple de la gentilit&#233;, qui &#233;tait mort, et qui doit, dans trois jours, ressusciter avec ce Christ qu'il ne conna&#238;t pas encore. &#201;phra&#239;m et Juda ne seront pas trait&#233;s ainsi ; leurs sacrifices mat&#233;riels n'ont point apais&#233; un Dieu qui n'aime que la mis&#233;ricorde, et qui rejette ceux qui n'ont que la duret&#233; du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait emprunt&#233; au Cantique du Proph&#232;te Hahacuc, que nous avons chant&#233; &#224; Laudes, pr&#233;dit le second av&#232;nement du Christ, quand il viendra entour&#233; de gloire et d'&#233;pouvante faire justice de ceux qui l'ont crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise recueille les v&#339;ux de ses enfants dans la Collecte qui suit, o&#249; rappelant au P&#232;re c&#233;leste sa terrible justice envers Judas et son ineffable mis&#233;ricorde envers le larron, elle demande que les derni&#232;res traces du vieil homme soient enlev&#233;es de nos &#226;mes, et que nous m&#233;ritions de ressusciter avec J&#233;sus-Christ. &#171; O Dieu, de qui Judas a re&#231;u la punition de son crime, et le larron la r&#233;compense de sa confession, faites-nous ressentir l'effet de votre mis&#233;ricorde ; afin que, comme notre Seigneur J&#233;sus-Christ, dans sa Passion, a trait&#233; l'un et l'autre selon son m&#233;rite, de m&#234;me il d&#233;truise en nous le mal qui proc&#232;de du vieil homme, et nous accorde d'avoir part &#224; sa r&#233;surrection ; Lui qui, &#233;tant Dieu, vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette Oraison succ&#232;de la deuxi&#232;me lecture proph&#233;tique. Elle est emprunt&#233;e au livre de l'Exode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exod. Chap. XII.&#034; id=&#034;nh10-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et remet sous les yeux le touchant symbole de l'Agneau pascal, en ce moment o&#249; la figure s'&#233;vanouit devant la r&#233;alit&#233;. Cet agneau est sans tache comme notre Emmanuel ; son sang pr&#233;serve de la mort ceux dont les demeures en sont marqu&#233;es. Il ne doit pas seulement &#234;tre immol&#233; ; il faut qu'il soit la nourriture de ceux qui sont sauv&#233;s par lui. Il est le mets du voyageur, qui le mange debout, comme n'ayant pas le loisir de s'arr&#234;ter dans la course rapide de cette vie. L'immolation de l'Agneau ancien, comme celle du nouveau, est le signal de la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de cette admirable page de l'Ancien Testament, l'&#201;glise chante le Trait, qui est form&#233; du Psaume CXXXIX. C'est le cri de d&#233;tresse du Messie tomb&#233;, par la trahison, entre les mains de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Proph&#232;tes nous ont pr&#233;par&#233;s &#224; entendre l'accomplissement de leurs divins oracles. La sainte &#201;glise va nous faire entendre le r&#233;cit m&#234;me de la Passion du R&#233;dempteur. C'est le quatri&#232;me &#201;vang&#233;liste, saint Jean, le t&#233;moin des sc&#232;nes du Calvaire, qui doit nous raconter les derni&#232;res heures de la vie mortelle de l'Homme-Dieu, et faire passer dans nos &#226;mes l'&#233;motion dont la sienne fut p&#233;n&#233;tr&#233;e lorsque, en ce jour, la victime du genre humain expira sur la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait y une pause comme au Dimanche des Rameaux. Toute l'assistance se met &#224; genoux ; et, selon l'usage des lieux, on se prosterne et on baise humblement la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le Diacre vient prier en silence au pied de l'autel pour implorer sur lui-m&#234;me la b&#233;n&#233;diction de Dieu ; mais il ne demande point celle du Pr&#234;tre, et ne fait point b&#233;nir l'encens. Les Acolytes ne l'accompagnent point non plus &#224; l'ambon avec des flambeaux. Quand il a termin&#233; la lecture de l'&#201;vangile, le Sous-Diacre ne porte point le livre &#224; baiser au C&#233;l&#233;brant. La suppression de toutes les c&#233;r&#233;monies ordinaires atteste la profonde tristesse &#224; laquelle l'&#201;glise est livr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES PRI&#200;RES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise vient de repasser avec ses enfants l'histoire des derniers moments de son &#201;poux ; que lui reste-t-il &#224; faire, sinon d'imiter ce divin M&#233;diateur qui, sur la Croix, comme nous l'apprend saint Paul, a offert pour tous les hommes &#224; son P&#232;re &#171; des pri&#232;res et des supplications m&#234;l&#233;es de larmes et accompagn&#233;es d'un grand cri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hebr. V, 7.&#034; id=&#034;nh10-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; C'est pourquoi, d&#232;s les premiers si&#232;cles, elle a pr&#233;sent&#233; elle-m&#234;me, en ce jour, &#224; la majest&#233; divine, un ensemble de pri&#232;res qui, se dirigeant sur les besoins du genre humain tout entier, montrent qu'elle est v&#233;ritablement la m&#232;re des hommes et l'&#233;pouse charitable du Fils de Dieu. Tous, m&#234;me les Juifs, ont part &#224; cette solennelle intercession que la sainte &#201;glise, au milieu de son deuil, pr&#233;sente au P&#232;re des si&#232;cles, du pied de la croix de J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces pri&#232;res est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une annonce qui en explique l'objet. Le Diacre avertit ensuite les fid&#232;les de se mettre &#224; genoux ; ils se rel&#232;vent un moment apr&#232;s, au signal du Sous-Diacre, et s'unissent &#224; la demande du Pr&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise Romaine, dans la quatri&#232;me pri&#232;re, avait en vue l'Empereur d'Allemagne, autrefois chef du corps germanique, et charg&#233; par l'&#201;glise, au moyen &#226;ge, de propager la foi chez les nations du Nord. On omet maintenant cette pri&#232;re dans les pays qui ne sont pas soumis &#224; la domination autrichienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'annonce de la pri&#232;re pour les Juifs, le Diacre ne donne point l'avertissement ordinaire de fl&#233;chir les genoux. La sainte &#201;glise prie aujourd'hui m&#234;me pour les fils des bourreaux de son divin &#201;poux, mais la g&#233;nuflexion ayant &#233;t&#233; tourn&#233;e en outrage contre lui par leurs p&#232;res, &#224; l'heure m&#234;me o&#249; nous sommes, elle craint de rappeler le souvenir de cette indignit&#233;, en renouvelant le geste de l'adoration &#224; propos des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ADORATION DE LA CROIX.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pri&#232;res g&#233;n&#233;rales sont termin&#233;es ; et apr&#232;s avoir implor&#233; Dieu pour la conversion des pa&#239;ens, l'&#201;glise se trouve avoir visit&#233;, dans sa charit&#233;, tous les habitants de la terre, et sollicit&#233; sur eux tous l'effusion du sang divin qui coule, en ce moment, des veines de l'Homme-Dieu. Maintenant elle se tourne vers les chr&#233;tiens ses fils, et, tout &#233;mue des humiliations auxquelles est en proie son c&#233;leste &#201;poux, elle va les convier &#224; en diminuer le poids, en dirigeant leurs hommages vers cette Croix, jusqu'alors inf&#226;me et d&#233;sormais sacr&#233;e, sous laquelle J&#233;sus marche au Calvaire, et dont les bras vont le porter aujourd'hui. Pour Isra&#235;l, la croix est un objet de scandale ; pour le gentil, un monument de folie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. I, 23.&#034; id=&#034;nh10-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous chr&#233;tiens, nous v&#233;n&#233;rons en elle le troph&#233;e de la victoire du Fils de Dieu, et l'instrument auguste du salut des hommes. L'instant donc est arriv&#233; o&#249; elle doit recevoir nos adorations, &#224; cause de l'honneur que lui a daign&#233; faire le Fils de Dieu en l'arrosant de son sang, et en l'associant ainsi &#224; l'&#339;uvre de notre r&#233;paration. Nul jour, nulle heure dans l'ann&#233;e ne conviennent mieux pour lui rendre nos humbles devoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touchant hommage offert, en ce jour, au bois sacre qui nous sauve, a commenc&#233;, d&#232;s le IVe si&#232;cle, &#224; J&#233;rusalem. On venait de d&#233;couvrir la vraie Croix par les soins de la pieuse imp&#233;ratrice sainte H&#233;l&#232;ne ; et le peuple fid&#232;le aspirait &#224; contempler de temps en temps cet arbre de vie, dont la miraculeuse Invention avait combl&#233; de joie l'&#201;glise tout enti&#232;re. Il fut r&#233;gl&#233; qu'on l'exposerait &#224; l'adoration des chr&#233;tiens une fois l'ann&#233;e, le Vendredi saint. Le d&#233;sir de prendre part au bonheur de le contempler amenait chaque ann&#233;e un concours immense de p&#232;lerins &#224; J&#233;rusalem, pour la Semaine sainte. La renomm&#233;e r&#233;pandit partout les r&#233;cits de cette imposante c&#233;r&#233;monie ; mais tous ne pouvaient esp&#233;rer d'en &#234;tre t&#233;moins, m&#234;me une seule fois dans leur vie. La pi&#233;t&#233; catholique voulut du moins jouir par imitation d'une c&#233;r&#233;monie dont la vue r&#233;elle &#233;tait refus&#233;e au grand nombre ; et, vers le vue si&#232;cle, on songea &#224; r&#233;p&#233;ter dans toutes les &#233;glises, au Vendredi saint, l'ostension et l'adoration de la Croix qui avaient lieu &#224; J&#233;rusalem. On ne poss&#233;dait, il est vrai, que la figure de la Croix v&#233;ritable ; mais les hommages rendus &#224; ce bois sacr&#233; se rapportant au Christ lui-m&#234;me, les fid&#232;les pouvaient lui en offrir de semblables, lors m&#234;me qu'ils n'avaient pas sous les yeux le propre bois lui-m&#234;me que le R&#233;dempteur a arros&#233; de son sang. Tel a &#233;t&#233; le motif de l'institution de ce rite imposant que la sainte &#201;glise va accomplir sous nos yeux, et auquel elle nous invite &#224; prendre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autel, le C&#233;l&#233;brant se d&#233;pouille de la chasuble, qui est le v&#234;tement sacerdotal, afin de para&#238;tre avec plus d'humilit&#233; dans l'amende honorable qu'il doit offrir le premier au Fils de Dieu outrag&#233; par ses cr&#233;atures. Il se rend ensuite sur le degr&#233; qui c&#244;toie l'autel, au c&#244;t&#233; de l'&#201;p&#238;tre, et s'y tient la face tourn&#233;e vers le peuple. Le Diacre prend alors la croix voil&#233;e de noir qui est entre les chandeliers de l'autel, et vient la d&#233;poser entre les mains du C&#233;l&#233;brant. Celui-ci, aid&#233; du Diacre et du Sous-Diacre, d&#233;tache la partie du voile qui enveloppait le haut de cette croix, et la d&#233;couvre jusqu'&#224; la traverse. Il l'&#233;l&#232;ve alors un peu, et chante sur un ton de voix m&#233;diocre ces paroles : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; puis il continue, aid&#233; de ses ministres, qui chantent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors toute l'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re ostension, qui a lieu comme &#224; l'&#233;cart, et &#224; voix mod&#233;r&#233;e, repr&#233;sente la premi&#232;re pr&#233;dication de la Croix, celle que les Ap&#244;tres se firent entre eux, lorsque, n'ayant pas encore re&#231;u le Saint-Esprit, ils ne pouvaient s'entretenir du divin myst&#232;re de la R&#233;demption qu'avec les disciples de J&#233;sus, et craignaient d'exciter l'attention des Juifs. C'est pour cela aussi que le Pr&#234;tre n'&#233;l&#232;ve que m&#233;diocrement la Croix. Ce premier hommage qu'elle re&#231;oit est offert en r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut dans la maison de Ca&#239;phe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre s'avance alors sur le devant du degr&#233;, toujours au c&#244;te de l'&#201;p&#238;tre, et se trouve plus en vue du peuple Ses ministres l'aident a d&#233;voiler le bras droit de la croix, et apr&#232;s avoir d&#233;couvert cette partie de l'instrument sacr&#233;, il montre de nouveau le signe du salut, l'&#233;levant plus haut que la premi&#232;re fois, et chante avec plus de force : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; le Diacre et le Sous-Diacre continuent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde extension, qui a lieu avec plus d'&#233;clat que la premi&#232;re, repr&#233;sente la pr&#233;dication du myst&#232;re de la Croix aux Juifs, lorsque les Ap&#244;tres, apr&#232;s la venue de l'Esprit-Saint, jettent les fondements de l'&#201;glise au sein de la Synagogue, et am&#232;nent les pr&#233;mices d'Isra&#235;l aux pieds du R&#233;dempteur. Cette seconde adoration rendue &#224; la Croix est offerte par la sainte &#201;glise en r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut dans le Pr&#233;toire de Pilate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre vient se placer ensuite au milieu du degr&#233;, ayant toujours la face tourn&#233;e vers le peuple. Il ach&#232;ve alors le d&#233;voilement de la Croix, en d&#233;gageant le bras gauche avec l'aide du Diacre et du Sous-Diacre. Prenant ensuite cette Croix, qui para&#238;tra d&#233;sormais sans voile, il l'&#233;lev&#233; plus haut que les deux autres fois, et chante avec triomphe sur un ton plus &#233;clatant : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; les ministres continuent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re ostension si solennelle repr&#233;sente la pr&#233;dication du myst&#232;re de la Croix dans le monde entier, lorsque les Ap&#244;tres, repouss&#233;s par la masse de la nation juive, se tournent vers les Gentils, et vont annoncer le Dieu crucifi&#233; jusqu'au del&#224; des limites de l'Empire romain. Ce troisi&#232;me hommage offerte la Croix est une r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut sur le Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise, en nous pr&#233;sentant d'abord la Croix couverte d'un voile qui dispara&#238;t ensuite, pour laisser arriver nos regards jusqu'&#224; ce divin troph&#233;e de notre r&#233;demption, veut aussi exprimer tour &#224; tour l'aveuglement du peuple juif qui ne voit qu'un instrument d'ignominie dans ce bois adorable, et l'&#233;clatante lumi&#232;re dont jouit le peuple chr&#233;tien, auquel la foi r&#233;v&#232;le que le Fils de Dieu crucifi&#233;, loin d'&#234;tre un objet de scandale, est, au contraire, comme parle l'Ap&#244;tre, le monument &#233;ternel de &#171; la puissance et de la sagesse de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. 1, 24.&#034; id=&#034;nh10-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; D&#233;sormais la Croix, qui vient d'&#234;tre si solennellement arbor&#233;e, ne sera plus couverte ; elle va attendre sans voile, sur l'autel, l'heure de la glorieuse r&#233;surrection du Messie. Toutes les autres images de la Croix, plac&#233;es sur les divers autels, seront aussi d&#233;couvertes, &#224; l'imitation de celle qui va bient&#244;t reprendre sa place d'honneur sur l'autel majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la sainte &#201;glise ne se borne pas &#224; exposer, en ce moment, aux regards de ses fid&#232;les la Croix qui les a sauv&#233;s ; elle les convie &#224; venir tous imprimer leurs l&#232;vres respectueuses sur ce bois sacr&#233;. Le C&#233;l&#233;brant doit les pr&#233;c&#233;der, et ils viendront apr&#232;s lui. Non content d'avoir d&#233;pouill&#233; la chasuble, il quitte encore sa chaussure, et ce n'est qu'apr&#232;s avoir fait trois g&#233;nuflexions qu'il approche de la Croix que ses mains ont d'abord plac&#233;e sur les degr&#233;s de l'autel. Le Diacre et le Sous-Diacre se pr&#233;sentent ensuite, puis le Clerg&#233; tout entier, enfin les la&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chants qui accompagnent l'adoration de la Croix sont de la plus grande beaut&#233;. Il y a d'abord les Improp&#232;res, ou reproches que le Messie adresse aux Juifs. Les trois premi&#232;res strophes de cette Hymne plaintive sont entrecoup&#233;es par le chant du Trisagion, ou pri&#232;re au Dieu trois fois Saint, dont il est juste de glorifier l'immortalit&#233;, en ce moment o&#249; il daigne, comme homme, souffrir la mort pour nous. Cette triple glorification, qui &#233;tait en usage &#224; Constantinople d&#232;s le Ve si&#232;cle, a pass&#233; dans l'&#201;glise Romaine qui l'a maintenue dans la langue primitive, se contentant d'alterner la traduction latine des paroles. Le reste de ce beau chant est du plus haut int&#233;r&#234;t dramatique. Le Christ rappelle toutes les indignit&#233;s dont il a &#233;t&#233; l'objet de la part du peuple juif, et met en regard les bienfaits qu'il a r&#233;pandus sur cette ingrate nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les improp&#232;res sont suivis de cette solennelle Antienne, dans laquelle le souvenir de la Croix vient s'unir &#224; celui de la R&#233;surrection pour la gloire de notre divin R&#233;dempteur : &#171; Nous adorons votre Croix, Seigneur ; nous c&#233;l&#233;brons et glorifions votre sainte R&#233;surrection ; car c'est par la Croix que vous avez rempli de joie le monde entier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'adoration de la Croix n'est pas encore termin&#233;e, on entonne l'Hymne c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Crux Fidelis&lt;/i&gt; que Mamert Claudien composa au VIe si&#232;cle, en l'honneur de l'arbre sacre de notre r&#233;demption. Une des strophes, divis&#233;e en deux, sert de refrain pendant la dur&#233;e de ce beau cantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'adoration de la Croix, on allume les cierges de l'autel, et le Diacre vient y &#233;tendre un corporal, pour recevoir l'Hostie sainte qui va bient&#244;t y &#234;tre d&#233;pos&#233;e. Tous les fid&#232;les ayant rendu leur hommage &#224; la Croix, le C&#233;l&#233;brant la rapporte &#224; l'autel, sur lequel elle est plac&#233;e d&#233;couverte au lieu qu'elle occupait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA MESSE DES PR&#201;SANCTIFI&#201;S.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir du grand sacrifice accompli aujourd'hui sur le Calvaire occupe tellement la pens&#233;e de l'&#201;glise en ce douloureux anniversaire, qu'elle renonce &#224; renouveler sur l'autel l'immolation de la divine victime ; elle se borne &#224; participer au myst&#232;re sacr&#233; par la communion. Autrefois, tout le clerg&#233; et les fid&#232;les m&#234;me &#233;taient admis &#224; cette faveur ; dans la discipline actuelle, le Pr&#234;tre c&#233;l&#233;brant est le seul &#224; qui elle soit accord&#233;e. Apr&#232;s qu'il a repris le v&#234;tement sacerdotal, une procession form&#233;e de tout le cierge se dirige en silence vers le reposoir o&#249;, la veille, a &#233;t&#233; plac&#233;e myst&#233;rieusement l'Hostie sainte. Le Diacre extrait d'un asile secret le calice qui la contient : et lorsque le Pr&#234;tre a offert l'hommage de l'encens au R&#233;dempteur des hommes, il prend entre ses mains le calice qui renferme celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir. La procession se met en marche vers l'autel, portant des cierges allum&#233;s, et chantant l'Hymne de la Croix &lt;i&gt;Vexilla Regis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pieux cort&#232;ge &#233;tant de retour dans le sanctuaire, le Diacre re&#231;oit &#224; l'autel, sur la pat&#232;ne, l'Hostie sainte que le Pr&#234;tre retire du calice, et il verse du vin et de l'eau dans ce m&#234;me calice. Tous les regards sont tourn&#233;s respectueusement vers le divin myst&#232;re. Le Pr&#234;tre encense l'offrande et ensuite l'autel, selon le rite accoutum&#233; ; mais, afin de marquer le deuil de l'&#201;glise, il n'est pas encens&#233; lui-m&#234;me par le Diacre. Apr&#232;s s'&#234;tre lav&#233; les mains, il revient au milieu de l'autel, et adresse &#224; Dieu une oraison secr&#232;te ; puis, se tournant un peu vers le peuple fid&#232;le, il r&#233;clame ses pri&#232;res ; apr&#232;s quoi il fait entendre, sur le ton le plus simple, l'Oraison dominicale. Unissons-nous avec confiance et empressement aux sept demandes qu'elle renferme, &#224; cette heure o&#249; notre divin intercesseur, les bras &#233;tendus sur la Croix, les pr&#233;sente pour nous &#224; son P&#232;re. C'est dans ce moment m&#234;me qu'il obtient de lui que toute pri&#232;re adress&#233;e au ciel, par sa m&#233;diation, sera exauc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Pater, le Pr&#234;tre ajoute &#224; haute voix une oraison qui se r&#233;cite secr&#232;tement &#224; toutes les Messes. Il y demande que nous soyons d&#233;livr&#233;s des maux, affranchis du p&#233;ch&#233;, &#233;tablis dans la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant de consommer l'Hostie sainte, le Pr&#234;tre veut la pr&#233;senter &#224; notre adoration. Prenant donc de la main droite le Corps sacr&#233; du R&#233;dempteur, il l'&#233;l&#232;ve &#224; nos regards comme le Sauveur fut &#233;lev&#233; sur la Croix. Toute l'assistance, qui se tient &#224; genoux durant cette sc&#232;ne touchante, s'incline profond&#233;ment, et rend au Fils de Dieu crucifie l'hommage de son adoration et de son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pr&#234;tre rompt l'Hostie en trois parts, et en fait tomber une dans le calice, afin de sanctifier le vin et l'eau qu'il doit prendre apr&#232;s avoir communi&#233;. Le m&#233;lange de la parcelle sacr&#233;e avec ce breuvage ne le change point dans le sang du Seigneur ; mais il lui conf&#232;re une b&#233;n&#233;diction particuli&#232;re, comme celle qui s'attachait aux v&#234;tements de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre r&#233;cite ensuite &#224; voix basse la troisi&#232;me des Oraisons qui pr&#233;c&#232;dent la communion aux Messes ordinaires : et avant pris dans sa main gauche, avec la pat&#232;ne, les deux grands fragments de l'Hostie, il frappe trois fois sa poitrine avec la main droite, en disant : &#171; Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi ; mais dites seulement une parole, et mon &#226;me sera gu&#233;rie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se communie ensuite ; puis il prend le vin et l'eau avec la particule sacr&#233;e qu'il avait mise dans le calice ; et ayant lav&#233; ses doigts, il revient au milieu de l'autel, o&#249; il r&#233;cite &#224; voix basse la pri&#232;re de conclusion. Ainsi se termine la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Lorsque tous ces rites sont accomplis, le C&#233;l&#233;brant accompagn&#233; de ses ministres, toujours en silence, fait une g&#233;nuflexion &#224; la Croix et se retire. Aussit&#244;t qu'il a disparu, le Ch&#339;ur commence les V&#234;pres, qui sont simplement r&#233;cit&#233;es comme le jour pr&#233;c&#232;dent, sans aucun chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'APR&#200;S-MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t la sainte &#201;glise nous invitera de nouveau &#224; venir prendre part &#224; ses divins Offices ; en attendant, il convient que, durant ces heures qui furent celles de notre salut, nous suivions du c&#339;ur et de la pens&#233;e notre mis&#233;ricordieux R&#233;dempteur. Nous l'avons laiss&#233; sur le Calvaire au moment o&#249; on le d&#233;pouillait de ses v&#234;tements, apr&#232;s lui avoir pr&#233;sent&#233; l'amer breuvage. Assistons avec recueillement et componction &#224; la consommation du sacrifice qu'il offre pour nous &#224; la justice divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est conduit &#224; quelques pas de l&#224; par ses bourreaux, &#224; l'endroit o&#249; la Croix &#233;tendue par terre marque la onzi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Il se couche, comme un agneau destine &#224; l'holocauste, sur le bois qui doit servir d'autel. On &#233;tend ses membres avec violence, et des clous qui p&#233;n&#232;trent entre les nerfs et les os, fixent au gibet ses mains et ses pieds. Le sang jaillit en ruisseaux de ces quatre sources vivifiantes o&#249; nos &#226;mes viendront se purifier. C'est la quatri&#232;me fois qu'il s'&#233;chappe des veines du R&#233;dempteur. Marie entend le bruit sinistre du marteau, et son c&#339;ur de m&#232;re en est d&#233;chir&#233;. Madeleine est en proie &#224; une d&#233;solation d'autant plus am&#232;re, qu'elle sent son impuissance &#224; soulager le Ma&#238;tre tant aim&#233; que les hommes lui ont ravi. Cependant J&#233;sus &#233;l&#232;ve la voix ; il prof&#232;re sa premi&#232;re parole du Calvaire : &#171; P&#232;re, dit-il, pardonnez-leur ; car ils ne savent ce qu'ils font&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 34.&#034; id=&#034;nh10-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; O bont&#233; infinie du Cr&#233;ateur ! Il est venu sur cette terre, ouvrage de ses mains, et les hommes l'ont crucifie ; jusque sur la Croix, il a pri&#233; pour eux, et dans sa pri&#232;re il semble vouloir les excuser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Victime est attach&#233;e au bois sur lequel il faut qu'elle expire ; mais elle ne doit pas rester ainsi &#233;tendue &#224; terre. Isa&#239;e a pr&#233;dit que &#171; le royal rejeton de Jess&#233; serait arbor&#233; comme un &#233;tendard &#224; la vue de toutes les nations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XI, 10.&#034; id=&#034;nh10-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il faut que le divin crucifi&#233; sanctifie les airs infest&#233;s de la pr&#233;sence des esprits de malice ; il faut que le M&#233;diateur de Dieu et des hommes, le souverain Pr&#234;tre et intercesseur, soit &#233;tabli entre le ciel et la terre, pour traiter la r&#233;conciliation de l'un et de l'autre. A peu de distance de l'endroit o&#249; la Croix est &#233;tendue, on a pratiqu&#233; un trou dans la roche ; il faut que la Croix y soit enfonc&#233;e, afin qu'elle domine toute la colline du Calvaire. C'est le lieu de la douzi&#232;me Station. Les soldats op&#232;rent avec de grands efforts la plantation de l'arbre du salut. La violence du contre-coup vient encore accro&#238;tre les douleurs de J&#233;sus dont le corps tout entier est d&#233;chir&#233;, et qui n'est soutenu que sur les plaies de ses pieds et de ses mains. Le voila expos&#233; nu aux yeux de tout un peuple, lui qui est venu en ce monde pour couvrir la nudit&#233; que le p&#233;ch&#233; avait caus&#233;e en nous. Au pied de la Croix, les soldats se partagent ses v&#234;tements ; ils les d&#233;chirent et en font quatre parts ; mais un sentiment de terreur les porte &#224; respecter la tunique. Selon une pieuse tradition, Marie l'avait tissue de ses mains virginales. Ils la jettent au sort, sans l'avoir rompue ; et elle devient ainsi le symbole de l'unit&#233; de l'&#201;glise que l'on ne doit jamais rompre sous aucun pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessus de la t&#234;te du R&#233;dempteur est &#233;crit en h&#233;breu, en grec et en latin : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs. Tout le peuple lit et r&#233;p&#232;te cette inscription ; il proclame ainsi de nouveau, sans le vouloir, la royaut&#233; du fils de David. Les ennemis de J&#233;sus l'ont compris ; ils courent demander &#224; Pilate que cet &#233;criteau soit chang&#233; ; mais ils n'en re&#231;oivent d'autre r&#233;ponse que celle-ci : &#171; Ce que j'ai &#233;crit, je l'ai &#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX. 22.&#034; id=&#034;nh10-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Une circonstance que la tradition des P&#232;res nous a transmise, annonce que ce Roi des Juifs, repouss&#233; par son peuple, n'en r&#233;gnera qu'avec plus de gloire sur les nations de la terre qu'il a re&#231;ues de son P&#232;re en h&#233;ritage. Les soldats, en plantant la Croix dans le sol, l'ont dispos&#233;e de sorte que le divin crucifi&#233; tourne le dos &#224; J&#233;rusalem, et &#233;tend ses bras vers les r&#233;gions de l'occident. Le Soleil de la v&#233;rit&#233; se couche sur la ville d&#233;icide et se l&#232;ve en m&#234;me temps sur la nouvelle J&#233;rusalem, sur Rome, cette fi&#232;re cit&#233;, qui a la conscience de son &#233;ternit&#233;, mais qui ignore encore qu'elle ne sera &#233;ternelle que par la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbre de salut, en plongeant dans la terre, a rencontr&#233; une tombe ; et cette tombe est celle du premier homme. Le sang r&#233;dempteur coulant le long du bois sacr&#233; descend sur un cr&#226;ne dess&#233;ch&#233; ; et ce cr&#226;ne est celui d'Adam, le grand coupable dont le crime a rendu n&#233;cessaire une telle expiation. La mis&#233;ricorde du Fils de Dieu vient planter sur ces ossements endormis depuis tant de si&#232;cles le troph&#233;e du pardon, pour la honte de Satan, qui voulut un jour faire tourner la cr&#233;ation de l'homme &#224; la confusion du Cr&#233;ateur. La colline sur laquelle s'&#233;l&#232;ve l'&#233;tendard de notre salut s'appelait le Calvaire, nom qui signifie un Cr&#226;ne humain ; et la tradition de J&#233;rusalem porte que c'est en ce lieu que fut enseveli le p&#232;re des hommes et le premier p&#233;cheur. Les saints Docteurs des premiers si&#232;cles ont conserv&#233; &#224; l'&#201;glise la m&#233;moire d'un fait si frappant ; saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, saint &#201;piphane, saint J&#233;r&#244;me, joignent leur t&#233;moignage a celui d'Orig&#232;ne. si voisin des lieux ; et les traditions de l'iconographie chr&#233;tienne s'unissant &#224; celles de la pi&#233;t&#233;, on a de bonne heure adopt&#233; la coutume de placer, en m&#233;moire de ce grand fait, un cr&#226;ne humain au pied de l'image du Sauveur en croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais levons nos regards vers cet Homme-Dieu, dont la vie s'&#233;coule si rapidement sur l'instrument de son supplice. Le voil&#224; suspendu dans les airs, &#224; la vue de tout Isra&#235;l, &#171; comme le serpent d'airain que Mo&#239;se avait offert aux regards du peuple dans le d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 14.&#034; id=&#034;nh10-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; mais ce peuple n'a pour lui que des outrages. Leurs voix insolentes et sans piti&#233; montent jusqu'&#224; lui : &#171; Toi qui d&#233;truis le temple de Dieu, et le reb&#226;tis en trois jours, d&#233;livre-toi maintenant ; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix, si tu peux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XVII, 40.&#034; id=&#034;nh10-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Puis les indignes pontifes du juda&#239;sme ench&#233;rissent encore sur ces blasph&#232;mes : &#171; Il est le sauveur des autres, et il ne peut se sauver lui-m&#234;me ! Allons ! Roi d'Isra&#235;l, descends de la croix, et nous croirons en toi ! Tu as mis ta confiance en Dieu ; c'est &#224; lui de te d&#233;livrer. N'as-tu pas dit : Je suis le Fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 42-43.&#034; id=&#034;nh10-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Et les deux voleurs crucifi&#233;s avec lui s'unissaient &#224; ce concert d'outrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais la terre, depuis quatre mille ans, n'avait re&#231;u de Dieu un bienfait comparable &#224; celui qu'il daignait lui accorder a cette heure ; et jamais non plus l'insulte &#224; la majest&#233; divine n'&#233;tait mont&#233;e vers elle avec tant d'audace. Nous chr&#233;tiens, qui adorons celui que les Juifs blasph&#232;ment, offrons-lui en ce moment la r&#233;paration &#224; laquelle il a tant de droits. Ces impies lui reprochent ses divines paroles, et les tournent contre lui : rappelons-lui &#224; notre tour celle-ci qu'il a dite aussi, et qui doit remplir nos c&#339;urs d'esp&#233;rance : &#171; Lorsque je serai &#233;lev&#233; de terre, j'attirerai tout &#224; moi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XII, 32.&#034; id=&#034;nh10-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le moment est venu. Seigneur J&#233;sus, de remplir votre promesse ; attirez-nous &#224; vous. Nous tenons encore &#224; la terre ; nous y sommes encha&#238;nes par mille int&#233;r&#234;ts et par mille attraits ; nous y sommes captifs de l'amour de nous-m&#234;mes, et sans cesse notre essor vers vous en est arr&#234;t&#233; ; soyez l'aimant qui nous attire et qui rompe nos liens, afin que nous montions jusqu'&#224; vous, et que la conqu&#234;te de nos &#226;mes vienne enfin consoler votre c&#339;ur oppress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant on est arriv&#233; au milieu du jour ; il est la sixi&#232;me heure, celle que nous appelons midi. Le soleil qui brillait au ciel, comme un t&#233;moin insensible, refuse tout &#224; coup sa lumi&#232;re ; et une nuit &#233;paisse &#233;tend ses t&#233;n&#232;bres sur la terre enti&#232;re. Les &#233;toiles paraissent au ciel, les mille voix de la nature s'&#233;teignent et le monde semble pr&#234;ta retomber dans le chaos. On dit que le c&#233;l&#232;bre Denys de l'Ar&#233;opage d'Ath&#232;nes, qui fut plus tard l'heureux disciple du Docteur des Gentils, s'&#233;cria, au moment de cette affreuse &#233;clipse : &#171; Ou le Dieu de la nature est dans la souffrance, ou la machine de ce monde est au moment de se dissoudre &#187;. Phl&#233;gon, auteur pa&#239;en, qui &#233;crivait un si&#232;cle apr&#232;s, rappelle encore l'&#233;pouvante que r&#233;pandirent dans l'empire romain ces t&#233;n&#232;bres inattendues, dont l'invasion vint tromper tous les calculs des astronomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne si imposant, t&#233;moignage trop visible du courroux c&#233;leste, glace de crainte les plus audacieux blasph&#233;mateurs. Le silence succ&#232;de &#224; tant de clameurs. C'est alors que celui des deux voleurs, dont la croix &#233;tait &#224; la droite de celle de J&#233;sus, sent le remords et l'esp&#233;rance na&#238;tre &#224; la fois dans son c&#339;ur. Il ose reprendre son compagnon avec lequel tout &#224; l'heure il insultait l'innocent : &#171; Ne crains-tu point Dieu, lui dit-il, toi non plus qui subis la m&#234;me condamnation ? Pour nous, c'est justice ; car nous recevons ce que nos actions m&#233;ritent ; mais celui-ci, il n'a rien tait de mal. &#187; J&#233;sus d&#233;fendu par un voleur, en ce moment o&#249; les docteurs de la loi juive, ceux qui sont assis dans la chaire de Mo&#239;se, n'ont pour lui que des outrages ! Rien ne fait mieux sentir le degr&#233; d'aveuglement auquel la Synagogue est arriv&#233;e. Dimas, ce larron, cet abandonn&#233;, figure en ce moment la gentilit&#233; qui succombe sous le poids de ses crimes, mais qui bient&#244;t se purifiera en confessant la divinit&#233; du crucifi&#233;. Il tourne p&#233;niblement sa t&#232;te vers la Croix de J&#233;sus, et s'adressant au Sauveur : &#171; Seigneur, dit-il, souvenez-vous de moi quand vous serez entr&#233; dans votre royaume &#187;. Il croit &#224; la royaut&#233; de J&#233;sus, &#224; cette royaut&#233; que les pr&#234;tres et les magistrats de sa nation tournaient tout &#224; l'heure en d&#233;rision. Le calme divin, la dignit&#233; de l'auguste victime sur le gibet, lui ont r&#233;v&#233;l&#233; toute sa grandeur ; il lui donne sa foi, il implore d'elle avec confiance un simple souvenir, lorsque la gloire aura succ&#233;d&#233; &#224; l'humiliation. Quel chr&#233;tien la gr&#226;ce vient de faire de ce larron ! Et cette gr&#226;ce, qui oserait dire qu'elle n'a pas &#233;t&#233; demand&#233;e et obtenue par la M&#232;re de mis&#233;ricorde, en ce moment solennel o&#249; elle s'offre dans un m&#234;me sacrifice avec son fils ? J&#233;sus est &#233;mu de rencontrer dans un voleur supplici&#233; pour ses crimes cette foi qu'il a cherch&#233;e en vain dans Isra&#235;l ; il r&#233;pond &#224; son humble pri&#232;re : &#171; En v&#233;rit&#233;, je te le dis, aujourd'hui m&#234;me tu seras avec moi dans le Paradis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 43.&#034; id=&#034;nh10-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est la deuxi&#232;me parole de J&#233;sus sur la Croix. L'heureux p&#233;nitent la recueille dans la joie de son c&#339;ur ; il garde d&#233;sormais le silence, et attend dans l'expiation l'heure fortun&#233;e qui doit le d&#233;livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Marie s'est approch&#233;e de la Croix sur laquelle J&#233;sus est attach&#233;. Il n'est point de t&#233;n&#232;bres pour le c&#339;ur d'une m&#232;re qui l'emp&#234;chent de reconna&#238;tre son fils. Le tumulte s'est apais&#233; depuis que le soleil a d&#233;rob&#233; sa lumi&#232;re, et les soldats ne mettent pas obstacle &#224; ce douloureux rapprochement. J&#233;sus regarde tendrement Marie, il voit sa d&#233;solation ; et la souffrance de son c&#339;ur, qui semblait arriv&#233;e au plus haut degr&#233;, s'en accro&#238;t encore. Il va quitter la vie ; et sa m&#232;re ne peut monter jusqu'&#224; lui, le serrer dans ses bras, lui prodiguer ses derni&#232;res caresses ! Madeleine est l&#224; aussi, &#233;plor&#233;e, hors d'elle-m&#234;me. Les pieds de son Sauveur qu'elle aimait tant, qu'elle arrosait encore de ses parfums il y a quelques jours, ils sont blesses, noy&#233;s dans le sang qui en a jailli et qui d&#233;j&#224; se tige sur les plaies. Elle peut encore les baigner de ses larmes ; mais ses larmes ne les gu&#233;riront pas. Elle est venue pourvoir mourir celui qui r&#233;compensa son amour par le pardon. Jean le bien-aim&#233;, le seul Ap&#244;tre qui ait suivi son ma&#238;tre jusqu'au Calvaire, est ab&#238;m&#233; dans sa douleur ; il se rappelle la pr&#233;dilection que J&#233;sus daigna lui t&#233;moigner, hier encore, au festin myst&#233;rieux ; il souffre pour le fils, il souffre pour la m&#232;re ; mais son c&#339;ur ne s'attend pas au prix inestimable dont J&#233;sus a r&#233;solu de payer son amour. Marie de Cl&#233;ophas a accompagn&#233; Marie pr&#232;s de la Croix ; les autres femmes forment un groupe &#224; quelque distance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 55.&#034; id=&#034;nh10-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, au milieu d'un silence qui n'&#233;tait interrompu que par des sanglots, la voix de J&#233;sus mourant a retenti pour la troisi&#232;me fois. C'est &#224; sa m&#232;re qu'il s'adresse : &#171; Femme, lui dit-il &#187; ; car il n'ose l'appeler sa m&#232;re, afin de ne pas retourner le glaive dans la plaie de son c&#339;ur ; &#171; Femme, voil&#224; votre fils &#187;. Il d&#233;signait Jean par cette parole. Puis il ajoute, en s'adressant &#224; Jean lui-m&#234;me : &#171; Fils, voil&#224; votre m&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 26.&#034; id=&#034;nh10-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#201;change douloureux au c&#339;ur de Marie, mais substitution fortun&#233;e qui assure pour jamais &#224; Jean, et en lui &#224; la race humaine, le bienfait d'une m&#232;re. Nous avons expos&#233; cette sc&#232;ne avec plus de d&#233;tail, au Vendredi de la semaine de la Passion. Aujourd'hui, en cet anniversaire, acceptons ce g&#233;n&#233;reux testament de notre Sauveur, qui par son incarnation nous avait procure l'adoption de son P&#232;re c&#233;leste, et dans ce moment nous fait don de sa propre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la neuvi&#232;me heure, trois heures de l'apr&#232;s-midi, approche ; c'est celle que les d&#233;crets &#233;ternels ont fix&#233;e pour le tr&#233;pas de l'Homme-Dieu. J&#233;sus &#233;prouve en son &#226;me un nouvel acc&#232;s de ce cruel abandon qu'il a ressenti dans le jardin. Il sent tout le poids de la disgr&#226;ce de Dieu qu'il a encourue en se faisant caution pour les p&#233;cheurs. L'amertume du calice de la col&#232;re de Dieu, qu'il lui faut boire jusqu'&#224; la lie, lui cause une d&#233;faillance qui s'exprime par ce cri plaintif : &#171; Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'avez-vous abandonn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 46.&#034; id=&#034;nh10-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; C'est la quatri&#232;me parole ; mais cette parole ne ram&#232;ne pas la s&#233;r&#233;nit&#233; au ciel. J&#233;sus n'ose plus dire : &#171; Mon P&#232;re ! &#187; on dirait qu'il n'est plus qu'un homme p&#233;cheur, au pied du tribunal inflexible de Dieu. Cependant une ardeur d&#233;vorante consume ses entrailles, et de sa bouche haletante s'&#233;chappe &#224; grand'peine cette parole qui est la cinqui&#232;me : &#171; J'ai soif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 28.&#034; id=&#034;nh10-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Un des soldats vient pr&#233;senter &#224; ses l&#232;vres mourantes une &#233;ponge imbib&#233;e de vinaigre ; c'est tout le soulagement que lui offre dans sa soif br&#251;lante cette terre qu'il rafra&#238;chit chaque jour de sa ros&#233;e, et dont il a fait jaillir les fontaines et les fleuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment est enfin venu o&#249; J&#233;sus doit rendre son &#226;me &#224; son P&#232;re. Il parcourt d'un regard les oracles divins qui ont annonc&#233; jusqu'aux moindres circonstances de sa mission ; il voit qu'il n'en est pas un seul qui n'ait re&#231;u son accomplissement, jusqu'&#224; cette soif qu'il &#233;prouve, jusqu'&#224; ce vinaigre dont on l'abreuve. Prof&#233;rant alors la sixi&#232;me parole, il dit : &#171; Tout est consomm&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 30.&#034; id=&#034;nh10-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il n'a donc plus qu'&#224; mourir, pour mettre le dernier sceau aux proph&#233;ties qui ont annonc&#233; sa mort comme le moyen final de notre r&#233;demption. Mais il faut qu'il meure en Dieu. Cet homme &#233;puis&#233;, agonisant, qui tout &#224; l'heure murmurait &#224; peine quelques paroles, pousse un cri &#233;clatant qui retentit au loin, et saisit &#224; la fois de crainte et d'admiration le centurion romain qui commandait les gardes au pied de la Croix. &#171; Mon P&#232;re ! s'&#233;crie-t-il, je remets mon esprit entre vos mains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 46.&#034; id=&#034;nh10-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Apr&#232;s cette septi&#232;me et derni&#232;re parole, sa t&#234;te s'incline sur sa poitrine, d'o&#249; s'&#233;chappe son dernier soupir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment terrible et solennel, les t&#233;n&#232;bres cessent, le soleil repara&#238;t au ciel ; mais la terre tremble, les pierres &#233;clatent, la roche m&#234;me du Calvaire se fend entre la Croix de J&#233;sus et celle du mauvais larron ; la crevasse violente est encore visible aujourd'hui. Dans le Temple de J&#233;rusalem, un ph&#233;nom&#232;ne effrayant vient &#233;pouvanter les pr&#234;tres juifs. Le voile du Temple qui cachait le Saint des Saints se d&#233;chire de haut en bas, annon&#231;ant la fin du r&#232;gne des figures. Plusieurs tombeaux o&#249; reposaient de saints personnages s'ouvrent d'eux-m&#234;mes, et les morts qu'ils contenaient vont revenir &#224; la vie. Mais c'est surtout au fond des enfers que le contre-coup de cette mort qui sauve le genre humain se fait sentir. Satan comprend enfin la puissance et la divinit&#233; de ce Juste contre lequel il a imprudemment ameut&#233; les passions de la Synagogue, C'est son aveuglement qui a fait r&#233;pandre ce sang dont la vertu d&#233;livre le genre humain, et lui rouvre les portes du ciel. Il sait maintenant &#224; quoi s'en tenir sur J&#233;sus de Nazareth, dont il osa approcher au d&#233;sert pour le tenter. Il reconna&#238;t avec d&#233;sespoir que ce J&#233;sus est le propre Fils de l'Eternel, et que la r&#233;demption refus&#233;e aux anges rebelles vient d'&#234;tre accord&#233;e surabondante &#224; l'homme, par les m&#233;rites du sang que lui-m&#234;me Satan a fait verser sur le Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils adorable du P&#232;re, nous vous adorons expir&#233; sur le bois de votre sacrifice. Votre mort si am&#232;re nous a rendu la vie. Nous frappons nos poitrines, &#224; l'exemple de ces Juifs qui avaient attendu votre dernier soupir, et qui rentrent dans la ville &#233;mus de componction. Nous confessons que ce sont nos p&#233;ch&#233;s qui vous ont arrach&#233; violemment la vie ; daignez recevoir nos humbles actions de gr&#226;ces pour l'amour que vous nous avez t&#233;moign&#233; jusqu'&#224; la fin. Vous nous avez aim&#233;s en Dieu ; d&#233;sormais c'est &#224; nous de vous servir comme rachet&#233;s par votre sang. Nous sommes en votre possession, et vous &#234;tes notre Seigneur. Voici que votre sainte &#201;glise nous convoque au service divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres du Samedi Saint, chant&#233; le vendredi soir.&#034; id=&#034;nh10-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il nous faut descendre du Calvaire, pour nous joindre &#224; elle et c&#233;l&#233;brer vos louanges. Bient&#244;t nous reviendrons pr&#232;s de votre corps inanim&#233; ; nous assisterons &#224; vos fun&#233;railles, et nous les accompagnerons de nos regrets et de nos larmes. Marie, votre m&#232;re, demeure au pied de la Croix ; rien ne la peut s&#233;parer de votre d&#233;pouille mortelle. Madeleine est encha&#238;n&#233;e &#224; vos pieds glac&#233;s par la mort ; Jean et les saintes femmes forment autour de vous un cort&#232;ge de d&#233;solation. Nous adorons encore une fois votre corps sacr&#233;, votre sang pr&#233;cieux, votre Croix qui nous a sauv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons sur le Calvaire achever cette journ&#233;e du deuil universel. Nous y avons laiss&#233; Marie, en la compagnie de Madeleine, de Jean et des autres saintes femmes. Une heure s'est &#224; peine &#233;coul&#233;e depuis le moment o&#249; J&#233;sus a rendu le dernier soupir, et voici que des soldats, conduits par un centurion, viennent troubler du bruit de leurs pas et de leurs voix le silence qui r&#233;gnait sur la colline. Ils sont charg&#233;s d'un commandement de Pilate. Sur la demande des princes des pr&#234;tres, le gouverneur a ordonn&#233; que l'on ach&#232;ve les trois crucifi&#233;s, en leur brisant les jambes, qu'on les d&#233;tache de la croix, et qu'ils soient ensevelis avant la nuit. Les Juifs comptaient les jours &#224; partir du coucher du soleil : bient&#244;t donc va commencer le grand Samedi. Les soldats s'avancent vers les croix ; ils vont d'abord aux deux larrons, auxquels ils brisent les jambes. Ce dernier tourment ach&#232;ve leur existence ; Dimas expire avec r&#233;signation, confiant dans la promesse de J&#233;sus ; son compagnon, obstin&#233; dans le blasph&#232;me, meurt sans consolation. C'est maintenant vers la Croix du R&#233;dempteur que se dirigent les soldats ; le c&#339;ur de Marie fr&#233;mit &#224; leur approche ; quel nouvel outrage ces hommes barbares r&#233;servent-ils au corps ensanglant&#233; de son fils ? Ils inspectent le divin supplici&#233;, et constatent que la vie a d&#233;j&#224; cesse en lui ; cependant, pour s'assurer de la mort, l'un d'eux brandit sa lance et l'enfonce dans le flanc droit de la victime. Le fer p&#233;n&#232;tre jusqu'au c&#339;ur ; et quand le soldat le retire, du sang et de l'eau coulent de cette derni&#232;re plaie. C'est la cinqui&#232;me effusion du sang r&#233;dempteur ; et c'est aussi la cinqui&#232;me des plaies que J&#233;sus re&#231;ut sur la Croix. Mais r&#233;servons le touchant myst&#232;re du C&#339;ur ouvert de notre Sauveur, pour le jour o&#249; l'&#201;glise le proposera sp&#233;cialement &#224; notre adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie a senti jusqu'au fond de son &#226;me la pointe de cette lance cruelle ; les pleurs et les sanglots redoublent autour d'elle. Comment donc finira cette lamentable journ&#233;e ? Quelles mains descendront de la Croix l'innocent Agneau qui y demeure suspendu ? Qui le rendra enfin &#224; sa m&#232;re ? Les soldats se retirent, et parmi eux Longin, celui qui a os&#233; porter le coup de lance, et qui sent d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me un mouvement inconnu, pr&#233;sage de la foi dont il doit &#234;tre un jour le martyr. Mais voici d'autres hommes qui s'avancent. Un noble juif, Joseph d'Arimathie, un v&#233;n&#233;rable docteur, Nicod&#232;me, gravissent respectueusement la colline, et s'arr&#234;tent avec &#233;motion au pied de la Croix de J&#233;sus. Marie fixe sur eux un regard de reconnaissance. Ils sont venus pour remettre en ses bras maternels le corps de son fils, et pour rendre ensuite &#224; leur ma&#238;tre les honneurs de la s&#233;pulture. Ces fid&#232;les disciples sont munis de l'autorisation du gouverneur ; Pilate a accord&#233; &#224; Joseph le corps de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se h&#226;te de d&#233;tacher de la Croix les membres du Juste ; car le temps est court, le soleil est sur son d&#233;clin, et la premi&#232;re heure du Sabbat est proche. Pr&#232;s du lieu o&#249; est plant&#233;e la Croix, au bas du monticule, se trouve un jardin, et dans ce jardin une chambre s&#233;pulcrale taill&#233;e dans le roc. Aucun corps n'a &#233;t&#233; plac&#233; jusqu'ici dans ce tombeau. C'est l&#224; que J&#233;sus va reposer. Joseph et Nicod&#232;me, charg&#233;s du pr&#233;cieux fardeau, descendent de la colline et d&#233;posent le corps sacr&#233; sur un quartier de roche, &#224; peu de distance du s&#233;pulcre. C'est l&#224; que la m&#232;re de J&#233;sus re&#231;oit de leurs mains le fils de sa tendresse ; c'est l&#224; qu'elle arrose de ses larmes, qu'elle parcourt de ses baisers tant de plaies cruelles dont son corps est couvert. Jean, Madeleine et les autres saintes femmes compatissent &#224; la M&#232;re des douleurs ; mais l'heure presse d'embaumer ces restes inanim&#233;s. Sur cette pierre qui s'appelle aujourd'hui encore la Pierre de l'onction, et qui marque la treizi&#232;me Station de la Voie douloureuse, Joseph d&#233;ploie le linceul qu'il a apport&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XV, 46.&#034; id=&#034;nh10-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; Nicod&#232;me, dont les serviteurs ont pris avec eux, par ses ordres, jusqu'&#224; cent livres de myrrhe et d'alo&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 39.&#034; id=&#034;nh10-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dispose les parfums. On lave le sang des blessures ; on enl&#232;ve doucement la couronne d'&#233;pines de la t&#234;te du divin roi ; enfin le moment est venu d'envelopper le corps du linceul fun&#232;bre. Marie serre une derni&#232;re fois dans ses bras la d&#233;pouille insensible de son bien-aim&#233;, qui bient&#244;t dispara&#238;t &#224; ses regards sous les plis des voiles et sous les bandelettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph et Nicod&#232;me se l&#232;vent, et reprenant leur noble fardeau, ils le portent dans le s&#233;pulcre. C'est la quatorzi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Il y avait deux chambres taill&#233;es dans la roche et se communiquant l'une &#224; l'autre ; c'est dans la seconde, sur la main droite, dans une niche pratiqu&#233;e au ciseau, qu'ils &#233;tendent le corps du Sauveur. Ils sortent promptement ; et r&#233;unissant leurs efforts, ils roulent &#224; l'entr&#233;e du monument une grande pierre carr&#233;e qui doit servir de porte, et que bient&#244;t, &#224; la demande des ennemis de J&#233;sus, l'autorit&#233; publique viendra sceller de son sceau et prot&#233;ger par un poste de soldats romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le soleil est sur le point de dispara&#238;tre au couchant, et le grand Samedi va s'ouvrir avec ses s&#233;v&#232;res prescriptions. Madeleine et les autres femmes ont observ&#233; les lieux et la disposition du corps dans le s&#233;pulcre. Elles suspendent leurs plaintives lamentations, et descendent en h&#226;te &#224; J&#233;rusalem. Leur dessein est d'acheter des parfums et de les pr&#233;parer ; afin que, lorsque le Sabbat sera pass&#233;, elles puissent revenir au tombeau, d&#232;s le dimanche, au grand matin, et compl&#233;ter l'embaumement trop pr&#233;cipit&#233; du corps de leur ma&#238;tre. Marie, apr&#232;s avoir salu&#233; une derni&#232;re fois le tombeau qui renferme le cher objet de sa tendresse, suit le cort&#232;ge de deuil qui se dirige vers la ville Jean, son fils d'adoption, est pr&#232;s d'elle. D&#232;s cette heure, cet heureux mortel est devenu le gardien de celle qui, sans cesser d'&#234;tre la M&#232;re de Dieu, devient en lui la M&#232;re des hommes. Mais au prix de quelles angoisses elle a obtenu ce nouveau titre ! Quelle blessure son c&#339;ur a re&#231;ue au moment o&#249; nous lui avons &#233;t&#233; confi&#233;s ! Tenons-lui, nous aussi, fid&#232;le compagnie durant ces cruelles heures qui doivent s'&#233;couler jusqu'au moment o&#249; la r&#233;surrection de J&#233;sus viendra consoler son immense douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne quitterons pas votre s&#233;pulcre, &#244; R&#233;dempteur, sans y d&#233;poser le tribut de nos adorations et l'amende honorable de notre repentir. Vous voil&#224; donc, &#244; J&#233;sus, le captif de la mort ! Cette fille du p&#233;ch&#233; a donc &#233;tendu sur vous son empire. Vous vous &#234;tes soumis &#224; la sentence port&#233;e contre nous, et vous avez daign&#233; nous devenir semblable jusqu'au tombeau. Quelle r&#233;paration pourrait &#233;galer l'humiliation que vous subissez en cet &#233;tat qui nous &#233;tait d&#251;, mais qui n'est devenu le v&#244;tre, &#244; souverain auteur de la vie, que par l'amour que vous nous avez port&#233; ? Les saints Anges qui font la garde autour de cette pierre sur laquelle sont &#233;tendus vos membres glaces, s'&#233;tonnent que vous ayez pu aimer &#224; un tel exc&#232;s l'homme, cette ch&#233;tive et ingrate cr&#233;ature. Jusqu'alors ils n'avaient pas compris l'infinie bont&#233; de celui qui les a tir&#233;s comme nous du n&#233;ant. Ce n'est pas pour leurs fr&#232;res tomb&#233;s que vous avez subi la mort ; c'est pour nous, les derniers de la cr&#233;ation. Mais quel indissoluble lien forme d&#233;sormais entre vous et nous ce sacrifice que vous venez d'offrir ? C'est pour nous que vous mourez ; c'est donc pour vous maintenant que nous devons vivre. Nous vous le promettons, &#244; J&#233;sus, sur ce tombeau que nos p&#233;ch&#233;s avaient creus&#233; pour vous. Nous aussi, nous voulons mourir, mourir au p&#233;ch&#233; et vivre &#224; votre gr&#226;ce. Nous suivrons d&#233;sormais vos pr&#233;ceptes et vos exemples ; nous nous &#233;loignerons du p&#233;ch&#233;, qui nous a rendus responsables de votre mort si am&#232;re et si douloureuse. Nous recevons, en union de votre Croix, toutes les croix, si l&#233;g&#232;res en comparaison, dont la vie humaine est sem&#233;e. Enfin, nous acceptons de mourir &#224; notre tour, lorsque le moment sera venu de subir la sentence si m&#233;rit&#233;e que la justice de votre P&#232;re a prononc&#233;e contre nous. Vous avez adouci par votre mort ce moment si redoutable &#224; la nature. Par vous, la mort n'est plus qu'un passage &#224; la vie ; et de m&#234;me qu'en ce moment nous nous s&#233;parons de votre s&#233;pulcre avec l'espoir prochain de saluer bient&#244;t votre glorieuse r&#233;surrection ; de m&#234;me, en laissant &#224; la terre sa d&#233;pouille mortelle, notre &#226;me, pleine de confiance, montera vers vous, avec l'espoir de se r&#233;unir un jour &#224; cette poussi&#232;re coupable que la tombe doit rendre apr&#232;s l'avoir purifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ons &#224; la fin de cette journ&#233;e quelques strophes emprunt&#233;es &#224; la Liturgie de l'&#201;glise Grecque, en l'Office du grand Vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;In Parasceve.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui est attache &#224; la Croix celui qui a suspendu la terre au-dessus des eaux. On met une couronne d'&#233;pines &#224; celui qui est le roi des Anges ; on rev&#234;t d'une pourpre d&#233;risoire celui qui a &#233;tendu les nuages sur le ciel. On donne un soufflet &#224; celui qui, dans le Jourdain, a rendu la libert&#233; &#224; Adam. L'&#201;poux de l'&#201;glise est perce de clous ; le fils de la Vierge est traverse d'une lance ; nous adorons vos souffrances, &#244; Christ ! Manifestez-nous aussi votre glorieuse r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brebis voyait tra&#238;ner son agneau &#224; la mort ; Marie afflig&#233;e suivait avec les autres femmes ; elle s'&#233;criait : Mon fils, o&#249; allez-vous ? Pourquoi cette marche si rapide ? Y a-t-il encore des noces &#224; Cana, et vous y rendez-vous en h&#226;te pour y changer de nouveau l'eau en vin ? Irai-je avec vous, mon fils, ou vous attendrai-je ? O Verbe, dites-moi une parole ; ne passez pas sans me r&#233;pondre, vous qui, dans votre naissance, m'avez conserv&#233;e chaste, &#244; mon fils et mon Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des membres de votre corps sacr&#233; a souffert son outrage &#224; cause de nous, &#244; Christ ! La t&#234;te a endur&#233; les &#233;pines ; le visage, les crachats ; les joues, les soufflets ; la bouche, le vinaigre m&#234;l&#233; de fiel ; les oreilles, d'impies blasph&#232;mes ; le dos, des coups de fouet ; la main, le roseau ; le corps tout entier, l'extension violente sur la Croix ; les membres, les clous ; et le c&#244;t&#233;, la lance. Vous qui avez souffert pour nous, qui par votre souffrance nous avez rendus &#224; la libert&#233;, qui par vos travaux pour les hommes nous avez &#233;lev&#233;s en vous abaissant, Sauveur tout-puissant, ayez piti&#233; de nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la Vierge sans tache vous consid&#233;rant sur la Croix, &#244; Verbe, &#233;tait &#233;mue de douleur dans ses entrailles maternelles. Une blessure am&#232;re transper&#231;ait son c&#339;ur, et du fond de son &#226;me d&#233;sol&#233;e elle s'&#233;criait d'un ton plaintif : Divin Fils, h&#233;las ! Lumi&#232;re du monde, h&#233;las ! Pourquoi avez-vous disparu de mes regards, Agneau de Dieu ? L'arm&#233;e des Esprits bienheureux &#233;tait saisie de terreur. Seigneur que nul ne peut comprendre, gloire a vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous mont&#226;tes sur la Croix, Seigneur, la crainte et le tremblement se r&#233;pandirent sur toute cr&#233;ature. Vous d&#233;fend&#238;tes &#224; la terre d'engloutir ceux qui vous crucifiaient, et vous perm&#238;tes &#224; la tombe de rendre ses captifs. O Juge des vivants et des morts, vous &#234;tes venu pour donner la vie et non la mort. Ami des hommes, gloire &#224; vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Liturgie de l'antique &#201;glise Gallicane nous fournit, dans son Office d'aujourd'hui, cette &#233;loquente et touchante pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oratio ad Nonam.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Pri&#232;re &#224; la neuvi&#232;me heure.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O salutaris hora Passionis, o magna maximarum gratiarum Nona hodierna, maxima horarum hora. Hac nunc tu, noster dilecte Sponse, osculare de Cruce, licet post Crucis troph&#230;um. Osculare, precamur ; salutare tuum impertire nobis, triumphator mirabilis, auriga supreme, Deus pie, gloriosissime propugnator. Avete, valete, invalescite et viriliter agite, confortamini dicito, loquere cordibus nostris inspector Christe. An qui olim h&#230;c fecisti, nunc eadem non potes facere ? potes utique, potes ; quia omnipotens es : potes, amantissime, potes facere quod nos non possumus cogitare : quia nihil tibi impossibile est, Deus omnipotens Jesu, osculare, qu&#230;so, dilectissime, qui triumphans regressus es ad Patrem, cum quo semper eras et permanes unus ; quia osculum tuum dulce est, et ubera tua vino dulciora, fragrantia optimis unguentis ; et nomen tuum super oleum ; quem adolescentul&#230; dilexerunt : quem recti diligunt, quos trahis post te : cujus lectus floridus, cujus troph&#230;um Crux. Qui hac hora rubens de Edom, de Cruce, tinctis vestibus de Bosra, solus quasi calcator magni illius torcularis ad c&#339;los ascendisti:cui occurrunt Angeli, Archangeli dicentes : Quis est iste qui ascendit tinctis vestibus de Bosra ? Quibus te interrogantibus : Quare ergo rubrum est vestimentum tuum ? respondisti : Torcular calcavi solus, et vir de gentibus non fuit mecum. Vere, Salvator, vere rubrum est tuum propter nos corpus : rubrum est sanguine uv&#230; ; lavasti enim in vino stolam tuam, et pallium tuum in sanguine uv&#230; : qui es Deus solus, crucifixus pro nobis, quos antiqua pr&#230;varicatio morti tradidit : cujus vulnere omnium innumera peccatorum vulnera sanata sunt. Et nos, pie crucifixe Christe, cum tuis redime ; salva, pia bonitas Deus. Qui regnas cum Patre et Spiritu Sancto, unus in &#230;ternum et in s&#230;cula S&#230;culorum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O heure salutaire de la Passion ! Heure de None, signal&#233;e par la plus grande des gr&#226;ces, &#244; la plus c&#233;l&#232;bre des heures ! A ce moment, &#244; notre &#201;poux aim&#233;, donnez-nous le baiser du haut de votre Croix, apr&#232;s avoir triomph&#233; par elle. Nous l'implorons, ce baiser ; accordez-nous le salut qui vient de vous seul, admirable triomphateur, qui conduisez votre char avec tant de noblesse, Dieu cl&#233;ment, notre glorieux champion ! Dites-nous : Hommes, je vous envoie le salut ; reprenez vos forces et combattez vaillamment ; soyez fermes et robustes. O Christ qui p&#233;n&#233;trez nos c&#339;urs, daignez leur parler. Vous qui aujourd'hui accompl&#238;tes une telle &#339;uvre, ne pouvez-vous la renouveler &#224; ce moment ? Oui, vous le pouvez ; car vous &#234;tes tout-puissant. Vous le pouvez ; car vous &#234;tes plein d'amour ; et votre puissance s'&#233;l&#232;ve au-dessus de nos pens&#233;es. Rien ne vous est impossible, &#244; Dieu tout-puissant ! Vous qui &#234;tes remont&#233; triomphant vers le P&#232;re, avec lequel vous demeur&#226;tes toujours, et qui est avec vous une m&#234;me chose, J&#233;sus tr&#232;s aim&#233;, donnez-nous votre baiser ; car votre baiser est doux, et vos caresses plus d&#233;licieuses que le vin, plus suaves que les meilleurs parfums. Votre nom est une essence odorante ; les jeunes filles qui repr&#233;sentent les &#226;mes vous ont donn&#233; leur amour ; les c&#339;urs droits vous aiment, et vous les entra&#238;nez apr&#232;s vous. Votre lit est couvert de fleurs ; son pavillon est la Croix. C'est &#224; cette heure que vous arrivez d'&#201;dom, c'est-&#224;-dire de votre Croix, vos v&#234;tements ayant chang&#233; de couleur &#224; Bosra. Apr&#232;s avoir foul&#233; seul le grand pressoir, vous monterez au ciel ; les Anges et les Archanges diront : Quel est celui qui arrive de Bosra, avec ses v&#234;tements dont la couleur est chang&#233;e ? A cette demande : Pourquoi votre v&#234;tement est-il empourpr&#233; ? Vous r&#233;pondrez : A moi seul j'ai foul&#233; le pressoir, et, de toutes les nations, nul homme n'a partag&#233; mon travail. Oui, votre corps, &#244; Sauveur, a &#233;t&#233; pour nous empourpr&#233; ; vous avez lav&#233; votre tunique dans le vin, et votre manteau dans le sang de la grappe. Vous qui &#234;tes le seul Dieu, vous avez &#233;t&#233; crucifi&#233; pour nous, que l'antique pr&#233;varication avait livr&#233;s &#224; la mort ; vos blessures ont gu&#233;ri les blessures innombrables que nous avaient faites nos p&#233;ch&#233;s. O Christ crucifi&#233;, dans votre bont&#233; faites-nous part de votre r&#233;demption, avec ceux qui vous sont le plus chers. Dieu plein de mis&#233;ricorde, sauvez-nous ; vous qui r&#233;gnez avec le P&#232;re et le Saint-Esprit, en l'unit&#233;, &#224; jamais, dans les si&#232;cles des si&#232;cles.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Collecte au Latran. &lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Sainte-Croix en J&#233;rusalem.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus avait dit : non capit prophetam perire extra Hierusalem, il n'est pas admis qu'un proph&#232;te soit mis &#224; mort hors de J&#233;rusalem ; c'est pourquoi la station se c&#233;l&#232;bre aujourd'hui dans la basilique dite Sancta Hierusalem, o&#249; autrefois le Pape se rendait les pieds nus, en venant processionnellement du Latran. Durant le chemin, il balan&#231;ait un encensoir fumant o&#249; br&#251;laient des parfums pr&#233;cieux, devant le bois de la sainte Croix soutenu par un diacre, tandis que le ch&#339;ur chantait le psaume 118 : Beati immaculati in via. En signe de profonde tristesse, ce jour &#233;tait primitivement aliturgique, comme en g&#233;n&#233;ral &#224; Rome tous les vendredis et samedis de l'ann&#233;e. Aussi quand, vers le VIe si&#232;cle, se rel&#226;cha quelque peu la rigueur de l'antique discipline, et que l'on institua les stations des vendredis de Car&#234;me, les Papes maintinrent inviol&#233;, durant plusieurs si&#232;cles, le primitif usage romain qui excluait en ce jour jusqu'&#224; la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Le rite actuel ne remonte donc qu'au moyen &#226;ge, et repr&#233;sente pr&#233;cis&#233;ment celui qui &#233;tait adopt&#233; dans les &#233;glises titulaires de Rome o&#249; n'intervenait pas le Pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoration du bois de la sainte Croix le vendredi saint vient, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, de la liturgie de J&#233;rusalem, o&#249; elle &#233;tait d&#233;j&#224; en usage vers la fin du IVe si&#232;cle. Bien plus, pendant longtemps, et en Occident &#233;galement, cette adoration constitua pour ainsi dire la c&#233;r&#233;monie la plus importante et la plus caract&#233;ristique, le point central vers lequel convergeait toute la liturgie de la sainte Parasc&#232;ve. Ecce lignum Crucis, voici le bois de la croix : c'est le commencement de la parousie du divin Juge, et &#224; l'apparition de l'&#233;tendard triomphal de la r&#233;demption, tandis que l'&#201;glise se prosterne dans l'acte d'une adoration reconnaissante, les puissances infernales saisies d'horreur s'enfuient dans les profondeurs de l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, au moyen &#226;ge, le reliquaire papal de la sainte Croix &#233;tait asperg&#233; de parfums, pour indiquer la suavit&#233; de la gr&#226;ce qui transpire du bois triomphal, comme aussi l'onction int&#233;rieure et la douceur spirituelle que le Seigneur r&#233;pand dans le c&#339;ur de ceux qui portent la croix pour son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani du VIIIe si&#232;cle, la c&#233;r&#233;monie de ce jour se d&#233;roulait en partie dans la basilique Sessorienne, en partie au Latran. Vers 2 heures de l'apr&#232;s-midi, le Pape et le clerg&#233; palatin se rendaient en procession et les pieds nus, du patriarchium &#224; la basilique stationnale, o&#249; avait lieu d'abord l'adoration de la sainte Croix, puis la lecture de la Passion selon saint Jean et la grande pri&#232;re litanique pour les divers ordres eccl&#233;siastiques et pour les besoins de l'&#201;glise. Puis l'on retournait au Latran, chantant le long de la route le psaume Beati immaculati in via. En ce jour de deuil, ni le Pape ni les diacres ne communiaient : le peuple &#233;tait libre toutefois de s'approcher de la Table sainte, soit au Latran, o&#249; l'un des &#233;v&#234;ques suburbicaires c&#233;l&#233;brait, soit dans les autres titres de la Ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le IXe si&#232;cle le rite fut quelque peu modifi&#233;. L'adoration de la Croix fut retard&#233;e jusqu'apr&#232;s la pri&#232;re litanique, qui &#233;tait suivie du Pater Noster et de la communion des assistants. La procession des saintes Esp&#232;ces n'avait pas encore lieu en ce temps-l&#224;, et la fonction s'achevait par la b&#233;n&#233;diction du Pape : In nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti. L'assembl&#233;e r&#233;pondait : Et cum spiritu tuo. Chacun r&#233;citait ensuite priv&#233;ment les psaumes de l'office des v&#234;pres, apr&#232;s quoi l'on se mettait &#224; table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIIe si&#232;cle, dans la basilique du Latran, c'&#233;tait encore chacun des sept &#233;v&#234;ques suburbicaires qui accomplissait, &#224; tour de r&#244;le, les divins offices de la parasc&#232;ve ; le Pape n'intervenait pas, puisqu'il continuait &#224; se rendre &#224; la basilique Sessorienne. On portait processionnellement, depuis le patriarchium, le bois de la sainte Croix et les saintes Esp&#232;ces eucharistiques pour la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s ; mais il ne semble pas que le peuple e&#251;t encore l'habitude de communier, comme aux premiers si&#232;cles du moyen &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps d'Honorius III, le Pape, au lever de l'aurore, avait l'habitude de chanter le psautier dans son entier avec ses chapelains. Vers midi il se rendait avec les cardinaux &#224; l'oratoire de Saint-Laurent, et, ayant ouvert la grille de fer sous l'autel de L&#233;on III, il en retirait les deux reliquaires avec le bois de la sainte Croix et les chefs des ap&#244;tres Pierre et Paul, lesquels, selon une tradition tardive qui ne remonte pas plus loin que l'an mille, on croyait &#234;tre conserv&#233;s en ce lieu. Les cardinaux s'approchaient pour baiser les reliques, puis le cort&#232;ge se mettait en ordre de procession pour se rendre &#224; la basilique Sessorienne. Avant de commencer la messe, le Pontife se retirait dans le monast&#232;re contigu, pour se laver les pieds et reprendre ses sandales ordinaires. Quand l'office &#233;tait termin&#233;, la procession retournait au Latran o&#249; toutefois n'avait pas lieu le banquet habituel dans le triclinium, puisque en ce jour de deuil et de p&#233;nitence, on ne servait aux ministres du palais que du pain et des herbes, le vin lui-m&#234;me &#233;tant exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce c&#233;r&#233;monial dura &#224; Rome &#224; peu pr&#232;s jusqu'au XVe si&#232;cle, &#233;poque o&#249; les rituels commenc&#232;rent &#224; prescrire que le Pape r&#233;cit&#226;t d'abord le psautier avec ses chapelains dans sa chambre &#224; coucher puis se pr&#233;sent&#226;t &#224; un balcon pour accorder l'indulgence au peuple. A une heure d&#233;termin&#233;e, le Pontife se rendait au ch&#339;ur pour r&#233;citer l'Office, et apr&#232;s midi, c'est-&#224;-dire avant de commencer la procession stationnale &#224; Sainte-Croix, il paraissait de nouveau au balcon, rev&#234;tu cette fois du pluvial rouge et mitre en t&#234;te, pour conc&#233;der encore l'indulgence &#224; la foule qui se pressait sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette c&#233;r&#233;monie termin&#233;e, le Pape et les cardinaux d&#233;posaient leurs chaussures, et tous partaient processionnellement, les pieds nus, pour la basilique Sessorienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y c&#233;l&#233;brait la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s avec les rites d&#233;j&#224; d&#233;crits ; sauf que, durant la p&#233;riode de l'exil &#224; Avignon, l'usage pr&#233;valut de faire porter les saintes Esp&#232;ces sur l'autel, non point par un des cardinaux qui pr&#233;c&#233;daient le Pape quand, du secretarium, il faisait son entr&#233;e dans l'&#233;glise, mais par le Pontife lui-m&#234;me, et apr&#232;s l'adoration de la Croix. C'est justement le rite d&#233;crit dans le missel romain actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cet ensemble compliqu&#233; de cort&#232;ges et de c&#233;r&#233;monies durant le moyen &#226;ge, il n'est pas difficile pourtant de reconna&#238;tre que la messe actuelle des Pr&#233;sanctifi&#233;s, telle que nous l'ont transmise les Ordines Romani du XVIe si&#232;cle, et telle que nous la c&#233;l&#233;brons encore, se compose de trois parties distinctes, qui se superposent comme trois stratifications successives : ce qu'on appelle la messe des Cat&#233;chum&#232;nes, l'adoration de la sainte Croix et la sainte Communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie conserve presque intact le type des anciennes synaxes aliturgiques, et de ce qu'on appelle la messe des Cat&#233;chum&#232;nes. Il n'y a ni Intro&#239;t ni Kyrie, mais on lit seulement trois le&#231;ons de l'&#201;criture dont deux de l'Ancien Testament et une de l'&#201;vangile. Les deux premi&#232;res sont suivies du chant d'un psaume sous forme de R&#233;pons suivi par une collecte du pr&#233;sident ; apr&#232;s la troisi&#232;me lecture, qui est la Passion selon saint Jean, vient la grande pri&#232;re litanique pour les divers besoins de l'&#201;glise (Oremus, dilectissimi nobis, etc.), qui marquait primitivement le terme de l'Office de la vigile dominicale et servait comme d'introduction &#224; la liturgie eucharistique. Aujourd'hui encore, &#224; la messe, apr&#232;s l'&#233;vangile, le pr&#234;tre salue le peuple (Dominus vobiscum) et l'invite &#224; la pri&#232;re collective (Oremus) ; toutefois l'ancienne litanie &#233;tant tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude, au moins comme rite ordinaire de la messe, il se trouve que ni le pr&#234;tre, ni le peuple, &#224; ce moment de l'action eucharistique, ne prient, et le ch&#339;ur des chantres ex&#233;cute les m&#233;lodies de l'offertoire. Le vendredi saint seulement conserve encore intact le rit romain primitif, aussi ne peut-on pas dire que la tr&#232;s ancienne pri&#232;re litanique apr&#232;s l'&#233;vangile, qui nous est attest&#233;e d&#232;s le IIe si&#232;cle par Justin, soit enti&#232;rement bannie de la liturgie du Si&#232;ge apostolique, puisqu'elle est demeur&#233;e &#224; sa place au moins en ce jour solennel de la Parasc&#232;ve pascale. Apr&#232;s la litanie dont nous avons parl&#233;, venaient r&#233;guli&#232;rement, dans les messes ordinaires, le canon eucharistique et la communion. Toutefois comme aucune cons&#233;cration n'a lieu en ce jour, le Pape au IXe si&#232;cle omettait le canon et passait tout de suite au chant du Pater qui pr&#233;c&#233;dait imm&#233;diatement la communion. C'&#233;tait l&#224; le mode le plus r&#233;gulier. Pourtant quelques si&#232;cles apr&#232;s, nous trouvons au contraire que l'adoration de la Croix, qui, au d&#233;but, avait lieu avant la messe, &#233;tait venue, on ne sait comment, se placer arbitrairement entre la litanie et la communion. Aussi le rythme primitif de la c&#233;r&#233;monie en &#233;tant demeur&#233; quelque peu troubl&#233;, il s'ensuivit une complication de rites. Certains papes, retournant &#224; l'autel apr&#232;s l'adoration de la sainte Croix, estimaient qu'alors commen&#231;ait proprement la messe, et voulaient qu'on r&#233;cit&#226;t le psaume 42 avec la confession, conform&#233;ment &#224; l'usage des autres messes. Plus tard, apr&#232;s que les Papes d'Avignon eurent introduit pour leur d&#233;votion particuli&#232;re la procession des saintes Esp&#232;ces, peu &#224; peu survinrent aussi l'encensement des oblations et de l'autel, le lavement des mains, les pri&#232;res secr&#232;tes et l'&#233;l&#233;vation. Au XVe si&#232;cle, cette derni&#232;re c&#233;r&#233;monie s'accomplissait quand le Pape r&#233;citait le Pater, c'est-&#224;-dire aux paroles sicut in c&#339;lo... ; par la suite, l'ostention de la sainte Hostie fut diff&#233;r&#233;e jusqu'apr&#232;s l'oraison dominicale, et imm&#233;diatement avant sa fraction, pr&#233;cis&#233;ment comme on le faisait &#224; l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synaxe de vendredi saint n'a pas d'intro&#239;t, conform&#233;ment &#224; l'usage antique, c'est-&#224;-dire avant que le pape C&#233;lestin institu&#226;t les chants antiphoniques de la messe. C'est pourquoi apr&#232;s une pri&#232;re priv&#233;e que les ministres sacr&#233;s font, chacun pour son compte, prostern&#233;s &#224; terre devant l'autel, le lecteur monte &#224; l'ambon et commence imm&#233;diatement le chant d'un passage d'Os&#233;e (VI, 1-6). Le Seigneur, dit le Proph&#232;te, pr&#233;f&#232;re &#224; tous les rites et aux purifications l&#233;gales de l'Ancien Testament, le culte du c&#339;ur qui consiste essentiellement dans l'intelligence des v&#233;rit&#233;s divines au moyen de la foi, et dans l'accomplissement de sa sainte volont&#233;. Pour inaugurer la Nouvelle Alliance d'amour, il d&#233;truira l'Ancienne : mais Isra&#235;l n'a pas de motif de craindre : flagell&#233; et ch&#226;ti&#233; pendant deux jours par la justice sainte de Dieu, en punition de ses d&#233;lits, il ressuscitera &#224; une vie nouvelle le troisi&#232;me jour et servira Yahweh dans l'assembl&#233;e des rachet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela vient le r&#233;pons, tir&#233; du cantique d'Habacuc. Jamais Dieu n'appara&#238;t plus saint, plus terrible et plus glorieux que sur le Calvaire. C'est l&#224; que l'auguste Trinit&#233; accueille l'holocauste parfait que J&#233;sus lui offre au nom de l'humanit&#233;. C'est l&#224; qu'est bris&#233;e la puissance du diable. &#171; J'ai entendu, Seigneur, ce que vous m'avez fait comprendre, et j'en suis demeur&#233; effray&#233; ; j'ai m&#233;dit&#233; sur vos &#339;uvres, et elles m'ont rempli de terreur. V/. Vous vous r&#233;v&#233;lerez entre deux animaux, un jour vous serez reconnu, et quand le moment sera arriv&#233; vous vous manifesterez. V/. Quand mon esprit sera troubl&#233;, alors m&#234;me dans votre indignation vous n'oublierez pas la mis&#233;ricorde. V/. Le Seigneur arrivera du Liban, et le Saint viendra de la montagne ombrag&#233;e et couverte d'arbustes. V/. Sa gloire couvre tout le ciel, et la terre retentit de sa louange. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re sacerdotale met fin &#224; la psalmodie responsoriale. Le diacre, comme &#224; l'ordinaire, la fait pr&#233;c&#233;der de l'invitation : &#171; Plions les genoux. &#187; Et apr&#232;s une br&#232;ve oraison priv&#233;e, le sous-diacre ajoute : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'assembl&#233;e prend la parole au nom de tous et dit : &#171; Seigneur qui avez donn&#233; &#224; Judas le ch&#226;timent de son crime, et au larron la r&#233;compense de sa confession, accordez-nous la gr&#226;ce d'exp&#233;rimenter les effets de votre mis&#233;ricorde, afin que, de m&#234;me qu'en sa passion, notre Seigneur J&#233;sus-Christ donna &#224; chacun la r&#233;tribution m&#233;rit&#233;e, ainsi, l'ancienne erreur ayant disparu, Il nous accorde &#224; nous aussi la gr&#226;ce de participer &#224; sa r&#233;surrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture du livre de l'Exode vient ensuite (XII, 1-11) : L'agneau pascal &#233;tendu en forme de croix sur deux b&#226;tons et r&#244;ti, symbolisait J&#233;sus crucifi&#233;. L'agneau, plut&#244;t que mang&#233;, &#233;tait d&#233;vor&#233; en h&#226;te par les H&#233;breux ayant la tunique relev&#233;e et le b&#226;ton &#224; la main, &#224; la fa&#231;on d'un voyageur qui va partir. Cela signifie que le ciel est tr&#232;s &#233;lev&#233; au-dessus de la terre, la vie est courte et on n'a pas le temps de s'arr&#234;ter dans le chemin qui aboutit &#224; l'&#233;ternit&#233;. On assaisonnait l'agneau avec des laitues am&#232;res et on mangeait le pain sans levain, pour indiquer que dans la divine Eucharistie nous comm&#233;morons la mort de J&#233;sus, et que la p&#233;nitence et la mortification de l'esprit sont au nombre des meilleures dispositions pour bien communier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, on chante le psaume 139 (tractus) dans lequel sont d&#233;crits les sentiments de J&#233;sus sur la croix. Toute l'humanit&#233; a conspir&#233; contre J&#233;sus, puisque en p&#233;chant nous cri&#226;mes tous : Reus est mortis. Il se sent seul en pr&#233;sence d'une haine et d'une col&#232;re universelle, aussi se tourne-t-il vers son P&#232;re, pour en &#234;tre secouru. Sa pri&#232;re est humble, mais elle est p&#233;n&#233;tr&#233;e par un sentiment d'in&#233;branlable esp&#233;rance, en sorte que J&#233;sus expirant sur la Croix entonne d&#233;j&#224; le cantique de sa r&#233;surrection : &#171; Sauve-moi, &#244; Seigneur, de l'impie ; prot&#232;ge-moi contre le violent. V/. Ceux-l&#224;, en leur c&#339;ur, complotent mon malheur ; chaque jour ils s'excitent &#224; m'attaquer. V/. Ils ont la langue aigu&#235; comme les serpents, un venin d'aspic est sur leurs l&#232;vres. V/. Toi, Seigneur, garde-moi des mains de l'impie, prot&#232;ge-moi contre le violent. V/. Ils trament un complot pour me faire tomber ; les superbes, en cachette, m'ont tendu un lacs. V/. Avec un lacs ils ont tendu un pi&#232;ge sous mes pas ; le long de la route ils m'ont pr&#233;par&#233; des obstacles. V/. Je dis au Seigneur : Tu es mon Dieu, &#233;coute, Seigneur, le cri de ma pri&#232;re. V/. Seigneur, Seigneur et force de mon salut, prot&#232;ge ma t&#234;te &#224; l'ombre dans le jour du combat. V/. Ne contente pas &#224; mes d&#233;pens les mauvais d&#233;sirs de l'impie ; ils ont complot&#233; contre moi ; ne m'abandonne pas, pour qu'ils ne triomphent pas. V/. Qu'ils n'&#233;l&#232;vent pas leur t&#234;te autour de moi ; que les enveloppe le malheur qu'ils m'ont souhait&#233; de leurs l&#232;vres. V/. Les justes, au contraire, c&#233;l&#233;breront ton nom, et les hommes droits demeureront devant toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quel respect et quelle &#233;motion ne devons-nous pas r&#233;citer cette pri&#232;re de J&#233;sus mourant, nous adaptant &#224; ses sentiments, de fa&#231;on que ce psaume ne soit pas simplement la pri&#232;re historique du divin Crucifi&#233;, mais l'&#233;l&#233;vation &#224; Dieu de chaque &#226;me chr&#233;tienne, laquelle revit en soi tous les myst&#232;res de notre r&#233;demption !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me lecture est la Passion du Seigneur selon l'&#233;vangile de saint Jean (XVIII, 1-40 ; XIX, 1-42) qui, de pr&#233;f&#233;rence aux autres &#233;vang&#233;listes, met en relief l'enseignement de J&#233;sus dans ses colloques avec le gouverneur romain. Selon l'oracle du psalmiste, et vincas cum iudicaris, la divinit&#233; de J&#233;sus ressort &#233;clatante des r&#233;ponses m&#234;mes qu'il donne &#224; Pilate. Ce n'est pas un accus&#233; qui r&#233;pond &#224; un juge, mais un ma&#238;tre qui, jusque dans le pr&#233;toire du gouverneur romain, pr&#234;che et enseigne. Il est la v&#233;rit&#233;, Il est venu au monde pour rendre t&#233;moignage &#224; cette v&#233;rit&#233; ; aussi ne laisse-t-il passer aucune occasion de se r&#233;v&#233;ler aux hommes et de les attirer &#224; Lui par la simple manifestation de sa splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe de vendredi saint nous a conserv&#233; intacte, comme nous l'avons dit, l'antique pri&#232;re litanique dont parle d&#233;j&#224; saint Justin martyr, et qui, primitivement, suivait tous les jours la lecture de l'&#233;vangile, l&#224; pr&#233;cis&#233;ment o&#249; aujourd'hui encore le pr&#234;tre, avant l'offertoire, invite le peuple &#224; la pri&#232;re : Oremus. Cette pri&#232;re &#224; forme litanique, c'est-&#224;-dire dans laquelle tout le peuple intercalait une acclamation en guise de refrain (par exemple : Domine, miserere ; Kyrie, eleison, etc.), se trouve encore &#224; sa place dans les liturgies orientales, mais elle a disparu du sacramentaire romain peut-&#234;tre d&#232;s le temps de saint Gr&#233;goire le Grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve le premier fond de cette pri&#232;re dans la liturgie des Synagogues o&#249;, apr&#232;s les lectures scripturaires, on priait pour les divers membres de la communaut&#233; isra&#233;lite, et pour les diff&#233;rents besoins de ceux qui la composaient. Mais le texte, tel qu'il nous est conserv&#233; dans le missel, r&#233;v&#232;le l'&#233;poque de saint L&#233;on le Grand par sa terminologie toute sp&#233;ciale. En effet, il y est encore question des portiers, dont l'office fut par la suite attribu&#233; aux mansionnaires ; les moines sont appel&#233;s Confessores, comme dans le sacramentaire l&#233;onien ; les religieuses Virgines et non sanctimoniales ; on prie pour que l'empereur romain soumette tous les barbares, et l'on consid&#232;re le Romanum Imperium, conform&#233;ment aux vues de saint L&#233;on, comme l'unique d&#233;positaire l&#233;gitime du pouvoir. La discipline du cat&#233;chum&#233;nat est encore en vigueur ; le monde est parsem&#233; d'h&#233;r&#233;sies, afflig&#233; d'&#233;pid&#233;mies et de famines ; les prisons retiennent encore de nombreux innocents ; l'esclavage constitue toujours l'opprobre de l'antique civilisation romaine ; toutes circonstances qui &#233;voquent imm&#233;diatement &#224; notre esprit le Ve si&#232;cle, et nous font attribuer pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#226;ge d'or de la liturgie romaine la r&#233;daction d&#233;finitive de cette pri&#232;re si solennelle, et que nous pourrions sans aucune h&#233;sitation consid&#233;rer comme d'origine apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primitivement, on la r&#233;citait aussi en dehors des synaxes eucharistiques, et rien n'emp&#234;che les fid&#232;les de nos jours de la redire en leur particulier pour les diff&#233;rents besoins spirituels et temporels de la famille catholique. Recourant &#224; une pri&#232;re si v&#233;n&#233;rable et si archa&#239;que, il nous semble, en la formulant, &#234;tre en plus intime relation spirituelle avec l'&#226;me de ces premi&#232;res g&#233;n&#233;rations de martyrs et de h&#233;ros de la foi, qui la r&#233;cit&#232;rent avant nous, et obtinrent de la sorte les gr&#226;ces n&#233;cessaires pour bien correspondre &#224; leur magnifique vocation de rendre t&#233;moignage &#224; la foi par leur propre sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme, dans les messes ordinaires, venaient tout de suite apr&#232;s la litanie le baiser de paix et la pr&#233;sentation des offrandes sur l'autel, ainsi, d'une fa&#231;on analogue, dans la c&#233;r&#233;monie de ce jour, la pri&#232;re devrait &#234;tre suivie de la pr&#233;sentation des saintes offrandes (= Pr&#233;sanctifi&#233;s) et de la communion. Ainsi en &#233;tait-il effectivement &#224; l'origine. Cependant l'ordre primitif de la c&#233;r&#233;monie fut alt&#233;r&#233;, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, quand, vers le XIe si&#232;cle, l'on commen&#231;a &#224; reporter &#224; ce moment l'adoration de la sainte Croix, qui, au d&#233;but, nous l'avons vu, &#233;tait un rite tout &#224; fait &#233;tranger &#224; l'action eucharistique. On ne pourrait nier toutefois que cette glorification supr&#234;me de la sainte Croix, au milieu de la fonction de ce jour, ne soit fort &#224; propos, puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment aujourd'hui que commen&#231;a le triomphe du R&#233;dempteur, alors que sa Croix fut &#233;lev&#233;e de terre et dress&#233;e sur le sommet du Calvaire. C'est de ce tr&#244;ne de douleur et d'amour que J&#233;sus, les bras ouverts, attire &#224; Lui toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoration de la sainte Croix commen&#231;a &#224; J&#233;rusalem, et vers 385 elle nous est longuement d&#233;crite par &#201;th&#233;rie dans sa Peregrinatio. De l&#224;, ce rite passa probablement &#224; Constantinople et dans les diff&#233;rentes cit&#233;s de l'empire byzantin, partout o&#249; l'on conservait des fragments plus ou moins consid&#233;rables du Bois sacr&#233;. L'adoration fut introduite &#224; Rome vers la fin du VIIe si&#232;cle, par un pape oriental, Serge Ier, qui dut en emprunter le rite aux usages de ses compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'explique en effet qu'en ce jour le Pape, dans la procession qui allait du Latran &#224; la basilique Sessorienne, balan&#231;ait l'encensoir devant le reliquaire de la sainte Croix port&#233; par un diacre, usage qui n'a pas d'exemple dans les liturgies latines, tandis qu'au contraire il est commun dans les liturgies orientales, o&#249; les encensements sont souvent accomplis par l'&#233;v&#234;que en personne. De m&#234;me, le trisagion grec, qu'on chante aujourd'hui durant l'adoration de la Croix, accuse nettement sa provenance du rit byzantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, la c&#233;r&#233;monie s'est beaucoup d&#233;velopp&#233;e, empruntant des &#233;l&#233;ments aux liturgies franques, au moyen desquelles p&#233;n&#233;tr&#232;rent &#224; leur tour dans le rituel de Rome des usages primitivement propres aux &#201;glises d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rite que nous allons d&#233;crire a pour objet l'adoration du bois triomphal de la Croix, dont sainte H&#233;l&#232;ne avait fait g&#233;n&#233;reusement don &#224; Rome. N&#233;anmoins, quand la liturgie romaine, sortie des murs de la Ville &#233;ternelle, fut adopt&#233;e par la suite dans l'&#201;glise latine, toutes les &#233;glises ou chapelles ne poss&#233;dant pas semblable relique, on substitua &#224; la vraie Croix l'effigie du Crucifix, sans attacher d'importance &#224; ce que celle-ci f&#251;t de bois, de fer ou d'autre m&#233;tal. Le pr&#234;tre, en d&#233;couvrant ce Crucifix, continua toujours &#224; dire, comme le Pape &#224; Sainte-Croix-en-J&#233;rusalem : Ecce lignum Crucis, adaptation qui para&#238;tra peut-&#234;tre peu heureuse &#224; quelques-uns, quand il s'agit d'un crucifix de m&#233;tal. Le fait est qu'&#224; Rome, la c&#233;r&#233;monie concernait &#224; l'origine la relique de la vraie Croix donn&#233;e par sainte H&#233;l&#232;ne, et ce rite est encore en vigueur actuellement, au moins dans les grandes basiliques patriarcales de la Ville &#233;ternelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que le pr&#234;tre montre par trois fois au peuple la sainte Croix, l'on chante : le pr&#234;tre : &#171; Voici le bois de la Croix, auquel fut suspendu le salut du monde. &#187; Le ch&#339;ur : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clerg&#233; proc&#232;de pieds nus &#224; l'adoration de la sainte Croix, ce qui rappelle l'ancien rite prescrivant en ce jour au Pape et aux cardinaux de prendre part, sans chaussures, &#224; la procession stationnale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'adoration on ex&#233;cute le chant fort ancien du trisagion altern&#233; avec les versets des Improperia. On appelle ainsi une s&#233;rie de reproches que Dieu adresse au peuple juif, pour l'ingratitude avec laquelle il a re&#231;u les bienfaits du Seigneur. Le concept en est certainement d'inspiration scripturaire, mais le texte semble emprunt&#233; &#224; l'apocryphe d'Esdras (I, 13-24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Trisagion, durant l'adoration de la Croix, a une signification tr&#232;s profonde, puisque la mort de J&#233;sus est l'acte parfait d'adoration de l'auguste Trinit&#233;, accompli par le Pontife du Nouveau Testament. En effet, l'infinie saintet&#233; de Dieu, sa toute-puissance, son &#234;tre &#233;ternel, re&#231;urent une supr&#234;me, glorification dans le caract&#232;re expiatoire du sacrifice du Calvaire, dans la divine victime bris&#233;e et an&#233;antie pour les p&#233;ch&#233;s du monde. Les h&#233;r&#233;tiques monophysites tent&#232;rent jadis de d&#233;former la signification trinitaire de ce Trisagion, en y ajoutant l'invocation tendancieuse : &#171; Vous qui avez &#233;t&#233; crucifi&#233; pour nous &#187; ; mais cette interpr&#233;tation fut condamn&#233;e comme h&#233;r&#233;tique, parce que les trois Personnes divines n'ont pas &#233;t&#233; crucifi&#233;es, mais seulement la seconde, dans sa nature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les outrages de la Croix, nous ne devons pas oublier la divinit&#233; de la tr&#232;s sainte Victime. Autour du gibet, des myriades d'anges se tiennent et s'&#233;crient : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur. &#187; Unissons-nous &#224; leurs adorations, et entonnons l'hymne du triomphe et de la r&#233;surrection bienheureuse : &#171; V/. Nous, Seigneur, nous adorons votre Croix, et nous chantons louanges et gloire &#224; votre sainte r&#233;surrection. Voici, en effet, qu'un arbre a rempli de joie tout l'univers. Ps. 66. Que Dieu ait compassion de nous et nous b&#233;nisse. V/. qu'il fasse briller sur nous son visage et qu'il ait piti&#233; de nous. V/. Nous, Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'hymne magnifique compos&#233;e par Venance Fortunat en l'honneur de la sainte Croix, quand la reine Radegonde en re&#231;ut, de Constantinople, une parcelle, qu'elle d&#233;posa dans son monast&#232;re de Poitiers, d&#233;di&#233; pour cette raison &#224; la sainte Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'adoration de la sainte Croix est termin&#233;e, le diacre la replace sur l'autel ; puis, avec le sous-diacre, il &#233;tend sur la table du sacrifice la nappe pour la sainte Communion. A ce moment, dans l'ancien rit romain, les l&#233;vites portaient au Pape le coffret contenant la sainte Eucharistie consacr&#233;e la veille au Latran ; toutefois, quand, au XIVe si&#232;cle, les fonctions pontificales commenc&#232;rent &#224; se d&#233;rouler, non plus &#224; Rome dans les basiliques stationn&#226;tes, mais dans les &#233;troites limites du palais papal d'Avignon, les Pontifes de cette p&#233;riode pr&#233;f&#233;r&#232;rent aller eux-m&#234;mes chercher la sainte Eucharistie pour la transporter processionnellement de l'autel o&#249; elle &#233;tait gard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de cette procession on chante cette autre hymne de Venance Fortunat qui n'a pourtant rien &#224; voir avec la procession eucharistique, le Vexilla Regis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani, quand le divin Sacrement avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; sur l'autel, on disait le Pater et on communiait ; plus tard on y ajouta, par plus grand respect, d'autres pri&#232;res, qui donn&#232;rent &#224; ce rite des Sanctifi&#233;s une certaine apparence de messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre, en effet, m&#233;lange dans le calice le vin et l'eau et le pose sur le corporal ; puis, encensant les oblations, il dit : &#171; Que cet encens b&#233;nit par vous s'&#233;l&#232;ve, Seigneur, jusqu'&#224; vous, et que votre mis&#233;ricorde descende sur nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encens symbolise la pri&#232;re et l'adoration que nous rendons &#224; Dieu. C'est pourquoi Jean, dans l'Apocalypse, vit l'ange pr&#232;s de l'autel du temple, &#233;levant en pr&#233;sence de Dieu l'encensoir fumant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encens, il l'explique lui-m&#234;me, repr&#233;sente les &#339;uvres m&#233;ritoires des saints ; dans le ciel, les anges exercent l'office de m&#233;diateurs entre Dieu et nous. Ils pr&#233;sentent &#224; la majest&#233; divine nos besoins et nos pri&#232;res, et nous rapportent les mis&#233;ricordes du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En encensant l'autel, le pr&#234;tre dit, conform&#233;ment au rite habituel : &#171; Que ma pri&#232;re monte vers Vous, Seigneur, comme l'encens ; que l'&#233;l&#233;vation de mes bras tienne lieu de sacrifice du soir. Mettez, &#244; Seigneur, un sceau &#224; ma bouche, gardez la porte de mes l&#232;vres ; n'inclinez pas mon c&#339;ur &#224; des actions mauvaises, ni &#224; tramer des complots avec m&#233;chancet&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antique sacrifice vesp&#233;ral de l'encens, dont parle ici le psaume 140, a &#233;t&#233; remplac&#233; dans le Nouveau Testament par celui de la Croix, sur laquelle J&#233;sus &#233;tendit les bras, s'offrant pour nous au P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en signe de deuil, on omet l'offrande proprement dite du Sacrifice eucharistique. En compensation, l'on pr&#233;sente au Seigneur le m&#233;rite du sacrifice sanglant du Calvaire, auquel nous nous associons moyennant l'humiliation et la contrition du c&#339;ur. Tourn&#233; vers le peuple, le pr&#234;tre dit : &#171; Priez, &#244; fr&#232;res, pour que ce sacrifice, qui est le mien et le v&#244;tre, soit accept&#233; de Dieu le P&#232;re tout-puissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On omet enti&#232;rement l'anaphore cons&#233;cratoire, et l'on passe tout de suite &#224; l'oraison dominicale, qui, dans l'antiquit&#233;, &#233;tait par excellence la pri&#232;re de pr&#233;paration imm&#233;diate &#224; la sainte Communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la liturgie romaine, toutes les anaphores cons&#233;cratoires et l'oraison dominicale sont pr&#233;c&#233;d&#233;es, par respect, d'une br&#232;ve formule (= pr&#233;face) de pr&#233;paration : Pri&#232;re. &#171; Nous souvenant des pr&#233;ceptes salutaires, &#8212; c'est-&#224;-dire de participer &#224; vos Myst&#232;res sacr&#233;s, &#8212; et instruits &#224; l'&#233;cole du saint &#201;vangile, nous osons enfin dire : &#171; Notre P&#232;re, qui &#234;tes aux cieux, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la fractio panis, le c&#233;l&#233;brant &#233;l&#232;ve &#224; la vue du peuple la sainte Hostie, afin que les fid&#232;les contemplent et adorent le divin Sacrement. Puis il rompt les saintes Esp&#232;ces, et en met une parcelle dans le calice, pour sanctifier ainsi le vin et l'eau qui, en ce jour, ne se consacrent pas, puisqu'ils symbolisent seulement le sang et l'eau jaillis du c&#244;t&#233; transperc&#233; de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les plus anciens Ordines Romani, m&#234;me en ce jour le peuple s'approchait de la sainte Communion. Cette participation aux divins Myst&#232;res aujourd'hui assumait une signification tout &#224; fait sp&#233;ciale, celle qui nous est indiqu&#233;e par saint Paul. Participer &#224; la chair de la victime, c'est se proclamer solidaire de son sacrifice ; ainsi, en communiant, avons-nous part aux m&#233;rites de la mort du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s &#233;tant termin&#233;e, on &#244;te de l'autel la nappe et les chandeliers, comme cela se faisait dans l'antiquit&#233; chaque fois que le divin Sacrifice &#233;tait achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour, au moyen &#226;ge, le Pape, outre l'habituel cursus de l'Office &#8212;qui, encore aujourd'hui, aux trois derniers jours de la Semaine sainte, conserve intact le type primitif de l'Office romain, sans Deus in adiutorium, sans hymnes, sans doxologies responsoriales &#8212; le Pape r&#233;citait priv&#233;ment le psautier tout entier. Cet usage &#233;tait suivi aussi par de nombreux la&#239;ques et subsiste encore dans quelques familles religieuses. Les Ordines Romani prescrivent que, dans le palais pontifical, on ne serve aujourd'hui aucun mets cuit, mais seulement du pain, de l'eau et des herbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est mort pour moi. Il m'a tant aim&#233; qu'il a sacrifi&#233; sa vie pour moi. Bien plus, pour que je ne perdisse pas le souvenir de son amour, il a voulu instituer le Sacrifice eucharistique, qui, comm&#233;morant celui du Calvaire m'en applique tous les m&#233;rites. Pour cette raison, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre tous les jours la mort de J&#233;sus, car, &#224; l'&#233;gal d'&#200;ve qui sortit du c&#244;t&#233; d'Adam endormi, elle jaillit aujourd'hui du C&#339;ur adorable de J&#233;sus en croix. Quel profond myst&#232;re cache la liturgie de ce jour ! J&#233;sus meurt et l'&#201;glise na&#238;t. Il expire, d&#233;pouill&#233; et exsangue, pour rev&#234;tir l'&#201;glise du v&#234;tement de l'immortalit&#233; et pour r&#233;pandre en elle la joie d'une jeunesse imp&#233;rissable. Pour correspondre &#224; l'exc&#232;s d'amour de J&#233;sus, &#8212; c'est le mot qu'emploie le saint &#201;vangile, &#8212; nous devons professer une tendre d&#233;votion pour le sacrifice eucharistique et pour l'image du divin Crucifi&#233;, que nous ne devrions jamais regarder sans nous attendrir et sans fondre en larmes de reconnaissance pour un si grand bienfait. Chaque fois que nous pr&#233;sentons au P&#232;re &#233;ternel l'image de la Croix, il s'attendrit, comme cela fut r&#233;v&#233;l&#233; jadis &#224; sainte Gertrude, et il s'&#233;meut d'une grande piti&#233; pour nous p&#233;cheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous empruntons &#224; la liturgie byzantine l'antienne suivante : Ton C&#339;ur vital, comme la source jaillissant de l'&#201;den, arrose, &#244; Christ, ton &#201;glise, semblable &#224; un jardin spirituel. De l&#224;, comme d'une source principale, il se divise en quatre &#233;vangiles : arrosant le monde, r&#233;jouissant la cr&#233;ature, apprenant fid&#232;lement aux nations &#224; v&#233;n&#233;rer ton r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matines du Vendredi Saint.&lt;/strong&gt; &#8212; Les matines du Vendredi Saint sont la seconde partie de la trilogie et son point culminant. Nous pouvons les intituler : La mort du Christ sur la Croix. Sans doute, ici non plus, l'action ne suit pas l'ordre historique ; nous pouvons cependant dire qu'elle a son centre dans cette sc&#232;ne : J&#233;sus est suspendu &#224; la Croix. Quand d'autres sc&#232;nes de ce jour se pr&#233;sentent &#224; nous, nous pouvons les interpr&#233;ter comme des images et des souvenirs qui passent devant les regards du Sauveur crucifi&#233;. L'impression des matines est donc profond&#233;ment triste ; on a choisi les psaumes les plus douloureux et les plus m&#233;lancoliques du psautier ; dans les Lamentations, nous trouvons m&#234;me, si l'on peut dire, un accroissement de tristesse. Les r&#233;pons, d'une grande beaut&#233;, sont &#233;galement profond&#233;ment tristes. Ils ne suivent pas l'ordre des &#233;v&#233;nements. Le mieux sera de nous repr&#233;senter le Seigneur sur la Croix et d'&#233;couter, dans les r&#233;pons, l'expression de ses sentiments et de ses souffrances : tant&#244;t c'est un d&#233;laissement sans nom, tant&#244;t une plainte douloureuse ; J&#233;sus pense &#224; quelques sc&#232;nes du jour et du soir pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons une br&#232;ve esquisse de ces matines et signalons les plus beaux passages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier nocturne nous voyons commencer imm&#233;diatement le combat des Juifs et des pa&#239;ens contre Dieu et son Christ (Ps. 2) ; puis, la divine Victime nous appara&#238;t sur la Croix : &#171; Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonn&#233; ? &#187; Puis nous chantons le psaume messianique de la Passion (21) : &#171; Ils se sont partag&#233; mes v&#234;tements et ils ont tir&#233; ma robe au sort &#187;. Ce psaume appartient au point culminant des matines. Vient ensuite un psaume de confiance calme qui exprime les sentiments du Seigneur au milieu de son agonie mortelle : &#171; Le Seigneur est ma lumi&#232;re et mon salut, qui craindrai-je ? &#187; Dans les le&#231;ons, nous voyons l'&#233;pouse d&#233;shonor&#233;e : &#171; A qui te comparerai-je, &#224; qui t'assimilerai-je, fille de J&#233;rusalem ?&#8230; Car grande comme la mer est ton affliction &#187;. La liturgie met ensuite devant nos yeux une image du Golgotha :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le voile du temple se d&#233;chira, &lt;br class='manualbr' /&gt;La terre trembla et le larron sur la croix cria : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les rochers se fendirent, les tombes s'ouvrirent, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et les corps de plusieurs saints qui &#233;taient endormis ressuscit&#232;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me le&#231;on, le Christ, l'Homme des douleurs, se pr&#233;sente lui-m&#234;me &#224; nous : &#171; Je suis l'homme qui voit la mis&#232;re sous la verge de son courroux. Il m'a opprim&#233; et m'a conduit dans les t&#233;n&#232;bres et non &#224; la lumi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au second nocturne, nous chantons le psaume de la flagellation (37) : &#171; Il n'y a rien de sain dans ma chair &#224; cause de ta col&#232;re, il n'y a rien de sauf dans mes os &#224; cause de mes p&#233;ch&#233;s &#187;. Rien n'est &#233;mouvant comme la pri&#232;re du soir du Christ sur la Croix (Ps. 39). Dans les le&#231;ons, nous entendons de nouveau saint Augustin : Il applique le psaume 63 &#224; la Passion du Christ. Le cinqui&#232;me r&#233;pons, qui constitue pr&#233;cis&#233;ment le milieu des matines, d&#233;crit la mort du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me nocturne le psaume 87, d'une si profonde tristesse, nous fait de nouveau atteindre le point culminant du drame : &#171; Mon &#226;me est rassasi&#233;e de maux et ma vie touche au royaume des morts &#187;. Les le&#231;ons apportent une pens&#233;e enti&#232;rement nouvelle : Le Christ est notre grand pr&#234;tre &#233;ternel qui a offert une seule fois, sur l'autel de la Croix, le sacrifice parfait ; il est Pr&#234;tre et Victime &#224; la fois. &#8212; Le dernier r&#233;pons nous montre l'image finale, le Christ au paroxysme de sa douleur.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mes yeux sont voil&#233;s de larmes, &lt;br class='manualbr' /&gt;Car celui qui me consolait s'est &#233;loign&#233; de moi ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Peuples, regardez tous et voyez &lt;br class='manualbr' /&gt;S'il est une douleur semblable &#224; ma douleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;r&#233;monies du Vendredi Saint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;STATION &#192; SAINTE-CROIX DE J&#201;RUSALEM&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;Par le bois est venue la joie dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le missel romain appelle ce jour : Parasceve = jour des pr&#233;paratifs. Nous l'appelons le Vendredi Saint, le grand vendredi. C'est le grand jour de deuil de la chr&#233;tient&#233;. C'est le seul jour, dans la liturgie romaine, o&#249; l'on ne c&#233;l&#232;bre pas le Saint-Sacrifice, parce que notre divin grand Pr&#234;tre offrit en ce jour sur l'autel de la Croix son sacrifice sanglant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux antiennes directrices du jour nous transportent sur le calvaire : &#171; Ils plac&#232;rent au-dessus de sa t&#234;te une inscription avec le motif de sa condamnation : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs &#187; (Ant. Bened). &#171; Quand il eut pris du vinaigre, il dit : Tout est consomm&#233; ; il inclina la t&#234;te et rendit l'esprit &#187; (Ant. Magn.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Office du matin.&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#233;glise de station est l'antique sanctuaire de &#171; Sainte-Croix de J&#233;rusalem) qui repr&#233;sente pour nous le calvaire. C'est dans cette &#233;glise que l'on conserve les reliques de la vraie Croix. Nous entrons dans l'&#233;glise : elle est nue, d&#233;pouill&#233;e de tout ornement ; le tabernacle est ouvert et vide ; une croix voil&#233;e de noir surmonte l'autel &#8212; tout cela est expression de la douleur silencieuse de notre &#226;me. L'office commence. Il n'y a pas d'intro&#239;t, mais un profond silence : les cierges ne sont pas allum&#233;s &#224; l'autel (c'est aujourd'hui, surtout, que l'&#201;glise emploie le langage de ses symboles et de ses signes) ; le pr&#234;tre et ses ministres entrent, v&#234;tus de noir, et se prosternent sur les marches de l'autel. Cette prostration, qui marque l'impuissance, symbolise la d&#233;solation de l'humanit&#233; avant la R&#233;demption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office qui suit est tr&#232;s ancien et se divise en trois parties. A y regarder de pr&#232;s, il ressemble &#224; une messe. Toute messe est compos&#233;e de l'avant-messe, de l'action du sacrifice, et de la communion ; nous trouvons aujourd'hui une c&#233;l&#233;bration tripartite, semblable &#224; celle de la messe. A la place de la cons&#233;cration, a lieu l'&#201;l&#233;vation et l'adoration de la Croix. La premi&#232;re partie est une avant-messe, c'est m&#234;me un monument v&#233;n&#233;rable de la messe des cat&#233;chum&#232;nes dans l'antique liturgie ; la seconde partie est l'adoration de la Croix, le point culminant de la journ&#233;e ; la troisi&#232;me partie est une communion. La liturgie appelle cet office la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s &#8212; car l'hostie a &#233;t&#233; consacr&#233;e la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'avant-messe. L'office du matin commence par une avant-messe antique, telle qu'on les c&#233;l&#233;brait pendant les quatre premiers si&#232;cles. Il n'y avait pas d'intro&#239;t, les pr&#234;tres se prosternaient silencieusement sur les degr&#233;s de l'autel. Il y avait trois lectures entre lesquelles on chantait, comme chants interm&#233;diaires, des psaumes entiers. Il y avait ensuite une pr&#233;dication suivie de l'office de pri&#232;res : la pri&#232;re pour les besoins g&#233;n&#233;raux des chr&#233;tiens. La premi&#232;re partie de l'office du Vendredi Saint nous a conserv&#233; cette antique pratique. Nous devons prendre part &#224; ces pri&#232;res avec respect, car c'est exactement ainsi qu'on priait dans les catacombes. La premi&#232;re le&#231;on (du Proph&#232;te Os&#233;e) doit nous mettre dans les sentiments de tristesse et de repentir qui conviennent &#224; ce jour. Elle nous fait aussi entendre, d&#233;j&#224;, l'annonce de la f&#234;te de P&#226;ques : &#171; Il nous donnera une vie nouvelle dans deux jours ; le troisi&#232;me jour, il nous ressuscitera &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous chantons ensuite un Trait emprunt&#233; &#224; Habacuc : &#171; Seigneur, j'ai entendu ton message et je crains ; j'ai consid&#233;r&#233; tes &#339;uvres et j'ai trembl&#233;. On te trouvera au milieu de deux cr&#233;atures &#187;. Le Proph&#232;te voit avec horreur l'effroyable spectacle du crucifiement : &#171; le Seigneur &#187; entre deux malfaiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde le&#231;on nous montre le touchant symbole de l'agneau pascal. Ce symbole se r&#233;alise aujourd'hui. Le v&#233;ritable Agneau pascal, le Christ, est immol&#233;. Ce n'est pas par hasard que J&#233;sus a offert son sacrifice au jour m&#234;me de la f&#234;te pascale des Juifs ; &#224; trois heures, juste au moment o&#249; les agneaux pascaux &#233;taient immol&#233;s dans le temple, le Seigneur expirait. Le chant psalmodique qui suit d&#233;crit la trahison de Judas et la Passion de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, apr&#232;s le symbole, nous allons entendre la r&#233;alit&#233; et l'accomplissement : on chante la Passion. Cette fois, la Passion nous est racont&#233;e par le disciple pr&#233;f&#233;r&#233; de J&#233;sus, l'Ap&#244;tre saint Jean, qui, avec la Sainte Vierge, se tint aupr&#232;s de la Croix et fut t&#233;moin oculaire de ces grands &#233;v&#233;nements. Alors que les autres &#233;vang&#233;listes d&#233;crivent surtout le c&#244;t&#233; humain de la Passion, saint Jean nous montre le Sauveur souffrant comme Dieu, comme Roi. Sa peinture de la Passion a un caract&#232;re de grandeur et de puissance : le Roi sur le tr&#244;ne de la Croix. Cette fois encore &#8212; quand la chose est possible &#8212; la Passion est chant&#233;e alternativement par trois pr&#234;tres ou trois diacres. Que tous les fid&#232;les suivent respectueusement ce chant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois interpr&#232;tes nous ont parl&#233; jusqu'ici : le Proph&#232;te, la Loi, l'&#201;vang&#233;liste. Nous passons, maintenant, aux antiques intercessions pour tous les &#233;tats de l'humanit&#233;. C'est aujourd'hui particuli&#232;rement que conviennent ces pri&#232;res : J&#233;sus, le Roi du royaume de Dieu, a &#233;t&#233; &#171; &#233;lev&#233; &#187; et, d&#233;sormais, &#171; il tire tout &#224; lui &#187;. J&#233;sus, le second Adam, dort du sommeil de la mort, et de son c&#244;t&#233; sort la seconde &#200;ve, l'&#201;glise. Dans les intercessions, nous prions d'abord pour l'&#201;glise, l'&#201;pouse du Christ ; nous prions pour tous les &#233;tats, m&#234;me pour les schismatiques et les h&#233;r&#233;tiques. A chaque fois, le pr&#234;tre et le peuple s'agenouillent &#224; l'appel du diacre : Flectamus genua (fl&#233;chissons les genoux). Nous nous relevons ensuite sur l'invitation du sous-diacre : Levate (Levez-vous). On n'omet la g&#233;nuflexion qu'au moment de la pri&#232;re pour les Juifs &#171; infid&#232;les &#187; parce que, dans ce jour, ils s'agenouill&#232;rent par d&#233;rision devant le Christ. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici l'ordre de ces pri&#232;res : on prie pour la sainte &#201;glise, pour les Ordres eccl&#233;siastiques et les diverses classes de la&#239;cs chr&#233;tiens, pour les cat&#233;chum&#232;nes, pour les besoins spirituels et temporels du monde entier, pour les schismatiques et les h&#233;r&#233;tiques, pour les Juifs et enfin pour les pa&#239;ens. Ainsi se termine la premi&#232;re partie de l'office du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'adoration de la Croix. Le point culminant du jour est l'adoration de la Croix, signe de notre salut. Cette c&#233;r&#233;monie, elle aussi, est tr&#232;s ancienne et prit son origine &#224; J&#233;rusalem, o&#249; l'on honorait et baisait le bois de la vraie Croix. Le pr&#234;tre d&#233;pose ses ornements, se place du c&#244;t&#233; de l'&#201;p&#238;tre et l'on commence &#224; d&#233;voiler solennellement la croix. Si la Croix a &#233;t&#233; voil&#233;e depuis le dimanche de la Passion, c'est afin que l'&#201;glise puisse la d&#233;voiler solennellement, aujourd'hui, dans une c&#233;r&#233;monie impressionnante. Le diacre d&#233;couvre en trois fois l'image du Crucifi&#233;, et, &#224; chaque fois, le pr&#234;tre entonne sur un ton toujours plus &#233;lev&#233; : &#171; Voici le bois de la Croix, sur laquelle a &#233;t&#233; suspendu le salut du monde &#187;. Le chant est continu&#233; par le ch&#339;ur, et le peuple tombe &#224; genoux en chantant : &#171; Venez, adorons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;pose alors sur les degr&#233;s de l'autel la croix plac&#233;e sur un coussin. Le c&#233;l&#233;brant et les eccl&#233;siastiques quittent leurs chaussures, s'approchent de la croix apr&#232;s trois g&#233;nuflexions, et baisent les pieds du Christ pour honorer le Sauveur et le signe de notre r&#233;demption. Le peuple aussi s'approche et vient baiser la croix. Chr&#233;tiens, adorons l'&#201;poux ensanglant&#233;, et dans notre baiser mettons toute notre &#226;me. Pendant l'adoration de la Croix, le ch&#339;ur chante un chant impressionnant. Ce sont les &#171; Improp&#232;res &#187;, les plaintes et les reproches de J&#233;sus &#224; son peuple infid&#232;le. Dans ses plaintes, &#224; la fois douces et fortes, il rappelle &#224; son peuple les bienfaits qu'il lui a accord&#233;s dans l'Ancien Testament et les ingratitudes qu'il a re&#231;ues en retour. Ces plaintes s'adressent aussi &#224; nous et nous exhortent, en face de la mort du Christ, &#224; une conversion s&#233;rieuse. Nous entendons sans cesse ce leitmotiv : &#171; Mon peuple, que t'ai-je fait, et en quoi t'ai-je contrist&#233; ? r&#233;ponds-moi &#187;. Il est difficile de trouver un chant plus saisissant que celui-l&#224;, une sc&#232;ne plus touchante. Il y a encore un autre chant beaucoup plus ancien qui c&#233;l&#232;bre le Christ-Dieu. On le chante en deux langues, en grec et en latin : &#171; Agios o Theos &#8212; Sanctus Deus &#187; &#8212; Dieu saint, saint et fort, saint et immortel, aie piti&#233; de nous. C'est un magnifique hommage &#224; Dieu, en pr&#233;sence du signe triomphal de la R&#233;demption. A la fin, on chante m&#234;me un cantique de joie &#224; la Croix et &#224; la R&#233;demption. &#171; Ta Croix, Seigneur, nous l'adorons, nous louons et glorifions ta sainte R&#233;surrection ; voici qu'&#224; cause du bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La messe des pr&#233;sanctifi&#233;s. La troisi&#232;me partie de la liturgie du Vendredi Saint est une communion. Le saint sacrifice est omis, aujourd'hui, depuis les temps les plus anciens, mais les premiers chr&#233;tiens ne voulaient pas renoncer &#224; la communion. C'est pourquoi, &#224; la messe d'hier, on consacrait plusieurs pains que l'on conservait pour le lendemain. Cette communion sans sacrifice pr&#233;alable &#8212; qui, d'ailleurs, a souvent lieu chez les Grecs pendant le Car&#234;me &#8212; s'appelle la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s. Jadis, comme on vient de le dire, tous les fid&#232;les communiaient ; aujourd'hui, seul, le c&#233;l&#233;brant communie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En procession solennelle, on va chercher, dans la chapelle o&#249; on l'a port&#233; hier, le calice avec l'hostie consacr&#233;e, et on le rapporte &#224; l'autel majeur, en chantant le &#171; Vexilla Regis &#187; que nous connaissons d&#233;j&#224; &#171; La banni&#232;re du Roi s'avance &#187;. On veut marquer aujourd'hui, en chantant cette hymne, que l'on porte le corps immol&#233; du Christ, le m&#234;me qui fut suspendu &#224; la Croix. Le c&#233;l&#233;brant d&#233;pose l'hostie sur le corporal. Le diacre verse du vin et le sous-diacre de l'eau dans le calice. Ce vin, aujourd'hui, ne sera pas consacr&#233; et ne servira qu'aux ablutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le pr&#234;tre encense l'hostie et l'autel, comme &#224; toutes les messes solennelles. Il se lave les mains en silence. Il r&#233;cite la pri&#232;re de l'offrande personnelle (In spiritu) et l'Orate fratres auquel on ne r&#233;pond pas. C'est une partie de l'Offertoire. On passe tout le Canon, et le pr&#234;tre commence imm&#233;diatement le Pater et r&#233;cite tout haut le Libera. Il &#233;l&#232;ve ensuite l'hostie de la main droite pour la montrer au peuple, il fait la fraction habituelle de t'hostie, r&#233;cite ta derni&#232;re des oraisons pr&#233;paratoires &#224; la communion (car, dans cette derni&#232;re, il n'est question que de la r&#233;ception du corps) et, apr&#232;s les trois &#171; Domine, non sum dignus &#187;, il communie. Il boit ensuite le vin et purifie le calice. Ainsi se termine la c&#233;r&#233;monie de communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetons un bref regard d'ensemble sur l'office du Vendredi Saint. Aux matines, nous avons consid&#233;r&#233; le Christ dans son abaissement humain, &#171; comme un ver de terre, le m&#233;pris des hommes &#187;. A la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s, il se pr&#233;sente &#224; nous comme R&#233;dempteur et m&#234;me comme Roi sur le tr&#244;ne de la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect se trouve dans les trois parties : dans la premi&#232;re partie, avec la Passion de saint Jean et les intercessions ; dans la seconde partie, avec le d&#233;voilement et l'adoration de la Croix ; dans la troisi&#232;me partie, avec la c&#233;r&#233;monie de communion o&#249; le Christ est l'Agneau immol&#233;, mais glorifi&#233;. Il y a dans ces trois parties une progression : la mort du Seigneur sur la Croix est repr&#233;sent&#233;e dans la premi&#232;re partie par la parole (le Proph&#232;te, la Loi, l'&#201;vangile) ; dans la seconde partie, par l'action et le symbole, dans la troisi&#232;me partie par le sacrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme de saint Pie X. Les &#233;ditions ult&#233;rieures de l'Ann&#233;e Liturgique ont donc modifi&#233; les commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 64 ; Marc. XIV, 62.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 65, 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVIII, 20-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVIII, 33-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 13-14 ; Luc. XXIII, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII ; Luc. XXIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. LIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 24-25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 27-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Passion se c&#233;l&#233;brait dans la matin&#233;e du Vendredi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Os&#233;e, Chap. VI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exod. Chap. XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hebr. V, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. I, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. 1, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XI, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XVII, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 42-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XII, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Allusion &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres du Samedi Saint, chant&#233; le vendredi soir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XV, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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